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[RP] Un écrin pour mes joyaux.

Finn
[Angers – Sous les pavés, les cendres.]


Jour noir à marquer d'une pierre blanche que celui-ci. Un bain de sang dont on percevait encore l’écho lancinant, des principales artères jusqu’aux venelles de la capitale archiducale frappée du sceau royal. Les relents nauséabonds de corps calcinés, enchevêtrés les uns sur les autres, agressaient le plus aguerri des odorats tandis que les souvenirs cruels du massacre hantaient même ceux qui n’avaient plus l’usage de leurs yeux.

Au sein de cette harmonie macabre qui s’instaurait inlassablement après chaque bataille, le vieux briscard progressait, le front bas, à travers les murs des remparts. Observant depuis la hauteur de ses tours coiffées de créneaux déconfits les cendres fumantes du théâtre des horreurs de la guerre, l’homme se faisait songeur, voire soucieux. Il n’est pas de bataille que l’on n’oublie mais celle-ci était d’un autre ordre encore. A moins que le seul fait d’avoir assisté à la chute de son plus proche camarade ne l’aiguilla en ce sens, assombrissant davantage la vision qu’il conservait de l’épisode.

Qui était-il ? Si ce n’est cet obscur seigneur parmi tant d’autres déjà fort petit en Béarn et qui plus est hors de ses terres. Seul le lien qui le rattachait à son maigre bout de montagne importait, celui qui l’unissait non pas à la Reyne, mais à cette Reyne-là. Bien mal lui en avait pris de subordonner celle à qui il devait tout au rang de simple observatrice de ses fantaisies, au mépris des fondements les plus élémentaires de la vassalité. L'orgueil ! Voilà quel était le mal qui le rongeait à présent de l’intérieur, lui imposant cette toux permanente, cette fièvre insidieuse qui ne l’abandonnait que pour revenir parasiter plus sûrement alors le cours de ses réflexions. En somme, un doux aperçu du châtiment divin.


Son cheminement le conduisit à l’intérieur du donjon au sein duquel s’était établi la Compagnie. Un bref passage au chevet du Chevalier de Bouillon gravement entaillé le retarda dans sa course au dortoir, lequel accueillait deux jeunes types que le désir de gloriole avait attiré sous le Lys. Des natures prometteuses que l’appât du gain écartait du juste sentier, bien que parfois escarpé, de la discipline pour quelques herbes douces que l’Irlandais leur obtenait en gage de leur discrétion. Bien heureux étaient les exploitants du mal inconnu qui décimait leurs rangs.

- « Messieurs, c’est le moment de vous distinguer. », déclara-t-il avant les passer en revue d’un pas leste. « Il se trouve un colis en la bonne ville de Saumur qui réclame votre attention la plus absolue. Une belle plante aux pétales blancs, certes un peu flétris sous le poids des années, mais qui conserve toute la verve bariolée de racines profondément ancrées dans un terroir dont il vaut mieux tout ignorer. Vous la trouverez en cherchant les chopes qui volent. »

Demi-tour droit, main tendue dévoilant un pli cacheté.

- « Présentez-lui ça de ma part. »

La Couille Glabre a écrit:
Chère amie,

Nous sommes partis du mauvais pied.
En vertu de la main secourable qui vous a été autrefois tendue, acceptez, je vous prie, cette invitation cordiale à palier aux erreurs du passé. Vous me devez bien ça.


FdP

PS : Je suis au regret de vous apprendre que notre ami commun aux zygomatiques atrophiés mais à la lame néanmoins sûre est tombé, ce jour, au champ d’honneur.

- « Et… Tâchez de vous montrer convaincants. »

Quelques détails supplémentaires furent peaufinés autour d’un index pointant une zone dégagée entre Angers et Saumur où prospérait, d’après ses souvenirs, un petit établissement hôtelier sans grande prétention qui abriterait sans mal leurs pieuses confidences.
Et à la paire de cerbères qu’une sombre corrélation génétique attifait du même pyjama de chair de se hâter vers l'exécution de leur besogne.

Evaluant qu’en quelques heures il rallierait le point de rendez-vous sans mal, l’Irlandais décida de prendre un peu d’avance. Vieille habitude adoptée par prudence que celle de reconnaître le terrain avant une entrevue qui se pourrait houleuse.


- « Gae.. », balbutia le vieux seigneur avant de réaliser que son page, lui aussi comme beaucoup d’autres, n’était plus des leurs.

Il ne lui restait plus qu’à sceller sa monture, seul.
Astana
[Saumur — La guerre du coté Pile]


Loin des combats de la capitale s'érige une toute autre forme de lutte : la guerre contre l'Ennui. Plus dur qu'on ne le croit, de ne pas en crever dans une ville où morosité semble rimer avec absurdité. Des choses, des gens. La rengaine est égale à elle-même. Alors, l'attente, au même titre que la cicatrisation, se fait lancinante. Hier est abandonné aux mémoires défaillantes de ceux qui ont trop espéré. Et puisque les dés ne sont plus jetés, roulent, s'immobilisent et repartent sans cesse, alors le temps se prête à la réflexion.

Et quel meilleur endroit que l'Amer pour tout ceci ? À peine la mercenaire en arrêt maladie ouvre-t-elle la porte, qu'on lui gueule un « Réflexe ! » et qu'elle est forcée de se baisser afin d'esquiver une chope volante. Ambiance ! Les sourcils se froncent, et la Danoise de scruter son bouge à la recherche d'un Irlandais en planque. Au lieu de Ça, elle y débusque deux jumeaux aux trombines qui ne lui reviennent pas, et de la bleusaille apeurée qui lui échauffe déjà les esgourdes. Sans commentaires.

Pendant quelques minutes, l'Archiblondeur observe sa clientèle d'un oeil torve, tout en s'affairant à tuer une boutanche de whisky sortie pour l'occasion. Ils se prennent le bec ; un vrai dialogue de sourds. Mais qu'est-ce qu'on s'en fout, de vos griefs et doléances, les gars ! Du moins, on s'en fout... jusqu'à ce que la question qui est sur toutes les lèvres depuis des semaines ne lui soit posée. « Et vous, vous êtes de quel coté ? », demande la bleusaille. Une chope envoyée valser juste au dessus de sa tête sert de réponse. Seuil de tolérance zéro.

Allez crever, et m'faites pas chier !

Un vif intérêt trahit immédiatement les deux crétins restants qui s'approchent tout net de la blonde. Ils ont l'air finauds, comme ça, à la reluquer en faisant une fixette sur sa tignasse.

Je crois que c'est elle.
Il a dit qu'elle était flétrie.

Quoi ?! Mais je ne suis p...
Ah oui, alors c'est peut-être pas elle...
Mais elle quoi ?!

Et puis le poids des années, quand même il est vache, elle a l'air jeune.
Non regarde, elle a des rides sur le front.
OH !


Une seconde chope vole. Les frangins se consultent d'un regard puis finissent par opiner de concert. L'un d'eux lui tend une missive cachetée dont elle s'empare d'un geste sec. À mesure qu'Astana prend connaissance de son contenu, sa mine s'assombrit et sa bouche affiche une grimace de circonstance.

Faut qu'on vous emmène avec nous, il a dit.
L'Anjou m'aura tout fait...


Soupir. De toute évidence, ils ne repartiront pas les mains vides. La Danoise est peut-être suicidaire, mais qu'à moitié. Parfaitement consciente qu'elle est de sa condition physique et de ses maigres chances de pouvoir se tirer sans y laisser des plumes, elle opte pour la solution raisonnable.

Je vous suis.


**

Lorsque les trois silhouettes montées apparaissent aux abords de l'auberge, l'après midi est déjà bien entamée. C'est méfiante comme pas deux, et pourtant toujours sans poser de questions, qu'elle pénètre dans l'établissement vêtue d'une cape de voyage. S'assurant d'un coup d'oeil par dessus l'épaule que les siamois de bas étage n'entrent pas à sa suite, la blonde se détend... pour mieux gueuler. L'Irlandais est bien là, avec sa gueule appelant au meurtre. Chose qui a le don de la mettre encore plus sur les nerfs. Elle vrille.

Vous me faites trimbaler par deux pas doués jusque dans la pampa angevine ET en plus, vous osez me balancer comme une fleur qu'Humbert est tombé au combat ?! Je dois rêver, là ! Vous mériteriez que j'vous fasse bouffer vos dents !
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Finn
[Treuga Dei.*]


Lourd d’une huque enveloppant son harnois d’acier entre d’épaisses fourrures, l’homme avait gagné l’assommoir et s’était échoué à une table en fond de salle. Rien de tel qu’un lieu étranger aux deux parties pour une rencontre en terrain neutre. La faune ambiante ne présentait qu’un intérêt transitoire pour le vieux soldat à la mine basse. Lui, de même, les scrutait sans jamais s’attarder sur une seule des trombines grêlées qui fournissaient son chiffre d’affaire à l’établissement de campagne. Rien que des habitués et pas une trace de la furie Danoise.

Un soupir résigné ponctua sa tranquille gestation au milieu des ivrognes avant que n’accoucha de ses mains ferrées un petit tas de cartes qu’il s’employa alors à démanteler dans un silence religieux. Les fondations d’une bâtisse s’érigeaient bientôt, en appuis sur les veinures du bois de la table. Fragile édifice qui retenait toute sa concentration, et son souffle avec. A l’image de ses connexions avec le monde extérieur, la structure de papier s’effondra, rompant une première fois l’équilibre précaire dont il s’était appliqué à le doter. L’Irlandais évoluait dans un monde sans attaches et, comme beaucoup, ne s’en plaignait pas. Ni ne s’en vantait. Point carriériste, il s’était laissé porter par de plus puissantes volontés que la sienne, se liant le temps d’un profit. Une politique opportuniste qu’il suivait avec un manque flagrant d’ambition. Tels ces précieux petits disques à la sonorité caractéristique que l’on se plaisait à échanger et à se dérober, voilà un homme qui passait de mains en mains avec la plus grande inconstance. Pourtant, de trahison il n’était pas question. Peut-être par simple manque d’occasion.

La version la plus probante imputait à l’œuvre du temps les concessions faites aujourd’hui à ses valeurs premières. Ces dernières à la fois dépourvues de principes et, d’un autre côté, si profondément emblématiques de sa nature véritable. Le temps, donc, l’avait placé à l’abri du besoin, lui avait confié des terres, une femme, et bientôt une descendance. Que restait-il du désinvolte porte-glaive se suffisant à lui-même ? Bien peu. Et tant à la fois.
A présent, il lui fallait considérer son environnement au-delà de sa seule personne. De cette occurence naissait une évidence : la crainte. Celle distillée par le spectre du désordre, de la remise en cause de ce qu’il avait acquis. Peur d’être spolié de tout ce dont il n’avait jamais osé rêver mais que le sort lui avait placé entre les mains d’un « Fais-y gaffe, c’est fragile. ». Ainsi, la perspective d’une fin précoce entre quatre planches avait changé de goût. Et les évènements récents l’exhortaient à se frayer un chemin dans la masse des vivants.

Alors que la figure de la reyne se fichait délicatement au sommet de la chapelle de cartes, un vent de jeunesse effrayante balaya sa méditation d’un revers de langue insolent et d'un claquement horripilant sur les tomettes du dallage. L’invitée tant attendue pointait le bout de sa trogne et le fustigeait du regard. Le sien, avachi sur sa construction réduite en un amoncellement de chiffres et de têtes couronnées épars sur la table, releva la provocation d’une contraction du sourcil contre son voisin inerte. Et de se hisser afin de porter les prunelles par-delà la Scandinave pour s’apercevoir que les jumeaux lui avait faussé compagnie. Le petit personnel...


- « De grâce, Danoise ! Faites la queue ! », se courrouça l’homme d’arme avant de se radoucir sensiblement en l’invitant d’un geste conciliant à prendre assise à sa table.

En désamour avec les breuvages locaux, l’Irlandais se fendit d’un don gracieux adoptant la silhouette d’une bouteille emplie d’un liquide ambré fleurant bon l’insularité de sa terre. Un whiskey d’importation atterrit entre deux godets disposés là à bon escient.


- « Ne vous formalisez pas de mes manières cavalières et buvez plutôt. Je ne vous ai pas conviée dans ce trou à rats pour qu’on s’balance des fions toute la journée. », expliqua-t-il en prenant son temps pour servir. « Vous devez avoir toutes sortes d’occupations autrement plus palpitantes, comme torcher le cul de vos odieux blaireaux. »

Raté. Pour la convivialité, on repassera.

- « Quant à moi, j’ai mes propres soucis. Tenez. »

Une petite aumônière d’une vingtaine de pièces placée sous les serres du grigou glissa jusqu’au verre de l’archiblonde. Gage de confiance ou chausse-trappe? A toi de voir, Mercenaire.


*Trêve de Dieu
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Astana
Lippe retroussée et l'air sévère, la racaille Danoise s'amène en traînant de la patte, maugréant dans sa langue natale. Une fois arrivée devant l'Irlandais et la chaise tirée d'un geste aussi sec qu'agacé, elle s'y assoit, allongeant d'office sa jambe meurtrie par le voyage. Mauvaise idée que de chevaucher des heures avec une quille encore convalescente. D'une main, Astana abaisse la capuche cernée de fourrure lui dissimulant à moitié le visage, avant de défaire l'attache même de sa cape pour s'en alléger. Si dans un premier temps, l'archiblondeur l'écoute sans sourciller ni même exercer de remarque - chose suffisamment rare pour être soulignée -, elle ne peut qu'arquer un sourcil face au gage mollement lancé sous ses yeux. Alors seulement, les prunelles grisâtres prennent le temps de dévisager leur interlocuteur.

Hum.

L'air soucieux qui barre la trogne du Cazayous ne lui dit rien qui vaille, et obtient pour conséquence un très net froncement de sourcils. Non pas qu'il semble coutumier des élans jouasses et des franches rigolades, ni même que ses airs railleurs offrent quelque répit à celle qui se dresse sous ses yeux, mais... Définitivement, quelque chose cloche. Quelques doigts pianotent sur le bois de la table en souffrance, pendant qu'elle cogite. L'alcool pouvant très certainement aider à trancher, c'est sans gêne que la Danoise s'empare du verre pour s'offrir une gorgée ambrée. Et un raclement de gorge plus tard :

Cela n'excuse en rien vos manières aussi rustres que mon arrière grand-père, ni votre façon de m'entretenir de l'état d'Humbert.

Dit-elle en désignant d'un geste du menton l'aumônière disposée à son bon vouloir.
Le sérieux et l'amertume du ton disparaissent bien vite au profit d'un sourire gouailleur.


Dans quel genre de guêpier vous êtes vous fourré pour vous abaisser à demander les services d'un vieux tas d'viande avariée ?

Petit clin d'oeil qu'il saura reconnaître, détendons l'atmosphère.

Je dois être votre dernier recours. N'est-ce pas ?

Ou pas. Remuons le couteau dans la plaie, tant qu'on y est.
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Finn
A peine la diva des neiges se fut-elle effeuillée et daigna accorder à l’avance monétaire toute l’attention qu’elle méritait qu’il regretta l’avoir amenée à lui. Le piège n’était vraisemblablement pas tourné du bon côté et se refermait sur lui aussi sûrement qu’il se crispait sur la poche de cuir servant d’appât. Prêt à se lever sans adieux ni merde, l’Irlandais revoyait ses priorités, se tassant au contraire au fond de sa chaise comme un vieux pudding abandonné.

Fallait-il réellement en passer par là ?
En passer par Celle-là ?..

L’allusion à son aïeul qu’il reçut comme une attaque personnelle le tira de sa torpeur mélancolique. Comme elle y allait ! Pour peu, elle l’enterrait avec la vaisselle de maison ! Et la voilà qui le narguait maintenant sans vergogne d’une canine révélée par cette lippe atrocement culottée. Son irrévérence n’avait d’égal que la sienne, sans doute pouvaient-il s’entendre.

Une profonde inspiration gonfla son poitrail comme un soufflet alors qu’il dévisageait sa vis-à-vis comme l’on jugeait d’un interlocuteur de valeur. Des concessions étaient nécessaires s’il souhaitait trouver un terrain d’entente. La femelle avait flairé la bête aux abois, isolé qu’il était, ces derniers temps, face aux corbeaux qui s’acharnaient à le toiser d’un vol de mauvais augure. Plus encore avec l’alitement d’Humbert.

Posément, les griffes de fer se désolidarisèrent de leur prise sur l’aumônière pour empoigner le godet d’étain. Une lampée solennelle accueillit les derniers estocs de la Danoise. Et, armé d’une assurance fébrile, l’Irlandais se torcha les babines du poignet avant de contre-attaquer la fleur à l'épée.


- « Humbert va bien. Rien de grave. », parvînt-il à articuler péniblement.

Un pieux mensonge, ou plutôt un pas vers elle.

Le flegme, dernier rempart restant à sa fierté pour supporter le cuisant échec que celui de reconnaître qu’il n’était pas de taille. Qu’il criait à l’aide comme un garçonnet croyant percevoir dans ses rêves les sinistres couinements de la charrette de l’Ankou.

Wig ha wag ! Plus le temps de tergiverser, l’Irlandais !


- « N’allez pas vous dénigrer au point de considérer que l’on puisse uniquement faire appel à vos talents en désespoir de cause. »

Piètre raillerie ! Zéro pointé, l'Irlandais.

- « Et vous savez bien de quoi il s’agit. N’avez-vous point constaté comme il m’était aisé de m’attirer l’ire de mes semblables ? Si vous en doutiez, les seules foudres de votre mustélidé devraient vous en assurer. »

Il s’égarait, tournait autour du pot sans oser y plonger ne serait-ce qu’un doigt.
Etait-ce à ce point difficile ? Oui-da.
Avare en pécune comme en confession, la tâche ne pouvait être plus ardue.
Pourtant, le fallait-il ? Oui, mon capitaine.
Le guêpier était peuplé d’épines et il s’y aventurait malgré lui à l'aveugle.
Toujours ces volontés supérieures…


- « En somme, rien de grave. », conclut-il inconsciemment avec la même gravité que pour le sort du chevalier de Bouillon.

Un regard charbonneux désespérément limpide malgré ses efforts accrocha la grisaille caustique du sien en une nouvelle demande muette.

Allez soyez gentille, acceptez sans faire d'histoire...

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Astana
Un pas en avant, trois pas en arrière.

Bien sûr, le sujet avait été mis sur le tapis, déjà, quelques semaines auparavant. À vingt-deux écus la journée, la Danoise lui offrait son épée, le temps que ça durerait. Des paroles en l'air qui semblaient s'être matérialisées en un accord palpable et légèrement bancal entre les deux parties. Du moins, du côté de l'Irlandais. Pourquoi maintenant ? Et lorsque le Doute s'insinue...

Rien de grave ?


Le temps vient à la réflexion. L'Astana observe ses choix précédents au détour des veines qui serpentent, bleuies, le long de ses avant bras. Un mauvais, de part ses conséquences malheureuses ; un regretté, inachevé, abattu en plein vol ; un autre obscur, inavoué et pécheur. Des choix comme des parties perdues dans un jeu qui perd ses règles et ses enjeux. Qu'adviendra-t-il de celui-ci ? Les regards se soutiennent, se jaugent un peu. Curiosité. Aussi sûrement que Finn a crispé la main puis relâché toute prise sur la poche de cuir un peu plus tôt, Astana avance la sienne, semble hésiter quelques instants puis referme ses doigts sur du Rien. À quelques centimètres de l'aumônière.

Sans confiance, ne reste plus que l'instinct.
Instinct qui lui dit que cette histoire pue.


Alors, s'il n'est question que du courroux de votre entourage, vous vous en êtes très bien sorti jusqu'à présent. Vous n'avez pas besoin de moi.

Une ample gorgée lui crame la gorge. S'en suit un bref signe de tête, et la voilà qui esquisse un mouvement pour se lever, s'appuyant sur la table.

Vous devriez jouer cartes sur table, Finn...

Regard désapprobateur.


Pour une fois.
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Finn
Que tu ne me facilites pas la tâche, Mercenaire…

Sa solde boudée, l’éclopée se préparait à plier bagages.
Si l’or ne l’achetait pas, quelle solution restait-il ?
La menace ? Certainement pas avec cet animal-là.

D’un geste brusque, l’Irlandais flamba une autre coulée du nectar dans la coupe de son invitée.
Tentative vaseuse de gagner du temps.


- « Restez. », commanda-t-il malgré lui d’une voix enrouée par le malt.

Conscient que son seul bon vouloir ne suffirait pas à gagner le cœur de cette nature cabocharde, le vieux seigneur s’appuya contre le dossier de sa chaise pour fouiller la doublure de son épais manteau. Ses doigts extirpèrent de la couche d’étoffe poussiéreuse un vélin fermement replié sur lui-même qu’il poussa en sa direction. Une première carte venait d’être posée.

Discret sur ses affaires passées, celle-ci autorisait pourtant un doute raisonnable sur l’une d’elle. Et pas des moindres. En cet instant, la langue d’ordinaire si prodigue préférait s’effacer derrière quelques mots silencieux griffonnés à la va-vite dont il n’était même pas l’auteur. Plus facile, sans doute.


- « Cet Archipoète de mes deux ne manque pas de souffle. De toute évidence, ses élucubrations auraient semé leurs graines malfaisantes chez certains esprits crédules ou affaiblis par la peine, et rapprochent l’heure de mon glas. »

Soupir de circonstance, autrement dit hypocrite.

- « Cela semble-t-il assez grave pour vous ? », questionna le Gaélique que l'ironie faisait sourire jaune.

Pas le choix. Non de gaîté de cœur, il transigeait avec la pudeur maladive qu’il s’était contraint d’observer jusqu’ici. A une personne près, qui aurait pu discerner le vrai du faux ? Les brigands qui le mettaient en porte-à-faux en se gargarisant des rumeurs qu’ils colportaient ? Ces bonnes gens de Saumur auprès desquels il s’était assuré de laisser le souvenir impérissable d’un inoffensif bien incapable de commettre un tel acte ?

Mais elle qui n’osait sortir du bois sans être avertie de ce qui l’attendait derrière, serait-t-elle également de ceux qui fouillent les vieux placards au risque de le regretter ?

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Astana
C'est moche d'acheter quelqu'un avec de la boisson. Mais ça marche. D'accord, un dernier verre et puis j'y vais, hein...
Tu parles ! À peine le temps de tremper ses lèvres dans le liquide qu'il glisse un papelard dans sa direction, ce vicieux.
Soupir. Verre reposé, dextre posée dessus, mine méfiante qui s'affiche lorsqu'elle plisse les yeux. Décidé à dévoiler la vérité ?


La Précieuse a écrit:
Le prince Charlemagne offre un anoblissement contre votre tête. Une affaire de meurtre, je suppose que vous devinez de laquelle je parle.

    Rose.


Si, dans les instants qui suivent sa lecture la ferrailleuse s'obstine à garder le museau baissé sur le pli, emplie par la bonne foi - l'heure n'est pas encore au respect - de ne pas lui rire à la tronche, elle ne peut que céder pour lui dédier son regard le plus moqueur. Et le rire sardonique de pointer le bout de son nez...


Ce qui est grave, c'est que mon prix vient de monter. Trente écus la journée, et ce n'est pas négociable.

Pas folle, la mercenaire. Risquer sa vie pour un assassin d'Irlandais à qui elle doit justement cette vie n'est pas une mince affaire. Fait qui la met toujours en rogne et qu'elle s'affaire à nier en bloc ; matin, midi, et soir. Un égo, ça se soigne. Autant s'assurer qu'un joli pactole sera à la clé ; trésor qui ne sera légué à personne, évidemment, si la Danoise venait à rendre l'âme en défendant l'infâme Cazayous. Tandis qu'en cas de succès... Bon. Le Réformé est avare, ce n'est pas une grande nouvelle. Le but ici n'est nullement de le mettre à genoux, bien que cette pensée soit plutôt agréable, mais bel et bien de lui signifier qu'un marché est envisageable. Est-ce suffisamment explicite, au moins ? Il faut bien commencer quelque part.

Vous n'avez pas assassiné n'importe qui pour qu'un Prince aille jusqu'à foutre une mise à prix sur votre sale trombine.

Mise à prix, anoblissement... même combat. Toujours est-il que la Danoise balaie sa précédente réflexion d'un geste, signifiant bien hypocritement que là n'est pas le sujet. Déterrer de vieux cadavres étant une de ses occupations favorites pour laquelle on lui trouve un certain don, il est bien évident que la Harpie fouillera. En temps voulu seulement. Non pas que la trahison fasse partie de ses maigres principes, mais une besogne n'est bien faite que lorsqu'on en connaît tous les rouages. D'ailleurs, en parlant de trahison...

Son visage portant encore les stigmates d'une récente lutte retrouve tout son sérieux. Et elle ose :

Qui vous dit que je ne lui apporterai pas votre tête moi-même ?

Qu'on sache où nous en sommes ! Qui te dit que tu peux me faire confiance ?
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Finn
Si tôt les prunelles de la Danoise glissées dans l’intimité du pli, l’Irlandais en sursis s’enquilla le fond de son godet d’une traite. Un regard englué dans l’alcool fouillait la salle truffée de potentiels gens de mains. Ou quand la paranoïa s’installa…

Le verdict tomba, raide comme la valeur qu’elle accordait à ses services. Fermée aux négociations, elle s’assurait l’accablement quasi instinctif du vieux ladre qui, par expérience, savait parfaitement que marchander avec celle-là n’aurait pour seule conséquence que de faire grimper de manière irrévocable les tarifs de cette lame à l’esprit mercenaire. Le museau du Gaélique se retroussa alors catégoriquement face à l’effronterie.

Après avoir fait montre des mêmes prédispositions que sa sœur à le railler promptement, la voilà qui enfilait la peau d’âne têtu de son épouse. Oh comme il aurait pu lui hérisser le poil jusqu’aux tréfonds du coccyx s’il avait ébruité une telle comparaison avec Rose. Mais n’étant pas en position d'imposer ses vues sur la situation, encore moins de poser ses conditions, il se borna à une écoute passive.

La surprise vînt du fait qu’elle semblait tout ignorer de la menace qui pesait sur lui, ce qui le ramena à de meilleurs sentiments. Peut-être demeurait-il dans ce désastre pour ses finances une quelconque chance de reprendre le dessus. Qu’elle s’ouvrit à la perspective de rafler la mise accordée par le commanditaire n’était, en soi, pas si renversant. Le contraire l’aurait davantage étourdi, voire déçu quant à l’intellect qu’il croyait déceler chez la Scandinave.


- « Vous m’rappelez ma femme… L’ulcère de mes finances. »

Voilà qui était fait.

- « Je vous confirme, je n’ai pas étripé Jo l’clodo dans une sombre ruelle en sortant acheter du lait. », ironisa-t-il, ragaillardi par son manque de curiosité. « Etant donné que vous vous mouvez avec la grâce d’un coléoptère empaillé, je ne me fais pas trop de souci. Ma sale trombine n’est pas prête d’être déroulée sur le bureau de ce gamin par vos soins. », s’avança-t-il bien imprudemment en rectifiant un rivet sur son gantelet. « Mais dites moi, oseriez-vous décemment vendre la peau du plus proche ami d’Humbert pour quelque contrat dont la véracité ne dépend que des dires de Rosalinde ? »

Question cruciale, en vérité, même s’il ne semblait y accorder aucune espèce d’importance tant par son ton badin que par la légèreté de ses propos.

- « Et puis, franchement, vous vous voyez à la tête d’une tripotée de grouillots plus sots les uns que les autres ? Tenir une maison ? Si c’est la vie de famille qui vous fait trépider, faites marcher vos ovaires ma vieille. », ricana sobrement le vieux singe.

Point trop n’en fallait et loin de lui l’envie de la voir déguerpir sans demander son reste comme elle avait failli s’y laissé tenter
.

- « Si j'ai pu vous éclairer sur ce point, pourriez peut-être m'éclairer à votre tour en songeant à me donner votre patronyme, Prune ? »
_________________
Astana
[On ne badine pas.... avec le boulot !]


L'incrédulité naît bien vite sur le faciès danois. À mesure que le Seigneur Pacotille la provoque et l'insulte, l'air blême fait place à une expression courroucée, rougie. Non content de la comparer à son épouse plus-précieuse-tu-meurs, il l'achève à grand coup de « Va ma fille ! Épouse, fais des marmots et crève la gueule grande ouverte ! », le tout saupoudré d'un Humbert par-ci, d'une Rose par-là. Si bien que lorsqu'il la regarde ainsi, attendant une réponse, elle est au bord de la crise de nerfs. Déconfite.

Une petite mise au point s'impose.


Hold kæft ! *

Oui. Ça vrille vite, une bestiole pareille. Et toute mauvaise qu'elle est, n'ayant pas encore retrouvé l'assise de son siège, elle fait un pas vers le papiste au poil grisonnant, un index menaçant pointé dans sa direction. C'est alors que le ton hausse, et que les paroles deviennent mordantes.

Premièrement, je serai toujours plus gracieuse que Vous, ou votre femme bientôt enceinte jusqu'au ongles.

Qu'on rétablisse la vérité, au moins ! Un pas, puis un autre.

Deuxièmement, je ne suis guère de celles qu'on enchaîne à une famille. Alors gardez vos fantasmes pour vous.

Ça, c'est dit. Son ultime pas la mène tout près du Cazayous. Si près qu'elle pourrait l'attraper par le col de sa maudite huque, et...
Poc, fait l'index tant agressif qu'agresseur contre son maudit harnois. Poc.


Troisièmement, ramenez encore UNE fois Humbert sur le tapis, et vous prierez les millions de saints que vous avez pour que je vous achève vite. Oubliez le chantage affectif avec moi.

Nulle tolérance, non, quant à l’évocation du Savoyard dans leur affaire. Certes, la Danoise se livre dans le même temps, avouant à demi-mots son affection pour le fameux atrophié des zygomatiques. Mais si c'est un passage obligatoire à leur bonne entente, soit. Ce point-ci étant très certainement celui sur lequel elle se montrera intransigeante. Sa main leste en attestera. Poc. C'est à ce moment précis que la dextre empoigne son col pour s'assurer qu'elle a bien toute son attention. Et le museau de se rapprocher, l'air peu amène.

Compris, Finn l'Pommier ?!

Hochement de tête. Sans cérémonial, elle lâche prise, et va même jusqu'à lisser les menus plis de sa huque nés de cette brève altercation. Et le visage de la blondeur des neiges de se fendre d'une ombre de sourire. Ou comment passer du blanc au noir en quelques secondes. Tout un art.


Astana.

C'est mon Nom.

Tu vois j'fuis pas. J'reste là.



* Boucle(z) la ! en danois.
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Finn
Limpide.

La bougresse savait se faire entendre. Sa vindicative mise au point eut raison des dernières réticences du vieux seigneur. Aussi, en dépit d'une mémoire plus percée qu'un fromage helvète, l'Irlandais tâcherait de s'en souvenir. Car il fallait se rendre à l'évidence, c'était pas demain la veille qu'ils se tomberaient dans les bras comme deux vieux compères mais une certaine forme d'entente matinée de quelques discordes périphériques était envisageable.

Le sourire retrouvé de l'archiblonde en témoignait. Affirmer que cette petite gueule d'ange hissée sur deux bras et deux jambes plus raturés qu'une copie de moine tremblotant était encore plus laide ainsi saturée de bienveillance aurait était pure mauvaise foi. Même pour lui. Pour autant, un tel élan de bonhomie portait ce quelque chose un rien effrayant. Comme un mauvais présage.
Heureusement, les prophéties ne possédaient pas la foy du Gaélique qui leurs préférait le défi de les ignorer, voire de les braver en toute impunité.

Quelques têtes s'étaient tournées vers le duo de négociateurs en pleine brouille, visages troublés qu'il rassura d'un geste. Signe sans équivoque que tout allait bien, les esprits échauffés par le brandevin pouvant se montrer si prompts à s'exalter au moindre prétexte et ainsi céder à la tentation de se chiffonner. La causerie n'était pas encore terminée.

Un raclement de gorge signa l'arrêt des hostilités, en même temps qu'il retrouvait contenance.


- « On a son p'tit caractère, hein ..? », tempéra-t-il en s'abreuvant d'ivresse maltée.

Nouveau raclement du gosier, décisif celui-ci.

- « Prune Astana, je vous embauche. », décréta-t-il alors.

Non un sourire, plutôt un regard rieur perçait sous ses sourcils poivres et sels.

- « A présent, parlez-moi un peu de vous. Je réalise bien tristement que je ne sais presque rien de votre passé, mis à part ce qu'Hum..tel ou untel dit de vous. Votre enfance, par exemple, ne fut-elle point douloureuse ? »
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Astana
Entre-temps la blonde a retrouvé sa chaise, adoptant la posture décontractée de ceux qui viennent de conclure une bonne affaire. Verre en main, elle observe son Employeur sans gêne aucune, bien déterminée à se faire une idée complète du personnage ; bien que celle-ci soit déjà bien avancée. Cogitation relativement vite mise à terre par une rectification à apporter. Le Cazayous semble comprendre vite, mais il faut lui expliquer longtemps. L'âge sans doute. Alors l'Astana dans sa grande mansuétude, concède à lui faire la leçon, une fois encore.

Non. J'accepte d'entrer à votre service, c'est bien différent. Et c'est Astana. Tout court.

Grande joueuse sur les mots qu'elle est. Ton léger, à peine plaisantin, appuyé par des yeux tout aussi rieurs que les siens. Un levé de coude plus tard, la mercenaire s'imbibe de whiskey, parfaitement détendue. Jusqu'à ce qu'il mette le doigt sur un sujet particulièrement sensible qui l'oblige à marquer un temps d'arrêt. Aphone. L'espace d'un instant, ses yeux se font hagards, tandis qu'une expression amère déforme les traits de son faciès. Si d'ordinaire, la Danoise peine à se dévoiler, elle rechigne encore plus à parler d'une enfance passée au sein des terres gelées du Danemark. Certaines plaies, dit-on, restent à jamais béantes. Ça bloque, ça lui reste coincé en travers de la gorge, à tel point que l'archiblondeur se voit dans l'obligation de terminer son godet pour retrouver la parole.

J'ai passé mon enfance loin d'ici, c'est tout ce que vous avez à savoir.

Réplique crachée, venimeuse.

La bête se redresse dans un semblant de dignité en se raclant la gorge, et se confectionne un air goguenard inventé de toutes pièces.


Vous en avez de drôles, Vous. Votre prochaine question ça sera quoi ? "Combien de partenaires avez-vous eu" ?

S'emparant de la bouteille cruellement délaissée, Astana ressert leurs verres et va même jusqu'à s'offrir le privilège d'une longue gorgée avant de faire claquer sa langue.

Moi, j'ai une question pour vous, ou plutôt un fait à vous exposer. N'escomptez pas me définir comme votre garde du corps. Il va falloir que vous me trouviez un titre plus sonnant. Des idées ?

Et la mine, très sérieuse, de l'engager à poursuivre.
C'est vrai, quoi... "Garde du corps" c'est d'un commun !

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Finn
    Écrin : (Figuré) Ce qui contient, qui entoure, une chose, une personne, précieuse ou jolie.
    (Wiktionnaire)

Encore cette impertinence, sans parler de ce souci névrosé du détail. Il s'en étonnerait donc toujours.

- « Soit. »

Il n'était pas dit que l'Irlandais n'aurait pas le dernier mot de l'enchère.

Muette comme une carpe l'espace d'un instant, l'inquiétude se substitua au soulagement de ne plus se sentir ainsi épié par la Danoise. Si elle ne digérait pas le bon malt, ça allait mal se mettre. Mais non, elle buvait, préférant étancher sa soif à défaut de la curiosité du Gaélique. Lequel ne s'en formalisait pas, reconnaissant chez cette grande gigue arrogante un semblant de pudeur pas dégueulasse du tout.

Léger ricanement à la suite, bien vite interrompu par l'interrogation légitime qui tarabiscotait sa nouvelle employée. Sourcil froncé, l'Irlandais chercha l'inspiration dans son godet d'ambre liquide. Son corps n'était plus que carcasse en sursis déjà fort altérée par les âges et la guerre, ne comptait plus que ce service trois pièces qu'il consacrait à l'érection d'une descendance.


- « Sonnant... Écus... Éc..rin... Bijoux.. joyaux... », marmonna-t-il dans sa barbe. « Que diriez-vous d'être l'Écrin de mes 'joyaux' ??! »

Et se levant pour prendre la noble assemblée de poivrots à témoin, le vieux Cazayous présenta sa braguette de fer à sa vis-à-vis, le plus sérieusement du monde.

- « Il va vous falloir leurs prêter serment. »
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--Passepartout


Devant l'auberge, en compagnie des jumeaux ...


Et voilà, mission accomplie ! Sa Dame serait contente d'avoir les nouvelles tant attendues ... ou pas.
Non, l'Irlandais n'était pas mort.
Oui, il était en mesure d'écrire.
Non, il n'était pas parti.
Oui, il était en compagnie d'une jolie femme.

Plusieurs jours qu'il avait retrouvé sa piste, et qu'il sympathisait à grand renfort d'alcools en tout genre avec les deux gars missionnés, qui aimaient à parler à tort et à travers. On en apprenait des choses auprès des saoulards. Bien sûr, il fallait faire le tri et repérer les exagérations, mais la recherche avait porté ses fruits.Et il allaît être grassement payé.
Tentant de récupérer encore quelques indices, il restait accoudé à cette porte qui le séparait de l'endroit de la rencontre. Aurait-il une preuve que le sieur se payait du bon temps ? La lourde porte ne laissait guère passer les mots et les accents, aussi, revint il aux jumeaux et demanda t'il, non sans leur faire passer une fiole, et les avoir brossés au préalable dans l'sens du poil :


- Il vous en faut du courage pour rester dans l'froid pendant qu'les deux là s'prennent du bon temps ! Vous mériteriez quand même d'être à l'intérieur, assis au coin de l'âtre. Il ne l'a pas payé pour plusieurs jours au moins ?
Astana
[À l'intérieur, entre adultes consentants]


Douteux. Tendancieux. Hors du commun. À la limite du pervers. Parfait, en somme.
Puisque le doute plane déjà au dessus de leurs têtes, autant l'y enfoncer un peu plus.


Écrin de vos joyaux. Ça sonne bi...en.

C'est avec stupeur que la Glaciale découvre un Finn couplé d'un profond courage qui lui dévoile son matos. Pour sûr qu'elle pourrait lui crier : « Couvrez cette braguette que je ne saurais voir ! », mais au lieu de ça, elle se contente simplement d'arquer un sourcil curieux. Faudrait être sacrément dingue pour croire que la Danoise s'abaisserait à une telle chose. Il ne peut être sérieux. L'espace d'un instant, elle s'imagine tapant la causette d'un air solennel avec la coque de fer. Vision qui déclenche son hilarité la plus totale tandis qu'elle déplie sa carcasse pour lui faire face.

Ha ! Ha ! Ha ! Vous avez mangé un bouffon au petit déjeuner ?

Une petite tape sur l'épaule, familière au possible, l'encourage.

Non, vraiment, là je vous félicite Finn.

Et comme l'Astana va pour prendre congé, jugeant que l'entrevue a bien assez duré, elle effectue quelques pas en direction de la lourde. Il ne lui faut pas long pour traverser l'établissement sous le regard intrigué des résidents locaux. Mais alors qu'elle s'apprête à sortir sans demander son reste, le regard est happé par une scène au dehors. À travers le carreau, l'on peut voir les Sosies accompagnés d'un type louche. Ça cause avec de drôles d'airs. Nulle surprise, donc, à ce que la bestiole se retourne fissa vers l'Irlandais pour demander :

Dites, il est à vous le machin qui discute avec vos jumeaux, dehors ?
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