Afficher le menu
Information and comments (0)
<<   <   1, 2, 3, 4, ..., 10, 11, 12   >   >>

[RP Ouvert] Les épousailles Corleone !

Laell
Une fois à l'extérieur, la porte passée, la Corleone se trouva face à une rousse, défraichie, à l'image de la taverne. A la remarque, la Brune se retourna et observa le batiment, c'est vrai que la taverne n'avait pas vraiment l'air des plus accueillante, mais c'était moins pire qu'à leur arrivée quelques heures plutôt. Les bras embauchés avaient fait leur oeuvre.
Se sachant contrainte à le faire toute la journée et sans doute une partie de la soirée, elle afficha un grand sourire à la Rousse tout en se présentant. Elle ne la connaissait pas et voyant qu'Enjoy ne lui portait pas plus attention que ça, elle ne devait pas être invitée, haussement d'épaule mental, l'ensemble de la Cour pouvait bien se rameuter ici, il y aurait de quoi sustenter tout le monde.
La laissant là, elle s'avança dans la cour mais n'eut pas le temps de rejoindre sa belle que les premiers invités arrivaient. Tout d'abord la Fleur, à leur première rencontre elle avait provoqué la jalousie de l'Italienne. Bien trop fraiche, bien trop jeune ou plus assez et en plus l'Ecossaise jouait à la charmer. Et bien qu'elle avait apprit à l'apprécier, elle gardait sur elle un oeil méfiant, la jeune empoisonneuse pouvant lui faire la peau d'une manière sournoise quand elle le déciderait. Puis la Vitalis Da Roma fit son entrée. Elle était de la famille et comme tous les autres avait été conviée. Elles ne se connaissaient pas, s'étant rencontré pour la première fois quelques temps plus tôt au hasard d'un pillage qui les avaient menés dans la ville de cette cousine éloignée. De nouveau un sourire de circonstance accompagna le salut qui lui fut adressé. La voix d'Enjoy se fit entendre.

Soyez les bienvenues et prenez place...

Un regard fut jeté vers celle qui venait de prononcer quelques mots, elles ne se retrouveraient sans doute pas tranquilles avant un moment mais c'était le prix à payer pour cette union et la nuit de noces n'en serait que plus désirée. Déjà les morpions Corleone l'entouraient. Un franc sourire s'afficha sur son visage, à croire que de ne pas aimer les gamins les attirait vers elle. Un nouveau Corleone arriva à son tour, le barbu incompréhensible, pas foutu de parler la même langue que tout le monde. Obligeant Laell à tendre l'oreille et à prêter attention à ses paroles pour les comprendre, de quoi la faire râler à chaque fois qu'elle essayait de discuter avec lui. Le voyant prendre la direction des tonneaux, elle alla le rejoindre.

Va falloir qu'quelqu'un s'dévoue pour les mettre en perce.

Elle offrit un grand sourire à Arthor tout en attrapant deux chopes, les tendant vers lui.

T'es désigné volontaire.

Elle récupéra la chope remplie sans même faire attention à son contenu et se retourna s'adossant à un tonneau. Elle avalait une gorgée quand elle manqua de s'étouffer en voyant celle qui officierait. Jamais elle n'avait vu Mira accoutrée de cette manière et un fou rire la gagna alors qu'elle toussait pour expulser le liquide qui venait de lui noyer les poumons.

C'pour m'obliger à faire ça ! Et z'avez pas intérêt d'avoir oublié ma houpp' !

C'pour être payé d'avance qu't'es v'nu déguisée comme ça ?

Retenant son rire, elle se dirigea vers le banc à la suite de l'engrossée, non pas pour s'y assoir mais pour se saisir du paquet déposé là quelques temps plus tôt et le colla dans les bras de la plus tout à fait rasée.

Tiens et vas l'enfiler tout d'suite. S'on est la honte d'la famille, j'aime autant qu't'en rajoute pas avec tes mélanges d'couleurs ridicules.

Un franc sourire déforma son visage, depuis leur première rencontre sur un noeud en Bourgogne, Laell avait toujours apprécié la mercenaire, appréciant son calme et la qualité de ses piques, toujours acerbes et bien placées bien qu'elle ne se montrait que trop peu au goût de la Corleone.

Où qu'elle est, que j'lui coupe l'annulaire ???!

Voix reconnue immédiatement, d'autant plus avec l'évocation de la découpe. Elle avait été présente à la toute première représentation du mariage version Piques. Deux doigts se libérant l'un après l'autre de deux corps mutilés dans un consentement mutuel. Nouveau sourire non feint, alors que ses mains allèrent se rejoindre dans son dos, ne pas lui laisser l'occasion de s'en approcher surtout.

T'touch'ra pas mes doigts et encore moins ceux d'ma future femme !

Même si elle avait comprit l'idée quand ce fut ceux de la Blonde et du Poète qui avaient été tranchés, elle n'aurait jamais pensé qu'on puisse vouloir lui couper le sien pour l'empêcher de se marier. Et pour cause, jamais elle n'aurait pensé le faire un jour. Pourtant aujourd'hui rien ne pourrait lui faire changer d'avis. Puis avisant l'alignement de chopes vides, elle les pointa du menton.

Viens plutôt t'boire un coup, y a d'quoi faire !

Puis arriva celle qui aurait pu être sa maitresse si le hasard avait bien fait les choses en leur permettant de se voir une autre fois avant ce mariage. Maintenant c'était trop tard ou peut être se laisserait elle tenter un jour, après tout elles en avaient parlé avec Enjoy bon nombre de fois et même si l'Italienne refusait catégoriquement l'idée d'aller voir ailleurs, peut être que le futur la ferait changer d'avis.
Puis un autre, inconnu cette fois se pointa, se présentant comme l'Arsouille, rien que pour ça il plut tout de suite à l'Italienne. Elle même aurait pu porter ce surnom quelques temps auparavant. Son lever de coude avait faibli ses derniers temps mais sûr que bien accompagnée, il reprendrait vigueur rapidement. D'un geste elle l'invita à prendre une chope. Trop de mains restaient vides et elle se demanda si elle devait faire servir chacun, puis s'estimant toujours pas maitresse de maison, elle se dit que s'ils préféraient crever de soif devant des tonneaux offerts alors elle les viderait sans leur aide.

Puis les premiers MacDouggal, d'abord Sarah et son blondinet, puis la Rousse, soeur d'Enjoy qui ne semblait pas l'avoir vu près de ses tonneaux. Présence rassurante d'une chope dans sa main, au milieu de ce qui commençait à devenir un attroupement. L'Italienne, bien que loin d'être timide et pourtant assurée en toute circonstance, se demanda un instant si elles n'avaient pas vu trop grand pour le lieu, sûr qu'à la moindre bagarre ça dégénérerait vite. Tous n'étaient pas encore là et déjà la courette se remplissait. Les uns se mêlaient aux autres mais comme dans tout mariage, chacun cherchait des têtes connues. Mais même parmi les invités, certains restaient inconnus du couple, famille éloignée, amis des Corleone ou chevaliers. Le beau monde côtoyant les vilains, voilà qui résumait parfaitement la famille.

Puis un nouveau Corleone se joignit à la foule. Laell le salua d'un sourire, leur rapport n'étaient pas encore au beau fixe bien que des efforts étaient fait des deux cotés. Elwenn l'avait choisit pour compagnon, alors elle méritait bien un effort de la part de sa cousine. D'une première rencontre assez désagréable, ils étaient passé à une politesse nécessaire quand on passe autant de temps ensemble pour divers pillage. Une nouvelle chope fut attrapée et elle la colla dans les mains de l'italien. Après tout, offrir à boire et boire elle même, étaient ses principales occupations quand elle ne savait pas vraiment quoi faire.

Du coin de l'oeil, elle avisa l'Arsouille qui occupait son Ecossaise ou était ce l'inverse. Une pointe de jalousie remonta dans l'esprit Corleonien. Non pas qu'elle n'avait pas confiance en sa Belle mais un homme trop avenant pourrait bien finir par orner le pilori présent non loin.
Sans doute d'autres étaient arrivés sans qu'elle ne les voit mais elle préféra garder sa place stratégique, la montagne de tonneaux, lieu de rassemblement par excellence et après tout, ils venaient pour elles, on saurait bien les trouver si on souhaitait leur taper la discussion. La chope fut vidée d'un trait avant de la remplir de nouveau du même alcool.

_________________
Victorine
Vic fit semblant de râler, pour la forme : elle savait bien que l'amputation salvatrice arrivait trop tard. La gangrène était déjà installée, et puis on n'allait pas décommander tous les invités... ni priver l'Arsouille et l'Hippolyte d'une bonne cuite.

Tout de même, quel gâchis ! L'androgyne n'avait pas toujours porté Laell dans son coeur (si tant est qu'elle en eût eu un un jour). Leur toute première rencontre lui avait valu l'amputation du bout des doigts de l'autre main. Ce n'était pas Laell mais un complice simplet qui avait oeuvré, mais elle avait longtemps maudit tout le groupe, composé aussi de la frangine et d'un nain. La réconciliation s'était faite à coups de tabouret dans des bouges miteux du sud, tandis que leurs deux groupes s'étaient joints pour mieux piller des villes. C'était l'époque où le Baron vivait encore. C'était l'époque où Vic, déjà déguisée en petit gars, était encore assez naïve pour croire que cet ex-futur époux massait platoniquement Sadnezz culbutée sur une table de taverne.

Bien des évènements depuis avaient renforcé le caractère de la blonde. Le temps et les Piques avaient anéanti ce qu'il lui restait de candeur et de noblesse. Croiser Laell à Saumur fut dès lors, sous ce nouveau jour, une deuxième rencontre. Une certaine complicité s'était établie, chose dont bien peu pouvaient s'enorgueillir tant Vic laissait peu de marge d'approche, drapée dans sa suffisance et son dédain.


Boire un coup ? T'as prévu le lait j'espère.

Vic lui passa un bras autour des épaules et l'embrassa brièvement sur la joue, non sans zieuter du côté d'Enjoy. Plus pour surveiller qu'elle ne tentait pas de débaucher l'Arsouille, que pour vérifier la jalousie de la future épousée. Quoiqu'en y réfléchissant, la deuxième éventualité pouvait être rigolote et génératrice d'une séance de bourre-pifs.

Couper l'doigt de ta future femme, en voila une idée qu'elle est bonne.

Vic rangea son couteau, laissa Laell accueillir ses invités, et se dirigea vers Théo.

Alors mon mignon, t'as fini par trouver l'chemin des tonneaux.

Elle pinçouilla amicalement les fesses du Caneton, tout en exprimant un sourire forcé à Enjoy, dévoilant par là même de petites canines évocatrices du genre "touche à mon petit protégé et je t'esquinte la trombine".
_________________

*C'est à la gorge que l'Ysengrin mord.
Fleur_des_pois
Les invités affluaient. C'était étrange de se retrouver là. Parmi ces gens qu'elle ne connaissait pas. Hormis les mariées, ses relations se limitaient à Sarah et à Syuzanna. Fleur n'osa pas s'approcher de cette dernière. Elle ne la craignait point, loin s'en fallait. Mais au Cercle, Syu avait une bonne image d'elle. Ici, la rousse risquait de la découvrir sous son autre facette. Et la Fée tenait à garder une réputation de gentille fille pour au moins une personne en ce monde. Et puis, l'Ecossaise pouvait parler d'elle au Maître. Lui relater son côté sombre. Et c'était hors de question. Elle ne fit donc que répondre à son sourire. Et se mit en quête d'une chope. Et d'une compagnie nouvelle.

Justement là-bas, un homme combinait les deux. Inconnu et prêt des tonneaux. Enfin, pas si inconnu que ça. Il faisait parti du Clan lui aussi. Elle l'avait croisé en chemin.
Fleur s'approcha donc dudit homme. Barbu, brun de cheveux. Sombrement vêtu. Si sa mémoire était bonne, il se nommait Arthor. Drôle de nom. Mais l'Ortie ne pouvait pas se permettre de critiquer. Fleur-des-Pois, c'était autrement plus lourd à porter.
S'adossant contre le mur, elle leva le nez en l'air. Le temps était clair. La nuit serait belle. Du moins là-haut. Ici-bas, ce serait peut-être différent. Tout pouvait arriver à la Cour des Miracles. Fleur se tenait assez prêt de l'homme pour sentir la chaleur émaner de son corps. Peut-être devait-elle engager la conversation. Mais elle ne savait pas quoi dire. Fait étrange, à noter quelque part. Elle n'était pourtant pas intimidée. Mais il lui fallait le temps de sortir d'entre deux eaux. La présence de Syu la mettait mal à son aise. Qu'elle aille tout raconter à Merwynn et c'en serait fini de sa sérénité au beau milieu des bois.


Vous êtes Arthor, c'est bien ça ? lança-t-elle pour briser le silence. Et du même coup le flot de ses pensées négatives. De ce qu'il lui répondrait, elle n'en avait rien à faire. Ou si peu. Mais à défaut d'autre chose, les religieuses du couvent de la Sainte-Félicité lui avaient appris à force de gifles ce qui s'apparentait à la sociablité. Moi, c'est Fleur. Et c'est la première fois que j'assiste à ce genre... de cérémonie.

Son tout premier mariage. Pas seulement entre deux femmes. Mais premier mariage tout court. Ses paroles étaient creuses, elle en avait conscience. Mais parler pour parler... cela n'avait pas que des inconvénients.
Sybelle
C'est une journée comme une autre à la Cours des Miracle. Dans des petits recoins sombres, les gens se meurent en silence – ou presque – tandis que d'autres attendent de pouvoir voler ce qu'ils trouveront sur leurs dépouilles. Et pourtant, c'est un jour tout à fait à part. A la taverne du Sans-Nom, une étrange assemblée est réunie. On y retrouve de tout et de rien – de rien surtout d'ailleurs – sans que quiconque sache bien pourquoi ces gens sont là. Une rumeur court selon laquelle des épousailles vont se dérouler ici. A-t-on jamais entendu aussi stupide ? Qui pourrait bien être assez fou pour vouloir se marier dans un taudis pareil ? Eh bien la réponse est évidente et il suffit de demander à notre Sybelle nationale pour l'avoir : c'est encore et toujours cette enquiquineuse de Caitriona qui fait son intéressante ! Mais après tout, quand on épouse une autre femme, sa cousine qui plus est, pourquoi ne pas le faire en plus dans un coin tout sauf approprié à ce genre de festivité ?

Résignée, donc, à accepter cette énième excentricité de sa cousine, la rouquine avance vers l'endroit où on lui a dit de se rendre. Si elle ne trouve rien à redire au choix de partenaire d'Enjoy (à dire vrai, celle-ci pourrait vouloir se marier à un arbre ou une chèvre qu'elle s'en foutrait royalement), elle aurait bien des choses à lui reprocher pour ce qui est de l'organisation des festivités. Prête à dégainer à n'importe quel instant la dague qui enserre sa cuisse, bien cachée sous ses jupons, Sybelle regarde autour d'elle d'un air critique. Même si elle a souvent visité la capitale, c'est la première fois qu'elle vient à la Cour des Miracles et à présent, elle sait pourquoi elle n'était jamais venue. L'endroit est tout simplement répugnant et l'odeur qui se dégage du sol et des gens lui donne envie de vomir.

Vêtue d'une longue robe gris perle, décorée au col de dentelle blanche, Sybelle fait clairement tâche car si sa tenue est sobre, elle n'en demeure pas moins de très bonne facture. Ajoutez à cela un visage poupin et une longue chevelure rousse on ne peut plus propre (et dénuée de poux, s'il-vous-plaît) et vous trouverez une jeune femme qui ne semble définitivement pas à sa place. Et pourtant elle avance encore et encore jusqu'à arriver sur les lieux du crime. Là, elle ne repère pas grand monde de connue. Elle entraperçoit les héroïnes du jour, ainsi que deux autres de ses cousines un peu plus loin en compagnie du compagnon de Sarah. Aux membres de sa famille – et pièces rapportées – elle peut ajouter à la liste de connaissance Fleur-des-Pois avec qui elle partage la foi druidique et c'est tout. Parmi la foule réunie elle connaît en tout et pour tout six personnes. Poussant un soupire sonore, la jeune femme se surprend à prier pour qu'il y ai du whisky et elle s'approche de Caitriona qui discute avec un homme que Sybelle ne connaît pas.


C'est dégueulasse ton trou ! C'est totalement idiot d'avoir choisi de vous marier ici. J'espère que vous étiez ivres mortes Laell et toi quand vous avez choisi cet endroit pour la cérémonie, lance-t-elle à sa cousine, aussi polie et aimable qu'une porte de prison. Oh et bonjour au passage.

Abandonnant Enjoy sur ces paroles pleines de douceur et de tendresse, c'est donc une Sybelle visiblement de charmante humeur qui va se servir un verre – il en faudra plus d'un pour supporter cette journée, c'est sur – mais c'est déjà un début. Sa chope à la main, la rouquine hésite une seconde. Rester seule ou bien rejoindre les représentantes des écossais, celles-là même qui l'ont conduites à un mariage sans amour (avec un cul-bénis d'italien) qui la révulse plus que tout, mais qu'elle accepte pour le bien commun ? Elle en veut à ses cousines – au monde entier à vrai dire – pour cette union à venir et il est fort à parier que la mauvaise grâce dont elle fait preuve en ce grand jour est certainement due à cela, mais elle se sent incapable de les ignorer. Après tout, il va bien falloir qu'elle se résigne pour de bon puisqu'elle a accepté de plier sans trop rechigner. S'approchant donc de ses aînées, la rouquine se laisse tomber sur le banc à côté de Syuzanna, absolument sublime comme à son habitude.

Salut.

Sobre. Neutre. C'est le mieux qu'elle peut faire pour le moment sous peine de commencer à faire une affreuse scène devant tout le monde, telle une sale môme grincheuse.
Killijo_de_denere
Killi observait tout le monde, les braillards, les discrets, les roublards, les malins qui préféraient repérer avant d'agir ou de parler, ceux qui se retrouvaient ici. Heureux ou fâchés de voir des têtes qu'ils n'auraient pas forcément voulu voir. Les tenues étaient variées, les têtes aussi. Parfois, l'on pourrait s'étonner même de trouver du royaliste dans le coin. Une tête qui lui semblait connue, mais dont il n'arrivait à retrouver le nom. Pourtant il lui semblait en avoir entendu parler pendant une des guerres en Anjou. Mais l'Anjou était loin derrière lui. Il avait tourné la page, enfin c'est ce qu'il lui semblait, mais il avait son duché d'origine au coeur. Il n'arrivait à le changer. Tout comme il n'oubliait point cette belle italienne qui lui tournait les sens. Tout à son observation et à son analyse des présents, il ne l'avait point vue arriver. Pourtant, d'ordinaire, il pouvait même l'annoncer, tant sa présence lui mettait l'âme en émoi. La dernière fois qu'il l'avait vue... l'anniversaire d'Atthé. Elle ne lui aurait pas pardonné de ne point l'inviter. Par contre, si elle avait pu s'abstenir de ramener son bellâtre qui lui avait volé le coeur de sa fille... mais il ne pouvait lui en vouloir. Elle aimait Atthé comme sa fille. Et il savait que si elle voyait cet amour d'un bon oeil, c'est que le Tobias, malgré toutes les réticences de Killi, était un homme bien pour Atthé. Mais son coeur de père refusait de le voir. Il n'était pas prêt à voir sa petite tornade blonde convoler. C'était bien trop tôt.

Rodrielle a écrit:
Allora, on s'est perdu chez les Damnés ?


Un sourire, plus élargi qu'il ne l'aurait voulu, mais ses yeux étaient déjà perdus sur ses jambes, qu'il avait si souvent caressées et qu'il aimait sentir enroulées autour de ses hanches. Il retenait ses mains pour ne point retirer les barettes qui retenaient ses longs cheveux. Elle était tellement plus belle quand elle avait sa chevelure libre, comme le reste. Elle était appuyée face à lui, laissant un spectacle agréable sous ses yeux.

Un mariage entre femmes, à ce que j'ai compris, je n'aurais raté ça pour rien au monde. Je pourrais même le célébrer, si le curé se défile. Je suis diacre, rappelle-toi, ma belle.

Il la regarda plus attentivement, puisqu'il ne pouvait plus regarder avec les mains.

Tu es devenue encore plus belle. La maternité te sied.

Il voulait la rassurer, malgré ses traits tirés, sur sa séduction et sur le fait que, même si les années passaient, elle restait sa belle Italienne à ses yeux. Même si elle devait s'en contreficher maintenant. Se rapprochant pour lui chuchoter, même si personne ne les écoutait.

Tu sais, si tu as besoin d'un endroit tranquille pour te reposer, les Rosiers te sont toujours ouverts. Ta chambre est restée intacte. Et elle le restera.

Une parole, lourde de sous-entendus, mais qu'il tenait à lui dire, face à face. Les paroles s'envolent, les écrits restent, mais il est des paroles que l'on aime entendre. Et parfois se répéter. Puis, pour changer de conversation, car les déclarations n'étaient pas leur fort.

Elles sont qui pour toi, ces deux donzelles ? Enfin je veux dire dans la famille ?
_________________
En deuil de sa mère
Chez moi
Umbra
L’Ombre errait toujours, sans cesse, trainant sa carcasse d’un pas lent. Alors que son allure était plus que régulière, monotone dirons-nous, le paysage devant ses yeux noirs défilait trop rapidement à son goût. Mais ça, ce n’était qu’une illusion. Perdue dans ses pensées, la jeune femme en oubliait sa direction. Parfois, un moment de clairvoyance ou le simple fait d’heurter un badaud lui faisait dériver les yeux vers l’environnement.

Aujourd’hui, c’est ni l’un ni l’autre qui interpella Ombeline. C’est l’odeur répugnante régnante qui l’empêchait de penser, de respirer. Une fragrance animale aux notes de sang, de sueur et d’hormones mêlées. Un parfum que la pucelle n’avait jamais humé auparavant et que dans le fond, elle se serait bien gardée. La brune évoluait dans une rue défoncée. Les pavés déchaussés l’obligeaient à tenir le regard au sol, bien qu’elle fût consciente que ce n’était pas non plus dans ce genre d’endroit qu’on garde la tête haute : du moins quand on a pas de nom.

Son apparence de miséreuse se fondait bien dans la masse de soiffards, de ribaudes et Dieu seul sait, encore de quels êtres infâmes dont ce labyrinthe recelait. Le lieu commençait tout de même à l’effrayer surtout quand les édentés lui souriaient. Pas qu’Umbra ait quelque chose contre leur dentition dépariée mais plutôt leurs lèvres tirées de manière malsaine.


Mais où suis-je donc…

Ce murmure quasi inaudible ne cherchait pas à tomber dans l’oreille d’autrui, il tentait vainement de rassurer la jouvencelle. Quelques mètres plus loin, l’Ombre aperçut un attroupement et se dirigea vers ce dernier. A observer les toilettes sombres dont ils étaient vêtus, cela ne présageait rien de bon mais en détaillant les traits de certains facies, on pouvait en remarquer quelques singularités. Ses iris de jais se posèrent sur l’enseigne que la petite foule bloquait l’accès et un fin rictus déforma sa bouche quand elle lut « Le Sans-Nom ».

Peut-être la jeune femme n’était pas si mal tombée au final. Sa gorge se sécha soudainement et l’idée de prendre un verre se fit vite sentir. Balayant les alentours de son regard froid, elle tiqua en croisant une tête. Le visage d’Enjoy lui rappela quelqu’un sans pour autant pouvoir la reconnaitre. Ne souhaitant pas que la Corléone se sente dévisagée, Ombeline détourna son attention vers le premier inconnu à ses côtés et lui demanda:


Excusez-moi, la taverne est-elle ouverte ?
_________________

Syuzanna.
[J'ai dans le coeur quelque part,
De la mélancolie.
Mélange de sang barbare,
Et de scotch whisky]
*

La foule grandissait de minutes en minutes, à tel point que la rousse commençait à se sentir mal à l'aise. Heureusement, le mariage semblait bien se faire à l'air libre. A coup sur en intérieur, elle s'en serait évanouie. Elle était tout sauf de faible constitution, mais supportait de moins en moins la promiscuité des corps au beau milieu d'une foule.
Une fois encore, la rousse se fit la réflexion que la France n'avait que très peu de rapport avec son pays natal.

Le paysage de son Ecosse était animé par d'innombrables montagnes. Les lacs aux eaux glacées étaient aussi nombreux que les étoiles dans le ciel. Il y faisait frais, parfois même en été. Les pluies étaient si fréquentes que l'on n'y faisait plus attention. Le souffle chaud s'échappant des lèvres entrouvertes se muait en buée dès lors qu'il entrait en contact avec l'air. Si elle fermait les yeux, Syuzanna pouvait revoir aussi clairement que si elle s'était tenue devant, les maisonnées de pierres, aux toits de paille juste assez haut pour qu'un homme s'y tienne debout. Les murets en demi cercle devant les demeures délimitant les propriétés. Les moutons qui paissaient un peu plus loin ; les foins qu'il fallait rentrer pour l'hiver. Le blé à faucher et les chèvres à traire. La majorité des hommes étaient paysans. Son propre père avait ses bêtes à s'occuper, auxquelles il ajoutait les chevaux qu'il confiait à sa fille aînée. Les vaches aux longues cornes tombantes tirant la charrue qui sarclait la terre. Les grains que l'on y plantait. Et surtout, la majesté des alentours. N'importe où que l'on pose le regard, les montagnes étaient là. Pleines de sagesse de milliers d'années, fortes et puissantes. Et le froid omniprésent. Les échappées loin du village avec Duncan, lorsqu'ils s'amusaient dans les eaux des lacs, si froides qu'ils en sortaient les pieds et doigts bleus. Tout cela lui manquait si vivement que la douleur en était presque physique.

Le court de ses pensées fut interrompu par la sensation qu'on prenait place à ses côtés, ainsi que le « salut » lancé sans nul doute par Sybelle.
Lentement, l'Ecossaise ouvrit les yeux. Elle eut honte soudain, de se retrouver là. Pas au mariage, mais en France. Elle devrait être chez elle, avec son époux et l'Héritier à naître, à diriger son Clan comme son père avant elle. Elle aurait dû se battre contre les Anglais - soient-ils tous maudits - au lieu de s'apprêter à boustifailler avec de parfaits inconnus. Quelle cause défendait-elle dans cette contrée ? De quel droit pouvait-elle bien se proclamer Cheffe de Clan, alors même qu'elle était en terre étrangère ? Brusquement, elle put comprendre ce que sa soeur ressentait. Tiraillée entre deux pays, tout le temps. Comment vivre avec ça ? Comment décider de la personne que l'on devait être ?


- Latha math *, Sybelle, répondit-elle enfin.

Syuzanna étudia sa jeune et belle cousine. Belle, oui, elle l'était, sans aucun doute. Mais après tout, n'avait-elle pas sa vie à faire sans sa cousine ? Comment avait-elle osé la fiancer de force à un Italien ? En avait-elle seulement le droit ?


- Gabh mo leisgeul. Tha mi duilich. **

Les mots étaient sortis tout seul, sans qu'elle eut clairement pensé à les formuler. Cela les rendait d'autant plus sincère, sans doute. Posant la main sur celle de sa cadette, elle la pressa doucement entre ses doigts blancs. L'autre était restée sur son ventre rond, comme pour protéger le petit être à venir. Serait-elle une bonne mère ? Elle ne pouvait le deviner.
Désignant les alentours d'un mouvement de menton, elle sourit légèrement.


- Très différent de mon propre mariage, n'est-ce pas ?


* Libre adaptation de « Je viens du Sud », de Chimène Badi
* Bonjour
** Excuse-moi. Je suis désolée.
Rodrielle
L'attitude ne manquait pas de la faire sourire. Finalement il ne changeait vraiment pas ; toujours fidèle à lui-même, bien moins à sa propre future épouse, il ne manquait pas de zieuter toute femelle qui passait. Elle lui fit un clin d'oeil complice et finit par l'embrasser sur les deux joues. Les compliments allaient bon train, mais l'italienne ne fit qu'hausser les épaules ; sa grossesse l'avait surtout fatiguée et affaiblie. Et encore aujourd'hui, Maledic demandait tellement d'énergie qu'il était difficile de le suivre. La Tatouée lui montra son fils d'un signe de tête.

Tu vois l'blondinet dehors ? Avec une petite fille ? C'est lui mon fils. Maledic.

Un "Elouan" miniature, voir pire. La Tatouée en sourit et retourna son attention vers Killi qui lui proposa sa chambre aux Rosiers. Sans répondre, l'italienne acquiesça d'un geste, préférant ne pas lui dire qu'elle préférait éviter d'y retourner. Il y avait un temps pour tout, et celui des Rosiers étaient terminés. Surtout pour voir la future épouse du Coq.

Et toi que deviens-tu ? Bientôt marié ?

Elle rit doucement, ne croyant toujours pas au fait que le Dénéré puisse se marier un jour et être stable dans sa vie, avant de changer la discussion pour parler des futures épouses du jour.

Laell, la brune, est ma nièce. Enjoy aussi d'ailleurs ! Mais elle a du sang écossais plus qu'italien. 'Fin... Elles font c'qu'elles veulent ! Aller, viens on va boire un verre !

Elle l'attrapa par le bras et l'amena à l'extérieur, avec tout le monde. L'italienne montra au Dénéré les deux futures mariées du doigts, sourit en voyant Laell, puis remarqua Arthor avec Fleur. Eux aussi se ressemblaient beaucoup !

Hey ! Les jeunes ! Deux chopes ! Illico presto !

Un sourire au Dénéré pour lui faire comprendre qu'eux aussi étaient de la famille.

Bienv'nu chez les fous.
Arthor
Dès qu’il croisa le regard de la mariée, il lui adressa un signe de tête, ainsi qu’une petite révérence. Arg oui, il faut préciser laquelle de mariée. Disons celle qui lui faisait le plus peur, oui voilà. Un signe de tête plein de respect, c’est dire qu’il était à son maximum, et qui lui avait réservé un traitement de faveur. Peut-être était-ce l’occasion, après tout c’était quand son mariage à elle, ou bien parce qu’elle lui faisait vraiment très très peur. Quoiqu’il en soit, pour une fois, elle lui donna le sourire. Son visage se décrispa presque instantanément et jeta son regard sur les tonneaux qui étaient à ses côtés. Certes elle ne lui avait pas trop demandé son avis, mais vu qu’il trouva l’idée formidable, il ne s’arrêta à ce détail.

Tant aquò pòt vos èsser utile.
[Si cela peut vous être utile.]

Il n’avait pas terminé sa phrase, prononcée à la va-comme-j’te-pousse, qu’il s’était déjà penché vers le premier tonneau. Mettre en perce des tonneaux, ce n’était pas bien difficile pour ce montagnard au penchant alcoolique bien marqué. Et en à peine quelques minutes, il avait posé deux tonneaux sur une table, prêt à déverser leur précieux contenu. Sa mission presque terminée, il s’empressa de remplir le verre que lui tendant la mariée avant de le lui redonner. Mission terminée, et fier de lui, il commença à se dire que finalement, cette cérémonie n’allait pas être si ennuyeuse que cela.
Le barbu sortit de sa bulle, et s’ouvrit au monde. Une drôle de phrase pour signifier qu’il arrêta de penser à sa petite personne durant un instant pour jeter un coup d’œil aux alentours. Il en profita pour zieuter les autres invités, et se faire quelques réflexions à leur sujet. Voilà donc à quoi ressemblaient les invités d’un mariage de brigand, et entre deux femmes qui plus est. Ils n’étaient finalement pas plus différents des gens qu’il pouvait croiser en taverne, ou ailleurs, du moins en ce qui concerne l’apparence. Et comme un doute amène quasiment toujours une question, il se demanda si tous, ici, étaient des brigands. Certains avaient l’air louche, mais de là à généraliser … Il préféra ne pas s’y risquer, et laissa la question en suspens pour se servir un verre.

Verre à la main, dont le contenu diminuait à vue d’œil, sûrement le fait de l’évaporation, il s’adossa à la table juste derrière lui. Se mettre à ses aises, ce n’était pas si mal que cela si ? De toute manière il se redressa soudainement. La raison ? Une brune, qu’il ne connaissait que de vue pour avoir voyager avec elle, s’était mise à sa hauteur. Ou plutôt « collée à lui » serait plus approprié. L’instant d’une seconde il avait même été impatient de savoir ce qu’elle lui voulait, mais c’était avant de se souvenir qu’il se trouvait juste à côté de tonneaux remplis de bière. Tous des assoiffés ces gens-là…


Euh, oc, es ben ieu.
[Euh, oui, c’est bien moi.]

Son air niais et sa voix hésitante témoignaient de sa surprise quand elle lui demanda s’il s’appelait bien Arthor.

Oc, ieu pereu. Aquò deu pas èsser banau.
[Oui, moi aussi. Cela ne doit pas être très banal.]

Son esprit fut comme pris de court, et il n’eut que cette réponse à lui faire. C’était sa faute aussi, pourquoi est-ce qu’elle lui disait ça ? Elle n’aurait pas lui demander juste à boire ?
Bon, il fallait trouver quelque chose à faire ou à dire pour éviter de mettre tout le monde mal à l’aise. Il s’enfila alors son verre cul sec, et se tourna vers le tonneau pour le remplir. Il en profita pour faire de même avec un second verre.


Laissatz-ieu vos servir quauquaren à beure.
[Laissez-moi vous servir quelque chose à boire.]

C’était mieux que rien. De toute évidence il n’attendait aucune réponse pour lui tendre le fameux verre, alors que lui s’était déjà emparé du sien. Mais bien que le barbu soit de nature timide, il n’est était pas pour autant à court de sujet de discussion quand ce dernier était sur sa lancée.

E vos, vos sèm pereu una Corlone ? Ieu, ieu soi le … euh…
[Et vous, vous êtes aussi une Corleone ? Moi je suis le … euh …]

Cousin, frère, oncle, voir même cousine ou grand-mère des mariés ? Finalement, il ne savait pas trop quelle place il occupait dans cette grande famille. Oui, mauvais sujet de conversation finalement.

M’enfin, ieu soi pereu un Corlone.
[M’enfin, je suis aussi un Corleone.]

Poliment, il attendit la réponse, et en profita pour boire une gorgée, car oui, toutes les occasions sont bonnes pour boire un coup. Cela lui donnait aussi le temps de réfléchir à la suite, bien qu’il fût sauvé par Rodrielle, qui n’hésita pas à crier pour se faire servir. Il était d’humeur joyeuse, sans trop savoir pourquoi, et n’hésita pas à lui répondre d’un signe de la main. Et hop, deux chopes prêtes pour sa matriarche, et son ami, sûrement un autre cousin éloigné. De retour sur Fleur …

Ha, e enchantat !
[Ha, et enchanté !]

Oui, il s’était perdu en route celui-là…
_________________
Erwelyn
Pfff, franchement... non mais franchement... c'était vraiment un truc tordu de Corleone ça. Se marier entre femmes, mais où va-t-on, je vous le demande !
Dans une auberge d'un quartier beaucoup plus classe que celui où elle irait trainer ses poulaines tout à l'heure, Erwelyn se regardait de pied en cape. La duchesse était vêtue d'azur, deuil poneytesque oblige. Des semaines d'ailleurs qu'elle arborait cette couleur en toutes occasions. La mort d'un poney rose comme Mahaut, Sainte Boulasse, ne pouvait que laisser une trace indélébile sur ses pairs. Aussi, elle porterait l’azur pendant des semaines encore, pour bien marquer la perte indescriptible qu'ils avaient tous subi.

Également, dans un petit pochon de cuir attaché à sa ceinture, se lovait une poignée de champignons séchés. Un mariage Corleone, ça invitait forcément à la débauche, ou au moins à un état pas tout à fait normal. Pis elle était poney rose non ? On faisait la fête entièrement ou on la faisait pas. Pour l'instant, Lynette n'y touchait pas, mais selon le déroulé de la soirée, elle serait peut-être amenée à y plonger la main et à en ingurgiter une partie, voire même la totalité.

Alors qu'elle revêtait sa cape, on tapait à l'huis. Offrant d'entrer, elle s'attendait à voir de l'autre coté de la porte son invité du jour. Une missive était partie en direction de son vassal, qui avait intérêt à pointer ses miches s'il ne voulait pas qu'elle lui fasse un nouveau plan tordu du même genre que son mariage forcé. Mais ce ne fut pas lui qui passa la porte, seulement un gamin des rues. Elle avait payé ce minot pour la conduire à cette fameuse taverne. Parce que niveau plan de la Cour des miracles, elle était loin de l'avoir en tête, voire pas du tout. Elle aurait franchement préféré s'y rendre avec son vassal, m'enfin bon, en attendant qu'il se pointe, elle n'allait pas manquer le début de la fête, tout de même !

Prenant la route de la Cour des Miracles, pas forcément rassurée un brin d'aller se fourrer dans ce quartier coupe-gorge dans lequel les poneys roses avaient retrouvé son mari le jour de son mariage, dans un bordiau et ayant sans doute passé la nuit avec une prostipute dans les bras, Lynette se remémora sa première rencontre avec sa tante, la plus célèbre de la famille. Ce fut elle qui l'avait reconnue la première. Et pour cause, Lynette ne savait pas qui était Sadnezz, ni d'Eve ni des dents. Seulement à cette époque, la duchesse qu'elle n'était pas encore n'était pas du genre à s'étaler sur sa famille. Ou plutôt, sur sa mère, car elle ne connaissait que celle-ci et n'avait aucune connaissance de son nom de famille. Sa mère, Floraine, avait toujours été très silencieuse sur son passé, sur sa famille. Rencontrée en Touraine, donc, la vieille tante Sad l'avait suivie un jour qu'elle se baladait au bord de la rivière, s'entrainant avec un bâton et un sac de frappe. Non, on ne rigole pas...
Et elle lui avait à peu près tout balancé comme ça. Qu'elle connaissait sa mère, que c'était sa sœur, qu'elle était une Corleone. Pas la peine de détailler à quel point cela l'avait chamboulée. Lynette avait coupé court à la conversation, mais avait finalement fini par nouer des liens avec sa tante, qui lui en avait dit plus sur sa propre mère. Elle avait même eu un sacré choc lorsqu'on lui apprit en Bourgogne que la Belladone avait assassiné la Reine. Il lui était inconcevable que quelqu'un ayant le même sang dans les veines puisse perpétrer un tel crime. Mais, aussi, tordu que cela puisse paraître, la nièce avait gardé ses sentiments intacts à son égard, ceux d'une nièce envers sa tante.

Dans ses pensées, la poney rose ne s'était pas vraiment rendu compte qu'ils s'étaient enfoncés au cœur des Miracles, et ce n'est qu'en sentant l'odeur de la viande grillée lui chatouiller les narines qu'elle reprit conscience de son environnement. La ruelle était pleine, déjà. Surprise de voir tant de monde, elle observa avec attention tous les visages, se demandant qui était vraiment de son sang ou de simples invités. Et puis surtout, qui étaient les deux cousines qui allaient s'adonner à ce péché du Sans Nom. Bon, en même temps en ce moment, l’Église... ça n'était pas forcément un modèle à suivre. La duchesse chopa une mèche de cheveux qui s'était échappée de sa tresse et commença à la mâchouiller. Il lui fallait en fait repérer deux femmes, jeunes sans doute, et forcément entourées vu qu'elles étaient tout de même les principales concernées de la journée. Mais faisant le tour de la populace, ses mirettes se posèrent sur celle qu'elle ne pensait pas voir ici. Une Baile en plein milieu des Miracles et... de sa famille ! La duchesse se fraya un chemin parmi les invités en tous genres, sans même encore repérer Lili et se pointa discrètement à côté de la Blanche. Blanche et Rose, un beau mélange non ? Un petit sourire en coin accrocha son visage, alors qu'elle scrutait celui du chevalier, mine interrogative.


Et bien, et bien, qu'est-ce qu'un chevalier vient faire au milieu des Miracles et... de cette troupe bigarrée ?
_________________
Lanceline
La vioque qu'elle était se marrait bien. La douleur était là, certes. Mais c'était amusant. Puis on la respectait. « Honorable aînée », ce qu'il ne fallait pas entendre ! Serait-ce comme cela plus tard ? « Honorable aînée » ! Cela sonnait mieux, définitivement, que « rombière » , « vieille toupie », « mémère », « la fossile » et j'en passe...

L'odeur de ripailles la faisait saliver. Elle ne mangeait pas beaucoup ces derniers temps. Nul doute qu'elle en profiterait, un peu. La vieillesse ni changerait rien.

Brunehaut, donc, se marrait du tour qu'elle était en train de faire. Ses yeux rapides tombèrent sur la main du blond qui avait rejoint son épée et se firent approbateurs. Il valait mieux être prêt à tout, ici. Même si certains semblaient plus gentils que d'autres, il ne fallait s'y fier en aucun cas.

Une fillette manqua la faire tomber, et la vieille grommela, pestant contre les enfants et leur manque de respect, tout en ne quittant pas la fautive des yeux.


- Hmpf.

Elle songea que son escorte ne s'était pas présenté. N'importe quoi.

- Dis donc gamin. Tu dis qu't'es un chevalier. Errant, d'surcroît. C't'empêche d'donner ton nom ?

Elle grommela à nouveau quelque chose d'incompréhensible. Pour la forme. Pour l'envie. Pour rire.
Elle adorait ce rôle, qui lui permettait de ne pas faire face aux convenances d'une noble. La vieille pouvait tout se permettre, tout dire d'une manière peut-être impolie mais ô combien libératrice. Non, elle n'était plus noble. Elle n'était plus (attention accrochez-vous) « Lanceline de Valdesti future Bazaumont Noldor damoiselle de Laguian » mais « Brunehaut ». Juste Brunehaut, qui pourrait bien avoir une jeune nièce blonde, vingt-cinq ans par là, à caser avec un chevalier errant. Bref, elle pouvait toujours lui refourguer une cause pour se battre. Un amour. Impossible peut-être, mais tellement plus romantique qu'avec Arnaut. Non parce qu'avec lui, hein... Ce n'était pas vraiment d'amour :
    « L'amour et l'hyménée ont diverse méthode :
    L'un court au plus aimable, et l'autre au plus commode. »*

Enfin, bref. Elle verrait plus tard.
Brunehaut se pencha vers le blond, baissant la voix :


- Ici tous sont fourbes. T'as vu l'nom de la taverne. Ils en sont tous partie intégrante. J'vais avoir b'soin de toi. Je veux parler à quelqu'un, mais j'veux pas être dérangée. S'y faut, tu maintiendras à distance.

Et parce qu'elle avait perçu le regard de Rodrielle se poser un instant sur elle, elle la désigna d'un mouvement de la main.

- Surtout elle. Elle va vouloir intervenir, j'suis sûre. Méfie-toi, c't'une vraie enragée.

Elle esquissa un sourire sous cape -c'était le cas de le dire-, et passa sa langue sur ses lèvres sèches avant de reprendre.

- Mais patience... Attendons un peu. T'veux boire quelque chose, gamin ?

* Corneille - L'Illusion Comique, acte III scène 5.

_________________
Nizam
    Nizam n'aimait qu'une chose dans les mariages : le buffet croulant de victuailles, souvent soigneusement gardé par les fûts des meilleurs vins, bières de ce royaume et d'ailleurs. Le butin restait maigre comparé aux affres de la journée passée à sourire, écrasé d'hypocrisie, et à tenir un rôle, même si au plaisir et à l'audace de débarquer à une fête où l'on connaissait mieux son verre que les invités, on ajoutait la possibilité de dérober quelconque objet de valeur traînant ça et là avant que les réjouissances ne se terminent en joyeuse beuverie privée, ou en règlement de compte familial marqué par une révélation dont on ne pouvait douter un seul instant : « Ciel, mon mari est une femme ! ». Pur exemple. Non, peu de choses l'attirait dans le fait de célébrer pendant une journée entière le parfait bonheur - officiel, car dans ce bas monde union rime rarement avec sentiment, mais argent, Déos accepte - d'un couple, si ce n'était parier sur le temps que cela durera avant que l'un ne balance son alliance à la face de l'autre. Et là, ça devenait distrayant.
    Ainsi, s'il devait simplement sustenter sa gourmandise, pourquoi donc le blond Balafré faisait un détour sur son voyage minutieusement calculé pour s'taper l'incruste à un mariage à la poisseuse, graveleuse, non moins fameuse Cour des Miracles ? En premier, la particularité du lieu, de l'événement et des concernées faisait un cumul remarquable, suffisant pour que la nouvelle tombe dans des oreilles averties. En second, cela faisait des années qu'il n'avait pas mis les bottes dans la misère parisienne, or il était toujours bon de se tenir informer sur ce qui rythmait la Capitale et ses pavés, n'est-il pas ? La coquette pucelle le savait, comme le malfrat ayant assez de défroquer du culs-terreux sur les chemins paumés, mais bucoliques, des provinces. Quant à la dernière raison... Son esprit la lui rabâchait sans cesse depuis qu'il se mêlait aux tout sauf sympathiques badauds du quartier, dont une moitié était estropiée de corps et d'âme - en avaient-ils seulement une ? - sachant qu'une fortune similaire attendait la partie restante. Ses narines avaient presque oublié les relents sulfureux que l'on croisait à chaque ruelle. Morbide apogée de la crasse humaine, il était parfois difficile de croire qu'un corps puisse être responsable d'une telle fétidité. Aujourd'hui, ce qui fut encore plus difficile à envisager, c'était la préparation d'un mariage au milieu de cet endroit. On aura tout vu.

    L'homme d'armes se déplaçait à pas rapide pour rejoindre la Cour, pour peu il serait nostalgique du Marché Noir limougeaud où la débauche avait entamé sa gangrène. Il ne portait aucun vêtement de couleur, si ce n'était des braies d'ocre sale. Sa tunique sombre cachait quelques épaisseurs sur son torse, car, non, pour lui le printemps n'était pas encore arrivé, et bordel il s'les pèle. Il avait ajouté par conséquent l'épaisse pèlerine ne laissant deviner de sa silhouette qu'une carrure prononcée. Avec sa chère balafre lui ornant le visage, il songea que son allure suffisait à le fondre dans ce tripot sans que l'on vienne lui causer problème. Devait-on venir armé à un mariage ? A celui-ci, oui, peut-être. Il s'était contenté d'une dague, et du messer allemand bringuebalant à sa ceinture, dissimulé par un pan de cape. Allez savoir pourquoi le mercenaire avait toujours eu une préférence pour le travail de proximité.

    Paupières plissées, il apercevait enfin le lieu qu'on lui avait indiqué, la taverne du Sans-Nom - un avantage, ça t'annonce la couleur de la chose. Erreur peu probable au vu de l'attroupement, l'hérésie ambiante pouvait retourner le coeur d'un dévôt de l'Inquisition, cela devait faire longtemps que la très sainte institution avait abandonné la lutte, comprenez-la, si l'on dressait un bûcher pour chaque hérétique en ces bas quartiers, on devrait rapidement faire face à une pénurie de bois.
    Les azurs détaillent, observent, cherchent la femme qui correspondrait au nom de ses courriers. Tous lui étaient inconnus, brigands, nobles ou bourgeois se fréquentaient, il y avait sans doute la majorité des Corleone. Il avait cru comprendre que la seconde épouse avait du sang écossais. On parlait de cumul ?
    Il s'approcha lentement jusqu'à ce qu'une parole lancée près de lui le tire de ses pensées. Le regard tomba sur une ombre frêle - adolescente ? - et un rictus vint par habitude tordre le coin de ses lèvres.


    - Jour de mariage corléonien. Tu n'as qu'à dire que tu connais l'un des invités et tout t'sera ouvert.

    Ou presque. Avec les différentes têtes présentes, il ne serait pas étonnant qu'il y ait quelques écumeurs de table. Le blond retint par le bras un rustaud passant à ses côtés, s'activant visiblement, et gauchement, aux préparatifs. Nizam demanda sans détour de lui désigner les deux futures mariées, et le libéra lorsque la chose fut faite. Peu discret, mais il savait où aller désormais. Il se tourna une dernière fois vers la brune gamine, un regard silencieux avant qu'il ne s'engouffre dans la masse, signe qu'elle pouvait le suivre ou s'aventurer dans l'un des groupes formés.
    Il atteignit enfin les tonneaux et la jeune femme qu'il souhaitait voir, la troisième raison. Libre de discussion, il l'avisa brièvement et vint face à elle, inclinant la tête pour salut.


    - Laell Corleone ? Soit, j'ai sous-estimé ton "envergure", mais était-ce nécessaire d'me faire traverser le royaume quand je pouvais te trouver ici ?

    Question rhétorique, à légère critique qu'il étouffera, le moment était mal choisi. Il esquissa un sourire et poursuivit.

    - Nizam, ledit balafré de tes missives. J'ai entendu parler d'une union sortant d'l'ordinaire. J'ai p't'être été surpris en apprenant que ton promis avait une poitrine opulente et une houppelande, mais n'me dis pas que j'ai eu tort de profiter de l'occasion pour gagner du temps et te rencontrer.

    Notons que la surprise fut de courte durée, qu'importe le vice que l'on pouvait attribuer aux deux amantes, cousines de surcroît, il n'en avait cure tant que cela ne concernait pas son propre annulaire.
Falco
Se présenter dans une telle situation, c'était un peu comme lancer un caillou à un ours enragé et affamé. Mieux valait faire cela vite. Surtout qu'un défenseur de la vertu, chaste et vierge de surcroît, ce n'est pas ce qui devait être le plus commun, par ce trou à rats. En fait, il se sentait comme une poule en plein milieu d'une forêt. Aussi, quand l'Honorable lui demanda son nom, il se contenta de se pencher vers son oreille, pour se contenter de murmurer son prénom, il ne s'attarderait pas avec tous ses titres inventés.

-Je me nomme Falco, madame.

Il n'y avait pas besoin d'en dire plus. De toute façon, il était trop concentré pour se permettre de tout énoncer, et plus il regardait autour de lui, plus le Chevalier Errant savait qu'il devait être sur ses gardes et avoir l'oeil un peu plus aiguisé qu'à l'habitude. Il ne comptait plus les faces malfaisantes; que ça soit homme ou femme. Il y avait là de quoi remplir les Enfers et il en resterait encore pour pourrir dans le purgatoire.

Respecter les conseils de son père fut sage, car si l'honorable aînée avait une nièce blonde de 25 ans à caser, il était preneur. Oh, même si pour cela, il devait mettre à mort l'horrible qui ne voulait d'elle que titre et gloire, oubliant l'importance même, oui, le Mariage d'Amour. Une dame ne pouvait se marier que par envie, non pour la gloire d'un homme aveuglé par ses vices. Et le seul amour praticable était l'amour courtois, celui qui confère la victoire lors du duel à mort. Après tout, s'il se battait pour le bien et la justice, il ne pouvait pas perdre. C'est ce que lui avait appris son mentor, qui lui avait aussi cédé son épée.

Ainsi, le premier objectif secondaire venait d'arriver. L'Errant devait donc vieiller sur la veille le temps qu'elle discute. Lorsqu'elle désigna Rodrielle, il imprima l'image dans sa tête, et se montrerait autrement plus méfiant si cette dernière s'approchait. Aujourd'hui, il faisait ses preuves en temps que Héros. Et c'était une mission autrement plus compliqué que de terrasser un dragon ou de tuer un démon... S'il devait en venir à l'épée, il serait en clair désavantage. "Ne tue jamais de femmes" lui avait dit son mentor. Si seulement il avait rajouté quelque chose comme "Sauf si bien entendu elle essaie de t'éventrer pour répandre tripailles comme décoration dans une taverne sordide". Ah mais bien sûr, cela n'avait pas été dit...

A la question autrement moins inquiétante que lui posa l'ancienne et sage, il répondit d'un large sourire avant de faire entendre sa voix blanche de colombe pure.

-S'il y a de la bière, je serais un fou de refuser... Prendrez vous quelque chose, Aînée ? Je vois qu'il y a là foule à dévorer... Et j'avoue qu'il y a bien longtemps que je n'ai pas pu faire festin de la sorte.

Falco posa un regard amusé sur celle qu'il escortait, avant de reprendre d'une voix plus amusée cette fois.

-L'on dirait que je ne suis pas le seul, d'ailleurs... Vos yeux semblent hurler de voir tant de ripailles entassées...

Le sourire du blond était franc, joyeux, presque enfantin. Malgré son âge, il vivait encore dans un rêve, pour un rêve. La vie n'avait pas réussit à le briser, et ses airs immatures étaient autant de provocations faites à l'injuste vie qui pourtant ne l'avait pas épargné en crasses.
Umbra
Plantée là, dans la masse plus ou moins bavarde, l’Ombre fixait avec envie l’enseigne au nom prometteur. La tentation si forte d’entrer pensant y trouver un antre hérétique ou mieux encore, des preuves accablantes que Dieu et tous les Saints n’existent pas. Si elle ne se méfiait pas de l’environnement et surtout de la foule, elle aurait déjà franchit le seuil de la taverne. Au lieu de tout cela, une voix masculine brisa son élan pour annoncer :

Citation:
- Jour de mariage corléonien. Tu n'as qu'à dire que tu connais l'un des invités et tout t'sera ouvert.


Les yeux sombres de la jeune femme se détournèrent vers l’interlocuteur, intrigué par les propos tenus. Elle connaissait l’union aristotélicienne et…Non, en faite, juste celle-là. Curieuse, elle balaya, de ses iris de jais, une seconde fois, son entourage à la recherche d’indices. Surement un rite païen étant donné qu’il n’y avait ni religieux, ni saint lieu, pas le moindre signe de foi. Cette conclusion fit sourire, la brune qui se sentit, étrangement, à son aise. Ce qui dérangea légèrement la jouvencelle, c’était le laisser-aller de chacun. Personne ne semblait s’être accoutré pour l’occasion, ce qui rendait les festivités assez mornes en soi. Mais dans le fond, Ombeline ne faisait pas tâche sur le tableau, emmitouflée dans son cache-misère.

Qu’est ce qu’…

La brune aurait souhaité en savoir davantage mais l’homme s’était déjà mêlé au groupe, la laissant sur le carreau. Elle rumina un instant ces paroles, essayant d’évaluer le taux de risques à rester dans les parages. Finalement, si on réfléchissait bien, Umbra connaissait quelqu’un ici. Le terme n’était pas réellement approprié mais elle pourrait toujours rebondir sur cette éventuelle solution si les festivités tournaient aux hostilités. C’est pourquoi, bien qu’elle ne fût pas conviée à l’évènement, elle décida de s’imposer…Enfin, c’est un grand mot. Elle s’invita simplement comme une ombre sait le faire.

La jouvencelle se fondit dans le décor, prenant place comme si de rien n’était. Elle jeta quelques œillades deci delà, histoire de se rassurer et patienta en silence jusqu’à ce que la cérémonie débute. La curiosité est un vilain défaut mais le savoir est une arme redoutable. Pur paradoxe qui poussait l’Ombre a resté juste encore un peu.

_________________

Baile
C'était ça, Enjoy. Une assurance éhontée qui frisait l'arrogance, quelque chose comme "tout m'est dû parce que je le vaux bien", et qui donnait envie de la baffer. Elle s'était retenue de le faire en taverne, la Baile, parce qu'il fallait bien reconnaitre à l'Ecossaise cette envie et cette énergie de porter les choses vers l'avant. Mais aller trop vite n'était jamais une bonne stratégie, et encore moins dans certaines relations. Elle lui offrit du coup son plus beau grognement.

Ya pas marqué "garde du corps engageable par qui veut" sur mon front, hein? Je ne protège pas les rousses, sauf au lit, et là j'ai une ex rasée enceinte à baiser !

Au sens d'embrasser, bien sûr et évidemment. Mais avant de se concentrer sur Mira, la Blanche ne put se retenir de jeter un oeil à la fameuse soeur, parce que pour le plaisir des yeux, une rousse ne se refuse pas. Sauf qu'il y en eut rapidement deux. Et la Baile mit rapidement une main sur ses yeux, comme pour exorciser ses démons de chaque heure de la journée. Soupirant lamentablement, elle décida de se concentrer comme prévu sur la chaste et désormais pleine Mira. Mais c'était sans compter sur la plus improbable et néanmoins si prévisible des rencontres. Et un sursaut plus tard...

Yaaaaaaack ! Un poney ! La vache Lynette, tu m'as fait peur !

Après avoir discrètement récité tous les noms d'animaux auxquels lui faisait penser la Mainoise, elle fit mine de réfléchir à sa réponse.

Et bien je suis ici pour les mêmes raisons qu'une Duchesse fille de chevalier, qui plus est, non? Ptetre que non, t'as raison… c'est vrai que t'es une bâtarde Corleone, toi, quand même, et que moi, à part coucher avec Sad…

N'ayant aucune envie de s'étaler davantage sur les raisons qui l'amenaient de nouveau à la Cour, elle posa une main amicale sur l'épaule de la Rose et s'enflamma joyeusement.

En tout cas, tu es resplendissante, Lynette! Je comprends pourquoi ta tante m'a menacée de mort si je touchais à l'une de ses innombrables nièces ! Elle devait certainement penser que je ne résisterais pas à ton charme qui défie le temps ! Et elle n'avait pas tort, bon sang !

Parce qu'un poney, ça se flatte, surtout la madone, et surtout avec des mensonges. Il fallait reconnaître, même pour une Baile pas toujours regardante sur la qualité apparente de la marchandise, qu'Erwelyn avait diablement vieilli depuis leur première rencontre, et que la mort d'Ygerne devait être pour beaucoup dans les cheveux grisonnants qui commençaient à pointer du nez entre les mèches châtain.

Elle fit glisser sa main de l'épaule jusqu'au poignet du frigide bardot rose, et l'enserra fortement.

On va dire que je suis là officiellement pour assurer ta protection. Ca s'ra mieux pour les relations… profondément diplomatiques que j'ai avec ton père, et puis tu seras ma sublime garantie si jamais on me cherchait noise, hein?

Maintenant que le bouclier anti ragots était en place, il ne lui restait plus qu'à trouver le moment idéal pour saluer Mira, et espérer qu'une Sombre étoile, brillant par son absence, fît enfin son apparition.

_________________

I never saw a wild thing feel sorry for itself. A little bird will fall frozen from a bough without ever having felt sorry for itself.
See the RP information <<   <   1, 2, 3, 4, ..., 10, 11, 12   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)