Afficher le menu
Information and comments (0)
<<   <   1, 2, 3   >>

[RP Ouvert ] Dol, funérailles du Grand Duc Lemerco

L_aconit
Ce 3 août était de feu. De flammes. de chaleur infernale. Discrètement, l'évêque s'épongea le front.


- Avant de quitter les lieux, nous allons dire un dernier adieu à notre frère Lemerco, avec respect et affection, confions-le à Dieu dans l'espérance de nous retrouver un jour auprès de Lui, prions, et faisons une minute de silence.


Faust se mit en prière et l'instant de silence se poursuivit un peu. Lorsqu'il se redressa, quelques gouttes perlaient de nouveau sur ses tempes. A son front. Au coin de ses yeux. Là... Ils y étaient. La cérémonie touchait à sa fin et ils allaient se dire adieu.



- Avec tous ceux qui nous ont précédés et qui vivent déjà auprès du Seigneur, avec l'immense cortège des saints, nous lui souhaitons un bon dernier voyage ... Dénué de tempêtes, éclairé par la miséricorde de Dieu. Lemerco était un bon navigateur... Nul ne doutera qu'il saura trouver le chemin.


Il chercha parmi l'assistance l'aide bienveillante de quelques bras.


- Que quatre hommes , seigneurs ou hommes de la terre, que quatre amis ou frères s'avancent pour fermer le cercueil et le porter jusqu'aux jardins de Dol. Venez... Levez-vous... Il ne peut plus vous mordre, c'est une promesse...


Dit il en observant les hommes présents. Les enfants de choeur se mirent à chanter doucement.

_________________

(En Bleu italique, les pensées Laconiques.) galerie d'avatar-Recueil
Titia.
Titi avait appris la mort de Lem, elle avait eu du mal à y croire, elle le croyait invincible, son ami n'était plus, il était partit rejoindre les étoiles.

Titi la connu en Anjou, elle avait rejoins les bonnet rouges, ils se sont battu ensemble pour défendre l'Anjou, et c'est en tant que bonnet rouge qu'elle vient lui dire un dernier au revoir avec son ami de toujours Wyrn.

Ils sont tout deux installés en retrait, écoutant la cérémonie, elle prit pour son ami qu'elle n'oubliera jamais.

_________________
Eriadan_wolback


    La nouvelle lui était tombé dessus sans qu'il ne puisse y croire. Le Grand Lemerco était tombé, dès la fin de son sacre. Comment était-ce possible ? Lui qui était si solide ? Le nouveau Baron avait eu du mal à concevoir l'idée. Il crut à une mauvaise blague.
    Aussi se rendit-il à la cérémonie pour lui rendre hommage.
    Il observa les gens présent tout en faisant attention à chaque personne portant une bure ou autre capuche. Il voyait bien Lemerco se cacher parmi la foule venue assister à ses propres funérailles afin de prendre plaisir au deuil de chacun. Peut-être même allait-il sortir de derrière un rideau en criant un "surprise!". Mais il n'en fit rien. Le corps qui reposait dans le cercueil semblait être bel et bien le sien, la cérémonie continuait et s'apprêtait à s'achever sans un rebondissement. Quelle déception. Lui-même aurait sans doute aimer quelque artifice ou réjouissance pour apporter de la couleur à ce morne office.
    Ou pas.
    Après tout, le Wolback le connaissait mal.
    Mais il en savait assez pour comprendre que l'événement avait son importance.
    Adieu Montfort...



    - Que quatre hommes , seigneurs ou hommes de la terre, que quatre amis ou frères s'avancent pour fermer le cercueil et le porter jusqu'aux jardins de Dol. Venez... Levez-vous... Il ne peut plus vous mordre, c'est une promesse...



    Ainsi le Wolback s'approcha prêt à apporter son aide, restant en retrait au cas où d'autres hommes plus proches de Sa Majesté ne prennent l'initiative.


_________________
Lou_monfort_toxandrie
Le cauchemar de Lou se poursuivait...
Certes, à présent elle n'était plus obligée de rire et de festoyer contre son gré, face à un père mourant qu'elle ne voulait pas décevoir.

Il n'était plus ! Et avec sa mort disparaissait toute chance de le rendre fière d'elle.

Lou avait conscience de ne pas être à la hauteur de sa fratrie, Nao avait réussi, et était à présent un époux et un père comblé, Margot avait des enfants merveilleux, Nicolas était évèque, quant à elle... Elle se cherchait toujours. Jamais plus elle ne pourrait espérer faire un jour la fierté de ce père tant aimé.

Mais à quoi bon s'en soucier à présent ? Elle ne pouvait plus que prier, prier pour le salut de "m'sieur Pôpa" comme elle aimait à l'appeler.

L'office arrivait à sa fin, ils allaient bientôt l'accompagner à sa dernière demeure.
Grannass
" Je ne peux pas aller aux obsèques, je suis en deuil." C'était l'excuse du siècle. La plus brillante jamais trouvée probablement. Grannass ne pouvait pas se rendre aux obsèques de l'ancien grand duc parce qu'il était en deuil de... Lemerco.

A moins que ça ne soit de la merde, ce qui semblait être l'avis du type en face du Kerallec, un serviteur de la couronne depuis déjà quelques années qui avait du mal à se faire au nouveau locataire du trône, fin du siège à côté du trône.


" Votre éminence, je doute que...
- Eminence ?
- Je, j'ai supposé que tel était votre titre.
- La noblesse est bien basse, inutile de m'en affubler les titres je vous prie.
- Aheum...
- Oui ?
- Je souhaiterais émettre des réserves quand au fait que vous ne vous rendiez pas aux obsèques de sa majesté.
- J'en prends note, vous irez donc à ma place.
- Pardon ?
- Vous irez. Et vous ... "


Et ça continue en partant des des magouilles pas possibles. Conclusion ? Le Kerallec n'a aucune excuse valable pour ne pas être là mais s'en fout. Par contre, y'a un représentant de la couronne quand même.
_________________
Ode...
    Le monde se presse au sein du lieu Saint, nombreux nobles dont certains qu’ils connaissent et saluent discrètement d’un signe de tête, quand tous ont pris place l’officiant s’exprime et se présente… La Kerloc’h fronce légèrement les sourcils, cet homme est l’évêque qui ne lui a jamais répondu avant qu’elle entame un échange épistolaire avec Don…. Don… Il est vrai qu’elle avait fait mention de son nom dans ses courriers mais Ode n’avait pas immédiatement fait le lien, d’ailleurs c’est à cet instant réellement qu’elle le comprend. Un effleurement de la main de Guillaume la ramène au présent, ensemble ils se joignent aux prières :

      Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.
      Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.

        Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.
        Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.

          Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.
          Amen !

          Seigneur ne détourne pas ton regard de notre ami.
          Amen !

    Chaque présent devait avoir ses propres souvenirs avec Lemerco, ils devaient avoir des tas même, elle n’a qu’un verre partagé … mais tous sont réunis en un seul « corps » pour suivre cette cérémonie afin de lui rendre hommage et lui dire « Adieux », c’est solennel, la tension est palpable, une forme de peine non déguisée flotte dans l’air… Aussi personne n’ose s’exprimer au sujet du Grand-Duc, en même temps quand on enterre un ami, un parent, un époux, un père a-t-on réellement les mots pour exprimer nos maux ? Ode en doute.
    Silencieusement, le jeune couple suit chaque fait et geste, guettant le moment où Lemerco quittera ce lieux pour se rendre à son dernier voyage pour le Paradis Solaire.

_________________
Marihnah
Marihna, en plein voyage... de noce, avait appris la terrible nouvelle de la mort du grand Lemerco! Après le Duc Guyhom, voilà le Grand-Duc qui s'en va... pour de bon! Elle était trop loin pour se rendre en Bretagne à temps et n'en avait pas du tout envie aussi, il faudrait un certain temps pour que la rousse accepte de refouler les terres de ce pays... Alors elle s'arrêta, quelque part en France, dans une très jolie petite chapelle, en plein campagne, entourée de grands arbres, de fleurs et de champs à l'horizon... L'équilibre parfait entre Aristote et le Druidisme!

Elle se mit à prier... Elle ne connaissait pas de prière par coeur mais peu importe, quelques pensées lui vinrent à l'esprit et elle se mit à parler tout bas dans cette chapelle:

"Lem, je vous souhaite de faire bon voyage, le dernier mais quel voyage! Je suis sûre que vous nous en diriez des nouvelles si vous pouviez! Je vous imagine bien faire la fête avec Guyhom. Elle sourit à cette pensée... Vous étiez un grand homme, c'est certain, ce que je savais de vous, c'était surtout votre réputation d'homme fantasque, provocateur mais aussi très sage et un excellent Grand-Duc! Je n'oublierai jamais que vous êtes le seul à avoir mis les pieds dans le plat pour prendre de mes nouvelles lorsque tout est parti en vrille dans ma vie en Breizh, je n'oublierai pas votre écoute... Vous étiez quelqu'un de bien Lem, ce fut mon impression malgré que je vous ai peu connu! Adieu, soyez en paix pour l'éternité.

Marihna se mit aussi à penser à Guyhom... Un grand homme aussi, parti à jamais! Quelle tristesse... Elle avait dit à Aziliz qu'elle viendrait lui rendre hommage en personne à Brocéliande mais en aurait-elle la force et puis la cérémonie pour le repos de son âme n'avait pas encore eu lieu. Dans le doute qu'elle s'y rende, elle en profita pour avoir une pensée aussi pour lui:

Guyhom, je ne vous ai croisé que quelques fois mais j'en ai tellement bon souvenir. Vous étiez quelqu'un de bien et comme chacun le sait, ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers! Je souhaite que vous ayez trouvé la paix tant recherchée, vous le méritez sans aucun doute. Je vous ai trop peu connu et je le regrette... Soyez en paix!

Après ces quelques pensées tournées vers les défunts, la rousse quitta la chapelle de ce petit coin de campagne, quelques larmes parlant sur ses joues blanches...

_ingeburge_
Parmi la poignée de sujets du royaume de France présents à Dol-de-Bretagne pour accompagner Lemerco six pieds sous terre, l'on comptait la princesse de Dourdan. Celle-ci, fidèle à ses habitudes, s'était glissée dans un coin d'ombre pour assister à des funérailles dont elle s'était figuré qu'elles ne seraient rien de moins que lemerquesques. E-r-r-e-u-r et sur toute la ligne : c'était aussi classique que Lemerco ne l'était pas, ce dont elle ne pouvait tenir rigueur à l'officiant qui, elle ne le savait que trop pour avoir donné dans la chose cléricale par le passé, avait un canevas à suivre et ne pouvait qu'offrir à l'assistance de quoi broder. Et en fait de fioritures, rien. Nada. Nix. Zilch. Que dalle. Netra. Pour un peu, elle se serait cru à Saint-Denis, royaume de France, où ses obligations de noble du Domaine royal l'avaient tenue quelques jours plus tôt pour d'autres funérailles. Si la Danoise s'était rendue à Dol en revanche, c'est parce qu'elle en avait eu envie, et non pas parce qu'elle s'y était crue obligée. Et elle s'était donc attendu à autre chose que ça. À quoi exactement? Elle n'aurait su le dire. Mais oui, autre chose, quelque chose à son image, un bout de lui, en plus de cette localisation doloise. C'était déjà curieux que Lemerco fût mort, car les raclures, ça s'accroche à la vie plus qu'une moule de bouchot à son rocher dans l'estuaire de la Vilaine, mais c'était encore plus bizarre qu'il ne se passât absolument rien de plus que ce qui était prévu par la liturgie et même moins, puisque personne ne s'exprima.

Quelque chose commença à sourdre en elle – de l'exaspération, mâtinée de résignation – et ce mélange était tout tourné vers le Dolois adepte des manœuvres dolosives. Tout cela, c'était de sa faute. Cette sidération, là, c'était uniquement de son fait. Le silence aussi, hors les propos du curé, aussi. Parce qu'il était mort alors que c'était inimaginable. Parce qu'il osait trépasser en un été pesant et que c'était plus dur, par un temps pareil, de donner de sa personne. Parce lui qui était adepte des magouilles semblait tous les avoir laissés en plan. Oui, oui, il y avait eu le faire-part. Et il y aurait certainement un testament. Mais sinon, pour la cérémonie? Les avait-il aidés, eux, qui étaient venus pour lui? Leur avait-il permis de s'extirper, ne serait-ce qu'un peu, de la gangue des convenances? Non, non, il les avait juste plantés là, comme il savait si bien le faire. Alors, quand le prélat demanda à ce que quatre hommes vinssent récupérer le cercueil, considérant que personne n'interviendrait plus, elle grommela :

— Même mort, vous n'êtes qu'un fieffé saligaud.
C'était peut-être pour cela qu'il l'avait invitée, pour cette propension qu'elle avait à être franche et à ne pas satisfaire de quelque chose quand elle estimait que ça n'allait pas. Et ces obsèques, là, ça ne lui allait pas. Mais alors, pas du tout. Alors, elle s'y collerait.

— Si je puis me permettre.
Et la mâtine, elle se permettait, se levant et se plaçant, hiératique, dans le sillage d'Eriadan Wolback qu'elle ignorait être qui il était. Mais parce qu'elle se doutait qu'il se mouvait pour jouer les porteurs, elle précisa de sa voix rauque mais plate :
— Non pas que je compte participer au portage du cercueil.
Il valait mieux le dire, en ces terres qu'elle ne connaissait que très mal, malgré un Tro Breizh effectué quelques années auparavant, personne ne savait qu'Ingeborg, fille de Magnus, ne portait jamais rien, si ce n'est ses vêtements et ne soulevait pas davantage autre chose, sauf peut-être son jeune fils. Preuve en était que derrière elle, un jeune page était en charge d'un panier dont le contenu était dissimulé par un linge.
— Je vais parler.
Elle ajouta :
— À dire vrai, je n'avais pas projeté de prendre la parole. Je ne suis certainement pas la mieux placée pour ce faire, mais j'ai du mal à croire que Lemerco partira sans que personne n'ait prononcé plus que quelques mots convenus. Alors, je vais parler.

Un léger et gracieux dodelinement du menton à l'attention du blond officiant et la princesse se plaça près de Lemerco pour se tourner vers l'assistance qu'elle considéra un instant de ses yeux pâles et vides. Elle se lança, déversant de ses lèvres incarnadines sa voix indifférente :
— Je suis...
Avant de s'interrompre. Il ne lui semblait connaître personne ici, ou pas grand-monde – la faute à une mémoire défaillante – et il était plus que probable que personne ne sût qui elle était. La Bretagne, pour elle, c'était sa très chère, feue, Évenice de Guérande. Et Lemerco. Aucun des deux n'était présent aujourd'hui à Dol, en tous les cas, pour le second, pas vraiment. Elle reprit :
— Je fais partie de celles à qui il n'a pu ravir leur culotte. Je suis le petit lapin argenté de Champagne.
C'était ainsi que Lemerco l'avait désignée dans le dernier billet qu'il lui avait adressé. Pourquoi un lapin? Mystère. Et argenté? Pas mieux. Sable aurait mieux convenu : comme chacun pouvait le voir et comme lui le savait, elle était vêtue de noir de la tête aux pieds, voilée du même, et le seul métal qu'elle portait, c'était l'or, pur comme les nombreuses chaînes autour de son cou; gemmé, comme les bagues passées, parfois par paire, parfois par trio, à chacun de ses doigts praticiens.
— À la mi-mai, Lemerco m'a fait savoir qu'il débarquait à Paris sous peu et espérait l'hospitalité de mon hôtel. Enfin... il ne l'espérait pas, il la tenait pour acquise. C'était normal, nous n'avions pas besoin d'entretenir nos liens, il voulait venir, il viendrait. Voilà pourquoi, le plus naturellement du monde, j'ai exigé en retour un tribut purement breton – du sel du marais de Lasné, des craquelins, des sacs de farine de blé noir, des gélines du pays de Janzé et une relique de sainte Nathan.
De cela, elle se souvenait fort bien. De la suite, aussi.
— Il n'est pas venu, ce qui m'a étonnée. Était-ce parce que la raison de son voyage, des pourparlers avec notre trépassée à nous, ne l'enchantait guère plus que cela? Ou était-ce déjà autre chose?

Et maintenant, il était mort. L'autre couronnée aussi d'ailleurs. Mais elle, l'on savait dès son élection qu'elle ne ferait que passer pour mieux trépasser. En Bretagne, les souverains ne mouraient pas forcément quand la fin de la mandature s'annonçait.
— Lemerco avait pourtant l'habitude de mettre en œuvre ce qu'il projetait et faisait savoir. Ainsi en Champagne, là où je l'ai vu pour la dernière fois. Avant de s'attaquer au trône grand-ducal, il entendait bien y semer le trouble. Il l'a annoncé et a entrepris de le faire et mieux, a réussi, dans une certaine mesure. Lemerco a déposé une liste qu'il a pu financer et compléter, circonvenant même des Champenois, avant de la valider. Il a été élu, malgré le viol manifeste de la loi royale, et a pu entrer au conseil ducal champenois. Et bien évidemment, comme il l'avait planifié, il y a semé le trouble.
Le Dolois avait fait pire en fait, il avait révélé les petits travers de beaucoup, mis au jour certaines failles, fait vaciller des ententes qui n'étaient finalement que de façade.
— Moi-même élue, j'ai pris le parti de l'ignorer, ayant toujours estimé que Lemerco se nourrissait avant tout de toutes les attentions, surtout quand elles étaient mauvaises, qui lui étaient prodiguées. Il n'aimait rien tant que provoquer et observer ce que ses bravades et agaceries occasionnaient. Alors, pour le défaire, pour l'annihiler, quoi de mieux que faire fi de son existence? C'est quelque chose que la royauté française n'aura jamais su comprendre...
Et qu'elle reproduisait encore et encore, avec tous ceux qui s'élevaient contre elle.
— Mais, parce qu'il ne pouvait s'en empêcher, Lemerco proposait aussi, argumentait tout autant et faisait souvent mouche. Et ce qui est dommage dans le fond, c'est que toute la répulsion qu'il a inspirée en Champagne, et inspire encore, a masqué la cohérence et le bien-fondé de ses déclarations et en maints domaines. Réduire Lemerco à ses provocations n'est pas juste, c'était, un homme d'idées et de réflexions, sous ses dehors légers et carrément idiots.

Les prunelles vert opalin balayèrent un instant l'assistance, avant de se fixer sur un point indistinct, vers le narthex.
— Au cours du mandat, Lemerco a fini par partir et je ne pensais certes pas qu'il partirait pour de bon. Je m'attendais à ce qu'il revînt, et je m'attendais à ce qu'il vécût. Aussi, aujourd'hui, je ne puis l'ignorer, refuse de l'ignorer. Mon intervention ne se révèlera certainement ni pertinente ni intéressante mais je ne puis me taire. Lemerco était un maraud, une canaille mais il ne faisait pas profession de le dissimuler. Il était impossible, mais toujours franc. Et il mérite mieux, je crois, que mon silence.
Et s'occupant de celui qu'elle ne croiserait plus, pas en cette vie en tous les cas, elle se tourna vers le cercueil, y déposa une main ferme.
— Je ne sais même pas ce à quoi vous croyez. C'est le rite aristotélicien romain qui se déploie aujourd'hui, et je dois dire que je m'attendais à un druide, au moins un peu. Non pas parce que vous êtes breton et que forcément, il vous faut un druide. Mais vous aimiez tant la Bretagne, elle vous était chevillée au corps, vous étiez son enfant, vous l'êtes toujours et le serez à jamais. Alors peut-être qu'un jour, je vous reverrai sur la Lune. Dans ce monde-là, vous ne pouvez pas être ailleurs, ne nous racontons pas d'histoires. Sinon, à Dieu vat.
De sa main inoccupée, elle héla son petit page qui fourragea dans le panier et en sortit une bouteille qu'il déboucha aussitôt. Le contenant passa du môme à la princesse qui le bascula au-dessus de la la caisse de bois. Du vin blanc commença à s'en échapper, pour se répandre sur le cercueil. Ce n'était pas prévu, la bouteille était destinée à l'après. Mais dans le fond, ce n'était pas plus mal, d'autant qu'il en restait d'autres.
— Voilà tout ce que vous aurez jamais de la Champagne. Et avant de protester comme vous savez si bien le faire, ce n'est pas de la piquette, mais du vin de chez moi, de Vertus. Vous êtes grossier mais vous avez du goût.
Ingeburge secoua la bouteille, pour que rien ne fût perdu. Le vin, désormais, gouttait au sol, formant une petite flaque odorante. Elle conclut, ayant rendu un liquide hommage à son vieux compère :
— Quant à moi, figurez-vous que j'en aurai davantage, car il y a tout lieu de croire que dans quelques jours, s'il plaît au Très-Haut de vous laisser pourrir à Dol, j'en devienne la duchesse régnante.
Et toc.
_________________
« Petit lapin argenté de Champagne. »
Toujours pourvue de sa culotte, elle.
Indri
Lemerco ... qu'en dire ... tout un poème ! Je l'avais toujours trouvé rigolo. Et je pense que beaucoup devraient s'inspirer de son esprit libre. Néanmoins, je ne le connaissais pas sur le plan personnel, un tout petit peu si l'on considère son côté publique. J'avais toujours ressenti une froide retenue de sa part, me concernant. On peut pas plaire à tout le monde.

Mais moi, je l'aimais bien. Oh bien sûr, parfois, il me faisait chier. Mais si on s'attache au principal, je l'aimais bien. Il était un pilier de la Bretagne que je connaissais. Et je me sentais orpheline en ce sens. Comment allait-on évoluer sans lui ? ça m'inquiétait, bizarrement.

Cependant les cérémonies funéraires ... pfff ... je ne l'aimais pas au point de supporter ça. Passer des heures inconfortablement installée, faisant semblant de réciter des prières que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents, supporter la tronche d'enterrement de tous ces gens, ... non ! Vraiment, non. Si j'avais su que son fils officiait, peut-être aurais-je été tentée d'y aller. Par curiosité. Voir comment le jeune homme rencontré à Périgueux s'en sortait. Mais je n'en savais rien.

[Rohan]

Toutes ses pensées m'assaillent alors que je rentre de la forêt ou j'ai passé la journée à débiter un chêne. Passant devant une taverne que je remarque à peine ... demi tour ... j'y entre m'installe et commande une tournée générale. Une fois que tout le monde est servi, je me lève et lève ma chopine

Le Grand-Duc est mort. Respect à lui. Accompagnons-le vers sa dernière demeure.

Vu sa réputation de bon vivant, quoi de mieux pour accompagner Lemerco que de se murger la tronche dans la taverne municipale du coin ... ?
_________________
The_passenger




I am the passenger...
... and I ride
and I ride...

    Pourquoi est-elle ici ?
    Qu'est-ce qui l'y a amené ?
    D'une manière irrépressible, elle s'est laissée emporter, entité volatile, simple éther.
    Il y a quelque chose qui l'a attirée dans cet endroit, ou quelqu'un.
    Difficile pour l'esprit dissolu de faire la part des choses, les informations lui parviennent de manière indistincte, confuse, hachée.
    Tout s'enchevêtre. Les dates, les lieux, les gens.

    D'ailleurs, elle ne reconnait personne, leur visage grave, leur tristesse, cela n'évoque rien pour celle dont le corps n'est plus que cendre.
    L'émanation de rouille se glisse entre les vivants, frôle des boucles noires.
    Elle s'arrête. Prise d'un doute.

    " Mon bel oiseau ? Que fais-tu ici ? "
    La voilà qui s'interroge, qui passe ses doigts glaciaux dans la chevelure de jais, l'effleure comme pour s'assurer que la Casas ne fait pas encore parti de son monde d'ombres.
    Non. Pas encore.
    Bientôt...
    Rouille le sent.

    Pourtant, ce n'est pas la manouche qui l'a conduite dans ce lieu, c'est... autre chose, là où convergent chaque regards.
    D'un mouvement ondoyant, elle s'y rend.
    Curieuse.

    Un macabé ?
    Elle se penche, doucement.
    Il doit posséder un objet qui lui a appartenu, là, caché dans sa main mais ne peut le distinguer vraiment, l'esprit s'embrouille, tout devient flou.
    L'entité remonte, rencontre une barbe étoffée sur une gueule qu'elle ne peut oublier malgré son passage à trépas, certaines réminiscences sont encore vives.
    Et cette tronche-là reste imprimée, gravée.
    Il est son final, avant que tout s'achève, il a son dernier regard.

    Lemerco.

    Si elle possédait encore un souffle, il en aurait été certainement coupé.
    Foutu breton, qu'elle connut jadis comme Janus exilé en toulousain, joueur de biniou, bécoteur de noctuelle, emmerdachieur attachant, collectionneur de culottes sauf-la-sienne.
    Lui qui semblait être fait de la même roche que la Bretagne, celle battue par l'éternel ressac, est finalement tombé.

    " Moi qui te croyais immortel... "

    La phrase reste en suspens, elle n'a même pas le temps d'enfouir ses doigts fins dans sa barbe, ni même déposer un ultime baiser, qu'elle se disperse, s'effiloche.
    Ailleurs l'appelle déjà,
    _________... parce qu'elle n'est qu'une passagère.

    Si ce n'est un adieu, ce sera un au revoir.



* Je suis le passager et je me promène et je me promène
hrp : pour ceux qui se poserait la question, oui c'est un fantôme
L_aconit
Faust remercia d'un signe de tête ceux qui s'avancèrent pour honorer le défunt. L'ovate n'avait pas parlé. Ainsi se clôturait les funérailles, de la façon la plus romaine et protocolaire possible. Comment cela aurait-il pu en être autrement? Du haut de ses dix neufs ans, le fils du monarque n'était que protocoles, élevé dans la rigueur de Retz, et quand bien même le geste de la femme ayant pris la parole le surprit, il était loin de penser que son père était un trublion, lui qu'il n'avait pas élevé, et qui l'avait si peu connu. Le sourire timide qu'il offrit à Eriadan, plein de grattitude, s'offrit ensuite aux personnes présentes, quoi qu'un peu forcé.

Allons.

La procession se poursuivit jusqu'au lieu le plus calme de Dol sous un grand saule, où l'on déposa le cercueil dans sa tombe. Si Lemerco n'avait pas exprimé ses souhaits en matière de funérailles - parce que, comme le disait si bien marguerite, il n'en avait rien à carrer - il avait expressément demandé dans ses dernières volontés et lors de sa dernière confession d'être enterré à Dol. L'épisco-pâle trouvait cela rassurant; ainsi il aurait une tombe sur laquelle se recueillir. Ainsi furent respectées les dernière volontés du Grand Duc.


- Confions à la terre le corps de notre frère dans ce lieu qui le représente et qu'il affectionnait, ici sans doute, où continuera de briller l'aura de notre famille. Le moment est venu de lui dire "à Dieu".


Le jeune prélat aspergea le cercueil d'eau bénite. Le geste était un peu raide. Peut-être qu'à cet instant, il retenait son souffle. Peut être simplement, qu'il suspendait l'instant. Et si lemerco se relevait, et sortait de sa bière pour leur dire qu'il se sentait mieux? Que toute cette histoire de blessures n'était qu'un poil exagérée? Les mots furent débités de façon toute aussi absente.


- Cette eau, souvenir de ton baptême, nous rappelle que Dieu a fait de toi son enfant. Qu'il te reçoive aujourd'hui dans sa Paix...


Il glissa ses doigts dans la terre sableuse et fraîchement retournée , pour en laisser filer une poignée dans la tombe, que deux hommes de Dol commençaient déjà à recouvrir à grandes pelletées. Prostré, il resta là. Sous le coup de ses journées passées. Difficiles. Sous le coup des jours qui se profilaient. Faust était redevenu orphelin.

_________________

(En Bleu italique, les pensées Laconiques.) galerie d'avatar-Recueil
See the RP information <<   <   1, 2, 3   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)