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[RP] Ceci n'est pas une ceinture de chasteté.

Lionel.blanc.combaz
On ne montre pas les gens du doigt, Lionel.

Habitué, il baisse la tête et s'exuse immédiatement. Il le sait pourtant, qu'on ne pointe pas son doigt. Mais bon le roux il l'a piqué au vif, quand même, en lui disant que sa mère l'aime pas. Il n'aurait parlé que de son père, Lionel aurait ri. Mais y a que la vérité qui blesse, c'est bien connu.....


Venez donc vous asseoir avec moi, et parlez moins fort. On ne s'entend plus mastiquer.

La bouche s'ouvre. Se justifier, pour ne pas se faire gronder. Maman ne crie jamais, mais c'est pire.

C'est passaque, il est sourd, gae...

Et se referme aussitôt pour ne pas couper la parole maternelle - un crime de lèse majesté - tout ça pour rien, car elle tombe ouverte à nouveau très vite. Quoi ? Sur les genoux de mère ? Il ne se rappelle l'avoir fait qu'une fois, le jour ou maman lui a appris à chanter une prière... Vite, avant qu'elle ne change d'avis, le lionceau grimpe, ravi. Il ne le sait pas encore, mais il va l'être infinement plus dans quelques secondes. Attrapant la tartine et mordant dedans à belles dents de lait, aux anges, il se tend un peu en voyant sa mère se pencher. Holàlà, ce regard là c'est pas bon du tout. Gaetan va se faire gronder...

Avises-toi encore une fois de manquer de respect à mon fils et de le menacer, et tu devras manger comme les porcs, la gueule à même ton auge, et apprendre à tenir une plume avec ta bouche...

Les yeux bleus s'ecarquillent et la bouchée reste, pas avalée, dans la bouche du gamin qui n'ose bouger une oreille. Il sait, au fond de lui, qu'il esperait que maman dise qu'elle l'aime. Mais ça, il ne s'y attendait pas. Et le petit cerveau de tenter de tout compiler. Maman le défend. Et pas qu'un peu. On peut pas le menacer ou lui parler mal, quand maman est là. Elle a dit parler avec respect, oui ! Elle l'a dit ! Ca veut dire que le roux, il lui a mal parlé. Ah, il avait pas vraiment compris.... Et ca veut dire que Maman l'aime, alors. Au moins un peu ! Le regard bleu se pose sur le rouquin... il risque quoi, au juste...? Pourquoi manger comme les porcs, pourquoi ecrire avec la bou... oh !

Gloups.

La bouchée a fini par passer. Il a presque envie de dire à maman de pas lui couper l'autre bras, le pauvre, déjà qu'il est sourd et manchot... Mais ce serait contredire maman, alors qu'elle vient de le défendre ! L'idée est bien vite, bien lâchement oubliée. Il aura qu'à lui parler plusse mieux, le roux, et il gardera son bras, na. Tentant d'imiter le regard méchant de sa mère, il plisse les yeux vers le roux et lève le menton. Attation, je suis plusse petit que toi, mais j'ai une maman, moi. Une maman qui me gronde, mais qui me défend. Ouais !

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Finn
Plus fort encore que la douche irlandaise: la douche artésienne. L'instant d'avant on t'offre un couteau, l'instant suivant on te l'enfonce entre les côtes.

Le flegme coutumier de l'Irlandais s'écorna pour laisser transparaître une brève crispation de la mâchoire. Ne pouvant décemment lui reprocher de défendre ainsi sa chair et son sang, il se contraignit au silence.
Il acquiesça aux conditions exprimées par la Flamande qui, contre toute attente de sa part, acceptait la mission qui lui était confiée.


- « Tu as toute latitude, pourvu qu'il conserve quelques doigts raccordés au reste pour écrire. Il n'a pas l'air très doué de sa bouche. » S'imprima un regard réprobateur en direction de l'égouttoir à graisse pointé par la préceptrice. « Considère cela comme un premier acompte, nous commençons maintenant. », lança l'Irlandais sur un coup de tête, cachant de plus en plus mal l'irritation qui le gagnait.

L'homme se leva et enjoint le garçonnet à faire de même.


- « Trouvons-nous un endroit plus propice à l'apprentissage que cette cave aux mauvais relents. », proposa-t-il d'un ton amer, optant pour la retraite.

L'instinct de louve manifesté par la Saint Just ayant visiblement cultivé l'hostilité du bougre à son égard, ce dernier décida de mettre fin au « repas de famille ». Arrivé au pied de l'escalier, il offrit sa première leçon à son jeune protégé.


- « Garde-toi d'offenser les gens biens nés, toujours. »
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Gaetan
Elle aurait pu trouver mieux comme menace. Sérieusement, le menacer d'aller manger dans une auge comme les porcs ? Faudrait voir que depuis qu'il est parti de chez lui, et mis à part le petit séjour chez Matalena, c'est quand même plus ou moins ce qu'il a fait, le manchot.

Dormir sur le sol devant les chambres, ou dans l'étable, à même la terre en pleine campagne pendant les voyages, enroulé dans une couverture trouée, et comment croyait-elle qu'il mangeait le môme ? Eux se nourrissaient régulièrement, pour sûr, liquide, le plus souvent, seulement Gaetan était rarement invité aux agapes, et c'est encore plus rarement qu'il s'était assis à table, avec écuelle et couverts.

Il n'a pas saisi un instant qu'elle pouvait menacer son bras, lui si prompt habituellement à se méfier de toute allusion à ce qu'il chérit comme la prunelle de ses mirettes, au compte de deux, elles.

Non, ça il ne le comprend que lorsque Katina et Finn l'interprètent pour lui. Ce qui ne l'inquiétait donc pas une seconde avant prend une toute autre signification, et délaissant la nourriture, il recule sur son tabouret jusqu'à manquer en tomber.

D'autant que s'ajoute à la peur une légère surprise. C'est donc ça une mère ? La sienne ne faisait que se foutre de sa tronche à longueur de journée, et l'avait banni de chez lui dès qu'il avait perdu son bras, sans même le panser ou lui offrir un bout de pain. Et bien une mère, ça fait peur. Le rouquin se fait tout petit, et note de ne plus approcher du lionceau en sa présence.

A peine du coup s'il remarque l'échange entre l'Irlandais et la flammande. Ce n'est qu'en voyant Finn se lever qu'il réalise que celle qui s'enfile joyeusement tout un tas de madeleines vient d'accepter de lui apprendre à écrire avec la bouche. Oui, il a loupé un épisode. Il était en train de se faire menacer aussi, faut le comprendre. Réfléchissant un instant, il se refait le film de la conversation dans sa caboche un peu bousculée. Tout en se levant pour suivre son mentor, et essuyant son menton de sa manche, il répond d'une voix peu assurée, en évitant soigneusement de regarder Agnès, à la jeune troubadour :


- je veux apprendre tout ce qui sert à lire et écrire... même si je savais pas on pouvait le faire avec les pieds... et je sais pas faire ce que t'as dit. ça sert pour lire t'es sure ?

Dubitatif, mais ne pouvant masquer une certaine joie d'avoir enfin ses leçons, même si cette dernière est entachée par la menace de la comtesse, il a maintenant rejoint Finn au bas de l'escalier et s'apprête à le suivre. C'est bien ce qu'il fait de mieux. Il hoche la tête à l'injonction de l'Irlandais. Pour sûr, il se gardera bien de l'ouvrir à nouveau devant des gros qui se la pètent en présence de bouffe, ça en gâche la dégustation.
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Katina_choovansky.
Ambiance : un peu pourrie
Temps : à l’orage
Heure : trop tôt pour être complètement saoule, trop tard pour picoler vu les circonstances (la vie est parfois mal faite)
Les plus : un rouquin manchot ; une carte blanche
Les moins : le p’tit qui fout la merde, parce que évidemment, que c’est sa faute. Elle a rien suivi de l’embrouille, mais ça avait l’air d’aller avant qu’il arrive. Ca ripaillait, ça promettait des couteaux, ça allait peut être avoir le temps de gouter à cette superbe bouteille de rouge pleine de poussière qui promettait grave… et puis paf : d’un coup, ça craint.

Ce fut d’abord Finn qui accepta le panier de madeleines sans même en demander la contenance. Il se doutait pourtant bien qu’elle allait lui sortir un panier prêt à porter vaillamment sa charge de dix huit kilos.
Et puis il y eut l’empressement à quitter la salle. Le nous qui en exclut certains pour en regrouper d’autres. Le « maintenant » qui sonnait comme un impératif. Et la petite remarque acide pour finir.
Finn avait les nerfs.
Ca se voyait gros comme la crinière de Gaétan.


Fallait-il s’en émouvoir ?
Pas tout d’suite.
D’abord, un coup d’œil à Agnès. La louve et ses crocs royalement installés sur le tabouret de sa cave, son joufflu sur les genoux.
Il y eut un sourire sur les lèvres flamandes tandis qu’elle se levait, suivant Hélène et Gaétan dans le mouvement.
Elle pouvait comprendre l’instinct. Elle pouvait comprendre l‘envie inexplicable de mordre qu’on avait parfois. Elle pouvait comprendre que le ventre prime sur la raison.
Oui. Définitivement, elle comprenait l’Artésienne. Qu’elle le perçoive ou pas dans le sourire que la flamande lui adressait désormais en inclinant la tête à son attention, importait peu au fond. Car le pire restait à venir pour Agnès… Ce moment solitaire où elle se rendrait compte de son humeur.
Aimer malgré soi, même un peu, ça fait toujours mal. Ca aussi, la flamande le comprenait.


- « A tout à l’heure », les salua-t-elle sobrement en se dirigeant vers l’escalier avec les garçons, assurant à Gaétan d’une voix qui, il l’apprendrait plus tard, n’augurerait jamais rien de bon pour lui : « C’est même indispensable. Tu vas commencer par aller te débarbouiller le visage et la main… Et cure sous les ongles. Autant te dire que je te laisse pas toucher la moindre madeleine avec des ongles aussi dégueulasses » Ah ouais, merde, il est manchot, pas facile de se curer les ongles avec juste une main. « Enfin, fais ce que tu peux », fit elle en se promettant qu’un jour, quand elle l’aurait amadoué ou qu’il serait endormi, au choix, elle lui ferait une manucure.

Et se tournant vers Hélène.


- « Nous commencerons par un tour dehors. J’veux voir ce qu’il vaut à la roue, voire au piquet... » annonça-t-elle d’un air plus que sérieux. « Et il nous faut une salle, éclairée, avec vue sur le jardin. Je travaille mieux le nez au ciel ou dans la verdure » lui confia-t-elle.


Avisant une soubrette qu’elle aperçut dans l’entrée d’une porte.


- « Mademoiselle, un plateau avec quelques boissons s’il vous plait, dont l’une sans alcool. Il est hors de question qu’il foute du vin partout pendant sa leçon », fit elle en regardant Gaétan avant de conclure à son attention. « Dépêche toi, il faut aussi qu’on choisisse ta plume. »

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Maitre Troubadour à la Confrérie
Gnia
Tout bien réfléchi, les animaux mordent indéniablement la main qui les nourrit.

Mâchoires crispées, elle suivit la sortie de ceux qu'elle avait invité à sa table et ne parvint même pas à décrisper l'esquisse d'une grimace s'apparentant à un sourire pour Katina.

Une furieuse envie de foutre tout le monde dehors, de faire sortir de sous son toit Rouquin, Faux Moine et Troubadour. Qu'ils payent tous pour l'outrecuidance de l'Irlandais !

Elle prit toutefois une profonde inspiration, tout en enroulant un bras autour de son fils, histoire qu'il n'aille pas se casser la gueule pour couronner cette fin de repas à filer des aigreurs d'estomac.
Son petit mâle semblait déjà suffisamment effrayé comme ça sans en rajouter.
Du moins, pas tout de suite.


Lorsque l'on offre un peu, il faut toujours s'attendre à ce que l'on veuille nous prendre beaucoup...
Tu vois, mon fils, défies-toi toujours d'être trop généreux ou familier, surtout avec la roture, ce n'est guère conciliable avec notre rang...
Visiblement.


Et de piquer de la pointe du couteau un nouveau morceau de fromage qu'elle avale sans le déguster.
Qu'il est malaisé de concilier basses extractions, origines lui donnant goût à fréquenter la canaille, et son ascension sociale fulgurante. Etat bâtard qu'il lui avait même fait oublier le vouvoiement de son héritier. C'est dire si la Saint Just était perturbée.


Tu veux encore manger ?

De sa main libre, elle se servit une grande rasade d'une bouteille au contenu indéfini mais qui piquait les yeux quand on avait le malheur de sentir le goulot. Elle versa ensuite dans un godet un fond de vin qu'elle coupa d'eau et le présenta à son fils.


Tiens goûte donc la piquette qu'on fait à Herlies.
Après tout c'est chez moi et ça pourrait bien devenir chez toi un jour.
Autant savoir ce que tu risques...


Visiblement peu disposée à quitter la cave, elle comptait bien profiter des avantages de son fief, qu'elle soit seule ou mal accompagnée.
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Finn
[Dans la cour - Début de la leçon flamande.]


Lorsque la soubrette les envoya paître d'un geste d'une indécence frappante, Finn comprit qu'il s'était emporté avec la maîtresse des lieux. Ils devraient donc se servir par eux-mêmes. Abandonnant Gaetan à sa toilette, il suivit la préceptrice dans la cour et s'enquit de la présence de ses fûts de whiskey. Il les trouva bien arrimés dans sa charrette au point mort et entreprit d'en déloger un. A la réflexion, la prévoyance le conduisit à en faire dégringoler deux sur le sol pavé.

Les rayons du soleil crevaient la masse nébuleuse pour venir mettre en lumière un petit coin de verdure, en plein milieu de la cour, qui résistait vaillamment à l'ombre des murs d'enceinte. La timide clarté sonnait une fin d'après-midi relativement douce. Les fûts roulèrent jusqu'à buter contre le tronc d'un arbre représentant une alternative de choix à ce ciel criblé de rayons lumineux risquant d'altérer le bon malt.

- « Voilà ton ciel et ta verdure, Katinsky. », lança-t-il, un tonnelet calé sous le talon. « Comptes-tu lui réciter un de tes poèmes?.. », l'interrogea-t-il, mine de rien, et secrètement excité à cette idée.

Depuis tout jeune, notre homme vouait un culte rare aux poètes, rêvant lui-même de déclamer des vers à faire pleurer dans les chaumières. Hélas, son talent en la matière se résumait davantage à encourager le chaland à le prendre pour cible, des cailloux à la place des pièces. Le souvenir fâcheux s'estompa alors même qu'il ôtait le couvercle du fût et y plongeait la première louche, voûté sur la divine cuve.

- « Il a un petit goût de Paradis... », s'extasia l'Irlandais, volets clos.
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Lionel.blanc.combaz
[Dans la cave]

Il ne sait pas très bien ce qui vient de se passer. Il sait juste que mère a les mâchoires toutes serrées. Et puis elle respire fort. Mère est fâchée. Mais pas contre lui, puisqu'elle le tient dans ses bras. C'est déjà ça.

Lorsque l'on offre un peu, il faut toujours s'attendre à ce que l'on veuille nous prendre beaucoup...
Tu vois, mon fils, défies-toi toujours d'être trop généreux ou familier, surtout avec la roture, ce n'est guère conciliable avec notre rang...
Visiblement.


Il hoche la tête d'un air solennel, comme chaque fois que sa mère lui fait une leçon. Déjà, maman et papa ont l'air d'accord sur la façon de parler aux gens qui sont pas les chefs comme eux. C'est déjà ça. Mais Bru, alors ? Il faut pas être gentil avec Bru ? Et pourquoi sa mère lui dis tu, d'un coup ?

Tiens goûte donc la piquette qu'on fait à Herlies.
Après tout c'est chez moi et ça pourrait bien devenir chez toi un jour.
Autant savoir ce que tu risques...


Alors ça ! Maman qui lui dis tu, qui le prend sur les genoux, qui lui donne à manger et du vin et... il a pas rêvé, elle lui parle comme papa, là, avec les histoires de "mon héritier, tout ceci sera à toi un jour"... oui ? Oui. Ca alors... Des deux mains, il prend le godet et essaie de boire sans rien renverser. Ca pique un peu la langue, mais il sourit. Ce que lui donne maman, faut pas faire la grimace, sinon elle va se fâcher et ce moment rare disparaîtra aussi vite qu'il est venu.


C'est bon.

Menteur. Mais passons. Allez, petit lion, un peu de courage. Profites-en pour lui parler, à ta mère, tu en crèves d'envie.

Merci que tu avez grondé le roux, mère. Je fera tention à pas êt' cro empi avec lui.

Pas mal. Mais encore ?

Euh... et euh... Bru, l'est rôtie aussi..? J'veux dire, je peux êt' empi avec elle... Sivouplé ?

Ca le tourmente, le gosse. Faut le comprendre, les câlins, les baisers, les engueulades et les encouragements, ça vient souvent de Bru, quoi.
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Gnia
La Saint Just grimaça à la première gorgée de tord boyau. Décidément, y'avait bien que la bière qui valait quelque chose dans cette partie du monde connu.

Elle sourit en coin à l'appréciation de son fils. Il était plus que temps de faire son éducation à ce sujet.


Non, Lionel, ce vin est parfaitement dégueulasse. Tout juste bon à faire de l'hypocras. Il va falloir rapidement songer à vous éduquer le palais à ce propos.

Et aussi vite qu'il avait disparu, le vouvoiement reprend. Faut pas déconner non plus.

C'est pas tellement une question de gentillesse, mon fils.
C'est une question de ne pas laisser les gens prendre trop de libertés. Par exemple, Brunehaut est quelqu'un qui connait son rang, destinée à servir.
Vous pouvez être bon et aimable avec elle, elle ne songera jamais à vous manquer de respect.

Le respect, s'il ne vous est pas acquis, s'impose.


Nouvelle gorgée, esquisse d'un sourire certainement mauvais.

Avec fermeté, si l'on vous pousse à en user.

Un autre profond soupir résonne dans la cave, tandis qu'elle offre de la pointe du couteau un bout de barbaque fumée à son oisillon.

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Katina_choovansky.
(Dans la cour )


Choquée par la soubrette la brugeoise ?
Pas du tout. On était dans les Flandres après tout. Qu’une soubrette envoie chier du monde, c’était preuve de bonne santé. Voire même, on sentait qu’elle avait été touchée par le « s’il vous plait » puisqu’elle n’avait adressé aucun majeur tendu, comme il est de coutume quand on pense que la parole, c’est encore trop cher pour son interlocuteur.

Suivant Finn à l’extérieur, elle avisa le chariot vers lequel il se dirigeait, regrettant brièvement de ne pas avoir pensé à prendre les madeleines en quittant la cave, quand le premier tonnelet roula au sol.


- « Voilà ton ciel et ta verdure, Katinsky. Comptes-tu lui réciter un de tes poèmes?.. »,

Un sourire accueillit les propos de son compagnon d’extérieur. Elle avait remarqué dès leur première rencontre qu’il y avait quelque chose entre Hélène et la poésie. A ses propositions de visiter la Confrérie pour venir jeter une plume dans l’encrier, il avait objecté que ce n’était pas pour lui et avait refusé l’invitation. La brune en avait juste conclu qu’il faudrait certainement passer par les chemins détournés pour entendre ce qu’il refusait avec obstination de déclamer.
Dire qu’il lui tendait la perche, c’était un peu exagéré, mais les flamands savent prendre n’importe quoi pour ce qu’ils veulent… et le Whiskey qui embaumait son museau dés l’ouverture du baril finit de la convaincre. Ciel bleu, verdure, poésie et alcool… si avec ça elle arriverait pas à lui faire réciter une de ses œuvres, c’est qu’il était béarnais et non pas irlandais.

Elle planta un doigt dans le tonnelet ouvert avant de le porter à sa bouche pour laisser juste une pointe de malt se diffuser sur sa langue.


- « C’est exactement pour ça que j’aime les irlandais », avoua-t-elle dans un sourire qui allait en s’étirant tandis que sa bouche s’enflammait fugitivement sous la brulure de l’alcool tourbé. « Ils déconnent pas avec le Whiskey… »

Elle jeta un coup d’œil vers le parvis pourvoir si elle apercevait Gaétan revenir avec une main propre, et si possible, la pellicule de gras du repas en moins sur le menton.

- « Je ne suis pas sure que la poésie soit vraiment au goût des enfants… Ou alors des grands… », précisa-t-elle en tournant la tête vers Finn dans un sourire entendu car, oui, oui, elle se souvenait parfaitement de ce Finn hilare, joyeux comme un môme, qui lui avait quasiment arraché la tête avec une boule de neige grosse comme une pastèque à Noel. Vous en souhaitez un pour patienter ? » L'air de rien avant d'ajouter. « Parce que dés que je n’aurais plus la gorge sèche, ce sera à votre bon plaisir … Par contre si vous aviez un verre, la louche c’est pas pratique, on peut pas la poser dans l’herbe, ça vous force à toujours rester prés du tonneau… »

Ben ouais, fallait pas tenter le diable non plus…
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Maitre Troubadour à la Confrérie
Lionel.blanc.combaz
Non, Lionel, ce vin est parfaitement dégueulasse. Tout juste bon à faire de l'hypocras. Il va falloir rapidement songer à vous éduquer le palais à ce propos.

Ah ben voilà, il s'est trompé. Sûrement pour ça que maman lui dit plus "tu", d'un coup. Soupir. Plaire à maman, c'est vraiment, vraiment pas simple. Il ne compris pas grand chose au début du discours de sa mère, mais tint bon jusqu'au bout qui l'intéressait. Brunehaut.

Par exemple, Brunehaut est quelqu'un qui connait son rang, destinée à servir. Vous pouvez être bon et aimable avec elle, elle ne songera jamais à vous manquer de respect.

Un grand sourire ravi et soulagé. Passqu'être vilain avec Bru, c'est tout simplement pas pensable. Enfin pas exprès, quoi.

Le respect, s'il ne vous est pas acquis, s'impose. Avec fermeté, si l'on vous pousse à en user.

Euh...

M'man, comment jo fais ? Jo suis potit, moi. Si que vous es pas là, le roux il peut me taper.
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Gnia
["Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé." N. Machiavel]


Nouveau soupir à la question de l'enfant.
Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris d'essayer de remplir son rôle d'éducatrice ? Elle savait bien pourtant que ces petites choses dégoulinantes de bave se transformaient, dès lors qu'elles étaient doué de la parole, en déversoir à questions auxquelles on ne savait jamais quoi répondre...
Pourtant là, l'interrogation était d'importance, et il convenait que Son Infâme Grandeur la bien nommée explique à son rejeton comment être craint et respecté. Tout en incluant la donnée handicapante d'être à peine plus haut que le garrot d'un dogue de Bordeaux.
Nan, définitivement, elle s'était encore foutue dans la merde en voulant s'essayer à jouer à la maman.

Elle se leva, soulevant en même temps l'enfant non sans grimacer sous le poids, et elle l'assit sur la table, face à elle. Signe d'une réflexion intense, la main vint pincer machinalement la couture qui ourlait le bas de sa joue droite.


Vrai que vous n'avez guère la tâche aisée....
Mais !


L'index se lève, doctement, annonçant une argumentation qu'il fallait pouvoir suivre. L'artésienne cherche ses mots, ou plutôt cherche à simplifier sa rhétorique pour l'adapter aux capacités de son vis à vis.

Trois choses à retenir, Lionel.
Le nom.
La distance.
La perfidie.


Ne confiez jamais à la Saint Just : votre cave, vos écus, vos enfants, vos maris. Liste non exhaustive.
En vrai ne lui confiez rien qu'elle ne puisse abîmer de son esprit tordu.


En fait, quatre.
Mais vous n'êtes pas encore au point pour que nous abordions le "savoir jouer du plat de la langue." Et puis étant mâle, il n'est pas dit que vous ayez à en faire autant usage qu'une femelle, pour peu que votre corpulence parle pour vous. Nous verrons donc cela plus tard.


Palsambleu ! C'est qu'elle se pique au jeu. D'abord "les arts de la table pour les nuls", maintenant le "se faire respecter en toutes occasions en trois leçons", demain une chaire au Collège Saint Louis ? Quelle horreur !


Vous êtes petit en taille certes, vous êtes jeune, mais vous êtes quelqu'un, ne l'oubliez jamais.
Vous êtes le fils des Comtes du Lavedan, des Ducs de Bouillon, des Vicomtes de Digoine et Bapaume, des Seigneurs de Seuiri et d'Herlies.
Allez pas vous imaginez que vous avez d'autres géniteurs, votre père et moi sommes tout cela à la fois, en sus d'être des gens très détestés et donc craints.
Votre nom, Lionel, il est votre premier atout.
Celui qui vous défie doit être parfaitement au fait des menaces qui pèsent sur lui.
Ramentevez-vous toujours qu'a l'instant où vous le direz, vous avez de fortes probabilités d'être déjà classé dans la catégorie des gens à détester.
Et soyez en fier, votre père et moi en avons chié pour en arriver là et on en chie toujours pour s'y maintenir.


Elle ramassa son godet de gnôle pour calmer la passion qui s'était emparé d'elle lors de sa démonstration et qui bien évidemment lui faisait varier de registre de langage.

La distance.
C'est de l'attitude dont je parle.
Ne soyez pas proches des gens, surtout des inconnus.
Eloignez-les, coupez leur l'envie de vous toucher, de vouloir être familier, il faut que vous soyez inatteignable.
Votre familiarité doit passer pour une faveur que vous concédez.
Le meilleur exemple que je puisse vous donner, c'est... moi-même.


Elle s'approcha du mouflet, souriante, posa une main sur la table pour se pencher sur lui.

Là je suis familière.
Et vous allez avoir envie que je vous prenne dans vos bras, ou que je vous donne un bécot ou je ne sais encore quelle idée mièvre et soit disant attendrissante....


Elle recula ensuite d'un pas, le visage se ferma, la mine se fit hautaine, le regard, froid.

Et là... Vous ne le voyez pas, mais vous savez que j'ai mis un mur entre vous et moi. Avez-vous envie de tenter tout de même de le franchir ?

Un sourcil se haussa sur un regard moqueur, la bouche s'étira en un sourire cynique. Oui, bon, c'était facile d'impressionner un gamin, mais c'était pour la bonne cause et les grands mérites des exemples concrets dans l'apprentissage, toussa.

La perfidie.
La botte secrète, à n'utiliser qu'en dernier recours.
Fort peu honorable, certes, mais diablement efficace.
Surtout lorsque l'on ne peut se targuer d'impressionner par sa seule force physique.


Le genre de chose qui s'inscrit parfaitement dans le vivre noblement, dans une éducation parfaite à fournir aux futures générations, un concept et principe de vie très élégant...
Ou la vie selon Agnès de Saint Just.


Si un faquin se permet tout de même de vouloir lever la main sur vous, conservez bien à l'esprit le seul coup qu'il vous faudra arriver à placer.
Un bon coup de latte dans le ventre, le bas ventre pour les hommes.
Au pire, ça coupe le souffle, au mieux, ça les plie en deux.
Et ça vous laisse le temps d'aller chercher du renfort, pour peu que vous courriez vite.


Légère grimace puis correction.

Coup de poing plutôt, vous êtes pile à la bonne hauteur s'il faut faire ça sur un adulte.

Regard acéré sur le visage poupin, histoire de vérifier qu'il a compris. L'index maternel vient s'enfoncer sur le bidon rebondi, puis survoler l'entrejambe.

Il y a bien évidemment meilleurs expédients à user en dernière instance, mais là encore vous êtres trop jeune pour le coup violent qui casse les genoux ou l'entaillage de talon d'Achille. Un maître d'armes vous expliquera tout cela un jour.
En attendant, nous vous entrainerons sur le roux.


Et de ponctuer la conclusion en vidant d'un trait et d'un geste précis du poignet le reste de son godet.
Puis d'esquisser un sourire satisfait qui s'éteindra probablement sous le flot de questions qui ne peut manquer de se déverser des lèvres enfantines.

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Lionel.blanc.combaz
Les soupirs quand il pose une question, il a l'habitude. Même Bru des fois, elle soupire, alors maman, faut pas s'étonner.

Elle se lève, et il pense que voilà, il a tout gâché, elle va le reposer à terre et l'envoyer voir ailleurs si Bru y est. Au final, peut-être qu'il aurait mieux valu pour lui, parce que la suite va être cotton..Assis sur la table, jambes potelées ballant dans le vide, il lève des yeux surpris sur sa mère, qui étonnamment, lui donne raison....

Vrai que vous n'avez guère la tâche aisée....
Mais !


Ah, le doigt levé il connait aussi. Ca veut dire qu'il faut de préparer à bien écouter.

Trois choses à retenir, Lionel.
Le nom.
La distance.
La perfidie.


Le nom, ça il sait. La distance, euh... il croit que oui. Le Père Fidi, il sait pas qui c'est en revanche. Mais il se contente de hocher solennellement la tête, répétant après sa mère.


Crois.

Ah non, cacre. Il ne comprend rien au cacre, heureusement ce sera pour après. Il écoute, du mieux qu'il peut, arquant les deux sourcils à l'annonce de tous les titres. Il voudrait demander ce que c'est, un génie Teur, mais n'ose pas. De toute la diatribe pour l'instant, il retient qu'il est quelqu'un qu'on va détester. Pas glop. Mais que son nom c'est important. Pour se protéger. Enfin il croit.

La distance.
C'est de l'attitude dont je parle.
Ne soyez pas proches des gens, surtout des inconnus.
Eloignez-les, coupez leur l'envie de vous toucher, de vouloir être familier, il faut que vous soyez inatteignable.
Votre familiarité doit passer pour une faveur que vous concédez.
Le meilleur exemple que je puisse vous donner, c'est... moi-même.


Pas proche des gens ? Mais il veut qu'on le touche, lui ! Mais qui va le prendre dans les bras ? Et papa, il a le droit d'être dans les bras de papa ? Atta, deux secondes là.. Maman s'approche et sourit. Il sourit en retour, tout content.

Là je suis familière.
Et vous allez avoir envie que je vous prenne dans vos bras, ou que je vous donne un bécot ou je ne sais encore quelle idée mièvre et soit disant attendrissante....


L'enfant hoche la tête, tend même le visage vers sa mère, croyant recevoir une rare tendresse....Bam. Elle repart et elle a l'air pas content. Du tout. Le sourire tombe et les larmes lui montent aux yeux. Pourquoi elle fait ça ? Il a fait quelque chose de mal encore ? Mais il a rien dit !

Et là... Vous ne le voyez pas, mais vous savez que j'ai mis un mur entre vous et moi. Avez-vous envie de tenter tout de même de le franchir ?

Oh si, il le voit le mur, il le voit très bien. Mais c'est maman, et Bru dit qu'il faut aimer maman. Et puis maman vient de le protéger, en plus, et puis... il y peut rien, il voudrait bien qu'elle le garde encore sur les genoux. Alors la réponse sort, forte, franche, instinctive.


Voui !

Soit elle l'a pas entendu, soit elle est trop occupée par sa leçon. Déglutissant, il tente d'écouter la suite. Pourtant il sait que ça lui plaira pas, surtout si elle explique encore qu'il faut essayer de ne PAS avoir de calins, et pas le contraire....

La perfidie.
La botte secrète, à n'utiliser qu'en dernier recours.
Fort peu honorable, certes, mais diablement efficace.
Surtout lorsque l'on ne peut se targuer d'impressionner par sa seule force physique.


Oui ben ça l'éclaire toujours pas sur qui c'est ce curé. Mais la leçon continue. Les coups dans le ventre, ça il comprend. Il le sait que ça fait mal. L'autre jour il est tombé sur...

Coup de poing plutôt, vous êtes pile à la bonne hauteur s'il faut faire ça sur un adulte.

Il baisse les yeux, regarde la main qui indique l'endroit où frapper. Peut-être que ça oblige le grand à avoir très envie de faire pipi, ou un truc comme ça. Lionel hausse les épaules. Oui bon d'accord, il tapera là. Et il mettra le mur avec le roux et le menteur. Pas de problème.

En attendant, nous vous entrainerons sur le roux.

Les yeux bleus clignent plusieurs fois. Frapper le roux ? Oui bon, il veut bien, après tout le roux il a eté pas gentil, à dire que maman l'aime pas. Mais pourquoi il faut que les gens le détestent ? Et pourquoi il faut frapper les gens et POURQUOI elle veut pas l'embrasser, il va pas la taper ! Et puis, et puis... Les larmes finissent par déborder et rouler sur ses joues. Ca fait trop de choses, trop de mauvaises nouvelles.


Mais moi je suis pas roti, môman ! Moi je vas pas te taper dans le ventre ! Pourquoi vous met le mur ? Papa il est chef et il met le mur avec les zaut', pas moi ! T'as dit chuis quéquun alors... alors....

Qu'est-ce qu'elle vient pas de faire là, la Saint Just, à lui donner conscience de sa propre importance... Mais c'est vrai ça à la fin, si il est quelqu'un et que comme dit papa, il est le sang et tout ça... maman aussi elle pourrait être un peu plusse empille ! La détresse se transforme en indignation, il renifle et lève le menton.

Alors j'a droit aux bras si j'veux !

Les petits sourcils se froncent, les yeux bleus se plissent. La menotte passe furieusement sous son nez, essuyer la morve.

Moi j'veux être comme Papa ! Cossa chuis le chef ET j'ai les calins. D'abord !
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Gnia
["En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal." Machiavel - Pas qu'en politique, d'ailleurs...]


Les yeux écarquillés d'une peur difficilement dissimulée, Agnès aperçoit enfin les larmes. Et tandis que la bouche se tord de dégoût, sous le nez, la morve.
Sa respiration s'accélère, elle jette un regard vers la sortie, guettant des secours qui ne viendront pas, surtout si elle n'arrive pas à récupérer sa voix, coincée en une grosse boule au milieu de sa gorge.
Alors contrainte et forcée, elle essaie de comprendre ce que lui raconte son mioche tout en réfrénant une forte envie de se carapater.


Mais...

L'objection n'est qu'un maigre coassement qui s'éteint à la surprise de constater qu'en fait, en lieu et place de jérémiades, son fils se... rebelle ?

Mais enfin...

Ah ouais, si si, il est colère en fait. Ce qui rassure partiellement Agnès, même si ce qui continue de couler des yeux et du nez de Lionel continue à lui faire observer une distance de sécurité plus que nécessaire.
Ebahie, elle l'écoute la comparer avec son père.
Font chier les gosses, à toujours mettre en compétitions leurs parents.
A tous les coups ça marche, en plus !


Lionel !

Ah là, elle retrouve sa voix, elle s'apprête à même gueuler un coup, quand arrive le coup de grâce...
L'Exigence.
Avec un E majuscule géant et cramoisi de colère.


Si la Saint Just n'était pas encore sous le coup de la panique provoquée par la fuite des fluides enfantin suivie de l'effarement à voir que son gosse a en fait une personnalité, elle aurait pu se réjouir de voir que son enseignement portait ses fruits. De bien étrange manière certes, mais quand même. Une victoire dans ce monde de brutes épaisses doit être saluée, si minime soit elle.

Elle envisage avec gravité le bambin, pesant le pour et le contre de la situation merdique dans laquelle elle s'est fourrée.
Encore.


Vous avez plutôt bien compris la leçon, mon fils...


La voix est prudente. Elle fait quelques pas en crabe pour se rapprocher du mouflet, aux aguets. Le nez se retrousse en visualisant de plus près les larmes qui ont formé de petits sillons sur les joues, et la morve qui brille sous le nez.


Je suis distante à cause de... ça.

Et de situer le problème sur le visage du bambin d'un doigt vague et distant.
Excellente diversion pour ne pas expliquer tout un tas d'autres choses qu'elle ne serait de toutes façons pas en mesure de faire comprendre à un gosse, si tant est qu'elle fut consciente de la moitié d'entre elles. Instinct maternel peu développé sauf en cas de survie de l'espèce, peur des enfants, de leurs fluides corporels, de leurs questions, de leurs vérités dérangeantes, de leur capacité à crever en moins de deux comme des poussins chétifs. A quoi bon filer un nom et de l'affection à un poussin s'il ne devient jamais coq ? Hein ?

Elle lui tend précautionneusement le linge qui était resté sur la table et s'assoit, pas trop près quand même, ne serait-ce que parce que non loin, y'a la bouteille d'alcool et que, pour ce qui s'apprête à suivre, une bonne lampée n'est pas sans nécessité.


Vous essuyez d'abord toute cette morve et ensuite... J'vous laisse être un peu le chef, pour voir ce que ça fait. D'accord ?

Il faut savoir conforter les probables futurs mâles alpha dans leur avenir de mâle alpha.
Rien à voir avec les câlins.

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Finn
[Le cul dans l'herbe.]

Si l’Irlandais ne « déconnait » pas avec le malt, il en allait de même avec le contenant. Ce dernier sortit de son sac de jute une solide chope en bois de chêne qu’il tendit solennellement à la Flamande.

- « Fabrication celtique, fais-en bon usage. », confia-t-il, se laissant choir en tailleur dans l’herbe. « Cet enfant possède une âme de poète, j’en suis convaincu. Il n’a tout simplement pas encore eu l’occasion d’exploiter son potentiel artistique. », reprit-il en remplissant copieusement la chope de la troubadour à la louche. « Il est déjà fort amusant pour son âge, tu l’aurais-vu se débattre dans la rivière pour ne pas sombrer… » Un sourire nostalgique barra le faciès du tuteur. « Une chance que le courant ne l'ait pas emporté, il portait les vivres. »

La douce brise qui s’était brusquement levée dans la grande cour s’engouffra sous les pans de sa robe qui flottèrent au dessus de ses genoux. Le regard lointain se reporta alors sur la jeune femme.

- « Qu’as-tu à me conter, cette fois ? J’ai beaucoup apprécié le dernier. »

Sa mémoire avait tout du fromage helvète, elle recouvrait pourtant toutes ses capacités lorsqu’il s’agissait de se souvenir d’une proposition faite à son propriétaire.

- « … Il n’est pas chanté, au moins ?.. », se renseigna Finn dans un éclair de lucidité.
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Gaetan
Il en met du temps... Une limace neurasthénique en aurait mis moins, et encore, à cloche antenne. Et pourtant, il s'active, c'est le moins que l'on puisse dire.

Parce que paie ton défi quoi. SE LAVER.

C'est bien la première fois qu'on lui oppose pareil affront. Comme s'il n'était pas propre naturellement. En plus il a presque plus de puces en ce moment -le froid les aura tuées... paix à leur âme. Non, sans déconner, il a failli se noyer quand pour la dernière fois ? Une semaine ? deux ? Bah voilà, il est donc propre... A peine si les mouches le suivent, c'est un signe non ? En plus ce sont de petits moucherons, même pas les grosses mouches comme l'été. Vraiment, elles ont le nez sensibles les flammandes...

Que ne ferait-il pas pour apprendre à lire et écrire... Dans un soupir aussi profond que le décolleté d'une catin sur le retour, il est donc parti à la recherche d'un truc pour se rincer. Oui, d'un truc. Parce qu'à part se plonger dans les rivières, le môme n'a pas franchement idée de comment on peut se laver. Un broc ? de l'eau ? faire une toilette ? Il connait pas. Personne ne lui a jamais montré, et il n'a jamais demandé. Moins on l'approche, au final, et mieux il se porte. Et des rivières, il n'en a pas remarqué dans le coin... Faut dire qu'il vient d'arriver et n'a pas franchement pris le temps de visiter.

Quelle galère... A force de faire des tours et des détours, il finit par trouver ce qui ressemble à une écurie. Voilà, un seau, de l'eau... Qu'importent les brins de paille et la bave qui flotte sur le dessus ! ça fera l'affaire. Le challenge repose surtout dans l'ongle à vrai dire. Elle a bien raison Katina : comment se curer les ongles quand on n'a qu'une seule main ? Pendant qu'il se frotte le bout du museau -faudrait pas se provoquer des engelures ou s'imprégner de maladies en s'arrosant trop- il réfléchit à la question, et c'est en posant son regard sur la brosse à cheval qu'il trouve une solution.

Après avoir frotté vigoureusement sa main contre la brosse à s'en planter un crin dans dans l'index, il cherche donc à retrouver ses professeurs. Pour une fois que Finn lui porte de l'intérêt pour autre chose que subir ses ivrogneries ou porter quelque chose, faudrait pas rater l'occasion ! Les trouvant affalés, il s'approche en zieutant le tonnelet.


- je peux en avoir en attendant l'oiseau pour la plume ?
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