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[Atelier/Boutique] Le parfum d'Aphrodite

Lucas.
Naïveté réelle ou provoquée? Le bras appuyé sur le bureau de travail d’Ambre, les prunelles du Dentraigues fixaient les ténèbres en direction des femmes. « Elle » pensait-elle vraiment qu’il vendrait ses services sans lui-même en tirer partie? La plupart des catins se prostituaient pour de l’argent. Lui n’avait pas besoin d’écus: sa vie passée au service de « la justice » l’avait mis à l’abri de cela. Lui monnayait ses charmes parce qu’il aimait ça, parce que cela attisait sa soif de contrôle et son désir pour les belles femmes. En cela, l’Aphrodite lui convenait parfaitement: les femmes qui fréquenteraient l’établissement seraient riches, la plupart auraient bon gout. Si le Très-Haut ne leur avait pas accordé une attirante beauté, alors nul doute qu’elle saurait la rehausser par des vêtements de bon goût, des chaussures élégantes, des bijoux attirant l’oeil…ou un parfum mystérieux. Dans l’immense majorité des cas, Lucas pensait bien pouvoir prendre son propre plaisir lorsqu’il donnerait son corps. Pour les quelques-unes qui ne rempliraient pas ces critères, il se forcerait un peu. Alors oui, les parfums qu’il voulait qu’Ambre concocte spécialement pour lui devait permettre à une femme de lui dicter ce qu’elle désirait mais de facto, ils diraient également comment celle-ci serait appréciée par le Maître.

Devant lui, à quelques pas à peine dans l’obscurité, il imaginait une brune et une blonde, enlacées, les mains de l’une s’égarant sur la peau de l’autre, un peau hérissée par le plaisir procuré du bout des doigts. Les sons qui parvenaient à ses oreilles étaient subtils, presque imperceptibles: un froissement d’étoffes, une respiration qui se faisait soudain plus marquée qu’à l’accoutumée. Rien d’autre. « Elle » parla, il répliqua.


- Mur ou fauteuil, lit, arbre ou confessionnal, Ce que je vois ici n’a que peu d’importance Rose. Ce qui compte ici, c’est ce que ressent Ambre. Elle…et juste elle. Vous et moi ne sommes que des pions pour stimuler son imaginaire érotique.

Qu’il ait vu la créatrice plaquée au mur, la robe fendue dévoilant sa cuisse relevée sur la taille du galant n’avait que peu d’importance…excepté pour le propre plaisir de Lucas Dentraigues. Qu’il précise avoir imaginé le haut de sa robe déchirée, ses épaules découvertes harcelée par les lèvres masculines, que ses lippes se perdirent ensuite dans son décolleté plus que généreusement ouvert et que, d’un menton et d’une joue barbus, il eut torturé la rondeur d’une poitrine fièrement mise en valeur, cela non plus ne comptait pas. Pas plus que le fait d’avoir vu « Elle » s’adjoindre à eux, le corps plaqué dans le dos du Dentraigues, une main s’égarant sur le torse nu du galant, l’autre s’insinuant entre l’abdomen et les braies.

- Ambre? Que pensez-vous de la question de Rose? Sa « présence » stimule t-elle votre créativité? Dois-je également rétribuer le plus envoutante des galantes de l’Aphrodite pour l’aide qu’elle m’apporte dans la façon de décrire mon besoin?

La réponse ne vint pas d’entre les lèvres de la Monmouth mais d’une lumière qui se ralluma soudain, effaçant au moins partiellement l’obscurité qui avait pris toute la place. La vision reprit une place dans la danse des sens, danse qui prenait une pause temporaire. Ses brumeux se reportèrent sur la galante qu’il salua d’un clignement de cils puis sur la créatrice. Il nota avec satisfaction le plissement de l’étoffe de sa robe sur le haut de sa jambe, ce qui le fit sourire doucement. Ainsi donc, Ambre voulait prendre la direction des opérations? Imposer sa façon de travailler? Son regard, appuyé d’une sourire amusé, perça les prunelles de la créatrice et s’enficha au plus profond de celles-ci.

- Ainsi donc la Reyne veut mettre mat le Roy? User de mon corps… En règle générale une telle requête a un prix.

Il détourna lentement le regard, changeant de cap pour mirer cette fois la galante. Le sourcil gauche légèrement haussé, les lèvres plissées, la tête à peine penchée vers le sol, il questionna silencieusement Rose. Devait-il accepter? Tel était la question. Devait-il accepter de laisser les rênes à autrui? Le talon de ses bottes claquant sur le sol résonna dans la pièce alors qu’il se dirigeait vers l’épineuse. Il lui prit la main, se courba et se signa d’un baise-main.

- Merci très chère. Vous fûtes parfaite..

Posant la main gauche sur sa hanche, Il tourna autour de l’épineuse, Son bras s’enroula autour de sa taille et la dextre vint boucler la ceinture charnelle lorsqu’il se posta dans son dos. Ses lèvres coururent sur son cou dénudé. De l’extrémité de ses doigts il dessina quelques arabesques sur son abdomen au dessus de l’étoffe de sa robe. Les digitales de l’autre menotte surlignèrent de leur paume le périmètre extérieur de la poitrine florale, survolèrent le vallon pour finir par effleurer sa lèvre inférieure.

- je saurais m’acquitter de cette dette que j’ai envers vous ma chère quand bon vous semblera. Passez simplement dans ma chambre à l’Aphrodite. Et…inutile de toquer, je déteste cela quand la porte n’est point barrée.

Puis il murmura à l’oreille de « Elle » de manière suffisamment haute pour que la créatrice puisse entendre.

- Pensez-vous que ce corps doit être offert à la science de la parfumerie? Qu’il en vaille le coup?

Il pivota de nouveau d’un demi-tour et ponctua son mouvement d’un baiser qu’il vint cueillir directement sur les lippes de l’épineuse. Un baiser bref et sensuel. Qui vous a dit que cela pouvait être incompatible? Puis n’attendant pas la réponse à la dernière question posée, il vint poser son séant dans le fauteuil précédemment occupé par la créatrice. Une moue de satisfaction se dessina sur son visage alors qu’il fixa Ambre.

- La place est chaude. C’est agréable.

Il plissa les yeux et déshabilla littéralement du regard la créatrice qu’il détailla indécemment en insistant sur les courbes les plus avantageuses de la parfumeuse. Il se trouvait dans la place de celui qui subirait et pourtant il n’avait pas perdu une once de son besoin de maîtrise.

- Rose? Pensez-vous que ce corps assis dans ce fauteuil puisse susciter l’envie? La passion? Le désir sexuel?

Attendant la réponse de la galante, il étendit les bras en guise d’accueil. Il pose le pied droit sur le genou gauche, offert comme le demandait la créatrice.

- Je prends l’honneur du premier bouton de chemise? Je vous laisse décider si d’autres doivent subir le même traitement?

Aussitôt dit, aussitôt fait, la nacre la plus haute quitta sa boutonnière, dégageant la gorge masculine. Les bras du galant se posèrent ensuite sur ceux du fauteuil, ses phalanges glissant sensuellement sur le tissu du meuble, aussi voluptueusement que si cela eut été la peau satinée d’une amante.

- Rose? Votre opinion?
_________________
.elle


    Filins de soie blonds glissèrent entre les doigts de la brune flamboyante sans qu'elle ne put ni ne voulu les retenir, le corps quittant le contact de ses mains signifiant clairement le rejet des approches de la rose, c'était un choix qu'elle pouvait entendre, même si l'orgueil et la vanité s'insinuèrent au travers de chaque effleurement du mouvement d'air provoqué par le départ de la créatrice.

    Pas un mot ne filtra des lèvres de la galante qui n'en était pas une icilieu, tout juste la porteuse d'invitation au nom de l'Aphrodite, elle n'avait d'ailleurs au demeurant rien à faire dans cette pièce, mais ce que Dentraigues veut, quand Monmouth ne le dément pas, Elle accède.
    Pourquoi ?
    Complicité peut-être ou curiosité, allez donc savoir.
    Ou juste un "pion" comme l'avait annoncé Lucas plus tôt, c'était l'histoire de sa vie au final, "Elle" était utile quand d'autres décidaient en avoir besoin finalement.

    La lueur éclairant de nouveau la pièce même faiblement fit plisser paupières sur les iris herbacées, clouant le bec au galant qui n'obtiendrait aucune réponse aux questions qu'il venait de poser.
    En tout cas surement pas celle qu'il espérait, ce qui, avouons-le un instant, ne fut pas pour déplaire à l'épineuse, si elle avait une certaine affection pour lui, il pouvait l'agacer comme n'importe qui de ce besoin de contrôle, alors le voir repris de volée ainsi...
    Oui c'était jouissif, indubitablement jouissif.
    Et le roitelet déchu de tenter une énième provocation en parlant de tarification de ses services, n'était-ce pourtant pas lui qui était venu chercher les talents de la parfumeuse, ce jeu du chat et de la souris et du "mais qui est le chat et qui la souris" pouvait être distrayant, mais jouer le fromage qui agrémente le plateau au gré des envies.... la rose n'était pas certaine d'avoir envie d'être celui-là.

    Question muette pour lequel une simple esquisse de sourire lui serait rendu, il avait avait trop soufflé sur les braises à en éveiller un brasier, c'était donc à lui de voir s'il attisait davantage pour que le bûcher s'enflamme ou s'il jetait un seau d'eau glacé pour éteindre l'embrasement.
    Ou pour résumer "démerde toi Lucas, tu as voulu jouer, assume".
    Mais sa décision semblait nécessité le besoin de se recentrer, "Elle" pouvait le deviner bouillant de l'intérieur de la répartie de la créatrice, autant que ça l'excitait probablement, et le contact de la brune dans une étreinte sensuelle semblait être de ces choses qui semblait "l'apaiser", et si au passage cela pouvait provoquer la beauté blonde c'était un luxe dont il ne se passerait pas.
    La rose n'était pas dupe et profitant de cet instant de sensualité calculée, les émeraudes ne quittèrent pas un instant le visage et les azurés d'Ambre que la flamme vacillante laissait percevoir, en répondant à Lucas, dextre griffant lentement la cuisse masculine sous l'étoffe.
      Je saurais vous le rappeler... quand bon me semblera.

    Le baiser qui suivit, indiqua le temps de se mouvoir pour la galante, se décalant de ce fauteuil où le maître Dentraigues pris place, glissant de quelques pas presque disparu de l'aura lumineuse pour s'appuyer légèrement dos à un des meubles de l'endroit, observant la joute qui sans nul doute allait bientôt s'enclencher entre ces deux là.
      Sans nul doute

    La réponse ne serait guère plus développer, Lucas possédait la réponse à sa question, sans quoi il ne serait pas galant, il fallait être logique, un brin cohérent et surtout lucide quand à l'attrait qu'il pouvait provoquer chez la gente féminine.
    L'espace d'un instant, "Elle" hésita... rester ou partir, mais cette opportunité avait été offerte à la parfumeuse déjà et elle savait qu'il lui suffisait de le faire savoir pour que la rose disparaisse du tableau de création des fragrances du maître galant.
      Mon opinion n'a d'importance, ne l'avez-vous pas dit vous même plus tôt ?
      "Ce qui compte ici, c’est ce que ressent Ambre. Elle…et juste elle. Vous et moi ne sommes que des pions pour stimuler son imaginaire érotique."
      Et bien... soyez ce pion Lucas.

    Jubilatoire avez-vous dit ?
    Ô que oui et sans honte aucune.

_________________
Ambre_m
Royaume à nouveau sous le joug de la Reyne, les affutés balayant amusés le jeu offert par Lucas, les gourmandes s’étirant en un sourire dévoilant les nacres alors qu’il poursuivait la provocation, les bras étant venus se croiser sous la poitrine elle laissa le Maître poursuivre son jeu, ne pas agir rester celle qu’elle était toujours en ce lieu, détachée et concentrée sur l’objectif de réussir les travaux demandés. Quelques mots prononcés de part et d’autre, l’amusement était à son comble dans l’esprit Ambresque … Lucas était l’Homme avec un grand H, le mâle dans sa splendeur, mêlant savamment arrogance et assurance quelque peu horripilante. Rose une femme qui savait manier ses armes avec la délicatesse qui était dû à la gente féminine. L’Ambrée aurait pu rester des heures à admirer la scène mais les travaux se devaient d’être avancés, s’approchant du bureau, elle saisit son petit calepin ou les notes s’étaient entreposées de manière désordonnée, le regard se plissant quelque peu avec pour cause la faible lueur qui habitait les lieux.

Et c’est dans le mutisme de son esprit concentré qu’elle se dirigea vers les lourdes étagères contenant l’ensemble de ses richesses parfumées, les doigts habiles manipulent les flasques, offre le mariage entre les essences, l’envoutement nait à nouveau au cœur de l’Amande amère et du jasmin, se fortifie avec le lilas pour offrir l’explosion au cœur du santal, une petite fiole reçoit le savant mélange avant que les doigts n’effectuent le mouvement du mélange avant de revenir vers le duo.

Portant ses affutés au regard acier de Lucas, elle ne dit mot mais le sourire en dit d’autant plus, déposant la flasque sur le petit guéridon avant de faire le dernier pas qui la sépare de lui avachit dans le fauteuil le col légèrement ouvert, il voulait jouer elle jouerait de lui, se penchant lentement sans jamais dériver le regard de l’acier, la finesse des doigts venant doucement se saisir du second bouton jouant un instant dessus avant de le faire sauter de la boutonnière, les habiles écartant un peu plus le tissus cachant le puissant poitrail, la tête légèrement relevée les lèvres à fleur des siennes, son souffle chaud se déposant comme un baiser soufflé.

- Voyons si l’essence première offre l’effet attendu …


Pousser un peu plus loin le vice, le bleu de son regard nimbé d’une petite étincelle, s’approcher un peu plus avant de détourner la tête et de se redresser pour venir saisir le flacon et en extraire quelques gouttes qu’elle fit rouler sur la peau chaude de Lucas, petite goutte qui dévale le cuir et vient s’immiscer en chaque pores, « Douceur & Sensualité » tel était ce que devait éveiller cette fragrance mêlant l’Amande amère qui était une odeur chaude et envoutante, une touche de fleur d’oranger pour venir la rehausser et offrir ce petit zeste acidulé, qui se couplait parfaitement avec le Lilas ainsi que le jasmin blanc offrant l’odeur de la sensualité le tout conclut sur le santal note chaude et épicée pour ne pas omettre que la précieuse se devait d’éveiller le désir.

Reculant de quelques pas elle déporta son regard sur Rose, clignement léger des paupières, ressentirait-elle la douceur et la sensualité au cœur de cette odeur ? La Créatrice l’espérait mais savait se remettre en question si cela n’était pas le cas.


- Rose … Dites-moi si cette essence déposée sur la peau de Lucas vous invite à une soirée au cœur de la Douceur et de la Sensualité ?


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Lucas.


Qui s’y frotte, s’y pique… ou se fait griffer. En l’occurence, le Dentraigues n’avait pas eu le loisir de se frotter à la Rose (ou si peu) mais déjà les marques de celles-ci devait agrémenter sa cuisse masculine. Pourquoi? Notre galant jeta une regard interrogateur en direction de l’épineuse afin de déceler une raison à cet excès d’humeur. Après tout, il ne pouvait y avoir que deux raisons pour qu’elle le griffât ainsi: Soit elle avait quelque chose à lui reprocher, soit ils étaient partis dans des ébats charnels torrides et sauvages. Manifestement ni l’une ni l’autre des possibilités ne s’appliquait à la présente situation à moins que tout ceci n’était qu’un préliminaire à une soirée de laquelle il serait interdit de se débander. De réponse dans les yeux de Rose, il n’en obtint pas mais en retour, ce fut un frisson balayant l’échine masculine de haut en bas qu’elle reçut en guise de réponse.

Foi de Dentraigues, l’humeur de la galante devait avoir été piqué au vif. Pour quelles raisons? Il ne le savait pas. Rose n’était pas des plus volubiles en règle générale mais la brièveté de ses réponses qui n’en n’étaient pas surprirent le galant. « Sans nul doute » . N’y avait-il pas là réplique plus évasive que cela? Était-ce là la résurgence d’un brin de jalousie? Envers la créatrice? Non, Dans l’Initiée, jalousie avait été évoquée et repoussée. Lucas ne le niait pas; Rose l’attirait. L’homme avait également l’outrecuidance de prétendre que la réciproque était vraie. Mais de jalousie, l’un envers l’autre, il ne saurait être question de part leurs occupations professionnelles. Alors jalousie envers Ambre? Était-ce le fait de sentir la parfumeuse plus affairée auprès de son client initial qu’auprès d’elle? Ou mauvaise perception de la situation? Oh oui, Lucas Dentraigues pouvait abuser d’autrui pour arriver à ses fins. Toute la question était: le faisait-il en ce moment avec « Elle » ?

La réparti de la galante fit sortir un sourire des lèvres du parisien. Un pion? Oui, il l’avait suggéré. Certes il avait été plus délicat dans sa façon de le dire. L’homme savait la florale habile dans le maniement des mots. Le terme de « pion » faisait manifestement référence au fait qu’il s’était affublé du statut de Roy et Ambre de celle de Reyne. Mais après tout, un invité devait savoir remercier son hôte à sa juste mesure non?


- Pion?

Cette unique syllabe soutenue par un regard perçant pointé dans la direction d’ « Elle » portait une touche de surprise, une once d’incompréhension et un brin de provocation. Agitez-le tout, parfumez d’une pointe d’ironie, d’une goutte de poussière d’étoile, d’un poil de barbe d’ogre… Pardon, je voulais dired’un poil de barbe de Dentraigues… Et vous obtiendrez l’élixir que concoctait déjà le galant pour rendre la monnaie de sa pièce à la délicieuse aux émeraudes fascinantes.

- Pouvez-vous me rappelez les règles du jeu Rose? Ne trouveriez vous pas complètement fou, voire même un peu cavalier qu’à son tour la Reyne sautât le pion alors qu’elle peut prendre le Roy?

Comprenne qui pouvait. Manifestement dans ce trio infernal qui dansait autour de quelques fioles de parfum, chacun se devait d’accepter d’être tour à tour un pion, un Roy, une Reyne et la réaction d’Ambre le prouva sans aucune hésitation. S’il n’avait pas été Lucas Dentraigues, il se serait levé de son siège, aurait livré un baiser enjoué sur les lèvres de la créatrice pour lui montrer à quel point il appréciait la conclusion de son travail. La réparti était aussi excellente que surprenante, elle le prit de cours et lorsque le moment de surprise fut passé, le regard du prédateur affamé vint à nouveau se ficher dans les prunelles de la galante. Ambre avait marqué un point et si Lucas était impitoyable et égoïste, il savait aussi remercier lorsque cela était pertinent. Ambre de Monmouth avait gagné sa reconnaissance. Si elle devenait membre de l’Aphrodite à l’issue de la soirée de réouverture, il la remercierait pour ce trait de génie qu’elle venait d’avoir. A sa façon, à celle du galant, de l’amateur de jolies femmes et si elle lui consentait un rabais sur le prix des parfums, cette soirée privée qu’il organiserait pour elle à l’Aphrodite ne couterait pas un seul écu à la créatrice. Il s’arrangerait avec Flav. Le menu? Il n’en savait rien encore. Pour découvrir les gouts d’Ambre, savoir ce qui pouvait attiser son désir, il fallait la découvrir et çà notre galant savait déjà comment il s’y prendrait. La fête serait taillée à sa mesure.

Avant d’en arriver là cependant faisons un léger retour en arrière voulez-vous? Avant cette conclusion, il y eut la création dont il était le héros, quelques gouttes d’essence déposées à même sa poitrine par la paume de curieux enfouis sous sa chemise, un regard qui scruta les émotions galantes aux tréfonds de ses brumeux. Saurait-elle y découvrir l’effet que ce parfum provoquait en lui? Les changements qui s’opéraient dans ses humeurs? Une montée progressive du désir qui ne pouvait être assouvi que par un contact peau à peau lorsque celle-ci aurait atteint son apogée? Le souffle des mots de la Monmouth vint s’écraser sur les lèvres du Dentraigues, Les paupières se refermèrent un instant. Un seul. Les fragrances formaient des volutes, s’enroulaient autour des papilles olfactives du galant, atteignirent son esprit pour inspirer ses pensées. Besoin charnel, étreinte suggérée. Ses prunelles rompirent temporairement le combat, elles roulèrent sur le pulpeux des labiales ,sur l’arc d’un cou, l’arrondi d’une épaule, la naissance d’un décolleté.

Elle avait jouaé avec lui. Oui, elle voulait le sentir à elle, prendre les rênes qu’il gardait précieusement pour lui. Sa main frémit sur l’accoudoir du fauteuil et alors que le parfum glissait sur sa peau, elle s’en détacha et s’approcha de l’épaule de la créatrice. Sans la toucher, sans l’effleurer, mais proche si proche de son épiderme, elle surligna sa silhouette. elle survola l’épaule, enroula fictivement des doigts désynchronisés à l’esprit chatouilleur autour de son cou, glissa le long de l’échine dorsale. La paume pleine de sa main dessina l’arrondi du séant ambrien, mouvement rotatoire prenant la direction de l’intérieur de ses jambes avant de faire marche arrière et remonter sur une partie plus charnue de son anatomie. Tout cela sans la toucher…ou presque. Le mouvement brusque de la créatrice vers l’arrière surprit le séducteur. Contact bref, subtil, d’une paume sur l’étoffe d’une robe, manque de promptitude dans le réflexe de retrait. La main revint prendre sa place sur l’accoudoir et les lèvres s’étirèrent en entendant la réplique finale de cette création. Géniale. Il n’y avait pas d’autre mot.


- Rose? Qu’en pensez-vous? La Reyne que vous êtes a t-elle une envie irrésistible de croquer le pion parfumé? Je pense d’ailleurs que ce serait la plus grande flatterie que l’on puisse faire à notre hôte en cet instant…et aussi son plus grand désir.

Mélange des essences, mélanges des idées, mélange des noms. Rose, Ambre, Lucas.


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.elle


    "Rose … Dites-moi si cette essence déposée sur la peau de Lucas vous invite à une soirée au cœur de la Douceur et de la Sensualité ?"

    "- Rose? Qu’en pensez-vous? La Reyne que vous êtes a t-elle une envie irrésistible de croquer le pion parfumé? Je pense d’ailleurs que ce serait la plus grande flatterie que l’on puisse faire à notre hôte en cet instant…et aussi son plus grand désir."

    Rose ici, Rose là, pour au final une question unique "qui de l'oeuf ou de la poule" ou plutôt "Qui de Lucas ou d'Ambre", deux dominants, deux séducteurs et deux qui ne lâcheraient pas le morceau et au milieu ?
    "Elle"... le pion sur l'échiquier, un partenaire qui se jouait des arrangements entre eux dont la créatrice ignorait tout et une femme maitresse en ce domaine qui pourrait bien réussir à faire vaciller messire Dentraigues et son besoin de contrôle.
    Auquel des deux porterait-elle son concours ?

    Répondre à l'interrogation de l'un, puis de l'autre semblait finalement la plus adaptée des options, délaissant la semi-pénombre de sa cache en retrait, le pas chaloupé se dirigea vers le fauteuil pour y déposer dextre sur un accoudoir et se pencher pour humer les fragrances exhalées par la peau parfumée.
      Sensualité à n'en point douter Ambre, chaleur et virilité tout autant, j'avoue moins percevoir l'idée de douceur même si l'ensemble l'est n'étant pas agressif mais tout en volupté.

    Se redressant en effleurant l'avant bras de Lucas "Elle" ajouta calmement.
      Mais peut-être est-ce l'aura de séduction qui plane ici qui fausse mon jugement Dame de Monmouth, c'est très probable même.
      Ce parfum est dans tous les cas une création que je trouve très plaisante, enivrante même.

    Retour au pacha en son fauteuil, dextre venant effleurer le dessus de main du Dentraigues, un léger sourire animant le faciès de la rose.
      Je crains très cher que vous ne vous trompiez, il n'y a qu'une Reyne icit, maitresse en son domaine et dans son art, et parce que cela vous ne l'avez pas compris encore, je crains fort que tout savamment parfumé que vous soyez, et malgré l'envie que ces fragrances puissent provoquer... personne ne vous croque Maître Dentraigues.

    Dos de la main tapotée, un chaste baiser lui fut déposé en lieu et place du centre d'un front dégagé de toute mèche blonde avant de se reculer d'un ou deux pas.

    Fort à parier que ceci ne serait guère apprécié par le galant, mais... n'était-il pas dit qu'une rose piquait ?
    Le but premier n'était-il pas de porter assistance à la créatrice dans son travail, elle espérait avoir répondu aux attentes.


_________________
Ambre_m
    Si a l’instant la question était posée à l’Ambrée de ce qu’elle ressentait du moment présent, elle répondrait avec simplicité « Une étrange sensation d’être sur le fil du rasoir et vivre ce sentiment que tout peut basculer en une tout autre tournure en un grain de sablier » voici l’état d’esprit de la Créatrice qui se trouvait en une situation qu’elle ne maitrisait aucunement, son domaine était devenu terrain de jeu entre provocation et séduction pour plaisir qu’elle ne voulait point nommer.

    Conserver un certain contrôle était ce que son esprit lui martelait à chaque étape franchie, ne pas céder et conserver une distance raisonnable et la Rose était pour elle un vrai bouclier à cela puisqu’elle avait bien perçue cette attirance qui liait les deux Galants, une attirance qui transpirait de chaque pore de l’un et de l’autre. Portant ses affutés sur la silhouette pleine de grâce et de sensualité de l’Épineuse qui découvrait l’essence à même la peau, elle n’aurait pu agir autrement que de cette manière pour assouvir les besoins du Dentraigues, elle ne s’était pas trompée dans ce jugement qu’il était homme à obtenir ce qu’il souhaitait mais cela ne pouvait qu’amuser l’Ambre qui pousserait bien loin le vice de la provocation.

    Bras se repliant sous la poitrine alors que les avis fusaient de part et d’autre, hochement de la tête tout en conservant son silence, seul le bruit de ses pas pu se faire entendre alors qu’elle se dirigeait vers son bureau pour récupérer son précieux carnet y apposant quelques mots avant de relire la composition du parfum suivant, mutique elle le restait tout en se déplaçant au cœur de son écrin, saisissant une flasque elle s’approcha de Rose, passant doucement la fiole sous le nez délicat.

    - Rassurez-vous ce n’est pas un moyen de vous envoyer valser auprès des étoiles juste une manière de chasser l’odeur que vous venez de sentir.

    Expliquer de quelques mots le geste effectué avant de saisir un linge propre qu’elle imprègne à son tour pour s’approcher de Lucas toujours avachi sur son fauteuil, sourire de cette posture qui faisait naitre en son regard une lueur d’un souvenir passé, elle n’aurait jamais pensé retrouver un jour un homme ayant ces attitudes et cette façon d’être, il faut bien avouer qu’au final personne n’est réellement unique.

    - Vous ne voyez pas d’inconvénients à ce que je vous retire l’essence Lucas ?

    Interrogation au quelle elle n’attendit aucune réponse, se penchant à nouveau elle laissa sa main se guider sur le torse pour effacer l’odeur puis doucement les doigts agiles vinrent saisir la seconde nacre puis la troisième relevant les yeux pour le regarder à l’instant même ou le geste s’effectuait, il voulait jouer sans même savoir qu’elle était une joueuse née, pulpe se glissant le long de la ligne imaginaire qui scinde le torse en deux.

    - Passons maintenant à Détente, repos et Harmonie des sens …

    Mots soufflés alors que le corps se redresse pour s’échapper à quelconques interventions du Galant, s’éloigner à nouveau pour retrouver ce qui lui bouleversait toujours l’esprit, les mains naviguant en un ballet subtil, mariant les notes les unes aux autres. Odeur d’Absolue Tubéreuse et de Benjoin une association à la déclinaison entre le capiteux et le lactée, un vrai envol de l’esprit vers des bains aux vapeurs entêtantes, une pièce surchauffée dans lequel on a à l’esprit de s’abandonner, poursuivre le mariage sur l’Amande Amère offrir un côté poudrée réconfortant sous une touche un peu plus balsamique épicée jouer sur deux tons à l’appréciation de la présente conviée en une soirée par le Galant, conclure sur deux épices chaudes, envoutantes, enivrantes qui est la cannelle et le santal, relever un bref moment le regard alors qu’elle se saisissait d’une fiole d’huile pour le corps, une huile vierge sans odeur dans laquelle elle vint transvaser le mélange des notes.

    - Rose, nous aborderons à présent la Détente, le repos et l’Harmonie des Sens, j’ai en inspiration de reproduire ce mélange subtil que l’on peut ressentir au cœur des bains, les odeurs d’Orient mais aussi un côté lacté enfin je pense que vous suivez le fil de mon imagination.

    Nouveau silence alors qu’elle se glissait au dos de Lucas, venant dégager la chemise des épaules, geste qui lui fit découvrir une musculature ciselée qui valait bien un regard plus prononcé, déposant l’huile parfumée au creux de ses paumes elle la fit chauffer un moment avant d’entamer un roulement des doigts sur la peau,s'appliquant à insister sur quelques zones sensibles, glissant lentement les mains huilées sur le devant du torse avant de revenir sur le haut des épaules, l’odeur au contact de la peau s’échappait en nappes odorantes délicieuses.

    - Je vais avoir besoin de votre avis autant sur l’odeur qui s’en dégage mais également sur la sensation que l’on peut ressentir quand on la dépose sur la peau.

    Retirant ses mains lentement du cuir chauffé elle laissa sa main en guide pour inviter l’Épineuse à prendre place assise avant de tendre le flacon à Lucas.

    - Si le Maitre veut bien reproduire ce que je viens de faire sur ses épaules pour faire découvrir l’ensemble dans sa globalité à Rose, qu’elle savoure le côté olfactif mais aussi la sensation que l’on ressent à l’application. Ensuite vous me rendrez vos jugements.

    Se reculer de quelques pas à nouveau et les laisser manœuvrer ensemble sous son œil de Créatrice.

_________________
Lucas.


L’esprit féminin est sans doute l’oeuvre la plus complexe de toute la Création du Très-Haut. Il est imprévisible, suit des règles qui sont propres à chaque individu et peut, face à la même situation et dans les même circonstances, se comporter de deux manières diamétralement opposées. Pour le Dentraigues, Tout dans l’attitude de Rose suintait l’ambiguïté. Celle-ci n’était ni feinte, ni involontaire. Elle transpirait volontairement dans ses actes, dans ses propos. Jalousie ou mise en garde? Il osait penser qu’il y avait un peu des deux dans l’attitude de la galante.

Le parfum de la créatrice reflétait sensualité, chaleur et virilité? Une façon pour Rose de confirmer au galant que ces qualités émanaient également de sa personnalité. N’avait-il pas réussi à inspirer la créatrice? Elle jouait d’effleurements tout en volupté mais elle parlait d’une aura de séduction qui pourrait fausser ce jugement. Appâter et retirer au dernier moment, prétendre que ce dit-jugement qu’elle venait de formuler pouvait être faussé - Aura de séduction? Quelle aura? Suggérait-elle qu’il puisse y avoir une telle intention de Lucas vers Ambre ou…de Ambre vers Lucas? Des deux? - pour finalement ajouter que le parfum était une réussite, sous entendant par là qu’il atteignait l’objectif assigné. Ambiguïté? A n’en point douter. Jalousie? Peut-être…mais plus certainement une mise en garde que ses derniers mots concrétisaient sans équivoque cette fois: « Personne ne vous croque ».


- Je prends ceci comme un compliment Rose.

Certains auraient utilisé la forme interrogative, pour attiser ou pour obtenir confirmation de la bonne interprétation des faits. Pas le Maître. Entre Ambre d’un côté et Rose de l’autre, deux dames combinaient leurs efforts pour ramener le jeu dans leur territoire, pour ne pas suivre le Maître sur le sien. Etait-ce là d’autres connivences ou une pure coïncidence? Un accord tacite entre deux femmes que les parfums de la créatrice mettaient en émoi?

Si l’esprit de Rose démontrait ici toute sa subtilité et toute la beauté de sa complexité, celui de la créatrice n’était pas en reste non plus. Non seulement il était évident que Ambre allait puiser au plus profond de sa créativité pour répondre à la demande de Lucas mais le galant était aussi convaincu que la Monmouth avait volontairement placé un paravent entre ses désirs et son attitude, ce que Rose appelait une aura de séduction. Galant et galante marchaient du même pas dans cette direction, vers les mêmes convictions. L’épineuse l’avait formulé ouvertement? l’ex-avocat ne ferait tomber le paravent. Après tout, les ombres chinoises d’une femme qui dévêt son âme et ses étoffes ne forment-elles pas un spectacle fascinant? En matière de plaisir, se dévoiler sans précipitation est un art qu’il est indispensable de maitriser si l’on veut attiser l’envie. Rose en avait joué à merveille avec le Dentraigues.

Le « Personne ne vous croque Maître Dentraigues » ne reçut qu’une réponse corporelle de la part du galant. La tête inclinée vers la Dextre, les lèvres closes et légèrement plissées, le regard de défi lancé en direction de la florale, tout dans le paraître de Lucas répondait à cette phrase. Les mots étaient inutiles. Le défi? Accepté. La suite? Elle ne fit que confirmer au Maître que certaines de ses impressions étaient justes.

Quand à Ambre, elle-aussi jouait avec le feu, avec cette envie de s’y brûler sans pour autant céder. Pas ici, pas maintenant. Elle éprouvait le besoin de toucher, d’apprécier ce torse nu offert à ses yeux autant que Rose avait eu le besoin d’effleurer sa main, d’offrir la vue de son corps au galant alors qu’elle se penchait vers lui pour le « nettoyer ». Et il fallait croire que le torse ne lui suffisait pas car désormais c’étaient ses épaules qu’elle mettait à nue. Lucas tourna à peine la tête vers l’arrière pour suivre le mouvement de la créatrice, sentir le baume froid sur sa peau contrastant avec la chaleur de mains expertes. Le dernier regard qu’il envoya avant de fermer les yeux fut pour Rose. Qu’il est dommage, une fois de plus, que le galant ne pouvait lire dans ses pensées à l’instant précis. La curiosité. Voilà ce qui le poussait à vouloir connaître ses sentiments alors que la pulpe des doigts de la créatrice roulait sur l’épiderme du parisien. Alors il ferma les yeux et se laissa porter par des plaisirs qu’il ne voulait point nommer. Détente, repos, Harmonie des sens…et plus si affinités.


- Fragrance agréable au nez. Méthode d’application inspirante. Puis-je remettre ma chemise? Ou est-il préférable que je reste ainsi?

En entendant les dernières paroles de la fragrancée, Lucas se leva et se dirigea vers Rose. Sans se presser, Il se retourna dos à la galante, laissant les odeurs venir titiller ses papilles nasales, le tissu de la chemise recouvrant à peine ses épaules.

- Si vous voulez vous faire une idée du résultat de plus près Rose, n’hésitez point. Le toucher est également sans frais. Épaules et torse compris. Pour le reste, une approbation préalable est requise.

Toujours dos à Rose, il toisa la créatrice. L’une et l’autre voulaient jouer avec lui. Auraient-elles ce à quoi elles s’attendaient?

- Il existe des situations perdante-perdante n’est-ce pas? Mais mettons ici un brin d’optimiste: qu’est-ce qu’un perdant si ce n’est qu’un gagnant qui n’a pas encore atteint son objectif?

Ambiguité chez le Dentraigues comme chez la gente féminine ici présente? Aucunement comme le montrait l’audace dont il fit preuve en posant fermement sa main sur la cuisse de la galante. Masser Rose avec cette huile parfumée? A part laisser à Ambre le contrôle des opérations, le maître ne voyait pas l’intérêt d’une telle demande.

- La rumeur prétend que les hommes sont voyeurs et les femmes exhibitionnistes. Je ne puis que confirmer pour les hommes. Ils apprécient un spectacle au charme indéniable. Quand aux qualités du sexe faible…

Ne croyez pas que c’était une expression que Lucas prisait mais en l’occurence, elle lui permettait de passer le message qu’il reprenait la direction des opérations.

- … Je vous laisse libre de confirmer au d’infirmer mes dames. Je constate cependant que chacun a une petite part de l’autre sexe en lui. Ainsi donc Ambre, vous désirez satisfaire votre côté masculin? Laisser charmer votre regard d’une scène qui ne saurait manquer d’attrait et de volupté n’est-ce pas?

Quittant un instant le giron de la florale, Lucas s’approcha de la Monmouth pour la toiser d’un regard de défi après avoir investi son espace intime, celui-là même dans lequel l’on peut sentir le souffle de son interlocuteur sur la peau.

- Ce lieu, aussi pratique soit-il pour votre travail n’est guère adapté à l’exercice que vous désirez me voir exécuter. Un massage nécessite chandelles, table et une fine étoffe, un drap servant à masquer les courbes que la bienséance désire conserver dissimulées. Enfin…Pour commencer il s’entend.

Le galant fit le tour de la créatrice, laissant sa main frôler ce corps sans s’y attarder plus qu’il n’y fallait, sans rompre le contact entre ses mirettes et le profil harmonieux de la parfumeuse. Le regard était fixe, ancré à la commissure des lèvres féminines sur le devant et la rondeur d’une nuque sur l’arrière, les bottes claquaient sur le sol de l’atelier. L’homme jeta un dernier coup d’oeil provocateur à la blonde et revint vers la brune en resserrant son ruban de velours noir dans ses cheveux. De face cette fois, Il posa ses majeurs de part et d’autre du cou de la florale et, du bout des paumes, suivit le chemin qui menait à la rondeur de ses épaules tout en continuant à s’adresser à Ambre

- Si vous souhaitez apprécier un tel spectacle, il vous faudra vous rendre à l’Aphrodite Ambre. L’endroit dispose de toutes les commodités requises. A l’entrée, demandez un duo de Rose et d’avocat sur son lit à Baldaquin. Nous oublierons le baldaquin cependant…

Ambre avait demandé. Ambre recevait. Ce qu’elle avait demandé? Non. Les lèvres du Dentraigues s’oublièrent à la base du cou de la galante, survolèrent sa chair pectorale, se posèrent en douceur sur l’arrondi de l’épaule, côté droit.

- …Vous serez guidée vers les étuves où un bain vous sera proposé et lorsque vous en sortirez, vous pourrez envelopper votre corps dans les plus chaudes et les plus douces couvertures que vous ayez jamais usé. Nul besoin de plus. Les fournisseurs de l’Aphrodite sont spécifiquement sélectionnés pour la qualité de leur produit.

Il faufila ses mains sur la taille de l’épineuse, s’insinua derrière elle. D’un souffle chaud, Il écarta quelques mèches brunes rebelles et rendit hommage à cette partie de l’anatomie féminine si sensible qu’est la plaine nucale, entrecoupant ses baisers d’inspirantes paroles.

- …Sur la table de massage, couchée sur le ventre, Rose attendra patiemment que je sois prêt. Seule une étoffe de mousseline masquera la partie charnue de son corps. Torse nu, je déposerais alors quelques gouttes de votre huile parfumée dans le creux des mains, m’en imprégnerais et m’appliquerais en toute sensualité à détendre la plus jolie des fleurs de l’Aphrodite. Les épaules, le dos, les jambes, les pieds. Côté pile…Côté face. La mousseline s’effacera…lorsqu’elle devra s’effacer. Et si pendant cette séance de…relaxation…vous constatez…que les gestes de notre Rose font preuves d’une audace folle et d’une impertinence délicieuse, alors vous saurez que votre huile est une réussite totale Ambre, qu’il n’y a rien à y changer.

Proposez une destination au Dentraigues. S’il l’apprécie, il vous présentera son propre chemin pour y arriver…parce que le Maître est ainsi.

- Si cela ne vous suffit alors…

Ses lèvres s’étirèrent sur le grain épidermal de la galante.

- Il vous suffira à votre tour de vous allonger sur la table et vous laisser aller à un massage à quatre mains huilées par votre propre création. Je pense que cela devrait vous permettre de vous faire une idée… définitive.


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