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[RP] Campement de l'Ost dans la campagne guyennoise.

Xenac
Deuxième tête de poulet qui tombe au sol alors que l'épée s'abat sur le billot, et tout s'accélère, l'arrivée du paysan rubicond dans le poulailler, les pourparlers brefs d'Isambre, et la conviction de l'avoir convaincu, Xenac ramassait le poulet lorsqu'un coup sec sur le crane d'Isambre la fit chuter, la fourche menaçante vers la rouquine, la lance empalée dans le dos du paysan, Iohannes qui l'achève, comme un chasseur l'aurait fait pour son gibier. Sursaut de la rouquine à ces derniers évènements, pas un mot, pas un cri.

Puis plus rien...

Hébétée, le poulet dans une main son épée de l'autre, des secondes qui paraissent des minutes, ses oreilles qui bourdonnent, le sang qui bat dans ses tempes, alors que le vie quitte le bougre. Une mort pour des poulets et quelques oeufs, mais le temps n'était pas au cas de conscience, Ajo les avait rejoint, peut être d'autres la suivraient, cacher au plus vite ce corps qui détonnait avec le calme de la ferme c'est ce que semblait lui faire comprendre Iohann, avant s'éloigner vers la chaumière.

La rouquine hoche la tête en signe d'acquiescement, mais l'avait elle vraiment fait ?

Elle laisse choir le malheureux poulet et range l'épée dans son fourreau, retourne le bonhomme, se penche sur lui un instant, l'observe fascinée, ce paysan rougeaud vociférant était un autre homme là allongé, un homme qu'elle ne reconnait pas, Le teint rouge du pauvre homme est à présent livide presque gris, les yeux tantôt transperçants, accusateurs, sont maintenant vides, les lèvres et les oreilles cyanosées, la rouquine passe la main sur son visage pour retirer la boue et les fientes collées, elle baisse les paupières sur ces yeux fixes et vides.

Elle se relève enfin, lui attrape les pieds, alors qu'elle traine le paysan saigné comme un porc, elle cherche une bonne raison de ne pas souffrir de sa conscience... la fourche qui jonche le sol ...la raison est toute trouvée, ce corps qu'elle traine tant bien que mal, aurait pu être le sien ou celui d' Isambre, ils n'avaient pas eu d'autre choix, cet idiot de paysan aurait dû réfléchir, se laisser convaincre par Isambre. Pour ses poulets il était mort.

Elle cache le corps sans vie dans le coin de la grange indiqué plutôt, lui rassemble les jambes, pose les mains croisées sur son thorax, donner un semblant de dignité à celui qui allait leur assurer pitance est le moins qu'elle puisse lui offrir. Il lui reste à cacher les traces de sang faites sur le parcourt du corps, éparpiller de la paille sur le sol fera l'affaire.

La rouquine, la besogne effectuée s'assoit sur un ballot de paille, cache son visage dans ses mains un moment, retrouver ses esprits, rester calme, ne pas céder à la terreur, elle était soldat maintenant, elle allait vers une guerre, ce qu'elle venait de voir, de faire, n'était que les prémices de ce qu'ils allaient vivre. Elle ne pouvait céder à la panique.
L'azur se pose sur Ajo, elle allait s'occuper de Isambre, la rousse pose les mains sur les cuisses et dans un effort se lève, elle s'éloigne de la grange, dans l'intention de rejoindre Iohannes, elle sort son épée, ils n'avaient vu personne d'autre mais ils avaient tué un homme, ils ne pouvaient prendre le risque de laisser un témoin génant derrière eux.

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Zorgl
Prés de la bergerie

A nouveau dans la campagne , au milieu de rien.
Seule la bicoque délabrée qui leur servait de garde manger donnait un peu d'humanité au paysage environnant.
L'horizon occupé par un désert de dune , barré ca et là par des pins maritimes pliés sous la force du vent,laissait paraitre un dentier de rocs acérés . Une voile au lointain rappellait à un signe d'humanité.
Ce qui raviva soudain son estomac et sa mémoire.

Après une matinée passée à ramasser du bois et des aiguilles qu'elle ramena près du campement, saluant au passage Charly et Shota , occupés au travaux d'intendance, elle s'installa à proximité du feu de camp.
Là, près des braises de la nuit , sur une couche d'aiguille de pins , elle déposa le poisson qui lui avait été remis le matin, le recouvrit d'une autre couverture résineuse, puis jeta sur le petit monticule des charbons rougeoyants.
Une petite pointe de fumée s'éléva , laissant flotter dans l'air l'odeur des bois chère à son coeur, et tandis que la cocotte végétale s'embrasait, accomplissant sa tache, elle se mit à réver à son village .
Il lui semblait l'avoir quitté depuis si longtemps que déja son souvenir lui semblait lointain , comme les feuilles d'un livre ouvert au vent défilent sans retenue vers la fin d'une histoire dont les mots mèmes resteront pour longtemps inconnus.
Que se passait il là bas, et en Guyenne? Un peu d'argent, un peu de nouriture, voila la seule réponse qui lui était apporté jusqu'a présent.
Pas de quoi payer les impots que la mairie ne manquerait pas de lui réclamer, tout juste par chance de quoi embaucher pour récolter des légumes qu'a son retour vendrait à perte.
Mais pour l'instant , tétue et fière, elle savourait son poisson , sucant les moindres arètes.

Tu parles , le premier, face à la mer.
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Voix de guyenne et gazette de Montauban

Ajowan
La ferme

Ajowan resta complètement pétrifiée. Aucun son n’aurait su sortir de sa bouche. Ce qui venait de se dérouler sous ses yeux était totalement impensable. Etait-elle en train de faire un cauchemar ? La douleur de ses pieds la rappela à la dure réalité.

Tout s’était passé très vite. Tout cet abattage de violence pour une volaille et trois œufs. Quelle absurdité !

Mais au-delà de l’absurdité c’est le sentiment d’incompréhension qui coulait en elle. Comment ces trois là en étaient arriver là ? Elle fixa Sancte pendant un temps qui lui parut infini. Ce soldat envers lequel elle vouait un profond respect. Soldat certes, mais avant tout un être humain qui venait d’assassiner froidement un autre être humain… Tout cela pour une volaille et trois œufs.


Ajowan entendit à peine ce qu’il lui disait et prit, tel un automate, le sac de toile qu’il lui tendait. Elle regarda en direction d’Isambre, toujours allongée dans la paille couverte de chiures de poulet. Ainsi allongée les bras en croix , elle ressemblait étrangement à ce genre de poupée de chiffon qu’une petite fille trop gâtée avait martyrisé pour en avoir une plus jolie.

Sancte s’éloigna en direction de la chaumière du fermier. Elle suivit également Xen des yeux. Xen qui paraissait aussi ébêtée, mais qui avec un réel sang-froid s’acquit de sa tache très consciencieusement.

La cadette eu une grimace de dégoût. Tout cela pour une volaille et trois œufs. Elle haussa les épaules.

Elle s’approcha du petit puits qui se trouvait près de la chaumière. Elle y puisa de l’eau et en remplit le baquet juste à côté. Puis elle entra dans le poulailler. Les autres poulets semblaient étrangement calmes. Certains picoraient le peu de graines qui traînaient sur le sol, d’autres semblaient somnoler. Aucune de ses poules ne s’intéressait du sort d’Isambre. Aucune ne lui tournait autour. Comme si Isambre n’était même pas là.


Ce n’est pas plus mal, pensa t-elle.

Ajowan s’agenouilla auprès d’elle, la retourna tout doucement. Elle vit immédiatement un flot de sang couler le long de sa tempe. La cadette arracha un morceau de sa tunique, le plongea dans l’eau froide, et essuya le visage, et le crâne de la blessée. Elle prit le sac, le dénoua, et commença à le passer sous les narines d’Isambre.

Elle murmura :
Isambre … Isambre … Réveillez vous … Isambre …
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Isambre
Les rires envahirent en cascade, la pièce baignée d'un soleil d'éternel été. Des corps animés par l'hilarité, s'agitaient frénétiquement entre les tables et les tabourets d'une taverne, traversée par des projectiles de toutes sortes.
Une jeune fille effectua une rotation salvatrice et évita de peu un pichet d'eau qui lui était destiné. Chevelure imbibée de substances liquides diverses et variées qui gouttaient sur une chemise d'été entrouverte négligemment, elle s'accroupit derrière une table, achevant de souiller la jupe claire parsemée de tâches.
Izarra était derrière le comptoir, munitions en main, Kratos faisait nettement moins le beau, maintenant que sa belle chemise de capitaine de saoule de Carcassonne était détruite. Cerrid tête brûlée était plantée en plein milieu de la pièce et Garzim lui arrivait sournoisement derrière, suivi d'une Florie en plein élan.
Le regard ambre fut attiré par un mouvement discret à sa gauche. Juste à coté d'elle, se tenait la petite fille de la tavernière, toute aussi réjouie que les autres par ce jeu maternel.
Isambre ramena ses cheveux fous sur le coté en les tortillant, afin de mieux entrevoir une tactique à venir. Elle envisagea un instant de prendre la petite Ilargia comme otage et se ravisa en entrevoyant une issue de secours: la cave à vin était ouverte. Elle se redressa furtivement et du haut de ses 17 ans, décampa prudemment en direction de sa retraite. Brusquement, un impact lui confirma qu'on ne l'avait pas oubliée et sa tête vint rejoindre le bois humide du parquet de la Rose des Vents...


Isambre souriait. Ses paupières frémirent légèrement, à l'odeur du sac d'Ajowan. Une douleur dans le crâne déferla alors, brouillant tous ces jolis souvenirs au passage.
Elle eut la conscience diffuse qu'elle venait de quitter pour toujours un rêve ancien, qui avait bercé ses jeunes années. La lassitude l'envahit soudain et elle lança un regard accusateur à la jeune médecin qui l'avait réanimée. Elle n'avait rien demandé, elle aurait préféré rester là où elle était. Pourquoi les gens se mêlent-ils toujours de tout et s'obstinent-ils à réanimer ce qui ne cherche qu'à s'éteindre?


La jeune femme porta une main osseuse et fébrile à sa tempe et prit conscience de l'odeur infecte qui les entourait. Elle écarta d'un geste excédé le sac que lui passait Ajowan sous le nez.

-C'est bon, arrêtez ça, je ne suis pas morte.

Isambre appuya doucement ses paumes glacées contre la jonchée répugnante du poulailler et entreprit de se redresser complètement. Un dernier étourdissement passager lui fit douter de la réussite de cette démarche, puis, ayant repris tous ces esprits, elle parvint au moins à se mettre à genoux.

-Où sont ils passés ?

Le ton de la voix était à peine aimable, mais Isambre n'en avait cure
Sancte
Ils n’étaient pas loin.

Tous pouvaient entendre le flap flap flap des ailes des corvidés dans l’atmosphère glacée. Un bruit qui donnait la chair de poule. Le sinistre battement d’ailes se rapprochait tandis qu’immobiles, les soldats retenaient leur respiration. Iohannes frappa un coup violent sur la porte de la chaumière. Elle était fermée. Le misérable soldat tourna la poignée et fit grincer le pène à ressort. Rien à faire. Quelqu’un l’avait verrouillée de l’intérieur. Il essaya donc de forcer la porte. Visiblement sans grand succès.


Grmbl …

Quelques grognements, puis plus rien. Finalement, le flap flap flap reprit, et, à son indicible soulagement, s’éloigna pour s’éteindre lentement dans le silence. Sancte ruminait comme lion en cage, et à peine avait il achevé sa dixième allée-venue, qu’il attrapa une lanterne pour éclairer la pièce qui devenait de plus en plus sombre au gré de l’agonie du jour.

Enfoncez la porte, Xenac …

La jeune femme ne pu que répondre par l’affirmative et se rua contre la chaumière tandis qu’il restait à l’arrière, armé de sa lanterne. La serrure ne résista pas bien longtemps à sa compagne. Heureusement qu’il n’y avait pas de témoins. Ou plutôt … Heureusement qu’Isambre n’était pas là pour assister à ça. Il aurait très certainement cherché à l’étrangler aux lueurs mutines de ses premiers sarcasmes, fussent-ils silencieux. Puis, quelques murmures furent échangés à voix basse. Mais l’accalmie fut brève et le soldat trapu, donna à nouveau ses instructions.

Allez ! Allez, on entre ! hurla t il, se maudissant pour leurs hésitations.

Ce mince succès contre un verrou récalcitrant avait suffit à le remplir d’espoir.

Restez en bas. Surveillez les issues.
En cas de problème : gueulez.


Et il grimpa les escaliers sans plus attendre, pour accéder à la chambre où le fameux Gustin dormait depuis si longtemps et où un coffre attendait sagement la visite du soldat depuis de nombreuses années déjà. Chaque paysan a son petit pécule auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Celui la ne faisait pas exception mais il était plus coriace que d’autres. Le coffre était fermé à clé. Et bien fermé.

D’apparence, il était pourtant strictement identique aux autres. Sur le couvercle, un D majuscule était marqué au fer rouge (alors comme ça il s’appelait Didier, Gustin ? Ahahah) et ses coins étaient quelque peu détériorés, comme s’ils avaient fait les frais d’un long et rude usage.


*Snirf …*

Le reniflement morveux alerta le soldat, dont la face couturée et terrifiante obliqua instantanément en direction de ce bruit peu ragoûtant : le lit. Il y avait quelqu’un en d’ssous.

J’entends un r’nâcl’ment, dit il. Un renâclement jeune … Voudriez vous sortir de là et me tendre la main, mon jeune ami, et me faire visiter votre chaumière ?

Une petite main rose dépassa du plumard. Le soldat au regard masqué par le capuchon de ses haillons et à la voix si mielleuse, la saisit et la serra en une seconde, comme un étau. Tout effrayé, le petit humanoïde chercha à se dégager, mais d’une simple pression de son bras vigoureux, le lancier l’attira à lui.

C’était en réalité une petite fille. Quatre ou cinq ans, pas plus. Des traits poupons, des cheveux châtains, et deux petites billes sombres incrustées dans sa gueule enfantine …

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"Si tu donnes un poisson à un homme, tu le nourriras un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il ira aux putes."
Soldat Sancte Iohannes
Xenac
Elle l'avait rejoint, encore un peu abasourdie par la nouvelle situation, dix minutes plutôt, elle courait comme une enfant dans le poulailler, et là, elle venait de cacher un corps sans vie dans la grange.

Les croassements lugubres, la sortirent de sa torpeur, l'ambiance tant qu 'assez morbide s'assombrit un peu plus par leur présence. Elle entendit son compagnon ronchonner, l'observa paupières plissées, ne comprenant pas sur le moment l'objet de sa mauvaise humeur. Elle se mordit la lèvre pour s'empêcher de sourire amusée lorqu'elle comprit que c'était une porte qu'il le mettait en difficulté. Elle ne lui ferait pas l'affront d'une moquerie, le moment ne s'y prêtait guère, de plus Xen était préoccupée, la porte était verrouillée de l'intérieur ce qui sous entendait une présence dans le logis.


Enfoncez la porte, Xenac …

Elle le regarda l'espace d'un instant incrédule, acquiessa se demandant comment elle allait procéder. Coup d'épaule ? Hum... si elle avait eu la carrure d'un bucheron elle l'aurait tenté, mais ce n'était pas le cas. Il ne lui restait que les pieds. Elle prit un peu d'élan et asséna un violent coup de pied proche du verrou, la porte s'ébranla sérieusement, et finit par céder au deuxième coup porté.

Murmurres échangés... il était un peu tard pour hésiter, il y a avait un corps dans la grange, la porte était défoncée, et peut être un témoin, ils n'avaient pas le choix, il leur fallait décider de la suite, puis soudain la soulageant du choix


Allez ! Allez, on entre !


Restez en bas. Surveillez les issues.
En cas de problème : gueulez.


Les issues? Il n'y en avait qu'une, elle se posta donc devant le regardant monter à l'étage. Elle pouvait suivre sa progression par le bruit sourd de ses bottes sur le fin plancher.

Coup d'oeil vers le poulailler, Isambre semblait reprendre ses esprits, Ajo à ses côtés.
Coup d'oeil dans le logis à la recherche de quelques trouvailles qui pourraient satisfaire ses papilles. La cochonnaille en fumage dans l'âtre attira son regard, elle leva les yeux vers l'étage, tout semblait calme... Elle ouvrit sa besace en s'approchant de la cheminée et enfourna le jambon et les saucissons accrochés, un large sourire aux lèvres.
Elle voulut inspecter l'armoire, surement garde manger ou réserve de gnôle lorsqu'elle l'entendit parler. Sa voix était basse, la rouquine fronça les sourcils,ne comprenant pas le sens des mots, lâcha sa besace pour sortir l'épée de son fourreau, il y avait donc bien quelqu'un dans la chaumière. Elle lâcha un " Merde... ".

Elle retourna à son poste entre l'escalier et la porte, s'il filait entre les pattes de Sancte, il ne lui échapperait.
[/u]
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Ajowan
Dans le poulailler

-C'est bon, arrêtez ça, je ne suis pas morte.

Ajowan ne put réprimer un sourire. Décidemment, elle ne comprendrait jamais les humains. Leur comportement face aux situations les plus déstabilisantes frisaient la plupart du temps l’ironie. Et celui de Isambre à cet instant ne faisait pas exception.

Etait-il si difficile d’accepter, l’espace d’un instant, que son pseudo prestige se soit effondré, en même temps que sa propre chute sur le sol infecte du poulailler? Et par un bouseux de fermier muni de sa fourche qui n’avait pour seule motivation, somme toute légitime, que celle de sauver sa propriété de l'invasion de barbares ?

Etait-il si difficile d’accepter, l’espace d’un instant, la main tendue par une tierce personne ?

Etait-il si difficile d’accepter, l’espace d’un instant, sa propre fragilité, révélant ainsi une éraflure sur cette carapace dure et épaisse comme le cuir ?

La cadette haussa les épaules, regarda la blessée se tortiller comme un ver pour essayer de se relever, et ne chercha point à l’aider. En la voyant ainsi à genoux, Ajowan se dit qu’effectivement Isambre et elle devraient prier. Prier pour que jamais personne ne sache ce qu’il venait de se passer ici. Malgré elles, ces deux femmes étaient complices d’un meurtre.


-Où sont ils passés ?

Ajowan ne put qu’admirer la vivacité d’esprit de la femme au capuchon. A peine remise du choc, elle semblait déjà avoir une bonne vision de la situation. Quant à la question, la cadette l’avait redoutée. Premièrement parce qu’elle n’avait aucune réponse, qui lui paraissait crédible, à donner. Et la deuxième raison, Ajowan avait une sainte horreur du mensonge. Un terrible duel s’engagea alors dans sa petite tête. Elle avait parfaitement conscience des enjeux. Elle décida alors de jouer la nonchalance.

Par là...

Elle pointa d'un doigt évasif, la direction de la chaumière.

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Alexandre*
[Non loin de la ferme]

Le Commandant Alexandre et son armée, du moins le peu qu' il en restait après avoir guerroyé non loin de Bazas. On en entendait que le pas fatigué des chevaux et les gémissements des blessés qui avaient été mis sur des charettes par les survivants.

Les soldats étaient fatigués apres l' atttaque a laquelle ils avaient du faire face alors qu' ils etaient en train de dormir

Alexandre avait ordonné de rentrer sur Marmande. Il ne cessait de penser a ce qui c' etait passé . C' est l ' esprit torturé par la mort de ses soldats, et de nombreux blessés que la Commandant chevauchait.
Il repensait sans cesse a son épouse qui s' etait mis entre lui et une épée félonne afin de le proteger...Il lui devait la vie, et avait failli y laisser la sienne.

Les soldats se trainaient aux côtés des charettes, plus par habitude que par l' envie de rentrer chez eux. Leurs uniformes n' en avaient plus que le nom, leurs chausses trouées pleine de la boue des chemins. La faim les tenaillait depuis trois jours de marche.

Ils arriverent en vue d' une ferme. Le Commandant se dit qu'il pourrait surement demander qu on les heberge pour la nuit.

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Isambre
La jeune femme se remit doucement debout. Elle cacha le tremblement de ses mains en époussetant nonchalamment ses braies, à la hauteur des cuisses. Puis elle replaça avec affectation l'étoffe de laine sur ses épaules, à nouveau bien droites.
Une petite grimace indiqua qu'elle avait posé les yeux sur ses bottes souillées. Elle frotta lentement le cuire contre une botte de paille qui se trouvait entre elle et l'entrée, et profita de ce qu'elle était dos à Ajowan, pour laisser échapper un soupire discret.

Les yeux ambres caressèrent alors le sol, dont la jonchée n'avait pas tout à fait absorbé une traînée pourpre. Intriguée, la jeune femme déplaça quelques brins de paille du bout de sa botte gauche. On avait eu beau minutieusement camoufler le reste de la scène, un sillon rouge vif jurait violemment avec la paille dorée.

La jeune femme haussa les épaules et écrasa le tout du talon, achevant le travail de celui ou celle qui avait tenu à effacer ces traces. Sans se poser davantage de question, Isambre passa la porte qu'on avait allégrement défoncée et faillit percuter Xenac qui revenait précipitamment vers l'escalier.
D'un regard, elle interrogea le soldat qui semblait si nerveux. Les questions sur ce qu'il était advenu pendant ses quelques minutes d'inconscience, viendraient plus tard.
Sancte
- Ton nom, fillette.

Rien qui vient. Ca chougne, ça r’nifle, ça bave, ça fout d'la larme partout, dans un bweuaahhhh particulièrement exaspérant. Alors il la s’coue dans une rage animale, manquant presque de lui déloger le bulbe encore en dév’loppement..

- TON NOM J’T’AI DIS !

- Victoire ! Victoire ! Victoire Bridoux !
qu'elle accouche en chialant.

Victoire Bridoux. Victoire Bridoux. Pour le Sancte, ya là un gros truc qui déconne. Victoire, c’est classe nan ? Ca fait vraiment Jeanne d’Arc des temps modernes. Victoire, ou la belle héroïne encore vierge avec d’la vertu qui déborde de par tous les orifices et qu’on exhibe sur des tableaux d’une cour. Mais Bridoux ?! Bridoux quoi … Avec Bridoux on est plutôt d’vant d’la belle charcutière de Villefranche sur Rouergue à lui réclamer son pâté de veau et son confit d’volaille persillé. Bref, Victoire et Bridoux, il enregistrait pas. C’est comme ça.

Mais ça, c’était pas important. Le truc qui l’était, c’était qu’en la sortant de sous le plumard, il savait pas quoi en faire. Ou du moins, il préférait ne pas se poser la question de peur d’en connaître d’avance la réponse. Parce qu’on ne laisse pas un enfant vivre pour qu’il nourrisse jour après jour la détestation de l’armée et de sa terre. Trop dangereux. Il ne connaissait que trop bien les effets de la colère infantile pour mépriser le danger qu’elle représentait.

Mais où c’qu’on a vu un soldat dérouiller Victoire ? Où ça ? Pas chez lui en tout cas. Nan, mon gars. Pas possib’. C’est un mot qu’on respecte trop dans les rangs pour le matav’ au couteau un soir d’égarement, de crainte de voir jouer contre soi quelconques vicieuses représailles du destin. T’façon, égorger les morbachs avec d’la flotte salée jusqu’au menton, c’était pas du tout son délire. Alors quelque part, la providence avait su se montrer clémente. Victoire serait sienne, et les accompagnera jusqu’au champ d’bataille. Elle saura c’que c’est qu’la vie d’un putain d’soldat et après ça, on la verra plus raconter des bobards de pacifistes mal baisées en place publique. Jamais.

Sur ces belles résolutions, il lui colle un gros poutou sur le front, et la prend dans ses bras, avec une infinie tendresse, faisant tout son possible pour la bercer avec affection.

- Allons, allons, c’est fini maintenant ma petite. J’suis là pour veiller sur tes miches. Tu vas juste me dire où c’que papa cache la clé d’son coffre, et après on va s’en aller gentiment jouer à la marchande.

- J’veux paaaaass jouer à la marchandeeeee … J’veux mon papaaaa. qu’elle marmonne en chialant, la môme.

- Oh hé, merde hin, j’fais des efforts là, t’vois pas ? Des putains d’efforts même. Mais nan, t’vois pas hein ? Tout c’qui t’intéresse c’est ton petit bien-être de merde ! Bonjour l’égoïsme, hin ! Alors si tu le prends comme ça t’vas m’dire où qu’ton père il fait crécher sa putain d’clé ou j’te balance par la f’nêtre la mouflette ! ET SUR LA VIE D’TON PERE, QUE J'LE FAIS !

On aura beau dire, les menaces d’affreux avec les gosses, ça marche toujours mieux dans l’urgence que les promesses bidons et le chantage. Faut pas les prendre pour des idiots. Ils savent que les belles paroles, c’est souvent du vent et qu’ils en voient rarement la couleur. Alors que les baffes en travers de la gueule et les coups de pieds dans les côtes, ils en gardent un souvenir très vivace, limite persistant.

La mouflette avait désigné le tiroir du burlingue. Enfin « burlingue ». Fallait l’dire vite. Un bureau en pin, jamais vu ça. Ils ont vraiment du bois de merde dans le coin. Plus on se rapprochait des côtes, et plus c’était la cata. Mais l’heure tournait. Ca faisait déjà un sacré moment qu’ils étaient partis et il craignait que le reste de la troupe ne se mette à leur recherche s’ils tardaient trop. Deux coups de coutelas associés à quelques chtar made in "Talon d'bottes" eurent raison du tiroir en question. Au fond, un sachet de velours, du genre petit sac à bijoux de gonzesse. Au fond du sac, une clé. La mioche avait pas raconté d’salades. Un point pour elle. Deux points pour lui.

Sans plus attendre, il la teste sur le coffre. La serrure s’ouvre dans un déclic agréable, accompagné d’un lot de promesses, un peu comme une bouteille qu’on débouche. Il en fait un inventaire rapide. De toute évidence, il ne s’attendait pas à ça.

- Un rouleau de corde solide.
- Un dé à coudre et du fil.
- Une boussole de poche.
- Un briquet d’amadou, avec « Maryam » gravé sur le manche.
- Un sextant
- Un Gobelet d’étain
- Six rouleaux de tabac.
- 4 pistolets à mèches italiens, dans leur fonte.
- Des galets et des coquillages en pagaille.
- Un petit lingot d’argent.
- Une montre Espagnole.
- Une lunette en cuivre.
- Un pavillon aux couleurs de Guyenne.
- Une grande veste bleue, étincelante de boutons de cuivre.
- Un bonnet rouge.
- Un boite à biscuits.


Allez, pas d’chichis d'tarlouze. Il enroule la corde en bandoulière autour de son poitrail, fourre tout le reste dans sa besace et ses poches, revêt la grande veste, enfile le bonnet rouge sur sa face de bagnard, mais laisse de côté les galets et les coquillages dont il se branle éperdument. Quoi que … Il chope une carapace de crustacé et la flanque dans la mimine de la fillette.

- Tiens, cadeau.

Chose curieuse, ça arrache un sourire à la mioche, qui ne tarde pas à foutre le machin cradingue dans sa bouche baveuse. Sacrés mômes. Il les comprendra jamais … Prêt à faire demi-tour, il aperçoit par la fenêtre les nuages de poussière. Le moment pour lui de faire usage de sa petite lunette et d’observer au loin c’qui s’passe.

C’était pire que ce qu’il craignait. V’là l’Commandant, drapé dans sa cape aussi immaculée qu’sa morale de moinillon. L’heure était foutrement grave. S’il les découvrait dans c’bordel sans nul doute qu’ils auraient tous droit à un aller simple à la potence. Ça daubait la cour martiale plein blair.

Plus de temps à perdre. Le soldat replie sa lunette, la range, récupère sa gibecière et la lanterne, prends la môme dans ses bras, et descends les escaliers.



- On a d’la compagnie cam'rades, c’plus l’moment d’zoner. On joue cassos destination Sud Est, et fissa. Xen, v’prenez la ptite, on l’embarque. Ajowan, ouvrez le portail des bêtes. Isambre …
*blanc*
Heu … contentez vous d’rester debout, ce s’ra d’jà pas mal ! Ahahah !


Là-dessus, il fracasse la lanterne au sol. L’huile se répand sur le plancher, les flammes avec. Bientôt il ne restera plus de cette bicoque qu’un vulgaire tas de cendres. Sûr d’être entendu, il s’éloigne avec la conviction que les autres suivront non loin, le regard vénéneux d’Isambre fiché entre ses omoplates.

Paré pour la guerre mon Colonel ! Il ne peut plus rien arriver aux p’tits gars de Montauban, ils ont boustifaille, confiance, et surtout ... Victoire !

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"Si tu donnes un poisson à un homme, tu le nourriras un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il ira aux putes."
Soldat Sancte Iohannes
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