Afficher le menu
Information and comments (3)
<<   1, 2, 3, 4   >   >>

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Le silence des agneaux

Blanche_
Citation:
Donges, le 16 août 1459,

Madame la Bourgmestre de Donges,

Je vous ai écrit précédemment, au 13 août, considérant les dons du Duc de Brocéliande pour votre cité. Je vous remercie de vos éloges, j'entends bien m'en montrer digne. Tenez-moi au courant des avancées dans les travaux de réfection de la digue de Crossac, ainsi que des fourrages de l'Oisillière. Je veux aussi savoir le nombre exact de victimes de l'épidémie de juillet, car l'homme de médecine que j'ai envoyé sur place n'en est pas revenu.

Je vous préviens par la présente que je me rendrai en Donges sous deux jours pour y vérifier vos granges. Mon intendant y restera huitaine, et vous serez à sa disposition.
Quant à moi je m'occuperai de l'exacte avancée dans les recherches concernant mon chef des écuries et son écuyer, qui ont tous deux disparus hier, et dont nous n'avons plus aucune nouvelle. Ils auraient suivi un français répondant au nom d'Aimbaud de Josselinière, que je vous ordonne de trouver et de garder aux fers jusqu'à ce qu'il paraisse devant moi.

Donges, le 16 août.



_________________
Blanche_
Citation:
Donges, le 19 août,

Madame la Bourgmestre,

Je n'ai toujours pas reçu les comptes de mon intendant qui auraient dû me parvenir ce matin. Aussitôt que vous recevrez cette lettre, vous fournirez les-dits comptes de mon intendant au porteur qui les attendra. Ils devront être signés de mon sceau personnel, sans quoi je ne les estimerai pas valides et j'enverrai ma garde régler la question.

Vous m'avez assurée de votre entière collaboration concernant la recherche de mes gens et je vous en remercie : néanmoins l'urgence réside en la recherche et l'enfermement du sieur de Josselinière dont je vous avais parlé précédemment, et dans ce but je suis désormais à même de vous dresser un portrait fidèle de cette personne. Il est relativement grand, aux épaules adolescentes quoique bien formées, un regard droit, une coupe brune au bol française, un nez fier bourguignon, des fossettes au coin des joues, des jambes droites. Il se peut qu'il monte une jument alezan de trois ans, ferrées aux quatre fers, qui trépigne un peu.

Vos ordres seront de dépêcher en tout Malville l'urgence d'attraper l'homme et de le faire comparaitre devant notre justice. Il est interdit de le brutaliser d'une quelconque façon sans risquer de souffrir en retour de notre Autorité.

Donges, le 19 août 1459.


_________________
Blanche_
Citation:
A Tiercelin de Donges, mestre intendant,
de la Dame de Donges elle-même,
Salut.

Votre lettre nous est arrivée ce matin.
Réduisez de moitié le surplus aux chiffres que nous avions fixés précédemment, et faites mettre aux fers les fermiers qui nous auront désobéi. Nous arriverons pour rendre justice demain à l'aube.

Faites en sorte que la bourgmestre de Donges remplisse son serment et nous obéisse. Je veux Josselinière vivant avant dimanche.

Préparez le logis seigneurial. Ajoutez à la cour habituelle notre médecin.


_________________
Aimbaud
Citation:

    Gwenn,

    Je suis en vie.

    J'ai tant pensé à vous... J'ai tant espéré l'heure de pouvoir vous écrire ces mots, et c'est une telle consolation que les mains me tremblent d'émoi. J'écris mal, je bute sur tous les mots. C'est idiot, mais il me semble que ma poitrine va se fendre à force de battements de coeur.

    J'ai trop à vous dire. Je m'y attèle, quand bien même je préférerais couvrir cette page d'exclamations d'amour ! Que je vous aime, que je vous aime. Oh bon dieu, saurez-vous jamais à quel point ! Désolé... C'est si brouillon et piètrement écrit, j'ai les poignets engourdis et je tremble, vraiment.

    Il faut que je vous dise où je suis et ce qu'il est advenu de moi... J'ai peine à l'évoquer. À cette lecture, ne vous apitoyez pas sur mon sort, car je gage que vous vous êtes fait assez de sang d'encre. Ne soyez pas tourmentée, Blanche. Je veux m'enterrer si je vous cause des pleurs ! Ah... Qu'il me serait bon de vous tenir un peu contre moi... Je n'ai eu de cesse de penser à cette étreinte, à chaque heure que l'on m'a tenu loin de vous. Le ciel m'en soit témoin, je m'en veux de m'être laissé prendre !
    L'on m'a enlevé à vous !
    Ayez pitié de votre amant, je n'ai su me défendre. Et la honte que j'en conçois m'est d'autant plus amère... Saurez-vous un jour me pardonner d'avoir à ce point manqué de prudence... J'étais trop heureux !

    Voilà plus de deux mois que je fus fait prisonnier, et sans le concours de son Altesse Armoria qui a su acter pour ma délivrance, je serais encore aux mains de la racaille asteure. J'ai cru un temps qu'on s'en était aussi pris à vous. Je n'ai pu m'assurer que récemment, à la lecture de rapports sur la guerre en Bretagne, que vous étiez en vie. Je me faut vous voir, Blanche ! J'ai besoin de vous. J'enrage ! Je viens. Écrivez à Ménessaire, je pars dès que j'aurai recouvré la santé. Pardon. Je suis si fébrile, c'en devient illisible... J'accuse une certaine fatigue... Mais je vais bien ! Soyez sans crainte aucune. Écrivez-moi surtout, vite. J'espère à votre prompte réponse...

    Je vous aime.

      Aimbaud


    Ménessaire, Bourgogne, le 2 octobre.



Lettre brûlée à Ménessaire, le 2 octobre.
_________________
Blanche_
Citation:
Rapport de la justice seigneuriale exercée par la baronne de Donges, Gwenn-Ann Pannezeg de Walsh-Serrant, dite l'Hermine, au vingt-deuxième jour d'août.

Pour avoir désobéi aux ordres de sa dame, ladite Jehane le Callec, née Bristeuc, bourgmestre de Donges sise en Dongenais, élevée à une charge administrative par la baronne Gwenn-Ann de Walsh-Serrant, à laquelle elle était liée par un serment d'obéissance,
Pour n'avoir été retenu au jugement de l'eau bouillante,

Ladite Jehane le Callec, fille Bristeuc, habitante de Donges et qui fut bourgmestre de Donges, est déclarée coupable des crimes d'abandon de charge et de désobéissance à son seigneur,
et recevra flétrissure au fer chaud avec les lettres G. A. D.



Citation:
A Tiercelin de Donges, mestre intendant,
de la Dame de Donges,
Salut.

Avez-vous des nouvelles de Josselinière ? On m'apprend hier qu'un homme à cheval, français, a été vu près de Muzillac. La Comtesse du Josselin étant souffrante, j'ai demandé à son Altesse Riwan Nathan, son suzerain, de nous laisser continuer les recherches en Muzillac.

Continuez aussi la piste du sud, si jamais l'homme cherche à fuir vers Saumur.

Pour ce qui est de Donges.
Reportez le jugement des fermiers de l'Oisillière. Je suis trop souffrante pour rendre justice moi-même.

Le 28 août, Donges,


_________________
Aimbaud
Citation:

    Gwenn,
    Blanche,

    Pourquoi ce silence ? Ma lettre ne vous sera pas parvenue... La guerre, sûrement, empêche les relais de messages à travers le Royaume. Ah, je ne peux croire que vous laissiez traîner ma missive en remettant votre réponse à plus tard !... Vous ne me feriez pas cela. C'est la guerre, alors !

    Un mot de vous, ma dame.

    Un mot écrit, faute d'être prononcé, murmuré... dans mon col, comme à l'ombre de vos arbres où nous cueillions des guignes. Je veux vous entendre encore... rire ! Respirer, m'aimer en mots de breton dans le vent des plages. Vous souvenez-vous de ce clos de haies cerclé de champs de seigle au sortir de Donez ?
    Je n'ai qu'à fermer les yeux pour vous y revoir, échevelée de fleurs et de brindilles...

    Bon Dieu, écrivez-moi ! Je saurai pallier à votre absence, mais à votre silence, ça... Non. Je ne sais pas. Je suppose toujours le pire. Songez que ce silence peut avoir bien des causes, que malgré-moi je m'empresse d'imaginer. Est-ce assez clair ? Je vous somme de me répondre, sans délais. Vous obéirez.
    Ne m'avez-vous pas nommé votre maître...
    Si cela n'avait tenu qu'à moi, nous serions époux et femme à cette heure.

    Si ça n'avait tenu qu'à moi, votre petite baronnie aurait été assez bien gardée pour faire pendre mes ravisseurs avant même qu'ils ne portent la main sur moi. Si ça ne tenait qu'à moi je me lèverais et parcourrait à nouveau la moitié du Royaume qui vous sépare de moi, pour entendre de votre bouche les raisons qui vous poussent à m'ignorer.
    Une lettre de vous me dira si ma colère est justifiée.

    Je brise là car on me commande du repos.
    Je n'ai que vous en tête. Sachez-le bien, je n'ai que vous en tête...

      Aimbaud


    Ménessaire, Bourgogne, le 9 octobre.



Lettre brûlée à Ménessaire, le jour même.
_________________
Blanche_
Citation:
12 septembre, de la Dame de Donges par la plume de Tiercelin de Donges, mestre intendant,
au médicastre de Donges,
Salut.

Vous êtes expressément mandé à Crossac sise en Dongenais pour y venir apporter la science des herbes et de la médecine à la Dame de Donges, Gwenn-Ann Pannezeg de Walsh-Serrant, à laquelle vous avez juré d'apporter aide en toutes circonstances.

Hâtez.
Le cheval du porteur est à vous.

Donez, le 12 septembre 1459.



Citation:
Crossac, 12 septembre 1459,

Mon Amour.

J'ai attendu cent années que tu me reviennes, j'ai fait traverser la baie, plonger et tâter les sables pleins d'eau, j'ai fait abattre un bois et fouillé des villes dans l'espoir vain que tu me reviennes. Le misérable écho qui m'en est revenu m'a accablée.
Aimbaud, mon seul et unique, n'ai-je dis-moi, pas cherché assez loin, pas prouvé assez quand tu étais chez moi, la folle passion qui me lie à toi ? S'il m'avait fallu t'aimer plus pour t'ôter l'envie de partir, que ne me l'as-tu pas dit plus tôt ?

Je t'en prie, je t'en supplie, reviens-moi. Je te promets de changer et de te rendre plus heureux qu'aucun homme ne saurait l'être. Te prouver l'impossible m'est réalisable, si tu me reviens je t'offrirai tout.

Je t'aime,

Blanche.



Lettre brûlée à Ménessaire le 28 septembre.
_________________
Aimbaud
[*]

Citation:

    Blanche,

    Je ne sais plus qui croire, quoi penser. L'on m'a dit que vous pouviez être liée à mon enlèvement. C'est absurde, non ? Pourquoi auriez-vous souhaité mon départ et ma disparition ? Pourquoi ne répondez-vous pas à mes lettres ? Pourquoi me tourmenter de la sorte ?
    Si j'ai fauté de quelque manière que ce soit à votre encontre, il faut me l'apprendre. Vous avez eu pour moi tant de bonté et de patience jusqu'alors... J'ai voulu mûrir pour vous complaire. Il me semblait qu'à vos côtés j'avais tout d'un être complet. Je sais dès lors que j'étais béni du ciel aux heures où je vous tenais de mes mains...

    Faites-m'en l'aveu... Vous vous êtes lassée de moi ?

    Portez-moi le coup de grâce en écrivant "oui", la peine sera moins grande que de souffrir un silence de vous. Je vous implore de me laisser comprendre. Ai-je été trop agaçant, trop ennuyeux ? ... Mauvais amant...? Est-ce pour cela que vous mettiez tout en oeuvre pour atermoyer les épousailles que je vous mandais ?
    Je veux mourir si cela est vrai. Je veux mourir d'ores et déjà...

    Savez-vous seulement quelle sorte de douleur vous me causez ? Je suis si peu de choses, si vous ne m'aimez plus... Ce monceau de défauts qui fait moi, il vous suffisait de dire "Tu es grand" pour que je m'en affranchisse.
    Oh mon âme, mon amour.
    Il n'est pas tolérable que vous vous arrachiez à moi quand je suis fou de vous ! C'est m'ôter la chair ! À quoi me servent les creux de mes mains s'ils ne peuvent être coupelles à vos seins ? À quoi bon moi...

    Quelle pitié...! Si vous aviez le souhait de me voir éploré et lamentable, vous avez parfaitement triomphé.

    Je ne cesserai pas de vous écrire ! Dussent ces lettres n'être pas lues.

      Aimbaud


    Ménessaire, Bourgogne, le 13 octobre.


Lettre brûlée à Ménessaire, le jour même.
_________________
Blanche_
Citation:
Crossac, le 13 septembre 1459,
A Aimbaud de Josselinière,
De Blanche de Walsh-Serrant,

Mon Amour,

Tu ne me réponds pas. Qu'importe ce silence, je m'obstinerai tous les jours. Tu ne réponds pas, qu'importe ma tristesse, je t'écrirai tous les jours. Je finirai, par mes lignes, par mes supplications, mes larmes couchées sur le papier, les kilomètres d'écritures et mes doigts rongés par la plume, je finirai par t'arracher un mot, une explication.
Tout ! Pourvu que tu répondes.

J'ai tourné tous les évènements dans ma tête et j'ai vu mon défaut : je t'ai brimé, asservi, tu as senti la liberté de ta jeunesse bridée par ma vieillesse, tu as cru que tu n'aimerais jamais une femme qui a vécu plus que toi. Oh, je te comprends, je te pardonne, je n'ai que des défauts, et tu aurais été trop bon de m'aimer un peu. Tous mes vices je te demande de les oublier, si tu peux, ça n'est qu'un malentendu, une perfidie du caractère, en vérité je suis bien plus jeune, et si tu me voyais avec les yeux de l'Amour, tu verrais ce que je vois de toi...
Ah, je te promets de rajeunir, je te promets, j'irai même au cloître des heures durant prier tes Dieux, je me convertirai absolument, j’idolâtrerai qui tu idolâtres, e prierai plus qu'un saint, je bénirai les mains de tous les prêtres et me ferai confesser jusqu'à Pierre et sa Basilique. Si c'est à Dieu lui-même que je dois arracher ton amour, je le ferai.

Tu ne réponds pas. Il faut oublier, mon Tendre Amour. Il faut oublier toutes ces heures de doutes, je m'en dégagerai si tu me l'ordonnes. Je ferai comme si tu n'étais pas parti, et nous recommencerons ensemble.

Tes bras, je t'en supplie.

Blanche.



Lettre brûlée à Ménessaire le 29 septembre.
_________________
Blanche_
Citation:
Crossac, le 14 septembre 1459,

Aimbaud,

Où es-tu ? Il faut que tu répondes, Aimbaud. Il le faut, pour que des choses importantes soient dites. N'aies pas peur, mon Amour, je sais que tu ne me ferais pas de mal, je sais ton coeur et ton âme, j'y ai confiance comme à la mienne...
Je sais tes doutes, et les problèmes de foi que t'a posée notre relation. Vois-tu, j'y ai songé, j'ai pris des résolutions, et dès que je serai au mieux -car je suis un peu souffrante, mais n'aie crainte, rien de grave- je te trouverai où tu te caches et tout ira au mieux. Je te prendrai dans mes bras et notre châleur renversera tes convictions. Il y a de la religion dans notre amour, et puis Dieu aime toutes les choses et il ne peut qu'aimer la notre...


Allons, ne fais pas ta mauvaise tête. Je sais ta peur et je comprends. Je suis soulagée de t'imaginer bientôt me retrouver.

Blanche



Lettre brûlée à Ménessaire le 30 septembre.

Citation:
Au nouveau bourgmestre de Donges,
de la Dame de Donges et votre seigneur,
Salut.

Un horrible pressentiment me ronge et vous ordonne d'accélérer les recherches et de pousser jusqu'aux Duchés voisins. Usez de tous moyens à votre convenance.

Crossac, le 14 septembre.


_________________
Aimbaud
Citation:

    Blanche,

    Une évidence est venue à moi, dans la nuit. Je vous sais sans pitié pour vos ennemis, mais vous ne causez du tort que pour vous protéger. Aujourd'hui c'est de moi que vous vous protégez, et me traitez partant en ennemi. Pourquoi ? Pourquoi, n'ai-je cessé de me marteler l'esprit. Pourquoi cette disgrâce... Pourquoi me mésestimez-vous...

    La réponse m'est apparue dans l'insomnie. C'est pourtant simple... et voyez que votre benêt d'amoureux français parvient un jour enfin à comprendre. Pas tant idiot que ça finalement, le petit Josselinière, hein !...

    Il y a un autre homme. N'est-ce pas ?...

    Vous ne voulez pas m'écrire afin de n'entacher votre nouvelle amourette. Qui est-ce ? C'est un breton, alors. Un plus noble que moi ? Que je sache, a-t'il plus d'âge et d'allure ? Vous fait-il bien tomber en pâmoison...? Oh, vous baise-t'il avec des mots de gaélique ? L'avouerez-vous !

    Blanche... Blanche, je veux tuer ce chien... Je le jure, j'en pâtis trop...

    Je dois savoir qui il est. Cela me met malade d'ignorer sa figure... Je le sais qui se colle à votre peau...! Bon dieu, je vais vomir. Entendez-moi... Ne faites pas cela. Peu importe de qui il s'agit, je veux bien lui pardonner...! Souvenez-vous de moi. Ce bâtard vous aura aveuglée de poudre aux yeux ! Je lui frapperai la tête...! Attendez. Blanche, attendez de bien penser à ce que vous faites. Songez que je saurais vous obéir au doigt et à l'oeil, si vous m'aimiez encore un peu. Oublions cette mauvaise histoire... Accordez-moi une chance. Qu'en dites-vous ? Voulez-vous bien ?

    Je ne suis pas jaloux, je veux juste que l'on s'explique.

      Aimbaud


    Ménessaire, Bourgogne, le 15 octobre.


Lettre interceptée à Ménessaire, mais non brûlée.
_________________
Blanche_
Citation:
Je, Blanche de Walsh-Serrant à ma première dame de compagnie, Lyse, au 16 septembre 1459,
Salut.

Vous m'avez transmis l'ordre du mdecin de de garder le lit, mais j'ai reçu aujourd'hui autorisation par le bourgmestre de Muzillac de venir interroger moi-même l'individu interpellé fin août dans ce comté, et qui répondait au signalement d'Aimbaud de Josselinière. Je pars donc sur l'heure pour chercher Chacha de Guérande, qui saura me renseigner.

L'homme parle français, et quelques mots de breton. Il avoue avoir tué des hommes dont il ignorait la condition, et tous ces détails me confortent dans l'idée qu'Aimbaud, mon tendre amour, a sur un coup de folie tué deux de mes gens et s'est enfoui pour éviter que je le colérise. Il aura cru, le petit ange, mon tendre et désespéré trésor, que je lui en aurais voulu et sera parti.

Ah, ma chère Lyse, que je suis heureuse que vos prévisions ne se réalisent pas ! Vous qui parliez de dispute et de départ définitif, je vous promets de rentrer sitôt.

Blanche.



PS : ne vous inquiétez pas, avec les bandages il n'y parait rien. Affectueusement.


Citation:
Aimbaud,

Mon amour, mon Saint-Ange, Trépas de mes nuits et fol amant. J'ai soulagement à apprendre que tu as été retrouvé à Muzillac (il faudra m'expliquer cette saugrenue idée que d'aller te foutre là-bas, il n'y a rien sinon une église passable, et des crêpes bourrées de beurre) et je viens vite te retrouver.
Nous y resterons le temps qui te plaira. Plus, encore, nous pourrons rentrer en Bourgogne, et nous marier, j'y consens avec amour.

Aimbaud, mon Trésor, attends-moi. Demain nous serons ensemble à nouveau. Attends-moi.

Blanche



Lettre abandonnée par Blanche sur le chemin retour entre Muzillac et Crossac.
_________________
Aimbaud
[*]

Citation:

    J'écris encore.

    Cette page blanche, Blanche, c'est un peu de votre personne au beau milieu de ma solitude...

    Aujourd'hui, je veux la déchirer de mes mains.

    Vous m'assassinez, ma dame. Je veux vous honnir en retour. Je vous étranglerais de chagrin ! Ah ! Si tant est que j'en aie le courage ! Souffrez la lecture de mes sanglots, ils sont aux couleurs de ma rancoeur, noirs, et il me semble que mon sang s'en empoisonne tant je frémis de colère, ainsi que font les bêtes avant que l'on ne les achève.

    Des rumeurs m'ont été rapportés. Pire, des faits avérés — et de la bouche la plus innocente qui soit, celle de ma petite soeur — m'apprenant l'étendue de votre tromperie. Elle m'a dit, de ses lèvres fraîches et sans mensonges, des mots si durs qu'ils me sont restés en travers du coeur comme des épingles de fer. Elle m'a rapporté, ma dame, qu'il était désormais de notoriété commune que vous alliez incessamment sous peu prendre époux, et elle ne m'a tu de cette charmante histoire, que le nom du galant qu'elle ignorait.

    Il ne vous aura fallu que trois mois d'absence de moi pour me trouver un successeur. Mais suis-je bête... Forcément, il était de vos amis avant même cette date. Le fréquentiez-vous déjà lors que j'étais en votre demeure ? Était-ce lors de vos prétendues commissions au Château des ducs de Bretagne ? Vous prenait-il dans une auberge miteuse de Donnez pendant que vous m'envoyiez à la chasse ? Avez-vous bien joui de votre duperie, ah ! Posséder deux amants tout l'été... gardons en un pour les jours de pluie ! JE VOUS HAIS ! JE VOUS HAIS !

    J'essaye de me raisonner, mais tout n'est que peine et tourment entre les mains qui m'écrasent la tête. Je souhaiterais l'abhorrer "lui" seul, car il est celui des deux qui a séduit et manipulé, à n'en pas douter...! Mais je vous en veux tellement du mal que vous me faites ! Je vous aime à m'en frapper le crâne sur les murs... Je vous veux, oh pour l'amour du ciel ! Je vous appelle de toutes mes forces. Je ne sais plus rien.

    Dites-moi où, quand, j'y serai. Retrouvons-nous, laissez-moi vous parler.
    Je ne prendrai qu'une minute de votre temps, je ne serai pas en colère ! Au nom de l'amour que vous m'avez murmuré quand vous m'aimiez encore — et je sais que vous le pensiez en ce temps — je vous conjure de me laisser vous trouver et de m'entendre sans repoussades.

    Prenez-moi en pitié. Votre indifférence me tue à petit feu.

      Aimbaud


    Ménessaire, Bourgogne, le 16 octobre.


Lettre brûlée à Ménessaire, le jour même.
_________________
Blanche_
Citation:
Le 17 septembre 1459,
A Lyse de Donges,
Demat.

Ma Chère, je vous écris entre Muzillac et Crossac ; nous sommes sur le chemin. N'ayez crainte, je ne me suis pas attardée à l'interrogatoire du malheureux dont je vous avais parlé, il n'était pas Aimbaud, et il a été condamné juste après que je ne sois arrivée. En un sens, c'est une satisfaction, car il n'aurait été guère plaisant de voir mon Aimbaud pendu à une potence...

Je rentre. J'ai abandonné mon cheval pour un chariot noble que mes gardes entourent et protègent. C'est d'ailleurs toujours sur la route que je vous écris, aussi pardonnez mon écriture si chaotique. Demain me dit-on, il sera possible de faire une halte plus longue et de donner des ordres par moi-même. Il sera grand temps, car mon ventre me donne mille tourments.
Aujourd'hui je vous demande de faire stopper les recherches et de rapporter tous nos gens au labour de leurs terres. Il suffit. Vous aviez raison, il est parti en ayant la certitude et l'envie d'une fin.

Faites préparer mes malles, nous irons à la lecture du testament de Béatrice dès que nous le pourrons.

Affectueusement, Blanche.


_________________
Blanche_
Citation:
Le 21 septembre 1459,
De Blanche de Walsh-Serrant à Aimbaud de Josselinière,
où qu'il soit,
Salut.

Monsieur,

Par la présente et répondant à votre désir, je, Blanche de Walsh-Serrant vous libère de toute promesse et de tout engagement que vous aviez contracté à mon égard : nous ne sommes dès lors ni amant, ni ami, et il me parait bien plus simple pour vous que l'on oublie jusqu'à notre existence commune.
Je vous remercie d'avoir été assez bon avec moi pour m'offrir votre affection ; j’eus préféré la recevoir plus longtemps. Mais les raisons qui vous poussent à changer tout me parviennent et me convainquent, j'aimerais qu'on oublie ce en quoi j'avais espéré, beaucoup de sentiments qui restent et qu'il faut mettre en terre. C'était le prix à payer, je crois.
Je ne vous tiens pas rigueur de votre abandon ; j'ai même secrète pensée qu'elle ne soit que l'expression d'un courroux divin qui m'aura éloigné de vos bras pour avoir supplié d'y vivre toute la vie.

Aimbaud *rature*
Aimbaud ! Faut-il vous le dire en latin pour vous convaincre ? Revenez-moi, si tôt que vous pourrez ! Il y a des choses qui ont changées, et ces choses... Mon Dieu ces choses... *mots illisibles* Ces choses nouvelles changent tout. Revenez-moi, je vous en conjure, je vous en supplie, vous attendre n'aura jamais été aussi difficile ! Si vous m'avez aimée un jour, ou au nom de tout honneur que vous avez, revenez-moi au plus vite. Tant de sentiments se confondent, mais Mon Seigneur, ne rompez pas notre serment par un vil silence : si vous avez à me fuir, au moins dites-le moi ! Dites-moi, en face, ou sur papier si vous êtes trop lâche, dites-moi que vous n'êtes pas aussi majestueux et héroïque que votre coeur ne le laissez paraître, osez face à votre propre sang perdre votre honneur.
Mais un silence aussi VIL ? Que vais-je lui dire, moi ? Que vous n'étiez pas assez fort pour revenir, ni moi pour vous garder ? Revenez, pour l'amour du Ciel, je ne puis pas le porter sans vous. J'ai besoin de la partie d'âme que vous m'avez volée, et sans elle... Je n'y survivrai pas.
Et si ma santé ne peut vous convaincre, pensez à celle de l'enfant que vous m'avez imposé. Ce fardeau-là, soyez maudit : j'en suis seule coupable devant Dieu.

Nous vous aimons tous deux.

Blanche.



Lettre interceptée à Ménessaire.
_________________
See the RP information <<   1, 2, 3, 4   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)