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[RP]L'Hostel Particulier des Houx-Rouge

Syuzanna.
Zolgan entre soudainement dans la pièce, l'air un peu perdu et franchement mal à son aise. Et Albanne ne fait rien pour le détendre, songe la rousse, hésitant entre s'amuser de la situation, ou plaindre le jeune homme. Mais celui-ci ne semble pas se rendre compte que quelque chose cloche, dans la manière qu'a leur hôte de le recevoir, lui. Il lui baise la main, tel l'homme bien élevé qu'il n'est pas souvent.
D'un regard et hochement de tête, l'Ecossaise salue son ami, avant de grimacer à la vue de la chaise qui lui est attribuée. Une torture élaborée, certes, mais une torture quand même.

Il est suivi de près par Søren. Evidemment, il a l'air des plus furieux. Il faudrait qu'elle l'entretienne, à ce sujet. Cela avait été elle, la victime de la folie d'Albanne. Pas lui. Et si elle avait pardonné, il se devait d'en faire autant. Et le fait qu'il parle en danois n'est franchement pas pour lui plaire.
La rousse ne fait toutefois aucun geste vers lui. Lui lance à peine un regard, concentrée qu'elle est sur la physionomie d'Albanne. Le comportement du Danois doit lui sembler étrange, à elle, qui a tout oublié des mésaventures berrichonnes.

Enigma surgit bientôt, à la suite immédiate de Søren. Lui souriant doucement, elle lui rend sa bise, quoi qu'un peu mal à l'aise avec ce genre d'effusions.
Histoire de détendre l'atmosphère pesante, elle lance, facticement joyeuse :


- Je reprendrais bien une tasse de tisane ! *

Puis, avant que la domestique lui énumère les différents parfums possible, s'empresse d'enchainer :

- Mais je crois qu'en fait, je prendrais du vin de Champagne.

Et, toujours sans avoir jeté le moindre regard au Danois, depuis son arrivée, elle s'empare d'un cerise confite, et y mord à pleine dent. S'installant confortablement dans sa chaise, une jambe passée par dessus un accoudoir, et le dos bien callé dans la peau de mouton, elle s'enquiert, curieuse soudain :

- Mais dis moi, mo charaid **... Pourquoi cette invitation ?


* "Vous reprendrez bien une tasse de thé ?" - Le Chapelier Fou - Alice aux Pays des Merveilles
** Mon amie
Albanne
[Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi même.]
La Bible ~ Evangile selon Saint-Matthieu


A l'arrivée de Soren, je devais bien admettre que le reste de l'assemblée m'était bien égale. Je lisais sur ses traits une haine qui ne semblait pas connaître de limite. Qu'avais-je fait pour mériter pareil ressentiment ? Sans m'en souvenir pourtant, j'éprouvais moi aussi, à son endroit, comme une sourde colère. Une forme de rancune. Comme si je me souvennais qu'il m'avait fait souffrir. Comme le chien battu craint la main de l'homme, je me méfiais de Soren. Sans le craindre toutefois.
Je baissai légèrement la tête, mes yeux dans les siens. La glace opposée au feu. Sauf que cette glace-là ne savait pas fondre.


Enigma, va donc t'assoir de l'autre côté de Syuzanna, lançai-je sans regarder ma jeune amie.

Ne restait ainsi qu'une seule place, autour de la table basse. Celle en face de la rousse. Pourquoi mettais-je ainsi le Danois à l'opposé de sa fiancée, alors même que je plaçais Enigma aux côtés du sien ? Pourquoi plaçais-je Soren à ma gauche ? Je n'aurais su expliquer ce besoin impérieux de l'éloigner de la femme qu'il aimait. Comme si je cherchais à le punir. A me venger. Mais de quoi ? Je répondis enfin à sa remarque.

Jeg har set. Skal jeg takke dig ? *

Les remarques de Syu me firent sourire à demi, et détournant mon regard du Danois, je lui prêtai attention. Je m'assis.

Vin de champagne ? Excellent choix. Annette ! Servez-la, et faites de meme pour les autres. Tous les autres, cela va de soi.

Esquisse d'un sourire moqueur. Puis je répondis :

Vois-tu, min ven **, je tenais à vous féliciter. Enigma et Zouligan, et toi, Syu, ainsi que... Seurn.

Et ce prénom semblait être du poison dans ma bouche.

Vous êtes tous plus ou moins fiancés, et il est normal que quelqu'un songe à vous en féliciter dignement.

Je levai mon verre de vin rouge, applaudissant de ma main libre sur mon poignet, souriant avec affabilité :

Tillykke !***




* J'ai vu. Dois-je vous remercier ?
** mon amie
*** Félicitations !

_________________
Zolgan
Citation:
Min kære Zouligan ! Mon cher Zouligan! Je crois que l'on vous surnomme Zoul?


Zolgan regarda la damoiselle de Castral-Roc, sourire niait au visage.. . il essayait de ne rien laisser paraitre.. devait-il risquer de souligné à la damoiselle qu'il ne parlait pas sa langue.. ? .. hum... bon pour le moment ça ne devrait pas causer problème... c'était probablement une formule de politesse x... tant qu'il n'essayerait pas de prononcer ces mots tout irait bien..Par contre son nom, elle l'avait bien écorché.. dilemme.. était-ce dû à son accent?.. franchement si c'était le cas..il aurait l'air bien bête de lui faire remarquer... bon allez.. il faut prendre des risques dans la vie non...?...

hum.. c'est Zooolgan... Zoolgan.. ou Zol oui si vous préférez...



Enfin, elle lui avait montré son siège..hum.. un siège magnifique certes, mais qui semblait.... fragile?.. oui.. très fragile.. mince.. encore un autre test.. il n'avait pas intérêt à l'abimer non.. fallait faire attention.. très attention.. il s'approcha du siège.. posa sa main sur l'accoudoir.. appuya un peu dessus ni vu ni connu histoire de tester la solidité de la chose.. hum, woooooooooooow.. on venait de l'agripper par la taille.. il s'était cambré sous la surprise.. trop occupé à ne pas tout casser, il n'avait pas aperçu l'entrée d'Enigma..

Il lui sourit un peu désolé de la situation.. ouf... bon il allait au moins avoir quelqu'un pour le défendre s’il faisait une bêtise.. sa présence le rassurait un peu..

enfin.. il reposa ses yeux sur ladite chaise.. fallait qu'il s'assoie.. humm.. allez.. il posa ses fesses dessus doucement.. *criiiiiiiiingn*... oula! ça craquait ça grinçait.. il mit rapidement tout son poids sur ses jambes.. ses cuisses se serrèrent ensemble.. il était assis sur le bout des fesses..hmmmf... il sourit à l'assemblée, l'air de rien...bon ce n'était pas très confortable.... mais il avait compris qu'il en fallait peut pour tout gâcher.. valait mieux rester comme ça...


Bon avec tout ça il avait manqué toute la discussion.. trop concentré sur ce... ***** de siège.. Il essayait de se remettre dedans.. Hmm.. il semblait y avoir quelque chose entre Soren et Albanne.. il le sentait bien.. d'ordinaire il aurait surement dit quelque chose pour calmer l'atmosphère..mais là.. les choses étaient différentes.. il ne allait pas faire honte à Eni devant Albanne.. non..

Il jetta..un oeil à sa future épouse...souriant.. mais inquiet.. ça paraissait dans ses yeux.. hum.. oh! on parlait de lui..


Citation:


Vois-tu, min ven **, je tenais à vous féliciter. Enigma et Zouligan, et toi, Syu, ainsi que... Seurn.


Zouligan.. mouai.. enfin bon.. pas le choix..*soupire intérieure* il allait faire avec..m'enfin l'idée était bonne! un goûter à leur honneur.. il vint poser une main sur celle de sa presque fiancée.. levant son verre de champagne qu'on venait de lui apporter... et tout en essayant de garder l'équilibre sur sa chaise (il avait l'air fin oui..) il dit :


Merci! Tiillkie!!

Oui bon.. il n'avait aucune idée de ce que cela signifiait...Il supposait que c'était une formule type du genre santé.., à la vôtre.. quelque chose comme ça.. Il pariait sur le fait que çela pouvait l'aider à s'intégrer au groupe.. s'attirer la sympathie d'Albanne.. peut-être....

_________________
Soren
[Petits meurtres entre amis.* ]

- Tak mig i stedet for at være i live.**

Ça sort tout seul en entendant le ton cassant de sa voix. C'est plus fort que moi. J'ai besoin d'apaiser les tourments qui m'obsède et décharger le trop-plein de haine dans ces quelques mots est un geste salvateur. Lorsqu'elle vient asseoir Enigma aux côtés de Syu, j'ai l'impression qu'un jeu de dupes vient de s'enclencher. Qui en sera la première victime? Tout porte à croire que je sois la cible désignée. Et pourtant, quelque chose en moi me dit que cela serait trop simple. Bien trop simple. Pourquoi inviter Enigma et Zolgan si elle a juste un compte à régler avec elle.

Je dévisage Syu alors que je m'assois en face d'elle, à la gauche d'Albanne. Sait-elle plus que moi ce qui se trame ici? Je cherche son regard mais pour une fois je n'y trouve aucune réponse. La chaise grince lugubrement alors que je m'installe autour de la table. Je n'aime pas sentir sa présence à ma droite. Le bruit d'un sifflement strident qui fend le silence de la nuit me revient en tête. Un corps qui s'écroule...Et si elle avait l'intention de nous tuer un par un cette fois?

Lorsque j'entends ces paroles, de sombres pensées prennent racines dans mon esprit. Qu'y a t-il de plus cruel que tuer un être humain devant les yeux de sa compagne ou de son compagnon? Il suffirait... de quelques pincées de digitale mélangées innocemment avec un peu de vin de Champagne ou encore...un poison de contact recouvrant une chaise fragile est branlante... Ah! Qu'est-ce que je regrette d'avoir confié mon poignard à Enigma! Qu'importe! Qu'elle touche à un cheveu de Syu et je lui écrase la tête contre cette table de chêne! Sans aucun remord! Sans aucun regret!

Un à un, mon regard se porte sur les invités. Zolgan, Enigma...Oui, quelle erreur Albanne commettrait là si elle voulait faire souffrir Enigma! Car malgré les apparences, je suis persuadé, profondément convaincu que ces deux-là ne finiront pas ensemble. Oui, il y a quelque chose qui sonne faux actuellement dans leur relation. J'en mettrais mes cheveux à couper! Tuer Zolgan serait inutile. Cela n'atteindrait pas si profondément qu'elle le croit le cœur de la mioche. S'en rend-il au moins compte lui? Non, certainement pas. Il est trompé par le sentiment amoureux profond et sincère qu'il ressent.

Syu... Syu, tu vois toujours Albanne comme ton amie. Mais Albanne n'est plus la personne qu'elle était. Elle a tué Syu! Elle a du sang sur ses mains et contrairement à nous, elle n'a pas été formé pour cela. Son esprit a définitivement chaviré cette nuit où elle a incendié ce lieu saint. Si Zolgan est aveuglé par son amour, toi tu l'es tout autant par l'amitié que tu lui portes. Ouvre les yeux Syu. Je t'en prie...Ouvre les yeux! Ouvre-les...avant qu'il ne soit trop tard! Quand a elle, je ne la regarde pas. je croise à peine son profil. L'ambiance est lourde. En cette chaleureuse soirée d'été, quelques moustiques viennent égayer l'ambiance par leurs sifflements intempestifs. Qu'un d'eux s'approche et je passe toute ma tension sur son écrasement!

Je lève à mon tour mon verre de vin pour faire comme les autres, mais je le repose aussitôt sur la table. Il est rare que je renonce à quelques gouttes d'alcool, mais ce soir, je tiens plus à la vie qu'à la boisson!


* http://fr.wikipedia.org/wiki/Petits_meurtres_entre_amis

** Remerciez moi plutôt d'être encore en vie.


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Jessienigma
*L'ambiance est lourde, pesante. Est-ce que les autres s'en rendent compte aussi ou est-elle la seule ? Non, ils ne peuvent pas ne rien remarquer ... Tout a l'air faux, depuis la proximité de Seurn à côté d'Albanne jusqu'à Zolgan assis en équilibre sur un siège de torture que même Enigma aurait eu peur de casser en passant pas le ton si faux de Syu ... Rien n'était normal, c'était évident !

La mioche se posa entre Syu et Zol, gardant le regard fixé sur Seurn. Allait-il faire une bêtise ? Retomber dans l'une des crises de folie dont il avait le secret ? Il fallait l'en empêcher à tout prix. Mais n'était-ce pas ce qu'elle faisait déjà ? Le contact dur et froid du mal sur sa peau était étrange, presque gênant mais elle n'osait pas bouger pour mieux placer la lame. Elle avait l'impression d'être le mal incarné encore davantage qu'à cause des souffrances qu'elle allait infliger au pauvre Ademar. Elle l'avait vu saccager ses cheveux avec cette lame... mais surtout elle l'avait vu tuer un animal de sang froid, juste parce qu'il était sur la route de sa fuite à Patay ...

Elle reporta son attention sur Albanne qui les félicitait. Quoi ? Déjà ? Mais rien n'était encore officiel. C'était trop tôt, beaucoup trop tôt ! Elle se sentit mal à l'aise, encore davantage que ce qu'elle l'était déjà. Elle ne disait rien, observant mais se permis d'interrompre la commande de champagne en regardant Annette.*


Annette pas d'alcool pour moi je vous prie. Une tisane à la rose fera parfaitement l'affaire !

*Retourna son attention vers Albanne, elle serra la main de Zolgan dans la sienne. Il devait se sentir mal au milieu de cette réunion étrange et Albanne ne faisait jamais rien pour arranger les choses et le mettre à l'aise.*

Albanne, nous te remercions de tout coeur mais ... rien n'est officialisé pour nous et ne le sera tant que tout ne sera pas réglé. Je pense qu'il vaut mieux féliciter surtout Seurn et Syu ...

*Elle continue d'observer son ami danois, toujours avec cette inquiétude bien ancrée. Et s'il faisait une connerie ? Pourrait-elle l'en empêcher cette fois ? Elle avait mangé pas mal de viande pour devenir plus forte ces derniers temps, mais pourrait-elle vraiment faire grand chose contre un homme qui pouvait la soulever d'une main ? Elle aurait voulu être dans sa tête pour savoir où la folie s'était insinuée dans son esprit. Chacun porte un toast mais la jeune fille ne boit pas le Champagne, elle l'a promis et tiendra cette parole... à défaut d'en avoir tenue d'autres qu'elle aurait dû ... Elle repère Seurn qui trinque mais ne touche pas à son verre ... une première dans le genre ! Elle ne l'avait jamais vu dédaigné un quelconque breuvage alcoolisé. Que s'était-il donc passé exactement pour qu'il en veuille autant à la danoise ? Elle avait eu les grandes lignes de Syu mais cette dernière semblait avoir accordé son pardon. Avait-elle bien fait ? Voulant changer de sujet, la mioche se décida à faire ce qu'elle faisait de mieux... mettre des pieds dans le plat et se tourner en ridicule pour sauver ce goûter virant au cauchemar.*

Albanne ... pourquoi avoir sorti ces horreurs de sièges ? Ils sont bien jolis, mais sincèrement, ils ne sont pas fait pour des gaillards imposants comme Seurn et Zolgan ! Je suis sûre qu'ils se sentiraient beaucoup mieux sur quelque chose de moins ouvragé ! On a des habitudes simples à Sarlat ma chère ! Regarde rien qu'au nombre de choses que tu as eues à me reprocher et à m'apprendre lorsque je vivais ici ! Ton majordome en a même eu envie de me donner des cours de maintien, c'est dire ! Il fait un soleil radieux dehors, pourquoi ne pas aller s'asseoir dans l'herbe ? Ca te ferait le plus grand bien pour te remettre de prendre un peu le soleil !

*C'était stupide, elle devait bien se l'avouer, mais tous les moyens étaient bons pour tenter de rompre un peu ce silence pesant...*
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Albanne
[Regarde-moi bien en face. Il faut que tu t'y fasses...]
Regarde-moi bien en face, Gérald de Palmas


Sa première phrase me laissai perplexe. Mais intérieurement perplexe. Montrer ma surprise aurait été une preuve de faiblesse. Et la faiblesse est étrangère aux Castral-Roc.
Je sentis soudain toute la puissance qui émanait de ce nom. Le mien. Toute la violence et la force que cela laissait entendre. Si je voulais me montrer digne de mon nom, je devais agir comme eux. Parce que finalement, nous avions tous plus ou moins le même caractère. Etablir une stratégie. Blesser l'ennemi coute que coute, quand bien même cela ne correspondrait pas aux règles éthiques. La morale ? J'adapterai la mienne à l'occasion.

Les paroles joyeusement prononcées par Zolgan me tirèrent de mes pensées. Je me tournai vers lui. Un coup d'oeil suffit à me rendre compte qu'il était mal à l'aise, sur la chaise. Les paroles d'Enigma le confirmèrent juste ensuite. A sa physionomie, je pouvais voir qu'il s'agissait d'un brave homme, simple et franc, peu habitué au malheur, et qui, lorsqu'il avait affaire à lui, prenait tout directement en plein coeur. Amoureux fou d'Enigma, cela ne faisait aucun doute.


Annette, apportez le fauteuil de Père pour Zoulgan.

Et tandis que la servante s'exécutait, et offrait un confortable fauteuil de bois couvert d'une peau d'ours, je passai les doigts dans les poils soyeux de Brume. Un loup. Voilà qui représentait bien la Famille. Même si nos ancêtres avaient autrefois porté leur choix sur le poisson et la fontaine.
Mais qu'importait.


Non Enigma. Nous allons rester à l'intérieur. Mais Annette va ouvrir la fenêtre.

Ce qu'elle fit immédiatement. Je pus alors reporter mon attention sur mon voisin de gauche. Comme dans un brouillard, je l'entendais me menacer de mort. La désirer ardement. Être prêt à me rendre au Très-Haut de ses propres mains.
Il ne but pas le contenu de son verre. S'imaginait-il que j'allais l'empoisonner ? Cette pensée m'arracha un sourire. Non, je ne pouvais pas physiquement lui faire mal. S'en prendre à lui par les actes revendrait à s'en prendre à Syu. Et je l'aimais trop, mon amie rousse, pour vouloir lui faire du mal consciemment.


Annette, vous veillerez également à mettre de la citronnelle. Vous savez que j'ai horreur des moustiques.

De nouveau, je reportai mon attention sur le Danois. Pourquoi cette haine qui inspirait la mienne ? Mes yeux de glace se durcirent. Pourquoi désirait-il ma mort ? Je compris soudain comment agir. La phrase fut prononcée en notre langue. Probablement pour que les autres ne comprennent pas. Si je voulais l'importuner, je savais ce qu'il me restait à faire.
M'adossant profondément dans mon fauteuil, je le regardai, un sourire hésitant entre la délectation et l'amusement se dessinant sur mes lèvres.


Dites-moi, Seurn... Pourquoi devrais-je vous remercier de m'avoir laissé en vie ?
_________________
Syuzanna.
[Should I stay or should I go *]


D'un trait, elle siffle la moitié de son verre de vin de Champagne. Les bulles lui montent au nez, la faisant grimacer légèrement. Ce n'est finalement pas désagréable, cette boisson. Même plutôt bon.
Elle examine d'un oeil ce qui se passe aux alentours. L'ambiance est à couper au couteau. Joyeux, comme rassemblement. Le pauvre Zolgan a aussi l'air son aise ici qu'il le serait aux portes de l'Enfer. Elle n'est pas sans jeter de fréquents regards à Søren, désormais. A quoi joue-t-il ? Il sait qu'elle n'était pas dans son état normal lors des faits. Et puis, à part une nouvelle cicatrice sous ses côtes, il n'y avait pas eu tant de mal que ça. Si ? Non ! Rien qui ne mérite de s'étendre.

Puis, il y a cette petite phrase, lancée l'air de rien, par une Albanne semblant aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau. « Dites-moi, Seurn... Pourquoi devrais-je vous remercier de m'avoir laissé en vie ? » Le verre de cristal se brise dans la main de la rousse. Le bruit semble se répercuter dans la pièce. Au sol, se répend le vin à bulle et le sang mêlé de l'Ecossaise. Quelques éclats se sont fichés dans sa paume, mais elle n'en a cure. Ploc. Ploc. Le bruit des quelques gouttes d'alcool aromatisées au liquide vital tombant sur le tapis précieux. Son regard noisette se porte sur Søren. Comment a-t-il osé ? Ses sourcils se froncent dangereusement. Le dire en danois, bien sûr. Pour ne pas qu'elle comprenne. Pour ne pas que se produise précisément ce qui vient de se passer. Ce qui est en train de se passer.


- Gòrach **! hurle-t-elle en se levant, quelques éclats serrés dans sa main.

Son poing est parcouru de trainées pourpres. Mais elle ne ressent même pas la douleur, furieuse qu'elle est après son fiancé. Les doigts s'écartent, le verre tombe. En deux pas elle est sur lui, en une seconde, sa main blessée le gifle sur la joue, laissant une empreinte sanglante sur son visage.


- Agus an dràsda ? Feumaidh sinn... ***

Elle s'interrompt. De toute façon, personne ne comprend ce qu'elle raconte. Elle ferme les yeux, inspirant et expirant profondément. Puis de nouveau, darde son regard furieux dans le sien.

- Ne t'avise plus jamais de menacer Albanne. Quoi qu'elle ait pu faire, quoi qu'elle fasse, grogne-t-elle d'une voix charriant des glaçons.

Approchant son visage de celui du Danois, les sourcils toujours froncés, elle lui murmure pour lui seul :

- Dois-je te rappeler que tes actes ne furent pas ceux d'un Saint, lors de ta propre folie ? Ou as-tu la mémoire sélective ? Si je t'ai pardonné d'avoir enfoncé un pied de chaise dans la cuisse d'Enigma, tu pardonnes à Albanne ce qu'elle m'a fait. Compris ?

Poing blessé serré, elle retourne s'assoir, attrapant au passage une prune, dans laquelle elle mord à pleines dents. Et, histoire de clore définitivement l'incident, elle lève une main, claque des doigts, et lance, désinvolte.

- Dites-moi Annette, par le plus grand des hasards... Vous auriez un linge humide pour me nettoyer la main ? Je n'ai pas contrôlé ma force, et le cristal est si fragile...

* Should I Stay Or Should I Go - The Clash
** Idiot
*** Et maintenant ? Nous devons...
--Annette_langlois


Annette faites-ci, Annette faites-ça. Oui, d'accord, tout de suite, mais n'enchainez pas les ordres si vite ! Après avoir servi la noble assemblée - tout de même, cette rouquine pourrait mieux se tenir ! Quelle posture inconvenante ! - et bien fait attention à servir de la tisane à la rose à la jeune fille...

- Tenez ma Damoiselle une tisane à la rose attention c'est chaud ne vous brûlez pas surtout prenez votre temps et appelez moi si vous désirez une seconde tasse je suis là pour ça.

... Le tout prononcé sans respirer. Elle tendit aux autres les verres en cristal précieux. Un verre égale un mois de salaire. Le premier qui en casse un...
Puis il fallaut ouvrir la fenêtre, et allumer devant les battants ouverts, des bougies à la citronnelle.
Et là, comble du comble. Trainer le fauteuil qui pesait un cheval mort, sous les fesses de l'invité. En quelques grimaces et nombreuses minutes, elle parvint à le déplacer jusqu'au niveau de Sieur Zouligan/Zoulgan/Zolgan/Zol - rayer les mentions inutiles - et mettre à la place du fauteuil du Duc, la fragile chaise de merisier.
Bien, mission accomplie. Jusqu'à ce que... CRAAC !
Sursautant, elle se tourna vers la source du bruit. La fichue Ecossaise venait d'émiettrer un mois de salaire !


- Par le Très-Haut, Dame ! Vous n'êtes pas bie... blessée ?

Se ratraper aux branches... Art bien utile. Gifle admnisitrée, le sang a coulé, tapis tâché, verre brisé... Annette effondrée.

- Un linge, oui, tout de suite Dame !

Et de s'empresser d'humecter son mouchoir propre du matin, dans le bol d'eau destiné au loup, qui fort heureusement, n'a pas bu dedans, de l'essorer, et de le tendre à la blessée.

- Désirez-vous du vinaigre pour désinfecter ?
Soren
[Je voudrais vous raconter l'histoire d'une petite qui s'est un peu laissée aller sur ses contes de fées*]

Ainsi donc Cendrillon veut jouer cartes sur table. Le regard noir et la baffe que je me prends de la part de Syu ne m'étonne guère. Le fait qu'elle s'exprime en gaélique m'interpelle par contre. A quoi bon? Même moi, je ne le comprend pas suffisamment. Elle lui a pardonné et il faudrait que j'en fasse autant? Une question vient à mon esprit: lui aurait-elle pardonné si c'est moi qui l'avait pris dans le ventre ce fameux carreau? Cette baffe n'est pas la première que je prends. Et ce n'est sans doute pas la dernière. Ma seule réaction? Un haussement de sourcil. Tout simplement.

- Je pourrais lui pardonner puisque tu me le demandes Syuzanna... si j'étais seulement convaincu qu'elle n'est plus un danger pour nous.

Je jette un regard dédaigneux et méfiant en direction d'Albanne. Tu as voulu jouer à visage découvert Albanne? Je n'ai plus de raison de me taire vis-à-vis de tes autres invités. Syu retourne à sa place. Je la suis du regard et attends patiemment que la servante lui apporte de quoi nettoyer sa main. Le silence devient de plus en plus pesant. La tension est à son comble. Il faut que je la fasse baisser sans ça...Mieux vaut ne pas évoquer ce qui pourrait arriver. Comment? En tapant violemment du poing sur la table.

- Bon sang Syu! Tu ne comprends donc pas les raisons de ce soit-disant gouter? Crois-tu vraiment qu'elle nous a fait venir à Paris simplement pour nous féliciter pour notre mariage? Un simple pigeon n'aurait-il pas été plus adapté? Elle se joue de nous une fois de plus! C'est la corde qu'elle méritait!

Mon soupir est lourd de signification. Sur la table s'étale les morceaux de cristal qui composaient il y a peu mon verre de vin. Il faut croire que mon coup de poing sur la table a au moins réussi à ébranler quelque chose...à défaut de quelqu'un.

- Veux-tu donc que je raconte ici ce qui s'est passé à St-Aignan? Comment la petite princesse de Castral-Roc se comporte en société? Mes actes, fussent-ils guidés par la folie ou pas, je les assume pleinement. Qu'elle en fasse donc de même au lieu de se cacher derrière ce masque de cire de dame de bonne compagnie!

Et comme si les présages n'étaient pas suffisamment puissants, un corbac s'introduit dans la pièce par les fenêtres béantes. Lui aussi, j'ai envie de l'étriper. Lui aussi j'aimerais le voir aussi froid que ma voisine de droite. Lui aussi n'est rien d'autre qu'une créature nuisible à la société fusse t-elle françoise ou danoise. Je tourne mon attention vers ma compatriote.

- Vous avez voulu jouer à visage découvert? Alors allez jusqu'au bout de ce principe et dites-nous donc la véritable raison de notre présence ici.


* Introduction de "Cendrillon" lors d'un concert de Téléphone.

_________________
Syuzanna.
[Il faut que tu respires... *]

Inspiration... Expiration... Inspiration... Expiration... Ne pas se laisser aller. Et si jamais cela arrive, ne pas oublier de s'exprimer dans une langue connue de tous. Inspiration... Ne pas se laisser dominer par sa colère. Expiration...

- Seurn !

Peut-être que les méthodes de relaxation ne sont pas encore tout à fait au point. Ou alors a-t-elle du mal à être réceptive ? Quoi qu'il en soit, aux vues des traits furieux de son visage, on sait tout de suite à quoi s'en tenir.
Mais à quoi joue-t-il, bon sang ? Elle le lui a dit, pourtant, qu'Albanne a tout oublié de ses actes ! Qu'il ne faut pas les lui rappeler ! Pas maintenant ! Lui laisser le temps deguérir ! Ne voit-il pas qu'elle s'est bien trop amincie, elle qui déjà, n'était pas bien épaisse ? Ne voit-il pas l'ombre des cernes sous son regard de glace ? Est-il si... stupide ?


- Ça suffit !

L'ordre claque dans l'air comme un coup de fouet. Les poings serrés sur le bandage de fortune, elle l'aurait bien désintégré du regard si elle avait pu. Jusqu'à l'arrivée du corbeau. Un signe des Dieux ! Car l'animal symbole des MacDouggal n'est-il pas le corbeau ?
De nouveau, elle se lève, et se dirige vers lui. Pour l'empoigner par le devant de la chemise, et l'entrainer hors de la pièce. Où aller ? Assez loin, pour ne pas être entendu. L'étage, décide-t-elle en avisant l'escalier. Ses doigts serrés façon pince de crabe en colère sur un bout d'algue innocent, à la main de Søren, elle grimpe les marches rapidement, avant de pousser une porte, au hasard, la première qui vient. Une chambre - une parmi tant d'autres ! Fermant la porte, elle se plante face à lui, fulminante de rage.


- Je t'ai dit qu'elle ne se souvient de rien ! Pourquoi tu...

Du plat de la main, elle le pousse sur le lit, puis, du mouchoir humide de la domestique, lui essuie méthodiquement la marque sur sa joue, pleine de sang séché. Finalement, les exercices de respiration fonctionnent. A retardement. Car la voilà calmée.

- Je sais bien que... Elle pose la main à l'endroit où quelques temps auparavant, un carreau d'arbalète était fiché. Mais elle n'était pas normale ! Comme toi, à Patay. T'en ai-je voulu pour le... mal infligé ? Non. Et pour elle c'est pareil. Si ç'avait été toi qui à l'époque, m'avait tiré dessus, je ne t'en aurais pas gardé rancune.

Elle le regarde dans les yeux, une main posée sur sa joue, à l'endroit de la gifle.

- Je sais qu'elle est... Son comportement est un peu froid, hautain, et fier... Mais fais-en abstraction. Laisse-la dire ce qu'elle a à dire. Quoi que soit l'autre raison de notre présence ici, puisque tu sembles penser qu'il y en a une, laisse-la nous l'annoncer sans... Sans te comporter en goujat !

Une esquisse de sourire se dessine sur son visage, et ses doigts glissent le long du cou du Danois.

- S'il te plait.

* Respire - Mickey 3D
Jessienigma
*Ce n'était pas efficace, mais alors pas du tout. Elle avait cru pouvoir détendre un peu l'atmosphère mais ça n'avait pas franchement fonctionné au mieux. Enigma ne pouvait pas quitter les deux danois du regard. Elle regarda la pauvre Annette ramener un lourd fauteuil de bois. Il était certain que son ami serait bien mieux installé là-dessus. Il était dommage qu'Albanne ait refusé son idée de sortir, ça aurait pu calmer un peu les esprits.

Albanne était très froide envers Seurn, autant que l'inverse. Comment cela aurait-il pu passer inaperçu ? Alors que tout cela se passait, voilà que Syu s'énervait et giflait Seurn. Elle devait être drôlement en colère pour s'exprimer dans sa langue. D'abord du danois, ensuite du gaélique ... c'était un peu trop multiculturel. Elle se sentait très mal à l'aise et serrait les poings, prête à intervenir.

Syu s'était blessée mais ça ne semblait pas trop grave et Annette s'en occupait déjà. Mais pour l'instant, la mioche restait focalisée surtout sur le grand blond. Elle remercia Annette d'un sourire et plongea ses lèvres dans le liquidé chaud et ambré en écoutant Seurn, les sourcils froncés. Elle savait que ça finirait par sortir et qu'il ne se tairait pas. il n'avait jamais pu garder ce genre de choses secrètes. Sans hésiter, la jeune fille se leva et se glissa derrière Seurn pour poser ses mains sur ses épaules, regardant à peine le second verre brisé. Elle murmura doucement à son oreille.*


Reste calme le Danois ! Reste calme ! Cela étant ... Moi aussi, ce goûter m'a perturbée ... Déjà Zolgan et moi ne sommes pas encore vraiment fiancés ! Y'a rien d'officiel et rien ne le sera tant que je n'aurais pas mis les choses au point avec Ademar ... et ... vu comme tu traites Zolgan, ça m'étonne encore plus ...

*Soupirant, elle serra un peu plus fort ses mains sur les épaules du danois et regarda Seurn et Albanne tour à tour*

Alors vous deux, vous allez vous parler sans gueuler ! Et cherchez pas, j'surveille et de près ! Et pas question d'en venir à la violence ! Seurn ... pourquoi es-tu sûre qu'elle veuille du mal à quiconque ? J'ai vécu ici et je suis toujours entière. Syu l'a vue souvent aussi et elle va bien aussi.

*Elle ne la laissa pas vraiment finir la rousse furibonde et elle empoigna son homme par le col pour l'entrainer ailleurs. Elle espérait que ça allait le calmer. Elle profita de l'inquiétude ambiante pour glisser sa main sous sa chemise et replacer le poignard correctement avant de s'asseoir auprès de Zolgan en soupirant...*

Et ben ... c'est joyeux
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Soren
[Moi, je voudrais...*]

Une grande fatigue. C'est ce que je ressens à cet instant précis. Entre Syu et Enigma, j'ai l'impression de voir deux nonnes versées dans la médecine administrant des soins palliatifs à un grand malade. C'est étrange cette sensation d'être incompris, de devoir sans cesse lutter pour mettre en lumière des évidences. Et si? Et si je me trompais? Et si Albanne n'était pas celle que j'imagine en ce moment? Dois-je vraiment lui donner une nouvelle chance comme le prétend Syu? Tout se mélange dans ma tête. Leurs paroles respectives ont ébranlé mes convictions.

Revenu dans la pièce principale sans n'avoir pu ajouter un seul mot, je prends de nouveau place aux côtés d'Albanne. Une fois encore, on dirait bien que la colère noire qui gronde en moi n'arrive pas à se libérer de ses chaînes...même si je ressens sa virulence dans la moindre parcelle de mon corps. Je ne peux m'empêcher cependant d'être aux aguets. Non Albanne, je n'ai pas confiance en toi. Malgré les paroles de Syu, malgré la tentative de réconciliation de Enigma.

Mes mirettes croisent celle de la rousse. Tu le vois Syu? Sens-tu les efforts que je déploie pour tenter de me maîtriser? Moi je voudrais simplement que l'on en finisse avec toute cette histoire. Moi je voudrais qu'on oublie tout ça. Mais surtout...moi je voudrais qu'on sorte d'ici intacte...

Buaidh no bas... Vaincre ou périr...Vaincre ou...périr! Tu as ta chance Albanne. Parle! je te laisse tout l'espace que tu désires. Trompe-nous... ou pas! Fais ce que bon te semble. Ton amie désire te donner une nouvelle chance, alors je m'incline! Inutile de te faire un dessin n'est-ce pas Albanne? Tu sais comment un danois peut réagir quand il se sent trahi, n'est-ce pas? Et crois-moi, s'il le faut je serais encore plus impitoyable qu'avec quiconque car tu viens du même coin de pays que moi!


* Jeronimo
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Zolgan
Hmm.. l'atmosphère était à couper au couteau... Finalement Zolgan aurait peut-être mieux fait de rester à Sarlat.. Bordel.. mais que c'était-il donc passé entre Albanne et Soren.. pourquoi avoir insisté pour l'invité d'ailleurs si c'était pour en arrivée là.. avait-il été naïf au point de croire Albanne sur parole lorsqu'elle lui avait signifié par pigeon que ce goûter n'avait simplement pour but que de fêter leurs quasi-fiançailles?.. possiblement oui.. Il allait devoir se méfier maintenant... Il les observait tour à tour.., toujours assis sur le bout de sa chaise, d'ailleurs. ses fesses commencer à la sentir cette chaise.. franchement il n'était pas confortable du tout.. non.. Il n'aurait pas dû accepter l'invitation... surtout que vu comment ça se déroulait.. la fin n'allait probablement pas être belle à voir...

Et voilà qu'Eni prenait sa défense.. c'était gentil.. mais pas nécessaire.. il ne voulait pas brusquer personne.. et si il le fallait,et que ses fesses lui faisaient trop mal, il allait rentrer à Sarlat à pied!.


hummf.. non mais elles me convient ppppaaaaarrrfaitement cette chaise... ne vous inquiétez pas pour moi... je humm..


trop tard.. voilà que la dénommée Annette arrivait avec un nouveau siège...


humf.. merci.. enfin.. ce n'était pas...

- Gòrach **!

Oulà. .qu'est-ce que c'était que ce bruit...! Il détourne la tête.. et voilà .. Syu qui perd son sang froid..... .. ça allait de mal en pis... qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là maintenant?.. Il fallait qu'il tente un truc.. il allait ouvrir la bouche lorsque Soren l'interrompit.. mince.. rien pour arranger les choses.. ses doutes se confirmèrent.. ça n'avait rien de goûter de fiançailles...

Il ne comprenait rien à leur histoires.. que s'était-il passé exactement lors de ce fameux voyage à Patay? Enfin, il n'était pas vraiment certain de vouloir le savoir... il vint s'assoir dans le nouveau siège qu'on lui avait apporté.. très confortable.. mais ce qui se passait sous ses yeux ne lui permettait pas de s'en rendre compte.. Il regarda Eni derrière Seurn... et mince non! Ce n'était pas le moment de le mêler à leurs histoires.. non.. il n'avait absolument rien à voir là-dedans.. il ne voulait pas ce mêler de ça...

Il ne la quitta pas des yeux lorsqu'elle revint prête de lui..... fallait changer de sujet.. mais que dire.. quoi faire..? c'était lourd.. trop lourd.. enfin.
.

humf.. sinon.. moi j'aime les fraises...

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Albanne
[Dix petits Nègres s'en allèrent dîner. L'un d'eux s'étrangla et il n'en resta plus que neuf...]
Les Dix Petits Nègres - Agatha Christie

L'accusation porte son coup. J'encaisse. Que cherche-t-il à me dire ? Je ne comprends pas. Jouer à visage découvert ? Véritable raison de leurs présences ici ?
Une vision se superpose soudain à ce qui se passe ici. Une jeune fille perdue au milieu d'une forêt enneigée. De grands yeux bleus. Un visage de glace. Et ce froid qui ne me quittait jamais. Ces sentiments qui me traversaient sans m'atteindre. Etais-je toujours ainsi ? Non. Plus depuis que je savais qui j'étais. Ce que j'étais. Plus depuis que je connaissais mon nom.
Un instant, je fermais, désirant de tout mon être retrouver cette jeune fille. Puis lentement, je les regardais un par un, une fois que Soren et Syuzanna furent revenus.


Je...

Qu'avais-je encore oublié ? Puis quelque chose de plus fort s'abattit sur moi. Une vague impossible à arrêter. Je les regardais de nouveau, adressant un large sourire à Zolgan... Avant d'éclater de rire à sa remarque étrange. Des fraises ? Soit !

Annette, emplissez une assiette des fraises confites, pour mon ami Zolgan.

Puis de nouveau, cette vague étrange. Salée. Glacée. Irrésistible. Je me tournai lentement vers Soren. Et en cet instant, j'étais redevenue l'orpheline dans la neige. Avec quelque chose de plus. Comme un éclat particulier dans mes yeux. Dieu nous a choisi, me répétai-je. Il était temps de le prouver.

Je n'ai pas à justifier mes actes devant vous, Seurn Eriksen.

Je levai la main pour l'interompre.

Oui, simplement Eriksen. Vos ascendances Ecossaises ne m'intéressent pas. Vous semblez persuadé, pour une raison que j'ignore, que je vous ai convoqué dans le but de vous faire souffrir, ou pire.

Je me tus un instant, avant de reprendre.

Si je vous ai fat venir... C'était tout d'abord pour réunir mes deux chères amies auprès de moi. Et leurs hommes pour que ce soit plus... sympathique. D'ailleurs excusez-moi, Zolgan, pour le piètre accueil que vous avez reçu. Mais là n'est pas la question... Vous vous souvenez du bal, j'imagine ? Annette m'a raconté ce que vous aviez fait, Seurn, en compagnie de ma cousine et de ma domestique. Et ce que vous avez découvert... J'y suis allée, ensuite. Et j'aimerais que vous m'expliquiez ceci, Seurn. Annette, apportez-moi ce que dont je vous ai parlé.

La domestique s'exécuta bien vite, apportant diverses choses, dont une à l'odeur attroce. Je m'en saisis.
Sur la table basse, je posai un livre, celui des vertues, puis un poignard, au manche portant une étrange gravure, visiblement étrangère, puis le clou du spectacle. Un sac de toile, à l'odeur insupportable. Et dedans... La tête d'un homme mort depuis quelques semaines...

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Soren
[Little piece of heaven*]

La stupeur fait place à l'appréhension lorsque Albanne se décide enfin à nous révéler la raison de notre visite. je ne peux détacher mon regard des artéfacts que la servante dépose négligemment sur la table. Joyeux festin!** Oui! Décidément, c'est vraiment à une drôle de gouter que la danoise nous a convié. Les barrières que j'avais dressé en moi pour me prémunir de sa folie tombent instantanément. L'effet de surprise est sidérant. En un instant, mon attention bascule entièrement sur ce qui trône devant moi: un livre, un sac de jute au macabre contenu et un poignard finement ouvragé. Je ne sais si Albanne a remarqué l'effet que cela me procure. En cet instant, plus rien n'existe que ces trois "choses" là! Elles me fascinent, m'attirent. Irrésistiblement. je ne peux m'en détacher.

Fin Mai..Le Bal ici même aux Houx-rouge. La folie qui s'empare des invités. Syu blessée que l'on porte dans une chambre à l'étage... La petite Birgit... Le passage secret dans la cheminée. Toutes ces images défilent devant mes yeux comme si je venais des les vivre à nouveau avec l'apparition de ces trois "choses". ma gorge est sèche, tout comme mes yeux qui ne clignent plus depuis un moment déjà. Ma bouche entr'ouverte laisse à peine passer un mince filet d'air. J'en arrive presque à oublier de respirer. La descente dans cette cheminée sombre et humide... Le bruits des insectes que l'on écrase à chaque pas que l'on fait sur ce sol spongieux... La servante et Birgit derrière moi... Et la première porte! Cette journée m'a longtemps traumatisé. J'en ai rêvé pendant plusieurs nuits. Je crois que le pire de toute cette aventure ne fut pas les visions d'horreur qui s'offrirent à moi mais l'odeur! Une odeur tenace qui vous prend aux narines et qui ne vous lâche plus. Une odeur infect! Un mélange de fragrances d'humidité, d'excréments, de moisissures et de pourritures! De sang aussi! Et puis les "choses" entrèrent en scène. Le livre? Il était solidement attaché, ancré entre les doigts décharnés d'une squelette. La tête? Elle était encore fixée à un corps fraichement mutilé. Cette mort, contrairement à celle du propriétaire du livre des vertus, ne remontait qu'à peine à trois ou quatre jours. La vermine n'avait pas encore fini avec lui. Quand au poignard... Un poignard? J'ai beau cherché mais non! Je ne me rappelle pas d'une poignard! ***


je relève lentement la tête et les regarde tous, l'air hagard. Je comprends à leur mine que je viens de parler tout haut sans m'en rendre compte. Je m'arrête enfin dans la direction d'Albanne.

- Pourquoi? Pourquoi faire resurgir toute cette horreur? Que voulez-vous que je vous dise? Que votre hôtel particulier est infesté de passages secrets et qu'il s'y passe d'étranges choses?

Je ne peux garder plus longtemps la tête dans une autre direction. Le centre de la table... C'est là que je veux focaliser mon attention. C'est là que je veux être! Au centre de la table! Je me lève et me penche vers le livre que je ramène à moi. Je m'étais promis de le feuilleter et je n'en n'ai jamais eu le temps. Mes doigts glissent sur l'épaisse couverture de cuir embossée. On dirait qu'il vit, qu'il est parcouru par une sorte de fluide. A son contact, j'ai presque l'impression qu'il pourrait me parler, me raconter son histoire. Il est fragile et puissant à la fois. Je l'ouvre à la première page.

- Près du cadavre, écrit dans une épaisse encre noire, il y avait une sorte de symbole...

Je fais glisser mon index sur le bois dur et veiné de la table et je trace : II^X

* de Avenged Sevenfold

** Tout ressemblance entre une tête coupée en décomposition et un happy meal ne pourrait être que fortuite.

*** Ce paragraphe est réellement prononcé à haute-voix par Søren, excepté évidemment l'effet que procure ces objets sur le danois. Tout le reste est intégralement prononcé à haute et intelligible voix.

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