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[RP] Ainsi font, font font,...

Heloise_marie
RP ouvert a qui veut, écrivez-moi juste avant et restez cohérent.

Acte I : La préparation

    Qu’en pensez-vous, Archimède ?
    Oui, elle avait rebaptisé son valet Archimède et pourquoi pas ? Un pinceau derrière son oreille, quelques taches sur le visage mais un air atrocement réjouit, fier, totalement complètement et irrémédiablement satisfait, elle tourna son œuvre vers le valet, droit comme un I, qui attendait un seul signe de la blonde pour bouger ne fusse que le petit orteil. Chose que de toute façon elle ne verrait pas vu l’atrocité des chausses qu’il avait eu le bon goût de porter.
    "Je pense, que mademoiselle votre sœur sera amplement satisfaite de l’immensité de votre talent."

    Héloise regarda une nouvelle fois son tableau… Il représentait … non, il était censé représenter… non, il ne représentait pas du tout du tout, elle et sa sœur dans des robes spectaculaires et un décor splendide. On aurait plutôt dit deux gros cochons avec des perruques et un regard doux, vêtus de capes grotesques avec des perles, qui ressemblaient à des taches de lait.
    La jeune fille grimaça amplement, puis soupira.


    Archimède… Je crois que je ne suis vraiment pas douée pour la peinture !
    "Votre grâce ne devrait pas se décourager, elle a un certain talent et avec un peu de persévérance,…"
    Tu es bien gentil, mais je crois que même en peignant toute ma vie, je serai incapable de faire quelque chose de beau. Sauf si peindre des cochons … est…
    Non ! Vraiment, c’est moche ! Je crois que je vais m’en tenir à la couture…

    Elle vit le regard de son valet se poser sur la robe qu’elle avait commencé à concevoir pour Gwenaelle qui ne put réfréner une légère moue dégoutée devant l’œuvre d’Héloise. Et en effet, avec un peu de recul, la jeune fille posa son regard azur sur les bouts de tissus qui eux, à la base, étaient spectaculairement beaux, doux et soyeux, qui pendaient tristement, attachés les uns aux autres, telle une vieille loque défraichie.
    Bien bien… une décision s’impose je crois… Que me proposes-tu pour y remédier ?

    Elle pivota légèrement sur son petit tabouret en chintz de peintre et observa son valet qui semblait réfléchir à la solution qui conviendrait à la jeune Sparte.
    "Et bien, je proposerais à votre grâce d’envoyer le tableau à votre oncle, le Comte de Villers-Buzon, Debenja von Riddermark, en gage de votre amour irréfutable, et de réconciliation.
    Pour ce qui est de la robe… il me semble tout à fait avisé de l’envoyer à votre mère ou à votre oncle Leif, qu’ils comprennent de ce fait que vous avez besoin de couturières ou de nouvelles robes déjà assemblées. "


    Il s’inclina très légèrement, signe de finitude de son explication très habile. Héloise sourit largement, heureuse de ces proposition. Ce valet était une perle !
    Faites donc, envoyez le tableau à mon oncle Debenja, glissez-y un mot gageant de mon amour éternel, pour ce qui est de la robe…
    Elle réfléchit à tout allure, son oncle, il était absent depuis quelques temps, elle avait beau lui écrire maints courriers, il ne répondait pas, il serait mal avisé de lui envoyer un torchon. Sa mère,… elle n’avait jamais essayé de telles méthodes sur sa mère, mais qui sait !?
    Envoyez la donc à ma mère, avec un mot expliquant la précarité de ma situation à propos de mes toilettes.
    Archimède s’inclina et claqua dans ses mains pour que quelques domestiques viennent prendre les deux œuvres d’Héloise. Alors qu’il prenait congé, la jeune fille se leva.
    Oh et signalez également à ma mère, que je me charge de l’accueil de Gwenaelle, elle viendra passer quelques jours à Champagnole avant d’aller à Salins.
    Oh et aussi ! Demandez-lui donc des nouvelles de sa santé. Permission accordée d’utiliser mon sceau.

    D’un geste, elle le congédia, puis se pencha sur le rebord de la fenêtre de sa chambre. La semaine allait-être longue, elle devait tout mettre en œuvre pour que sa sœur se plaise, aime cet endroit, daigne y rester et soit heureuse, surtout !


    Première chose à faire, c’était préparer la chambre, elle avait déjà pensé à tout, vu que les vieux meubles avaient été envoyé à Debenja, elle avait recommandé la totalité des meubles depuis maintenant 1 semaine et cela faisait quelques jours qu’ils étaient installés, un à un, dans toutes les pièces du château. Repeindre les murs, rafraichir les boiseries, refaire quelques parties du château, il y avait encore du travail, mais c’était chaque choses en son temps. Les pièces d’agrément tout d’abord. Observant le jardin, hivernal sans aucun doute, les arbres nus l’herbe haute et parfois brûlée par le gel, elle imaginait déjà mille projets pour le printemps et l’été. Ce serait un château magnifique d’ici quelques mois. Et en plus, avec l’arrivée de la plus jeune des Sparte, cela apporterait sans nul doute une vigueur de jeunesse qui ne serait pas moindre. Héloise allait sur ses 16 ans et elle perdait cette innocence joyeuse, cette envie de découvrir, de courir de se promener dans les bois sans surveillance… Tous ses frères et sœurs étaient désormais soit loin, soit trop occupés pour prendre du temps pour le reste de la famille, sans parler du père et de la mère, leurs majestés…

    Tournant sur elle-même un sourire réjouit aux lèvres, la jeune fille se dirigea vers la porte de sa chambre, direction la salle des bains, ou son défunt oncle avait eu le bon sens d’y installer tout une série de bains gigantesques en marbres. La journée, allait finalement être très bonne, malgré les deux premiers échecs de cadeaux personnels concoctés à sa sœur.


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Gwenaelle_marie


Acte II : L’arrivée

[Quelque part sur les routes, entre l’Helvétie et la Franche Comté…]

IN-TER-MI-NA-BLE !

Le retour d’Helvétie avait eu raison de la patience de Gwenaelle. Quelle idée farfelue avait-elle eue d’aller découvrir ce pays paumé ? Elle n’y avait rien trouvé d’intéressant. A dire vrai, les villages, les tavernes et autres monuments étaient en tous points identiques à ceux qu’on trouvait en Franche Comté.

Villégiature, tu parles ! Chaperonnée comme elle l’était, elle n’avait guère eu l’occasion de s’amuser. Ne fusse ce charmant Choko qu’elle rencontra au détour d’une taverne, rien, vraiment rien n’avait attisé sa curiosité, son envie ou sa joie de vivre.

Et elle soupirait, la mort dans l’âme…. Elle soupirait d’être prisonnière de ce carrosse cahotant sur les routes, inlassablement, depuis des heures……... Pfffff..........

Et bien que ses chaperons tentaient de la distraire de leur mieux, rien ni personne ne réussissait à dérider la petite Sparte.


- Décidemment, à part la Franche Comté, je ne suis bien nulle part ! J’ai hâte de rentrer ! Héloïse me manque !

Elle sortit un livre, lut une quinzaine de minutes et le rangea aussitôt. Elle sortit une broderie avant de se rendre compte que le carrosse bougeait trop pour imaginer broder quoique ce fut ! Elle tenta une observation assidue des paysages qui se déroulaient sur ses yeux... Mais se découragea vitesse grand V en constatant que le carrosse se mouvait aussi vite qu’un escargot…

- Bon à la prochaine auberge, nous nous arrêtons. Je veux un cheval, un vrai. Une monture quoi ! Je veux chevaucher !

- Mais Mademoiselle

- Tsss pas de discussion !

- Votre mère n’aimerait pas cela.

- Oui et bien la marquise n’est pas là et si vous, Agnes, ne lui dites rien…


Elle avança son visage prés de celui de sa nourrice, plongeant son regard dans le sien, se voulant particulière persuasive…

- Et bien elle n’en saura jamais rien ! N’est-ce pas Agnes !

- Oui Mademoiselle

- Merci Agnes

- A votre service Mademoiselle


Bien sûr, elle remarqua la moue agacée d’Agnes. Mais la blondinette s’en amusa plus qu’elle ne s’en offusqua. C’est qu’elle adorait agacer Agnes !


[Une auberge, enfin ! ]

Toute la petite équipée mit pied à terre pour se dégourdir les jambes. Naelle quant à elle pénétra l’auberge avec assurance, pas intimidée pour deux sous. Agnes la suivait de prés, au pas de course.

Du haut de ses treize printemps, la petite Sparte avança jusqu’au comptoir, sûre d’elle...


- Tavernier ! Auriez-vous une monture !?

- Une monture ? Euh… J’dois bien pouvoir vous trouver quequ'chose !


Il demanda à ce qui semblait être un commis d’aller préparer un cheval. Naelle trouvait déjà que ça n’allait pas assez vite à son goût.

- Vite s’il vous plait ! Je suis pressée !

Elle tapotait des doigts sur le comptoir imposant son impatience aux gens qui l’entouraient. Agnes était affligée…

Très rapidement, on proposa un étalon à la jeune fille. Elle vint le jauger. Il lui parut immense. Mais rien ne lui faisait peur. Agnes s’inquiéta tout de même… C’est que la marquise aurait tôt fait de la faire écharper si sa fille se rompait le cou !


- Mademoiselle ! Il est bien trop grand ! Et puis vous n’êtes pas vêtue en conséquence ! C’est une folie !

Ce qui amusait aussi Naelle, c’était de contredire Agnes !

- Il sera parfait ! Merci aubergiste !

Elle tendit à l’homme une bourse, tout en adressant à Agnes son plus beau sourire. La blondinette prit place en scelle avec l'aide du commis et flatta l’encolure de l’animal.

- Vous me savez excellente cavalière, cesser donc de vous faire du tracas !

Et c’est ainsi qu’une noble jeune fille habillée de brocart, gantée et chapeautée, se mit en route vers la Franche Comté, entourée par les volutes d'une robe dont les jupons étaient bien trop volumineux pour chevaucher. Avant de partir elle lança, inconsciente des risques qu’elle prenait…

- On se retrouvera à Champagnole ! Bonne route !

Coups secs dans les flans de l’animal qui démarra au quart de tour. Naelle revivait alors qu'Agnes se rendait malade à l'idée qu'il arrive quoique ce soit à sa protégée...


[Aux portes de Champagnole…]

Tout s’était déroulé sans le moindre problème. Etait-elle née sous une bonne étoile ? C’était à se le demander tant la chance lui souriait.

Une audace déroutante, une inconscience affligeante ! Pur sûr, si cet épisode devait arriver aux oreilles de ses parents, elle risquait de passer un sale quart d’heure. Elle le savait ! Mais elle prenait le risque ! C’était si bon de désobéir !

Le château se dressait devant elle, fier. La blondinette était arrivée pas plus de trois heures après avoir quitté l’auberge, écheveulée, les joues rougies par le froid.

On vint aussitôt l’accueillir. Elle laissa son cheval à un palefrenier et sourit en contemplant la bâtisse ! Un bon feu, un bon repas chaud et surtout, surtout, sa sœur adorée ! Elle allait retrouver avec un immense plaisir tout ce qu’elle aimait !

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Heloise_marie
Acte III : l'accueil !


    Hum, et bien j’avais pensé m’allonger sur le fauteuil, ce collier au diamant bleu sur la gorge, vêtue d’une robe fine.
    No, no no, madémoiselle Héloisse. Seduta vous. Droite, per favore.
    Han, c’est nul de devoir toujours être peinte droite, de face, je n’aime pas trop ça… Mais on ne l’écoutait plus.
    Dai, no, pas dé sourires. Vous mé régérardez. Je vais déssiner sa grandeur con uno cavallo bianco.

    Génial, tout ce dont elle rêvait. Enfin bon, voilà sa rengaine depuis près de 3h d’affilée, avec quelques heures de pauses, un bain entre les deux, changement de robe, puis engueulade du peintre parce qu’il n’avait plus la robe du modèle donc rechangement. Super la vie d’artiste. Mais elle l’avait choisi, puis elle avait fait venir à ses frais… ah non, à ceux de sa mère, à très grands frais, cet artiste d’Italie pour qu’il puisse peindre son plus beau portrait. Si elle était belle, désirable, aguicheuse, noble et tout et tout, enfin aucun poil au menton quoi, bah elle le garderait sans nul doute pour un de ses prétendant favori, s’il était moins beau, un peu gâché par ce cheval blanc ou sa robe, qu’elle n’avait pas eu le choix de porter, elle le laisserait à sa mère, ou bien l’enverrait à son oncle, elle aimait gâter Debenja dans certains contextes.

    Quelqu’un entra.

    Le visage de la jeune fille se tourna automatiquement vers la silhouette qui se glissait derrière le peintre. Archimède.
    Madéééémoiselle !!!
    Oh pardon, je ne bouge plus ! Archimède, sincèrement, je veux savoir ce qu’il en est.
    "Et bien, je dirai que votre grandeur est représentée au plus haut point de sa beauté."
    Il avait pas intérêt à mentir, le bougre, mais il cachait si bien ses émotions! Pfeuh.
    "Je viens informer votre grandeur que sa sœur, la demoiselle Gwenaelle Marie, est arrivée au château."
    HAAAN QUOI ? déjà ? Mais mais mais, elle devait arriver plus tard… n’avait-elle pas dit heumm, 5 jours après mon courrier ?
    "Cela fait 5 jours, mademoiselle. "
    En êtes-vous sur ?....
    "…"
    Non ! Vous mentez surement, vilain !
    "…"
    MADEMOISELLE, Vous bougez !!! Jé né sais pas peindre !!

    D’accord d’accord,… Faites la entrer, débarrassez la de ses manteaux et amenez la ici en m’excusant et en lui remettant plein de poutoux, elle pourra juger le tableau d’elle-même comme ça. Faites aussi venir une demoiselle pour elle, ainsi que de quoi goûter. Gâteaux, boissons, chocolats chauds, toute la collection. Et toutes ses demandes, je vous prie d’y accéder. Toutes !

    Elle ne pouvait l’accueillir d’elle-même, bien qu’elle en brûlait d’envie, le peintre à l’heure était très très cher et il comptait les pauses comme une période de travail, surement qu’elle se faisait arnaquer mais bon, tant pis, enfin malgré ça elle ne voulait pas que sa mère ne la fasse enfermer au couvent en voyant la note des deux peintures. Oui oui, deux, elle n’avait pas prévue l’arrivée de sa sœur si tôt, du coup, elle n’avait pas eu le temps de voir ce que donnerait ce peintre avant d’offrir en cadeau à sa sœur, son propre portait. M’enfin, elle savait sa sœur honnête, donc, sa peinture à elle serait bien jugée.

    Archimède était partit sans qu’elle s’en rendre compte, trop concentrée sur le flip flap du pinceau et de l’eau dans laquelle le peintre le trempait.


    Entrée de Champagnole.


    Archimède qui s’adresse à la petite blonde.
    "Mademoiselle, bienvenue.
    Votre sœur, la comtesse, s’excuse platement de ne pas avoir pu venir vous accueillir d’elle-même. Elle vous adresse ses… poutoux… en attendant de pouvoir vous … voir.
    Si vous voulez bien me suivre ? Je vais vous amenez à elle.
    Ah, voici Lucie, elle va s’occuper de vous en tant que demoiselle de compagnie durant tout votre séjour à Champagnole.

    La moindre demande, faite là-lui parvenir, et elle l’accomplira."
    Il marchait, épaules carrées, faisant gestes par ci par là pour donner ses ordres, guidant la jeune Gwenaelle jusqu’à Héloise.

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Heloise_marie
Acte IV : la journée ordinaire en Champagnole.


    La journée ordinaire d'une jeune fille. Ou, comment passer son temps avec soi-même. Bref, oui ça arrive à tout le monde, si pas, pensez à arrêter un peu de travailler et prenez le temps, vous verrez, quel bonheur.

    Enfin, ça dépend.

    Là, il était loin le temps de l'accueil de sa Naelle, qui voguait déjà vers Salins, Dole, ou d'autres endroits encore. Elle était le bienvenue, quand elle voulait, sur Champagnole ça c'était certain. Mais pour le moment, la Comtesse se retrouvait plus seule qu'autre chose. Enfin, sauf quand il était là quoi. Mais ça c'était une tout autre histoire.


    "Bon ça y est l'introduction là?"
    "Oh ça va, je me mets en condition.. J'en ai bien le droit, après tout. "
    "Tu parles, tu ne m'as pas répondu, l'autre fois".
    "A quel propos? Si c'est encore cette histoire de robe, laisse tomber je... "
    "... non non, pas cette histoire de robe on est d'accord, la bleue est la mieux."
    "..."
    "Je voulais parler du courrier, qu'il faut lui envoyer."
    "Je n'ai même pas envie d'y penser... "
    "..."
    "Tu n'as pas le choix, je suis là pour te le rappeler.. "

    "Et bien alors sort de ma tête... "
    "Ahahaha je fais tout ce que je veux... Et tu n'y peux rien..."
    "Je pourrais, fermer les yeux et penser fort à autre chose pour que tu la fermes. "
    "..."
    "..."
    "..."
    "Ahahaha, ça ne fonctionne pas très bien, hein?"

    "RAAH MAIS PART"
    "Allons, allons, Héloise, calme toi... Et fait ce que je te dis : écrit lui... "
    "Non non non, je ne t'écoute plus lalalalalèèèère "
    "Tu devrais lui dire...."
    "...lalalalalalalalallalalala..."
    "... il doit savoir, surtout comme ça se passe entre vous là..."
    "ahahahah, lilalaililalala, OH UN OISEAU MORT DANS LE CIEL ... "
    "Où ça où ça?....."
    "Pouhahaha, tu es vraiment blonde. "
    "Ferme là, je suis toi, alors agit un peu et arrête de faire ta chieuse."
    "Il n'est pas question que je lui écrive. Pour quoi dire en plus? Je n'ai pas envie de lui parler de ça... "
    "Mais il DOIT savoir"
    "Je crois qu'il le sait déjà, tu sais, je n'ai pas besoin d'en rajouter..."
    "Tu parles qu'il le sait, regarde le mieux la prochaine fois, écoute le mieux"
    "..."
    "hu?"
    "T'as raison... je devrai..."
    "J'ai toujours raison.. "

    Elle se lève et se dirige vers son bureau pour en sortir un parchemin, sa plume et de l'encre.

    "Allez, même pas cap de le faire pour de vrai..."
    "Laisse moi me concentrer..."
    "J'fais que ça, mais t'es pas caaap, t'es pas caaaap, bouuuuh, le bébébééé"
    "ARGG CASSE TOI ! "

    La plume crisse sur le parchemin...


    "Cher E., comment allez-vous?"
    "Nan c'nul ça, pauvre fille"
    " Cher E. Il faudrait que nous parlions d'un sujet délicat... mieux?"
    " Oué ça commence. Mais t'es toujours une pauv'fille."
    "Tu m'aides pas... "
    "Continue"
    " Cher E. Il faudrait que nous parlions d'un sujet délicat..."
    "ouiiii eeeeet... dis lui ce que tu ressens pour commencer, il le prendra peut-être mieux, comme ça... "
    "Il n'est pas question que je dise ce genre de choses dans un courrier... "
    "Bah t'es tellement nulle à l'oral que, oui, c'est mieux.. "
    "Aaaah et puis tu m'énerves, il n'est pas encore temps de le dire? Fiche moi la paix"
    "ééééh, arrête me parle pas comme ça... "
    "tu fais quoi là? "

    "..."
    "noooon non non non, ne le brûle pas ENVOIE LE ENVOIE LEEE"
    "nihihihihi"
    "Sadique. Tu mourras seule et pas aimée, toc! "
    " parfait, on est deux, dans ce cas."


    De cet événement, il ne reste que les tristes cendres d'un parchemin à moitié brûlé.
    De cet événement, il ne reste qu'un souvenir. Dingue, non? La porte claque, laissant le vide et le silence gagner et rejoindre les crépitements du feu, qui ronge de plus en plus le morceau de parchemin...

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Heloise_marie
Acte V : La passade...



    « Quand les petites filles seront des reynes »

    Le jour le plus beau est finalement toujours encré de doutes et de regrets. On ne fait jamais rien comme on veut et jamais rien ne se déroule selon nos souhaits, nos idées, nos images. Et puis, quel serait le jour le plus beau parmi tout une série de journées ! Impossible de choisir. Au hasard alors ? Les épaules couverte d’un long et fin gilet transparent, la comtesse regarde son reflet dans le miroir. Sereine. Et puis un peu perplexe aussi. Son corps de femme n’était toujours pas. Elle restait minable et minuscule. Petite, des formes peu gracieuses, la peau si blanche qu’elle en devenait translucide, quelques tâche de rousseurs par ci par là. Le feu ronronnant dans la cheminée réchauffait sa peau et lui donnait quelques couleurs sur les joues. Ses yeux bleus parcourent la fine courbe de ses bras et de ses épaules. Comment pouvait-il seulement l’aimer alors qu’elle n’avait pas le quart de ce que les femmes désirables avaient.

    Son jour le plus beau n’était pas encore arrivé. Elle le redoutait, mais l’enviait aussi. Quand arriverait-il ? Comment serait-il ? Que lui apporterait-t-il ? Serait-il le seul, l’unique ?

    Il sera beau !

    Voix convaincue, mêlée aussi d’un peu d’impatience. La jeune fille soupire longuement, sans quitter son corps de ses yeux. Elle perdait toujours du poids. Cette fichue maladie ne la quittait pas, elle avait beau manger, rien ne restait. En vain. De toute manière, personne ne s’en inquiétait, personne même ne le remarquait. Et puis, elle n’y pouvait rien. Ses yeux vacillent. Essayer de se convaincre du contraire l’aurait énervée.
    « Tu restes belle à ses yeux ».
    C’était un fait, enfin du moins, c’était de cette manière qu’elle se satisfaisait de se voir si faible. Ou du moins qu’elle ne s’en inquiétait guère. Le baquet d’eau fumante l’attendait, emplissant la salle d’un fumet de roses et de plantes diverses, agréable et parfait. Le long gilet glisse de ses épaules et ni une ni deux, la petite blonde se retrouve immergée sous les flots d’eau chaude du baquet. Petite fille dans l’âme, elle sort sa tête de l’eau et glisse ses cheveux derrière ses oreilles.


    Pis après, que fais une jeune fille dans son bain, hein ? Diantre, elle joue de ses mains, bien sûr ! Suivez bien, s’il vous plait. Sourire aux lèvres, les jambes repliées ne laissant apparaitre que ses genoux, une main qui sort de l’eau : Héloise !

    Père, père, s’il vous plait, je ne veux pas l’épouser. Si jamais il est vieux, ou moche, ou méchant, ou bave quand il parle, ou mange que de la viande crue, ou gobe des œufs!?
    L’autre main, suit la première et vient rencontrer la deuxième : Bobyzz !
    Si, ma fille, tu dois ! C’est ton devoir. Même si il est vicieux et moche.
    La première main : Héloise.
    Mééé non, j’vous jure j'en voudrai pas. Pis partez, je dois aller faire quelque chose.
    La deuxième : Bob.
    D’accord d’accord.
    La deuxième main qui s’en va et est remplacée par une nouvelle. Lui.
    Aaah te voilà, Héloise, je te cherchais partout, je suis venu rien que pour toi.
    Première main, Héloise.
    Oh non, tu vas avoir un procès de ma faute ! C’est pas grave tant pis, reste !
    Deuxième main : Lui.
    Ah non tu sais bien, je peux pas rester, je dois partir en Flandres avec l’autre gros nul.
    Première main : Héloise.
    Han, pars, brise moi le cœur, bouh, vilain, pourquoi tu me fais ça, je m’en fiche. La Flandres ça pue du bec reeeeeste.
    Deuxième main : Lui.
    Vraiment ? Je pars alors, reste seule, tu mérites que ça, je t’écrirai plus jamais.
    Première main : Héloise.
    M’en fiche, tu m’écris déjà plus.
    Grimace de la jeune fille qui plonge ses deux mains dans l’eau. Si ça, c’était le plus beau jour, c’était nul. S’imaginer la vie était amusant, mais quand on est bloqué dans une situation ça ne l’est pas du tout. Un soupire, puis la première main qui émerge de nouveau : Héloise.
    Est-ce ça l’amour ? Peux-tu réaliser tous mes souhaits ?
    Deuxième main : Dieu.
    Oui mon enfant, tout ce que tu veux. Sauf ce que je ne peux pas faire. Et c’est ça, l’amour.
    Première main : Hélo.
    Je voudrais être la plus belle du monde.

    Deuxième main : Dieu.
    Trop classique, sérieux t’as pas d’autres idées, j’en ai marre de devoir exaucer celui-là, y a plus que des pimbêches parfaites sur terre, c’est à en pleurer.
    Première main : Hélo.
    Bon bon, c’parce que j’ai pas d’idées là comme ça…. Hummm,… je voudrai vivre le plus beau jour de ma vie, demain.
    Deuxième main : Dieu.
    Tu l’as déjà vécue, mon enfant. Réfléchi…

    Maussade, la jeune fille soupire et jette un coup d’œil à droite et à gauche, personne. Encore heureux, faudrait pas qu’on commence à penser qu’elle parle toute seule.
    Le bain, classique quoi. Le moment intense de réflexion, de jeux et d'idées trop trop bizarres. Héloise soupire de nouveau et regarde le miroir sans reflet, repensant à tous ces derniers jours...
    Ça faisait trop longtemps qu'il ne lui avait pas écrit. Elle était cruellement en manque d'écrit. Elle avait envie d'écrire, de lire et de répondre. C'était une bien étrange journée et de nouveau elle venait de se miner le moral. Il était grand temps qu'elle revoit sa soeur. Il était grand temps qu'elle se change les idées.

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Heloise_marie
Acte VI : Renaissance

    Délire et passion.

    Délire et souffrance.

    Amour et délire.


    Non, aucune de ces phrases ne pouvaient exprimer l’état dans lequel se trouvait Héloise ce jour. Malade, jusqu’au bout de ses orteils. Brûlante, comme si plongée dans une mare de lave en fusion. Tremblante comme une feuille sous le vent, menaçant de se briser. Au bout de sa petite vie quoi. Misérable vie, où, quand on se trouve aux portes de la mort…
    « Oui bon tu exagères, tu ne vas pas mourir d’une petite fièvre »
    « Laisse-moi parler, et ce n’est pas une petite fièvre, j’ai au moins 8000 de fièvre. »
    Donc quand on se trouve aux portes de la mort, on réalise toutes ses erreurs ; on regrette, on craint aussi, l’enfer et la souffrance. Bien sûr pire souffrance que celle d’avoir atrocement froid or qu’on a le corps brûlant est déjà supplice peu souhaitable. Une chance que, en général, ça ne durait pas plus de deux trois jours. Mais là, ça faisait déjà trois jours, et la fièvre ne tombait pas. La Comtesse passait ses journées ensevelie sous une pile de couverture et entourée d’une série de bouillottes et de pierres chaudes. Grands biens lui fasse, mais non, ça ne changeait rien. D’étranges visions et sensations venaient en plus le torturer l’esprit. Elle bredouillait, hurlait de temps en temps, pour les plus grandes frayeurs de ses gens qui s’affairaient autour d’elle.


    Non, arrêtez, ne me demandez pas de sauter !
    Que dit-elle ? Votre grandeur ?
    Grands Dieux, oncle Leif, mais vous avez grandi ? Venez ici, que je vous embrasse…
    Mademoiselle, il n'y a que moi, Isaut et aussi Louise.
    Oh non, par pitié, plus de robe vertes, vous savez, que je ne porte pas bien le vert !
    Mademoiselle Héloise ? Vous devez boire cette potion pour vous calmez. Votre oncle n’est pas là !
    Non… non… Je n’aime pas je… Oncle Leif, s’il vous plait, pendez cette femme. Quelle est vilaine, bouuh !

    La potion coule difficilement dans sa gorge, contre cris et colère mais elle se laisse faire, trop faible. Puis elle n’a plus mangé depuis quelques jours, alors un peu de chose dans son estomac, c’est tout son corps qui lui hurlait d’accepter. Elle boit, docile et puis se laisse à nouveau tomber sur la pile de coussin un peu plus sereine et lucide alors que la potion faisait son effet dans toutes les parties de son corps.

    Je n’aurai jamais dû, dire oui, n’est-ce pas ?
    Je ne sais de quoi vous m’parlez, mad’moiselle.
    Il me torture l’esprit, le cœur, je n’aurai jamais dû accepter !
    Vous parlez d’votre père hein ?
    Non, sotte, va mourir ! Tu ne sais rien !
    Votre grandeur vous êtes malade vous devriez dormir !
    Tait toi ! Fais appeler Beren, qu’il vienne. Montez-le directement ici !
    Bien…
    ET SORTEZ !! TOUS !! DEHORS, DEHOOORS !!

    La chambre se vide, et Héloise soupire. Elle n'était pas en état de recevoir, mais il s'agissait de Beren, son cousin, son amour de cousin, il la comprendrait, il la comprenait toujours. Elle ne voulait voir personne d'autre que lui. Personne ! Sa tête repose sur un oreillé, le visage pâle et maigre, quelques cheveux collés sur son front transpirant, elle l'attend. Dehors, grondante, la pluie commence à tomber.

_________________
Beren
[Comté de Champagnole - rase campagne]

Siffler en recherchant, tadadadadadada... Oui, parce que Beren est scientifique, pour ceux qui ne suivent pas. Savant, intéressé par tout, avec une passion particulière pour la création de nouvelles fleurs et plantes - notamment les tulipes -, l'astronomie, et la création de parfums - vous pouvez commander, quand vous voulez, un courrier suffit pour prendre contact.

Nez fin, donc, et publicité terminée, Beren se promenait au gré des chemins, mains croisées dans le dos, nichées au creux de ses reins, attentif aux senteurs et parfums sylvestres, fermant ça et là les yeux pour s'enivrer d'impressions, uniquement bercé par le calme ambiant à peine dérangé par les petits chants des oiseaux, ou par le pas feutré d'un large cerf s'en allant s'abreuver au ruisseau voisin du sentier, quand... Comment décrire une arrivée aussi tonitruante ?

Il eut d'abord l'impression qu'une harde de sangliers ulcérés lui fonçait dessus, commença à courir, pas rassuré le moins du monde, et sauta dans un bosquet pour tenter de se camoufler, étant donné que les troncs étaient trop poisseux pour imaginer espérer pouvoir grimper en haut d'un arbre sans glisser sur la mousse.

Lorsqu'il risqua le nez et l'oeil à travers les feuilles, son regard ne recontra qu'un valet, les sourcils relevés de surprise, une expression atterrée sur le visage.


- Euh.. m'sieur Beren, votre cousine vous réclame à son chevet.
- A son chevet ? Par tous les saints, qu'est-ce qui se passe ?


Bondissant sur ses pieds hors de son refuge feuillu, il fronçait les sourcils de souci, et secouait déjà le bras du pauvre valet qui n'avait pas besoin de cela pour trembler sur ses pieds... Un gringalet planqué dans un buisson, a priori, c'était assez déroutant.

- REPONDS !
- Je ne saurai vous dire, elle est souffrante, et...


N'attendant pas la suite de sa réponse, le terme "souffrante" l'ayant littéralement retourné, Beren courait déjà vers le chateau du comté de Champagnole, où séjournait Héloise. Bientôt parvenu à lui, les portes s'ouvrant les unes après les autres sur sa course, il grimpa quatre à quatre les escaliers, en tonitruant :

- Place, place ! Où est-elle ?

Il se fit annoncer, trépignant derrière la porte, se rongeant les sangs d'inquétude ; Héloise souffrante ; mon Dieu !
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Heloise_marie
    Avec un sourire penaud, elle entend les bruits des portes et la voix rassurante de son cousin. Héloise se redresse dans ses couvertures. Histoire d’avoir l’air un peu plus présentable et de ses doigts fins et blancs, elle glisse les mèches collées sur son front derrière ses oreilles et se pince les joues. Non point que son cousin soit à séduire, pas du tout, mais dans les draps foncés et brillants, la figure pâle et fine, elle ressemblait plus à une morte qu’à une bonne vivante tout heureuse et il n’en fallait pas grand-chose pour faire panique son Beren.

    Sous ses couvertures, elle ne porte qu’une longue chemise de nuit opaque et sombre ainsi que des bas épais et un gilet. Elle réfléchit un moment, à savoir si j’dois sortir de mes couvertures ça craint non ? Mais finalement un tremblement la prend et elle relève les draps jusque sous son menton.


    « Pourquoi tu as fait appeler ton cousin, au fait ? »
    Han ça va je fais encore ce que je veux là.
    « Oui mais tu es pas bien, tu es pas bien du tout, et tu ressembles à heuu »
    Je t’interdis de dire ça de nous.
    «En tout cas clairement que tu es tue l'amour, heureusement que c'est Beren qui vient te voir hein... »
    Rien à voir, hors contexte.
    « Je sais je sais, mais en fait cette potion je ne l’aime pas beaucoup tu es bien plus rigolote quand tu n’en bois pas »
    Raaah laisse-moi tranquille Beren est là.
    « Ok ok dis-lui que je suis contente de le voir. Et ne te laisse pas faire par son beau sourire, et pense à Ers…».
    Laisse-moi, te dis-je, et tu l'as dit je suis bien trop tue l'amour pour pense à ça...

    Son cousin pénètre dans sa chambre. La jeune fille, pâle et faible, tourne son visage vers lui, enfuie dans son grand lit coincé dans le vaste et grand coin de sa gigantesque chambre couverte de tapisseries et de tapis en tous genres. La potion faisait bien son effet car elle distinguait parfaitement le visage de Beren et arrivait encore à se souvenir de tous ses souvenirs à son propos. Même si quelques frissons et tremblement la reprenaient, elle était lucide et lui adressa un sourire tendre.


    Bonjour Beren… Nous som… je suis contente de te voir. Tu as fait vite. Je leur avait dit de ne pas te déranger si tu étais occupé.


    Mensonge numéro 1.


    Qui est venu te déranger hein? Je te jure, le personnel de nos jours, plus du tout fiable.

    Sourire charmeur et faible, puis à bout de force elle se laisse tomber dans ses coussins.


    Ils m'ont conseillé le médicastre mais je ne leur fait pas confiance, avec leurs saignées et tout le tralala, ils vont me mettre à bout... Mais ne t'en fais pas, je vais bien.

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Beren
Lui-même a une mine misérable. Les joues cramoisies, il a pris la pluie, mais il ne s'en rend compte qu'au moment où la porte s'ouvre, et, qu'immobile après les quelques pas pressés qu'il a effectué pour pénétrer la pièce, il entend les gouttes tomber au sol.

Peu à peu, il prend conscience des perles de pluie qui dégoulinent de son front, coulent le long de son nez, et viennent s'abattre dans autant de "ploc" éloquents sur le sol boisé. Pour autant, c'est le cadet de ses soucis ; il a les yeux rivés sur la silhouette d'Héloïse, qui, cadavérique - bien que non moins belle -, le fait frémir. Oh, bien sûr, rien n'est altéré à ses yeux, mais il la rejoint bien vite, soucieux, et prend ses mains.


- Héloise ! Mon Dieu mais que se passe-t-il ? Occupé ?! Moi, occupé ?! Je fais jamais rien de mes journées que penser à mon adorée cousine ! Quant à savoir qui m'a dérangé, comme tu dis, j'en ai aucune idée, mais m'est avis qu'il ne va pas s'en remettre de si tôt.

Il répond à son sourire, bien que celui qui pare les lèvres de sa cousine soit faiblard, mais écarquille les yeux lorsqu'il la voit retomber, et esquisse le mouvement de la rattraper. Il reste là, bras ballants, idiot d'impuissance, à la regarder, désespéré.

- Oh, Héloise, mon Dieu...

Elle poursuit, et il blêmit à vue d'oeil :

- Une saignée ?! Hein ? Non! Mais ! Raaaaah, qu'est-ce que je peux faire ? Je peux te faire une tisane d'écorce de saule, si tu veux, ça devrait un peu te soulager... Mais...

Il la regarde, plongeant ses deux grandes billes vertes dans son regard :

- Le premier qui s'approche pour te malmener, c'est moi qui le saigne.
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Heloise_marie
    Un faible sourire nait sur ses lèvres alors qu'elle voit son si précieux cousin s’inquiéter. Une chance qu'il n'était jamais occupé, elle serait devenue folle, ici si elle avait dû rester avec ses gens. Surtout son air, à son cousin, en fait, elle en aurait rit. C'était bien un des seuls hommes qui parvenait à lui rendre le sourire quel que soit l'événement. La jeune fille cligne des yeux un moment et se frotte la joue.

    Oh Beren oui, je veux bien une tisane des corps de sole.


    "P'tain c'est quoi ce truc dégueu qu'il va te faire boire?"
    Ouais en effet, elle était un peu sceptique, mais bon, elle n'aurait jamais dit non à un truc que fabrique son cousin. Sauf s'il fallait le porter à vue de tous et qu'il s'agissait de quelque chose de très repoussant. Il n'y avait que les bottes pour le moment qu'elle avait reçu et une chance, elles étaient parfaitement belles. Puis, sous la robe, personne ne va, donc aucun risque qu'on les voient si elles étaient laides.


    Je ne sais pas ce qu'il m'est arrivé hein, comment j'ai pu attraper ça. J'ai dû être en contact avec quelqu'un de malade, Beren c'est affreux !! J'ai la maladie d'un gueux, hein, c'est ça hein? je vais mourir hein? Dis le moi, dis le mooooooooooooooooooooi !

    Là, elle commence à paniquer et à délirer de nouveau. Suffit d'un rien, hein. Elle regarde son cousin, égarée et désespérée, ses yeux grands ouvert, seule touche de couleur sur ce visage blanc. C'était un fait pour elle, elle était perdue. Tout le monde lui disait toujours que la fièvre ne durait pas plus de 3 jours. Elle ça fait trois jours et elle est toujours aussi mal ! Elle se redresse et rejette ses couvertures sur le côté, sortant de son lit, grelottante, toute fragile dans sa robe de chambre bleu foncé, mais les yeux fous et les cheveux en bataille.

    Tu me laisses pas, hein, tu me laisses pas toute seule ! Oncle Leif !! Il veut me laisser toute seule !!
    "Héloise, ton oncle Leif n'est pas là!"
    Un peu perdue par cette révélation interne, derniers vestigse de cette potion qui lui rendait les idées claires, elle regarde son cousin, penaude, bras ballants et s'en va le retrouver, poser son front brûlant sur son épaule. D'un murmure...

    Tu m'abandonneras pas... hein... Je veux pas... être toute seule...

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Beren
Effaré. Médusé. Pa-ni-qué. Beren passe par toutes les couleurs, tour à tour attendri par son sourire, et affligé par son délire, mêlé à son apparence blafarde. Elle a l'air si faible, si fragile, elle qui est si forte autrement, quoi qu'elle en pense. Et il a peur, lui, frêle gringalet qui déplacerait pourtant des montagnes pour elle, à la seule force de ses bras. Son clignement d'yeux sembla lui éteindre le coeur une seconde... Deux, peut-être.

A sa prime réponse, il tiqua, un léger mouvement de la tête éloquent le saisissant, et haussa les sourcils. Des corps de sole ? Des cadavres de poisson ? Hein ?! Il aurait ri, autrement, et il allait répondre, quand elle enchaîna sur les raisons pour lesquelles elle était souffrante. Cela il l'écouta avec attention, même si encore une fois, dans d'autres circonstances, il aurait simplement éclaté de rire. Mais l'inquiétude est trop grande, la situation trop grave, et c'est presque un rictus de supplique désespéré qui habite ses lèvres, comme il a simplement envie de vider toutes les larmes de son corps - et de sentir son corps se creuser comme une vieille briquette de jus de raisin.


Mais le pire n'est pas venu, elle semble en proie à une certaine agitation, elle lui jette un regard qui le fait se sentir se liquéfier, divague sur la présence de Leif, ce qui fait grandir d'autant son souci que le suzerain d'Idril était dans la pièce, on s'en rendrait bien compte, hein, quand même, avant de venir se nicher contre lui, et de placer son front fiévreux sur son épaule osseuse. Sans réfléchir le moins du monde, et le plus naturellement possible, il s'en vient refermer ses bras autour d'elle, et la berce tendrement, comme il lui chuchote à l'oreille :

- Non. Ce sont justement les bouseux qui n'ont de fièvre que trois jours durant. Toi, mon adorée cousine, tu es exceptionnelle, alors, forcément, ça dure un peu plus. Je ne bouge pas, je te le promets, je suis là, et le resterai, Héloise. Quant à la potion... Je te promets d'y ajouter quelque épice pour la rendre encore moins désagréable qu'elle n'est, mais je t'assure... Je ne suis pas poissonnier. Il s'agit bien d'écorce de saule, l'arbre, hein, et pas de soupe de frétillants.

Péniblement, avec toute la délicatesse du monde, il fit un pas sur le côté, elle dans ses bras, pour n'avoir qu'à tendre le bras pour frapper à la porte et réclamer, celle-ci ouverte, qu'on lui monte de l'eau chaude et un exemplaire du livre préféré de sa cousine. La porte enfin close, il posa une bise sur son front brûlant, afin de jauger la fièvre... Il faudrait du temps. Tentant de la réconforter, il lui glissa à l'oreille :

- Ma cousine, je crois que notre habileté vestimentaire est assurée en toutes circonstances. Allons, va t'alliter à nouveau, je vais te faire lecture.
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Heloise_marie

Elle se tait, le sourire de son cousin baume magique pour toutes les peines et ses bras, surtout, qui se renferment autour d'elle. Même si son front reste posé sur l'épaule de son cousin, ses oreilles, elles travaillent activement alors qu'il tente de la rassurer par un murmure reposant. Son ouïe, elle se porte très bien, merci, sauf pour quelques trucs oué, comme l'écorce de sole mais bon, c'est surement lui qui avait mal parlé, aucun doute là dessus! Souvenez-vous...

Péniblement, elle relève son petit visage pâle sur les yeux vert luneteux de son cousin qui réclame eau chaude et son livre préféré. Il n'était pas sorti de l'auberge, s'il voulait lui lire son livre préféré, elle qui ne lisait que des grands romans passionnément romantiques et mettant en scène l'amour parfait, la princesse et le prince qui se marièrent et eurent beaucoup d'enfants avec les péripéties classiques...

Pour ça qu'elle était surement si désespérément romantique et ne rêvait que d'une vie de roman... Mais bon en général ils faisaient plus de 200 pages, ses livres ils avaient le temps. Héloise finit par lui adresser un sourire de remerciement lorsqu'il lui demande d'aller se recoucher. Elle quitte ses bras, à regrets ...


"Il te ment, tu vas mourir de la fièvre d'un gueux!"

"Non non, tu ne peux pas me mentir, Beren, il ne peut pas me mentir!!"
"Ahaha on verra on verra, si demain tu vas pas mieux, je ne donne pas cher de ta peau."

Tait toi, tait-toi... Beren... pourquoi tu n'es pas poissonnier hein? Pourquoi tu...
"P'TAIN tait toi, j'veux écouter son histoire moi j'en ai marre de t'entendre parler! "

Sa phrase reste en suspens. Elle recligne bêtement des yeux et oui oui, dans ces cas là, maladie + blonde + un peu folle + chemise de nuit bleu + Leif qu'est surement caché par là, quelque part, rien n'égaye ses pensées. Ca arrive à TOUT le monde. Héloise tourne les talons et se renfonce dans ses couvertures, heureuse d'en retrouver la chaleur réprimant les nouveaux tremblements qui ne demandent qu'à l'ennuyer. Elle regarde son cousin s'affairer et puis pense à quelque chose, un truc un peu fou, un truc que son cousin aurait bien du mal à faire, mais ça, elle ne s'en rend pas compte, un peu déconnectée de ses émotions.

Beren...
Humm, comment tourner ça pour que ça passe comme du beurre...
"T'as qu'à tousser fort genre, tu es au bout de ta vie et il craquera !"
"Ouais pas bête... sauf que JE SUIS DEJA AU BOUT DE MA VIE BORDEL"
"Ok ok pardon.. Ca va t’excite pas. Prend le par les sentiments, il craquera tu es si minable à regarder là"

Beren... Il faudrait que... je suis bien trop faible... lui écrire... pour lui dire que je ne saurai le voir dans les jours prochains.
"Que nous pensons à lui"
Mais, que je pense à lui hein...
"Et qu'il nous manque!"
Et qu'il me manque!
"Et qu'il a intérêt à venir nous voir vite fait celui là!"
Et c'est tout...

Un petite toux forcée pour agrémenter ses propos et ajouter un peu de dramatisme à ses dires. Beren saurait de qui elle parlait, juste qu'elle savait qu'il n'aimait ni entendre son nom ni en entendre parler tout court, en fait, mais elle se devait de le mettre au courant qu'elle ne pourrait bouger. Et elle était vraiment trop faible. Adressant un sourire innocent et totalement charmant à son cousin, elle se coince sur le côté, pour lui laisser de la place lorsqu'il viendra lui lire son histoire.

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Beren
C’est é-vi-dem-ment sa faute à lui si elle aura mal compris, pour la tisane ; Héloise est parfaite en tous points, ses tympans ne sauraient être responsables de ce qui aura sûrement été un fourchement de langue du jeune Fiole. Etonnant, pourtant d’habitude il s’exprime bien… Non, c’est lui, c’est lui, c’est lui. Et il la berce doucement, et pose des baisers sur sa chevelure ; bonheur d’être de grande taille, et de l’avoir recueillie tout contre lui.

Il lui sourit tendrement après avoir posé réclamation, ses yeux aimants baissés vers elle, et lui sourit ; il lirait le parchemin qui accompagne chacune de ses livraisons de fioles, ou la technique de montage de chaque lampe à décanter, si cela lui faisait plaisir, si cela pouvait la soulager, et apaiser cette vilaine fièvre qui rongeait son front. En fait, à bien y réfléchir, quand Beren verra débarquer le livre en question, il voudra SUREMENT lire tout et son contraire, pour se dépêtrer de ce truc… Pour lui, la seule princesse de roman qui tienne, c’est sa cousine, dans sa fragile perfection – je vous ai dit que Beren adorait l’usage de l’oxymore ? Maintenant, oui.

Lorsqu’elle lui adresse ce petit sourire-là, de reconnaissance, semble-t-il, c’est lui qui se sent empli d’une bouffée chaleureuse de bonheur ; il fond pour elle, comme il a toujours fondu, comme il fondra toujours devant son petit minois, aussi pâle soit-il, comme il est, là. Elle quitte ses bras, il sent son absence, il voudrait la retenir, et l’étreindre encore, avec tendresse, jusqu’à ce qu’elle guérisse, jusqu’à ce qu’elle aille mieux, jusqu’à ce que son corps soit débarrassé de cette mauvaise grippette. Elle lui a dit de se taire, non ? Alors qu’il ne dit mot… Etrange consigne, à laquelle il accède néanmoins, pour lui faire plaisir ; sans doute ses tempes battent-elles de la température sous jacente en sa peau. Pourquoi il n’est pas poissonnier ? La réponse est pourtant simple, et il lui répond, dans un sourire :


- Parce que mon nez est trop fragile, ma chère, et c’est bien pour cela que je ne m’occupe que de fragrances subtiles.

La porte s’est ouverte comme elle a entamé le mouvement d’aller s’aliter de nouveau, et il a réceptionné ce qu’il avait réclamé. Il s’est même attelé à préparer la tisane, après avoir extirpé la matériel nécessaire de sa besace, ce merveilleux écrin à trésors qu’il trimballe partout. Oh, bien sûr, le tout a un peu tinté, comme les instruments ont cogné les uns contre les autres, sous la fouille qu’il a entreprise, mais enfin, il prépare maintenant. Et la tisane prend peu à peu, il s’y penche avec attention, lorsqu’il est interrompu, interpellé qu’il est par sa cousine.

Il s’est tourné, et… comment décrire l’expression de son visage ? Elle est certainement aussi stupéfaite que ne l’est son esprit. Il en échappe même la cuillère de métal qu’il tenait en sa main, ses bras ballants contre son corps ne se préoccupant plus de ce qu’ils font. La bouche ouverte, les sourcils haussés, d’aucuns pourront se féliciter qu’ils ne soient pas poissonnier, comme il ressemble à s’y méprendre à un poisson-chat à cet instant. Cela dit, dans quelques mois, nous verront en quoi la comparaison est éloquente, pour autant que le lexique soit concerné.

Médusé, il l’observe ; délire-t-elle ? Assurément. Lui demander à LUI, de lui écrire à LUI ?! Ce doit être une vaste blague… Il aurait ri, d’ailleurs, si elle ne lui semblait pas si faible, et, de fait, incapable de plaisanter, sûrement. Donc, elle est sérieuse… Dur. Il l’observe, sans oser bouger, espérant peut-être bêtement que ça effacera ce qu’elle a dit… Mais elle les a prononcés, ces mots.

Oh mon Dieu, et elle tousse, elle est vraiment mal en point, comment lui refuser cela ? Alors il cède, finalement, en soupirant à peine, presque de façon inaudible, résigné, enfin, à accéder à cette demande, comme le regard et le sourire qu’elle lui lance achève de lui faire perdre toute motivation à refuser.

Aussi, il s’attable, et commence enfin :



Citation:

De Beren, que vous connaissez déjà et que je n’ai pas besoin de présenter.
A vous, E., misérable sans cœur qui avez abandonné ma cousine


Le bonsoir vous va, étonnamment.

Sachez que ma cousine est au plus mal, alitée et délirante, et que c’est entièrement votre faute ! Vous la rendez malade de vous, vous, le lâche qui l’avez abandonnée, se jouant de son cœur sans aucune compassion, sans aucun regret !

Elle est fiévreuse, elle m’a appelé à son chevet. Dans son délire, elle m’a demandé de vous écrire – pensez bien qu’autrement, je ne l’aurais fait. Je suis inquiet, son corps est en proie à la maladie depuis plusieurs jours déjà ; et, à mes yeux, ce sont là ses nerfs qui jouent. Vous la rendez fragile, et sujette à ces douleurs qui tyrannisent son corps.

Je vous invite à la rejoindre, comme je sens-là son seule remède ; croyez bien que je m’en passerais, si je ne me rongeais pas les sangs pour cette cousine que j’aime temps. Elle est bien plus qu’un simple membre de ma famille, et je tiens à elle comme à la prunelle de mes yeux.

Dans l’attente de votre réponse,

Salutations cordiales, puisqu’il le faut,


Beren Hartasn de la Fiole Ebrêchée.


PS : Elle pense à vous. Vous lui manquez.



Missive confiée à un valet, le livre récupéré, dans un haussement de sourcils désespéré à la lecture de son titre, il s’en retourne enfin à sa cousine, bouquin dans une main, tasse de tisane dans l’autre, le tout accompagné, d’un sourire qui se veut rassurant.

- Et cette lecture, alors, on la commence ? Dès que tu auras bu cela.
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Heloise_marie
Il accepte? Il accepte.... Il... A...cce...pte...
"Re-dis le encore une fois, lentement"
...
Dingue, elle ne pensait pas que son petit jeu de malade et de mal en point, même si elle l'est vraiment hein, allait fonctionner à ce point là. Enfin, elle voit bien que son cousin ne le fait pas de bon cœur, plus tiraillé par son envie de lui envoyer une enveloppe d'insultes. La cuiller tombe de sa main et son visage laisse exprimer tout son étonnement, non, sa stupéfaction, son horreur devant la demande de la jeune fille.

Bras ballant, son cousin était un livre ouvert sur toutes les émotions du monde qui touchaient à la surprise et à la colère sans doute un peu. Entonnement, Héloise n'en faisait pas tout un plat ni satisfaite ni peinée, ni jouissive, non, elle regardait son cousin, un peu étourdie par son corps et les sensations qui l'envahissait. Il cède, Beren, elle est cruelle de lui demander ça, mais elle savait qu'il le ferait avec beaucoup d'attention. Elle imaginait déjà le courrier.

"Et bien on est bien trop faible oublie le pas"
"Cher E", il dirait surement ça pour commencer, répugnant à dire et sans doute écrire aussi son nom. Un sourire lui échappa à cette idée. "Héloise ne se porte pas bien, elle a dû attraper une quelconque fièvre pas bien grave" il ne l’inquiéterait pas, pourquoi le faire? Pour qu'il se ramène ici illico, non, ce ne serait pas son cousin qui ferait une chose pareille, moins il le voyait mieux il se portait. "Je vous écris car elle est trop faible pour le faire." oui ça c'était bien son cousin, adorable non? "Elle ne pourra pas se déplacer dans les jours prochains, bien qu'elle en ait très très envie. Pardonnez-moi pour mon comportement de la dernière fois, nous devrions être amis" Un nouveau sourire, et elle observe son cousin écrire imaginant bien les mots et les phrases qui prennent forme. Surement qu'il utiliserait cette missive pour devenir ami avec lui, en tout cas elle en avait l'intime conviction, vu la tournure que prenait sa relation avec E. "Elle pense fort à vous et vous aime à la foliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie" heu non, bon surement pas, ça il lui écrirait pas. M'enfin qu'il lui manque et qu'elle pense à lui oui, elle le lui avait demandé. "Ecrivez-moi vite pour qu'on puisse nouer une amitié digne de ce nom. Beren et Héloise qui est dans son lit, si magnifique et en pleine forme"

Un soupire s'échappa de ses lèvres et elle allait demander à son cousin de lui lire la missive écrite, quand tout se passa bien trop rapidement, il remis la lettre à un valet repris le livre et en 1 seconde et quelques millièmes de, il était prêt d'elle, tasse dans une main, livre dans l'autre, sourire pour agrémenter le tout. Elle sourit et lui désigne la place qu'elle a laissé près d'elle de son menton.


Beren, pourquoi tu ne m'as pas lu la missive que tu as écrit?

Petite voix mi-aigüe, mi-grave, ce qui donne sa voix normale, mais quand même mi... Elle balance à Beren un de ses petits regards malheureux, puis, à la vision du livre dans sa main, elle sourit faiblement.

L'agneau qui ne voulait pas voir le loup. Ce n'est pas mon préféré, mais je l'adore tout de même. La demoiselle de Vaudeka est magnifique, dans ce livre. Et son amant, c'est un brigand. Etonnant hein? Et puis un moment y a...


Elle se tait, préférant l'entendre par son cousin...
Hop oublié la missive, oubliée la petite voix dans sa tête qui réclame la lecture et la confirmation de l'envoie, oublié qu'elle n'était pas bien, souffrante, juste souvenir des tremblements. Elle s'assoit contre les coussins de son lit et prend délicatement la tasse que tient Beren. Un souffle. Un deuxième. Un troisième. Un qua...oui bon c'est chaud quoi ! Écorce de Saule elle a retenu cette fois et elle y trempe ses lèvres délicatement, s'adossant contre le dossier de son lit, sous les couvertures, contre les coussins, les yeux mi-clos, prête à entendre son histoire.

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Beren
Evidemment, il avait accepté, et s’était attelé à faire passer le message qu’elle avait réclamé, par principe. Oui, en « P.S » certes, mais faut-il vraiment pinailler ? Il faut être indulgent envers ce pauvre Beren, qui, loin d’apprécier Ersinn, avait tout-de-même accepté de lui envoyer missive, si désagréable soit-elle, pour et uniquement pour l’amour d’Héloise.

Il s’est donc assis à la place qu’elle lui a indiquée, doucement, livre en main. C’est embarrassé qu’il reçoit la première question ; pourquoi il ne lui a pas montré la lettre ? Hum… Peut-être parce que le jeune Fiole n’a pas été très aimable, voire accusateur envers le destinataire ? Toujours est-il qu’il n’en ressent pas une once de culpabilité, se trouvant même franchement magnanime envers Ersinn, qui est responsable de l’état de santé de sa cousine. C’est vrai, quoi ! Vous avez vu l’état dans lequel elle est, Héloise ? Et surtout, surtout, surtout, c’est entièrement de la faute de l’amoureux de la jolie blonde si Beren se voit contraint de lire… cette chose intitulée avec éloquence… « L’agneau qui ne voulait pas voir le loup » ?!!

C’était une plaisanterie, assurément, et la vraie couverture du livre était en dessous, c’était évident. Là, cachée… Alors il tire un peu, mais rien à faire, il s’agit bien de cela, et sa princousine confirme. Doux Christos, il est dans la mouise ! Mais elle a ce petit sourire adorable et Beren, attendri, fond totalement devant l’expression qu’elle affiche ; moi j’vous l’dis, ce garçon maigrelet est un faible. Totalement. Et le ton de sa voix, mi… figue mi raisin… Un peu trop haut perchée, un peu trop gutturale ; il cède, évidemment, bien qu’il se promette inconsciemment de se lancer dans un autodafé en bonne et dûe forme, sitôt les portes de la chambre franchies, tout-à-l’heure.

Il sourit, se voulant apaisant et rassurant, mais plus que tout, pour paraître enjoué :


- Rien que de par son titre, cet ouvrage a l’air…la pensée de turbiner « déprimant ? » - non, il ne peut pas dire ça… -, « agaçant ?» - non plus –, « un calvaire ? » - oui, mais il ne fait pas le dire… déroutant ! Il a l’air... déroutant, et particulier, aussi... *Il se force à paraître tout-à-fait séduit*… une vraie évasion en perspective !

Désolé, hein, mais mentir à quelqu’un de malade, c’est pas un vrai mensonge ; on a le droit de se servir de l’ironie, de l’euphémisme, et de quoi que ce soit pour minimiser et la peine, et l’inquiétude, et le cauchemar que va être la lecture d’un truc pareil, si, si ! En tout cas, c’est ce que se dit Beren lorsqu’il soulève la couverture de l’histoire, et en entame lecture :

- Il était une fois un royaume drôlement chouette, situé à l’Est d’un vaste royaume peuplé d’idiots, de crétins et de manipulateurs – pour la plupart, Bourguignons. Oh, bien sûr, les Artésiens et les Champenois étaient bien pires au niveau cérébral, mais toujours, la Bourgogne était fourbe et arriviste. Là, dans ce royaume vers lequel se levait le Soleil, comme pour le saluer, et face auquel l’astre se couchait, ultime salut avant de le rejoindre à l’aurore, vivait la Demoiselle de Vaudeka. Il s’agissait d’une princesse merveilleuse et très belle, au teint diaphane, laiteux, et aux cheveux de couleur mi miel, mi blé.

Un jour qu’elle était à la rivière, elle se pencha pour s’abreuver, et ainsi, étancher sa soif, dans le courant de l’onde pure*. Un loup survint, qui cherchait aventure ; il se nommait… Irsenn. L’animal était brigand, filou, déloyal, séducteur, et voulait croquer l’agneau délicat, rêveur, et dont le cœur était pur, donc attrayant à l’appétit lupin. Alors qu’il était pourvu d’une gourde rouge au bouchon rouge ridicule, il fit semblant de la plonger dans l’eau, pour attirer l’attention de l’agneau, et lui tint à peu près ce langage :

- Oh, agneau, doux agneau, que vous êtes joli, que vous êtes beau !** Regardez cette cruche, aux lèvres bien moins jolies que votre bouche délicate, troubler votre breuvage ; assurément, elle vous jalouse, même si elle me sert depuis longtemps.

- Sire Loup, dit l’agneau, que représente donc cet objet creux, pour qu’il me jalouse ainsi, comme je ne le connais point ? Pour toute réponse le loup, infâme personnage, répondit : « Oh agneau, mon bel agneau »… mais laissa sa phrase en suspends. Il demeura silencieux et s’en fut, laissant là l’agneau plein de doute ; ce dernier avait été séduit par sa verve vive et son ton doucereux, pauvre et innocent animal !

La demoiselle de Vaudeka, car chacun comprendra qu’elle est représentée par l’agneau dans cette scène, se confia au sire Oiseau son cousin Reben, un petit rouge gorge gracile, assez timide, mais qui l’aimait tendrement, de tout son cœur même. Lui n’aimait pas le loup, et le rencontra un soir près de la même rivière qui avait vu naître l’idylle bergère, quelques temps plus tôt. L’agneau, bien qu’il fût épris, répétait à son cousin l’Oiseau, « je ne veux pas voir le loup, non, je ne veux plus ». Le piou piou, lui, savait bien qu’à la moindre entrevus, le loup parviendrait à séduire à nouveau l’agneau, par l’usage de ce verbiage si habile qu’il le ferait rêver à nouveau, en un tournemain. La querelle fut immédiate entre l’Oiseau et le Loup, Reben l’innocent et Irsenn le brigand… Et fort heureusement, le jeune Liofe – c’était le nom du rouge-gorge -, put prévenir quelques uns de ses amis, et faire abattre le Loup en pleine campagne.*** La chasse avait été longue, et les ailes du volatile de battre, comme il lançait, vivement « Seran, Ne vois-tu rien venir ? »**** à son ami le plus proche, toutes les deux minutes. Ils revinrent, triomphants, le Loup lié sur un bâton… et l’abandonnèrent à son fort funeste, dans un fossé. Seul. Sans sépulture. Rien, nada, que dalle, niet. Ca lui avait appris, à ce sale petit mécréant, à se jouer de l’Agneau, à qui il avait promis monts et merveilles avant de l'abandonner des jours durant, sans nouvelles, en plus !

Dès lors, celui-ci fut sauf, et rencontra un compagnon de sa condition, gentil, doux et bienveillant ; tous deux s’éprirent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Moralité :

On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.*****

Mais heureusement, tant qu’il est Oiseau aimant pour vaincre, l’on pourra conclure : « tel est pris qui croyait prendre »******.


Sa lecture terminée, il releva la tête en ôtant ses bésicles :

- Cela t'a-t-il plus, ma douce Héloise ?


Chacun aura reconnu, mêlées au travers de ces quelques lignes maladroites et loufoques, un certain nombre de fables de Jean de la Fontaine :

*Le Loup et l'Agneau
** Le Corbeau et le Renard
****** Le Rat et l'Huître

Mais également une vague allusion à Pierre et le Loup, ainsi qu'à deux contes :

****Barbe Bleue, de Charles Perrault (modification orthographique de "Soeur Anne")
*****Le Petit Chaperon Rouge, texte intégral de la morale, non modifié, du même auteur.

Pardon aux familles. Et aux lecteurs.

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