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[RP] Sur la lande : le manoir des Kermeur

--Annaell_de_kerloch


- Mergat, ma Doué, fais donc attention !! Tu vas tuer ce petit !!

Annaell recula d'un pas, craignant que le garçon n'agite sa lame un peu trop près du fragile bébé.

- Il va falloir attendre avant de pouvoir jouer aux chevaliers avec lui, tu sais ! Les bébés sont très fragiles et beaucoup n'arrivent pas à ton âge... Alors il va falloir que tu le protèges, au lieu de tenter de lui couper les oreilles en pointe avec ton nouveau poignard.


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Annaell
    [Côtes de Bretagne, plus tard dans la semaine]


Ils étaient presque arrivés. Les falaises de la côte nord du Finistère étaient désormais visibles à l'oeil nu, et tout l'équipage du navire, augmenté de deux nouveaux-nés, passait désormais la plus grande partie de son temps sur le pont. Les marins s'activaient sous les ordres de Trilo, mais tout avaient besoin de repos et hâte de poser le pied à terre.

Mergat, juché à la proue, guettait les quelques dauphins gris qui les accompagnaient de temps à autres, et poussait des cris victorieux dès qu'il en apercevait un. Annaell quant à elle restait assise sur un banc adossé au bastingage, ses enfants bien serrés dans ses bras, un châle autour de ses épaules. Elle était bien sûr fatiguée, et il était temps qu'elle retrouve le confort du manoir pour pouvoir donner à ses bébés les meilleurs soins possibles et leur permettre de passer l'hiver qui s'annonçait.

La jeune mère leva la tête vers son marin de mari qui passait devant elle, son tricorne sur la tête et son irremplaçable mantel bleu marine sur le dos :


- Trilo, mon cher amour, je vois déjà l'église de Kastell Paol! On en devine la flèche... Combien de temps nous reste-il jusqu'à Brest ? Une journée ?
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Annaell
    [Pointe Saint-Mathieu, à l'entrée de la rade de Brest]


Le parchemin s'enroula sur lui-même et tomba dans la mer, échappé des doigts d'Annaell.

Accoudée au bastingage, la jeune femme plaqua les mains sur son visage, enfonça ses ongles sous ses cheveux, serra sa tête le plus fort possible et tenta de retenir ses larmes... Peine perdue, l'eau salée roulait déjà sur ses joues en sanglots sans pitié, et Annaell se laissa glisser assise sur le pont en entourant sa tête de ses bras, les épaules secouées de pleurs et de hoquets de désespoir.

L'oiseau messager s'envola, peu concerné.

Sur le parchemin qui déjà prenait l'eau, abandonné dans le sillage du navire, la signature d'un curé de Flandres.

Un acte de décès.

Celui d'Astrid.

Sa petite soeur.

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Annaell
    [Manoir de Kermeur, le lendemain, sur le sentier menant à l'abbaye de Plougonvelen.]





Annaell marchait avec lenteur, écoutant crisser ses souliers sur les pierres du sentier. Le vent chahutait sa robe et sa coiffure, s'insinuant dans les plis pour les ouvrir et les faire claquer, se faufilant dans la moindre ouverture pour faire frissonner la peau.

L'on entendait les moines de l'abbaye prier. Leur chant liturgique, grave et lent, résonnait sous les hautes arches de pierre.

Dans sa longue robe noire, la jeune femme faisait triste figure. Son visage se leva vers les hautes portes de l'abbaye lorsqu'elle y fut parvenue ; et elle les poussa pour entrer. Les voix, plus fortes et plus nettes à présent, emplirent son âme.

Elle s'agenouilla à même le sol dans l'abbaye, et pria pour le salut de l'âme de sa défunte petite soeur, Astrid.

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Trilo
Trilo rejoignit sa compagne sur le chemin menant à l'abbaye. Il ne pouvait la laisser seule dans ce moment de tristesse. Dans quelques jours, ils allaient échanger leurs voeux, c'était donc son rôle que de la soutenir dans toutes les épreuves de la vie. Sans rien dire, à part un regard compatissant, il prit son bras pour l'accompagner.
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Annaell
Trilo était là, à la sortie de l'abbaye. Présent et discret. Annaell passa son bras au sien, reconnaissante, et lui offrit un petit sourire.

- J'aimerais aller en Flandres me rendre sur la tombe de ma soeur
, lui dit-elle doucement après quelques instants de marche.
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Trilo
Toujours à ses cotés.

Je m'en doutais ma dame. J'ai commencé à faire préparer le Duché 1. Ce sera plus rapide et moins dangereux de passer par la mer. Nous pourrons partir à la prochaine marée.
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Annaell
[Quelques mois plus tard]

La nuit froide de l'hiver était tombée depuis plusieurs heures déjà sur la Bretagne. Dans la noirceur à peine éclairée par la faible lune, on entendait des voix et des éclats de rire portés par le vent. Sur le grand cheval bai d'Annaell, la jeune femme et son petit frère riaient aux éclats, emmitoufflés ensemble dans une grosse couverture de laine épaisse. Le garçon était assis devant sa soeur, le nez rougi par le froid, et tenait fermement les pans de la couverture autour de lui.


- Regarde, regarde ! Et là, on dirait un gros rat ! faisait Annaell à David en désignant du doigt la forme vague d'un nuage éclairé d'une lumière pâle.

- Et celui-là, tout allongé !! C'est un ver de terre !

Quoi de meilleur pour se retrouver que de chevaucher sur la lande en pleine nuit, seuls et libres de s'amuser, pour un frère et une soeur qui ne se sont pas vus depuis plusieurs années ?
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Daviid
Le voyage depuis les terres de ses parents l'avait épuisé. Il se laissait aller, pensif dans les bras de sa sœur. David préférait regarder la mer, après tout, des nuages il avait pu en voir des tas durant son voyage depuis la Champagne. Le garçonnet aurais voulu fermer les yeux, mais, la présence de sa sœur Annaell, ses rires et le mouvement du cheval le maintenaient éveillé.

Doucement, il leva le bras et pointa sa petite main vers l'océan.


Dit ma sœur, tu m’emmènera sur l'eau s'il te plais?

En disant cela, David sera son autre main sur celle d'Annaell, pour se rassurer. Son calvaire prenait il enfin fin?
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Annaell
Annaell sourit en l'entendant et embrassa ses cheveux. La petite main du garçon posée sur la sienne, qui tenait les rênes de sa monture, l'émut... Elle n'avait pas vu David depuis plus de cinq ans, son retour lui réchauffait le coeur.

- Trilo est capitaine d'un beau navire... Un vrai, un grand... Nous irons l'explorer ensemble, si tu veux.


Ho, Annaell connaissait déjà tous les coins et recoins du Duché1, mais elle était prête à tout pour faire plaisir à son petit frère. L'automne n'était pas encore trop avancé et ils pourraient même aller faire un tour vers les grottes de Morgat avant que les tempêtes d'hiver n'empêchent les sorties de plaisance.

La jeune femme resserra autour de David la couverture qui les entourait.


- Nous arriverons bientôt au manoir.

L'enfant s'endormait déjà.
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Roselalie
Les remords d'un prêtre ...


La vieille Roselalie se trouvait bien loin de la mer tumultueuse, Bien loin des landes venteuse de Brest, Bien loin du manoir des Kermeur. Elle était là où elle avait toujours été, tel un vieille arbre indéracinable, à Reoz, à s’occuper de ses paroissiens. Son monde pouvait sembler tout petit, surtout pour des gens de la mer qui s'offraient le luxe de l’infini de l'océan et du reste du monde. Mais elle chérissait sa petite ville et son église. d'ailleurs prendre soin des Rillettes lui prenait déjà tant de temps et d'énergie, qu'elle se prenait de vertige et de malaise rien qu'à imager le reste du monde et les hommes qui le composent.

Pourtant, si la vieille Abbesse ne voyageait jamais, elle aimait accueillir les voyageurs et écouter leurs histoires. Elle était fasciné et curieuse de l’humanité, et était toujours ravie de découvrir de nouveau spécimen. Ainsi, il y a quelque mois, elle fit la connaissance des spécimens humains Annaell et Trilo. Elle nourrissait une forte sympathie pour le couple, aussi, quand ils lui avaient écrit pour lui demander de les marier, elle fut ravie de pouvoir préparer ce sacrement avec eux. Pourtant, comme à chaque fois que l'on parle du reste du monde, elle est prise de vertige et n'arrive plus à se libérer de ses obligations d'abbesse.

Un matin... une nuit... il y a peu, mais aussi depuis un petit bout de temps... peu importe... elle pensait au jeune couple qu'elle n'avait toujours pas pris la peine d'aider. Elle leur écrivit pour s’enquérir de leur nouvelle et de la santer de leur âme.





Ma très chère Annaell et mon bien cher Trilo,

Cela fait bien longtemps que je n'ai plus de vos nouvelles. Je suppose que comme moi, vous devez être pris dans les remous incessant de la vie. Je prie Dieu pour qu'il veille sur vous et vos enfants.

Je voulais savoir où était rendu votre projet de mariage ?
Je sais vous avoir demander de me laisser un peu de temps. Mais je me souviens aussi vous avoir demandé de me solliciter à nouveau si je trainais trop. En effet, il faut faire avec l'énergie et la mémoire d'une vieille dame.

souhaitez vous toujours que je vous guide vers cette voie ?

Que le très haut vous protège !

Mère Roselalie de Nauériels, abbesse de Reoz.

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Annaell
Ce matin d'octobre était frais mais lumineux. Annaell s'étirait paresseusement devant sa fenêtre, encore en robe de nuit, regardant Trilo partir à cheval pour travailler au conseil. En bâillant, elle sonna sa vieille servante puis plongea son visage dans le broc d'eau qui l'attendait sur la commode.

Quelques instants plus tard, Margaux entra, suivit d'une toute jeune fille. Tandis que la plus vieille s'approchait directement de la garde-robe de sa maîtresse pour l'habiller, la petite s'approcha :


- Madame, un courrier est arrivé ce matin de Reoz.

Annaell prit le message et s'assit pour le lire, écartant de son visage ses épaisses boucles noires. Un sourire éclaira son visage.

- Allons Margaux, aide-moi vite à m'habiller, je vais répondre à mère Roselalie.

Une fois que la grand-mère lui eut passé sa robe, Annaell se hâta de rejoindre son bureau et de prendre la plume pour répondre au pli.



    - Chère Roselalie,

    En effet nous ne nous sommes pas vus depuis bien longtemps. Notre projet de mariage est hélas pour le moment arrêté pour la plus stupide des raisons : la cérémonie a commencé mais le curé Thrandhuil n'est jamais venu... Nous sommes donc bêtement à l'attendre chaque jour devant l'église de Brest, et il ne vient point. Si vous veniez à trouver un moment pour bénir notre union, je vous avouerai que cela me soulagerai grandement. Messires Kante et Clodeweck sont au courant de la situation mais je ne connais point la teneur de leurs discussions. Je suis attristée que notre mariage se trouve encore mis en suspend pas le fait de l'Eglise elle-même...

    En espérant une réponse positive de votre part,

    Bien à vous,

    Annaell de Kerloc'h

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Daviid
Les ballotements du cheval le berçait et David avait fini par s'endormir dans les bras de sa sœur, réconforté, heureux. Le garçonnet se prit à rêver d'aventure sur la mer, parcourant l'océan, loin, loin vers l'ouest.

Peut être un peu trop loin d'ailleurs. Le bateau voguait depuis plusieurs lunes déjà, l'équipage était fatigué, les rations alimentaires se faisaient rare, le vent jouait tant qu'il pouvait avec les nerfs des matelots, calme pendant des jours, laissant le navire dérivé ou violent à démâter. Cet après midi là était plutôt calme, mais un bruit de plus en plus fort de chute d'eau se faisait entendre. Soudain la voix de la vigie se fit entendre "
Le bout du monde!"Le barreur fit tout ce qu'il pouvait, mais le bateau continuais inexorablement sa route pour aller tomber dans le vide.

David cria de toute ses forces.


mamannnnnnnnnn nonn.

Il se réveilla, en sueur, dans le lit ou on l'avait installé.
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Roselalie
Rose reçoit le courrier d'Annaell, la tristesse qu'elle ressent pour ses deux enfants se lis sur son visage. Elle répond sans tarder à Annaelle



Ma chère enfants,

Que d'épreuves vous devez traverser tous deux. mais sur tout ne perdez pas la foi, ni en dieu, ni en notre sainte Église.

Je suis contente que vous ayez envisagé de vous marier en halle, Je vous avais en effet expliqué l'importance que j'y portais. Et je suis au combien navrée qu'il y ait eu un nouveau contre temps. Je prie pour que Brest gagne rapidement un prêtre qui sera être là au quotidien pour guider ses paroissiens.

En tout les cas, je ne suis pas revenue sur ma parole d'accepter de célébrer avec vous votre unions devant le très haut. Et l'enthousiasme que j'ai à préparer cette cérémonie, lié à l'affection que je vous porte à tous deux ne s'est pas amoindrit avec le temps. Or il se trouve justement, que je me suis libéré un peu de temps à Rieux. Voulez vous que l'on prépare ce mariage ensemble ? histoire de remplacer tous ses aléas par une belle cérémonie ?

Les enfants sont une bénédiction de dieu après le mariage, mais les votre sont déjà là et vous unisse déjà en famille. Aussi j'ai une petite idée qui je l'espère vous plaira. Vous savez sans doute que l'on ne baptise pas les enfants, car il faut être conscient de son engagement pour le faire. Mais la semaine dernière j'ai béni les jeunes enfants de Reoz. Allez voir, si la cérémonie vous plait, on pourrait imaginer de bénir vos enfants après votre mariage.

J'espère sincèrement ma fille que vous accepterez mon aide. Et que malgré les difficultés vous serez vous rappeler que la patience, la souplesse et l'humilité sont des vertus apprécié du très haut.

Que le très haut vous garde

Mère Roselalie.

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Annaell
La main d'Annaell se mit à trembler en lisant la lettre... Recommencer une troisième fois les préparatifs de la cérémonie ? Se déplacer à Rieux alors que le droit canon stipule que le mariage doit avoir lieu dans leur ville de résidence ? Devoir reprendre tout depuis le début, publier de nouveaux bans, faire revenir des invités qui ont plusieurs semaines de route pour venir et qui se sont déjà déplacés deux fois pour rien ?

Cela n'était pas possible.. Alors que leur mariage druidique s'était déroulé sans la moindre anicroche, dans la joie et la bonne humeur, entourés de leurs amis, voilà que le mariage religieux, encore une fois, n'était rien de plus qu'un obstacle à leur amour et à leur vie de famille.

Ce n'était plus seulement la main d'Annaell qui tremblait, mais son corps tout entier. Elle lâcha la lettre, et c'est dans un gémissement angoissé qu'elle s'effondra sur le sol et perdit connaissance.

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