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[RP] L'Auberge " A la Belle Endormie"

pnj
Nestor savait qu'il allait devoir prolonger sa soirée... Philibert lui avait assuré de la respectabilité de l'établissement, mais à première vue, "La belle endormie" ne jouait pas que dans la sobriété. Les boui-bouis de province se ressemblaient finalement tous et attiraient la viande saoule comme un fromage a pate molle attire une nuée de mouches au mois d'aout.

Nestor respira profondément pour prendre du courage...Il savait comment gérer la situation. Plus jeune, il avait servi dans l'armée du Périgord ... en tant que serveur au mess des sous-officiers. Ce type d'expérience faisait de lui un expert en assoiffés de comptoir en tout genre...

Il se tourna vers l'étagère à bouteille et attrapa celle qui contenait le tord boyau le plus fort.... Il en remplit deux verres pleins.

"Tenez mes braves... C'est ma meilleure gnole....A la votre ! "

Il remplissait les 2 verres au fur et a mesure que les 2 gaillards les vidaient.

"Ya bien un moment, ou ils vont tomber", pensa t-il impatient.
--Narrateur
Hugolin s’était approché pour tenter de redresser son acolyte et failli se prendre une tarte au passage quand celui-ci retrouva la station verticale en jouant des bras pour ne pas retomber par terre. Il aperçu les deux verres pleins et discerna le sourire en coin du tavernier. Le breuvage, d’un ambre doré légèrement sirupeux, empestait le traquenard. Leur regards se croisèrent, complices.

L’autre n’avait rien vu du tout. Sans sourciller, il attrapa le verre en renversant la moitié du contenu et le siffla cul sec dans un gargouillis de noyé.

Ô temps suspend ton vol….

Le verre lui tomba des mains, ses doigts se crispèrent, et dans une éruption de gouttelettes de sueur, son visage, tout gonflé d’asphyxie, vira au rouge pivoine.


Nondeeeddjjouuuu !!!!!!

Sa voix de nabot asthmatique couchait mal avec son ossature d’ours et il semblait soudain nager dans son broigne.

Il partit dans une profonde et intense expiration.


AAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

Les relents empestaient tous les alcools possibles et imaginables, bière, piquette, liqueurs, eau-de-vie, à tel point qu’Hugolin écarta une chandelle de la trajectoire de peur de mettre le feu partout.

Sert m’en donc un aut’ couina Ropartz en s’accrochant fermement à la pompe à bière.

Sentant qu’il serait bientôt débarrassé, Hugolin leva lentement le verre, soupesant son titrage tout en admirant sa robe. Il trempa précautionneusement ses lèvres, se les mordit aussitôt pour ne pas hurler, puis, la main tremblante et le dos submergé de picotements, reposa le récipient sur le bar en adressant au serveur un clin d’œil entendu.


Merci pour ce verre d’accueil l’ami. Je m’appelle Hugolin, ouvrier vinicole, et l’autre là, c’est Ropartz, notre…escorte.

Un coup d'oeil vers le soldat qui comptait et recomptait ses doigts en marmonnant "...comment ça onze...?"

Enfin..le jour en tout cas.

pnj
Nestor suivait d'une oreille distraite les boborygmes bruyants de celui qui était bientôt plein jusqu'à raz bord....

Nestor croisa les yeux du plus sobre..... celui-ci semblait attendre que son comparse de beuverie s'écroule pour finir sa soirée plus tranquillement ....

Cet attelage hétéroclyte commençait à éveiller la curiosité du serveur.... Il remarqua que le jeune homme avait quelques difficultés à faire certains gestes...

Citation:
Merci pour ce verre d’accueil l’ami. Je m’appelle Hugolin, ouvrier vinicole, et l’autre là, c’est Ropartz, notre…escorte. Enfin..le jour en tout cas.


"Un ouvrier agricole maltraité avec des yeux qui demandent de l'aide ? Une escorte ? Qui était ce Passenmoye qui embauche des alcooliques à la limite de l'ulcère.... si ça se trouve pour garder des tonneaux de vin ? " .... Nestor moulinait du ciboulot tout en essuyant un verre.... Il devait savoir car il flairait l'embrouille à deux écus...

Le dénomé Ropartz venait de s'écrouler sur le comptoir.... son menton reposait dans une soucoupe à noisettes. Nestor détacha son tablier et le posa sur le rebord d'une chaise comme pour indiqué qu'il n'était plus en service....

"Asseyez vous jeune homme... et dite moi ce qu'un ouvrier viticole vient faire en Castillon ? Je ne connais pas le Sir Passenmoye que j'imagine être votre patron mais ses compétences en recrutement d'escorte semblent limitées"...
dit il avec un petit sourire compatissant.

Nestor affichait un sourire avenant qu'il savait prêter à la confidence.
--Narrateur
Hugolin soupira et s’assit un instant tandis que son compère commençait à ronfloter.

Oui. Maître Gaspard Passanmoye, mon bien-aimé patron. Et je puis vous dire que c’est grâce à lui que nous sommes embarqués dans cette aventure!
Je travaille chez lui à Dole depuis plusieurs années, dans sa cave à vin, avec…sa fille et…son mari.


Il avala un mince filet de gnôle en sifflant et tordit un peu du nez. Sa bouche en s’étirant fit ressortir ses deux veines jugulaires.

Il n’a pas vraiment de vigne à lui alors il achète les surplus aux producteurs, le presse et met le jus en fût. Enfin c’est moi et les autres qui nous en chargeons quoi.
Pis après, une fois maturé, il revend le vin à bon prix.
Mais faut croire que le raisin là-bas ne lui plait plus car il s’est mis en tête voilà quelques semaines d’aller chercher du raisin ailleurs. Il paraît que ça fait exotique…. Vous parlez d’une c…


Ses yeux levés achevèrent d'eux même cette sentence sans appel.

enfin moi c’que j’en dis…

Nouvelle lampée, nouvelle grimace.

On lui a quand même conseillé de prendre une escorte. "Les marauds sont aussi avides d’écus que de piquette" qu'on lui a rabattu les esgourdes.

Alors il a prit ça...


A côté, l’homme redressa la tête en maugréant, tortillant du tarin. Dans son sommeil, une noisette s’était logée dans sa narine et refusait de sortir. A demi-inconscient, il gigotait la tête en marmonnant, sa main endormie cherchant l’obstacle à tâtons On aurait dit qu’il pondait un œuf par les nasaux.

D’aucun aurait sourit de la situation, mais Hugolin soupira de plus belle et repoussa son verre.
pnj
Nestor voyait bien que le jeune homme ne voyait pas d'un bon oeil les changements orchestrés par son patron.... Il avait réussi a instaurer une certaine confiance et l'atmosphère, l'heure tardive, la légère ébriété de Hugolin prêtait à la confidence....

Citation:
sa fille ..... et son mari.....


Nestor y avait ressenti une amertume dans la voix du jeune homme.... il allait commencer par tirer cette ficelle en espérant en faire une belle pelote.

"Toute la famille va donc venir s'installer en Castillon ou Maitre Passenmoye cherche uniquement du raisin à presser ?
Je crois savoir qu'il n'est pas facile de trouver une propriété avec des vignes en age de produire de beaux raisins dans la commune......................... Sa fille est également du voyage ?"


Nestor regardait avec attention la réaction de Hugolin à cette dernière question qu'il avait prononcé l'air de rien.....
--Narrateur
S’installer à Castillon, vous n’y pensez pas !

La phrase sortait du cœur et Hugolin s’aperçu aussitôt qu’elle pouvait blesser son hôte.

Je veux dire…c’est une bien jolie ville, mais elle ne fait pas partie du plan du patron. Nous restons une semaine tout au plus, le temps de remplir les fûts, puis nous repartirons sur Dôle pour les mettre en cave. J’imagine qu’il nous emmènera encore dans un autre pat’lin après. Il commence à y avoir de la vigne partout alors le vieux se frotte les mains. Le vin d’Arbois, ça va bien cinq minutes, on demande du vin neuf par chez nous.


Nestor a écrit:
..... Sa fille est également du voyage ?


Quelques secondes passèrent. Hugolin détâcha ses yeux de ceux du tavernier et les plongea dans son verre.

Claudine est du voyage bien sur...

Il parlait dans le vide, installant distraitement un tourbillon dans son eau-de-vie.

Elle s’occupe de trouver le raisin et de négocier le prix, et y démontre quelques talents. C’est la fille unique de Maître Passanmoye, et tout ce qui lui reste de son épouse. Il ne s’en séparerait jamais. Il y tient plus qu’à la prunelles de ses yeux, voire au cordon de sa bourse.

Puis tout bas, distraitement, presque pour lui seul

Faut bien ça pour supporter…


Une dernière lampée plus nerveuse que les autres acheva sa phrase.

Mordock45
Mordock accompagné de Céraphin regarda à travers les fenêtres avant d'ouvrir la porte de l'auberge. Plusieurs bougies éclairaient encore la salle commune et deux hommes étaient attablés devant un verre...

"C'est bon gamin... la gargotte de la duchesse est toujours ouverte !!! On va pouvoir se rincer les boyaux.... tu regarderas bien le serveur.... il s'appelle Philibert.... on dirait qu'il a un balai dans le..."

Ils entrèrent.... Mordock ne voyant personne derrière le comptoir, il regarda chaque recoin de la salle à la recherche de son serveur préféré...

"Bonsoir.... il n'est pas là le Philibert ? ............La patronne n'est pas là... les souris dansent !!!!", dit il le sourire aux lèvres.

Un peu déçu, Mordock regarda Céraphin....

"T'inquiète.... on ira se servir tout seul.... quelques verres "à l'oeil" ne suffiront pas à rembourser les 2 paires de chausses que kahhlan m'a fait user en 15 jours !!!"

Mordock se dirigeait vers le comptoir quand un des deux gars attablés, un moustachu sec comme un pied de vigne à la mi-août l'interpella tout en rattachant autour de sa taille ce qui semblait être un tablier....
Nestor gardait son flegme malgré l'assurance de ne pas être couché avant le levé du jour...
Philibert ne l'avait pas prévenu de ce type de soirée à rallonge... et il semblait évident que les castillonnais avaient un penchant certain pour le noctambulisme...
"Le client est roy...." pensa t-il pour se donner du courage.

"Monsieur, c'est par moi que vous allez devoir passer pour faire votre commande. Je suis en famille avec Philibert et je le remplace le temps de son escapade avec dame Kahhlan. Vous me semblez être un habitué de la maison, j'espère que vous ne trouverez rien à redire sur la qualité du service. Vous désirez ?"

Mordock regarda l'interimaire serveur en haussant les sourcils...

"Bon d'la.... Kahhlan avait le chic pour trouver des hommes de maison ........ guindés..... J'savais bien qu'elle aimait s'entourer d'hommes serviables, polis et obéissants mais là ..... c'est le chapeau !!!", pensa t-il ironique.

"Euh.... une bière et un verre de lait avec du sirop de fruits rouges s'il vous plait"

Mordock repartit s'asseoir à la table qu'avait choisi Céraphin....

_________________
--Narrateur
L'entrée d'un homme et d'un jeune garçon apporta une diversion inespérée dans cette discussion qui devenait par trop indiscrète à son goût. L'alcool ne lui était pas encore monté suffisamment à la tête pour ne pas se rendre compte que le tavernier était du genre curieux compulsif. Mais lui n'était pas de ceux qui déballe leur linge sale au premier *hips*, même en comité restreint.

Et tandis que les deux nouveaux arrivants se faisaient servir leurs verres, il vida discrètement le sien dans la jardinière à géranium, priant pour que ce puissant engrais ne leur soit pas fatal.

Il regarda Ropartz, qui ronflait comme un bien heureux, la ceinture de travers lui brisant le visage en deux, ses deux bras entourant sa tête immergée dans le plat de noisettes. Son postérieur dodelinait sur son tabouret qui tanguait d'un pied à l'autre, défiant les lois de l'équilibre.


"Et dire que certains se vantent de faire ça avec pas plus d'un bol de lait dans la musette..."
--Enguerrand_de_honfleur
Un chuchotement animé à la table de Mordock et Céraphin.

Un ronronnement de matou sous la masse endormie de Ropartz.

Un torchon crissant sur un verre propre.

Un bâillement interminable.

On pouvait presque entendre les rats grattant sous le plancher, les mouches arpentant les salaisons, les flammes grignotant la mèche des chandelles.

Dans cette ambiance feutrée, le loquet métallique de la porte d’entrée craqua comme un éclair et la porte, tournoyant sur ses gonds, heurta brutalement sa butée.

Tout habillé de grenat, un homme sec entra comme une tornade, le regard et l’index pointés vers l’extérieur.


Souviens-toi! Je veux le voir av…

La présence de clients, inconcevable à cette heure très tardive, l’arrêta net dans son invective. Un soldat en arme, tout harnaché de cuir et d’acier, entra lentement à sa suite, et dans le silence devenu soudain oppressant ses bottes ferrées résonnèrent sur le plancher comme une meute de sabots. Il s’immobilisa sur le bras tendu par le premier arrivant. Les deux hommes regardèrent tour à tour les personnes attablées, leurs têtes pivotant parfaitement en phase, et s’arrêtèrent plus longuement sur le tavernier, inquisiteurs.

Sur le visage auréolé d'un capuchon grenat, l'étonnement céda la place à la méfiance.


Où est le majordome de ce matin ? susurra t’il sur un ton peu amène.

Ceraphin
Une table choisie, donc.
Avec un tabouret pas trop large pour qu'il puisse s'asseoir sans se défaire de son bouclier greffé dans le dos.
Sans parler de l'épée qui s'en vient l'encombrer dès qu'il se baisse, telle une béquille inopportune et imposée... des fois qu'il tombe.

Du lait?
Oh eh pourquoi lui n'avait pas le droit à la bière comme les grands?
C'eut été judicieux vu ses derniers évènements vécus... il n'était plus vraiment un enfant.
Quoiqu'en même temps, la bière il n'aime pas ça aux dernières nouvelles.
Une dégustation clandestine l'en a encore dissuadé, il y a peu.
Non vraiment il ne comprend pas ce que les adultes trouvent à ce breuvage amer et astringent.
Finalement le lait sucré ira bien.


C'est qui la "duchesse"?... investigue Ceraphin auprès de Mordock.
La réponse tarde un peu à venir, le temps que le castillonais sorte son nez de la mousse fraichement servie.
Mais voilà que deux arrivants font une entrée remarquée qui repoussera d'autant plus la réponse à ses interrogations.

Le gamin plonge à son tour dans sa timbale, ses yeux observent par dessus et ne manquent pas une miette de la scène...

_________________
--Nestor_le_serveur
[Que de paires... pour une auberge sans ramponneau.]

"Et de 6 !!! C'est le pompon ce soir....", pensa Nestor blasé...



Aparté ludique :
Des paires de clients, que des figures, entraient dans l'établissement à un rythme ramponnesque...
Des figures de coeur, le verbe acéré comme des piques.... dejà une sur le carreau, une autre, l'air bête à brouter un carré de trêfles et la dernière habillée comme un roi... : la donne était faite, tout le monde attendait pour voir, et personne n'avait envie de se coucher. Nestor le valet de ces lieux allait tout faire pour que cette soirée ne soit pas un flop, et les protagonistes étaient finalement mieux ici qu'à la rivière.... Ce qui était sur, c'est qu'il y en aurait bien un ou deux qui allait finir au tapis... L'ambiance était tendue... la moindre quinte... de toux pouvait mettre le feu à la maison ...... de Kahhlan !!!
Tout ça pour dire que ça manquait de dames...ce n'était surement que partie remise !!! (Hors jeu : N'est ce pas robinne ? )


Nestor était entrain de faire sa liste de course pour le lendemain quand deux nouveaux individus entrèrent bruyamment dans l'auberge. Il finissait d'y inscrire de "penser à acheter du lait" car le jeune homme avait fini le pot.

"Ah ben, ceux là .... aucune chance qu'ils me demandent du lait, ils le feraient cailler rien qu'en le regardant !!! Celui-là, il va assortir le contenu de son verre avec la couleur de son capuchon.... aucun doute la dessus !... quant à l'autre, il a une trogne à commander des ennuis plutôt qu'à boire du vin !!!"

Nestor avait un don.... qu'il avait affuté durant de longues années à servir derrière un comptoir.... : il savait reconnaitre les clients à ennuis. Et malgré l'heure tardive, son alarme personnelle venait de se déclencher....
Un jeune homme éploré en mal d'amour accompagné d'un mercenaire en armes soul comme une barrique; un jeune garçon, curieux comme une fouine en période de rut, buveur de laitage, équipé pour défendre un castel discutant avec un grand gaillard, aimable comme la grille d'un cachot, avec des paluches longues comme des rames; et finalement un seigneur capuchonné comme un évèque au regard d'inquisiteur suivi d'un chien de garde patibulaire à faire avorter une couvée de porcs, vêtu d'une panoplie digne d'un représentant de l'armurerie comtale..... : tout était réuni pour que la taverne se transforme en foire d'empoigne !!!!!!!!!!!

"Il va falloir jouer serrer mon nestor, si tu ne veux pas y perdre ta réputation." se dit il en lui même.

Citation:
Où est le majordome de ce matin ?


Le capuchonné commençait les hostilités d'un ton agressif et hautain.... Nestor cherchait du regard un signe religieux qui confirmerait ses craintes sur la profession du bonhomme.... dans le doute, il valait mieux en faire trop que pas assez, car visiblement il n'était pas là pour célébrer les vêpres...

"Monseigneur..... ce soir, vous aurez affaire à moi... je remplace Philibert, le majordome de ce matin, pour quelques jours.... que puis-je pour vous satisfaire ?"

Nestor n'avait plus sommeil, ce surplus d'activité et le profil de la clientèle avaient fini de chasser ses envies de matelas....

Par le joueur de Mordock
--Enguerrand_de_honfleur
Sur « Monseigneur », l’homme au capuchon grenat souleva un sourcil.

Sur « vous aurez affaire à moi », il fronça les deux.

Puis il écouta silencieusement la brève explication, attentif, et méfiant. Quelques secondes interminables passèrent encore, comme s’il prenait le temps d’étayer son jugement, d’asseoir son verdict.

A côté, main sur le pommeau de sa bâtarde, son homme d’arme – sans doute un garde du corps – sondait les convives du regard, son œil valide aussi immobile que le globe vitreux logé dans l’autre orbite. Hugolin ne mouftait pas d’un poil et faisait le dos rond en contemplant le fond de son verre, mais des gouttelettes de sueur angoissées grandissaient à ses tempes battantes.
Mordock et Céraphin semblaient suspendus à cette virgule temporelle et observaient la scène sans bouger, à part leur pupilles qui oscillaient de la porte d’entrée au bar, des deux inconnus au majordome. Guettant l’orage ou l’accalmie. Seul Ropartz meublait le silence de ses sifflements guturaux.


Passer une nuit tranquille, voilà qui me satisferait.

La sentence venait de tomber. « Honnête homme. A amadouer »

Enguerrand de Honfleur, nous sommes arrivés ce matin lança t’il en inclinant à peine la tête, un minuscule sourire aux lèvres.

Sa tête balaya encore une fois la grand salle, imprégnant chacun de son regard inquisiteur.

Veillez à ce que je ne sois pas dérangé jusqu’aux aurores.

Et sans attendre de réponse, il emprunta l’escalier menant aux chambres, immédiatement suivi par le borgne impassible.
--Nestor_le_serveur
Nestor regarda les deux hommes emprunter l'escalier.... Il lissa sa moustache de satisfaction : il avait évité le pire.... Cet Enguerrand de Honfleur avait logiquement été attendri par le "Monseigneur" ...... nestor savait qu'un homme qui affichait le grenat comme étendard aimait la flatterie !

"C'est bon... tu n'as pas perdu la main....va maintenant falloir écourter la soirée des quatre autres maintenant. Je ne suis pas couché .... car un évèque dans l'établissement, ça serait malheureux de ne pas s'en occuper dès son reveil" pensa t-il.

Nestor attrapa son balai et commença à nettoyer le sol... il retourna les chaises vacantes sur les tables et passa la toile sur les tomettes de la salle commune.

Il attendait que ses derniers clients rentrent au bercail... car il allait devoir sortir avant de se coucher pour préparer la surprise qu'il réservait à son "client de la haute".
Un évèque à s'occuper..... ça allait marquer la vie professionnelle d'un serveur de la classe de Nestor.... il se devait de mettre les petits plats dans les grands !!!
En plus, ça allait peut etre permettre de savoir pourquoi cet evèque ne portait pas la croix....
Mordock45
Mordock, tout en sirotant sa bière avec Céraphin, avait suivi l'entrée théâtrale de l'évêque et son bedot caparaçonné.

A céraphin tout bas....

"Celui là, s'il est sur la route de Compostelle, il a prit des chemins de traverse !! ......... Il m'est avis que ce n'est pas le dernier des pecheurs....et qu'il est sur la piste d'un gros poisson...
Il a du poser sa crosse épiscopale près du ruisseau après avoir mis un bel appat au bout et il attend qu'un des grelots de son sakkos se mette a tinter pour ferrer !!!


Mordock avait des difficultés avec les gens qui portaient des vêtements liturgiques... et encore plus, quand ceux-ci tendaient vers le pourpre. Ses visites à l'église se limitaient aux moments ou il allait y jouer de la maurache. Malgré une violente répugnance, il arrivait cependant à pousser la porte de la maison du Seigneur afin de bénéficier de la qualité acoustique de ces lieux....

L'atmosphère n'était donc pas à la rigolade....

"On a les clients qu'on mérite..." se surprit-il à penser.

Le Nestor qui affichait fièrement le gène familial "raide comme un piquet", gène qu'il partageait avec son cousin philibert, commençait à nettoyer la salle. Mordock se leva de sa chaise.

"Bon Céraphin.... nous allons rentrer... il se fait tard... après cette journée épuisante, j'ai hâte de retrouver mon vieux sommier. Je ne rêve que de sauter dans mon lit !!!"

Dans la rue.... à Céraphin :

"Donc la duchesse.... et bien comment dire... c'est une amie chère à mon cœur....... mais bon elle roule en carrosse pendant que je marche a pieds....
Euh...... il était bizarre cet éveque ! Non ?"

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Ceraphin
A la faveur d'un rayon d'un balancement favorable, Ceraphin put enfin décrypter l'enseigne de l'établissement quitté.
"A la belle endormie."


Ouep c'est de circonstance... se dit le gamin dont les yeux plissés par la concentration nécessaire pour lire au clair de lune tendaient à vouloir aller jusqu'à la fermeture complète.
Longue journée qui devait bien vite s'achever sous peine d'hériter d'un Ceraf' somnolent dans les ruelles de Castillon.

Baillement de circonstance... long et généreux.


Alors comme ça tu connais une duchesse...
Eh j't'ai pas dit que j'avais rencontré un prince et une princesse à Paris?


Tiens un regain d'énergie qui s'en vient.
Et voilà que s'enfonçant plus avant vers le quartier St Louis, la voix de l'enfant devenait de plus en plus inaudible pour les derniers occupants de l'auberge...

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