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[rp fermé] Sur chaque rive nous nous retrouverons...

Pattricia
La vindicative avait quitté le camp à l'aube, laissant l'homme endormi sur sa couche, elle avait besoin de réfléchir... La guerre durerait encore des mois, les enfants étaient à l'abri et elle avait un compagnon, alors qu'est-ce qui clochait... Un détail, mais d'importance, ses enfants justement. Elle ne voulait pas passer pour la maitresse d'un noble, la trainée Mari couche toi là, elle en avait déjà assez bouffé de ces phrases venimeuses et les petits ne devaient plus jamais subir cela.

Elle savait qu'elle aurait dû se sentir sereine désormais, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser à eux, à ce dont elle devait les protéger. Une discussion qui avait tourné court la veille au soir lui avait ouvert les yeux sur ce qu'elle refusait de voir. Aucune surprise, mais juste une évidence qu'elle allait devoir considérer, cette histoire ne pourrait durer car elle était mère et lui noble, et Patt savait qu'elle devrait d'ici quelques mois se montrer responsable et son cœur saignait déjà...

Cette fichue bâtardise, elle n'avait aucune importance en soi, mais les règles faisaient que cela en avait une. Et ses enfants avaient déjà assez souffert pour qu'elle veuille les protéger de ça et des étiquettes collées sur le dos de leur mère. Elle savait qu'il était trop tôt pour prendre une décision, mais elle devait y penser malgré tout et se préparer à l'après-guerre, ce moment où elle n'aurait plus sa place près de lui, pour les préserver eux.

Quand elle trouve enfin une berge, elle reste là, les bras ballants.
Il y a des saules ici aussi... Elle sait que la Loire est un fleuve dangereux et sournois, mais la môme au loup n'a jamais eu d'inquiétude concernant l'eau, elle est dans son élément, comme lorsqu'elle part seule avec Truffe et Vindict en forêt pour plusieurs jours. C'est le fait de faire partie d'un village qui n'est pas naturel pour elle, mais là encore, pour les enfants, elle s'obligeait à côtoyer les humains. P'têtre aussi parce que tu es comme tout le monde, tu as besoin d'avoir des amis et un cœur qui bat à l'unisson du tien.

Elle remet sa mèche rebelle en place et prend une grande respiration. Ne pense pas à l'après-guerre, ne gâche pas tout. Il sera toujours temps... Profite pour une fois ! Oui profiter... La dernière fois qu'elle avait lâché la bride, qu'elle avait laisser faire, elle avait vécu deux drames l'un après l'autre, était-elle encore prête à ce genre de chose ? Et puis les enfants, comment les protéger cette fois ? En mentant ? En leurs cachant ce qu'elle était en train de vivre et faire en sorte qu'ils ne se doutent jamais et donc n'espèrent rien et n'entendent rien sur leur mère.

Bien décidée à cesser de cogiter, Patt laisse tomber ses vêtements, profitant de ce moment entre chien et loup qu'elle préfère entre tous, pour laisser son corps meurtri, par les horreurs de la vie et de la guerre, se libérer de toute entrave. Le pied n'hésite même pas quant il se pose sur le sable, elle s'avance, sachant que les berges de la Loire peuvent être très dangereuses, que des sables mouvants s'y cachent. Quand enfin elle atteint l'eau, elle a comme un petit soupir de satisfaction et se laisse envelopper par l'onde. Les jambes écartées afin de rester stable, la jeune femme sent les courants contraires, devine les herbes traitresses et se dirige vers une petite anse, plus ou moins protégée.

Nager... C'est ce qu'elle faisait de mieux. Elle ne savait pas comment elle avait appris, cela faisait partie d'elle, comme de courir pendant des heures derrière son loup. Elle n'avait jamais été une folle des entrainements et encore moins de l'exercice en général, mais dès qu'il s'agissait de nager ou courir en pleine nature, loin de monde alors tout n'était qu'évidence. Après plusieurs longueurs et quelques immersions vers les fonds sablonneux, la jeune femme sort et s'installe sur une pierre, laissant l'aube à venir la baigner et la sécher. Le loup ne l'a pas suivi dans ses jeux nautiques, lui si friand d'habitude n'aime pas ce fleuve plein de traitrise, et c'est un peu moins inquiet qu'il s'allonge près d'elle.


Il n'a pas tiqué tu sais sur mon corps abimé, aucun signe de gène. C'était merveilleux de se sentir vivante depuis tout ce temps... Je vais donner une chance à la vie... encore... Mais je sais ce qui m'attends après et je dois être forte, l'occulter et y faire face le moment venu.

Truffe la regarde comme si il comprenait chaque parole prononcée. Elle tend la main et lui grattouille le crane, un léger sourire sur les lèvres.

Oui je dois vivre !

Cela avait fusé, pas vraiment crié mais affirmé d'une voix ferme.

Une femme était couchée sur une grande pierre au bord de la Loire
Un loup était aux pieds de cette femme près à mourir pour la protéger,
Une buse était à la cime d'un peuplier et veillait sur les deux,
Un homme se réveillait et ne trouvait pas de corps alangui près de lui.

Une nouvelle journée commençait...

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Castelreng, incarné par Pattricia
Il s'était éveillé peu après l'aube, détendu comme il ne l'avait été depuis longtemps... très longtemps.... Tendant un bras, il ne fut pas plus surpris que ça quand il ne rencontra que le drap froid. La belle avait sans doute jugé qu'il valait mieux pour eux qu'elle ne soit pas vu à sortir de sa tente de bon matin. Il se tourna sur le coté et vit qu'elle avait, en plus de son odeur, laissé un morceau de vélin. Un sourire se dessina alors sur ses lèvres et, s'appuyant sur un coude et prenant le papier dans sa main, il se repensa à ce que fut sa nuit.

La fougue qui les avait pris s'était vite transformé en tendresse et découverte de l'autre. Moment merveilleux qu'il aurait bien renouvelé à cet instant si la belle n'avait pas déserté sa couche. Gardant son mot doux en main, il se leva, gagna le coffre où sont ranger ses vêtement, l'ouvrir, prit ce dont il a besoin, le referma et y laissa le papier afin de s'habiller.

Sur le bord de Loire lui avait-elle noté. C'est donc cette direction qu'il prit une fois sortit de sa tente. La journée promettait d'être plus estivale qu'automnale, l'idée d'aller plonger dans l'eau fraîche n'était pas pour lui déplaire et si en prime il pouvait être galamment accompagné était encore mieux. Mais pour cela fallait-il encore qu'il la retrouve la belle.

Traversant le campement où les tentes semblaient pousser comme des champignons, il semblait rêveur pour d'aucun l'aurait croisé, hors, Cordas était en pleine réflexion. La nuit qu'il venait de vivre, il ne pouvait que l'admettre, lui avait ouvert une porte qu'il croyait à jamais fermé. Il ne savait encore ce qu'il ressentait pour la belle rousse, il était juste conscient que sa présence lui importait beaucoup. Ils ne se connaissaient pas encore vraiment, avait échangé moult pigeons qui, au fur et à mesure des jours les avaient rapproché. Son besoin d'elle s'était d'ailleurs fait de plus en plus pressant, la séparation plus lourde à porter au fil des jours.

Il se retrouva vite sur un petit chemin d'où lui parvint le doux chant de l'eau. S'en rapprochant, il se demanda tut de même si il parviendrait à trouver sa belle. Sans doute avait-elle favorisé un petit coin discret. Il voulait la trouver, il voulait la voir, la prendre de nouveau dans ses bras, enfuir son visage dans son cou, s'enivrer du doux parfum de ses cheveux. Il descendit sur la rive et marcha lentement en regardant ci et là, cherchant l'endroit le mieux où elle pourrait être, s'arrêtant par instant pensant l'avoir trouvé pour reprendre peu après.

Enfin il la vit.

Elle était là, belle. Nue, allongée sur une pierre, à se faire chauffer au soleil, son loup en garde à ses pieds. Il s'approcha, notant que l'animal qui l'avait, lui, entendu, et relevé la tête. Il arrêta la sa progression ne connaissant pas l'animal et tenant à rester entier encore un peu tout de même, se délecta du spectacle qu'elle était à offrir,sentant le désir monter à vitesse grand V. C'est d'une voix un peu rauque qu'il s'annonça à la dormeuse


La belle endormie aurait-elle besoin d'un garde du corps supplémentaire ?...
Pattricia
Au fur et a mesure que l'aube et la nature reprennent leurs droits, la môme au loup sent le soleil venir lui lécher le corps. C'est une sensation de bien-être, de sérénité, ce petit truc qu'une nuit bien remplie vous apporte au petit matin. Au moment où cette pensée traverse son esprit, elle se sent rougir et une forte envie de caresses l'envahit, la laissant troublée et insatisfaite.

Elle aurait aimé être au printemps, parcourir les sous-bois en plein éveil et trouver les premières pensées sauvages. Elle sourit,
les pensées... Elle se sent comme cette jeune fille muette et inapprochable qu'elle avait été quand ils erraient de forêt en forêt elle et ses familiers.

Cette baignade lui avait fait le plus grand bien, même si la nuit de nouveau bien présente à son esprit la perturbe encore bien plus que de raison. Mais sincèrement qu'est-ce que la raison peut bien avoir à faire là... La vindicative avait laisser sa vie prendre encore un nouveau tournant. Elle ne faisait que ça depuis quelques mois et ses dernières décisions étaient de loin parmi les meilleures quelle avait prises.

Elle sait que sinon elle ne serait pas là, alanguie, dans l'attente de ses bras, de ses cuisses, de ses mains...
Han ! Patt se fait violence pour limiter le vagabondage érotique de son esprit, sachant très bien qu'elle est tout à fait capable de s'habiller à la va vite, de traverser le camp comme une folle et de retourner sous sa tente et ce, pour faire autre chose que du macramé vous pouvez en être sûr. Mais elle doit tenir, elle ne veut pas l'étouffer et surtout elle veut préserver cette fichue indépendance qui lui avait déjà joué bien des tours. Une personne aurait compris...

Les sourcils arqués naturellement se froncent, les prunelles vertes restent closent mais une larme discrète coule sur la joue rosie. Une main rageuse la fait disparaitre et un museau vient se poser près de son cou. Elle serre les mâchoires et attrape la tête pour enfouir son visage dans la fourrure épaisse, le temps de laisser passer la douleur... Encore un peu... Comment savait-il toujours ? C'était un mystère, comme tout ce qui les concernaient, depuis le jour où, pas plus haut qu'une bûche, il s'était dressé pour impressionner les villageois qui avait voulu approcher l'enfant meurtrie et mourante...

Une prise profonde de respiration comme son frère le lui avait appris, une dernière grattouille et elle s'oblige à se détendre, à laisser le soleil levant faire son ouvrage. Elle sent en elle le flux de ce sang plein de vie, elle distingue chaque muscle, appliquant la technique d'Alrahir, elle calme son corps, le laissant soigner les maux. C'est alors que le cri fuse...

Truffe s'est écarté, le museau prenant le vent. Elle... Elle essaie de distinguer les pas, le cri était d'alerte certes, mais pas d'alarme et une seule personne pouvait être honorée d'une telle mansuétude de la part de Vindict. Patt flatte le crane de Truffe qui se rallonge, elle retire sa main et essaie de maitriser son impatience, dissimulant sa tension, tendue comme un arc... Les pas se rapprochent, ils s'arrêtent, le loup doit le toiser, elle sait comme il aime jouer, c'est que les loups ont de l'humour, enfin surtout celui là... Il y a un battement d'ailes pas loin, cette chipie de buse s'est rapprochée pour assister au spectacle, une vague image de buse en broche traverse l'esprit de la vindicative.

Elle est prête à agir la première quand


La belle endormie aurait-elle besoin d'un garde du corps supplémentaire ?...

Toute sa peau la picote, mais le montrer ça jamais ! Enfin... pas tout de suite... Faire durer le plaisir, si il était là c'est qu'il la voulait près de lui et dans l'esprit bouillonnant de la môme au loup, tout et son contraire étaient en train de faire un beau maelström qui ne l'aidait pas à choisir l'attitude à tenir. C'est donc très lentement que la Sarladaise se décide à ouvrir les yeux, tourner la tête et lui adresser un sourire des plus éblouissants. Elle se redresse avec grâce, sure de son effet en femme qu'elle est et lui fait face. Toujours en silence, la jeune femme flatte son loup et lui met une petite tape sur l'arrière-train. Ce dernier se lève et s'éloigne, prenant tout son temps, accompagné de battements d'ailes.

Un seule me suffira je crois...

La main tendue vers Cast, elle reste là, tout sourire, pas du tout décidée à lui faciliter la tâche... Le jeu était une seconde nature entre ses deux là, le tout était de savoir qu'ils en sortiraient chacun vainqueur...
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Castelreng
Dès l’instant où il la vit, ses yeux ne la quittèrent pas, glissant sur son corps alangui comme une caresse, faisant fi des marques que la guerre avait laissé sur elle, leurs trouvant d’ailleurs un certain charme. Il se revit les dessiner les unes après les autres, les images de leurs ébats de la nuit revenant le frapper. Il se rendit compte alors combien sa solitude l’avait pesé ces derniers mois. Son regard remontait doucement, s’attardant sur ses courbes, de ses hanches pleines à sa poitrine ferme, un sourire gourmand aux coins des lèvres, il effleura ensuite ses épaules pour parvenir à son visage.

La belle alanguie était à papillonner des paupières pour ensuite l’éblouir de son regard émeraude lorsqu’enfin elle tourna la tête pour lui faire face. Le sourire qu’elle lui fit lui alla droit au cœur, elle se serait trouvé sans son « chien de garde » qu’il se serait déjà empressé de la rejoindre. Mais l’animal ne le connaissant pas comme lui ignorait quelle aurait put être sa réaction, il se força à rester coït, admirant dans toute sa beauté, la rousse à la peau d’albâtre qui se redressait dans une pose qui aurait fait damner plus d’un saint. Il déglutit de la voir si belle à la lueur du jour et affirma son soulagement par un large sourire lorsqu’il vit le loup s’éloigner de sa jeune maîtresse.

Il s'avança alors à pas lent, tel un chasseur s’approchant de sa proie, conscient du fait qu’elle n’aurait aucune chance de lui échapper, les yeux toujours rivés sur son corps offert à sa vue, allant et venant, découvrant avec plaisir ce que la nuit lui avait caché, ses mains brûlantes de vouloir retrouver le doux satin de sa peau. Elle l’acceptait comme garde du corps, lui ne songeait plus qu’à aller s’y perdre.

L’avait-elle ensorcelé ou le fait d’être resté si longtemps sans femme était à lui monter à la tête ?

Peut-être un peu des deux.

Il avait commencé par apprécier leurs joutes verbales, puis s’était délecté de la voir monter sur ses grands chevaux la trouvant ravissante lorsqu’elle lui jetait des regards courroucés. Il avait aimé son courage et sa patience lorsqu’elle l’avait soigné, ses remarques acides le faisant réagir pour lui faire oublier la douleur et s’était vu l’attendre avec de plus en plus d’impatience. Certes, bien avant la disparition tragique de son épouse il n’était plus qu’un homme solitaire attendant en vain de voir l’être tant aimée sortir enfin de son couvent, passant par des semaines à s’abrutir d’alcool pour oublier cet abandon, puis par des périodes plus calmes, allant jusqu’à voyager deux mois durant dans l’espoir qu’au retour il retrouverait une vie de couple ordinaire et heureuse et de constater qu’il serait à présent et pour toujours seul.

Jusque là il le croyait dur comme fer et alors qu’il était à se saisir de la main qu’elle était à lui tendre, de nouveau il s’autorisa à franchir cette porte qu’il croyait à jamais close. Il ne savait ce que serait fait demain, ne voulait y songer, voulant croquer cet instant de vie à pleines dents, s’accordant pour un temps indéfini l’oubli du passé et ses peines.

Il tira doucement la belle vers lui, la forçant de ce fait à se remettre sur ses pieds et l’attira contre lui l’encerclant de ses bras dont les mains déjà était à la dessiner. Avant même de prononcer un mot, il prit d’assaut ses lèvres pour aller combattre sensuellement sa douce langue de la sienne. Bataille douce où les adversaires misaient sur la même victoire, celle d’amener l’autre aux confins du plaisir. Lorsqu’il la sentit fondre dans ses bras, il quitta ses lèvres, recula légèrement la tête pour plonger ses yeux dans les siens pendant que ses mains remontaient vers ses monts, un sourire gourmand sur les lèvres.


Faut-il que même pour te dire bonjour je doive te courir après ? Je pensais que la visite minutieuse de ma tente t’aurait tenue fatiguée un peu plus.... il me faudra faire mieux ce soir…

Sa peau que le soleil avait doucement séchée et chauffée était à le rendre fou de désir, ses mains en visitaient chaque parcelle alors qu’il se penchait de nouveau pour aller butiner le creux de son cou, lui murmurant ce qu’il comptait bien lui faire là, sur ce bord de Loire, loin des regards indiscrets, du campement grouillant comme une fourmilière et des murailles grises de Saumur…
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Pattricia
Son regard l’hypnotisait, plutôt mourir que de l’avouer, mais ses prunelles la tenaient à leur merci. Elle se savait envisager et dévisager et elle en jouissait, gourmande, mais le sourire triomphant qu’il affiche quand Truffe s’éloigne lui donne envie d’égratigner son côté sûr de lui. Mais pour cela, encore faut-il se libérer de ce regard, du besoin qu’elle a de lui et qui se fait pressant à le savoir si proche. La main ne reste pas longtemps dans les airs et c’est à peine si elle se rend compte qu’il l’oblige à se lever.

Mais c’est très clairement qu’elle se rend compte de ses mains exigeantes et curieuses, de cette bouche charnue et autoritaire, de son corps qui la trahit à chaque seconde, chaque caresse, chaque minute que dure leur baiser. Plus tard elle se demanderait à quel moment il avait réussi à la rendre si impatiente et si peu farouche... elle… l’intouchable… Ce matin-là, dans la tente, quand elle avait enfin réussi à se libérer des bras puissants de Cast, serrés autour d’elle dans une volonté de possession, la vindicative avait admiré son amant encore endormi, le corps halé par le soleil du Sud, marqué par sa vie passée de militaire, sentant son cœur se serrer quand elle avait caressé du bout des doigts la cicatrice qui leurs avait permis d’oser.

Elle n’avait eu que deux hommes dans sa vie avant le Seigneur de Cordas, un égocentrique à la folie des grandeurs qui avait eu le bon gout de lui donner ses trois monstres, et l’homme qui avait été l’instigateur de ses premiers vrais grands choix avec qui elle avait cru avoir un avenir… Il est des maladies contre lesquelles les meilleurs médicastres ne peuvent rien et des tragédies contre lesquelles même la meilleure des barbières n’avait pu lutter. Inconsciemment, pendant qu’elle dévorait des yeux le corps d’un Cast endormi, saisie par ce dernier souvenir, elle avait posé sans y prendre garde la main sur son ventre… La douleur l’avait traversée une fraction de seconde, mais cela avait été bien assez pour lui faire reprendre ses esprits et se sauver à pas de loup.

Mais en cet instant, elle n’en n’est pas du tout à ce genre de considération, elle est juste incapable de penser, aussi vorace que son amant des caresses encore à venir. Elle voudrait le détester, ou du moins faire semblant, lutter juste pour la forme, pour le jeu, mais les désirs de son partenaire ne souffrent pas d’atermoiements, il veut, il prend ! Elle se sent peu à peu perdre pied, incapable encore de lui rendre la pareille pour qu’il connaisse à son tour les affres du dépit de ne pouvoir lutter contre la volonté de l’autre, même ses mains se contentent de s’agripper à lui, essayant juste d’empêcher leur maitresse de partir à la dérive. Quand leurs bouches se séparent une sensation d’abandon, fugace, la saisit d’un coup, puis leurs regards troublés par le désir s’accrochent l’un à l’autre, incapables de faire autrement. La môme au loup se mord la lèvre, ne pouvant lutter contre la chaleur qui l’embrase quand il continue son manège, ses prunelles rivées au siennes et ce sourire…


Faut-il que même pour te dire bonjour je doive te courir après ? Je pensais que la visite minutieuse de ma tente t’aurait tenue fatiguée un peu plus.... il me faudra faire mieux ce soir…

Soudain une énorme envie d’écraser ce sourire la prend, il la désarme et quelque part, au tréfonds d’elle-même, elle le déteste à ce moment-là, elle se sent trop faible, comme désavantagée par rapport à lui. Peut-être était-ce la parole de trop, le sourire de trop, une volonté de trop… Cast n’avait pas attendu sa réponse et avait entamé de nouvelles hostilités, visitant sans retenue ce corps qui continuait de la trahir. Le frisson qui commença à l’étreindre, mêlé à cette vague de chaleur la faisant prendre feu de l’intérieur, lui donnent le coup de fouet nécessaire à une contre-offensive légitime. Elle se laisse glisser telle une anguille et recule à grand pas en direction de la Loire. L’attitude est volontairement provocatrice, deux lignes couleur de sous-bois filtrent à travers les cils, le sourire se veut mutin et elle continue de reculer vers l’onde qui chante dans son dos.

Tss… Estime-toi heureux que je te laisse me rejoindre dans ce coin tranquille. Cesse donc de penser que je puisse être satisfaite si facilement. Une nuit dis-tu ? Qu’est-ce donc ? Te croyais-tu si près de la victoire sans le moindre effort ? On me mérite Messire de Cordas, on ne me prend pas comme une fille de ferme au détour d’une meule de foin !

Elle a atteint l’eau et s’empresse d’y plonger dans un éclat de rire. Après quelques brasses histoire d’avoir un peu d’avance, elle le regarde, souriant de toutes ses dents, se maintenant à flots par quelques mouvements habiles. Il n’a plus qu’à se déshabiller, qu’à plonger, et tenter de la rejoindre et elle n’avait pas l’intention de lui faciliter la tâche. Faire durer le plaisir, se rendre fous de désir mutuellement, se provoquer et plus tard… se rendre…
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Castelreng
Les oiseaux chantants pour seule compagnie, la douce mélodie de l’onde pour seul accompagnement, ils auraient pu se croire seuls au monde, loin de la folie des hommes, des conflits et de la misère. Dans ce coin isolé de tout, proférant avec art de douces caresses à la belle lovée contre lui, il restait attentif à ses réactions. Il la sentait fondre sous ses mains et ses lèvres, consentante, son corps répondant à chacun de ses gestes. Il avait remarqué ses émeraudes brillantes de désir. Elle était prête, il en était certain et quand elle se glissa hors de ses bras, il ne fit rien pour la retenir et garda un sourire des plus malicieux. Elle était magnifique. Les cheveux lâchés, encore humides de sa baignade lui faisait un splendide rideau lui descendant jusqu’aux riens. Il aurait aimé les toucher, les enrouler autour de ses bras.

Il en fut autrement…

Cependant, il aurait été surpris qu’elle se laisse étendre et étreindre dans l’herbe grasse juste sous l’emprise de ses caresses. Elle n’aurait pas été celle qui l’attirait tel un aimant si elle avait agi autrement, elle n’aurait tout simplement pas été Elle et Cordas en était conscient. Il se doutait de ce qu’elle manigançait et s’en trouva amusé.

Elle recula…

Annonça la bataille…

Prestement il se défit de sa chemise, l’arrachant en l’ôtant…

Elle s’éloignait lentement…

Il se délesta de ses bottes…

Elle plongea…

Il s’empressa de retirer ses braies et de gagner la berge…

A son tour il plongea dans l’onde, fut surpris par sa fraîcheur et quand sa tête fut de nouveau au dessus du niveau de l’eau, il prit le temps de regarder l’avance de la belle. En quelques brasses puissantes, il rattrapa son retard et avant qu’elle ne prenne le temps de regarder en arrière, s’immergea totalement et nagea au plus profond.

Elle était là, à sa portée, un mouvement puissant des jambes et ses deux mains purent agripper ses hanches. Les pieds bien calés sur le fond sableux, d’une pousser il remonta, soulevant de ce fait la sirène et, une fois hors de l’eau la propulsa par la force de ses bras.

Alors, attendant la réaction de sa charmante adversaire, il savoura un instant cette eau fraiche et ce soleil chauffant. Roulant sur le dos il se laissa dériver, se rapprochant de l’endroit où il avait lancé Patt.

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Pattricia
Quand il avait plongé, elle était intimement persuadée que ça n'allait pas se passer comme ça. Elle se doutait qu'elle serait moins rapide que lui, mais ce qu'il ne savait sans doute pas c'est qu'elle était de loin la plus agile. L'eau étant son élément, elle avait sentie la poussée de l'onde par en dessous à son arrivée, mais elle avait juste pensée qu'il l'enlacerait, ou encore la ferait couler. Elle ne s'attendait pas du tout à voler dans les airs et à atterrir plus loin. Le temps qu'elle envisage sa situation, elle retombait lourdement dans l'eau, un ou deux mètres plus loin, avec un manque total de grâce.

Le mal était fait, et surtout la vexation était là... Elle se laisse donc tomber sur le fond sablonneux et dans un demi-tour de sirène, profitant des hautes herbes qui la dissimule, elle s'approche à son tour par en dessous. Elle ne le rejoint pas, il était temps qu'il ait une petite leçon, leurs jeux amoureux attendraient un peu. La jeune femme continue à s'éloigner, toujours bien dissimulée et se faufile au travers de roseaux entourant un minuscule ilet. La vindicative s'y allonge, observant Cast qui ne semble pas trop savoir si c'est du lard ou du cochon, et reste là, bien décidée à le faire languir, et peut-être bien s'inquiéter un peu...

Son dos frissonne au gré des rayons du disque solaire s'élevant peu à peu, la jeune femme reste là, observant son amant le menton appuyé sur ses deux paumes. Elle a fait une sorte de chignon avec sa chevelure gorgée d'eau, bien trop lourde pour son cou si fin. Elle ferme les yeux, laissant vagabonder son esprit, revivant leur première rencontre, les premiers échanges... Ils avaient immédiatement été attirés l'un vers l'autre, mais c'est lorsqu'il avait failli mourir qu'elle n'avait plus su dissimuler son inquiétude et cette envie de toujours surveiller sa guérison, de le bousculer afin qu'il accepte de se soigner correctement. Ce qu'elle avait ressenti à ce moment là lui avait rappelé des souvenirs bien cruels et elle avait eu très peur.

Et elle avait su...

Patt sursaute soudain, pas du tout sure de ne pas être restée trop longtemps. Sans même vérifier ce qu'il fait, elle se glisse immédiatement dans l'eau, sa peau chauffée au soleil se trouvant saisie par la fraicheur de l'eau. Elle reprend le chemin inverse, toujours dissimulée par les hautes herbes et, remontant d'un coup de talon, se décide à sortir la tête hors de l'eau.

Le soleil l'éblouie, elle marque un temps d'arrêt...

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Castelreng
Les secondes s'écoulaient, Cast commençait à s'interroger. Elle aurait dut être à crier sa déconvenue, à tenter de lui faire boire la tasse, à se venger.

Hors, rien…

Roulant sur le ventre, il regarda là où il l’avait envoyé valser, nageant, scrutant alentour pour constater qu’il semblait seul dans l’eau. Le doute le prit, l’inquiétude le gagna. Il plongea pour aller sonder le fond, craignant que Patt ne se soit emmêlée dans les longues herbes, souhaitant se tromper car elle aurait là passé trop de temps sous l’eau, sans pouvoir reprendre son air…

Explorant les fonds de Loire, il sentait la panique le gagner cette fois. Nulle trace de Patt. Il ne refit surface que lorsque ses poumons commencèrent à le brûler.
Tête sortant de l’eau, il inspira un grand coup, bloqua et replongea. Il devait la trouver et vite. S’il venait à découvrir qu’il lui était arrivé quelque chose, il ne s’en remettrait pas. La fin de son épouse lui revint en mémoire, la peur d’être à vivre là le même drame le tenaillant.

Son intendant lui avait expliqué le plus doucement possible les recherches en mer qui avaient été exécutées, l’inconscience de son fils ainé de nager et sonder le fond jusqu’à épuisement, les pécheurs cherchant de concert pour ne retrouver que son chapeau flottant.

Remontant de nouveau pour emplir ses poumons, il la vit enfin non loin de la berge, à le regarder lui sembla t-il. Il était blanc d’angoisse, elle ne semblait pas avoir souffert de son plongeon surprise. La peur fit place à la colère, l’inquiétude à la rage, en trois brasses il fut sur elle. . Il l’attrapa par la taille et l’entraina vers la rive où sortant de l’eau non loin de l’endroit où il avait laissé ses vêtements, il la remit sur ses pieds et la relâcha.

La peur qu’elle lui avait faite était trop importante pour que sa colère ne retombe. Elle ne pouvait savoir, il était pour l’instant incapable d’agir sereinement. Le regard qu’il posa sur elle fut donc froid en plus d’être sévère.


Ne me refais jamais ça !

Il ne lui laissa pas le temps ni l’occasion de s’expliquer, il aurait d’ailleurs été sourd à tout argument, se retournant, il alla droit vers ses vêtements qu’il remit avec rage sans plus ajouter un mot….
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Pattricia
L’éblouissement était total, Patt n’y voyait goutte, ou plutôt trop de gouttes restées accrochées à ses longs cils lui rendaient la vue impossible. Elle se frotte les yeux et regarde alentour, tournant sur elle-même, à la recherche du puni, c’est alors qu’il surgit, tel un démon, plus loin devant elle, la regarde et se dirige vers elle dans une nage puissante et bruyante. Elle le regarde venir à elle, imaginant déjà les reproches d’un homme vexé, mais pas vraiment fâché, et pensant plutôt à reprendre leurs ébats là où ils les avaient laissés avant qu’elle ne plonge.

Lorsqu’il arrive à sa hauteur, son visage ne laisse rien paraître des sentiments qui l’animent et il l’empoigne comme un vulgaire tapis pour la ramener sur la berge, sans un mot. Sur le coup, la vindicative se dit qu’elle va subir les assauts d’un seigneur voulant reprendre l’ascendant sur une donzelle qui ose lui tenir la dragée haute, et elle s’en amuse intérieurement, même si elle trouve son étreinte puissante certes, mais peu agréable.
Tss... Quand les hommes comprendront-ils que notre peau réclame des soins, de l’attention et surtout beaucoup de douceur. Celui-ci a besoin de cours car je ne suis pas adepte des bleus et des griffures.
Sauf que...

Ne me refais jamais ça !

Le ton est froid comme l’hiver dans le Nord, le regard si doux d’habitude est de glace et les prunelles vertes s’écarquillent de surprise. Quand il fait demi-tour, attrape ses vêtements et commence à s’habiller avec des gestes saccadés et coléreux, la môme au loup commence à comprendre ce qui peut se passer dans sa tête. Quelle gourde ! Comment j’ai pu avoir une idée pareille alors que sa dernière épouse s’est noyée ! Nan mais je n’ai donc pas assez vécu de tragédies pour ne pas y avoir pensé !
Elle ne sait pas si il est en état de l’écouter, et surtout elle ne sait pas comment l’aborder, à ce moment là elle se sent si mal que toute idée qui lui passe par la tête lui parait vaine et inefficace.

Puis les sourcils se froncent, le regard devient une fine ligne de couleur jade, et une paire de quenottes vient torturer le coin de sa lèvre inférieure.
Aux grands maux, les grands remèdes, si je ne l’arrête pas maintenant, si je le laisse finir de s’habiller et s’éloigner de moi, il y a peu de chance que l’on puisse revenir en arrière, tant pis, advienne que pourra !
Qui penserait que cette jeune femme est un peu dingue aurait sûrement raison, mais encore faudrait-il penser comme elle, ce qui est à la portée de peu de personnes tellement le cheminement de sa logique toute personnelle est imprégné de critères des plus farfelus.

Patt, toujours en tenue d’Eve, dégoulinante d’eau, sa longue chevelure un peu en bataille lui enveloppant complètement le buste, bande ses muscles. C’est qu’il faut être sure de son coup, l’énergumène est du genre grand et massif, mais elle est souple, agile et surtout aguerrie aux techniques de lutte, patiemment enseignées par son frère. Une fois le talon bien encré dans le sol, la prise d’élan et la course ne sont que de simples détails pour la vindicative. Profitant qu’il continue à ostensiblement lui tourner le dos, elle se jette contre lui de toutes ses forces, lui faisant perdre l’équilibre, et une fois qu’il n’a plus qu’un seul pied au sol, se redresse tel un serpent, le contourne pour lui faire face, et balaye son seul point d’appui.

Une fois qu’il s’étale sur le dos, elle se jette sur lui et s’assied sur son torse, les deux mains posées au sol bien à plat de chaque côté de son visage. Elle ne cherche pas à l’immobiliser, elle veut juste qu’il sorte de sa bulle où il s’est enfermé et qu’il lui prête attention. Son regard, troublé par la honte qu’elle ressent de ce qu’il vient de revivre à cause d’elle, se vrille au sien, faisant tout pour qu’il n’essaie pas d’esquiver. Elle halète, sous le coup de l’action, et de la panique qu’elle vient de ressentir, le croyant perdu à jamais pour elle. Son cœur bat à la chamade, elle n’a aucune idée du spectacle qu’elle offre en cet instant, leurs deux visages l’un au-dessus de l’autre, les prunelles brillante sous l’émotion, son corps nu encore humide et le voile de mèches rousses qui cache le haut de leurs corps du reste du monde.


Je n’ai pas réfléchi, je voulais juste te donner une bonne leçon, et évidemment j’ai pris la mauvaise décision. Crie-moi dessus, fais-moi des reproches, mais s’il te plait ne t’enferme pas dans ce silence glacé.
Je suis désolée...


Son esprit bouillonne, elle ne trouve plus les mots et elle se mord la lèvre pour l’empêcher de trembler.

Je t’en prie…
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Castelreng
Il aurait voulu l’étrangler, la secouer à lui décoller la tête lui hurler la folie de son acte, l’embrasser brutalement, la prendre là avec force. Tout plutôt que de revivre cette peur.

Il fallait qu’il s’éloigne, qu’il se calme, il savait qu’elle était à se poser des questions. Peut-être même l’avait-il choquée. Il la sentait là, derrière lui, sans doute les bras ballants, les yeux tristes et interrogatifs, il était cependant incapable de rebrousser chemin, de la prendre dans ses bras pour lui dire combien elle lui avait fait peur, qu’il avait cru l’avoir perdu elle aussi comme son épouse… son épouse…

Il revoyait en cet instant le doux visage de son Oriabel, les doux sourires qu’elle avait sans doute eut peu avant l’accident. Ramassant ses braies et se dirigeant vers ses bottes, c’est un visage empli d’effrois qui lui apparu. Alors, la culpabilité revint le prendre. Il aurait dut-être là ce jour là et non sur les routes.

Enfilant ses braies, il ne souhaitait plus qu’une chose, partir de là pour rejoindre sa tente et avaler une bonne quantité d’eau de vie afin d’oublier de nouveau. Une botte en main, prêt à l’enfiler, il reçu un poids traite dans le dos le faisant lâcher sa botte et chanceler. Sur la surprise du choc, il n’eut pas le temps de se demander ce qu’il venait de se passer, eut à peine le temps d’apercevoir Patt qu’il se retrouvait crocheter et partait en arrière de tout son poids. La chute fut raide et lui coupa le souffle. Une douleur vive entre les omoplates le fit grimacer. Tout juste le temps de reprendre son air que Patt lui sautait sur le lard. Il la regarde alors trop éberlué par son geste pour faire le moindre mouvement, conscient cependant qu’un rien suffirait pour la faire rouler et lui se relever. Leurs regards se fixent alors, le sien encore trop rancunier pour voir dans les émeraudes le moindre regret. Et quoi que la colère le domine encore, il ne peut s’empêcher de la trouver belle sa chevelure de feu aux reflets dorés que le soleil faisait flamboyer leur faisant un rideau protecteur.

Il l’écouta sans l’interrompre. Il voulait oublier, inconsciemment elle était à le faire se souvenir…

Elle voulait des mots, des reproches. Il savait que s’il ouvrait la bouche il deviendrait violent…

Il avait cru l’avoir elle aussi perdue, avait craint la trouver emmêlée dans ces herbes traitresses. Il avait vu par avance son corps sans vie, son visage déformé par la panique et il se sentait coupable de l’avoir jeté ainsi. Comment pouvait-il lui expliquer ? Comment lui dire qu’en plus de revivre ce qui était arrivé à son épouse il avait cru la tuer ?

Alors qu’un silence lourd comme une chape de plomb s’installait, alors qu’elle attendait de lui un mot, un geste, il était à se demander si ce n’était pas là un avertissement du Très Haut. Peut-être n’avait-il droit à une vie normale ? Peut-être devait-il se repentir sa vie durant pour ne pas avoir été là pour son épouse ? Il ne savait pas… se trouvait perdu…

« Je t’en prie…. » Ces trois mots résonnaient dans sa tête. « Je t’en prie…. »» Il détourna le regard ne supportant plus ses beaux yeux importants.

« Je t’en prie… » Ces mots étaient bien vivants ! Elle était bien vivante ! Ses cuisses, encore fraiche de la baignade, collées contre ses flans étaient bien là pour le lui prouver, cette soie de feu qui lui chatouillait les épaules par instant, il ne pouvait l’ignorer non plus et cette voix suppliante dont les mots lui raisonnaient encore dans la tête n’était pas une illusion.

Machinalement, son bras se souleva et sa main se posa sur la nuque de la jeune femme. D’un geste lent, il attira son visage vers le sien et, quand leurs lèvres furent proches, il releva légèrement la tête pour les lui prendre.
Ce ne fut pas tendre mais impérieux.
Ce ne fut pas brutal mais vital.
Par ce langage unique il lui communiqua tout. Sa peur de revivre son cauchemar, sa panique l’avoir perdue Elle par sa faute à lui, sa colère qu’elle l’eut dupé, son soulagement, son besoin d’oubli.

Il ne voulait s’expliquer, ne trouverait aucuns mots. Il ne voulait lui faire part de tous ce qui lui était passé à l’esprit lorsqu’il s’était aperçu qu’elle n’était pas remontée pour le rejoindre. Il se contenta donc de la garder serré dans ses bras et de se nourrir de ses lèvres jusqu’à plus souffle…


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Pattricia
Le temps s’écoulait… s’écoulait… Patt gardait son regard rivé sur lui, cherchant « le moment », celui où l’autre prend une décision, consciente ou pas, et qui allait modifier leur relation, dans un sens ou sans un autre, et ce à jamais. Elle savait que l’option qu’elle avait choisi était la bonne, elle se connaissait assez pour se douter que si elle l’avait laissé partir, elle se serait détestée, et par voie de conséquence, sa culpabilité aurait fini par se retourner contre lui. Logique… illogique… Il s’agissait là de sentiments humains complexes, menant par fois à des actes et des paroles irréversibles.

Juste avant de parler, elle avait vu son regard lui échapper et son cœur s’était serré, la faisant douter d’arriver à percer la carapace dans laquelle son amant s’était lové. Mais quand les mots avaient franchi ses lèvres, les prunelles, foncées par l’angoisse et la douleur, avaient fini par revenir vers elle. Le lien était ténu, fragile et elle était désemparée de ne pouvoir être sure de le maintenir. Depuis ils étaient restés silencieux, elle observant la bataille intérieure de Cast sur son visage, le rythme de son cœur, marqué par les pulsions sanguines gonflant de manière encore trop accélérée la veine de son cou et son torse si viril se soulevant sous la pression de sa respiration.

La môme au loup avait changé ces derniers mois. Elle ne laisserait plus jamais passer sa chance de vivre le bonheur, fut-il éphémère, et c’était la louve qui couvait en elle toutes ces années qui lui avait fait avoir cette idée de la dernière chance. Jamais Patt n’aurait réagi ainsi auparavant, elle était trop enlisée par son mal-être, son passé confus, son besoin d’être aimée, son incapacité à régler une situation extrême, préférant disparaitre et attendre pour sortir à nouveau de son trou. La jeune fille, manipulable et incapable de s’aimer, était devenue cette femme, enfantée dans la douleur tel un Phénix, et qui ne laisserait plus jamais quoi que ce soit compromettre son bonheur, ce qu’elle avait construit patiemment et rageusement ces dernières années.

Alors quand il lève le bras vers elle, son regard ne désarme pas, son cœur s’accélère et ses cuisses se resserrent sur ses flans. Elle prie pour que ce ne soit pas pour la repousser, rien ne transparait de ce qu’il a décidé à ce moment-là, il est encore enveloppé dans sa bulle et le moment crucial est arrivé, va-t-elle gagner la bataille ou l’a-t-elle perdu à jamais ? La brulure qu’elle ressent quand cette main d’homme se pose sur son cou lui donne envie de crier, ou peut-être pleurer de soulagement, ou encore les deux. S’il avait voulu la repousser, ça n’est surement pas de cette manière qu’il s’y serait pris et le temps que leurs lèvres mettent à se rejoindre est à la fois une torture et un délice.
La torture de ne pouvoir se jeter sur lui et se laisser aller dans un élan primaire, le posséder, être possédée et oublier tout le reste.
Le délice de savoir les plaisirs à venir, de retrouver les bras protecteurs et de lire dans son regard comme elle est importante pour lui à ce moment-là.

Mais rien de cela dans l’immédiat, juste une bouche qui en soumet une autre et les lèvres féminines qui se plient volontiers à la volonté de l’homme. Tout ce qu’il voulait, pourvu qu’ils puissent se retrouver à un moment ou à un autre et renouer cette relation si particulière et enivrante. Puis le cerveau lâche enfin prise…

Ce baiser était passionné, mais sans caresse. Il la tient prisonnière de ses deux bras qui l’encerclent et de cette bouche exigeante, mais si délicieuse. Elle n’en n’est plus à échafauder quoi que ce soit pour le faire réagir, elle est…
Elle s’est allongée sur lui, les bras glissés sous les siens, maintenant leurs deux corps au plus près, et l’embrasse jusqu’à plus soif. Ils ne le savent pas encore, mais à cet instant bien précis, ils sont au diapason. Aucun mot n’est nécessaire, elle le retrouve et lui reprend pied petit à petit. Elle n’ose… Elle ose… Alors parce que c’est lui et parce que c’est elle, parce que rien n’est plus fort que ce besoin qu’elle a de cet homme, de son odeur, de la fermeté de ses muscles, elle ne laisse aucun espace entre leurs deux corps, ses cuisses l’encerclent et sa peau frémit tout contre la sienne, dans un besoin impérieux que la vie reprenne ses droits...

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Castelreng
Ce baiser fut le déclenchement d’un besoin plus profond. De caresses empressées, il se fit plus tendre, s’enivrant de la douceur de sa peau, du gout sucré de sa bouche, de la tendresse de ses lèvres. Le peu qu’il avait renfilé fut vite enlevé dans l’empressement du besoin qu’ils avaient l’un de l’autre.

Oublié les cauchemars et la frayeur.
La belle chevauchant était pour ce faire finalement le meilleur des élixirs. Mieux que toutes les eaux de vie qu’il aurait pu avaler jusqu’à plus soif, elle lui apportait là l’ivresse sans la gueule de bois au réveil.
Oublié les combats à venir.
La bataille qui venait de s’engager ne verrait ni vaincu ni vainqueur mais l’apaisement pour un temps de deux âmes en peine.

A l’abri des regards, avec le chant de l’eau et celui des oiseaux en accompagnement, sur un lit de mousse, le Ténébreux, comme certains se plaisent à le nommer, ne pensa plus qu’à mener son amante aux tréfonds du plaisir.

Le temps n’avait plus cours ici. Aussi, une heure ou plus avait pu s’écouler avant qu’il ne finisse par s’endormir le corps repus et l’âme en paix. Il l’avait gardé dans ses bras, sa tête au creux de son épaules, ses longs cheveux lui couvrant le torse.. Lorsqu’enfin il s’éveilla, le soleil était presque au zénith. Ses rayons chauds pour la saison, perçaient entre les arbres dont le feuillage commençait à jaunir faisant briller de mille feux la chevelure de la belle. Castelreng, sous le charme de cet éclat, se saisit d’une mèche qu’il prit plaisir à enrouler à son bras. Il ne voulait quitter le charme de ce moment, pourtant il savait qu’il était plus que temps de retourner au campement. Encore une minute se disait-il.

Une… deux… puis trois coulèrent avant qu’il ne brise le charme.


Patt… ma douce… il est plus que temps de retourner au campement….

Il n’avait pas envie de la presser mais la savait trop consciencieuse pour vouloir s’attarder plus que de raison, et puis, il ne voulait surtout pas qu’elle revienne sur ce qu’il s’était passé dans l’eau. Aussi ne se gêna t-il pas pour la taquiner un peu. La voir monter sur ses grands chevaux valait mieux que de la voir compatissante. Il ne le supporterait pas.


Tu ne comptes quand même pas te prélasser ainsi toute la journée ? tu vas finir par être rouge comme une écrevisse ce qui… cela dit pourrait-être utile… au moins n’aurais tu plus à te forcer pour ne pas rougir…
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Pattricia
Volupté… Un seul mot qui réunit à lui tout seul ce qui se passa entre la vindicative, inapprochable, et Cast, solitaire. Ce besoin de l’un de l’autre, ces deux corps au diapason, ces mains qui ne peuvent se quitter, ces lèvres plus aventureuses que jamais… Volupté…

Le temps… Il s’était écoulé, toujours trop court. L’amante écroulée sur le corps en sueur de son amant, alanguie et merveilleusement épuisée. Le visage au creux de son épaule, la môme au loup avait l’impression de s’être endormie sous ses baisers. Ses lèvres, légèrement gonflées d’avoir été dévorées, souriaient dans son demi-sommeil.

La paix… Deux esprits enfiévrés et angoissés avaient jeté les armes. La paix avait été signée sous l’emprise du désir et du plaisir. Bien des redditions avaient été conclues. Chaque adversaire ayant eu son moment de gloire, mais que dire lorsqu’ils l’eurent ensemble. Rien… Juste savoir que ça a eu lieu, rien d’autre…

Le frisson… Celui quand il s’était enfin laissé envouter, de leurs retrouvailles, portés par le même élan, quand, abandonnée, il l'avait couverte de ses baisers sans fin, puis bien plus tard, quand il avait joué avec sa chevelure et enfin, quand leurs regards s’étaient à nouveau croisés, brillants et embués des souvenirs érotiques qui leurs remontaient insidieusement à l’esprit.

Chaleur… Du soleil pour commencer qui effectivement était en passe de lui cuire son dos déjà si abimé, de son regard à lui et des idées saugrenues que forcément cela provoque chez elle, de ses joues, pas celles du visage, les autres, qui risquaient hélas de la tirailler quand elle devrait se remettre en selle en fin de soirée et du baiser qu’elle lui vole, gourmand et rageur.

L’envie… Qu’il la touche encore, de retourner dans l’eau pour se rafraichir, de boire une bonne bière fraiche en sa seule compagnie, de tartiner d’onguent sa peau bien trop fine par certains endroits, de courir jusqu’à l’épuisement avec son loup pour s’empêcher d’hurler sa joie au monde, que le temps s’arrête et qu’ils n’aient que du présent sans aucun futur à craindre, de l’étrangler à sa dernière pique, ou de mordre cette bouche, charnue et volontaire qui sait tant la faire chavirer, pour la faire taire.

Rire… Juste parce qu’elle est heureuse, qu’elle refuse de tomber dans le piège qu’il lui tend, de la fraicheur de l’onde quand elle s’éloigne pour rincer son corps, de le regarder s’impatienter –ou autre chose…- parce qu’elle prend tout son temps pour se sécher, féline et impudique, de voir son air soulagé lorsqu’elle est enfin habillée et de ce regard qu’il lui renvoie…

Silence… Soudain revenu au cœur de cet endroit oublié de tous, de la brise automnale qui n’ose faire chanter les feuillages de peur de briser la magie, des oiseaux qui ne révèleront pas le rite ancestral qui venait d’avoir eu lieu, de la Dame qui vit au fond de l’onde et qui, peut-être, exaucera leur vœu le plus secret…

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Castelreng
On se doute bien qu’ils sont ensuite retournés au campement. Inutile de préciser également les soupirs impatients de l’homme lorsque la belle « cuite à point » retourna se glisser dans l’onde fraîche alors qu’il était plus que temps de rentrer. Aussi ne nous étalerons pas là-dessus et passerons à autre chose.

    Campement des Royalistes


Au fur et à mesure que les jours passaient, tentes de multiples couleurs poussaient tel des champignons. Etendards divers flottaient au vent, hommes grouillaient comme dans une fourmilière. Hormis le nombre d’hommes qui augmentait, les journées restaient semblables. Les rapports faits de bon matin, l’entretien des armes, armures et chevaux devenaient des habitudes bien huilées. Les repas pris étaient parfois enrichis de quelques poissons attrapés dans la journée.

Le soir venu, nombres de feu éclairaient l’étendue de toile multicolore. Aux abords de la forêt, une bicoque de belle taille leur servait lieu de taverne. Aussi diversifié que les hommes qui, de leurs toiles, avaient fait une ville hors la ville, les tonneaux en nombres offraient un grand choix. Une occasion pour certain de savourer en bonne compagnie un vin ou spécialité d’une région. Les grandes et belles beuveries n’étaient cependant pas de mise, la vigilance restait de mise, les temps n’étaient plus à rouler sous la table mais l’on pouvait croiser tout de même, homme ou femme sortant légèrement chancelant.

La veille de ce jour, il était allé la retrouver en taverne. Leurs occupations respectives avaient fait qu’ils ne s’étaient pas vus depuis qu’elle avait quitté sa couche, à l’aube, comme à son habitude. Dans la salle, les conversations animées et joyeuses allaient bon train ce qui n’empêcha pourtant pas aux deux amants de se chamailler. D’un caractère aussi têtu l’un que l’autre, les frictions étaient légions et c’est un point que Castelreng appréciait en elle. Qu’elle lui rabatte à l’occasion son caquet. Que ses grands yeux verts s’assombrissent sous la colère, il la trouvait fort belle lorsque gonflait en elle la tempête. Seulement voilà, cette fois c’est un ouragan qu’il lui semblait avoir déclenché. Il avait cru, à tort, qu’elle cèderait, qu’il aurait gain de cause, il en avait été pour ses frais ! Raccompagnée à sa tente, il s’était vu quelques minutes après retourner à la sienne. C’est tout juste s’il avait pu lui badigeonner correctement le dos d’onguent pour apaiser le coup de soleil pris lors de leur escapade au bord de l’eau.

Ronchon le Ténébreux ? Ooh que oui il l’était !

Au moment convenu, il avait fait son tour de garde avec ses compagnons d’armes sans desserrer les dents. Il aurait aimé une bonne échauffourée pour calmer ses nerfs, mais la ronde avait été on ne peut plus calme. Revenu dans sa tente pour le temps du repos, il s’était laissé tomber sur sa couche, ne prenant que le temps de déposer ses armes et sortir de ses bottes.

D’humeur de chien au levé ? A n’en pas douter !

De 1) Le fait qu’il est dormi du sommeil du juste le laissait dans un tel état de perplexité qui ne pouvait que lui déplaire. Il avait été certain que de retrouver sa couche vide lui ferait retrouver ses sommeils agités. Il aurait cependant pu, s’en trouver réconforter, d’aucun à sa place en aurait sans doute soupiré d’aise, mais il voulait voir comme un remède à ses cauchemars, la belle rousse entêtée bien lovée contre lui.

De2) En se rendant à son coffre pour se prendre un change, il s’était rendu compte qu’il ne lui restait plus une seule de ses chemises noires qu’il affectionnait depuis la disparition de son épouse. Pas d’autre choix que d’en passer une blanche. Il était certainement temps qu’il se trouve un page s’il ne voulait pas se voir à devoir faire sa lessive. Il y avait toujours la solution des lavandières qui, contre quelques piécettes ou autres attentions, dont il est inutile de préciser, se faisaient une joie de prendre en charge le linge de la noblesse combattante. Il lui faudrait toute fois résoudre ce problème, mais il avait là bien autre chose en tête, constatait juste son manque évident de linge, sans voir plus loin.

De3) Force lui était de constater que son joli chat sauvage lui manquait, qu’il aurait bien pris plaisir à la taquiner un peu, à la faire sourire aussi … ensuite. … Sa fierté étant, pas question pour lui d’aller la rejoindre !
Assis sur un tronc non loin de sa tente, Cordas, dans des gestes lents, s’appliquait à fourbir son épée. Cette arme était aussi belle que celle qu’il avait brisée à Limoges et dont il en avait conservé le pommeau afin de pouvoir y remettre une lame. Récompense reçue en ses vertes années, la valeur sentimentale qu’il lui accordait n’était pas des moindres.

Mais revenons à nos moutons, ou plus précisément à l’état d’esprit de ce cabochard de bonhomme.

Passant et repassant une pierre ponce pour lisser le fil de la lame, là rendant plus affutée encore après chaque passage, il relevait la tête de temps à autre pour regarder dans la direction d’une certaine tente, même si de là où il était, il ne pouvait la voir. Il s’exhortait à la patience, chose qui n’était pas de son fort. Mais son entêtement était tel que le seul bruissement de la pierre sur le fer parvenait à lui faire ronger son frein. Il ne cèderait pas se pensait-il lorsque, la tête relevée, il n’apercevait pas au loin la chevelure de feu qu’il espérait voir venir….


Edit pour ajout d'un mot manquant

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Pattricia
[Quand l’un ronchonne, l’autre savonne… chacun sa méthode !]


Certes, ce soir-là, Patt avait été aussi casse-pied que d’habitude, laissant libre cours à ses éternelles chicaneries envers son amant, en général pardonnées par de passionnés baisers. Les discussions avaient été enjouées avec un groupe d’habitués qui se retrouvent chaque soir dans cette taverne de fortune qui a pris pour habitude d’abriter bien des rires. Mais, seul le Très Haut se souvient encore comment cela avait commencé, les deux tourtereaux avaient fini par se disputer. L’arrivée de Ricco, complice de la vindicative dès la première heure, n’avait rien arrangé, Cast ayant tendance à en être jaloux. Lorsqu’ils étaient rentrés, ce dernier n’avait pas du tout apprécié de constater que sa maitresse ne cèderait pas. Il allait rentrer dormir dans sa tente et pis c’est tout !

Patt avait terminé de se passer de l’onguent sur sa peau encore un peu rouge et s’était écroulée sur son galetas pour enfin dormir toute une nuit sans être interrompue… Entre chien et loup, la jeune femme émerge enfin, les traits encore tirés, mais le corps bien plus reposé qu’il n’avait pu l’être ces jours derniers. Passer la nuit dans les bras de Cast était sans aucun doute la meilleure façon de ne pas dormir, mais elle n’en pouvait plus, fallait qu’elle récupère. Se battre oui ! Mais encore fallait-il pouvoir garder toute sa lucidité…

Dehors, le soleil était encore au rendez-vous, Truffe fidèle au poste l’attendait devant la tente ainsi que Vindict qui était perchée non loin. La journée pouvait commencer… Un énorme baluchon à l’épaule, la Sarladaise entraine ses troupes en direction de la Loire comme à son habitude, mais le chemin est différent cette fois car c’est jour de lessive. Comme dans toutes les armées, vous avez des cantinières et des lavandières qui suivent. Certaines plus accortes que d’autres, aident les soldats esseulés à garder bon moral, d’autres, plus prudes, font juste leur office sans aller plus loin. Patt appréciaient ces femmes de tous âges, entre les souvenirs croustillants des anciennes, et les rires excités des plus jeunes parce qu’un quidam cherchait leurs faveurs, ces premières heures au bord de la Loire n’étaient que fou-rire et chanson de tout poil.

Quand elle eut fini sa lessive, la môme au loup l’étend sous la surveillance des besogneuses et file dans sa petite crique pour se baigner et chahuter avec Truffe. La matinée s’écoule ainsi, entre baignade, jeux, lessive et rires et c’est avec simplicité que toutes ces femmes se retrouvent pour manger leur casse-croute matinal ensemble. Cast ne quitte pas ses pensées pendant tout ce temps, elle a beau ne pas céder, elle n’en même pas large à chaque dispute. Elle se sent comme quelqu’un qui marche au bord d’une falaise friable et qui prend un risque à chaque pas. Mais elle ne veut pas être une autre pour lui, c’est une erreur qu’elle ne fera plus jamais, essayer de changer pour garder un homme et aller contre sa nature profonde… Alors au lieu de vivre pleinement un début d’idylle avec un sourire niais plaqué sur le visage, elle craint pour eux, pour cette relation si intense et, chaque jour, elle espère juste qu’il sera encore là, même ombrageux, mais là…

Quand le trio rentre au camp, la jeune femme est déçue de ne pas trouver un mot doux de lui, ou du moins trace de son passage en ces lieux. Elle s'en veut d'être si dépendante de cet homme, elle s'en défend certes mais si mal... Mais on est vindicative ou on ne l'est pas, puisque le Messire boudait de n'avoir pu l'entrainer dans sa couche pour une nuit, Patt décide de reprendre ses bonnes habitudes. Une fois les affaires propres rangées dans son coffre, elle entame un grand ménage, et cela lui prend bien une bonne heure de plus. Et c’est ainsi que la matinée passe, que le déjeuner est pris sur le pouce, le derrière posé sur son coffre, et que l'après-midi commence par la rédaction de tout son courrier en retard. Inutile de vous dire qu’elle n’est pas prête de retrouver son homme…








    Pour toi seule…

    Ma Mélie,

    Je t’ai bien négligée ces derniers temps, je n’ai pas vraiment d’excuses, ou peut-être en ai-je une seule, la pire qui soit, je suis amoureuse… Surtout veille à cacher cette lettre, tu connais Floris, il est assez doué pour la déchiffrer par lui-même et je ne veux pas que les enfants sachent… Je ne sais par où commencer, tu te souviens de notre trajet entre Tulle et Limoges, puis les batailles et la pâté que nous avons mis à l’ennemi. Tu te souviens de notre frère d’arme que nous avons failli perdre et que j’ai aidé à soigner, et bien c’est lui…

    Ne me dis pas que tu t’en doutais ça va m’agacer ! Tu es une des rares à lire en moi comme dans un livre ouvert et si je commence à t’écrire toutes les folies qui me passent par la tête, tu es capable de franchir la frontière et de venir me rejoindre juste pour pouvoir me tirer l’oreille tss… Si je te dis que, malgré nos disputes, nos caractères tout aussi difficiles l’un que l’autre, mais dans des registres différents, je suis heureuse… Cela te suffira-t-il ?

    Il est inutile de me rappeler qu’il est noble et que donc, nous n’avons pas d’avenir ensemble, pourquoi crois-tu que je veuille protéger les enfants ! De plus, même si ils ne l’avaient pas vu depuis presqu’un an, Michel nous a quitté récemment et je les sais encore si fragiles. Mais Cast est si…
    Nous nous disputons souvent, mais cette fois je suis moi-même, oui je sais c’est sans doute le problème, mais je ne veux plus revivre le passé, il est mort et enterré depuis des lustres et les évènements de cette année m’ont libérée de toutes ses vieilles entraves nuisibles et destructrices.
    Je ne te cache pas que cette passion que j’ai pour lui me fait parfois peur. Mais je refuse de laisser quoi que ce soit m’empêcher de vivre ce bonheur, aussi éphémère sera-t-il ! Assez parlé de moi, passons à l’essentiel, les enfants et toi !


    Courrier officiel…

    Mes chéris, Mélie,

    J’ai mis bien du temps à vous écrire et j’espère que vous me pardonnerez ce retard. J’ai dû pas mal bouger ces derniers temps et la rédaction de mon courrier n’était pas à l’ordre du jour. Je peux enfin me poser un peu et j’en profite pour reprendre mes bonnes habitudes.

    D’abord, Truffe et Vindict vont bien, qu’en est-il d’Iris et The Cat ? Ils ne mettent pas trop le souk dans le village ? Est-ce que mon Doudou s’occupe bien de vous ? Vous a-t-il trouvé une petite maison où vous installer ? Si jamais vous manquez d’écus faites-le moi savoir, je vous en ferai parvenir.

    J’espère que tu continues à bien t’entrainer avec ton épée de bois Cantor, car j’ai bien l’intention de mesurer tes progrès quand je rentrerai.

    Quant à toi Floris, as-tu demandé au bourgmestre de te prêter sa bibliothèque afin de te parfaire dans la lecture ?

    Lucie as-tu commencé les cours de couture comme je te l’avais demandé ? Il est temps, toi qui réclame toujours à corps et à cris de nouvelles robes, que tu te rendes compte comme il est fastidieux de s’en coudre une soi-même !

    Je vous aime mes petits cœurs, ne faites pas enrager Mélie et surtout ne grandissez pas trop vite !
    Vous me manquez tant…

    Votre maman qui vous embrasse très fort et pense à vous à chaque seconde de son existence…

    Maman.

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