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[RP] Histoire de s'dérouiller

Johannes
Harponné le poète, comme un bleu. Y a des hommes, il leur faut vraiment rien, pense le blond. Mais quand même, ça l'énerve, il sait pas pourquoi, mais douce demoiselle, ça il l'a entendu. C'est pas des choses qu'on dit quand même. Il fait noir comme dans le cul d'une vache, le blond est planqué en face du mazovien qui tente de pas s'écrouler. Au moins il gueule plus, c'est déjà ça. Faut juste qu'il se retienne encore un peu, après il pourra hurler comme un barbare d'Arimacie.

Le couple se rapproche, le blond plisse les yeux. Ça fait des vers, et c'est tout jeune. Ça n'a pas l'air méchant, ça aurait même l'air heureux. C'est dommage. C'est pas lui qu'a choisi, c'est la blonde qu'a décrété qu'elle les aimait pas, les poètes. Pour un peu il aurait de la sympathie pour le rimailleur. On aurait choisi quelqu'un d'autre et puis c'est tout, et là le blond plisse maintenant les billes à s'en faire péter les ridules, qu'est-ce qu'il fait là ? Il lui a frôlé une manche là ?

Hé, ho ! Faudrait pas qu'il se fasse trop mousser non plus le morveux, elle fait semblant la blonde là, elle les aime pas les mecs mielleux, elle l'a dit. Il est temps, décide le blond. Il regarde Holopherne bien face, et lui murmure sur un ton de confidence censé happer l'attention vaporeuse du tonneau sur pattes :
« Tu t'appelles Gérard. D'accord ? Quand tu entends Gérard, tu débarques, et tu gueules. » Il espère qu'il a encore les esgourdes sèches le slave, parce que c'est lui le clou du spectacle.

Le blond entre entre en scène les manches relevées, suit les deux qui minaudent là, se compose une mine d'ébahi et interpelle :


« Hé l'navet ! Qu'est-ce tu fous avec ma Gisèle là ? Faut pas t'gêner hein ! Qu'est-ce t'allais lui faire ? Quoi ? Quoi ? Moi je me tais ? Moi un faquin ? Faquin d'mes deux ouais ! Tu sais où t... Et Gérard (big wink), ramène-toi, regarde qui qui veut culbuter ta p'tite sœur ! Mais faut pas t'gêner surtout mon minou ! Hé, t'as vu Gérard

Et là, pendant qu'il baragouine le blond, il espère de tout son cœur que Gérard s'est pas endormi contre son pan de mur.
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Humpty Dumpty sat on a wall.
Humpty Dumpty had a great fall.
All the king's horses and all the king's men
couldn't put Humpty together again.


L. Carroll
Astana
Gisèle ?! Eh, c'est qui qu't'appelles Gisèle, là ? Non mais est-ce que j'ai une tronche à m'appeler Gisèle ? Pour le coup, c'est vraiment pas d'la comédie, qu'elle joue, la Danoise. L'air atrocement torturé qui s'affiche n'est pas feint le moins du monde. Gisè... On est en couple ? Ah bon. Ça lui fait pas rien, à Astana, de s'dire qu'ils sont en couple là. Ça veut dire qu'elle peut faire des trucs qui devraient pas être permis autrement. Hin, hin. Comme lui sauter dessus, ou... Malheur ! L'actrice ne fait plus qu'un avec le personnage. C'est scandaleux. Ou pas. Flatteur ? Ça l'est. Concentration, allez.

Armand !

Comme ça lui va bien. Armand, Amant. Oh, tiens, elle y avait même pas pensé sur l'moment. Trève de plaisanteries. Il faut tenir le rôle... le plus longtemps possible. Même pas envie de rigoler. Non. Elle se compose une mine des plus abattues, comme ces chiens qui vous font les grands yeux humides après avoir fait une connerie. Et elle s'accroche à son rocher, la Gisèle, à son poète. Son bras est enfermé entre ses deux mains, et elle lésine pas sur l'étau. Double action : ça l'empêche de s'faire la belle - pas braves ces bêtes-là en théorie -, et ça fait genre demoiselle en détresse. «Oh, sauvez-moi mon champion !», qu'elle pourrait dire. Mais c'est déjà suffisamment équivoque. Et bim, dans tes dents mon Blondin. C'est pour m'avoir filé un prénom à coucher dehors.

Si elle est consciente que ça aggravera le cas du rimailleur ? Bien sûr. La Carnivore n'aime pas les poètes, aussi attendrissants soient-ils. Pas de pitié pour les rêveurs ! La réalité ça pue, c'est moche, et c'est brutal. Gérard ? Gérard tu viens ? Mine de rien, elle espère aussi qu'il va se pointer, l'Maso...vien. Qu'ils aient pas fait tout ça pour rien. Pour sûr que Gisèle, c'est bien le rôle de sa vie, et que son poète f'ra pas long feu face à ses ennemis. En attendant... la Ginette, là, c'est censé être une petite créature frêle et sans défense, qu'à peur de la Sombrante et des vilains, alors elle cache son museau tout contre le torse chétif du versificateur.

C'est-trop-horrible !

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--Maudramme
Le frêle Maudramme ne pensait pas à mal, ou pas tout à fait. Qu'avait-il fait de mal, après tout ? Pour que ce blond bélître vienne l'importuner avec ces cris ridicules ? Gisèle ? Qui est Gisèle ?

Gisèle c'est elle, la créature qu'il escorte, la dame aux braies enchanteresses et mystérieuses. Gisèle. La déception est flagrante, quel nom de sotte pour une aussi charmante demoiselle. Mais il ne lui en veut pas. Non, Maudramme n'a pas le cœur mauvais. Il en veut à l'ignare de blond qui vient de lui dévoiler la triste vérité du patronyme de sa dulcinée des rues. Gisèle. Armand !, crie-t-elle. Ça n'est guère mieux, songe le rimeur.


« Faquin ! » déclare-t-il, et c'est bien envoyé !

Le triste énergumène s'énerve, tandis que la demoiselle s'accroche à son bras maigrichon. Pourquoi s'accroche-t-elle ainsi ? Qu'attend-elle ? Il aimerait bien qu'elle relâche son étreinte, il aimerait bien pourvoir s'enfuir vers les Halles, et puis plus loin encore, jusque dans la maison parentale. Maudramme baisse les yeux vers Gisèle... sa Gisèle, pauvre petite chose apeurée, qui quémande un bouclier.

Maudramme n'avait jamais envisagé d'être un héros, il n'envisage pas à cette minute qu'on l'y pousse. Il n'a tout bonnement pas le choix. Mais alors, soudain, on appelle Gérard. Qui est Gérard ? Le frère ? Grand Dieu ! S'enticher de la belle d'un pouilleux, c'est déjà excitant en soi, mais commettre le rapt d'une jeune sœur de son frère, c'est affriandant !


« Laissez cette jeune dame tranquille, mau... maudite canaille ! »
Johannes
C'est qu'elle joue bien son jeu, sa Blondeur. Elle enroule les apôtres comme il faut autour de sa manche de poète, avec son petit museau de craintive pâlichon à souhait. On s'y croirait presque, qu'elle s'en est amourachée de son chieur de vers, qu'elle attend qu'il la sauve et tout le tralala. C'est qu'il ne débarque pas, Gérard/le mazovien. Le blond reluque bref vers où il l'a vu la dernière fois, vers l'arrière. Desfois qu'il serait en train de ronfler, ça surprendrait pas tellement qu'il était plein. Ça surprendrait pas mais ça tomberait mal. Il tente le blond, il a de l'espoir, ça fait vivre.

« Hein, t'as vu ça GERARD ! »


Mais il voit rien Gérard, forcément, parce que c'est tout noir là-bas. Maintenant c'est question de grappiller du temps, de faire mariner leur poète, de le travailler encore un peu à l'âme et à l'égo. T'es peut-être pas fier comme un chevalier mon mignon, mais t'es fier quand même, on va asticoter ça.

Les hommes, c'est pas difficile : ça fait le contraire de ce qu'on leur dit. Crachez sur la madone et les païens viendront vous brûler les miches, dites que la pluie viendra pas cette saison et ils font des processions pour vous prouver le contraire. Faites un portrait au noir d'une dulcinée, même fraîchement rencontrée, si elle a fait son effet, le galant viendra à la rescousse. C'est mathématique.

Il prend un ton de confidence quand il s'adresse au freluquet :


« Hé, elle vous a fait le coup de qu'elle s'est perdue ? C'est ça hein ? Vous avez pas besoin de le dire que c'est ça, elle le fait tout l'temps. Elle l'a fait à tous les autres la petite garce, c'est comme ça qu'elle les attire dans ses rondeurs. Après elle fait payer, mais cher. Hein la Gisèle ? T'es fière de toi dis ? T'en as pas marre de mentir comme ça ? »
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Humpty Dumpty sat on a wall.
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All the king's horses and all the king's men
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L. Carroll
Astana
Ah, mais c'est qu'il serait presque hargneux, son Blondin. De justesse, elle se r'tient de lui péter le nez pour avoir osé la traiter elle, Gisèle, de ribaude. De cuisses légères. En plus, on a rarement vu une bagasse bosser en braies, hein. Mais faut pas abimer son minois, à l'Armand/Blondin, même si c'est pas l'envie qui manque. Ça n'serait pas professionnel, comme on dit. Alors comme ça il veut jouer ? Très bien, d'accord. Elle a pas dit son dernier mot, la blonde. Y'a plus d'un tour qui traîne dans son sac. Il faut juste rebondir en espérant que l'jouvenceau morde à l'hameçon.

Mais vous êtes complètement fou, l'Armand ! Ne vous avais-je pas dis de me laisser tranquille ? Vous pensez peut-être que mon cousin ne m'a pas dit que vous faisiez l'pied d'grue devant chez moi, guettant mes sorties ? Bientôt quatre mois que vous me suivez. Ah, s'il apprend que vous m'avez agressée cette nuit, il vous le fera payer très cher... et je lui dirais ! Vous gagnerez un aller simple pour la tombe ! J'ai eu le malheur de vous demander mon chemin une fois, et vous m'avez prise pour elle... ce fut là ma bien pire erreur. Combien de fois devrais-je vous le dire, à la fin ? Je ne suis pas feue votre femme ! Oh, comme elle doit vous maudire, votre Gisèle, de là où elle est... de voir que son propre mari court après une autre en croyant que c'est elle ! Il est regrettable que vous l'ayez perdue si tôt... mais par pitié, laissez-moi désormais. Partez loin avec votre Gérard, et ne m'importunez plus.

C'est affreusement tordu. Y'a qu'un esprit sacrément enfumé pour pondre un truc pareil à la seconde. Mais les explications les plus tarabiscotées et détaillées font généralement les meilleurs bobards. Ou peut-être pas en fin d'compte. Ils verront bien. Et comme si l'Armand n'était déjà plus là, déjà invisible, l'ancienne Gisèle se tourne brusquement vers le poète en herbe, et pend ses bras autour de son cou gracile.

Pardonnez cette fâcheuse méprise messire ! J'aurai aimé que nous n'assistiez pas à cela. Mais cet homme est aliéné et rend ma vie égale à l'enfer. Depuis que je suis tombée sur vous il y a quelques minutes, je, je... Vous croyez en l'âme soeur ? Moi oui, et... oh, je crois bien être tombée amoureuse de Vous, mon doux poète. Je serai prête à tout abandonner si tel était votre souhait... Epousez-moi !

Pile-poil la touche à rajouter pour un beau mélodrame.
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--Holopherne
Entretemps, Holopherne s'est assoupi brusquement, ronflant plus que d'accoutumée, et malgré les appels désespérés de Johannes, il ne bouge pas d'un iota. On peut appeler cela un plan foireux.

Une mouche l'extirpe de son profond sommeil et il s'agite violemment, secouant la tête avec frénésie, tapant sa face avec ses grosses paluches dans tous les sens. Sursaut et écarquillement de mirettes ont fini de le réveiller... Dans un état plus que lamentable. Il fronce des sourcils, une main sur le front tant cela tambourine dans sa tête. Il regarde à droite. Puis à gauche. Pas un chat dans les parages. Un fin filet de gaz sort de ses braies, puis c'est la détonation du pet triomphant.

Holopherne râloche, se redresse tant bien que mal, accablé des douleurs de l'ivresse. Puis il se frotte le derche, vraiment mécontent de ce qui lui arrive.



Raaaah... Mais c'est quoi ce merdier, put***...


Ne se souvenant de rien si ce n'est de son derrière en forme de rectangle tant il a pris la forme de la ruelle et du mur contre lequel il s'est endormi, Holopherne bougonne encore un peu, et s'éloigne, cahin-caha, vers des cieux plus cléments...

L'aube vient de se lever (encore uneuh belleuuuuh journEYYY! L'ami du petit-déjeuner...)
--Maudramme
Gérard ne s'est jamais pointé. Il a souffert cette nuit-là, Maudramme. Au petit matin il était tout brisé, des côtes et de l'égo. Il ne lui restait rien que sa chemise et ses vers, mais les vers, ça ne frappe pas assez fort. C'est trop léger, trop aérien, trop vocal. La chair elle, frappe et ressent.

Au petit matin il redescendait la rue, pas très beau, plus très fier, un peu moins jeune. Il chassait les vers de sa tête. Les blondes en braies, c'est dangereux. La gouaille, la nuit, les rues, le désir, ça n'apporte rien de bon non plus. Il marchait plié en deux, à petits pas. Plus de vers.

Ô, blonde crue,
Sapée comme le mâle,
Et ta dague, non, plus de vers. Les vers c'est la misère. La prose ne l'aurait pas sauvé non plus. Maudramme n'avait pas bien saisi comment tout ça s'était enchaîné, l'inconnue, le gueulard, et Gérard. Heureusement qu'il ne s'était pas pointé Gérard. Si Gérard existait seulement.

Maudramme ne voulait pas savoir. Il voulait rentrer chez lui, vite, et se panser l'âme. Peut-être, peut-être insistait-il bien, il boirait un petit peu de mominette ou un vin d'Espagne. Sa tante gardait des vins d'Espagne dans un coffre. Ou alors non... Plus de Coquillière, plus de vers.

Comme tu es morte,
Ma Coquillière,
Et les blondes,
En braies,
Fières.
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