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[RP] Miettes froides

Jhoannes
Citation:
Limoges, le 8 mai 1469.

            Croûton vertueux,
            Au verbe dur
            Et au cœur mou,

            Andréa qui dit des bêtises,
            Dans les confessionnaux,
            Dans l'village à Ballot,

Sens-tu comme ce jour est triste ?

Tout semble éteint. le ciel est gris, on y voit à peine dans les pièces, les arbres ne parlent plus et laissent simplement le vent les secouer, l'eau a un goût acide, les gens ont tous le même visage. Je croise les doigts pour que la tarentule qui vit dans mon crâne n'y refasse pas un trou, comme en ce début d'année. Je fume. Trop. Faust est parti la nuit dernière. C'est sans doute mieux ainsi, pour lui, et pour la danoise, car leur relation n'est pas au beau fixe. Elle est même carrément merdique. Figurez-vous qu'il a eu la maladresse, ou les couilles, de me dire qu'il pense que je serais plus heureux dans les bras d'une autre. Limoges est devenue une hécatombe avant même l'arrivée des troupes royales. Arriveront-elles un jour, d'ailleurs ? Je n'en sais rien. Je pense à juillet. Cet été j'irai marcher où je veux. Je n'ai pas encore croisé le blond Mickael, je te ferai parvenir de ses nouvelles si jamais cela change. Tu dois ressembler à un drôle d'oiseau, avec toutes tes couleurs. Je raconterai vos aventures. Je prendrai sans doute quelques libertés. Une armée de sangliers, ça en jette. Gardez-vous bien.

            J

Post-scriptum : Si jamais vous étiez devenue la gardienne d'un objet qui par sa seule nature, imaginons que l'objet soit bleu, un bleu bien roi, pourrait vous foutre dans la merde car vous vivez dans une région qui vire indépendantiste, quelle planque choisiriez-vous ? Je demande pour un ami.

_________________
Andrea_
Citation:
Pampa Auvergnate, le 9 mai 1469.

    Quignon taiseux tapit dans le noir,
    Ses yeux devrait fermer pour ne pas voir,
    Au plafond les araignées du soir,
    Synonymes de désespoir.
      Quignon pourrait plutôt se rappeler
      De tous les verres entrechoqués,
      En promesse de notre amitié,
      Au pire je peux payer.



Tu sembles triste. Tes mots me rappellent ceux de ce début d’année où rien n’allait. De ces semaines où tu te terrais loin des autres, des ces lettres où tes mots semblaient vides mais pourtant si lourds. Avril semblait si beau Johannes. Avril semblait te réussir, et je viens à le détester de n’avoir pas toute la vie duré.

Tu n’as pas à attendre l’été. Personne ne devrait jamais à avoir attendre quoique ce soit. Nous devrions pouvoir avoir tout ce dont nous rêvons en un claquement de doigts. Est-ce que ça ferait de nous des capricieux ? Oui. Est-ce que ça finirait par retirer le plaisir de se battre pour avoir quelque chose ? Oui. Mais franchement, la vie est trop courte pour se faire chier avec ce genre de considérations.
Considérez que vous vous offrez l’été. Partez. Quittez Limoges. Eloignez vous de la Danoise s’il le faut. Partez quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. Elle comprendra, on comprend toujours la personne que l’on aime. Elle pardonnera, parce qu’elle sait, elle aussi, combien il est parfois nécessaire de disparaitre pour mieux revenir.
N’attendez pas l’été, vous ne devez rien au Limousin. Ils ne vous feront pas un deuxième trou au cul. Au pire quoi, ils ne vous confieront plus aucun poste ? Et alors ? En plus on sait tous qu’ils ne trouvent jamais de recteur, alors si un jour l’envie vous reprenait de revenir, ils feront semblant de réfléchir mais accepteront, comme moi, quand vous avez proposé de m’embaucher pour un cours.

Pour l’objet de votre ami, vous savez cet objet bleu roi qui pourrait le foutre dans la merde car il vit dans une région qui vire indépendantiste et bien laissez moi vous dire en premier lieu que c’est dingue les coïncidences, car vous aussi vous habitez dans une région qui vire indépendantiste ! La vie tient à peu de choses parfois.
Je pense que ça dépend de l’objet, est ce que c’est grave s’il disparait ? Est-ce que c’est le genre de truc que vous avez besoin de voir souvent ? J’pense pas parce que vous n’aimez pas les objets, au pire « lâchez » le dans la Vienne !
QUEL CON a bien pu laisser un tel objet à « votre ami » ?
Vraiment Johannes, mettez l’objet dans un tonneau vide et cachez le dans la cave du Blaireau Pontife.
Ou peignez le en jaune, ça règle le problème.

    A.


P.S. : Sinon pour vos archives une petite pépite : avant-hier, on était tous prêt à partir. Alors on y va. Après quelques mètres on retrouve la charrette pétée en deux, impossible d’avancer. Alors on vide toutes les affaires, moi j’étais là « j’vous préviens, j’vais trouver le coupable ! ». A la fin, il restait une putain de planche de bois*. Qu’était pas là la veille, j’en suis certaine. J’ai beuglé, beuglé comme jamais.
Pis j’me suis souvenue que j’avais balancé un truc pour éloigner un animal sauvage de type écureuil. J’ – Moi- Andréa.P’tain.


* :
04:31 En vous promenant, vous avez trouvé une bonne planche de bois. Peut-être est-elle utilisable ?

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Limoges, le 14 mai 1469.

            Croûton du petit mai,
            Qui baume au cœur met,

            Croûton musqué,
            Croûton masqué,

                        Loin de la Vienne mais sans doute pas des emmerdes,

Racontez-moi ce que vous vivez. Quelles sont vos couleurs du moment ? Comment se passent vos jours auprès de votre troupe et de votre — je vous laisse compléter avec le mot qui sied pour Vran ?

Les armées du roi arrivent ou arriveront — hypothétiquement mais très vraisemblablement — pour se cogner dans le Limousin. Tous les esprits convergent vers la préparation de la défense, les murailles s'érigent et le mot siège résonne de plus en plus. Astana, ira, ou irait (vous l'aurez compris, on oscille constamment entre le conditionnel de la raison et un futur résigné) au combat pour protéger les terres de La Marche. J'ignore ce que je vais faire. Je ne pense qu'à comment je pourrais protéger Hazel. C'est lâche, mais je ne veux pas me battre. J'ai souvent esquivé les rixes et toujours j'ai fui les guerres.

J'ai beaucoup fui dans ma vie. Voilà bientôt trois mois que j'ai arrêté de courir. Je n'étais jamais resté planté aussi longtemps au même endroit, de mémoire. J'ai les clefs des salles de l'université dans une main et le marteau de la justice dans l'autre. Je commence à ne plus me connaître. Non pas que je me sois jamais attardé des lustres devant un miroir, vous gagez, mais je ne comprends plus le reflet que j'y croise. Je me demande, si d'aventure je me retrouve au front, et que j'y survis, à quel point je terminerai défiguré — en dedans j'entends, je sais que mon corps n'en sortirai pas indemne car suis faible et mal entraîné.

J'attendrai l'été. Et nous irons piller un verger, et foutre la merde dans un petit village.

Gardez-vous. Embrassez les filles pour moi s'il vous plaît.

            J

Post-scriptum : Hazel vous envoie un dessin que je joins. On l'a appelé : Andréa et ses amis mettent une église en feu sous le soleil noir. (Je crois qu'en haut à droite dans le ciel, c'est Philémon.)
Post-post-scriptum : Je suppose que mon ami a trouvé quoi faire de son objet bleu, en tout cas, il n'y a pas fait allusion dernièrement.




_________________
Andrea_
Citation:
Dans le sillon des pipes, le 18 Mai 1469,

    Quignon du mois Muguet est inquiet,
    Qui au croûton sa peur transmet,
      Quignon protecteur,
      Quignon au beurre


Pardonnez ma réponse tardive, les jours passent plus vite que je ne le voudrais, et paradoxalement les choses n’avancent pas. Je suis dans une sorte de torpeur qui semble s’éterniser. Je croule sous les obligations et les devoirs, tant et si bien que je ne branle plus rien. C’est comme si la pression m’étouffait et m’empêchait de tout, même les choses pour lesquelles j’ai envie. Répondre à votre courrier fait bien évidemment partie de cette dernière catégorie.
Je pense à vous Johannes, à Hazel aussi, évidemment. J’ai d’ailleurs exhibé fièrement son dessin qui ne me quitte pas. Il y a eu tout un tas de jaloux, qui se sont arrêté à la forme triangulaire de ma représentation, allant parfois jusqu’à qualifier mes seins de « paire de couilles qui pendouillent ». Mais vous et moi savons qu’Hazel a simplement fait ce qu’elle a pu pour me représenter MOI, menant fièrement tout un tas de chaire à canons aux devants des [strikes]emmerdes[/strike]paniers plein d’argent. Cette petite fille est tellement clairvoyante que je me demande si elle est réellement issue d’une relation charnelle entre Astana et Vous.
N’allez pas croire que mon inquiétude face à cette guerre qui se prépare n’atteint pas mon amitié avec Astana, mais je connais cette dernière et je sais qu’elle se bat, physiquement, comme peu de personnes le font. Elle manie aussi bien l’épée que vous classez les livres. Et on n’a jamais vu quelqu’un abattre une armée avec un recueil de poèmes.
Qu’importe Johannes, que dans vos mains se soient glissés les clés de l’université et le marteau de la justice, nous savons tous les deux que c’est l’ennui qui vous a poussé à les saisir. Nous savons tous les deux que vous aviez envie de vous investir dans ce comté qui rend des couleurs à votre épouse. Faust vous manque aussi, je n’ai aucun mal à le deviner.
Je vous aime Johannes, comme peu de personnes peuvent se vanter de vous aimer, aussi…
Partez. Posez les clés sur le bureau de la Comtesse et heurtez le marteau une dernière fois. Cette vie n’est pas pour vous. Prenez votre fille sous le bras, un balluchon et allez quérir les couleurs qui manquent à votre vie. Ne voyez vous pas ce pot de noir tombé au loin, qui chaque jour un peu plus s’étend sur le buvard de votre vie ? Ne le voyez vous, votre horizon qui se teinte de gris foncé ?
Chaque fois que vous êtes parti Johannes, chaque fois, vous êtes revenu plus fort, vous partez décharné et revenez comme un phénix éclatant, éclaboussant tout votre monde de milliers de couleurs.
Qu’est ce qui vous retient Johannes ? Le comté ne vous fera pas un deuxième trou au cul et Astana SAIT que vous êtes des âmes sœurs et que peu importent les chemins que vous emprunterez, toujours vous vous retrouverez. Elle se perd, elle se noie, et il est fort possible que cette guerre ne l’abime un peu plus en dedans. Quand tout sera fini, elle retrouvera elle aussi ses éclats d’antan.

Et si l’envie vous prenait de venir me voler quelques couleurs, sachez que je vous les offrirais de bon cœur, ça, en plus d’une pipe ou deux.
Je vous embrasse,
Restez en vie.

    A.


P.S. : Dans la réserve du Blaireau Pontife, tout en haut de l’étagère il y a plusieurs coffrets, un seul a été nettoyé et démis de poussières. Vous trouverez de quoi passer un moment avec Hazel.

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Ventadour, le 19 mai 1469.

            Croûton qui abuse sur le hachich,
            Croûton qui offre des quiches,
            Croûton aux fières miches,

            Terre brûlée au vent,
            Des landes de pierres,
            Au bord du lac,
            De Ventadour,
                        Je suis assis.


Nous passons quelques jours hors de Limoges. Par nous j'entends elles et moi. Et deux barques. J'ai eu envie d'aller pécher, ça m'a pris comme une envie de pisser.

Les affaires politiques s'enveniment comme prévu. Le roi est arrogant, le Limousin peut-être trop fier. Je ne sais quoi en penser, alors je ferme ma gueule. Je fais des tours de lac. Je passe du temps avec la petiote, tant que la guerre n'est encore qu'une rumeur qu'on peut oublier. Astana rayonnera quand l'heure viendra. Mais je ne peux pas partir. J'ai intégré, depuis longtemps, qu'il ne servait à rien de tenter de retenir une danoise qui veut se faire une partouze de sang et de fer, et qui s'en moque bien qu'on ne l'y perde là. Je ne pourrais pas me résigner à laisser Hazel seule. Me retrouver défiguré, passe encore. Mais toujours faut-il que je sois capable de mater mon reflet en face.

L'été viendra, et je serai encore de ce monde si je me démerde pas trop mal. Ne vous alarmez pas. Je suis débrouillard. Peut-être pourrions nous rendre sur les ruines du Puy, et y traîner Astana. Il doit bien rester quelques décombres qui prouvent que le Puy a existé. La terre n'a pas pu tout avaler. Peut-être qu'elle sourira, mon épouse, parce qu'elle aime l'odeur du soleil chaud à cette saison. Mon lâcher d'alliance a brisé quelque chose, je crois. Encore. Je ne parviens presque plus à l'atteindre malgré mes efforts. J'ai parfois l'impression d'être l'homme le plus barbant du monde quand j'essaie de lui causer — j'ai bien conscience que je peux être chiant, mais c'est différent. D'autres fois, je parviens à me tailler une brèche dans sa forteresse, mais elles se font rares. Patience est de mise, alors. Une guerre de siège, là encore, mais je vais continuer à agiter le drapeau blanc plutôt que d'empoisonner l'eau de ses puits pour la faire sortir.

Je vais bien. L'araignée ne sort qu'une nuit sur deux environ, et me laisse en paix les jours.

Relâchez vos épaules.
Je sais que vous venez de le faire en le lisant.
Eh bien continuez. Les contraintes et les responsabilités, ça pèse lourd.

Envoyez des couleurs.
M'êtes chère aussi.


            J

Post-scriptum : Cet après-midi, nous avons abordé un chapitre important pour l'avenir illustré d'Hazel : les perspectives et les proportions. C'est coton. On a aussi appris que les robes à manches longues, c'est pratique pour pas dessiner les mains. Trouverez ci-joint la seconde version d'Andréa et ses amis mettent une église en feu sous le soleil noir. J'ai tenté de respecter au mieux la composition du modèle original, sous le regard acéré de ma fille — oui, j'avais oublié la petite fleur en bas à droite. On a frôlé l'incident diplomatique.




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Andrea_
Citation:
Sur un coin de table, le 21 Mai 1469.

    Quignon qui sait dessiner,
    Quignon aux talents cachés,
    Quignon et Hazel super doués,
      Je ne sais pas,
      Je ne peux pas,
      Et je reste plantée là,
      La vie ne m’apprend rien
      J’aimerais juste un peu parler mais j’prends un chemin



Putain. Vous dessinez bien. Vachement mieux qu’Hazel –ne lui dites pas, s’il vous plait-.
J’espère que vous allez bien, j’ai bon espoir que cette parenthèse en famille à Ventadour redonne à votre vie ses éclats d’Avril, et à Astana sa douceur d’antan. Elle est romantique vous savez ? Je sais que vous savez. Seulement elle vient du nord et par tous les chemins elle y revient –désolé, je me suis égarée- ; à défaut de prendre la route pour le Danemark, elle se contente de se rouler dans une sorte de cape de glace. Et cette cape est solide, un peu comme vous, quand vous vous murez dans une cape de con et que plus aucun mot ne sort de votre bouche.
Je crains que la seule manière de venir à bout de sa forteresse de glace, soit de vous armer d’un pieu et de taper dedans. En plein milieu, c’est comme ça qu’on fait quand on veut faire un trou, au milieu, c’est là que c’est le plus fin.
C’est marrant parce que ça sonne poétique ou complètement géologique, mais en fait c’est un pur sous-entendu sexuel. Je préfère vous l’expliquer parce que vous parlez beaucoup de langues mais pas celle des sous entendus sexuels.

Ici tout va bien dans le meilleur des mondes.
Il se peut que j’ai failli tout envoyer valser hier, parce que j’ai pris une énorme claque voilà quelques jours. J’étais en train de me balader avec Vran –une balade purement baladesque que je ne peux cependant pas vous raconter tellement c’est honteux-, quand soudain, je ne sais plus de quoi on parlait, mais… je suis tombée amoureuse. C’est comme si je le découvrais à nouveau. Je vous jure que ça m’a fait l’effet d’une claque. Vraiment, ça m’a tourné la tête et serré le cœur, je crois même que j’étais à deux doigts de pleurer. C’était violent.
Alors vous savez, vous, ce qu’il se passe quand on ne se sent plus seul : on a peur. Et moi j’en avais rien à foutre de foutre le royaume à feu et à sang avant ça. J’en avais rien à foutre de crever comme un chien pour une raison ou pour une autre. Mais maintenant, maintenant que ma vie reprend vie, je me rends compte que j’ai plein de choses à faire, à vivre, à découvrir. Et… Et je me sens dans une certaine urgence de devoir tout faire avant de mourir. Et puis je me demande ce qu’il se passerait s’il venait à n’en rester qu’un de nous après toute cette agitation. Et puis, et puis si c’était moi, qui restait seule, et puis… Je sais que vous savez.

Tout ça, je vous l’écris pas uniquement pour que vous sachiez ce qui se passe dans ma tête en ce moment, mais aussi et surtout pour que vous sachiez que je vous comprends. Je sais maintenant pourquoi vous restez, pourquoi vous serrez les dents, pourquoi vous mettez parfois votre vie entre parenthèses. Parce que putain, qu’est ce que c’est dur d’imaginer être heureux sans ceux qu’on aime.

Tout s’accélère par ici, nous partons ce soir, les lames sont affûtées, les boucliers lavés. J’ai peur et je suis excitée, ce projet, c’est le notre. Nous l’avons porté à bout de bras pendant des mois, plus d’un an. Ce projet, il a connu notre amitié, il a vu naître notre amour et sublimé notre mariage. Il aurait pu s’effondrer lorsque nos bras ont étreints d’autres corps mais il a résisté, et aujourd’hui c’est lui qui voit renaître l’impensable.
Ce projet Johannes, c’est le début et c’est la fin, et peut être que je n’ai pas vraiment peur de mourir si c’est en tenant sa main.

Je reviendrais à Limoges, quoiqu’il arrive.
Morte ou ivre vive* je ne vous abandonnerais jamais,
Embrassez les femmes de votre vie,
Et préparez moi une couronne de fleurs, il faudra bien fêter cette victoire !

    A.


P.S. : Vous pourrez berner Hazel mais pas moi, je sais que vous m’avez dessiné de dos parce que vous êtes nuls pour dessiner les yeux.
P.S. 2 : j’ai voulu être polie mais je sais aussi que vous n’avez pas pris le risque de vous « attaquer » à un fleuron de l’architecture féminine de la divinité : Robert et Deniro, les jumeaux de ma superbe poitrine.



*mes doigts avaient écrit « ivres » alors je l’ai laissé…

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Le cul dans l'herbe, face à la Vienne, le 25 mai 1469.

            Croûton,

Je crois que la guerre approche. Comme une ancienne chose balafrée qui foule le sol vers nos terres, avec ses poulaines en acier qui vont déchirer des paysages et des gueules, et dont tout le monde semble avoir oublié le visage. Car c'est ce qui se passe avec une rapidité effroyable, à chaque fois que les champs de bataille sont enfin abandonnés : l'herbe repousse et les hommes oublient. Et moi je reste ahuri de les voir espérer, trépigner, presque, de partir encore au combat. Les limougeauds risquent de payer fort le prix de leur fierté — et non pas que je leur souhaite, d'ailleurs, car au final ce ne sont pas les guerriers qui casqueront la cote la plus lourde mais ceux qui orbitent autour des combats, qui n'ont rien demandé et qui devront encore trouver de quoi nourrir les bouches quand leurs champs seront partis en fumée. Qu'importe me direz-vous. Ce n'est pas d'eux, ni de leurs pertes, dont on parlera lorsqu'on fera des archives de cette histoire, et je suis bien le premier à le savoir.

Je rejoindrai les rangs lorsque je serai appelé. En attendant, on me demande de fournir des pigments au comté, alors je broie de la passerose — c'est con, c'est joli comme fleur. J'essaie de rassurer Hazel sur l'avenir sans lui mentir. Après le départ de Faust, qui était comme un frère pour elle, elle doit encore surmonter l'angoisse de voir ses vieux se barrer au front. D'autant plus qu'elle sait, que je suis pas folichon avec une épée, même si elle a eu la délicatesse de ne pas tourner les choses ainsi — tout du moins pas encore. Elle me fait rire. Je vous écris en portant en écharpe un blond bébé de deux mois — pas le nôtre, non, la danoise est en avance pour plein de choses mais elle pond au même rythme que toutes les autres femmes de la terre. Ael, ma collègue universitaire m'a confié sa garde, puisque l'armée vient de l'avaler elle aussi. La petite s'appelle Paola. C'est difficile de calmer les pleurs d'un nourrisson qui appelle sa mère, surtout quand on est un vieux barbu qui gratte. Je me suis dit que le chant des oiseaux aurait quelque chose de plus rassurant que ma voix.

Voilà pour les nouvelles. C'est un monde agité où je trouve difficilement ma place, mon rôle, ou mon utilité, que ce soit auprès de ma femme comme de tous les autres, alors je me détache et je laisse couler, en essayant de consoler ce qui peut l'être. Ne vous faites pas de mouron : je sais aussi sourire en mai.

Je suis heureux pour vous. Les retombées en amour sont des périodes douces et éclatantes. Mais gardez-vous, à tout prix. C'est un vœu égoïste. Votre perte fait partie de ces hypothèses que je chasse rapidement de mes pensées, car je pressens quel vide vous laisserez après votre passage en ce monde, en moi et chez les autres.

Ma solitude est quotidienne et j'y suis rompu sans peine, mais vous faites partie des rares personnes qui sachent la nuancer.

Hazel vous envoie un bisou de loin.

            J

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Andrea_
Citation:
Sur un coin de table bancale, le 27 Mai 1469,

    Quignon morose,
    Broyeur de passeroses,
    Pourfendeur de pistils,
    Créateur de pigments


Pardonnez l’instabilité de mon écriture. Il se trouve qu’il n’y a que de cette table que je peux vous écrire sans être emmerdée par les ennuis de chacun. Oh je ne vais pas les dénigrer, moi aussi je trouve que le prix du pain ici est aberrant, moi aussi je trouve que c’est nul que les Canards aient désertés, moi aussi je trouve que Payen, sans tablier serait bien mieux et ça me désespère de savoir qu’une aveugle ne puisse pas voir, m’enfin j’avais besoin de calme pour vous écrire, voilà tout.
C’est une table à quatre pieds, je sais combien vous adorez les chaises, aussi sachez qu’il n’y a que cette table qui a été matraquée. Nous avons épargné le plancher cependant, c’était vraiment une bonne idée que d’enfiler aux pieds de la table nos bottes afin de ne pas rayer le sol. Mais nous avons été emporté dans l’instant et… Cette table n’était pas solide.

C’est qu’à réception de votre courrier, nous étions occupés, Vran et moi, à nous unir. Oh pas grand-chose, juste une petite cérémonie au bord du Lac. Nous avions pris soin de n’en parler à personne, notre première union avait fait grand bruit pour pas grand-chose aussi cette fois, un officiant suffisait. Nous aurions du prévenir l’officiant, Sadella donc, car elle n’a pas su tenir sa langue et nous avons eu des témoins. Pas mal de témoins.
Je n’avais pas de bouquet, aussi à la fin c’est moi toute entière que j’ai jeté sur Eloyse, qui devrait épouser Jehan dans les prochaines semaines. Nous avons fini ronds comme des queues de pelle. Il y a eu plus de vomis dans ce patelin que de crottes à Crouzeix, je pense que vous imaginez alors l’étendue de l’apéro qui a suivi.

Les nouvelles de Limoges qui nous parviennent sont en effet peu reluisantes, et je crains pour votre vie. Si vous arrivez à chasser ma mort de votre esprit, j’aimerai qu’il en soit de même pour moi, malheureusement, je vis avec l’obsession de devoir veiller votre fille si par malheur Astana et Vous ne reveniez pas. Alors je prie. Je prie pour que le Roy meurt et fasse faire demi-tour à ses troupes. Limoges ne mérite pas de tomber, mais vous encore moins.
J’aurais aimé vous dire que nous viendrons prêter mains fortes, malheureusement nous recevrons notre étendard demain, aussi nous serons nous aussi en pleine campagne quand il sera l’heure de défendre Limoges la Belle.
La force de Limoges est et restera la conviction de ses politiciens et de ses habitants. Limoges, on l’aime ou on la déteste, heureusement c’est souvent l’amour qui prime.

Je crains de n’avoir rien de plus à vous raconter, mais je me demande quel est cet objet bleu roi qui vous a été confié.
Et aussi… Pensez-vous qu’une chose offerte « pour faire plaisir » mais avec plaisir a autant de valeur qu’un cadeau spontané ? C’est pour un ami.

Embrassez Hazel et dites lui que j’ai trouvé une superbe robe à lui offrir. Aussi elle est priée de ne pas grandir trop vite.
    A.

_________________

*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Limoges, le 2 juin 1469.

    Croûton joli,
    Croûton souci,
    Croûton malpoli,
      Mariée au bord d'un lac,
      Qui ne pourra donc plus jamais, jamais,
      De ne pas l'avoir invitée nous reprocher,
      Puisqu'elle a fait la même chose de son côté,

Limoges est envahie. Par des cons la France, celle du Haut, qui peine à dissimuler l'odeur de sa sueur rance sous le musc et le lilas. Mais toutes les pommes du panier royal ne sont pas moisies — j'ajoute cette précision car j'entends déjà danoise, qui pourtant ne lira sans doute jamais ces lignes, râler dans mon crâne, oh Jhoannes, vous n'êtes qu'un vieux con amateur de petites cases, taisez-vous et sautez-moi donc sur la planche maudit bâtard, bref, vous saisissez l'idée.

Limoges se bouche les narines depuis hier. À voir combien de temps elle saura retenir son souffle. Nous frayons dans les rades en partageant des coups avec ceux-là mêmes qui pourraient prendre les armes pour nous taillader la tronche une fois la nuit tombée. J'ai foiré ma première garde aux remparts. Je me suis endormi la tête près de mon bouclier, et contre mon oreiller. Limoges est bien gardée, donc — mais pas par moi. Pour couronner le tout, les gens se refilent la grippe espagnole entre eux.

Pour répondre à votre question sur le plaisir d'offrir : je ne crois pas en la spontanéité. C'est simple, si la spontanéité était une religion, je ferais pipi sur ses idoles. Je crois qu'une chose a la valeur qu'on veut bien lui donner. Hazel en donne déjà énormément à la robe promise. Ainsi qu'à la centaine de cadeaux en plus qu'elle peut réclamer fréquemment pour célébrer ses huit ans à leur mitan. Et, comme dernièrement, je ne suis pas le père du siècle, je lui ai acheté un petit chat blanc. Voilà où j'en suis.

J'ai reçu pli d'un certain Alderic, qui, n'ayant pas eu de nouvelles pendant la dernière neuvaine, commençait à vous croire morte. J'ignore quel charme vous lui avez balancé pour qu'il ait développé une considération si marquée à votre égard — sérieusement, il vous appelle Son Altesse — mais écrivez-lui, si ne l'avez déjà fait. Quant à moi, je n'enterrerai rien sous le chêne cette semaine. Puisque vous n'êtes pas morte. Vous faites simplement semblant. Rassurez-moi quand même.

Et vite.

    J

_________________
Andrea_
Citation:
Au cœur de l’armée, le 3 juin 1469,

    Quignon œnologue,
    Quignon épilogue,
    Quignon dans sa bogue

      Marié deux fois sans moi,
      Qui se sert de ma révélation
      Pour la tourner à son intention,
      Un grand n’importe quoi !


Ainsi donc les armées Royales sont à Limoges, et je rate ce spectacle. Je prie donc. Pour qu’ils crèvent, tous, que l’infâme odeur qu’ils dégagent soient affaiblie par leur pourriture. Je n’hésiterai pas à venir pisser sur la tombe de notre cher Alistaire pour gagner en réputation si quelqu’un dans cette ville a assez de couilles pour le poignarder.
Au moins sa chère et tendre, et dévouée, et délicieuse, et jeune, et svelte, épouse sera sur place pour lui trouver un remplaçant. Ne l’a-t-il d’ailleurs pas engrossé pour l’occasion ? Elle aime donner naissance à des bâtards pour les faire reconnaitre par d’autres. Plus qu’une habitude, un art de vivre.

Ici aussi, la grippe espagnole frappe. A croire que des Limougeauds l’ont apporté dans leurs bagages, entre un slip sale et un casse dalle jambon-beurre. Restez loin, vous et votre famille, de cette épidémie, je dois encore assister à votre mariage avant vos funérailles, et je n’ai pas de robe noire sous la main. En plus je suis loin et je devrais revenir vite, et même en faisant vite je ne pourrais plus embrasser votre front tant l’odeur putride me dégouterait. Nan vraiment Jho, n’mourrez pas.

Je vois que vous n’avez RIEN retenu de mes leçons parentales, la première était pourtant simple : Ne JAMAIS rien offrir à ses gosses quand ils réclament. C’est la base, le but pour que nos chères têtes blondes apprécient, c’est d’abord qu’ils nous détestent, qu’ils ruminent quelques jours, et lorsqu’enfin on redevient autre chose qu’un parent ignoble, on salue leur pragmatisme d’un cadeau. Là, c’est comme ça qu’il faut faire, il faut les frustrer pour qu’ils apprécient, sinon ils deviennent comme moi, et veulent tout tout de suite, et en mieux. Est-ce que vous voulez d’un mini-moi comme fille ? Non. Alors pitié, faites la mariner un peu.
Pas de panique, je vous donnerai d’autres leçons. Sachez qu’une fois adultes, ils ne se souviennent que des bons moments, c’est très important de s’en souvenir, ça permet de faire des erreurs sans flipper.

Alderic a eu sa missive. J’ai eu quelques soucis de gestion du temps et je note qu’il s’est inquiété. Un peu vite, certes, même si… Enfin les choses se sont arrangées maintenant et mon épaule s’est totalement remise. Les points à l’arrière de ma tête sont un peu disgracieux mais Déos merci, j’ai une quantité de cheveux tel que rien ne se verra.
Il m’appelle « son Altesse », n’est ce pas comme cela que l’on nomme le plus représentant d’un pays ? Il ne s’agit en rien d’un charme que je lui aurai balancé, bien que, même par missive, je ne peux que le comprendre : je suis enivrante, c’est ainsi, vous devriez vous aussi m’appeler ainsi, mais j’accepte que vous vous prosterniez simplement. Avouez, même en crachant du vin par les narines je reste digne et respectable ! –Ne commentez pas cette phrase, c’est inutile-.

Continuez de me donner des ordres sur la vitesse à laquelle je dois répondre à vos courriers, ça m’émoustille, et puis ce n’est pas comme si j’attendais votre réponse depuis une semaine hein !

Bisous à la famille,
    A.


P.S. : Un chat blanc, Johannes, quelle idée de merde ! Vous avez vraiment cru qu’elle allait s’en occuper ? Les enfants disent ça mais au bout d’une semaine ils s’en fichent et passent à autre chose, put’ain, il est temps que je rentre, cette gosse va vous bouffer.

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Devinez où, le 14 juin 1469.

    Croût
    Madame Vran,

Vous inspireriez la dignité et le respect en toutes circonstances. C'est d'ailleurs les mots qui nous frappent lorsqu'on vous aperçoit pour la première fois ; on se dit qu'oh, cette femme-là, elle est d'une distinction qui toucherait au divin, et je n'en connoissois pas une qui ne s'en soit pas rendue verte de jalousie, d'ailleurs l'aura de son honneur dégouline tant le long de son Grand Mantel d'Or qu'elle transforme ses rivales en marguerites puantes sur sillage, non vraiment, elle pourrait cracher son pinard par les narines qu'on la trouverait encore rayonnante, et qu'on se précipiterait pour happer du bout de la langue les gouttes cramoisies de son éternuement incroyable.

Mais vous m'étonnez, à joindre votre voix aux critiques habituelles qu'on porte sur la reine. Vous qui savez mieux que quiconque, je pense, l'écart qu'il peut y avoir entre une réputation de salope et la réalité d'une chambre (ou n'importe où, vous saisissez l'idée). La mauvaise image est un sale manteau qui colle à la chair ; traitez-moi de grand naïf, je m'en tape pas mal. Ne m'étendrai guère plus sur le sujet, j'ai de l'affection pour toutes deux que vous êtes. Son roi est mort. Je suppose que la nouvelle a déjà résonné dans le royaume à cette heure. Le cortège est encore dans les murs. J'attends la suite, comme tout le monde, sans allégeance, ni pour le Limousin, encore moins pour les royalistes.

Racontez-moi vos bobos, mais ne vous inquiétez pas de ma santé. J'ai survécu à la grippe espagnole il y a quelques semaines déjà, et ma fille aussi. D'où le chaton blanc, entre autre. Astana a été épargnée jusqu'ici. Les corps danois sont peut-être immunisés contre les maux du sud — m'est avis qu'elle a simplement une moule d'enfer, et je m'en réjouis. Les jours commencent à tous se ressembler, de loin. De près, c'est plein de petites choses que j'oublie souvent de noter quand elles surviennent ou me traversent l'esprit. Un homme s'est noyé devant ma cabane, l'autre nuit. Je ne suis pas parvenu à l'en sauver. Une pierre de plus dans le sac à conscience.

Gardez-vous, toujours.

    J

Post-scriptum : qu'est-ce qu'un testicule dans un cercueil ?

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Andrea_
Citation:
Limoges –je déconne !-, le 16 Juin 1469,

    Quignon donneur de leçons,
    Quignon qui commence à sentir bon,
    Quignon qui offre des chatons,
      Dans la forêt lointaine, on entend le Quignon,
      Du bas de mon grand chêne, il répond au Croûton,
      Coucou Croûton, coucou Croûton


C’est triste, mais avouez que vous avez ri et imaginé la situation !

La mauvaise image est un sale manteau qui colle à la peau, et j’ai toujours aimé les choses un peu sales. J’aurais aimé vous dire qu’il en était de même pour les potins en soulignant votre grande naïveté, je me contenterai de vous dire que je ne crois que ce que je vois. Et j’ai vu. Je vous apprécie énormément Johannes, pour autant, par pitié, ne mettez plus ma personne et la sienne dans la même phrase, ça a tendance à me faire blanchir les phalanges et grincer les dents.

Ce moment délicat passé, sachez que je suis désolée qu’elle ait perdu son époux, je n’ose imaginer la peine qu’elle peut ressentir. Mais il faut voir le bon côté des choses : le roi est mort, et putain, j’suis à deux doigts de…oh non, je jouis, et je lui dédicace. La nouvelle arrive doucement en Empire, mais les gens s’en branlent, quel irrespect ! Ne pourraient-ils pas plutôt payer à boire pour fêter ça ?

Il n’y a pas –plus- de bobo à raconter. Les choses sont rentrées dans l’ordre et nous avons pu repartir, l’Italie nous tend les bras. Il y a toujours dans nos rangs quelques malades mais il sera temps de les soigner dans la prochaine ville, enfin si on arrive à comprendre les Ritaux –un rital des ritaux ?-.
J’ai essuyé avec brio ma deuxième dispute conjugale. La première parce que j’avais quelques doutes et qu’après avoir fouillé dans les affaires de Vran, j’ai effectivement trouvé la source de mes doutes. La seconde parce que Vran ne veut pas entendre qu’il doit aller au bout si je venais à être blessée. Ce projet c’est NOTRE rêve, je ne peux pas imaginer cesser pour quelques bobos. C’est si dur à comprendre ?

Je suis contente de savoir que vous et votre famille vous portez bien, avec la mort du Roi, peut-être allez vous pouvoir quitter un peu cette ville.
Et j’ai beaucoup aimé votre description de moi, je me suis totalement reconnue, c’est dommage que ça soit un peu long, pour graver sur un bracelet, ou alors un long bracelet d’or qui ferait plusieurs tours ?

Quel est le con qui a osé crever devant votre cabane ? Il y a des gens que j’aimerais noyer devant ma cabane, et ça ne pèserait pas plus lourd dans mon sac à conscience. Dites moi que ça vous arrive aussi, pour que ça allège le fameux sac.

J’ai pu m’entretenir avec un Père Aristotélicien Réformé, à Genève, avant notre départ, vous n’auriez pas un exemplaire de ça aussi ? Il se trouve que d’après ce qu’il m’a expliqué, être Réformé de l’Eglise ça serait un peu comme être un papa divorcé : on a que les droits et pas les devoirs.

    A.



P.S. : Un testicule dans un cercueil, c’est un mono-couille qui se balade dans la nature ? Et je VEUX voir ça !

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Limoges, le 14 juillet 1469.

    Croûton,

Je vous ai laissée sans nouvelles. Votre pensée ne s'est pas évanouie, mais je n'écrivais plus. Je me suis dit que si des nouvelles, les vôtres, venaient à être mauvaises, je finirais par l'apprendre, de vous ou de quelqu'un d'autre.

Hier soir, on m'a appris que Tafar était mort. Que vous aviez croisé le chemin d'une armée — sans doute une que vous aurez éloignée de la tête du Limousin en l'appâtant avec vos conneries. Et qui a, ou aurait, fini par tomber sur la vôtre, de tête.

Mais vous n'êtes pas morte. Je n'écris pas aux morts. La raison est bien simple : ils ne sont pas foutus de lire une ligne, alors à quoi bon ? Autant leur parler dans ma tête. À vous, je vous écris.

Je vous écris que je vais bien. J'ai libéré le fauteuil du rectorat, j'ai abandonné le marteau sur le bureau, et je me suis mis à fabriquer des filets. Beaucoup de filets. On part sur la côte d'ici quelques jours, avec la danoise. Celle qui sent les cigales. Rassurez-vous, on prend les chapeaux. On sera de retour pour septembre.

Hazel fait des ricochets à neuf rebonds entre la maison de sa mère et de son père. Astana remue son cul magnifique dans son cabinet très sérieux pour préparer vos philtres. Je tabasse toujours du colorant entre deux siestes. Et les gens continuent de mourir autour.

Je vous écris que vous nous manquez. Que je ne passe plus mes nuits à rêver que je casse des assiettes — bien que j'ai conseillé plus tôt à une amie d'aller en détruire une ou deux, elle qui vient de perdre sa duègne — oui, la mort est partout. Que je parviens à regarder les jours de façon à être heureux certaines heures, et pas malheureux aux autres.

Pardon.
Et ramenez vos miches, le mois de juillet arrive à son mitan.
    J

Post-scriptum : la réponse était, une mortecouille.

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Andrea_
Citation:
Quelque part, entre sous terre et au ciel, le 14 Juillet 1469.

    Quignon,


Il faut cesser de croire ce que les rumeurs vous rapportent. Vous n’êtes pas sans savoir que Limoges est un repère à conneries, il y a un adage qui dit que « les rumeurs meurent aux oreilles d’un être intelligent », j’ai toujours pensé que vous étiez cette personne.

Tafar n’est pas mort. Pas plus que moi, ou Vran ou qui que ce soit d’autre. Il est vrai qu’il est salement amoché, qu’il s’est pris un coup d’épée au visage et qu’il semble maintenant bien plus terrifiant qu’il l’était déjà, mais ça s’arrête là.
Il se remet, nous l’avons croisé voilà quelques jours, Helvie m’en voulait d’avoir attenté à la vie de son Amour, aussi nous ferons route séparée. Helvie et Tafar d’un côté, Vran et moi de l’autre. D’ailleurs ils ne devraient pas tarder, tout comme nous.
J’ai d’ailleurs bon espoir de vous croiser, la danoise, vous, et l’enfant chérie née de cette union contre nature, j’ai toujours la robe achetée pour elle et ai même trouvé les bottes assorties. Cette gosse m’adorait jusqu’à maintenant, ensuite elle me vouera un culte. Une de plus, que voulez-vous.

Je note alors que vous partez avec la Danoise qui sent les cigales pour poser les filets, j’imagine dans la flotte, grand bien vous fasse, c’est excellent pour la santé que de manger du poisson ! Vous savez que j’avais organisé votre mariage surprise hein ? Dites, qui a vendu la mèche ? Ce n’est pas grave, nous le ferons à votre retour, en Septembre, d’ici là vous vous détesterez après deux mois sans vous quitter et ce mariage tombera à point nommé pour vous rabibocher. Ça sera dur, ça sera violent, faudra faire semblant : ça sera votre punition pour vous être marié déjà DEUX fois sans moi.

Mes miches seront donc à vos côtés dans quelques jours, et j’espère que nous aurons le temps de casser quelques assiettes en bord de –c’est quelle rivière déjà ?-.

    A.


P.S. : Quand on fait une blague, et qu’on donne la réponse trois mois plus tard, faut pas s’attendre à ce que l’autre rigole.
Mais je l’ai fait quand même.

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*Phrase de "Larme fatale" J. Doré, E. De Pretto, Merci pour la bannière, vraiment.
Jhoannes
Citation:
Ventadour, ou Venta, pour les intimes, le 20 juillet 1469.

    Croûton,

La Vienne. C'est la Vienne qui coule autour de Limoges. J'ai eu le temps d'en longer toutes les rives. Et n'avez pas pointé le bout de votre museau. On m'a dit que vous étiez malade — là, ça sonne comme une rumeur, mais j'ai préféré croire autre chose. L'été rend fertile, paraît-il. La mort de Tafar était une annonce, et pas une rumeur. Succombé sur les routes, en compagnie de la rouquine qui fait des peintures. J'ignore à quel point vous teniez à lui, en me faisant ainsi le messager de cette nouvelle de merde. J'ai cru entendre qu'Agata n'en donnait plus non plus, des nouvelles. Je me demande combien de mouches sont tombées à l'issue de votre projet. J'espère que le jeu en valait la chandelle, comme disent les vieux.

Vous vous êtes grillée toute seule sur le coup du mariage surprise. J'ose à peine imaginer ce que vous aviez en tête. Mais vous aurez le temps de peaufiner ce beau projet — vous sentez l'ironie ? inspirez un bon coup sinon — et nous de nous entraîner à garder des faces réjouies de circonstance. Voire même de commencer à établir un plan de vengeance. Je suppose que c'est un mot qui va curieusement inspirer la danoise ; vengeance. D'ailleurs, dans sa langue, ça s'écrit : hævn. J'ai pas vraiment de piste sur comment que ça se prononce, mais rien qu'à l'œil, on sent qu'au Danemark la vengeance est affaire de nœuds de serpents.

Hazel est restée sur Limoges, sous la garde d'Athelstan. Puisque ses parents indignes l'ont abandonnée le temps de rejoindre Marseille. Je suppose que vous serez d'autant plus en état de grâce si vous la rencontrez. Si vous pouviez également la convaincre de baptiser son chaton blanc d'un nom autre que Caprice, je vous en saurais fort gré. Vraiment très fort gré.

J'aurais préféré vous causer de vive voix, avant qu'on ne s'échappe de la Marche, mais on avait déjà reporté la date de l'envol à plusieurs reprises, et il nous tardait vraiment de nous détester librement jusqu'à l'automne. Et il y a pas mal de paysages par lesquels on veut se poser pour se détester. Des champs de lavande. La mer. Et bien entendu… Le Puy. Elle ne le sait pas mais nous y serons dans deux jours.

Prenez soin mon amie.

    J

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