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[RP] Le Petit-Cîteaux

Della
Le sieur qui paraissait être une personne importante lut et énuméra toute une série de lettres et de faits. Cela me sembla interminable et certaines choses durent m'échapper en cours de route. Pourtant, je restais attentive, le plus possible.
Je compris ainsi que le Duc Verbam et le sieur Snell étaient les accusés. Et d'après ce que je subodorais, la partie était mal engagée pour eux, face à l'Eglise.
Pourtant, on parla de pardon.
L'Eglise Aristotruc me semblait bien épaisse et compliquée. Il fallait dire que cela faisait une paye que je m'étais détournée de cette institution et que même si aujourd'hui, j'oubliais souvent de prier la Déesse Mère, et malgré la présence d'Eldwin à Beaumont, je n'étais toujours pas "rentrée dans le droit chemin". Cette pensée me fit sourire alors qu'un silence pesant s'abattait sur le réfectoire.
Plus personne ne parlait, on aurait entendu une mouche voler si seulement elle en avait eu le courage.
C'en était impressionnant !

Et puis ! Je sursautai au bruit du livre qui venait de frapper la table !

Le sieur avait fait fort ! Il n'avait pas l'air content du tout !
Sans doute à cause de la non-réponse des accusés, pétrifiés.

Il jeta encore une recommandation à l'assemblée et s'en alla.

Hé bien, il ne restait plus qu'à aller se balader, visiter l'abbaye...

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Ingeburge
Réfléchir ne serait pas de trop au vu du mutisme plus qu'assourdissant des personnes comparaissant en ce jour. Et Asdru avait eu plus que raison de se montrer ferme, tout cela commençait réellement à virer à la mauvaise farce alors que l'audience du jour était des plus plus sérieuses.

Le procès suspendu pour une heure, l'Inquisiteur se retira.
Ingeburge le regarda s'éloigner, pensive, se demandant un instant si elle allait le suivre. Elle l'avait déjà dérangé avant, s'y risquerait-elle encore? Il devait certainement avoir besoin de se replonger dans ses notes et le fait de le rejoindre serait peut-être mal vu maintenant que l'audience avait débuté. Elle s'était retirée de l'affaire et une entrevue, durant la suspension, pourrait être mal interprétée, voire pis. Et jamais ô grand jamais elle n'irait compromettre la régularité du procès.

Aussi, lorsque l'un des moines lui proposa de se rendre en salle capitulaire, elle répondit :

— Oui, bien volontiers, je vous suis.
Un frère convers viendrait les y chercher quand l'Inquisiteur serait de retour au réfectoire.
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Asdrubaelvect
Et une heure plus tard, après avoir relu ses notes et quelques passages du Livre des Vertus et de plusieurs œuvres théologiques, l'inquisiteur reparut dans la salle et envoyer quelques moines chercher tous les protagonistes avec un ordre clair "toute silence ou absence de réponse sera considérée comme avis manifeste de nuire au bon déroulement de la Justice d'Eglise".

Une poignée de minutes après, il annonça pour les personnes déjà rentrées :


Reprise dans une dizaine de minutes, si certains traînent, tant pis pour eux.
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Della
Alors que j'admirais les chapiteaux des colonnes du cloître, magnifiques sculptures montrant feuilles et fruits entremêlés pour le plaisir des yeux, l'on entendit retentir l'annonce de la reprise des festivités...enfin, du procès...

Je repris donc sagement le chemin du réfectoire, me réinstallai à ma place et attendit, sans cesser d'admirer la beauté sobre des lieux.

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Verbam
Verbam, qui n’avait pas quitté la salle, écouta le duc annoncer la reprise imminente, il resta donc sur sa chaise et attendant.
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Asdrubaelvect
Il s'adressa à Verbam.

Et bien messire Verbam, je vous en prie, commencez. Je vous laisse la parole pour répondre des accusations que j'ai formulées.

Je vous rappelle ainsi qu'à messire Snell que vous pouvez reconnaître dors et déjà vos fautes ce qui ne pourrait que vous être bénéfique, car c'est là le seul objectif de la Justice d'Eglise, obtenir la rédemption et la réintégration des égarés dans le Droit Chemin.

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Ingeburge
Un frère convers était donc venu chercher les dirigeants de l'abbaye et les duchesse dans la salle capitulaire où ces derniers étaient restés durant la suspension d'audience.

Ils revinrent donc tous, silencieux et reprirent leurs places.

L'Inquisiteur était de nouveau intervenu, la parole était à Verbam.

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Asdrubaelvect
Le Duc commençait à être exaspéré, mais la Justice d'Eglise était Une et nul ne pouvait s'y soustraire, que l'accusé fut hérétique, brigand, paysan, artisan, noble, clerc ou même cardinal : personne ne pouvait échapper à la Justice de l'Eglise ; c'était tout aussi certain dans l'esprit de l'inquisiteur que nul ne pouvait se soustraire au Jugement Dernier.

Alors il se leva, et après un regard large et global sur toute l'assistance, il s'exprima :


Malgré l'heure que je lui ai laissé pour réfléchir à l'acte d'accusation et aux graves faits qui lui sont reprochés à l'encontre de la Trêve Pascale, Sainte Trêve durant laquelle la chair des hommes ne peut pas se livrer à la pire bestialité que notre espèce ait conçue dans son imperfection ;
Malgré la proposition que je viens de lui offrir de se repentir et de reconnaître ses fautes, afin que puisse triompher la Sainte Justice et que cette âme égarée réintègre la droit chemin ;
Malgré le temps que je viens de lui laisser pour s'exprimer librement et sous le regard du Très-Haut et des Hommes ;

Messire Verbam, fidèle de la Sainte Eglise, continue à faire affront à la Justice d'Eglise en refusant de s'exprimer dans ce tribunal. Comme nous l'avions préalablement annoncé, nous considérons ce refus de répondre à sa juste valeur, c'est à dire qu'il refuse de reconnaître ses fautes.


A présent, nous cédons la parole à messire Snell


Il lui adressa un signe de la main.

Allez-y, je vous en prie. Je vous rappelle que je vous offre l'occasion de vous repentir et de reconnaître vos fautes. La Justice d'Eglise cherche d'abord et avant tout à réintégrer les fidèles dans le Droit Chemin et Elle sait être clémente, à l'image du Très-Haut pardonnant les pêchés de Ses Enfants.
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pnj
Lorsque ce fut à son tour, Snell se leva lentement, mais de manière confiante. Malgré les accusations contre lui, il était en calme et en paix avec lui-même. Pour la première fois depuis la Pâque, il pouvait respirer sans entraves en repensant à cette nuit. Il sentait le poids du fardeau peser un petit peu moins lourd sur ses épaules. Oui, il était sur la bonne voie pour trouver la pénitence qu'il méritait et, peut-être... peut-être même le pardon qu'il recherchait.

Lorsqu'il parla enfin devant le Tribunal, sa voix était claire et forte de la confiance qu'il ressentait.


Lors de la dernière Trêve Pascale, j'ai été ordonné de mobiliser mon armée pour attaquer tous les passants. Le duc de l'époque a dû user de fortes pressions et de menaces pour que je fasse, car j'étais convaincu que la stratégie prônée était inefficace et inutile.

Mais cela n'excuse en rien ce que j'ai fait.

De tous les intervenants, j'étais le suprême, l'ultime, le final. J'ai donné l'ordre qui n'aurait pas dû être donné. Que j'aille cédé devant la pression et les menaces ne montre que ma faiblesse. Un homme fort sait aller au-devant des menaces. Le fait que la Trêve Pascale n'aie pas été au-devant de mon esprit et de mes objections ne peut qu'être retenu contre moi.

Je plaide donc coupable. Depuis cette nuit horrible je demande le pardon dans mes prières à tous les soirs, et je le demande maintenant ici devant ce Tribunal. J'accepterai volontiers toute pénitence qu'il croit nécessaire.


L'infâme Borgne reprit alors son siège avec le même calme qu'il l'eut quitter, convaincu d'avoir bien agi peu importe la suite des évènements.
Asdrubaelvect
L'inquisiteur hocha lentement la tête, impassible mais il était bienheureux.

Messire Snell, vous avez pris la bonne décision. Le seul et unique objectif de la Justice d'Eglise est d'obtenir le repentir des pêcheurs et par là même offrir la possibilité à ceux-ci de réintégrer le Droit Chemin.
Je suis fort peiné de savoir que malgré tout, messire Verbam ait préféré gardé son mutisme.

Messire Snell, ainsi donc j'accepte votre repentir. Un collège d'assesseurs se réunira prochainement à Rome pour définir la pénitence que vous devrez exécuter. Sachez toutefois que votre promptitude à reconnaître vos fautes adoucira votre peine. La Sainte Eglise est pardon et mansuétude, comme l'est l'Eternel.


Il adresse un signe de tête à Snell, peut-être appellerait-il celui-ci plus tard pour témoigner.

A présent, je souhaiterai entendre le témoignage de la dame Armoria, qui déposa plainte par devant le Justice d'Eglise pour cette rupture de trêve divine.
Je l'invite à témoigner des faits qu'elle connaît et de ceux qu'elle a vécu et à exprimer en particulier ses craintes d'une attaque volontaire ce jour.

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Verbam
Verbam secouait la tête de tant de précipitations, ne le laisseront ils pas réfléchir, méditer aux paroles qu’il allait prononcer?
Non apparemment, même pas finir une prière, a peine a t’il le droit de respirer.

Il leva la main pour demander la parole, sans grand espoir qu’on lui donne il avait écouté Snell, sa voix était étrange, il ne l’avait même pas reconnu.

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Armoria, incarné par Asdrubaelvect
La voix de Snell semblait soulagée, et son visage donnait la même impression. Jusqu'à présent, elle s'était demandée si elle devait nourrir des remords d'avoir déposé cette plainte qui le concernait, lui aussi... Mais elle savait que seul le pardon pourrait guérir en lui cette plaie ouverte.

Non sans chercher son regard, laissant le sien lui offrir l'un de ces sourires qui ne passent que par les yeux, elle se leva pour témoigner.


Voulez-vous tout d'abord me poser des questions précises, ou préférez-vous que je relate les faits dans l'ordre qui me viendra à l'esprit ?
Asdrubaelvect
Il répondit en premier lieu à Verbam.

Messire Verbam je suis bienheureux que vous ayez retrouvé une certaine expression. Vous aurez la parole lorsque la dame Armoria aura terminé de témoigner.

Il s'adressa ensuite à Armoria.
Et bien... Relatez les faits qui vous viennent à l'esprit, je vous poserai des questions si j'estime que des éclaircissements sont nécessaires.
Toutefois, vous pouvez orienter votre discours vers les prémisses de questions que j'ai évoquées, à savoir votre avis sur un viol volontaire et prémédité de la Trêve Pascale.

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Armoria, incarné par Asdrubaelvect
Elle hocha la tête, se concentrant, tandis que sa main venait se porter sur son Etoile.

Tout comme je l'ai précisé au cours de l'enquête, ce que j'ai subi - enfin, je crois - au cours des événements qui ont suivi mon dépôt de plainte auprès de vous a provoqué une sorte de voile opaque sur une partie de ma mémoire, et par ailleurs, certaines choses sont connues de moi par ouï-dire, et non en tant que témoignages directs.

Les prémisces de l'affaire ont pris place peu avant Pâques : une troupe de mercenaires est arrivée à Nevers, et leur chef m'a contactée, disant vouloir se mettre à mon service. Son nom est désormais bien connu des Bourguignons, puisqu'il a fait partie de l'engeance qui a cru, dans sa folie, faire plier la Bourgogne il y a peu. Eikorc. Sa missive m'intriguait, et j'ai annoncé au Conseil que j'allais me rendre sur place voir de quoi il relevait.

Entre temps, les services de la maréchaussée ont constaté qu'il était en train de monter une armée ; je lui ai aussitôt écrit, lui demandant des comptes, et il a prétendu qu'il souhaitait me montrer ses troupes en ordre, ce qu'il annulerait sur un mot de moi.

Puis, l'un de ses hommes a lui aussi décidé de lever un camp : leur chef lui aurait donné ordre de cesser aussitôt, ordre qui aurait été respecté. Premier ouï-dire, donc : pour ma part, j'étais en route et n'ai rien vu de mes yeux. L'alors Général Snell, dépêché par le Conseil, était lui aussi en route, avec un jour d'avance par-rapport à moi.

Le matin de mon arrivée, les combats avaient eu lieu. Pas contre les mercenaires, non... Contre des voyageurs. Snell était en état de choc, et comme pour être marqué de la faute commise, avait gardé ses vêtements ensanglantés. Ne parvenant pas à le réconforter, je suis allée tout droit trouver Monseigneur Lolotse, lui dire ce qui s'était passé, et lui demander d'assister Snell et ses hommes. La trêve pascale avait été rompue.

C'est ce soir-là que j'ai été enlevée. Je n'ai su qu'à mon retour qu'il n'y avait nul repentir de la part de messire Verbam, et que par voie d'affiche, il s'était montré fort fier de... ça. Snell était toujours dans un état de prostration avancée, rongé par un fort sentiment de culpabilité.

Elle se tut quelques instants.

C'est alors que j'ai écrit à la Saincte Inquisition.

Avant ces événements, il a été démontré que lancer une attaque dans les conditions qui étaient celles de Nevers ne servirait de rien en matière de protection. L'ordre de "poutrage" systématique a tout de même été maintenu. J'utilise ce terme parce que c'était celui qui revenait en permanence dans la bouche de messire Verbam. Snell a refusé à plusieurs reprises, et je ne pensais pas que messire Verbam finirait par avoir raison de lui... Funeste erreur que j'ai commise, et funeste erreur aussi, de penser que le respect de la trêve, au moins, ne faisait aucun doute. J'aurais dû, dans mon devoir de conseil, me montrer plus ferme. A ce titre, j'ai ma part de responsabilité, que j'assume. Et que devraient assumer tous ceux qui ont assisté à ces débats houleux.

Et pour répondre à votre question concernant la préméditation du viol de la trêve, je serais bien en peine de vous répondre sans interpréter les intentions... Ce que je vous puis dire, c'est que lorsque j'ai quitté le Conseil, Snell ayant marqué un net refus, cela avait occupé une bonne partie des débats - notamment le fait de prouver par A plus B que le "poutrage" serait inutile. C'était une période où les clercs de Bourgogne étaient peu présents, comme je l'ai signalé. C'est en effet regrettable, mais sans doute que tout comme moi, ils n'auraient jamais pu imaginer que la trêve la plus sacrée de l'année serait violée en la pieuse terre de Bourgogne, fille de l'Eglise.

Sincèrement, je ne crois pas à la préméditation, mais bien plus à la négligence, voire à l'ignorance.
Asdrubaelvect
La préméditation, lourde question qu'il lui fallait trancher. Le fait que la Trêve Pascale ait été violée était proprement indubitable, les victimes étaient connues et l'un des meurtriers l'avait avoué sans détour.
La principale question à trancher était à présent le degré de volonté de la part de la personne qui avait ordonné, le Duc d'alors. L'avait-il prévu, l'avait-il fait sans savoir ? Il existait tout un panel de nuances à ces extrêmes et il convenait de définir la Vérité, seule et unique.

L'inquisiteur s'adressa à Armoria.


Madame, je vous remercie, je vous ré-interrogerai plus tard si cela s'avérait nécessaire. J'ai bien noté votre sentiment d'absence de préméditation dans ce viol de la Trêve Pascale.

Le Duc resta silencieux une bonne minute, scrutant l'auditoire en passant d'un visage à l'autre. Il finit par d'adresser à Verbam.

Messire Verbam, puisque vous souhaitiez avoir la parole, elle est à vous à présent. Je vous invite entre autre chose à définir à ce tribunal le mot "poutrage" que vous semblez affectionner.
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