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[RP ouvert] Jusqu'à ce que la mort nous sépare enfin!

Ellya
[Dimanche 27 juin 1458]


Un cri retentit dans le lourd silence du lieu sacré.


Suivi de larmes amères.


Comment ont-ils osé? Comment ont-ils pu me faire cela? Jamais, tu m'entends! Jamais je ne me marierai icelieu!


A s'en arracher les cheveux, la nonnette tira sur tout ce qui ornait sa chevelure dorée. Fleurs. Diadème. Nœuds. Ils atterrirent à ses pieds tandis qu'elle rugissait à s'en crever l'âme.


... Autant dire que la journée débutait mal...


Tout avait commencé normalement. Elle s'était levée, baignée dans une eau parfumée de lys et de fleurs d'oranger que l'on trouvait en Gasconha, puis coiffée et habillée. Son coeur battait la chamade. Non parce qu'elle attendait avec impatience le commencement de ses noces mais parce qu'elle en redoutait la fin. Lors, elle devrait donner son corps tout entier. Répugnance. Crainte.

Puis tout avait tourné de travers. Les invités étaient arrivés trop en avance à son goût. Les plats n'étaient pas tous prêts. Sa robe la serrait. Ses yeux la piquaient. Bref, un désastre, qui n'avait d'ailleurs fait qu'empirer.

Ils s'étaient répartis les tâches, en merveilleux amants qu'ils n'étaient pas: elle devait s'occuper de tout, sauf du lieu. C'était sa charge à lui. Y compris la décoration de celui-ci. Ellya ne s'était pas faite de fausses idées: elle n'aurait pas le droit à son église. Mais les lieux de plein air n'étaient pas pour lui déplaire, aussi n'avait-elle pas rechigné.


On annule! Je refuse! Qu'il m'y traine de force, s'il veut de moi ici!

Ce ne sera pas un obstacle pour lui, damisèla. Mais toute votre coiffure est à refaire...

A présent hystérique, la Candide se hissa sur la pointe des pieds face à son valet.


Ma coiffure? Tu me parles de choses telles que ma coiffure alors qu'il a prévu de m'épouser ici? Face à ma famille?


Sa voix se fit aiguë sur la fin de sa tirade tandis qu'elle fondait de nouveau en larmes. Jour de deuil.


Face à elle, s'étirait un joli coin de verdure, jouxtant la cathédrale Nostre-Dame. Les arbres s'y déployaient, le soleil y léchait les croix de pierre qui s'offraient à lui. Quelques bancs disposés ça et là étaient les uniques preuves d'une cérémonie à venir. Et si la mariée n'avait pas arboré le rouge, couleur de festivités, d'aucuns auraient pu croire qu'allait avoir lieu un enterrement. Oui. Ellya de la Duranxie et Georges Leonard Watelse allaient enfin se marier. Et oui, ils allaient le faire dans un cimetière.



RP ouvert dans la mesure où il se déroule dans un lieu public. Bon jeu.

_________________
Watelse
Oui, le mariage se déroulerait dans un cimetière. Spinoziste discret, il souffrait dans sa nouvelle foi de conclure un mariage Aristolicien. Néanmoins, comment s'assurer une lignée noble sans l'agrément d'un prêtre?

Il avait appaisé sa conscience en pratiquant la cérémonie à l'extérieur du lieu de culte, dans un lieu de mort sans fioriture comme décors pour cette exécution sommaire des rêves de jeune fille d'Ellya de la Duranxie. Et comble du malsain, Georges Léonard Watelse s'était assuré que le corps de son ex-épouse se trouvait bien au première loge pour assister à la cérémonie. De sa tombe, située juste derrière le prêtre, cette garce putréfiée pourrait savourer ce moment à sa convenance.

"Ci-gît, Safranne LaFiole"... Watelse souriait de sa vengeance morbide, quand la voix de sa future le tira des bras de "son ancienne".

La voilà qui geignait, la nonne. Cela ne changeait guère. Les invités attendaient sagement, mais elle, sans aucune tenue, ne daignait guère montrer sa bonne éducation. Watelse se mit donc en tête de la rappeler à ces précieux principes.. un peu brutalement:


Continuez ainsi, jeune grincheuse et je vous ferai remonter l'allée nuptiale à quatre patte comme une vache que l'on mène à l'abattoir, avec Ma Personne à cheval sur votre dos. Continuez à me tourner en ridicule devant ce public, et vous saurez ce qu'humiliation signifie....

Puis, avec ce sourire de bons moments qui ne quittait pas ses lèvres, il pressa l'assemblée à s'installer. Manquait le prêtre.

Le bougre... Il lui avait pourtant envoyé, à ce démon, la lettre tant redoutée: Watelse se dénonçant pour le viol et le meurtre d'un saint homme, dédouanant ce démoniaque prêtre de ses propres actes. Watelse craignait peu les conséquences de tout ceci tant que sa descendance n'en souffrait pas et que la lignée Watelse perdure après sa mort.

La mort... il y pensait de plus en plus souvent. Son âge avancé accentuait certainement cette conscience de ne plus être.

Mais avant qu'il ne meurt, il s'était bien promis de réduire à néant cette passion de la vie de sa jeune épouse.

_________________
Crapaudine
Lorsque Crapaudine avait appris le mariage forcé de sa nièce, elle avait été outrée, étaient ils encore dans l'obscur passé de leurs ancêtres où les femmes étaient placés plus bas que le bétail.
Ce qui l'avait choquée davantage, c'est l'obéissance d'Ellya, son acceptation... La tante le savait, la jeune fille avait vécu dans le dévouement à autrui mais là...

Les mois passant elle avait espéré que cette union tomberait aux oubliettes mais en vain... Elle savait par sa correspondance avec Ellya combien le promit était brutal et combien il méprisait sa fiancée.
Elle avait de nombreuses fois essayer de faire entendre raison à sa nièce... en vain...

Le mariage avait approché, la plus absurde demande lui avait été faite être le témoin de ce désastre, elle avait refusé avec de hauts cris; Jamais elle cautionnerait ce mariage, jamais elle approuverait !

Puis elle avait cédé aux suppliques et aux larmes de la jeune fille, qui voulait une personne aimante auprès d'elle, contre tout son être, elle était témoin d'Ellya.

Accompagnée sur le lieu de la cérémonie, elle se dit tout d'abord que son guide ne pouvait que s'être trompé, il lui certifia que c'était bien ici qu'allait avoir lieu le mariage de demoiselle Ellya de la Duranxie et du Sieur Watelse.

Crapaudine apperçue Ellya à l'entrée du cimetière et d'un pas décidé marcha jusqu'à elle.


Bonjour ma puce ! un bon jour tu parles marmonna t'elle, veux tu dire à ce gueux qui m'a servi de guide que ton mariage ne peut pas être ici ! Dans un cimetière ! Quel idiot !!
Kronembourg
[ SUR LES ROUTES, UN FIACRE MITEUX PARTI DE GUYENNE ]


** Vignes Bordelaises s'étirant à perte de vue sous un timide soleil de début de matinée d'été. Diia toute enthousiaste à l'idée d'assister enfin au mariage de sa marraine. Son mari avachi au fond du fiacre **


rrRrrzzzzzZZZZZZzzz


** Paysage du Limousin, fiacre bloqué au détour d'un chemin par une horde de brigands plus ou moins organisés. Bagarre entre le cocher et leur chef **


RrrzzzzZZzz ... Grumpf ?



** Halte bien méritée pour la nuit à Bourges au fond d'une auberge douteuse **


Diia ... ya quelqu'un qui ronfle dans la chambre d'à côté ...


** Départ le lendemain direction Paris, sous les interminables bavardages de Nestor, le meilleur ( et l'unique ) ami de Kro **

MMmmzz ... flplplplpflp ....


** Arrêt-pipi pour Octavia pliée en deux à force d'attendre **

Rho ....zzzzz ....


** Traversée de la Capitale direction un cimetière inconnu qu'il ne fallait ABSOLUMENT pas rater **

zzzzzZZZzzzzz... grumlmml...


Le couple et leurs compagnons de voyage étaient presque arrivés. Fin prêts. Ne leur restait plus qu'à se réveiller.

_________________
Avant d'être homme d'Eglise, je suis homme de Dieu
Solore

Sa tête cogna la paroi du coche qui la menait à travers la ville. La chaleur était épouvantable et elle tenta de créer un simulacre de brise d’air en agitant un peu plus fort la lettre qu’elle avait entre les doigts. Elle n’avait même plus la force de grogner après Watelse.

Elle laissa tomber sa main tenant l’éventail improvisé à côté d’elle et laissa son regard errer sur les façades des maisons. Ses yeux accrochaient machinalement les fenêtres au fur et à mesure que le coche avançait. Elle n’entendit plus les bruits de la rue et s’évada vers l’abbaye qu’elle avait quittée quelques jours auparavant. Elle n’aurait pas du en sortir, elle y était si bien. Personne ne la brusquait, elle y était protégée et … au frais ! Maître Watelse l’en avait délogée, avec sa « gentillesse » habituelle. Elle aurait du ignorer la missive et la laisser avec les autres, non lues. Mais non ! La curiosité l’avait emportée et faisant sauter le sceau de cire, l’avait parcourue vivement.

« Dame Sosotte,

Je ne doute pas que les nonnes sont de merveilleuses dindes auprès desquelles il fait bon de se dorer la pilule. Cependant, vous ne pourrez résister, je le sais, à l'envie de vous approcher d'un autre soleil autrement plus brillant : Ma Personne.

Aussi, si vos prières peuvent attendre, Ma Personne vous serait indubitablement redevable si vous lui serviez de témoin pour ses noces à Paris avec Damoiselle Ellya.

Solairement,

Watelse »

Ah oui ! Le mariage !

Elle aurait du répondre par la négative ou pas du tout d’ailleurs. Mais si le Bayonnais avait besoin d’elle, d’un témoin « femme », c’est qu’il n’en avait pas trouvé d’autre et cela la réjouissait quelque part, elle en jubilait presque. Elle pinça les lèvres. Cela gommait à peine le « Dame Sosotte » dont il ne manquait jamais de l’affubler … Et si elle lui faisait faux bond … Pas de témoin, pas de mariage … Le mettre dans l’embarras, voilà qui lui faisait presque plaisir.

Solore n’avait plus envie d’être gentille, la mort de son compagnon Condemned l’avait changée.

Elle devait retrouver Watelse au cimetière. Elle n’aimait pas les cimetières. Le coche s’arrêta enfin. Elle en descendit, et la gorge nouée, s’aventura entre les tombes qu’elle évita de regarder. Cela lui faisait mal et elle se mit à le haïr. Il l’avait fait exprès, elle en était certaine. Watelse ne faisait rien par hasard.

_________________
--Framboise
[Dax, en route pour Paris]

Le pigeon voyageur, porteur de bonne nouvelle, s'était posé un soir sur le rebord de la vieille maison familiale de Dax. Bien que maintenant vivant seule la Framboise de Dax sourit aux noces futures de son amie Ellya. Voilà maintenant très longtemps qu'elle ne l'avait pas vu; bien des événements s'étaient passés dans leur vie respective. Ce mariage serait sans doute le temps de belles retrouvailles.

Il fallait monter à Paris ce qui signifiait abandonner ses fonctions au Duché. Malgré tout ce voyage était le bienvenu.
Partir, se reposait le temps de la route, rencontrer d'autres personnes, d'autres villes.
La Framboise ne pouvait cependant pas partir toute seule, le chemin était bien trop long pour une femme seule.
Sachant que le Duc de Gascogne serait au mariage elle s'en alla le soir même de la réception de la lettre vers Mimizan, là où résidait Riwenn.
Les deux chevaux attelés, la charette prête chargée de trois grosses malles la Framboise de Dax claqua les rênes dans le crépuscule.
Nieve et Charbon galopèrent toute la nuit à travers la fôret des Landes avec pour simple compagnie la lune pleine et les bruits d'animaux.

Framboise arriva sans encombre à Mimizan au petit matin.
Elle s'arrêta à la taverne municipale dès son arrivée manger un bout, boire un verre pour se désaltérer et surtout reposer les montures.
Personne encore dans les rues, seuls les paysans étaient déjà au champ en train de faire les foins.
Heureuse de pouvoir poser pied à terre Framboise laissa sa charette sous bonne surveillance contre une petite pièce et s'en alla chez le Duc.
Elle commençait à connaître le coin à force de venir discrétement sous les fenêtres de la chambre du Duc.
Rituel du lancé de caillou Framboise signifia sa venue à sa Grâce Riwenn de Castel Vilar.
Normalement elle aurait du se faufiler dans la maison et rejoindre le Duc. Mais là elle laissa un simple mot sous la porte.


Citation:
Vôtre Grâce,

J'ai reçu une invitation pour assister aux noces de votre nièce, Ellya.
J'ai aussitôt répondu positivement à sa demande mais malheureusement je crainds de faire voyage seule jusqu'à Paris.
Puis-je me joindre à votre cortège?

Je suis à Mimizan, à l'auberge municipale.
J'attendrais votre réponse là bas.

Framboisement votre.
Riwenn


[Mamisan, au petit matin, le Vingt-septième du mois de Juin 1458]

Le soleil commençait à caresser l'azur gascon lorsqu'un bruit soudain réveilla le Duc. TOC ! Que cela pouvait-il estre ?

Riwenn se leva, enfila sa robe de chambre et parcourut sa chambre des yeux. Rien. Il ouvrit la porte pour regarder à l'extérieur. Personne. Il ne restait plus que la fenestre qu'il alla ouvrir. À part quelques badauds, la rue estait vie. Enfin pas totalement. Un vélin caressait la roche près de la fenestre. Il le prit et le parcourut. Au fur et à mesure de sa lecture, un sourire se dessina sur son visage.

Sa nièce allait se marier, il avait reçu missive l'invitant. Et il serait là pour elle, comme il l'estait pour chacun des membres de sa famille.

Branle bas de combat ! Le Duc réveilla bien vite toute la petite famille. La maison qu'avait acquise Damiàn estait une grande demeure. Presque labyrinthique. Mais l'homme réussit à trouver son chemin au travers des couloirs, des escaliers et des diverses chambres. Bientost, tout le monde fut dans la salle à manger pour avoir sa collation. Le voyage risquerait d'estre long, il estait préférable d'avoir le ventre plein.


Adishatz a tots*, j'espère que vous allez bien salua-t-il la populace familiale une fois icelle totalement présente. Ce jour est un jour important. Ellya se marie. Il allait falloir aller récupérer ses cousins. Il envoya un messager en ville et un pigeon en direction de Lo Moun en espérant qu'ils puissent les rejoindre au plus vite. Le départ ne tarderait point.

Une bonne heure plus tard, une fois qu'adultes et enfants avaient avalé leur lait et leur pain tartiné au miel et qu'ils estaient vestus de façon convenable, ils parcouraient la ville en direction de l'auberge municipale. Il estait tost. Le calme régnait dans les rues. Les enfants estaient passablement calmes, encor endormis sans doute. Ils arrivèrent devant le point de rendez-vous. Un domestique que Riwenn avait envoyé plus tost dans la matinée les attendait avec un cocher aux resnes d'un sublime carosse - la noblesse offrait quelques avantages certains. Le Duc l'envoya à la rencontre de la Framboise, espérant qu'elle ne tarderait point.


(*Bonjour à tous)

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Héraldique européenne
Chipolata
Comment avait-elle fait pour oublier ce fichu mariage ???

La Saucisse caracolait en tête de sa "chipomobile", courant entre deux rendez-vous commerciaux sur les routes de Gascogne. Elle était déjà tellement en retard sur son programme, avait tellement hâte de rentrer en Bourgogne, qu'elle avait carrément oublié les noces qui devaient saucissonner définitivement la Nonnette à l'Affreux !

Heureusement, un pigeon de Solore lui avait rafraîchi la mémoire ! Mais la voilà obligée d'accélérer le train déjà d'enfer, de la caravane chargée jusqu'aux ridelles, si elle voulait arriver à la capitale dans les temps ! Elle qui espérait batifoler quelque peu en chemin, avec les beaux jours arrivés... ben c'était raté ! Elle songea avec dépit que la puanteur de Paris en plein été n'allait sûrement pas être une partie de plaisir...

Chipo s'était calée sur la banquette de la calèche de tête, carnet de comptes en main, elle alignait des additions et profitait d'un cahot pour noter un ou deux chiffres en "vol"...


Zut ! se dit-elle soudain... le cadeau de mariage.... !!??
Mouarf ! Je vais leur offrir un tonnelet de ce vin de Porto si rare, dont je viens de recevoir livraison ! ça ne déplaira pas à Wawa et ça donnera un peu de rose au joues de la pauvre sacrifiée !

Qui sait si ça n'égaiera pas en prime leur nuit de noce... ? Erf ! faudra au moins ça !
Vaut peut-être mieux mettre deux tonnelets finalement... se dit-elle l'esprit pratique, en barrant des notes sur le carnet...

Elle avait beau lire et relire la missive de Solore, elle ne comprenait rien à cette histoire de cimetière qui semblait tant perturber son amie... Mais elle songea que l'esprit tortueux de Wawa ne devait pas y être pour rien...
Tant mieux ! se dit-elle, au moins on n'allait pas s'ennuyer !

Se penchant à la portière, elle aperçut ses compagnons de voyage qui forçaient l'allure de leurs chevaux afin d'ouvrir le passage le la caravane... Si tous les essieux tiennent, on aura de la chance, bougonna t-elle en se rencognant contre le dossier de la banquette de cuir souple, jetant un dernier regard chargé de regrets sur l'océan...
_________________
--Framboise
[Mimizan - point de départ pour Paris]

Un valet se présenta tôt le matin à l'auberge municipale demandant Framboise au tavernier.
Ne connaissant cette personne que sous sa vraie identité le tenancier lui annonça avec regret que cette Dame ne logeait point ici. Ce n'est qu'en précisant qui la demandait que l'homme eu un éclair dans le regard.
La Framboise de Dax occupait la seule chambre au rez-de-chaussée afin de pouvoir partir dès l'arrivée du Duc.

Réveillée depuis la veille au matin elle somnolait lorsque quelqu'un toqua à sa porte.


- Dame, le Duc arrive sous peu. Vous pouvez vous préparer à partir.

De tant de paroles Framboise ne retenu que les mots "Duc" et "préparer". Le deux seuls éléments importants en fait.
Jusque là allongée, rêveuse, les yeux clos Framboise eu du mal à se relever. Elle alla ouvrir la porte au valet et le remercier d'être venue la prévenir. Elle s'inclina avant de retrouver juste pour quelques minutes la douceur du lit. Fait de paille et de foin, moelleux, chaud il était un vrai piège pour les dormeurs.
Heureusement elle ne se dit pas prendre par telle langeur et trouva la force de se réveiller en pensant au long chemin qui l'attendait en compagnie du Duc. Etrange comme l'idée de d'une charmante compagnie met en éveil tous les sens.

Joyeuse, pimpante Framboise trouva le tavernier qui lui avait préparé un beau petit-déjeuner.
Elle le gratifia d'un charmant sourire avant que le valet ne revienne vers la Framboise de Dax.


- Si vous êtes prête à partir Dauna j'ai chargé vos valises dans le carosse. Le Duc vous attend devant la taverne.

Hop, pas de temps à perdre!
La Framboise prit sa miche de pain, bu d'un trait son bol de lait chaud et paya le tavernier.
Il ne fallait pas faire attendre le Duc.
Pimpante, habillée de rouge framboise, elle embrassa tendrement le Duc sur le deux joues lui glissant à l'oreille "Bonjour Vôtre Grâce. Vous voir de si bon matin est une merveille pour les yeux".
Un large sourire, un frôlement de sa main sur sa hanche.
Le valet lui ouvrait la porte du carosse, il était temps de partir.
Titoan_cv
[Toujours à Mimizan]



La nuit estait chaude et le petit Titoan suait dans ses draps de lin. Il remuait dans son grand lit à baldaquin, ce qui montrait que le jeune garçon estait en proie à un sommeil agité tel qu'en suscitent parfois les premières chaleurs de l'été. Sur les murs de pierre de la maisonnée raisonnaient quelques mots décousus dus à son mauvais rêve: "mes bottes.... au voleur ... pourquoi cyan?".


Cette fébrilité finit par l'éveiller alors qu'il faisait encore nuit noire. Une heure s'écoula pendant laquelle Tito ne parvint pas à finir sa nuitée mais le manque de sommeil le plongea dans une torpeur qui l'empêcha de se lever totalement. A demi inconscient, il n'entendit pas le bruit sourd caractéristique du projectile lancé avec tendresse et expérience sur le carreau de l'être cher. En revanche, il ouït bien son père le priant de se lever prestement. Titoan descendit donc prendre sa collation du matin en compagnie de tout ce que la maisonnée pouvait contenir de frères, soeurs et père.


Une heure plus tard, Titoan prit place dans la calèche avec les autres membres de la famille. Il n'avait pas compris où ils allaient. Bien décidé à reprendre sa sieste où il l'avait laissée, le garçon parvint à dormir une dizaine de minutes avant d'être réveillé une fois de plus. La faute incombait cette fois à une jeune dauna que Titoan avait déjà rencontrée une ou deux fois lorsqu'elle descendait des étages de la maison familiale pour prendre le petit déjeuner en compagnie de la marmaille. Le garçon aimait bien cette jeune femme car les jours où elle passait en leur hostel Riwenn était de très bonne humeur et excusait toutes les frasques du cadet de la famille. Pourtant il ne lui accorda même pas un bonjour, préoccupé par une affaire autrement plus sérieuse: dormir.
--Octavia
[ SUR LES ROUTES, UN FIACRE MITEUX PARTI DE GUYENNE - Arrivée à Paris ]






Délicieuse idée ce choix d'un cimetière, vous ne trouvez pas ?
Baragouinait ce rustre de Kronembourg.

L'infirmière acariâtre coula un regard méprisant à l'attention du sacristain assis juste face à elle dans le fiacre branlant, à l'intérieur duquel tout être humain dict normal éprouverait des nausées à force de respirer l'épouvantable odeur de chair humaine que cet homme dégageait.
Cet homme ... ces hommes ! A en observer le clochard on ne peut plus rebutant qui souriait niaisement aux côtés du grand rustre, l'on pouvait se demander lequel des deux empestait le plus.

Doux Jésus, quelle erreur que d'avoir accepté de participer à ce voyage. Tout d'abord pour la bonne et simple raison qu'Octavia ne connaissait nullement les futurs époux qu'elle détestait déjà secrêtement - Les gens respirant le bonheur et l'amour avaient ce don naturel de faire bouillonner une sorte de colère mal contenue chez la jeune femme.
Ensuite parce que ce voyage épouvantablement long n'était nullement dépaysant pour l'infirmière venue de Suisse à la demande d'Aradiia jusqu'à cet horrible village de Blaye. Avec tous ces voyages et allers-retours inutiles, Octavia ne regardait plus les paysages depuis bien longtemps, leur préférant lectures et coutures pour tromper son ennui grandissant durant les trajets.
Mais surtout, paroxysme de l'insupportable, il fallait encore faire la conversation à ces hommes lorsqu'ils ne ronflaient pas la bouche grande ouverte coulante de bave. C'en était là bien trop demander à la Genevoise guindée. Et puis cette idée de cimetière pour célébrer un mariage, non mais franchement, dans quel monde vivions nous messieurs-dames.
Elle ne répondit pas au lourdeau, estimant que son regard dédaigneux lui en disait bien assez long.


Enfin ... maigre consolation, le fiacre traversait à présent les rues de Paris. Posant son ouvrage sur ses genoux l'infirmière prit le temps de guetter par la fenêtre les boutiques aux architectures si peu soignées de la Capitale qu'elle nommait en elle-même " La petite Genève " tant Octavia méprisait tout ce qui ne venait pas de Suisse.
Léger plissement du nez, à peine perceptible. L'on arrivait à présent près du cimetière.


* Doux Jésus * Se répétait-elle d'une petite voix intérieure horrifiée. * Doux Jésus ... *
--Le_nestor

[ SUR LES ROUTES, UN FIACRE MITEUX PARTI DE GUYENNE - Arrivée à Paris ]







Délicieuse idée ce choix d'un cimetière, vous ne trouvez pas ? Qu'y disait le détrlaqué.


A cha ché sûr que pour une bonne idée ch'était une sacrlée bonne idée ce cimetière. Le Nestor il était tout content de participer à la fête avec la famille des fous qu'ils avaient tous un grain dans ce qui leur servait de caboche.
Même que quand le détrlaqué il l'avait tiré de sa paillasse la veille aux aurores pour le grand voyage, le Nestor il avait compris tout de suite son intérêt.
Les cimetières, ça apporte l'malheur dans le coeur des gens et le Nestor, il avait bien remarqué que le malheur cha rend les gens beaucoup plus généreux que le bonheur. Depuis toutes ces années où il mendiait à la sortie des églises, des mairies ou des tavernes, il avait bien remarqué que les gens qui pleurent et qui sont abordés par les mendiants, y cherchaient moins à réfléchir avant de leur donner des piécettes. Surtout lorsque Nestor il retirait son bonnet. Ch'était comme si ils voulaient se débarrasser du malheur en abandonnant toutes leurs piécettes et le Nestor, il adorait soulager les gens du malheur.

Alors se voir mendier à la sortie d'un grand cimetière Parisien, ch'était cha le vrai bonheur pour le Nestor ! Le pauvre bougre en était tellement content qu'il en lâchait des gaz.


Faudra pas vous étonner si le Nestor il participe pas à toute la cérémonie. , dit-il d'une voix guillerette. Nestor il aime pas voir les gens pleurer. Il ira chertainement attendre en dehors du cimetière pourl vivre sa peine tranquillement hi hi hi .

Il regardait la donzelle grlimaçante en face.
Petit sourire. Petit bruit involontaire



Hi hi hi !
Ouch, cha pue ...



__________________________________________
Ellya
[Cimetière H-3 ]



Les larmes furent balayées aussi vite qu'elles étaient apparues. Pourquoi? Question pratique, tout simplement. Non, non, non, la nonnette n'était pas assez forte... pour porter un adulte sur son dos alors qu'elle était à quatre pattes!

Relevant le menton, elle lorgna le public dont il parlait. Le fol! Lui qui ne connaissait aucun membre de sa famille - pas de rencontre avant l'heure! - n'avait donc pas remarqué qu'il n'y avait d'assis que des inconnus. Les pauvres avaient dû venir pour un enterrement et, pressés par le grincheux Watelse qui les avaient accueillis, n'avaient dû oser protester.

Haussant les épaules, elle relativisa. Ils seraient mieux à assister un événement joyeux qu'un triste, non? Enfin, joyeux... Tout se discute.

Bref, elle en était là de ses réflexions quand une pucelle de douze ans environ s'approcha d'elle pour la "rafistoler". Elle venait d'en finir quand la Crap fit son arrivée.

Le gueux dont cette dernière parlait n'était autre que le fidèle Payen. Et, sans que ni l'une ni l'autre ne l'ait remarqué, celui-ci foudroyait du regard la dame de Meillers se promettant en son for intérieur de lui rendre la pareille au cours de la journée.


Je suis heureuse de te voir!

Commencer en douceur... pour mieux lui faire digérer la nouvelle.

Quel beau temps, n'est-ce pas?

Car loin d'accepter l'endroit, la nonnette ne devait surtout pas le faire paraître! Il lui fallait donc, à contre-cœur, faire la promotion auprès des siens de ce lieu de deuil. Nécessaire.

Et quel paysage! Si l'on omet les tombes et tombeaux. D'ailleurs, je n'ai jamais vu autant de croix, même dans une église! Voilà qui nous portera chance.


Elle venait par ces simples phrases de confirmer la crainte de sa tante tout en y apportant plusieurs aspects positifs. Fière d'elle, elle entraîna Crapaudine près des bancs.

Tu voudras bien t'occuper des anneaux?
_________________
Kronembourg
[ SUR LES ROUTES, UN FIACRE MITEUX PARTI DE GUYENNE - Arrivée au cimetière ]


Il n'était pas peu fier de ce petit fiacre qu'il voyait pompeux, un rien guindé en apparence, bien qu'il l'ait loué en catastrophe lorsque sa femme Aradiia lui avait appris la nouvelle. Le petit sacristain de campagne aurait pu tout aussi bien en tomber à la renverse s'il n'avait pas déjà les fesses dans la bouse ( il dégustait sa portion de cochonnaille quotidienne au fond du jardin ) lorsque son épouse avait prononcé ces mots stupéfiants :
" Je viens de recevoir missive de ma marraine, elle se marie ce 27 Juin. "

Ainsi donc, même les saintes nitouches avaient droit au bonheur et au mariage.
Eh oui.
Cette idée n'avait jamais caressé ( ni même effleuré ) Kro au sujet de sa soeur cistercienne Ellya, qui fort heureusement n'avait de soeur pour lui que le nom. Il voyait plutôt cette dernière comme une entité intouchable, une sorte de " chose " étrange, d'être assexué sans intérêt pour un homme, enfin quoi surtout pas une femme, et encore moins une épouse. Le choc avait été à la hauteur de son manque d'affection envers la future mariée.

Non, ce qui avait poussé Kro à accepter l'invitation à cette mascarade digne d'une représentation de cirque ( outre le fait que Diia ne lui aurait jamais pardonné un refus ) c'étaient les questions qu'il se posait au sujet du futur marié.
Sans doute le malheureux était-il affligé d'une tare mentale irréversible ou amputé d'un membre qui le rendait affreusement laid, ou peut-être - et là nous atteignions le pire - représentait-il une âme perdue à sauver pour la nonnette qui avait dégotté là son unique chance d'unir un jour sa vie à celle d'un homme. Le pauvre bougre s'était sûrement fait mettre le grappin dessus moyennant un chantage spirituel sans nom appuyé par toute la famille Duranxie, ou peut-être encore était-il un condamné à mort, par le bourreau ou par une maladie incurable, dont la jeune femme se serait prise d'affection, juste avant qu'il ne passe à trépas.

Cela méritait d'être vu. Et comme pour un bon spectacle, il faisait bon d'y inviter ses amis. Nestor était bien entendu de la partie - Kro savait qu'il saurait se faire discret - et la présence d'Octavia apporterait son petit soupçon de classe à cette cérémonie qu'il imaginait grandiose. C'est que dans son esprit, la famille Duranxie ne manquait pas d'argent pour financer un tel évènement. Et le choix d'un cimetière pour célébrer ce mariage était, toujours dans son esprit, le fruit d'une décision que seules les grandes familles nobles pouvaient s'offrir. C'est pourquoi il avait lancé cette phrase qu'il pensait de bon ton à l'intérieur du fiacre :



Délicieuse idée ce choix d'un cimetière, vous ne trouvez pas ?



C'est que malgré tout, le Cistercien voulait faire bonne impression à soeur Ellya. En d'autres termes lui en mettre plein la vue après tous ces mois sans nouvelles, et afficher une sorte de réussite sociale qui ne reposait en réalité que sur du vent. Hors de question de lui avouer qu'il avait été relégué à officier dans un village bouseux de la Guyenne profonde, hors de question d'évoquer le sujet du domaine que Diia et lui squattaient depuis quelques mois et plus précisément depuis que le vrai propriétaire de ce domaine était parti en voyage. Diia elle-même ignorait que la gigantesque habitation ne leur appartenait pas, alors Ellya ...
Réussite, réussite !
Kro avait toujours été la brebis galeuse des cisterciens, il était grand temps que ça change. Tiens, et d'ailleurs, tandis que le fiacre s'arrêtait enfin aux abords du cimetière, le protecteur de l'ordre se demanda quel frère cistercien Ellya avait choisi pour célébrer ce mariage. Il grommela un peu à l'idée qu'elle ne l'ait pas choisi, lui.
Réussite Kro, réussite ...

Le petit cortège s'enfonça enfin dans le cimetière sous une chaleur étouffante. Premier objectif : Localiser le futur marié. Il suffisait de chercher les jambes boiteuses ou les bras manquants parmi les gens de la foule. Deuxième objectif : Localiser le prêtre. Sûrement Bardieu, Ellya idolatrait Babar. Kro imaginait déjà le vieux fou tout sourire pendant l'échange des voeux.
C'est bon, tout était prêt. Kro vérifia qu'il avait correctement replié son petit canif glissé à l'intérieur de ses bas. C'est qu'il y auraient des Gascons à cette fête, on ne sait jamais.
Ne manquait plus qu'à croiser un regard parmi les invités et éviter de trébucher contre une tombe.

Réussite Kro, réussite ...

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Avant d'être homme d'Eglise, je suis homme de Dieu
Maelya
[Toujours à Mimizan]

Maëlya dormait très bien, elle aimait les premières chaleurs de l'été et pour une fois, elle ne faisait pas de cauchemar. Elle fut particulièrement difficile à réveiller, elle refusait d'ouvrir les yeux, de quitter son confort. Toutefois, elle ne pu refuser bien longtemps, son père insistait.

Une fois levée, elle était de bien vilaine humeur, elle n'avait aucune envie d'aller assister à ce mariage. D'abord parce qu'elle ne se souvenait pas de cette Ellya qu'elle avait connue avant la mort de sa mère, et parce que ce qu'elle avait entendu au sujet de cet homme lui faisait des frissons dans le dos. Encore une fois, elle ne pu refuser d'y aller bien longtemps, son père insistait pour qu'elle soit présente à ce mariage.

Elle suivit donc son père, silencieusement, pour ne pas dire de bêtise. Quand la Framboise les rejoignit, qu'elle prit place à bord sans jamais saluer la famille, s'en fut trop. Maëlya regarda son père et avec un petit air pincé et lui dit :

Est-ce bien nécessaire que cette femme nous accompagne, alors qu'elle n'a même pas le respect ni la politesse de nous saluer ? Nous ne sommes peut-être pas duc, mais nous existons, mes frères ainsi que ma soeur et moi et nous méritons bien qu'elle nous adresse la parole !

Maëlya toisa la dame, puis croisa les bras. Ce voyage allait être fort pénible. Long, et fort pénible.
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