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[RP] Renovatio...

Stromboli
Plusieurs jours plus tard, la sortie du monastère...


Stromb était de retour parmi les vivnts. Il avait retrouvé Matou, de la revoir lui avait fit un bien fou et mit du beaume au coeur comme jamais. Il discuta longuement ce soir là avec elle. Sa priorité désormais était ses enfants, à Troyes. Il avait écrit aux nonnes de l'orphelinat qui avaient accepté de faire une scépulture digne à Inba. Mais il voulait aller s'y receuillir, y déposer une gerbe et dire une messe. Alors un soir, au coin d'une bougie, il avait dit cela à Matou.

- Il faut que je me rende à Troyes au plus vite... J'espère que tu voudras bien m'y accompagner...

Elle avait dit oui, et Stromb y puisa un réconfort conséquant.

Quelques jours plus tard, le bateau les emmenait loin des côtes angloises. Kal et Eleena étaient resté. Leurs occupations avaient fait qu'ils avaient manqué l'embarcation. Heureusement, il était prévu qu'un bateau tout proche vienne les récupérer rapidement.

Et revoici Fécamp. Les retrouvailles d'une ville avec laquelle il était en froid. Retrouvaille également avec les confrontations. Stromb ne tenait plus en place. Il n'attendait plus qu'une chose : partir. Seulement il avait besoin d'argent. Alors il fallait travailler et rester quelques jours sur place. Son agitation grandissait. Une peur sourde s'était emparée de lui.... celle d'arriver trop tard. Que quelqu'un d'averti finisse par arriver plus vite que lui et emmène ses filles. Ce serait le coup de grâce, un coup du sort qu'il ne pourrait jamais supporter.

Il s'était juré de reprendre le contrôle de lui-même. La pente était dure à remonter, mais il avait balancé toutes les substances dont il avait fait l'achat et qui le détruisait. Les bouteilles de whisky, il les distribuait à ses amis. Il avait également constitué une petite cave à vin dans le phare de Matou où il avait entreposé plusieurs bouteilles. Dans plusieurs années, elles prendraient de la valeur... c'était un petit capital qui dormait là.

En attendant le jour du départ, Stromb avait fait plusieurs plans dans sa tête. Il ne voulait pas séparer les filles de la roulotte dans laquelle elles avaient grandit. Il l'emmenerait donc également. Il voulait pour elles un foyer stable. Où ça ? Ca il ne le savait pas encore. Le plus important à ses yeux étant de les avoir prés de lui et de les aider dans cette mauvaise passe...
Matouminou


Ils avaient retrouvé Fécamp, comme ils l'avaient laissée plusieurs semaines auparavant. Les membres de l'Hydre s'y étaient confortablement et durablement installés, semblait-il.

Le phare tenait toujours debout, bien surveillé par des gens et amis fidèles, il est vrai.
Matou le retrouva avec plaisir, c'était le seul endroit où elle se sentait en sécurité, hormis les bras de Stromb.

Un peu avant le retour vers la France, une urgence était devenue de plus en plus évidente aux yeux de celui qu'elle appelait tendrement "son volcan": aller chercher ses filles. Un soir, il lui avait demandé de l'accompagner. Elle avait hoché la tête, cela lui avait tellement semblé évident d'être à ses côtés pour surmonter aussi cette épreuve. D'autant que depuis quelques jours, la crainte que quelqu'un ne le devance, le rongeait.

Il lui avait donné peu d'informations, elle avait souvent remarqué qu'il ne se confiait pratiquement pas quand il était préoccupé: pudeur? volonté de ne pas l'ennuyer? habitude de toujours tout porter seul, sur ses épaules?
C'était, selon elle, un tout. Elle s'employait, avec douceur, et parfois fermeté, à lui démontrer qu'elle n'était pas là que pour rire et s'amuser.
Selon elle, un couple gagne en force et en confiance dans les épreuves que la vie se charge de mettre sur son chemin. L'essentiel étant de se donner la main et de regarder dans la même direction, de croire aussi aux battements à l'unisson de leurs cœurs.

Une fois à Fécamp, il fut donc décidé de partir le plus vite possible. Toutefois, quelques jours leur furent nécessaires pour préparer ce voyage.
Ils se partagèrent les tâches, envoyant divers courriers afin d'obtenir des renseignements importants qui leur permettraient de voyager dans les meilleures conditions possibles. Certains duchés ou comtés n'étaient pas toujours très accueillants, surtout si on ne s'était pas annoncés avant. Matou partait du principe qu'il ne fallait pas se mettre dans une mauvaise posture vis-à-vis des autorités et puis, un pigeon ne coutait rien. Le temps leur étant compté, il s'agissait de ne pas faire tout à la va-vite, encore moins de se laisser submerger par ses émotions et de garder la tête froide. Elle pouvait comprendre que c'était difficile pour Stromb, ses filles comptaient tellement pour lui.

Elle en profita pour écrire au Collège Saint Louis, où ses enfants étaient pensionnaires depuis plusieurs mois. Après discussion avec Stromb, celui-ci lui avait dit qu'il serait heureux que Mahaut et Guillaume voyagent avec eux. Elle l'avait regardé, émue qu'il se préoccupe ainsi de ses enfants et reconnaissante.
Il fut donc décidé avec la directrice du collège qu'ils les récupéreraient à un lieu convenu.

Matou, aidée de Suzon, prépara donc les malles. Cette fois-ci, il s'agissait d'un long voyage qui les éloignerait de la Normandie durant plusieurs mois.
Bien sur, elle ne partait pas sans un serrement au cœur. Fécamp l'avait accueillie, elle y avait passé sa jeunesse, y avait été baptisée, s'y était mariée. C'est là qu'elle avait mis au monde ses deux enfants. La tombe de son mari s'y trouvait. Elle aurait pu se diriger dans la ville les yeux fermés, en connaissant la moindre ruelle, la moindre échoppe, la moindre bâtisse. Elle avait pris une part active à la vie fécampoise, y avait été tribun, sergente, douanière, maire à neuf reprises.
Toutefois, elle partait avec la certitude qu'elle y reviendrait. Le phare continuerait de dominer la ville et les falaises de la protéger.
Seule ombre au programme, les Hydres. Elle se dit qu'ils finiraient pas partir.

Elle partait avec celui qui avait fait chavirer son cœur et c'est ce qui lui importait le plus,du reste, elle était incapable d'envisager sa vie et son avenir sans lui.

Bientôt tout fut prêt...Leur périple allait commencer.
Elle fit ce qu'elle n'avait plus fait depuis un moment, elle alla à la messe et mit un cierge pour tous ceux qui étaient devenus des étoiles, et elle se recueillit, demandant à Aristote de les protéger tout au long de leur voyage.

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Matouminou


NOUVEAU DÉPART ....NOUVELLE VIE...

Moins de deux jours avant leur départ de Fécamp, une opportunité s’était présentée à eux...un geste de la providence sans doute. Toujours est-il qu'ils avaient put prendre l'option de partir à Troyes en bateau, par la Seine. Après de multiples négociations et échanges de courriers, les choses furent bien établies: ils devaient rejoindre Honfleur afin d'embarquer sur le "Dragon Rouge".

C'était pour eux une chance,car par le fleuve, ils gagneraient pas loin de quatre jours, et voyageraient en toute sécurité, évitant les brigands, la poussière, la fatigue et autres petits désagréments.
C'est donc le cœur en liesse qu'ils quittèrent Fécamp. Le trajet jusqu'à Honfleur se fit sans souci, la nuit scintillait de millions d étoiles, toutes étaient leur guide. Matou se plaisaient à dire qu'elles étaient les protectrices des vivants.

Ils arrivèrent au petit matin du 2 juillet 1460, le soleil était de la partie, moins mordant cependant que ces derniers jours, où il avait régné sur la Normandie une chaleur étouffante.

Le premier réflexe de tout voyageur est de se rendre en taverne, ils ne dérogèrent pas à cette coutume, prenant soin de mettre à l'abri la petite charrette qui contenait tous leurs effets. Cette fois-ci le voyage serait long et Matou avait emporté des vêtements pratiques glissant tout de même deux houppelandes dans ses malles, peut-être aurait-elle l'occasion de les porter. Une petite malle contenait quelques objets personnels auxquels elle tenait: des lettres, sa collection de brûle parfums, tous offert par Horloger, son défunt mari, un sablier, cadeau d'un ami mort lui aussi, le précieux livre sur l'héraldique, passion de son mari et qu'elle lui avait offert à un anniversaire, un nécessaire pour écrire comprenant une liasse de parchemins vierges, une bouteille d'encre et plusieurs plumes. Elle avait ajouté quelques livres, recueils de poèmes et histoires diverses. Délicatement, elle avait posé un petit tableau sur lequel avait été peint une vue de Fécamp, en arrière plan, on pouvait voir le phare. C'était là une grosse partie de sa vie, le reste étant ses souvenirs, de ceux qu'il faut écouter, qu'on peut difficilement écrire.

En taverne, ils eurent la chance de rencontrer des gens qu'ils connaissaient: Black et Celma, Wal, Yanis; l'irlandais exilé Donarpan et d'autres encore avec lesquels ils firent connaissance.

La soirée fut chantante et dansante. Matou aimait danser, Stromb était un bon danseur, et même s'il ne l'avait pas été, le simple fait de tournoyer, guidée par la main de son volcan, l'aurait ravie tout de même.

La soirée était bien entamée lorsque celui qu'ils attendaient et dont dépendait le début de leur voyage, entra enfin dans la taverne. Il se prénommait Lilin, avait une certaine prestance, parlait en prenant son temps, son calme était impressionnant.
Matou et Stromb l'avaient salué, puis la jeune femme lui avait posé la question qui la taraudait depuis quelques heures:


- Messire Lilin, quand pouvons nous embarquer, je vous prie?


Elle avait si peur qu'il y ait un changement de programme...une mauvaise surprise...

Point de changement de programme puisque la réponse fut:


- Dame Matouminou, Messire Stromboli, vous pouvez embarquer dès maintenant, veillez toutefois à avoir la nourriture nécessaire...

Mais en revanche la suite de la conversation leur réserva une énorme surprise.
L'homme leur expliqua qu'il ne pouvait pas les accompagner à Troyes, étant appelé à devoir régler des affaires qui ne souffraient pas qu'il s'absente. Il poursuivit en disant sur le ton le plus naturel qui soit:


- Je vais donc vous confier mon navire...


Il y a des propos comme cela auquel on ne s'attend pas. Matou ouvrit de grands yeux, ouvrit également la bouche pour avaler une goulée d'air elle regarda Stromb pour voir s'il avait bien compris comme elle. A son air stupéfait, elle sut que lui aussi digérait les paroles de Lilin.
Elle contint son émotion et réussit à dire:


- Vous êtes en train de nous dire que c'est nous qui allons diriger le navire??

Il hocha la tête en souriant, lâchant d'un ton badin:

- Oui, ça n'a rien de bien compliqué, dès lors que vous appliquez scrupuleusement les consignes que je vais vous donner...


Mille pensées contradictoires se bousculaient dans la tête de Matou. Allaient-ils savoir se débrouiller? ne feraient-ils pas de boulette? le bateau pour eux tout seul? quel belle perspective...quelle belle expérience...quel magnifique cadeau...
Mais il lui fallut se ressaisir et écouter les explications de Lilin. Une fois à bord, le capitaine en place remettrait les commandes à la jeune femme dans un premier temps, à elle ensuite de nommer Stromb matelot. Il faudrait désamarrer, la manœuvre n'avait rien de compliqué, leur assura Lilin. Ensuite il faudrait emprunter l'estuaire de la Seine et se diriger vers Rouen. C'était le seul passage délicat. Il fut convenu que Stromb prendrait aussi la barre.
Elle hochait la tête de temps en temps, griffonnant les consignes afin de bien s'en souvenir. Lilin précisa qu'il y aurait une troisième personne à bord, qui se chargerait de remonter le bateau, et quelle personne puisqu'il s'agissait de celui qu'on appelait Le Long..Messire Aégidius en personne. Matou n'en fut que plus heureuse, elle le connaissait, avait une grande admiration et un profond respect pour cet homme qui représentait pour elle un des derniers piliers de la Normandie.

A ses côtés, Stromb était aussi tout ouïe, elle le sentait fébrile et terriblement heureux de vivre cette expérience.

Au bout d'un moment, tout fut dit. Ils remercièrent chaleureusement Lilin. Ce dernier prit congé non sans leur avoir souhaité un bon voyage. Une fois seuls il laissèrent éclater leur joie, tels des enfants n'en revenant pas encore du beau jouet qu'on venait de leur offrir. Toutefois, ils prenaient la pleine mesure que c'était aussi une chose à ne pas prendre à la légère. Si Lilin leur avait confié son navire, c'est qu'il avait confiance en eux.

Matou se leva, et regardant Stromb, elle lui dit:


- Bien matelot Stromboli, il est temps de regagner nos quartiers...Dès que vous serez à bord, je vous confierai les objets qui seront vos compagnons de voyage...

Elle réprima un sourire, mais une lueur espiègle dansait dans ses yeux:


- ...à savoir un balai et un seau...vous astiquerez le pont avec toute l'énergie qui vous caractérise. Et je veux que ça brille!! Mille millions de mille sabords*!!!


Et en rigolant ils se dirigèrent vers "leur" bateau le temps de quelques jours.


* Expression empruntée au Capitaine Haddock (personnage de la bande dessinée "Les Aventures de Tintin" créée par Hergé)

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Stromboli
Youhouuuuuuuuuuuuuuuuuuu !!

Sautillant sur sa chaise, Stromb n'en revenait pas. Un bateau ! Pour eux seuls ! Alors que Matou prenait la nouvelle dans une mesure plus sérieuse, le brun voyait déjà le nombre de bêtises qu'ils auraient l'occasion de faire à bord. Il avait écouté les consignes d'un air plus que distrait, gigotant sur sa chaise comme un gosse, au comble de l'impatience.

Puis l'homme était parti, et Matou et lui avaient laissé débordé leur joie. Et en effet, tels deux gamins à qui on avait offert un énorme, un immense joujou, ils étaient excités comme des puces !


Citation:
- Bien matelot Stromboli, il est temps de regagner nos quartiers...Dès que vous serez à bord, je vous confierai les objets qui seront vos compagnons de voyage...


Il la regarda les yeux pétillants.

- Des compagnons ? Ah oui ?? Un perroquet de pirate ? Un sabre de pirate ? Des bottes de pirate ? Un crochet de pirate ? De la gniole de pirate ??

Il sautillait carrément sur sa chaise.

Citation:
- ...à savoir un balai et un seau...vous astiquerez le pont avec toute l'énergie qui vous caractérise. Et je veux que ça brille!! Mille millions de mille sabords*!!!


Il ouvrit la bouche en grand. Puis ne trouvant aucun mot, la referma. Il grogna et râla de tout les diables. Un balai, un seau... grrrrrrrr !

Plus tard dans la soirée, ils étaient monté à bord. Ou plutôt couru à bord.


-Le dernier à la barre est une nouille !!!

Ils avaient courru comme des gamins, se poussant, renversant des choses pour arriver en premier. Stromb qui était plus rapide était arrivé en tête. En quelques enjambées, il avait grimpé la passerelle et s'était retrouvé à bord. Il sauta sur la barre en poussant un cri victorieux. Matou l'avait rejoint avec le balai et le saut, et les lui avait collés dans les bras. Le menton relevé, drappé dans sa dignité, il avait prit ses "nouveaux compagnons" et entreprit d'astiquer le pont en chantant trés fort et trés faux, au risque de faire s'abatre un violent orage de grèle.


[Le lendemain matin]


Il étaient parti tôt dans la matinée. Les yeux dans le brouillard, le visage mal rasé, Stromb s'était levé et s'était trainé jusqu'au pont 'une démarche endormie. Il avait aidé à larguer les amarres, dressé la voile, vérifié les balasts, fait le tour du navire pour veiller à ce que tout soit en ordre. Leur compagnon de route Aegidius semblait encore dormir. Il ne le réveilla pas et une fois le navire sur les flots, il passa aux taches annexes : le seau et le balai !

Il regardait parfois Matou se dépatouiller avec la barre, faisant ses armes en temps que capitaine. Elle s'en sortait trés bien, naviguant trés correctement, avec la douceur qui la caractérisait tant. Le grand chapeau de capitaine lui allait trés bien. Elle avait l'air d'une pirate guindée, fièrement plantée derrière sa barre, guidant l'embarcation d'un oeil juste et plein d'assurance.

Plus tard, vers midi, ce fut au tour du brun de prendre les commandes. Ils avaient échangé les rôles. Enfin... pas tellement. Le pont brillait déjà de mille feux. Tandis qu'il se dirigait vers la barre, fier comme un coq, le menton levé et le torse bombé, il appercut Matou en contre-bas. Scandaleusement nue, ou presque, sur le pont. Elle prenait le soleil. Difficile de se concentrer aprés ça... Avec détermination, il se saisit de la barre. Il n'avait jamais prit aucun cours contrairement à Matou, et n'avait non plus jamais piloté un engin pareil. Son chapeau de pirate troué vissé sur la tête, son pigeon à moitié déplumé posé sur son épaule, il avait tourné la barre plein pot dans un grand geste magistral. D'une voix grave et tonitruante, il avait crié sa joie d'être le capitaine pour quelques heures.


- En avant matelos !! Hissez moi les voiles qu'on prenne la mer ! Accrochez les fanions pirates ! Eloignez les bateaux du fleuve ! Bouclez les femmes et les enfants dans les soutes ! Apportez moi à boire de grâce !! Et par pitié, dites à cette femme nue de mettre une serviette sinon la barre va finir par cogner et je ne serai plus en mesure de virrer sans me blesser !!

Et le bateau virra... dangereusement ! Oulaaaaaaaa !! Il tourna vite la barre de l'autre côté. Le bateau finit par virrer tout aussi dangereusement du côté opposé. Il fit de grands mouvements de bras pour tourner la barre tantôt d'un sens, tantôt de l'autre, afin de ne pas heurter la berge de tout les côtés. Le bateau tanguait à force de changer si brutalement de direction. Il entendit au loin la vaisselle de la mess tomber au sol et éclater dans un bruit assourdissant. Le bateau lui-même semblait lacher de temps à autre une longue plainte, mécontent d'être malmené de la sorte. Stromb s'agripait à la barre.

- Moussaillons !! Nous essuyons une tempête terrible ! Le bateau est incontrolable sous la force du vent et des vagues !! Priez mes amis, que cette eau ne nous avale pas dans son ventre gargentuesque ! Priez également que nous ne rencontrions pas d'animaux marins trop gros qui pourraient nous faire chavirez ! Ô Sainte Boulasse ! Protège nous ! Ais pitié de tes brebis égarrées... sur la Seine... !!

Un regard en coin et il apperçut des promeneurs sur la berge, incrédules, qui admiraient ce bateau tanguant n'importe comment. Un bateau ivre, avec un capitaine déboulonné qui criaient comme un demeuré des anneries encore plus grosses que lui.

- Chéri ? demanda une dame... Ne devrions-nous pas avertir Rouen de la venue de ce curieux personnage ?

- Mais non, Simone. Répondit l'homme... Ce doit être des parisiens, une fois encore. Tu sais qu'il sont bizarres ces gens là. Une fois sortit de la capitales, ils sont perdus...

Le manège du bateau dura bien 2h. Pendant encore 2 bonnes heures, Stromb avaient plus ou moins réussi à maitriser la chose. Essuyant son front du dos de la main, il avait poussé un grand soupire de soulagement.

- Et voila... Une fois encore, l'homme est ressorti vainqueur de son combat contre la nature...
Matouminou


NON, LA SEINE N'EST PAS UN LONG FLEUVE TRANQUILLE SURTOUT QUAND UN VOLCAN EST AU COMMANDE D'UN BATEAU...

Fouillant la cale, elle avait trouvé une tapisserie de bonne dimension qui ferait parfaitement l'affaire pour s'allonger dessus et se dorer au soleil. Elle la traina jusqu'au pont et l'étendit. Stromb avait fait un travail remarquable, tout le bateau respirait la propreté et ça brillait en plus. La tapisserie ne serait, par conséquent, pas abimée.

Après avoir confié la barre à Stromb, Matou avait décidé, ce matin là, qu'elle devait prendre des couleurs, même si la majorité des femmes nobles se complaisaient à entretenir leur peau d'une couleur aussi laiteuse que possible.
Normande de la surface de son corps au plus profond d'elle même, elle savait qu'elle ne pourrait aller au-delà d'un léger hâle, mais cela lui donnerait bonne mine.

Elle adressa un grand sourire à Stromb, qui avait vissé sur sa tête un chapeau de pirate quelque peu troué. Sur son épaule se tenait avec autant de dignité que possible mais tous les jours un peu plus déplumée quand même, le pigeon Roberto. L'homme avait fière allure et arborait un grand sourire.
Elle retira son corsage, ne laissant qu'une fine chemisette dévoilant sa gorge, la naissance de ses seins et ses épaules. Elle roula ses braies afin d'offrir ses jambes et ses cuisses à la douce caresse du soleil et elle s'allongea sur la tapisserie.

Elle ferma les yeux toute à son bonheur de ce voyage qui commençait sous les meilleures auspices et se laissa aller à une délicieuse rêverie. C'est le tangage inhabituel du bateau qui l'en sortit. Quelque chose d'anormal était en train de se passer. Elle sauta sur ses pieds et prit la pleine mesure de la situation en jetant un oeil vers Stromb qui était arque bouté tenant la barre comme il pouvait, tentant de la redresser et hurlant à des marins imaginaires:


Citation:
- Moussaillons !! Nous essuyons une tempête terrible ! Le bateau est incontrolable sous la force du vent et des vagues !! Priez mes amis, que cette eau ne nous avale pas dans son ventre gargentuesque ! Priez également que nous ne rencontrions pas d'animaux marins trop gros qui pourraient nous faire chavirez ! Ô Sainte Boulasse ! Protège nous ! Ais pitié de tes brebis égarrées... sur la Seine... !!


Elle mit ses mains sur ses hanches et le regarda en secouant la tête, vacillant un peu, car le bateau malmené effectuait une manœuvre hasardeuse. Elle courut jusqu'au bastingage, et vit la berge se rapprochait lentement mais surement. Un couple s'était arrêté et les regardaient, assez incrédules. Elle leur fit un petit signe de la main genre "tout va bien, on gère..." cachant la panique qui était en train de monter en elle. Au dernier moment le bateau évita la berge et se rétablit dans un long gémissement, la voile claqua en signe de désapprobation sans doute. Elle s'essuya le front.
Elle grimpa rapidement un des escaliers de bois qui se trouvait de part et d'autre de la barre:

- Ça va mon volcan? on dirait que tu batailles dur...je te signale qu'on a failli percuter la berge...enfin, je dis ça, je dis rien...
Sois moins brutal dans tes gestes...


Il lui fit un sourire un peu crispé en hochant la tête.

Il lui fallut près de deux heures pour qu'il maitrise totalement la conduite du foncet, deux heures durant lesquelles elle se dora au soleil, essayant d'oublier le léger mal de cœur qu'elle ressentait...Qui avait dit que la descente de la Seine était une affaire de gamin?


[Bonjour, Bonjour,
Titre Changé. Merci de traduire le moindre mot qui ne soit pas français et d'indiquer par la même occasion la source de ce nouveau titre comme cela est stipulé dans les Règles d'or du Coin des aRPenteurs.
Bon jeu, Bon RP,
Modo Mahelya]

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--Mahaut_et_guillaume



AU COLLEGE NON LOIN DE ROUEN

MAHAUT!!!! Mais t'es pas encore prête??? Tu fais quoi??

Guillaume avait passé sa tête par la porte de la chambre de sa sœur et il entra sans attendre d'y avoir été invité. Déjà qu'il n'avait pas le droit de venir dans l'aile des filles, autant ne pas trop se faire remarquer. Il savait que même sur le départ, il pouvait encore attraper une grosse punition comme recopier plusieurs fois la bataille de César en latin, en plus...un cauchemar!
C'était un garçon de neuf ans plein de vie, ce que certains appelaient de la turbulence n'était en réalité qu'un esprit curieux de tout et plein d'imagination. Il était la joie de vivre, mais quelque peu usant parfois.

C'est ce que pensait Mahaut sa sœur de trois ans son ainée.


- Je t'en prie entre...ne te gêne pas...je te signale qu'on part en début d'après midi, il n'y a pas lieu de se presser...Clément n'est pas encore arrivé...


Guillaume, en guise de réponse, balança son sac au pied du lit et sauta sur le lit. La réaction de sa sœur ne se fit pas attendre. Elle le houspilla:


- Guillaume!! cesse de faire le gamin...mon lit était fait...tu le refais immédia...

Les mots moururent sur ses lèvres, elle fit une grimace, puis poussa un petit cri:

- C'est quoi ÇA??

Elle tendit son doigt vers un petit lézard qui était en train de pointer le bout de son museau hors du sac. De la longueur d'une main, il était d'un vert brillant parcouru de reflets jaunes et mordorés.
Guillaume sauta au bas du lit et se mit à rigoler:


- C'est Bob mon lézard!! Il est mimi hein? Je l'ai trouvé dans le parc, j'ai mis deux mois à l’apprivoiser...deux mois de boulot à l'attirer avec des mouches, des araignées et des lombrics...

Mahaut fit la grimace en secouant la tête. Elle recula un peu et dit:

- Et tu crois que maman va accepter cela?

Elle ne se souvenait que trop des collections de son frère au domaine de Thorigni. Il y avait eu les fourmis qui avaient fait hurler Victoire, la cuisinière, quand elle avait découvert le garde mangé pris d'assaut par ces minuscules insectes. Puis ça avait été les escargots, et cette fois là, c'est maman qui avait hurlé quand elle avait découvert la collection complète, soit pas moins d'une bonne cinquantaine de gastéropodes, rampant sur son bureau et laissant des traces gluantes et plutôt dégoutantes sur ses parchemins de la douane.
Il y avait eu un écureuil qui avait rongé une partie des livres de papa, provoquant une grosse colère....une pie qui volait tout ce qu'elle trouvait sous son bec...
La liste des bestioles auxquelles s'était intéressé Guillaume était impressionnante.

Guillaume haussa les épaules:


- Bah, ça fait six mois qu'on n'a pas vu maman, elle aura baissé sa garde...et puis...


Il prit un air de conspirateur et poursuivit:

- Elle est amoureuse....et l'amour rend aveugle....


Mahaut sursauta, comment son frère faisait-il pour savoir ce genre d'information?

- Tu y connais quoi, toi, à l'amour??Je donne pas cher de ton Bob, en tout cas.

Il gloussa tout en remettant Bob dans sa besace, et lança d'un ton joyeux:

- En tout cas j'suis drôlement heureux de revoir maman, et puis, l'voyage en bateau, ça va être du tonnerre!!! P't'être que le capitaine m'donn'ra la barre!!

Mahaut sourit d'un air moqueur. Elle boucla sa malle et regarda autour d'elle pour vérifier qu'elle n'avait rien oublié.
Elle aussi était heureuse de revoir sa mère. Toutefois ce nouvel homme dans sa vie, la préoccupait.
Sa mère lui avait écrit cette nouvelle quelques jours auparavant, lui expliquant avec des mots pleins de retenue et de pudeur qu'elle avait rencontré quelqu'un.
Mahaut avait su lire entre les lignes tout le bonheur qu'elle ressentait. Elle espérait juste qu'il durerait.

Elle songea à son père qui lui manquait encore terriblement, et au temps où ils formaient une famille unie qu'aucun orage ne pouvait perturber.
Quelques mois après sa mort, elle avait demandé à aller au collège et à y être pensionnaire. Elle ne supportait plus de voir sa mère se perdre dans une histoire sans avenir avec Ephear. Elle ne supportait plus de la voir les yeux plus souvent rougis que rieurs.
Elle espérait que le nouveau compagnon de sa mère serait à la hauteur pour la rendre heureuse.
Elle sortit de ses pensés et se tourna vers Guillaume:


- Allons-y, il est temps d'aller faire nos adieux à la mère supérieure. Remets un peu d'ordre dans tes vêtements...

Il lui tira la langue et remit vite fait sa chemise dans ses braies, aplatit comme il put ses cheveux toujours ébouriffés et balançant sa besace sur ses épaules, il lui dit:

- A tes ordres chef!!!

ROUEN


La carriole filait vers le port de Rouen, menée par Clément. Arrivés au port, ce dernier les avait serré contre lui, leur demandant de saluer leur mère pour lui et leur souhaitant bon voyage.

Une barque les embarqua et les mena jusqu'au "Dragon Rouge", qui les attendait sur la Seine.
Guillaume s'écria:


- Je vois maman là-bas sur le pont...

Mahaut hocha la tête, un grand sourire illuminait son visage. Oui, c'était bien sa mère, plus belle que jamais, légèrement hâlée et qui leur faisait des signes.

La barque s'immobilisa le long de la coque et une échelle en corde leur fut envoyée. Une main se tendit pour les aider à monter. La marin qui avait mené la barque, attendit que les deux enfants aient grimpé à bord pour tendre les bagages, puis il salua tout le monde et manœuvra pour faire demi-tour.

Les retrouvailles se firent dans les embrassades, les rires et les larmes. Puis Mahaut lança un œil sur l'homme qui les avait aidés à monter à bord. Il était très grand, roux et le visage plutôt ingrat.
Elle regarda sa mère d'un air interrogateur. Était-ce là son nouveau compagnon ?

Didier
Didier le portier-homme à tout faire était en train de pister Suzon, la bonne, quand il entendit qu'on l'appellait.

- Il est où ce con ? DIDIEEEEEEEEEEER RAMENE TES MICHES !!!

Il reconnu la voix de Stromb et accouru prestement sur le pont. Il le trouva à la barre en train de manoeuvrer.

Pa' la ba'be de Lucifer ! J'suis là ! N''c'iez pas autant dédiou !!

L'homme avait une carrure assez impressionante. Il était trés grand, un ventre trés gros. Une légende racontait même qu'il ne pouvait pas passer les portes en marchant comme un crabe... Didier était un bon vivant, même si quelque peu crétin. Il était poilu, affreusement sale, et dotté d'une crignière rousse en bataille qui lui avait souvent attiré des problèmes. Surtout des procés pour sorcellerie... Mais voila, ce brave Didier était une force de la nature et il était toujours là. Il avait l'esprit trés joueur, un peu comme un gamin de 10 ans. Il lui arrivait donc souvent de tirer les gens dehors, Stromb et Kalghar en particulier, pour jouer avec eux. Ce qui lui avait été trés souvent repproché de la part de Matou et Eleena, cette dernière ayant même été jusqu'à la tentative de meurtre ! Sont fous ces normands !!

Didier était donc là, planté aux côtés de Stromb qui malgré une taille trés correcte semblait bien petit. Ce dernier le regarda et lui fit part de la situation.


- Bien. Didier, écoute moi... Les enfants de Matou vont arriver à bord. Une personne va les emmener en barque jusqu'au bateau. J'aimerai que les aide à embarquer. Je ne peux pas lacher la barre sinon on va dans le mur... enfin dans la berge... Donc tu vas aller chercher l'échelle de corde et leur donner un coup de main. Tu es comprit ?

Didier acquiessa devant le regard interrogateur de Stromb. Son cerveau tournait, il était huilé, et rien ne pouvait l'arrêter désormais !

- Oué oué j'bien comp'is.

Il avait un accent qui sonnait trés paysan. A cause d'une dentition mal formée, il avalait systématiquement les "r", ce qui parfois rendait difficile la traduction. Il vit Stromb plisser les yeux en le regardant, comme pour l'analyser afin de s'assurer qu'il avait bien comprit. Ce dernier finit par reprendre la parole.

- Bien. Donc tu les accueille à bord... Une dernière chose aussi : tu ne les jette pas dehors comme tu le fais avec moi et Matou !! C'est petit, c'est fragile, tu vas nous les casser. Donc tu te défoule sur quelqu'un d'autre.

Didier afficha un sourire béat en regardant Stromb. Chouette !! Il avait la permission de jetter son ami brun dehors autant de fois qu'il le voulait ! En voyant cette air niais sur son visage, le principal interessé se demanda s'il n'avait pas dit une bêtise...

Des éclats de voix le ramenèrent à la réalité. Il vit arriver tout proche une petite embarcation avec un homme et deux enfants à bord. Il regarda Didier et lui intima d'un signe de tête d'aller les accueillir.

Didier se pressa alors de rejoindre Matou. Il se pencha et vit la petite barque au pied du bateau. Il ramassa l'échelle de corde et la leur jetta. Les enfants montèrent, il les aida à grimper. De sa force de géant, il avait suffit de les attraper d'une main pour leur faire mettre pied à bord. Il se saisit ensuite de leurs valises tandis que les embrassades éclataient derrière lui. Puis la barque s'éloigna et Didier se tourna vers les nouveaux venus. Il croisa le regard interrogateur que Mahaut posa sur lui, puis sur sa mère. N'ayant pas comprit, tout content, il afficha un grand sourire découvrant tout ses chicots. Il fit un petit signe de la main, ce qui lui donna un air encore plus niais.


- B'jou' ! J'suis ton n'veau papa !!

Trés fier de sa blague, il ricanna, ce qui eu pour effet d'agiter la graisse de son ventre dans tout les sens.
--.mahaut.


Citation:
- B'jou' ! J'suis ton n'veau papa !!


Si Didier avait été le gorgone en personne, et qu'il eut posé ses yeux sur Mahaut, elle n'en aurait pas moins été figée de saisissement. La nouvelle était de taille, laissant Mahaut sans voix et, si à ce moment là elle avait regardé sa mère, elle aurait compris que quelque chose clochait. Mais ses yeux étaient fixés sur le ventre énorme de l'homme, ventre qui tressautait au rythme de ses ricanements. Un bref souvenir d'une montagne de gelée anglaise lui revint à la tête. Un groupe d'élèves anglois étaient venus durant quelques semaine au collège et au cours d'un repas typiquement anglois, elle avait découverte ce plat pour le moins curieux qu'elle n'avait pas aimé...Oui le ventre de cet homme ressemblait à de la gelée anglaise et c'était plutôt dégoutant.

Consternée, elle regarda Guillaume, mais celui-ci n'avait surement pas entendu cette terrible nouvelle, car il courait sur le pont en chantant à tue tête:


C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prends l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Je m' souviens un Vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot *


Comme, à ce moment là, elle aurait voulu avoir l'inconscience de son frère et n'avoir rien entendu. Elle regarda l'homme et détourna la tête, mais quelle mouche avait piqué sa mère. Elle la regarda alors et fronça les sourcils. Elle semblait tout aussi étonnée qu'elle.
Elle l'entendit dire d'une fois où perçait l'indignation:


- Didier!!!


Un profond soulagement envahit la fillette. Sa consternation se transforma en pitié. L'homme, Didier, n'avait vraiment rien pour plaire. Et en plus son humour était nul.

* Extrait de la chanson de Renaud "Dès que le vent soufflera"




















Matouminou


Matou était folle de joie en accueillant ses enfants. Trop de temps s'était écoulé depuis la dernière fois où elle les avait revus. Mais, elle comptait bien le rattraper.
Elle les serra contre elle, les embrassa, point besoin de mots, l'émotion était palpable.
Elle ne put s'empêcher de rire en voyant le regard de Mahaut se poser sur Didier puis sur elle avec un air de perplexité. Elle pouvait aisément deviner la question que sa fille mourait de lui poser. Il fallait vite qu'elle la rassure.
Toutefois, elle n'avait pas prévu l'humour dévastateur de Didier, un humour que lui seul appréciait. A priori, il trouvait cela drôle de se jeter sur Stromb et Kal et de les trainer en dehors de la taverne, ou encore de pousser des grognements tel un ours en arrivant brutalement derrière elle , ce qui avait le don de la faire sursauter.
Il avait un accent épouvantable et parfois, elle ne comprenait rien à ce qu'il disait, bref, il était surprenant, mais il semblait qu''il ait décidé de faire partie intégrante de leur vie.

Là, elle dut avouer qu'il avait fait très fort, en lâcha une phrase à laquelle elle ne s'attendait absolument pas, tout en regardant Mahaut:


Citation:
- B'jou' ! J'suis ton n'veau papa !!


Elle écarquilla les yeux et porta la main à sa gorge tant elle était époustouflée du culot de l'homme. Elle vit Mahaut se figer, regarder Didier puis son ventre qui tressautait de la bêtise qu'il venait de sortir.
Guillaume courait sur le pont en chantant, ignorant la scène qui se déroulait non loin de lui.

Matou reprit ses esprits, à peine quelques secondes s'étaient écoulées. Il fallait rassurer Mahaut.
Elle dit, d'un ton où perçait l'indignation:


- Didier!!!

Celui-ci, penaud, se rendant compte qu'il était allé trop loin, baissa la tête. Matou poursuivit:

- Hum....Mahaut, je te présente Didier, qui est un peu ...euh...comme un homme à tout faire...et qui aime bien plaisanter...arfff....même si on ne comprend pas toujours ses plaisanteries...


Elle s'adressa à Didier d'un ton qui n'admettait aucune réplique:

- Porte les affaires de Mahaut et de Guillaume dans leur cabine!!

Elle attendit qu'il soit parti pour expliquer:


- Il est...comment dire?? ...brave, un peu spécial...il n'est pas méchant...Je vous raconterai plus tard son histoire...à propos de la cabine, vous devrez la partager, car le bateau est petit. La troisième cabine est occupée par un vieux messire, il faudra ne pas le déranger, il ne sort que très rarement..
Maintenant, je vais vous présenter Messire Stromboli...


Elle rougit légèrement, hésita et ajouta:


- ...mon compagnon...Il n'a pas pu vous accueillir, car il est à la barre...


Puis, elle dit en prenant son temps, pour ménager son effet:

- Et...nous sommes...les...capitaines de ce navire...jusqu'à Troyes!!

La réactions de Guillaume fut immédiate, il écarquilla les yeux et ouvrit la bouche pour s'exclamer:


- waouhhhhhhhh!! T'es vraiment capitaine, Maman???

Elle hocha la tête:

- Le temps de descendre la Seine jusqu'à Troyes, mon chéri! Nous nous relayons avec Stromb! On nous a prêté le bateau...


Puis pressée de leur présenter son volcan, elle se dirigea vers l'arrière du bateau et grimpa un des escaliers de bois qui se trouvait de part et d'autre du gouvernail.
Elle le regarda, radieuse. Il avait fière allure avec sa toute nouvelle casquette sur la tête, son pigeon, Roberto , perché sur son épaule, qui avait l'oeil un peu plus vif que d'habitude. Le soleil avait buriné le visage de Stromb, faisant ressortir ses yeux d'un brun clair. Il était beau.
Leurs regards se croisèrent, moment magique, durant lequel, l'espace de quelques secondes, ils se dirent en silence tout l'amour qu'il s se portaient.

Elle se mit à ses côtés, lui déposa un baiser léger sur la joue et le présenta à ses enfants:


- Chéri, voici Mahaut et Guillaume.

Elle sourit et ajouta en regardant ses enfants:

- Mahaut, Guillaume, je vous présente Messire Stromboli!


Elle se tut. Il appartenait à Stromb de décider de quel surnom les enfants pourraient l'appeler et s'il désirait qu'ils laissent tomber le "Messire".

_________________





















































Stromboli
Stromb était la barre. Il manoeuvrait doucement car le passage au niveau du port de Rouen était étroit. Il vit au loin Didier partir en direction des cabines, l'air un peu penaud. Mouarf, pourvu qu'il n'ait pas fait de bêtises... Il vit soudain apparaitre Matou suivie de ses enfants. Il la regarda et lui fit un grand sourire. Elle avait la mine superbe et ça ne faisait que le réjouir d'avantage. Un baiser sur sa joue, puis les présentations.

Citation:
- Chéri, voici Mahaut et Guillaume.


Il les regarda et leur sourit. Ils étaient comme il l'avait imaginé. Ils ressemblaient à leur mère. Guillaume avait un petit air espiègle tandis que Mahaut semblait plus calme, plus posée.

Citation:
- Mahaut, Guillaume, je vous présente Messire Stromboli!


Mouarf !

- Ravi de vous rencontrer ! Vous ferez des matelos parfaits j'en suis sûr !

Un sourire en coin

- Plus sérieusement... enfin non, je suis rarement sérieux.. mais j'espère que vous vous plairez. Je veux dire pour la traversée, le voyage, vous habituer à ma tronche... Appellez moi Stromb, pas messire, ça fait vieux et pompeux. Et je suis pas encore tout à fait un vieux croulant dédiou !

Un nouveau sourire, chaleureux. Il ne savait pas trop comment s'y prendre. Il espérait seulement qu'ils se sentent bien, et que lui-même ne passe pas trop pour une andouille farcie.

Il ôta sa casquette et l'a mit sur la tête de Guillaume. Elle lui couvrait les yeux, du fait de sa taille trop grande, et Stromb s'amusa de le voir ainsi.

- Alors Guillaume, tu m'as l'air joueur. Ca te dit de piloter le bateau ?? Mahaut, si tu n'as pas peur du risque et des concours de chants marins, tu seras la suivante !!

Il lui adressa un clin d'oeil et regarda Matou, espérant qu'elle n'allait pas prendre peur. Parsque parfois, il fallait avoir le coeur bien accroché...
.guillaume.


Guillaume s'empressa de suivre sa mère et sa sœur. Il avait du mal à retenir son enthousiasme, c'était la première fois qu'il montait à bord d'un bateau et même si maman ne manquerait pas de faire une liste de recommandations, il y voyait une formidable aire de jeu. Il sourit au capitaine en entendant ses paroles. Il lui plut tout de suite, enchanté par la tournure que prenaient les présentations. Et il fut conquis totalement lorsqu'il se retrouva coiffé de la casquette du capitaine jusqu'aux yeux. Il la redressa afin d'y voir quelque chose et dit

- Bonjour Messire...arff...bonjour Stromb...

L'homme en riant ajouta:

Citation:
Alors Guillaume, tu m'as l'air joueur. Ca te dit de piloter le bateau ?? Mahaut, si tu n'as pas peur du risque et des concours de chants marins, tu seras la suivante !!


Oubliant toute retenue, Guillaume poussa un retentissant:

- YEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!!

Il se planta devant Stromb, fit un salut militaire comme il avait vu faire dans de nombreuses cérémonies auxquelles il avait assisté avec ennui, et brailla:

- Matelot Guillaume, à vos ordres capitaine!!!OUI!! je veux bien vous remplacer pendant que.....vous raccompagner les femmes à leur cabine.... la marine...c'est une histoire d'hommes!!!

Et toc, ça c'était pour Mahaut, hors de question qu'elle prenne la barre!
A ce moment là,, une mouette lâcha une fiente qui tomba juste à ses pieds avec un bruit mouillé:


*Flapppp*

- Arfffff...les mouettes volent bas aujourd'hui...Il me semble que nous allons essuyer une tempête...

Il regarda en coin sa mère qui souriait, et sa soeur qui levait les yeux au ciel. Peut-être craignait-elle que la prochaine fiente n’atterrisse sur sa tête.
Il se hissa sur la pointe des pieds et murmura à Stromb:


- On va pas s'embarrasser de ma sœur, elle comprend rien à la marine...elle est capable de faire faire demi tour au bateau sans même s'en rendre compte et après...elle dira:

Il se mit à imiter sa soeur, en exagérant:

- Ohh...mon dieu, mais comment cela a-t-il pu arriver? un moment d'inattention de ma part sans doute...

Reprenant sa voix normale, mais continuant de chuchoter,, il poursuivit:

En plus, elle est d'une mauvaise foi....la dernière fois, j'étais avec mes soldats de plomb, les troupes normandes mettaient une raclée aux bretons...bon d'accord, ils avaient organisé leur siège sur son lit, et fait prisonnière une de ces figurines en verre dont elle fait la collection, et bref...euh....ça s'était mal passé parce que la figurine a voulu se défendre et craaaac, cassée en trois morceaux...et ben...elle a donné un grand coup de pied dans mes troupes en disant: "Ohhh...c'est terrible, une grosse tempête est en train de déferler sur le champ de bataille...elle restera dans les mémoires comme l'ouragan Mahaut!!!".....pfffffffffffff....





























--.mahaut.


Elle écouta l'homme les saluer et se présenter. De prime abord, il avait l'air plutôt sympathique. Sa mère le couvait du regard. Cela lui fit drôle. Elle semblait revoir ce même regard qu'elle posait sur son père.
Elle chassa cette idée de sa tête, surtout s'interdire toutes comparaisons.
Toutefois Mahaut décida qu'elle se laisserait le temps de mieux le connaitre pour se faire une opinion exacte.
En revanche son frère ne cachait pas son enthousiaste. Elle leva les yeux au ciel en l'entendant partir dans une histoire abracadabrante.

Elle attendit qu'il eut fini de chuchoter pour, à son tour saluer Stromb:


- Bonjour Messire Stromb...un concours de chants marins, pourquoi pas...quant à avoir peur des risques...

Elle regarda son frère d'un air moqueur plus dit à Stromb:

- Je vis dangereusement, au quotidien, avec un nain totalement fantasque. Le simple fait d'accorder à ses propos une quelconque crédibilité est un risque énorme!! Ainsi Messire mon frère croit encore que si on lui trempe un doigt dans un verre d'eau avant de dormir, il fera pipi au lit...

Grand sourire vengeur vers son frère, elle se doutait bien que les mots murmurés aux seuls oreilles de Stromb, ne devaient pas être des plus tendres à son encontre.
.guillaume.


AHHHHHHHHHHHHHHHH, la traitresse!!!!! Surtout faire face à ces propos vils et bas. Il ravala son indignation, et avec une grande dignité, il posa son regard dédaigneux sur elle, cherchant à toute vitesse ce qu'il pouvait bien lui envoyer dans les gencives, mais le coup l'avait estomaqué.

- Hum...paroles de femmes....n'atteignent point...le marin que je suis....et..euh...je vous ferez mettre aux fers si vous continuez à vous moquer de moi!!


Arffff, cette histoire de doigt dans l'eau, elle ne l'oublierait donc jamais. Il avait paniqué quand elle lui avait fait croire cela. Cela faisait longtemps qu'il n'y croyait plus, mais il est vrai qu'il était assez angoissé quand elle le menaçait de faire l'expérience.


Il voulut continuer mais d'un regard sa mère lui fit comprendre que ça suffisait. Elle proposa à Mahaut de lui montrer la cabine. Quant à lui, il devait faire attention, ne pas se pencher par dessus le bastingage, regarder où il mettait les pieds, ne pas toucher à tout ce qui pourrait perturber la bonne marche du bateau, tenir la barre sans regarder les mouettes voler...Il écouta patiemment, pensant que les marins ne devraient pas avoir de mamans.
Cependant, il répondit:


- Oui maman!
Matouminou


Elle écouta l'échange verbal entre son fils et sa fille, puis sourit à Stromb. Le ton était donné. Décidément, ni l'un, ni l'autre n'avait sa langue dans sa poche.

Elle décida qu'il était temps de calmer le jeu. Elle lança un regard appuyé et très convaincant à Guillaume qui se tut. Puis, elle proposa d'emmener Mahaut voir la cabine.

Elle regarda Stromb puis son fils. Puis, elle secoua légèrement la tête. Nul doute qu'ils allaient s'entendre comme larrons en foire. Ça promettait de grands moments.
Il lui paru alors nécessaire de faire quelques recommandations. Tout en parlant, elle les regardait tour à tour, légèrement moqueuse, elle ajouta pour finir, à l'adresse de Stromb:


- Chéri, je compte sur toi, Guillaume est encore jeune, il ne prend pas toujours la pleine mesure de ses actes...


Elle se mit à rire, car, en fait de bêtises, Stromb n'était jamais le dernier. Et il avait une imagination débordante.

_________________
Stromboli
Stromb écouta les dires des uns et des autres, rigolant des petites disputes entre frère et soeur. Puis ces dames prirent congé aprés une ultime recommandation de Matou.

Citation:
- Chéri, je compte sur toi, Guillaume est encore jeune, il ne prend pas toujours la pleine mesure de ses actes...


- Rhooo bah tu me connais, tout en douceur ! Je vais l'avoir à l'oeil... Il va astiquer le pont de fond en comble !

Un grand sourire innocent alors qu'elle s'éloignait, sûrement trés peu convaincue, puis Stromb se tourna vers le môme.

- Bien ! Je te nomme major de ce bateau. Lève la main droite et jure que tu le serviras en donnant ta vie s'il le faut, que tu resteras fidel à ton capitaine... moi donc... et que tu feras honneur à ton uniforme... d'ailleurs à ce propos, va falloir qu'on s'en trouve, des uniformes...

Il attendit qu'il s'exécute, puis annonca d'une voix portante et déterminée.

- Parfait ! Te voila engagé ! Maintenant va sortir les canons, les fusils, les tonneaux de calva ! Nous allons prendre Troyes !! Yihaaaaaaaaaaaaaaaa !!!

De son côté, il couru hisser la voile pour redonner de la vitesse au bateau. Troyes était encore à environ deux jours si le vent continuait à leur être favorable. Un noeud, puis un autre, et il se mit à courrir derrière la barre qui commencait à tourner dans tout les sens. Il redressa le bateau de justesse qui allait percuter une petite barque. Il salua les petits bourgeois en contre bas, choqués d'avoir vu leur vie défiler devant leurs yeux.

- Désolé ! Je suis capitaine remplacant, j'ai jamais prit de cours ! Ca va sinon ?

Tandis que le bateau s'éloignait, il revient à son poste et chercha Guillaume du regard.

- MAJOR !! Où es-tu ?? La marine de France compte sur toi crévindjiou !!
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