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[RP] Les falaises

Ixia
Inba se laisse porter à terre avec elle, et s'assoit sans la lâcher d'un poil, elle l'entoure bien dans ses bras, et la console, ne dit pas un mot, juste la laisse pleurer, parce que ça fait du bien de pleurer sans s'expliquer, sans s'excuser, sans rien!

Inba la jugeait pas, vraiment pas, elle était passée par là, elle savait que trop bien que le désespoir occultait toutes pensées positive. Que tous les sourires, et rires n'étaient que façade sous une solitude encrée et profonde. Elle connaissait si bien la profondeur des ténèbres, ou le silence du néant nous envahit, ou aucune lumière ne parvient. On a beau être parmis plein de monde dont une multitude d'amis, et pourtant être seule au milieu, si seule!
Le sombre était omniprésent, et entourait son âme au point de l'isoler dans la tristesse, un halo qui ne laissait pas passer les vraies sentiments beaux et merveilleux qu'elle pouvait avoir. Rien pouvait la laisser entrevoir un avenir, rien du tout sauf resté au fond des abysses dans la douleur.

Mais Inba savait aussi comment fissurer cette carapace d'horreur, comment soulager cette peine, ainsi que la colère et la haine, car dans ces cas là, y'a un trop plein. C'était pas en lui disant que ça allait passer, que c'était pas grave ou le tas de conneries qu'on entend qui ne sert a rien, on écoute pas de toute façon, on y croit pu! C'était encore moins en lui montrant ce qui était beau dans sa vie qu'elle allait aller mieux, ouh que non parce qu'elle les voit pu du tout, et t'entendre ou les avoir sous les yeux ça comptait pas. Elle savait bien ce qu'elle avait, c'était important certes, sinan elle serait pu là depuis longtemps, mais aujourd'hui ça ne comptait plus.

C'est ainsi qu'après que Matou ayant vidé toutes les larmes de son corps, et ayant eu toutes les secousses des sanglots possible d'avoir. Inba essuie son visage avec la manche de sa houppe n'ayant pas autre chose à lui proposer. Elle prend son visage entre ses deux mains et la regarde un long moment ainsi les yeux dans les yeux, les siens étant rassurant, avec une lueur particulière, celle de l'heure de faire une connerie qui fait du bien, sans réfléchir. Un regard envouteur et espiègle. Un regard qui pousserait n'importe qui à faire n'importe quoi avec envie extrême. Un regard qui évoque en l'autre un désir incontrôlable de suivre, et d'agir, celui qui éveille la curiosité, la jouissance d'évacuer tout ce qui nous ronge de l'intérieur, sans se demander une seule seconde si ça se fait ou pas... Si ça reste correct, si elle peux se le permettre, parce que tout ça on s'en fout!!! Quand Inba voit enfin une toute petite lueur dans les siens, elle lui explique.


Allez viens, j'ai vu une maison plus loin en total abandon, inutilisable.. Enfin je crois, pis on s'en fout en plus. On va aller là bas!! Tu vas prendre une masse, puis tu vas tout fracasser avec toute la colère que tu as en toi, jusqu'à la dernière pierre de cette édifice, tu m'entends???

Même si tu es épuisé je veux pas le savoir, tu tapes, tu tapes!!!! Tu démolis tout!!! Pis si ça suffit pas y'a des arbres aussi à abattre en petits bois. Des rochers à exploser!!


Inba la lâchait absolument pas du regard, ni son visage entre ses mains.

Quand tu te sens prête, on se lève et on court là bas!! Je t'aiderait!!
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Matouminou


Elle se calma petit à petit, du moins, elle cessa de trembler et de pleurer. Rien pour autant n'était résolu, elle le savait, juste qu'elle était encore dans le monde des vivants grâce à Inba. Elle aurait aimé lui crier qu'elle aurait du la laisser marcher jusqu'à ce que le sol se dérobe sous elle, elle aurait voulu lui dire que toute cette souffrance n'appartenait qu'à elle. Elle n'en fit rien, tout d'abord parce qu'il émanait d'Inba une compréhension palpable de la situation. Et puis dans sa façon de lui parler, de la regarder, dans cette amitié spontanée, presqu'instantanée, Matou sentait qu'il n'y avait point de jugement de sa part, point de regard inquisiteur.

Elle avait deviné, elle en était sûre, la souffrance dans laquelle elle se débattait. Ce n'était plus la même souffrance, celle qui l'avait anéantie à la mort de son cher mari, puis de longs mois encore après.
Non, il s'agissait d'une autre souffrance, celle de voir s'éloigner celui qu'elle aimait aujourd'hui, celui pour qui elle avait même envisagé de renoncer à son titre.

Elle eut un léger tressaillement, reprenant conscience de l'endroit où elle se trouvait, lorsqu'Inba lui prit le visage dans ses mains. Elle plongea dans ses yeux son regard pour y puiser un peu de réconfort. Il y avait au fond des yeux d'Inba une petite flamme rassurante.

Elle l'écouta:


Citation:
Allez viens, j'ai vu une maison plus loin en total abandon, inutilisable.. Enfin je crois, pis on s'en fout en plus. On va aller là bas!! Tu vas prendre une masse, puis tu vas tout fracasser avec toute la colère que tu as en toi, jusqu'à la dernière pierre de cette édifice, tu m'entends???

Même si tu es épuisé je veux pas le savoir, tu tapes, tu tapes!!!! Tu démolis tout!!! Pis si ça suffit pas y'a des arbres aussi à abattre en petits bois. Des rochers à exploser!!


Elle prit un air étonné et murmura:

- Oh, Inba! Tu crois qu'on peut faire cela?

Cependant, cela lui plaisait bien, passer son chagrin, sa douleur en cassant tout. cela la soulagerait sans doute.
Inba attendait qu'elle soit prête. Elle ne la fit pas patienter plus longtemps. Elle se releva. Toutefois, la crainte de détruire quelque chose pouvant appartenir à quelqu'un lui fit encore demander:


- Tu es sûre que cette maison que tu as repérée n'appartient à personne?

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Ixia
Inba se lève avec elle, et rigole en l'entendant.

Non j'en sais rien du tout!!! Entre voler dans les airs, et voler la maison de quelqu'un c'est pareil!! C'est excitant non???

Elle lui sourit, Inba se posait jamais de questions elle quand elle était dans cet état. Elle avait détruit sa propre maison, ses souvenirs, bruler tout ce qui lui appartenait, même des choses importantes sous l'effet d'un chagrin énorme dont on ne remet pas. Et elle s'en voulait? Non même pas, ça lui avait fait tellement de bien que du coup elle avait été de l'avant.

Pis vu l'état, ca va l'arranger de le faire à sa place, pis si jamais on a des ennuis je m'en occupe va... Je sais bien m'en sortir en tas d'excuses bidon, et confusions ridicule en tout genre pour que ça passe en excuses, et finissent devant un verre en rigolant.

Elle la regarde avec un sourire diabolique et ravageur.


On s'en fout je te dis vient!!!!!!

Elle la choppe par le bras et commence à courir vers la dite bâtisse ou y'avait même pu de toit, ça rassurerait surement Matou de voir ce truc qui gâche le paysage.

Une fois sur place, elle la regarde.


Regarde comme elle est moche, c'est honteux de voir ça!!! Détruit moi tout ça!!!


Inba va fouiller les alentours, dans ce genre de maison délabrée, y'avait toujours une masse qui trainait, c'était incroyable. Les gens prévoyaient de le faire, mais voilà le matériel était là, mais rien n'était jamais fait. A croire que les gens laissait ce boulot aux dames en détresse, que c'était la volonté du très haut.

Elle la trouve et la ramène, et regarde Matou, en lui montrant sa trouvaille fièrement.


Péte moi tout ça!! Tu veux que je t'aide pour le premier coup? Ou que je te montre? Je suis experte en démolissage intensif sous l'effet de colère puissant à évacuer!!!
Pis les questions tu te les poseras quand t'auras finit de tout exploser.

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Matouminou


Elle n'a pas le temps de dire quoi que ce soit, Inba l'entraine. Sur le chemin, un flot de paroles sort de sa bouche. Matou n'a pas le temps de tout comprendre, mais elle saisit que cette maison est en ruine et que ça ne fait pas beau dans le paysage, et qu'en cas d'ennui, Inba saura quoi faire. Matou ne réussit pas à lui dire, qu'en cas d'ennui, elle aussi, s'expliquera. Elle court presque, entrainée par Inba.

Les voilà devant cette maison, Matou reprend son souffle tandis qu'Inba dit:


Citation:
Regarde comme elle est moche, c'est honteux de voir ça!!! Détruit moi tout ça!!!


- C'est vrai qu'elle est moche, les murs de torchis sont à moitié effondrés, la porte a été arrachée...curieux, je ne l'avais jamais repérée...euh...


Moment d'hésitation, c'est que ce n'est pas dans les habitudes de Matou de détruire ce qui ne lui appartient pas. Elle hésite et pendant ce temps Inba farfouille parmi les pierres et les morceaux de bois qui jonchent le sol, vestiges de ce qui a du être une porte, une fenêtre...Elle la regarde revenir triomphante avec une masse à la main et lui lancer:

Citation:
Péte moi tout ça!! Tu veux que je t'aide pour le premier coup? Ou que je te montre? Je suis experte en démolissage intensif sous l'effet de colère puissant à évacuer!!!
Pis les questions tu te les poseras quand t'auras finit de tout exploser.


Elle rit alors, Matou, parce qu'elle pense qu'Inba est folle, et parce qu'elle se dit que cette folie est contagieuse, parce qu'elle sait aussi qu'elle va faire une bêtise, mais au fond d'elle, cela lui fera du bien...
Elle hoche la tête:


- Je laisse à la professionnelle l'honneur de porter le premier coup de masse...


Et elle sourit, oubliant un instant son chagrin, oubliant l'acte qu'elle avait failli commettre.

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Ixia
Inba lui fait un magnifique sourire, celui de la complicité, celui de la délicate déraison, dans un seul but, l'amitié! Le regard de la noirette n'avait point de lueur de reproche de ce qu'il c'était passé, la brunette avait craqué, ça pouvait arriver à tout le monde, et Inba non seulement ne lui en parlerait pas, mais ne dirait jamais rien à personne.
N'était ce pas là le rôle d'une amie? être là pour soulager les peines quand il le fallait? Savoir garder un secret tout au fond de soi, prendre une décision à la place de celle qui ne pouvait plus le faire, car l'état ne le permettait plus?

La noirette s'approche de Matou avec sa belle masse à la main, et lui colle un énorme bisou sur la joue. La noirette était taré et tout son entourage ne le savait que trop bien... Experte en connerie en tout genre... Mais malgré le fait qu'elle le montrait quasiment jamais, elle avait un coeur gros comme ça. Elle se place derrière elle, lui prend la main pour la déposer délicatement sur le manche de cette masse, celle qui briserai la carapace de torture de colère. Elle met sa main sur la sienne.


J'ai une idée!!! On va porter le premier coup ensemble!!! Toutes les deux!!


Inba savait bien que par la suite Matou se laisserait porter par toute la hargne qu'elle avait en elle, et démolirait tout toute seule, avec une force qu'elle ne soupsonnait même pas... Quoiqu'à en juger les baffes qu'elle mettait... C'était à voir!!

Elles s'avancent toutes deux vers la maison, et la noirette l'aide à monter la masse bien haut et dans un geste simple et rapide, la démence commence.


BAMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM!!!!!!!!!!

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Matouminou


Et voilà qu'Inba s'approche d'elle et elle lui claque un bisou. Matou sourit, parce qu'elle a bien compris pourquoi Inba fait tout cela...parce qu'elle a bien senti que leur rencontre était en train de se transformer en amitié...et puis parce qu'en regardant Inba dans les yeux, elle a bien vu qu'elle garderait pour elle ce moment de faiblesse, de désarroi...mourir est une décision qui peut apporter le soulagement, mais elle se rend compte qu'elle aurait rendu des gens malheureux autour d'elle, ses enfants, ses amis, peut-être Ef aussi...

Mais, elle sent aussi gronder la colère, contre elle, contre Aristote à qui elle en veut, de toujours lui ravir son bonheur, contre Ef aussi, parce qu'ils se font souffrir tous les deux, alors que ce serait si simple

Alors, elle se laisse faire et pose ses mains sur la masse et sent les mains de Inba se poser sur les siennes...Elle a peur, mais elle ressent une sorte de picotement aussi au creux du ventre et elle tape aidée par Inba.

La masse s'élève portée par leurs quatre mains réunies et s'abat violemment contre un mur de la vieille bicoque. Le sol en tremble presque, le bruit est impressionnant.

Matou regarde, quelques bout de mur sont tombés, mélange de paille séchée et de boue, elle regarde Inba et lentement, elle se laisse aller, elle lève de nouveau la masse, cette fois juste avec ses mains, Inba a lâché prise, et elle frappe aveuglément, avec rage, mais avec méthode aussi. Elle marmonne:


- Je vais tout briser, tout casser, ça.... c'est pour toi Aristote, tu m'as brisée, je détruirai ce que tu as bâti...hannnnnnn!!!!!


La masse se lève et s'abat, avec plus ou moins de régularité. La rage de Matou est telle qu'elle ne sent pas les larmes couler sur son visage, qu'elle ne réfléchit pas à ce qu'elle fait. Elle tape pour casser, pour évacuer la rage qu'elle a en elle, la peur aussi....

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Ixia
Inba sourit, son amie avait enfin fissurer cette couche de retenue, Inba avait lâcher la masse et avait reculer de quelques pas. Elle regardait le massacre du mur, et attendait qu'une chose: que celui-ci s'écroule.

Le bruit en serait impressionnant, qui éveille une satisfaction insoupçonnée. Le frémissement qui prend possession du corps en parcourant l'échine, qui hérisse le poil de peur, d'envie, de fureur et de fantaisie. Le mélange de sensations est étrange et excitant.
Inba ne pu s'empêcher de penser à Stromb, elle aimait tant quand il cassait tout, pour une raison ou pour une autre.

Inba s'assoit sur une grosse pierre pour admirer le spectacle grandiose de la colère et la haine s'évacuait légèrement à chaque coups porté, et cela faisait du bien. Elle irait l'aider, si matou en ressentait le besoin.

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Ixia
[Quelques jours plus tard]

Inba avait refait les bagages au phare de Matou, et les avait emmené à la roulotte, après l'avoir remercié et biser très fort. Elle avait laissé les filles à leur père pour la journée, pour qu'elle profite de lui avant le départ.

Une fois finit, elle retourne une dernière fois sur les falaises, pour admirer la vue, la mer était toujours aussi belle, et toujours aussi envoutante. Elle marche le long de la côte, tout en réfléchissant, se remémorant tous les moments heureux qui n'étaient pas vu, pas compris. La noirette arrivait jamais à s'exprimer, malgré les efforts, c'était en vain, et ça ne servait à rien. C'est le coeur bien amer, et plein de remords que ses pas la guide vers le bas des falaises, la plage apparait sous ses yeux.

Une fois arrivée, elle comprend enfin ce qu'était un galet, un caillou plat. Elle en ramasse un assez joli, et le garde dans la main. Un simple caillou, lui donnait l'image de l'incompréhension, ignorance qui méne tout droit à rien.

Elle continue de marcher, le regard dans le vide, se demandant ce qu'elle allait faire désormais. Plus rien n'avait d'importance, plus rien n'avait de saveurs, ni d'odeur. Elle arrive sur les rochers qui sont fouetté par les vagues, elle grimpe dessus, et saute de l'un à l'autre.

Elle apercoit des crabes.. Elle n'avait qu'une envie depuis son arrivée, aller les pêcher.. Mais aujourd'hui, le coeur n'y était plus du tout. Elle finit par s'assoir sur l'un deux, face à la mer. Les vagues l'éclaboussait sans qu'elle y prenne garde, le regard perdu dans l'horizon bleu. Un bateau était là, un grand rêve d'Inba.Mais même ça ne la faisait plus rêver.

Après tout les rêves n'était que pour avancer avec espoir, sans jamais le réaliser. Bien des rêves venaient d'être anéantis à tout jamais dans le fin fond des abysses. L'espoir y'en avait plus, c'était finit. Elle avait compris que le vent avait besoin d'air, parce que la température était bien trop lourde et brulante pour celui ci, et depuis longtemps. Le feu n'engendre que la destruction par ses flammes après tout...

Elle enlève son aster rose de ses cheveux qui signifiait bien des choses, mais qui resteront incomprises à tout jamais, et la jete à la mer, endroit où le feu pourrait s'éteindre doucement, lentement bercé par les vagues de la vie.
Elle prend une petite branche de bouleau dans sa besace, où elle accroche tout en tressant des fleurs de belladone et d'immortelle. Une fois finit elle met la tresse dans ses cheveux. Les larmes roulent le long de ses joues, au rythme des sons de cet endroit pendant un long moment.

Le soleil commençait à descendre dans le ciel, c'était l'heure de prendre la route, elle se leve en prenant sa besace encore ouverte... Ses parchemins tombent à l'eau... La noirette les regardent flotter, puis venir se déchirer sur les rochers sous la force du vent.... Elle avait mis tellement de temps à gribouiller ses pages sans reussir vraiment... C'était un signe du destin...

Elle n'avait jamais réussi à lui écrire ses sentiments tout au fond d'elle... toutes les choses merveilleuses et intenses avec de jolis mots, et de belles tournures... Elle n'avait pas eu le temps de lui donner, et maintenant c'était trop tard, c'était en morceaux, comme le reste... Elle hausse les épaules, car finalement tout ça ne servait à rien, rien du tout. Un dernier regard vers les falaises où elle c'était approché du bord et souffle dans le vent quelques mots de sa langue maternelle qu'elle n'utilisait jamais...

Lo meu còr sòbra de te, adieussiatz!


Elle repart lentement de cet endroit en se dirigeant vers la roulotte, le feu n'était même plus étincelle, mais bel et bien une ombre parmis les ombres.

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Stromboli
Il était des jours comme ça où tout allait de travers. Ce genre de jour, Stromb en faisait abstraction au maximum. Mais un jour aussi amer et douloureux que celui-ci, il n'avait jamais connu. Tandis qu'il était allongé sur son lit, ses deux filles faisant la sieste dans ses bras, il songeait à cette étrange sensation. Depuis que son sang avait coulé et libéré sa conscience, il s'était dit qu'il ne pourrait pas connaitre pire. Or, il était en train de constater que c'était complètement faux. Aujourd'hui était le premier jour d'une vie à laquelle il s'attendait, mais dont il rejettait de toute son âme la venue. Seulement le jour avait finit par arriver, fracassant. A l'image de leur relation, eux que certains appellaient "les amants terribles".

Il scrutait le plafond, noyé dans sa réflexion. Cela paraissait tellement irréel de se dire au revoir, tellement impensable de se dire qu'il ne la reverra plus, inimaginable de l'imaginer loin de lui. Et pourtant... Cette fin tragico-tragique leur pendait au nez depuis le début, en fait. Une relation née dans la torture de deux âmes qui se fuient et qui se cherchent en même temps, deux corps qui s'aiment à la folie et se déchirent comme deux chiens enragés. Deux êtres humains qui ont vécu le meilleur comme le pire, qui s'étaient promis des choses et qui finalement finissent par être séparer par ce trop plein de rage.

Il écoutait le silence. Ce silence pensait-il, serait son compagnon de voyage désormais. Les coeurs des deux fillettes battaient contre son torse. Il entendait leur respiration calme, sentait leur contact contre lui. Il n'avait rien dit encore. La journée avait été consacrée à des jeux, des moments de rire et d'insouscience. Epuisé, il avait proposé une pause doublée d'un calin général. Tout contre lui, la fatigue avait eu raison d'elles et le sommeil les avait gagnées. Il profitait de chaque précieuse seconde de leur présence avant de ne plus les revoir d'un long, trés long moment.

Il avait hésité également à écrire à Inba. Mais pour dire quoi ? Non vraiment, il n'y avait rien à dire. Il avait fait ses valises et les avaient amenées au phare, bien cachées de la vue des petites. Luna état trop petite pour comprendre, Ixia en revanche...

Tout doucement, il se leva et laissa l'ainée dormir sur le lit tandis qu'il tenait la cadette dans ses bras. Il alla jusqu'à la petite chambrée, la berçant et dévorant son petit visage du regard. Arrivé au dessus du couffin, il l'embrassa longuement avant de la déposer et remonter l'édredon sur elle. Un dernier regard et il tourna les talons, ferma la porte et retourna voir Ixia.

Dans la chambre, il s'assit sur le bord du lit et la regarda. D'une main, il écarta doucement quelques mèches de cheveux tombées dans ses yeux et posa sur elle deux yeux profondément désolés. Il avait passé en revue toutes les manières de lui annoncer, mais aucune ne lui paraissait assez sensée. Comment expliquer à une gamine de 4 ans que l'on s'en va trés loin mais qu'on l'aime quand même ? Autant faire apprendre la géographie du rouergue à un ivrogne.

Alors il avait eu une idée. Un jour, ils avaient sculpé deux petits anneaux de bois enchevêtrés l'un avec l'autre. Devant les grands yeux curieux de la fillette, il avait appliqué une teinture à base de poudres diverses qui donnaient à l'un un aspect noir profond et à l'autre un blanc immaculé. Il les sortit de sa poche et les regarda. Il les voyait un peu autrement cette fois... Le noir, évidement c'était lui. Le noir qu'il allait apporté à ce petit coeur, le noir qu'il avait mis dans celui ce sa mère. Et le blanc, logiquement c'était elle. L'enfance inscoucience et loin des soucis des grandes personnes, la pureté de l'âme et des sentiments. Ces deux anneaux étaient emmêlés l'un avec l'autre. Une fois la réalisation terminée, il lui avait expliqué que ces deux anneaux ne pouvaient être séparés l'un de l'autre, seul la destruction de l'un deux le pouvait. Tout un symbole.

Il profita qu'elle dorme encore pour déposer le petit objet dans sa main tout doucement. Elle comprendrait la signification quand elle ne le reverrait plus revenir, il en était certain. Elle était intelligente et il était souvent surprit qu'un esprit aussi jeune puisse comprendre autant de choses. Il se pencha et l'embrassa également longuement sur le front. Aprés un ultime regard, il se leva et sortit en silence. Un dernier regard à la roulotte qui paraissait d'un coup bien silencieuse. Les murs, s'ils savaient parler, diraient tellement de choses... Il prit sa besace et se dirigea vers la porte. Le coeur en miette, il la referma dans un cliquetis discret et s'en alla.
Matouminou


QUELQUES JOURS PLUS TARD

Décidément, les falaises l'attiraient. Il avait commençait à pleuvoir et Elle marchait luttant contre le vent qui freinait sa progression, comme pour l'empêcher d'y aller.
Elle s'arrêta un instant et le laissa l'envelopper, jouer avec ses cheveux, s’engouffrer dans sa cape en la faisant claquer et virevolter le long de son corps. Elle étendit les bras et offrit son visage au ciel. La pluie bienfaisante lui fit du bien. Elle reprit son chemin et arriva à l'endroit où quelques jours plus tôt elle avait failli céder au désespoir.
Cette fois-ci, elle n'était là que pour admirer la mer déchainée. Le ciel gris était zébré d'éclair, les éléments se déchainaient. Elle frissonna et admira le spectacle, combat de la foudre, de la mer, du vent et du tonnerre.

Elle reste là, trempée, veillant à ne pas s'approcher du bord.

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Matouminou


FIN MAI 1460

ET POURTANT, LA VIE NE CESSE PAS APRÈS UNE RUPTURE, LE FIL DU TEMPS NE CASSE PAS...


Les falaises...toujours les falaises...falaises pour des rencontres, falaises pour se recueillir...falaises pour en finir...falaises pour pleurer...irrésistiblement, elle était attirée par la majesté de l'endroit, par la vue indescriptible qui s'étendait devant elle. Elle ne s'en lassait pas, d'autant qu'en ce tout début de mâtinée, la journée promettait d'être belle et chaude.

Elle s'avança près du bord, elle savait précisément quel serait le pas de trop, celui où le sol se déroberait sous ses pieds, la faisant passer de femme à oiseau. Elle s'arrêta à temps. Son cœur battait la chamade. Il est grisant de se dire que la vie ne tient qu'à quelques petits pouces.

En haut des falaises, il y avait toujours du vent, cela conférait à l'endroit, une atmosphère particulière...le vent, la mer et le ciel, harmonie d'un endroit où elle se sentait plus proche de....elle soupira...de son défunt mari...elle grimaça...d'Aristote...ce dernier ne l'avait guère épargné et elle lui en voulait à tel point qu'il y avait bien longtemps qu'elle ne priait plus.
Elle regarda le soleil se lever et doucement commencer à prendre possession du ciel. Ses pensées, alors s'envolèrent vers Lisieux. Elle avait reçu une missive de Ephear...désormais, elle s'interdirait de l'appelait Ef...
Elle l'avait dans sa poche et ses doigts se crispèrent dessus.
Il lui écrivait ce qu'elle avait refusé de voir depuis déjà pas mal de temps, croyant en leurs projets, l'aimant malgré qu'il la tourmente sans cesse. En quelques mots, il lui avait fait comprendre qu'il partait...très peu pour lui la vie de couple, l'idée d'un enfant, il n'était pas fait pour cela...
Le vent caressait son visage, une larme coula sur sa joue. Elle n'avait pas été surprise, au fond d'elle, elle savait tout ça...mais elle se sentait humiliée qu'il ne le lui ai pas dit en face. Ce manque de courage l'avait peut-être plus brisée que l'annonce de la rupture elle-même.

Elle se laissa doucement tomber au sol, pleurant sur elle-même, sur ce temps qui s'écoulait, ces derniers mois ne lui laissant que d'amers souvenirs, se morigénant de ne pas être plus forte et de ne pas savoir plus se protéger. Quelques nuages passèrent devant le soleil, le masquant en partie. Elle frissonna. La couleur de la mer avait viré à un gris argenté.

Elle resta prostrée un long moment, écoutant le vent lui parler, les mouettes se moquer.
Puis, elle songea à ce qu'elle allait devenir. Son cœur s'emballa alors, son regard se tourna vers le phare, ses pensées allèrent vers une taverne, des discussions, des rires...aller de l'avant, c'est ce que tout le monde lui disait...A ce moment là, les nuages s'effacèrent et le soleil reprit ses droits. Elle leva vers lui son visage en souriant. C'était un signe, elle le savait.

Elle se leva, sortit la lettre d'Ephear et la déchira en petits morceaux. Puis, elle ouvrit la main et les laissa s'envoler au gré du vent. Elle les regarda virevolter; certains iraient se poser quelques pieds plus bas sur l'eau, d'autres resteraient accrochés aux buissons secs de la lande...ainsi se terminait une histoire...il fallait accepter d'y mettre le mot "fin".
Elle murmura alors:


- Adieu Ef...sois heureux où que tu ailles...

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Matouminou



Une nuit de plus s'était écoulée et il ne s'était rien passé. Elle avait été de garde toute la nuit, sillonnant les ruelles de Fécamp enveloppée de sa cape, la capuche rabattue sur sa tête, afin qu'on ne la reconnaisse pas. L'épée au côté, le bouclier au bras, elle avait croisé peu de gens, quelques ivrognes chancelant tentant de retrouver leur toit, des membres de la milice, un couple d'amoureux qui, enlacées, rentraient chez eux.
Au milieu de la nuit, elle s'était postée à la porte principale, observant les voyageurs qui, après contrôle de la douane, entraient à Fécamp. Elle en reconnut certains, rencontrés à Dieppe, l'avant-veille...un messire du nom de Faith et une dame Hélène avec laquelle elle avait discuté en taverne, elle crut reconnaitre Jenjitai...les autres ne lui disaient rien.

C'est épuisée qu'elle termina son tour de garde, mais , elle ne réussit pas à se résoudre à rentrer au phare tout de suite. Aussi prit-elle le chemin des falaises.
Elle y arriva et regarda cet instant qu'elle considérait comme un moment béni, une merveille pour les yeux, un apaisement pour les sens: le levé du soleil.

le disque orangé virant sur le rouge s'extirpa lentement des abîmes dans lesquelles il avait plongé la veille, et commença son ascension dans le ciel normand. Au fur et à mesure qu'il se levait, une fragile clarté envahissait le ciel, et une douce chaleur l'enveloppait.
Elle respira à fond l'air marin et songea que tant que le soleil se lèverait, il resterait toujours une once d'espoir et de vie pour avancer et croire en de lendemains meilleurs.

Ses pensées s'envolèrent vers Stromb, vers Alde et Flora...avaient-ils déjà assister à spectacle plus merveilleux que celui-là? Elle aurait aimé leur montrer. Stromb surement...mais Alde et Flora lui avaient dit leurs craintes des falaises...peur du vide, peur du vent...peur peut-être de cette immensité qui faisait paraitre l'homme si petit...

Elle regarda encore une fois le soleil prendre possession lentement du ciel, et sourit.




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Albanne
J'avais décidé ce matin-là, d'explorer un peu les abords de la ville Normande. Il faisait beau, mais pas trop chaud, et ma robe bleue de lin est amplement suffisante.
Je ne pouvais toutefois sortir seule, et Annette, ma domestique, me suivait comme mon ombre. Je servais de guide, moi qui n'avais jamais mis les pieds ici. Mais qu'importe, je me dirigeais vers les falaises, et à moins d'être aveugle, on ne pouvait pas les louper.

Une fois arrivée en haut, je comtemplais la mer, en contrebas, dorée par les rayons du soleil. Tour à tour bleue, puis verte, et au loin, si noire ! L'étendue d'eau salée se parait de ses plus beaux atours, illuminée qu'elle était par l'astre du jour. Je voyais les pêcheurs, affronter les flots sur les barques, larguant des filets qu'ils ressortiraient le soir venu. J'avisais une fillette, qui, les mollets dans les vagues, riait à gorge déployée, les cheveux au vent.

Je me surpris à sourire, sans raison. Depuis bien longtemps, je n'avais pas sourit ainsi. Mais j'allais mieux. Je n'étais toujours pas complètement remplumée, mais déjà, je faisais moins peur à voir. Mes cheveux, que j'avais moi-même coupé dans un moment de délire, avaient été arrangé, pour qu'ils soient réguliers. Ils avaient un peu repoussé. Mais pas comme avant, non. Il faudrait du temps, désormais. Pour l'heure, ils flottaient sur mes épaules, librement, bien que deux nattes me partant des tempes venaient se rejoindre dans ma nuque. C'était la seule coiffure que je tolérais, ces derniers temps.

Brume était là. Il m'était revenu. En partance de Saint-Aignan à ici, il m'avait retrouvé, lui que je croyais perdu à jamais. Non, mon jeune loup m'avait retrouvé. Il me retrouverait toujours, compris-je soudain.
Il s'était callé contre ma jambe, langue pendante, et regard calme. Je souriais de nouveau. Pourrions-nous être heureux ici ? Y-avait-il un avenir, pour nous deux... trois, en comptant Annette... à Fécamp ?
Pourquoi avoir choisi la Normandie ? Outre pour la mer et le vent iodé. Pourquoi ? Peut-être qu'un fol espoir m'habitait. Peut-être que j'espérais le voir...

Soudain, je frissonnai, et je regrettai aussitôt de ne pas avoir pris ma cape. Annette dut s'aperçevoir que j'avais froid, car elle s'approcha immédiatement. Je lui fis signe que tout allait bien. Une Danoise pouvait bien supporter un petit courant d'air. J'avais supporté bien plus que cela, après tout. La neige, la glace, les lacs gelés... Qu'était pour moi un vent marin ?

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Osfrid
    Des jours qu’il avait été s’enfermer au monastère, des jours qu’il ne supportait plus le silence des lieux. Habituellement, le danois s’en remettait à Dieu assez facilement mais ces derniers temps, la patience lui faisait défaut et puis, il avait tant de choses qui lui trottaient dans la tête. Des décisions prises, des besoins vitaux mis en avant, le manque de sa femme et de son enfant, le manque de ses terres natales.

    Alors il était sorti et avant pris le premier chemin qui s’était présenté à lui. Son cheval n’avait pas rechigné, de toute manière, Osfrid n’admettait aucune contrariété et il avait fait route dans le silence de la nuit pour arriver au petit matin à Fécamp. Il ne connaissait que peu de monde et ceux qu’il avait croisé n’était pas de ses amis. Les gens médisaient sur lui, il s’en foutait comme de sa première chemise. Il savait qui il était et certainement pas cet aventurier coureur de femmes comme certains hommes le pensaient mais cela l’amusait de le faire croire. Au moins, il avait la paix généralement. La seule femme qui était entré dans son cœur avait un jour croisé la faucheuse et depuis, Osfrid ne faisait qu’effleurer ce sentiment qu’il chassait bien rapidement de sa vie. La souffrance de perdre sa femme était si vivace encore qu’il rejetait en bloc ces illusions qui lui promettaient le bonheur.

    Continuant sa route, il n’avait pas voulu aller prendre une chambre à l’auberge. Non cette nuit il dormirait là où il serait, quitte à ce que cela soit à la belle étoile. Les campements militaires lui avaient au moins appris à ne pas se lamenter sur son sort mais pour l’heure, le danois avait pris la direction de la grève. Le besoin de voir la mer, les vagues, cet horizon à perte de vue qui lui rappelait tant son pays. Ce manque qui se mettait à jour en lui et lorsqu’il posa pied à terre, laissant son compagnon de voyage s’éloigner de quelques pas, Osfrid s’accroupit pour mieux s’enivrer de ce spectacle. Et dans le silence des lieux, il adressa une prière aux dieux, ceux de l’ancien culte qui survivait encore en lui.

    Paupières clauses, visage tendu vers l’air iodé, il parlait dans sa langue natale, cette langue qui lui manquait, et dont il mesurait l’absence soudainement. Passant ses mains sur son visage comme pour effacer les traces de ce qui le malmenait, Osfrid se redressa et posa une main sur son épée tout en continuant à observer le contrebas. Un sourire aux bords des lèvres, il s’imaginait dans les eaux plus froides qui bordaient son pays, les courses pour prouver sa valeur de guerrier aux hommes du clan car quoi que l’on puisse décider, tous faisaient partis de clan, de famille, de village. Rien n’avait réellement changé là-bas…


    - Là-bas…
    souffla Osfrid les yeux perdus dans les vagues, comme pour lui-même, tandis qu’un mouvement finit par attirer son œil un peu plus sur la droite. Resserrant ses doigts sur le pommeau de l’épée, le danois aperçu en premier lieu l’animal puis son regard coula vers les deux femmes, relâchant un peu son arme sans pour autant l’abandonner. La méfiance ces derniers temps était un maitre mot… Il avait passé tant de nuit de gardes à Rouen, à malheureusement embrocher de pauvres gens qui n’avaient pas encore compris que la capitale était fermée même aux Normands sans avis contraire qu’il avait ce sursaut de suspicion qui s’infiltrait dans ses veines bien malgré lui.

    Un léger sifflement appela sa monture qui finit par arriver tranquillement au pas et le danois prit les brides afin de se diriger dans la direction des deux femmes. Premiers êtres vivants qu’il voyait depuis plusieurs jours en dehors des moines, il n’allait pas fuir comme un voleur mais au moins les saluer. Dans son pays c’était une coutume. Et puis, les villages étaient si éloignés les uns des autres qu’au moins on s’assurait que tout allait bien pour les personnes. Arrivant à la hauteur des deux jeunes femmes, Osfrid inclina légèrement la tête et machinalement lança un « mes dames » avant de se figer. Il reconnut ce regard même si… les traits étaient plus fatigués, plus amincis, plus tristes que dans son souvenir… le domaine des Houx-Rouge, le bal, la rencontre…


    - Albanne….
    Ne put-il s’empêcher de souffler à nouveau… min Gud... c’est bien vous, je ne rêve pas ?

    D’un geste presque timide, Osfrid avança sa main en direction de celle qu’il n’avait pas oublié. Elle était comme lui, ici, arrachée à ses terres natales qui lui manquaient tant mais leur rencontre avait cette saveur particulière qui le ramenait là-bas... Et cette fois-ci encore plus que la première fois...
Albanne
L'air me fouettait le visage agréablement, et les yeux clos, un sourire aux lèvres, je savourais. Le vent iodé et frais me ramenait des années en arrière, lorsqu'enfant, je me tenais ainsi face à la mer, les pieds bleuis par les flots glacés. Le froid me manquait, bien souvent. Les étendues de neige imaculée dans lesquelles je m'amusais à sauter jusqu'à ne plus sentir mes membres. J'en avais passé, des Hivers, ainsi, et là ou d'autres seraient tombés malade, moi, j'allais toujours bien.

Ici, tout était différent. L'on ne semblait pas comprendre mon attrait pour les paysages gelés. On me regardait en coin, étrangement, comme si j'étais à peine humaine. Oh, bien sûr, j'avais quelques amis. Deux, en vérité. Une Ecossaise et une jeune fille plus jeune. Sur elles deux, je pouvais compter. Les autres... Ils m'évitaient. Peut-être était-ce mieux ainsi, après tout. Je n'en savais trop rien.

Un léger bruit me fit tourner la tête. Cela ressemblait aux pas d'un cheval. Brume aussi, fit volte face, ainsi que ma brave domestique. Celle-ci ne semblait pas rassurée. Mon loup montra les dents, mais d'un «Hush !», je lui fis faire silence. Je regardais sans trop y croire, l'homme se tenant là, devant moi. Avec tant d'insistance que je devais en paraître impolie. J'étais subjuguée. Je venais à peine de formuler par l'esprit, le voeu de le revoir, qu'il surgissait en face de moi. Brièvement, je levai les yeux au ciel. Qui devais-je remercier ? Le Dieu, ou les dieux ?
Un sourire timide naquit sur mes lèvres, tandis que sa main rencontrait la mienne.


Osfrid ?

Ma voix était légèrement tremblotante, comme si une partie de moi refusait de croire à sa présence, et que je m'attendais à ce qu'il disparaisse dans un souffle de vent.

Tak guderne... *

Puis la joie de réaliser enfin que nous nous tenions à moins d'un mètre l'un de l'autre, que ses doigts enserraient les miens, me fit sourire largement. Mes yeux pétillèrent de joie, et il s'en fallait de très peu que je ne le serre dans mes bras.

Quel heureux hasard de vous trouver ici ! m'exclamai-je, trahissant mon ravissement. Êtes vous à Fécamp depuis longtemps ?


* Les dieux soient loués
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