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[RP]Chronique de la vie quotidienne au Quartier des bleuets

--Grandpapa


Grand_Papa vit le ventripotent arriver sans salut allant droit à ses préoccupations.
Il commença par vider sa bouche, d’un bout de couenne trop longtemps mâchouillé, en un crachat qui vint se loger a coté des chausses de Maitre Passenmoye.


B’jour !

Puis il s’appuya sur son bâton, avant bras croisés, dans l’attitude d’un homme qui a du temps.

Non ! Pas vu !

Il n’avait pas envie de causer plus, Enguerrand lui eut déjà retiré toute la salive que sa bouche pouvait fournir.
Pis il n’aimait pas les manières du visiteur, et sa façon de ne pas saluer. Comme d’autres bien sur, mais si il pensait bien faire en le rappelant à la jeunesse, cet homme là ce n’était pas un manque d’éducation qu’il affichait dans son attitude, mais du mépris !

Passant un index sur ces vieilles gencives, pour les débarrasser des dernières miettes, il lécha son doigt et enchaina.


Moi c’est vot’ Béren que j’voudrais bien voir !
--Narrateur
Maître Passenmoye tressailli comme si le crachat lui était arrivé entre les deux mirettes. Son goitre mal rasé gigota tel une crème aux œufs tandis qu’il tentait de reprendre contenance. Il n’avait pas reconnu le vieil homme de la veille, celui-là même qui l’avait traité de coq enraillé en public. De peur de prendre une nouvelle avoine, le marchand préféra jouer profil bas et mettre de l’eau dans son vin.

Bonjour…mon brave bredouilla t’il en cherchant ses mots.

Le vieillard n’avait pas vu sa fille, ou du moins le prétendait il. Passenmoye regarda machinalement aux alentours en cachant à peine son agacement.

GrandPa a écrit:
Moi c’est vot’ Béren que j’voudrais bien voir !


Beren ? Et bien vous n’êtes pas prêt de le voir si vous voulez mon avis ! répondit le marchand, soudain volubile.

Mon ouvrier a trouvé une de ses savates couverte de sang près de la rivière ce matin. Et il n’a pas dormi au campement. Alors si vous voulez mon avis, soit il a pris discrètement la poudre d’escampette, soit il est au fond de la Dordogne !

Le visage noir du vieillard sembla tempérer une hilarité qui montait aux joues toutes roses de Passenmoye.

Bien, je vous laisse. La bonne journée ! lâcha t’il sans conviction en lui tournant le dos.

Birdinflames
[ Jour 4 - après-midi - un cheval galopait ]

Traversant les branchages de la forêt, puis se dirigeant à une vitesse folle, ... ralentissant à peine pour tourner, un cheval se dirigeait en direction du quartier des bleuets... il y était presque... et arriva en trombe devant la maison qu'on lui avait indiquée... Le cavalier descendit rapidement du cheval, l'attacha, et entra dans la maison.

Où est-elle ? Quelqu'un l'a vue ? Qui ?? Ah euh oui... Claudine !

Birdy brandissait une couverture, et interrogeait un peu tout le monde... Tous ceux qu'il voyait...
_________________

Birdy du Domaine du Loup Noir, Frère de Fobia02, Voyageur et vacancier... Politicien ?? O_o
--Narrateur
Post un peu rapide mon cher Birdy! L'épisode juste avant se situe encore au jour 3 et il doit encore s'y passer deux trois petites choses (dont la réaction de GrandPa sans doute!!) Laisse nous quelques posts pour achever le jour 3 et promis on embraye ensuite avec toi. Oualà!



Pendant ce temps, près du ponton (jour 3, midi)

Alors c’est ici ?

La voix de Claudine sonnait comme le glas un jour d’enterrement. Une bise glaciale soufflait à la surface de la rivière et balayait le ponton de bourrasques et d’embruns, fouettant les cheveux blonds de la jeune femme tel un étendard déchiqueté. Sa robe épaisse formait un piètre rempart face à ce froid mordant venu du nord, mais Claudine semblait l’ignorer, hypnotisée par la surface ondulante de la Dordogne et ses ourlets d’écumes, bras tendus le long du corps et poings serrés.

Derrière elle, Hugolin mesurait toute l’impuissance dans laquelle l’être humain se trouve réduit devant la détresse d’un proche, et l’incroyable inutilité des mots quand le silence soudain s’abat. Les hypothèses rassurantes s’écroulaient devant la navrante évidence des faits et les paroles de réconfort qui lui venaient à l’esprit semblaient tellement désuètes et empruntées qu’elles n’auraient pas eu plus d’effet sur le chagrin de sa maîtresse qu’un onguent de sauge sur un membre amputé. Même un nigaud comme lui pouvait comprendre ça.


Oui... parvint t’il à murmurer, un clou dans la gorge.

Le reste de sa phrase resta bloquée derrière ses lèvres par un mélange de timidité, de doute et de pudeur. Il frissonna, rentra la tête dans ses épaules et croisa fermement ses bras sur sa poitrine. Les souvenirs des trois jours écoulés revenaient à sa mémoire en un ressac permanent, et les théories s’échafaudaient frénétiquement en lui par empilement d’hypothèses et association d’idées avant de s’effondrer, comme des châteaux de cartes, devant l’absurde et l’inconcevable.

Et toujours ce visage encapuchonné se mouvant discrètement dans les ruelles sombres de Castillon. Celui de son maître, Gaspard Passenmoye.


--Grandpapa



Le regard de Grand-Pa’ s’assombrit un peu plus… Maitre Passenmoye s’était déjà retourné, laissant le vieillard méditatif sur la dernière vision du faciès du père de Claudine.
Si Béren avait disparu, Claudine était forcément à sa recherche.
Il dirigea ses pas vers la Dordogne, et vit Claudine et son ouvrier près du ponton.
Une petite toux signala sa présence, le vieillard avait pour habitude de se déplacer à petits pas feutrés et sans bruit, et ne voulait pas se montrer impoli ou irrespectueux.


Je suis là

Dit-il avec simplicité, observant la nuque blonde de Claudine penchée sur l’onde. Il eut ensuite un vague regard circulaire en quête de la présence de Robinne, mais ne la vit point.
--Narrateur
Seul Hugolin sembla entendre le vieillard. Il hésita un moment puis s’approcha de lui tandis que Claudine restait immobile, au bord du ponton, la tête basse semblant sonder les profondeurs de la rivière.

Bonjour l’aïeul* chuchota l’ouvrier en s’approchant de GrandPapa, trop heureux de se sortir d’un silence inconfortable. Il trouvait là un interlocuteur salutaire, extérieur, que sa timidité naturelle n’aurait pas à craindre, et parla sans s’en rendre compte sur le ton de la confidence.

Beren n’est pas réapparu depuis hier soir. Dame Claudine et lui rentraient de la ville et…enfin…je ne sais pas trop comment mais…elle est arrivée seule au campement. On n’a pas revu Beren de la soirée et il n’était pas là non plus au réveil. On a commencé à chercher un peu autour du campement et j’ai fini par trouver ça ici.

Il lui montra la chausse couverte de sang séché qu’il gardait toujours en main.

Bon Dieu ça lui a fait un d’ces chocs, elle en est tombée dans les pommes. Heureusement qu’il y avait ces gens pour l’aider chez votre petite-fille. Une certaine Dame Dragones et le type qui est passé au campement hier matin aussi. Il faudra que j’aille les remercier d’ailleurs.

Il se retourna vers Claudine qui semblait toujours prostrée dans un autre monde.

La pauv’ ch’tite enfant du bon dieu, elle n’avait pas mérité tout ça…

Puis il se tut, pensif, les yeux luisants.

Je ne sais pas comment on dit "vieil homme" en Comtois…

--Grandpapa



La vieille main ridée de Grand_Pa’ se posa sur l’épaule d’Hugolin, l’enserrant en signe de remerciements et de compassion.
Puis les yeux toujours rivés sur la nuque de Claudine, il s’approcha et l’entoura de son bras, l’attirant contre lui comme un réconfort.


Ainsi ce que m’a annoncé votre père est vrai ? Voulez vous que nous longions Hugolin et moi-même le cours de la Dordogne en quête de Beren ?

Machinalement sans y penser, sa main caressait la pâleur de la joue de Claudine, comme un paternel apaisant son enfant.
Il avait parlé haut et fort, il se tourna vers Hugolin, cherchant un signe d’assentiment dans son regard.


Hugolin hormis cette chausse avez-vous trouvé autres détails qui puissent nous aider ?
Claudine ? Beren s’était il blessé hier au soir pour venir panser sa plaie ici dans la clarté de l’eau ?
--Narrateur
Avait elle reconnu la voix rocailleuse du vieil homme ou simplement sentit la douceur dans le bras enveloppé autour de son épaule ? Etait-ce le charisme ou la sagesse qui émanait du vieillard qui venait endormir sa méfiance naturelle, ou plus surement la detresse et l’abattement qui, tel un acide concentré, liquéfiaient sa carapace et la laissaient à nu ? Elle accepta l’aile de Grand Pa sans dire un mot et se lova en son sein en guise de remerciement, tirant son chale de laine autour de son petit corps transi.

A la question sur l’éventuelle blessure de Beren, elle secoua négativement la tête et renifla bruyament. Ils continuèrent à longer la Dordogne sur le chemin de hallage sans grand espoir d’apercevoir quoi que ce soit dans l’eau noire et opaque qui s’écoulait nonchalement sur ses berges lisses et décharnées.

Alors qu’il marchait silencieusement derrière eux, Hugolin se raidit à l’interpelation de GrandPa. D’autres détails…Son sang palpita à ses tempes et incendia ses joues. Bon dieu oui, il en avait à donner ! La première nuit dans Castillon et cette improbable rencontre, cette conversation volée à travers une toile de tente, son réveil ce matin…Mais pouvait il dire tout ça devant Claudine ? Vers quel monstrueux baril de poudre s’élancerait la flamme s’il allumait ici la mèche ?


Non…rien…rien de plus bredouilla il en resserant sa peau de mouton avant de tousser maladroitement.

Mordock45
Un nuage noir passa au dessus des bleuets....
--Narrateur
Jour 3, tard le soir

Le froid avait lâché ses loups et leur morssure saisissait à la gorge l’imprudent sortit de sa masure. Du nord soufflait un vent glacial chargé de grésil qui vous meurtrissait la peau comme une volée d’échardes, et dans ce sifflement impétueux on entendaient craquer les arbres et claquer les volets.

Bien à l’abri dans la chaumière abandonnée de Robinne, deux silhouettes discutaient à voix basse, recroquevillé autour d’un maigre feu moribon.


Vous êtes certain que c’est ce qu’elle a dit ? murmura Grand Pa d’une voix de confidence.

Oui ! Comme je vous le dit ! "Si tu fais ça je te tuerais de mes mains tu m’entends!!". J’rentrais de la ville où Ropartz m’avait entrainé bien malgré moi mais j’vous assure, j’étais pas rond. Quand j’ai entendu leurs voix à travers la toile de tente…j’ai pas pu m’empêcher d’écouter. Ils s’engueulaient, pour sur…Claudine…pleurait.

Hugolin se tut, la mémoire douloureuse. C’était juste le soir de leur arrivée à Castillon.

Et savez vous pourquoi ? interrogea lentement le vieil homme, songeur

L’ouvrier hésitait. On sentait que des mots impatients avaient failli franchir la barrière de ses lèvres mais avait buté brusquement sur la herce senceuse de ses incisives. Le viel homme lui tapota les épaules de sa main parcheminée.

Allons mon jeune ami, si l’on veut avancer, il ne faut plus hésiter. Nous avons déjà une femme au bord du suicide et son mari probablement mort.

La voix était douce et profonde, chaude comme une étreinte. Hugolin soupira.

Beren voulait partir parc’que…parc’qu’il….se croyait infécond.

Le vieil homme releva la tête et souleva un sourcil. Il croisa les yeux de l’ouvrier qui les baissa aussitôt. La honte d’avoir volé ce secret au maître n’en finissait pas de le torturer.

Pourtant ça vient toujours de la femme ça non ? poursuivit Hugolin, résigné Et ben lui croyait mordicus le contraire ! Il pensait que c’était un message du ciel et qu’il devait partir pour laisser sa place à un autre. Il lui disait…qu’il l’aimait trop pour lui refuser le bonheur d’être mère…qu’il irait prier ce dieu qui lui imposait tel suplice, et qu’il le ferait tant que sa faute – il savait pas trop laquelle - ne serait pas pardonné….mais elle ne voulait rien entendre…elle l’aurait tué plutôt que de le laisser aux moines…elle l’aimait...sans partage.

Il se prit la tête à deux mains. L’aveu était à la fois un soulagement et une torture. GrandPa jugea qu’il était temps de changer de sujet.

L’amour libère les mots mais fort heureusement pour la survie de notre espèce il retient souvent les gestes. Je ne pense pas qu’elle ait pu assassiner Beren, elle est même probablement incapable de commettre un meurtre. Le croyez vous jeune homme ?

Hugolin secoua lentement la tête en s’essuyant furtivement les yeux.

Bien. Reparlons de votre maître. Ce Passenmoye déplaisant.

--Neigeuse


Au retour de la colline, elle décida de s'installer dans la grange ... espérant le retour de son ami Pantoufle ...
Elle se nicha sur la poutre où se logeait déjà un nid inhabité ..
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