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[RP] : Une armée en OR

Guidel
[Froid comme la mort]

Froid comme la mort… Qu’est-ce qui aurait pu mieux définir le baron errant en ces heures sombres, s’égrainant comme s’il s’agissait d’une éternité ? Parfois, des combats qui retentissent au loin, tandis que leur triste chevauchée, lente et inexorable les menait en la ville de Chinon. Mangeant à peine, discutant moins encore, il s’était à nouveau muré dans cette solitude sécurisante… Ne pas s’attacher, ne pas souffrir…
Antlia les avait quittés à Bourbon, laissant une seule et unique lettre pour expliquer son départ, et lui s’en était allé en sens inverse, vers le front, rejoignant ses frères à Blois pour constituer une nouvelle armée « Licorne », comme cette funeste armée chue sous le rempart de Rennes, il y a si longtemps. Peut-être que cette fois, ce serait son tour de périr… Mais cela il n’y croyait plus. La mort ne voulait pas de lui, elle était sa compagne, celle qui emmenait les êtres qu’il chérissait aussi bien que ses compagnons d’armes et ses adversaires. Il était retourné à sa solitude, errant sur son destrier noir, jurant avec l’armure étincelante donnée par l’Ordre.
Les frères et sœurs… Ils ne semblaient guère mieux. Souvent, les querelles éclataient, souvent pour des broutilles, et souvent elles n’aboutissaient qu’à une rancœur étouffée. Souvent, lui aussi cédait à cette colère sourde sans réel objet autre que lui-même en réalité. Il s’en voulait d’être là, de ne pas faire davantage, de ne pouvoir désamorcer cette situation à l’aide d’une lame ou d’une langue acérée et qu’on en parle plus ! Mais cela eut été trop facile… Alors il suivait docilement, n’entendant que ce qu’on voulait bien lui dire, ne faisant que ce qu’on lui demandait… Bien souvent encore, il pensait à Elle. Son Enfant devait être venu au monde depuis le temps… Pourvu qu’Elle reste dans la quiétude de Lyon… Pourvu qu’Elle soit épargnée par cette rancœur viciant l’air du Centre… Pourvu que l’Enfant grandisse loin de tout cela…


[Errance sur les chemins de la Justice]

Nouvelles querelles, nouvelles rixes verbales qui éclatent sous le ciel plombé de gris de la Touraine, bien loin des montagnes et de la voute l’azur des Alpes… Les chefs, les chevaliers ne se montrent guère, si ce n’est pour rappeler tout le monde à l’ordre. Ethan, fiévreux et devenu presque invisible… Quel contraste avec celui qu’il connaissait d’habitude. Et leur dernière rencontre, au hasard d’une taverne chinonaise… Il préférait l’oublier, oublier ce que le nouveau chevalier avait déclaré ce soir-là. Il préférait croire que c’était la fièvre plutôt que de le croire injuste et moqueur… Et pourtant…
Justice… Aristote, qu’il y aspirait à cette justice, devenue insaisissable pour sa pensée en ces temps troublés. Avaient-ils raison de se trouver là ? Avaient-ils tort ? N’était-ce pas vraiment de sa faute après tout s’il n’avait pas prévu assez de vivres pour cette campagne ? Ne pouvait-il prévoir davantage, lorsqu’il partit pour cette mission en Bourbonnais-Auvergne, l’entraînant finalement sur les chemins de l’Orléans puis de la Touraine ? N’avait-il pas tort de s’acharner à défendre ces inconnus qui n’étaient rien pour lui, juste pour sa vaine quête de la vérité ? Vaut-il mieux s’opposer à un frère pour ce qu’on croit être la Justice ou vaut-il mieux croire sur parole et se taire? Autant de sombres pensées qui assaillaient le Lyonnais lorsque le soir il tentait de trouver le sommeil…
Puis l’ancien vicomte errant vainquit le nouveau baron errant et le message fut clair « Tu n’es pas à la fin de ton errance, Guidel, tu n’en es qu’au début. A mi-chemin entre justice et bravoure, comme il se doit. » La Vérité avait elle aussi trouvé son chemin, les jours passant… La découverte de cette sœur de sang qu’il croyait ne jamais revoir un jour, une sœur de sang, une sœur de cœur, une sœur d’armes… Son fils était né, il en avait reçu la nouvelle, d’une missive de l’Etoile de Lyon… Ils lui manquaient tant. Pour eux il vivrait, pour eux il combattrait encore, pour eux il serait « Justice, Honneur, Bravoure », pour que jamais ils n’aient à rougir de dire qu’ils sont les Siens… Et enfin, Guidel, Guy de Hoegaarden, le bâtard s’endormit paisiblement.


[La Vie… A nouveau…]

L’aube… A l’horizon, à l’est, se dessinèrent soudain quelques silhouettes devant l’astre qui petit à petit s’élevait déjà dans le ciel. Deux cavaliers et une charrette. Il les observa un instant, minuscules points se déplaçant et quittant petit à petit la ligne d’horizon pour s’approcher de la ville. Le corps d’un des cavaliers étincelle, puis c’est au tour de l’autre de refléter vivement la lumière du soleil. Des harnois, polis et étincelants, pareils au sien… Encore deux enfants de la Licorne qui arrivaient à Chinon pour se joindre à leur combat, comme chaque jour. Si seulement, ce pouvait être Elle…

Il quitta son poste d’observation et partit faire galoper un peu Faran… Depuis les joutes du Lavardin, le puissant destrier s’ennuyait ferme et se gavait de l’herbe grasse de Touraine, aussi Guidel se faisait-il un devoir de chevaucher au moins quelques heures à l’aube afin de le maintenir en forme pour la prochaine joute ou… Pour la guerre.

De retour au campement, l’errant se sentait frais et dispo. Dans l’air encore frais du matin, le souffle des deux compagnons produisait une légère brume qui se dissipait rapidement. Ils dépassèrent ensemble plusieurs tentes, puis la charrette qu’il avait aperçue un peu plus tôt et l’une des montures attachée devant une tente. Guidel stoppa net. Ce cheval, il le connaissait. Syrius… Le destrier d’Antlia. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et il fit volter Faran dans sa direction et l’arrêta à côté de celui-ci, l’attacha pareillement avant de se présenter à l’entrée de la tente.


Antlia, c’est bien toi?
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Finute
[Dans les terres Tourangelles, quelque part avec toutes les couleurs]

Le départ depuis la Bourbonnais-Auvergna s’était fait précipitamment, comme l’on pouvait l’apprécier. On court par ci, on court par là pour récupérer l’épée oubliée, ou la nourriture qui était restée sur la table… Mais le départ, ce départ depuis le Périgord-Angoumois ne pouvait être que bénéfique pour la Périgourdine. Endroit qu’elle trouvait chaotique, où l’on parlait de despotisme sans savoir ce que c’était vraiment. Où la haine envers certains était répertoriée sur leurs proches…. Pitoyable, épuisant.

Ce voyage avait de quoi la ressourcer. Même si elle devait se battre, c’était pour sa Suzeraine dont elle représentait à ce moment et jusqu’à la fin ses couleurs, pour son Roy si elle le devait pour sûre, pour le peuple du Royaume de France.
Justice, Honneur, Bravoure… Trois thermes importants que la jeune femme n’oubliait pas…. Même si ces derniers temps... la justice n’était que peu présente… Bravoure, inexistante, Honneur… bafoué par d’immondes crapules qui ne perdent rien pour attendre.
Mais la Lieutenante s’était juré de se reprendre, et elle le ferait.
Ils ne la connaissent pas.

Des jours de cheval pour rejoindre avec ses sœurs, d’autres Dames Blanches et d’autres Ordres Royaux… Entrée dans « une armée en OR »…. D’abord Blois où ils s’étaient tous rejoins, puis Tours et enfin Chinon où le calme était, pour l’instant, présent : la calme avant la tempête surement.
L’arrivée n’avait pas été très discrète à Chinon, au vue du nombre de soldat et des carrioles comportant vivres, tentes, bois et j’en passe… Il y avait beaucoup de bruit, réveillant les paysans, les bourgeois, la populass quoi…

Une fois la tente des Dames Blanches montée, la Lieutenante ressortie, son épée toujours sur elle, son arc également, mais aussi une dague cachée sous l’une de ses bottes, une autre dans la doublure de ses Braies.
Inspiration… ça ne sentait pas la rose, c’était sûr et certain, mais ça sentait au fond d’elle une liberté, mais…. à l’extérieur, le danger.
La tension était certes palpable, mais elle n’était pas entrée dans un Ordre Royal pour faire mumuse. Surtout qu’en dehors de chez elle, elle n’aime guère faire mumuse, voire pas du tout. Sauf si c’est pour chatouiller avec l’épée les malhonnêtes, les adversaires de guère ect. Ou encore, si c’est pour embêter son futur époux, ça c’est possible.

Mais passons. Le camp était monté, tentes Vertes d’un côté, Bleues de l’autre et de l’Ordre de la Cosse aux Genêts de l’autre.
Une Lucie dans le tas vers laquelle la Belle se dirigea…


Tout va bien Lucie ?

Un sourire. Il faudra qu’elle lui écrive, mais l’envie n’était pas au goût du jour pour l’instant. Une autre fois peut être. Pour l’instant, vivre le moment présent. Profiter, défendre le Royaume. Penser aux sœurs blessées.
Et vivre quoi.

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Lady_antlia
[ L'heure de vérité ou comment assumer ses décisions ]

Point de répits quant à sa venue...
Les affaires à remettre en ordre après 8 jours de chevauchée.
Bon en fait que dire si ce n'est que l'Etoile avait un réel soucis avec le rangement? Elle se connaissait et elle en prenait le moins possible, juste le necessaire , et ainsi le tour était joué : plus de soucis de rangement .
Mais c'était sans compter le fait qu'elle avait amener avec elle Leur fils... et qu'elle n'avait pu faire l'impasse sur tout ce qu'un enfançon pouvait avoir besoin, même l'inutile .
Une charrette, que dis je ... une chambre ambulante ! Oui c'est bien cela, d'un côté le ravitaillement et de l'autre des malles.

En regardant tout cela, Antlia s'empourpra légèrement... qu'aillaient ils dire ses frères et soeurs à la vue de cela? Elle avait tout de même une légère appréhension lorsqu'elle était entrée dans une des tentes montée à leur intention.

Mais la douce vision qu'elle eut balaya son angoisse. Sur la couche, un petit paquet sous une peau d'ours dont l'odeur quoique l'on fasse persistait.. non pas du petit paquet, mais de la peau, bien entendu. Une petite main d'homme en ressortait et c'est tout doucement qu'elle s'approcha de cette nouvelle vie, de son fils.

Elle glissa son doigt en sa main et sourit avec l'amour d'une mère à son enfant. Son Fils ...
Elle s'allongea à coté de lui, le brasero brillant de son feu, faisant se mouvoir des ombres dansant sur la toile même à cette heure matinale.
Elle n'avait encore rencontré personne qu'elle connaissait vraiment... ni Guidel d'ailleurs. tête sur la couche, cheveux épars, elle regardait ce petit être mélange de Lui et d'elle, sa peau d'albâtre et ses cheveux de jais. Un petit sourire sur les lèvres de l'enfançon, dans le sommeil du juste.
Elle passa ainsi un moment le contemplant, attendant que celui ci se réveille et qu'elle le nourrisse.

Pas précipités au dehors et une voix qu'elle reconnut aussitôt , la faisant se lever sur la couche et réveiller l'enfant .


Antlia, c’est bien toi?

UN sourire sur ses lèvres framboise puis une appréhension . Elle avait jsute omis un détail ... elle porta les yeux sur leur fils puis sur l'ouverture...Elle soupira légèrement .

Ma grande, tu es adulte, tu assumes et tu sais pourquoi tu l'as fait . Tu lui dis oh bonjour, je t'ai ramené une surprise ....



Inspiration encore, expiration, elle se donne courage puis s'avance vers l'ouverture de la tente, puis entrouvre son sourire toujours aussi doux envers celui qu'elle aime .


Bonjour Mon Aimé . C'est bien moi.

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Kaeronn
[Préparation]

Chinon, auberge du Peuple, premier étage, chambre numéro 27. A l'intérieur, un lit dénudé, drap et couverture au bout de celui ci, pèle mèle. Une chaise, prés de la seule fenêtre de la pièce, où se trouve assis un homme. Il semble pensif, mais un sourire filtre sur ses lèvres, le rendant tout de suite plus abordable. En face de lui, un tableau, représentant un homme en tenue de chasse, devant sa demeure. Kaeronn s'arracha de ses pensées, et leva les yeux pour contempler un moment le tableau. Ni l'homme ni la demeure ne lui disaient grand chose, mais il avait comme dans l'intuition que le chasseur faisait parti de la famille de l'aubergiste.

Le chinonais fronça alors comiquement les sourcils et se secoua la tête, cherchant au passage ses bas. Le premier se trouvait sur le lit, mais le deuxième en avait glissé, et il dut se pencher pour le ramasser.


Aie!

Kaeronn lacha un juron et se frotta d'une main le genoux qu'il venait de se cogner contre le rebord du lit en se relevant. Heureusement qu'il se sentait frais et dispo, sans quoi la journée aurait bien mal débutée. Gromelant et se rassaillant sur la chaise, il entreprit alors de chausser ses bottes. Petit sourire en pensant qu'il n'aurait pas de lame à glisser dedans, au contraire de son adversaire d'un jour. Qu'à cela ne tienne, son poignard à la lame recourbée était tout aussi efficace, glissé dans son dos. Encore fallait il qu'il passe avant cela sa robe et son mantel.

Venait ensuite le tour de l'épée. Une arme banale, mais de bonne facture. On voyait aux petits éclats d'acier sur la lame qu'elle avait servie maintes fois. Quand on voyageait, les petites rixtes en taverne ou les embuscades de brigands étaient malheureusement monnaie courante. Mais il avait appris à se défendre, et depuis, une épée battait son flanc gauche. Vint enfin le col, puis la cape, recouvrant le poignard et le pommeau de l'épée.

Kaeronn sauta sur ses pieds, sourit et descendit l'escalier pour sortir ensuite de l'auberge.


[Aux portes du campement]

Il marchait rapidement, pour réchauffer ses muscles. Sa cape empêchait le froid de rentrer trop profondemment dans son corps, et seul le bout de ses oreilles venait lui rappeler qu'un petit vent frais balayait Chinon en ce début de matinée. Kaeronn souffla machinalement dans l'air pour regarder le petit nuage de buée sortir de sa bouche et s'éparpiller au vent. Puis il sortit de la ville de Chinon pour se diriger vers la multitude de tentes flottant sous les remparts. En raccompagnant Sindanarie aux portes en fin de soirée, il avait pu deviner la direction qu'elle avait prise.

Il s'engagea donc sur un sentier, se rapprochant de plus en plus d'un groupe de tentes. Tout autour, des charrettes, des tonneaux contenant vraisemblablement de l'eau potable. Il remarqua également plusieurs personnes vaquant à leurs affaires. Quelques gardes surveillaient les abords du campement, et Kaeronn se dirigea tranquillement vers eux. Il parla avant que ceux ci n'aient le temps d'ouvrir la bouche.


On m'attend.

Nul besoin d'en dire plus. Nul besoin également de leurs demander où pouvait bien se trouver la tente de dame Sindanarie, ils ne le savaient sans doute point. Le ton ferme et assuré de l'homme suffit aux gardes pour le laisser rentrer plus en avant dans le campement. Kaeronn avisa alors la première personne se trouvant devant sa tente, et l'interpella poliment.

Veuillez m'excuser, mais je cherche la tente de dame Sindanarie. Celle ci doit m'attendre, mais je ne connais point le campement. Auriez vous la bonté de me l'indiquer?

Léger sourire sur son visage pour affirmer ses dires, et rendre la demande plus chaleureuse.
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"La vie est un long fleuve tranquille...
Mais attention de ne pas s'y noyer..."
Alethea
Toujours enroulée dans sa cape, la brune parcourt les rues de Chinon à la recherche d’un lieu isolé. Ironie qui la ramène à l’intérieur des murs pour chercher ce que l’on trouve habituellement en les quittant. Elle a contourné le cimetière, glissé dans les rues sombres des bas quartiers, puis remonté celles un peu plus larges des quartiers commerçants. Beaucoup de devantures sont, à présent, fermées et les étals qui ne restent pas pliés, présentent bien peu de marchandises.

Les prunelles noires de l’Errante essaient de se souvenir de cette ville qu’elle avait rapidement traversée en début d’année. Elle y venait alors comme ambassadeur du Bourbonnais Auvergne et Chinon était sa dernière étape. Sa mission avait été un désastre. Entre une duchesse trop occupée à préparer son mariage, qui la renvoyait sur son futur mari de chambellan et ce dernier qui n’avait pas estimé devoir perdre son temps, elle n’avait même pas pu croiser son homologue, tout juste quelques habitants, et encore, parfois, ils étaient même menaçants comme à Loches où la sœur du futur marié, une rousse un peu folle, insultait copieusement tous les étrangers. Finalement, tout ça la faisait sourire maintenant la brune. Et puis il était tout de même ressorti quelque chose de ce marasme… Quelques habitantes de Vendôme d’abord, dont l’accueil et la gentillesse avaient rattrapé le reste et puis une autre rousse aussi… C’est à Loches qu’elle avait croisé le Chevalier de Vergy pour la première fois. Et c’est grâce à cette rencontre qu’elle avait osé, enfin, se présenter aux portes de Ryes…

Mais l’Auvergnate ne reconnaît plus rien. La ville ne vibre plus que du pas cadencé et du cliquetis des armes des troupes qui la parcourent. Les habitants qui n’ont pas rejoint l’armée ou la maréchaussée sont rares et semblent se cacher. Les regards qui la croisent paraissent se demander si la cape et les armes qu’elle arbore sont de bon ou de mauvais augure. Ca ne surprend d’ailleurs pas la Licorneuse qui sait que son ordre est souvent méconnu… Enfin, ses pas ralentissent devant une petite auberge qui semble peu occupée. Elle gravit les marches, entre dans la pièce ou un feu ronronne doucement, commande un verre de vin et s’installe au fond en évitant les regards des rares clients. Dans le sac posé à ses pieds elle cherche rapidement un vélin et rédige le courrier.


Citation:
Dame Alixane,

L’autre soir je n’ai pas eu le temps de revenir vous voir pour vous donner la réponse à votre requête. Peu après que je vous ai laissé nous avons du faire nos paquets pour quitter Blois, mais ça vous avez du le constater. Je n’ai pu parler à l’un de nos responsables que le lendemain et il était déjà trop tard. Qui plus est, comme vous l’apprendrez sans doute, nous ne semblons pas nous diriger vers le front que vous souhaitiez rejoindre.

Dame, si votre projet devait persister, j’espère que vous trouverez moyen de le réaliser et qu’Aristote vous protégera dans cette entreprise.

Respectueusement

Alethea


Elle plie alors la lettre et cherche dans son sac, resté au sol, le petit cachet sans armes avec lequel elle ferme ses missives. Machinalement ses doigts glissent dans la poche extérieure où il doit se trouver et tentent de l’accrocher. Lorsque c’est fait, elle recommence l’opération pour attraper sa cire. Mais le petit bâton rouge semble se cacher plus profondément alors, avec un petit soupir, elle remonte le sac et plonge le nez dans la poche pour le retrouver. Mais là, tapie contre la paroi, comme pour se faire oublier, elle trouve une lettre qu’elle n’a jamais ouverte. Elle la sort aussi et l’aplatie soigneusement en essayant de se souvenir du moment où elle l’a reçue. Comme rien ne lui revient elle fini par en conclure qu’elle a du être déposée là par les nones du couvent bourguignon dans lequel elle avait fait retraite quelques jours, à la fin juillet. Curieuse de savoir qui la lui a écrite, elle l’ouvre alors…

Citation:
Dame Alethéa,

Je regrette d'avoir dû prendre la route sans même avoir eu l'occasion vous revoir une dernière fois. Je ne sais même pas si vous avez pu trouver votre amie, si elle est en bonne santé ou non... si vous êtes encore à Cosne ou non. Si vous y êtes toujours, j'espère que cette lettre vous parvienne, ainsi peut-être trouverez-vous le temps de me répondre, ou alors attendrez-vous que je revienne chez moi, dans les jours à venir, je le souhaite, tout dépendra de Son Altesse Armoria avec qui je voyage.

Avec l'espoir de vous lire, et aussi de vous revoir,

Respectueusement,

Landry


Un sourire un peu triste se dessine sur les lèvres de la brune. L’amie, la Baile, elle l’a trouvée finalement. Landry et elle l’avaient cherchée trois jours durant à travers la forêt de Cosne, sans succès, pour finalement apprendre qu’elle avait été ramenée dans une auberge par Armoria. Thea avait alors veillé la Blanche pendant plusieurs semaines. Mais lorsqu’elle avait du la laisser repartir, son état n’était toujours pas brillant. La blessure aux poumons lui rendait encore la respiration très difficile et il était à craindre que ça ne se résorbe jamais totalement et celle au poignet, bien qu’ayant cicatrisé, handicapait toujours sa main droite dont elle n’avait pas retrouvé l’usage. Thea n’avait alors pas osé lui remettre la dague qu’Ethan et elle lui avaient fait faire, se disant que ça ne ferait que souligner cruellement l’impuissance du garde du corps à tenir son rôle. Puis les mois avaient passé et l’Auvergnate, en mission chez elle, avait appris que Baile était en Touraine, auprès de Zya son capitaine. Elle avait espéré que ça signifiait une amélioration et lorsque elle-même s’était dirigée vers ce duché, elle avait gardé la dague dans son paquetage pour la lui offrir enfin.

C’était sans compter sur le mauvais sort qui avait décidé de lui infliger la même peine une seconde fois. Le soir de son arrivée à Tours on lui avait annoncé que les Blanches les rejoignaient. Après quelques heures de repos, l’Errante avait décidé de prendre place sur les remparts pour une garde de nuit. Mais au silence de l’aube avait succédé celui de l’inquiétude puis du désarroi, jusqu’à la nouvelle fatidique : les Blanches étaient tombées. La seule différence notable était que, cette fois, Thea savait où elles seraient rapatriées. Mais, pour le reste, l’inquiétude, la tristesse, l’impossibilité d’aller rejoindre son amie pour la faire soigner parce que sa mission primait, elle est à la même enseigne que lors de son errance Bourguignonne. Elle ferme les yeux un instant, tentant de calmer sa respiration et de réprimer son envie de vengeance. L’attaque de Baile en Bourgogne était une méprise mais celle de Touraine un acte de guerre barbare.

Puis elle revient à la lettre de Landry. Elle la relit une fois encore. Tout ça semble si loin maintenant… Elle avait rencontré l’homme à son arrivée à Cosne dans une taverne. Il lui avait immédiatement proposé son aide. Le souvenir de la petite révérence qu’il avait esquissée ensuite à l’évocation de son appartenance à l’Ordre lui tire un léger sourire. Et même s’ils n’avaient pu trouver Baile ensemble, cette aide avait été précieuse pour ne pas tourner en rond parmi les arbres et sa présence réconfortante aussi. Elle avait voulu le remercier mais ne l’avait plus trouvé. A présent elle comprend pourquoi et compte bien réparer ça. Elle attrape un second vélin pour lui répondre.

Citation:
Sieur Landry,

Je vous présente d’abord mes excuses pour le temps que j’ai laissé sans donner aucune réponse à votre missive. Elle a du être amenée au couvent où je me trouvais et déposée dans mon sac discrètement alors que je me recueillais dans le silence monacal. Ignorant son existence, je ne l’ai retrouvée qu’aujourd’hui au hasard de la rédaction d’un autre courrier.

J’ai su, peu après votre départ, que mon amie avait été trouvée, dans cette forêt que nous avions explorée, par la princesse elle-même et que celle-ci la soignait dans une Auberge à quelques rues de celle où je résidais. Je suis restée auprès d’elle quelques semaines puis mes missions m’ont ramenée sur les terres d’Auvergne où j’ai pu retrouver brièvement les miens avant que la guerre ne m’en éloigne à nouveau.

Je suis à présent à Chinon ou nous avons établi un campement. J’espère que cette lettre vous trouvera plus rapidement que celle vous m’aviez écrite et que vous pardonnerez ce retard en acceptant de me rendre de vos nouvelles.

Respectueusement,

Alethea


Il ne reste plus qu’à fermer les deux missives et retourner au froid pour les poster, mais le verre de vin qui attend toujours devant elle repousse son départ vers le pigeonnier.
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Sindanarie
[Camp de la Licorne]

Pas besoin d'attendre que l'un de ses fantômes la réveille. Non, la jeune femme était sereine ce matin-là, comme si la pensée de pouvoir enfin libérer de son énergie suffisait à chasser les idées noires qui l'avaient insidieusement envahies. Jusqu'au premier sang... Et après, calmer d'un coup l'ardeur du combat. Jusqu'à la fois suivante...

Sindanarie avait pour ainsi dire bondi hors de sa couche de fortune au petit matin, passant bas, braies et chemise. Pas besoin de plus... Le froid ne la mordrait pas bien longtemps. Non, le plus important n'était pas là... Le plus important, c'était les lames. Enfilant ses bottes, l'écuyère esquissa un sourire en glissant la longue et fine dague le long de jambe. Le froid du métal lui arracha un léger frisson. Ce devait être bien plus dur de porter un poignard dans le dos... Plus inconfortable, peut-être.

Et le plat de résistance... L'épée. Laquelle des bâtardes ceindre ? D'ordinaire, quand elle savait qu'elle risquait d'avoir à se battre réellement, elle portait les deux, si curieux que cela puisse paraitre... Mais pour un entrainement ? Une seule suffirait bien. Alors, la normale, celle qui avait vu la Bretagne par deux fois, ou l'épée de la Licorne ? Par automatisme, l'écuyère passa finalement sa vieille épée. La lame parfaite de Ryes attendrait quelques jours... Il paraissait qu'elle aurait bientôt à servir. Autant la réserver pour ce moment-là.

D'un geste devenu naturel, Sindanarie passa la cape azur ornée de la Licorne sur ses épaules, puis sortit dans l'air frais du matin. Le camp bruissait encore... Jamais totalement au repos. Un tour au dehors, contourner la tente pour aller flatter Vengeance. La jument avait jusque là été un modèle de calme... Une pomme pour la récompenser, et retour à la tente, les pans de la cape serrés autour d'elle.

Une voix, soudain, pas bien loin.


Voilà, Messire, je crois bien que c'est celle-là... La troisième, sur votre gauche.

Volte-face de l'écuyère, pour apercevoir, dans l'allée, un homme d'armes et Kaeronn. Avec un sourire, elle parcourut rapidement les quelques mètres qui les séparait d'eux, et dit :

Bien le bonjour, Messires. Je vous remercie de l'avoir mené ici, ajouta-t-elle à l'attention de l'homme d'armes, avant de se tourner vers son invité pour lui demander : Y allons-nous ?

Sur un signe de tête de l'homme d'armes, la jeune femme passa son bras sous celui de Kaeronn et l'entraina vers la sortie du camp.

[Que la fête commence !]

Quelques pas hors du camp avaient suffi à amener Sindanarie et son futur adversaire dans la campagne qui entourait Chinon. Le brouhaha diffus s'estompait à mesure qu'ils avançaient. Du regard, l'écuyère cherchait un terrain intéressant pour leur duel... Hmm, entrainement, pardon. Jusqu'au premier sang...

Finalement, elle se tourna vers Kaeronn, désignant une assez vaste aire plutôt dégagée, hormis un arbre et un petit buisson par ci, par là. Du regard cherchant les yeux de l'homme, elle esquissa un sourire pour demander :


Ce lieu vous conviendrait-il ?

Elle savait bien qu'elle n'était pas bavarde ce matin-là, moins bavarde que d'habitude sans doute... Mais le combat, fût-il entrainement, avait le plus souvent cet effet sur elle. Si cela convenait bien au défenseur de Chinon, la cape azur se poserait à terre comme un oiseau, et une bâtarde bondirait de son fourreau...

Ah, j'oubliais... Si vous voulez que nous combattions pieds nus, je perds une arme !

Le sourire est amusé, la voix tranquille. Jusqu'au premier sang...
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Kalimalice
[ Camp de la cosse de Genêt]

Le camps se montait tranquillement, le voila entre les blanches et les licornes .Bien que l’ordre soit neuf chaque membres connaissaient sa tache et s’appliquer à bien faire ce premier campement sous la bannière de la cosse de Genêt .
D’ailleurs en parlant de bannières, elle avait bien vu Ethan déposer celle des licornes .Un Ethan pâle et pas très en forme.
Alors elle regardait l’avancement des tentes ,tient une pour elle toute seule ,privilège de chef surement cela amusa kali .Non en faite c’était la tente pour la logistique et l’endroit pour recevoir tout pli important surement que les réunions des responsables de chaque ordre se ferait sous la houlette des licornes .Sure que les licorneux devaient devait avoir une tente approprié à la discussion et la stratégie .Mais revenons à nos moutons et nos bannières donc elle attendait la fin de leur installation .Pour mettre la leur et c’est avec fierté qu’elle la planta .




Regardant la bannière .L’envie lui venait de faire le tour du campement et saluer les uns et les autres .Sachant que Fildaïs était elle aussi ici, elle espérait bien la rencontrer elle et son Maxou .Elle eut envie de rire repensant au partie de rigolade au mont St Michel en la demeure des Blackney .

Quartier libre avait elle dit, après que la popote fut faites car vite faite la popote ne leur rester plus que pain et eau. Elle prit le chemin du camp .Espérant trouvé âmes charitable pour lui payer un verre d’un bon alcool pour la réchauffer du froid

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Kaeronn
[Camp de la licorne]

Merci bien mon brave.

Kaeronn venait de remercier l'homme qui venait de le conduire à la tente de Sindanarie. Celle ci approchait d'ailleurs rapidement, et le visage de Kaeronn se fendit d'un sourire. Il inclina légèrement la tête pour la saluer.

Bonjour dame Sindanarie. Je vois que vous êtes aussi impatiente que moi. Je vous suis.

Il proposa son bras à la jeune femme qui l'emmena ainsi hors du camp. Il sourit en voyant l'épée au fourreau et le manche d'un poignard dans sa botte.

[D'un duel]

La campagne. Voila ce qui entourait principalement la ville de Chinon. On pouvait un peu plus loin apercevoir la Loire qui s'étirait à perte de vue, son eau coulant paresseusement vers l'océan. Quelques petits bois de ci de la, mais Sindanarie et Kaeronn ne s'éloignèrent pas beaucoup du camp. Alors qu'ils marchaient, le chinonais claqua ses bottes contre la terre pour en éprouver la dureté. Il faisait froid, mais un froid sec, et ils ne risqueraient pas de glisser à terre. Parfait pour combattre.

L'homme regarda autour de lui quand l'écuyère de la Licorne lui indiqua ce qui aurait pu sembler être une lice pour combattants. Une lice sauvage certe. Un arbre, quelques buissons. Pas beaucoup pour prendre un avantage sur la combattante, mais bien assez pour le perdre. Cela ne le génerait cependant pas, il s'était souvent battu en terrain boisé.

Ses yeux revinrent sur ceux de Sindanarie, et il répondit en souriant.


Voila qui me semble convenir parfaitement ma foi.

Il regarda autour de lui une nouvelle fois. Le terrain était plat, personne n'aurait l'avantage de la hauteur. Sans compter que Kaeronn était de petite taille pour un homme. Ils seraient donc à égalité sur ce point ci. Il recula de quelques pas, légèrement, pour mettre un peu de distance entre lui et son adversaire. Tranquillement, le chinonais porta la main à son col et dégrafa sa cape qu'il laissa tomber à terre. Il manqua d'éclater de rire à la remarque de la dame, puis lui lança un regard malicieux.

Restons sur un pied d'égalité dame. Le même nombre d'arme.

L'écuyère de la Licorne irradiait d'une tranquillité impressionnante. Si l'on n'était pas habitué au combat, l'on pouvait facilement flancher ou encore se déconcentrer devant cet état des choses. Kaeronn lui même quand il était jeune, n'aurait pas fait long feu, et dés la première attaque, il se serait sans doute fait avoir. Il avait cependant reçu l'entrainement de Jabor, et jamais, jamais il ne retrouverait guerrier plus calme et plus meurtrier à la fois. Grâce à lui, Kaeronn avait appris l'art du combat, mais aussi l'art de rester concentrer, l'art de rester calme dans la plupart des situations.

Il respira profondément, un coup. Sindanarie venait d'ôter à son tour sa cape. L'homme s'approcha de quelques pas pour avoir la place de reculer sans se prendre sa cape dans ses pieds. Puis il fit jaillir son épée hors du fourreau. Il n'attaqua pas de suite, alors que l'écuyère de la Licorne venait de faire de même. Il se contenta de l'observer, jambes arquées dans la terre, fermement, mais prêtes à bondir. Jusqu'au premier sang... Un combat qui pouvait perdurer comme se finir rapidement. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu d'adversaire de cette taille à affronter, et un mince sourire apparut sur son visage alors qu'il avança d'un pas assuré vers la guerrière, pour se mettre pratiquement à portée d'épée.


C'est parti, se murmura t il.
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"La vie est un long fleuve tranquille...
Mais attention de ne pas s'y noyer..."
Sindanarie
[Dans le fracas des armes]

Un sourire à la réflexion sur le nombre d'armes. Et bientôt ce serait parti... En deux temps, trois mouvements, Kaeronn avait été prêt, cape laissée à terre, lame découverte. Sur un léger sourire, elle avait à son tour laissé la cape azur chuter au sol, s'était éloignée de quelques pas et avait tiré sa bâtarde de son fourreau. Et il était revenu à peu de distance, presque assez près pour que le premier coup porte... Presque seulement.

Une petite seconde, Sindanarie observa son adversaire - car c'était ce qu'il était devenu à la seconde où il avait dévoilé son arme. Son sourire s'accentua légèrement quand il prit ce qui lui sembla une position de garde. Elle, au contraire, avait pris la (mauvaise, disait-on souvent) habitude de garder les bras le long du corps tant que le combat n'était pas engagé. Cela ne l'empêchait pas de rester prête à toute attaque, naturellement... Mais l'adversaire n'avait pas l'air plus pressé que cela...

Un murmure s'échappa des lèvres de Kaeronn. Juste assez fort pour être audible dans le silence. C'était parti ? Très bien... Ce n'était pas la peine d'attendre des siècles, en ce cas, n'est-ce pas ?

Ni une ni deux, la bâtarde se leva et vola en direction de la gorge du sieur. Le coup n'était pas particulièrement rapide ni particulièrement puissant, rien d'un véritable coup porté pour tuer... Mais pour un début, pourquoi pas ? Un coup pour du beurre... Pour voir jusqu'où elle pourrait aller. Pour voir, par la riposte qui ne pouvait que venir, à quel adversaire elle aurait affaire.

Prête à l'esquive, prête à bondir, prête à riposter. Le coup pour la gorge se transforme en coup de taille. Aristote vous garde...

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Abby8659
[Chinon, rassemblement limousin]

Les mains sur les hanches, le sourire aux lèvres, elle écoutait Kremoseu lui répondre et lui demander quelques précisions. Elle était heureuse au possible qu’il se souvienne d’elle, en positif et qu’il soit heureux de lui parler. C’est qu’elle n’était pas vraiment une oratrice comme certains et certaines en limousin et qu’elle était partie avant de se faire connaître. Elle le regarda, riant doucement et tenta une réponse.

Je vais bien, je vous remercie. Je reste auprès de ma lance pour ne pas être oubliée si jamais l’alerte est lancée et j’évite les tavernes pour rester en bonne forme pour la bataille. Petit regard sur le campement des dames blanches avant de poursuivre. Pour ce qui est de la rouquine, il va falloir prendre son mal en patience et faire la queue, parce que vous n’êtes pas les seuls. Moi-même j’ai laissé tomber, mais je la sais fort bien entourée. Toutefois, si vous donnez l’excuse de l’hommage vassalique, peut-être vous laissera-t-on passer devant…

Elle éclata de rire et lui fit un clin d’œil. Elle était de bonne humeur, autant tenter de l’transmettre, surtout que les rumeurs parlaient de batailles à venir. L’ennui habituel des jours précédents les combats toucherait peut-être à sa fin et il y avait de se réjouir.

En tout cas, félicitation pour votre adoubement ! Bien,… pour ce qui est des démarches à suivre, je pense qu’il faut rester prêt de sa lance… ou du moins ne pas les perdre de vue. Après les activités ne manquent pas, monter les tentes, affiner les lames, s’entraîner un peu ou poireauter devant le panneau des ordres…. A vous de voir, toutefois si vous voyez une foule se diriger avec des armes vers l’entrée et se mettre en position, c’est que c’est le moment…

Elle allait continuer d’expliquer sa vision de l’armée quand une jeune femme au visage fort connu s’approcha de leur mini rassemblement limousin. Sa sœur d’arme à la COLM mais aussi collègue barbière et amie venait les saluer et sa vue seule lui apporta gaité et réconfort. Des souvenirs oubliés ressurgirent et elle ne l’écouta que d’une oreille.

Sinda, quel plaisir de te voir, cela faisait si longtemps. Oui la route fut bonne et je suis ravie que les meilleurs éléments du limousin ne se soient point perdus en route. Batailler auprès de pairs que l’on estime, voilà une chose réjouissante. J’espère que l’occasion se présentera rapidement…

Elle jeta un nouveau coup d’œil vers ses camarades de lance. Elles s’apprêtaient à partir pour Loches et rangeaient le matériel. L’heure était venue de donner un coup d’main et de se préparer pour la bataille. Elle s’excusa auprès de ses amis et alla prêter main forte aux amazones.

[Loches, retour dans le passé]

Nouvelle ville, nouvelle découverte. Même si l’aspect touristique fut succinct et le dépaysement pas vraiment au rendez-vous. Elle connaissait au moins la moitié de la ville… ordres royaux, dames blanches fauchées ou brigands notoires. Rassemblement si insolite qu’elle le ramena plusieurs mois en arrière, un fameux soir d’octobre, lors du passage du Roy à Tulle. Précisément les mêmes personnes étaient là, à quelques détails prêts. Les ordres royaux, la rouquine et le limousin réunis, les zokoïstes et certains qui y étaient présent. Même les princesses étaient de la partie. Se voir ramenée ainsi à l’un des tournant décisifs de sa vie, celui qui avait crée une coupure, venait dans l’esprit d’la brunette comme un signe annonciateur pour le futur. Quelque chose d’important allait se produire dans sa vie. Quelque chose qui orienterait sa destinée d’une manière irrévocable. Un retour en arrière impossible…

Devant cette vérité venue tout droit de sa logique implacable et irréfutable… enfin la sienne quoi, elle commença à ressentir les effets de l’angoisse dans son corps. Comme si un mal invisible venait la ronger. Des nausées, des migraines, les entrailles qui se tordent, la gorge qui la brule. La maladie n’y était pour rien et elle n’avait aucun têtard dans l’ventre. Elle sentait juste que rien ne serait plus comme avant et cette idée la faisait frémir au point de lui faire rendre son déjeuner.

Petit tour en taverne alors qu’elle se l’interdisait. Avec raison d’ailleurs car les mirabelles, genepi et autres bières s’enchainèrent dans les tisanes. Heureusement que la jeune tulliste tenait bien l’alcool, origine bretonnes obligent, ou l’armée aurait du se passer d’elle et c’est avec les blessées qu’elle aurait passé son lendemain. Mais déjà les symptômes reviennent… Revoir la Baile à la commanderie c’était une chose, la revoir dans une taverne s’en était une autre. Souvenirs qui remontent, et Lui qui n’est pas bien loin, dans une ruelle de la ville… L’envie de partir au front se fit de plus en plus forte, bientôt il serait l’heure, bientôt les dés seraient jetés…

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Pherea
[Chinon, avant le départ de l'armée pour Loches]

La nuit, non loin du camp.

Pherea veillait, distraitement, discrètement que ses sœurs Blanches et leurs homologues, Licorneux et Cosse, pouvaient dormir tranquille. L’apprentie Blanche, royaliste, Berrichonne, Filleule d’un certain Poilu avait du mal à trouver le sommeil. Vous vous doutez des questions qui lui traversaient l’esprit. Elle préférait éviter les tavernes, son accent berrichon trahissait trop souvent ses origines quelques peu gênantes par les temps qui courraient. Alors elle patrouillait. Ô jamais bien loin du camp… elle aurait été bien embêtée de se retrouver face à un ami/brigand.

Ce soir là, elle c’était un peu éloignée des tentes. Vadrouillant au hasard des arbres qui tenaient à se dresser inlassablement devant elle lorsqu’elle entendit un bruit. Souffle coupé, prière intérieure de ne se retrouver ni en face d’un brigand, ni en face d’un berrichon, et l’apprentie sortie doucement l’épée aux couleurs de la Dame Blanche de son fourreau.

La fée hésitait : sauter sur la silhouette ? Elle ne ferait probablement pas le poids… S’approcher pour savoir qui sait ? Pas bête mais il est probable que l’ombre ne porte pas de pancarte indiquant si elle est dans le camp des bons ou celui des méchants… Faire demi-tour et aller chercher de l’aide ? Ce serait le plus raisonnable mais… mais la noiraude reconnue alors la silhouette.

Fil ! Fil c’est bien toi ?


C’est en pleurs que Phe sortie de derrière son arbre et se jeta dans les bras de son amie. Trop de tensions, trop de questions… c’était sûrement Dieu en Personne qui avait amenée la blonde sur le chemin de la brune.
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Alethea
Même si son escapade n’avait pas changé grand chose, la brune était rentrée au campement et avait continué à effectuer les taches qui lui étaient imparties. Puis l’annonce du départ avait été donnée et l’activité du camp s’était brusquement accélérée. Ils allaient sur Loches. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais au moins elle y verrait la Blanche. Ils avaient donc démonté les tentes et tout emballé à nouveau puis s’étaient mis en route…

Arrivée sur place la Licorneuse se met à sa recherche… Cette fois elle trouve rapidement réponse à ses questions. Le dispensaire avait pris soin de quelques blessés et les autres se reposaient en auberge. Ils n’avaient pas vu Baile et Thea préféra se persuader que c’était parce qu’elle n’allait pas trop mal. D’un pas rapide elle fait le tour des auberges jusqu’à que dans celle appelée, la vieille bâtisse Lochoise, elle aperçoive la tignasse brune du garde du corps. Elle entre alors doucement et se dirige, souriante mais encore un peu inquiète sur une place proche du feu et de Baile qui, la tête entre les mains, ne l’a pas vue arriver. En ôtant sa cape et son épée elle jette un regard sur la pièce baignée de la douce lumière des chandelles en fin de course puis, en espérant ne pas être trop pesante, elle observe les traits tirés de son amie.


Bonsoir Baile… Comment allez-vous ?

La question a rarement pesé si lourd. Elle ne voit pas de bandages mais Baile ne semble pas aller bien pour autant et elle ne peut se contenter d’une réponse de circonstances.

Vous avez été gravement blessée ? Et vos amies ?
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Rebaile
[Noyée dans Loches, n'est-ce pas le pied?...]



Des fois elle aurait bien voulu être capable de s'noyer dans l'alcool, pour arrêter de réfléchir et oublier à quel point elle a encore été nulle et impuissante à protéger l'Ange de tous les démons de la Terre. Mais depuis quelques mois, elle ne boit plus une goutte, voulant garder toute sa lucidité pour les situations d'urgence. Alors elle a dû se résoudre à s'noyer dans c'te bonne vieille ville de Loches, ennuyeuse à en crever, si c'n'est un autre petit ange, haut comme trois pommes et d'mie de Normandie, et qui arrivait à la faire sourire quelles que soient les circonstances.

Pour la énième fois, elle pousse la porte de La vieille bâtisse lochoise, et espère entendre ce Baiiiiile qui la fait craquer même si elle affirme éhontément le contraire. Mais pas de Davia en ce matin, pas de candeur ambulante qui rafraichit l'âme et relativise tous les problèmes d'adultes.
La pièce est vide, alors elle s'installe sur une des tables du fond, et sort tranquillement sa bourse qu'elle déverse sur la table.

Dans quatre jours, la tavernière, forgeronne de son état, lui vendra la deuxième des cinq épées qu'elle a commandées après la débâcle de l'embuscade... Lentement, elle compte les pièces et s'arrête avec une grimace à 99. Après des calculs qu'elle voudrait rapides mais dans lesquelles son esprit s'embrouille et se noie pask'elle n'a pas encore bu sa tisane matinale, elle se dit qu'il lui faudrait cueillir une douzaine de fruits d'ici là, et surtout les vendre tous, pour avoir le prix de l'arme.

Elle soupire tout en se rejetant en arrière, avant de réaliser qu'elle n'a pas rangé sa fortune, et que c'était presque un appel au meurtre même s'il n'y avait personne dans la taverne. Elle s'empresse de tout remettre dans la bourse et d'attacher celle-ci à sa ceinture. Machinalement, elle tire la dague rangée à coté et la regarde longuement. Elle finit par secouer la tête et murmurer entre ses dents:

Abrutie... tu voulais la protéger avec cette mer...

Elle grimace de douleur sans finir sa phrase, se prenant la tête à deux mains. Depuis ce coup d'bâton qui l'a laissée pour morte et qui lui a probablement sauvé la vie en même temps, elle ressent, à chaque fois qu'elle est tendue, une douleur lancinante dans les tempes, qui diminue progressivement quand elle se les masse ou qu'elle s'allonge. Ce qu'elle ne fait pratiquement jamais quand elle est seule, d'où un apprivoisement résigné de la douleur.

Elle est ainsi dans ses pensées quand la porte s'ouvre à nouveau. Oui mais comme cette fois ça n'est pas elle qui entre et qu'en plus elle a vraiment mal, elle maudit instinctivement la personne qui violait sa solitude, avant de relever la tête des fois que ca serait Davia.

Thea !!

Le cri lui échappe avant qu'elle ne réalise pleinement ce que ses yeux voient. L'Errante, cette femme qui a, comme sa Cap' et à sa manière, redonné un sens à sa vie, est bien là, d'vant elle. Les mots de Zya résonnent alors dans sa tête, "Demain, l'armée des OR sera à Loches"... Cette armée qu'elles auraient dû rejoindre à Tours avant de tomber sur la route... Oui mais elle s'en fichait, hier, de cette info, la Baile. C'est juste aujourd'hui, 'fin là maintenant de suite, qu'elle prenait toute son importance et sa réalité.

Elle se lève brusquement et s'approche de l'Auvergnate pour l'embrasser. Adieu douleur qui quoi qu'elle fasse, aussi fort qu'elle veuille faire sentir sa présence, ne pèse rien face à ce que la Baile ressent pour Thea. Elle lui tire une chaise et se rassoit avant de répondre d'abord par un immense sourire, ensuite par quelques mots.

J'vais bien Thea. Aujourd'hui j'vais bien. Et pour répondre aux autres questions, je n'ai que deux égratignures et un douloureux souv'nir d'un baton à qui je n'ai pas eu l'heur de plaire... Les autres ont été plus gravement touchée, mais elles se remettent doucement.

Même ma Cap', elle a eu envie d'ajouter. Mais ca n'est pas sortie, paske la vie de l'Ange est d'une telle importance pour la jeune femme que si elle en parle avant que la guérison soit totale, elle a cette peur primitive de froisser le destin et de provoquer ce qu'elle craint le plus... Elle saisit la main de la Licorneuse dans la sienne, et la r'garde.

Et vous donc? J'imagine que vous allez en Berry?...

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Eusaias
[Loches - Calme avant la tempête]

Eusaias avait rejoint ses hommes dans leur coin du camp. Il s’assit sur une pierre entre Gozzy et Rochefort. Un fumet s’élevait de la marmite au-dessus du feu, l’odeur acre du bouillon de fortune agressa les naseaux du Bourguignon. Sans un mot pour eux, il saisit une branche fine et longue pour remuer le foyer. Une grenouille épluchée, un écureuil dépecé, du blé pilé et de l’eau formaient le bouillon du soir. Chacun avait apporté sa contribution, sauf le balbuzard. Il tira alors du pain rance d’une besace et jeta les quelques miches au sol non loin de la gamelle. C’était ainsi que vivaient les soudards de Saint Robert.

Ils aimaient de temps à autres se retrouver loin de leurs soirées arrosées et de leurs âneries quotidiennes. Le sérieux régnait alors, ils n’étaient pas en promenades et pouvaient, depuis le début des hostilités, pleurer un de leurs compagnons mort au combat. L’homme avait voulu se joindre à l’armée limousine lors de la prise de Châteauroux, en héros il était tombé. « Sans jactance ni crainte » étaient leur devise, « dans le sang et par le fer » leur cri de guerre, leur frère n’avait pas failli à ces paroles, après la guerre ils lui rendront hommage au château.

Nul ne dit mot durant le repas, même Rochefort, la dernière recrue des soudards s’était fondu à cet état d’esprit. Les hommes d’Eusaias n’étaient pas des enfants de cœur, mais ils étaient loyaux, volontaires.

De véritables têtes brulées, frénétiques faiseurs de mort, ils transpiraient la fureur et leurs yeux étaient haineux. Tous étaient d’anciens soldats et aucun d’eux ne connaissait le sens du mot « peur ».

« Le Mauvais » finissait son repas lorsqu’il prit enfin la parole.


« Demain, nous monterons à l’assaut, nous ne faillerons pas, car nous refusons l’échec. Lukenaton tu es le plus expérimenté de nous, j’aimerais que tu suives de près Ewaële, que tu la protèges jusqu’à la mort et la conseilles si tu la vois débordée. Rochefort, tu es de loin le plus fort de nous, ne quitte pas Marie Alice des yeux. Sa vie c’est la nôtre, veille sur elle je t’en prie. Gozzy, ton épée a su protéger les marchands de Bourgogne et certains Ducs, demain tu veilleras Flaiche, rien de fâcheux ne devra l’atteindre. Pour ma part je veillerai sur vous trois et vos « protégés » »

Il marqua une pause, ses yeux onyx scrutaient les trois visages face à lui.

« J’ai promis à des enfants de leur ramener leurs parents en bonne santé, il en sera ainsi. Protégeons les Alteracs même si on doit y laisser nos vies, nos âmes. »

Il se leva alors, frotta ses mains l’une contre l’autre pour retirer les miettes et après les avoir salués il entama sa descente en ville. Il espérait pouvoir croiser les mèches couleur automne de la belle.
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Kaeronn
[Ennemis d'un instant]

Laisses toujours l'adversaire porter le premier coup si tu ne peux avoir l'avantage de la surprise.

Il se rappelait de cette phrase comme s'il se tenait encore devant Jabor. Il venait à cet instant de tenter de lui percer la hanche, mais le guerrier avait aisément paré son attaque pour plaquer avec une rapidité et une précision peu commune, le plat de son épée sur son épaule. Kaeronn était alors resté sans réaction. Nul doute qu'en combat réel, il serait mort. Le premier coup dévoilait toujours la façon de combattre l'ennemi. Nul besoin de feintes contrairement à son adversaire, parer suffisait amplement.

Sindanarie ne se fie pas alors prier pour ouvrir les hostilités. Kaeronn n'eut cependant qu'à dévier légèrement de sa lame celle de l'écuyère pour empêcher l'épée de filer dans sa gorge. Rotation du bras de la dame, l'homme se contente d'un rapide mouvement des poignets pour protéger sa hanche gauche. Un pas en arrière pour prévenir toute attaque meurtrière de Sindanarie. Les premiers coups n'étant pas particulièrement violents, il en déduit qu'elle le teste. Cela n'irait pas tout seul pour l'atteindre, comme prévu.

Alors que les deux lames s'entrechoquent, à quelques centimètres de sa hanche, le chinonais décide de passer à l'offensive à son tour, et des deux mains, il fait glisser de toutes ses forces sa lame sur celle de la bâtarde pour repousser l'arme de son adversaire. D'un coup sec, il dégage la pointe de son épée pour tenter d'atteindre le bras opposé de la belle. Il effectue en même temps un petit bond sur le côté, afin de prévenir toute tentative de son côté gauche exposé.

Les gestes sont fluides. Quiconque passerait devant eux à ce moment précis répugnerait à arrêter le combat. Les deux capes noires sur le sol peuvent faire croire qu'ils appartiennent au même ordre, à la même faction. Et tout en combattant, Kaeronn ne peut s'empêcher de tenter de croiser le regard de Sindanarie. Regard espiègle, mais concentré. Ils se comprenaient dans leurs conversations, ils se comprenaient dans le combat. Il était à présent dans une bulle avec pour seule autre présence, Sindanarie. Et ce n'était pas pour lui déplaire...

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"La vie est un long fleuve tranquille...
Mais attention de ne pas s'y noyer..."
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