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[RP Fermé] Intimité .....dévoilée

Hegide_iliard
A l'heure où j'écris ces lignes, il ne sait pas que j'ai commencé ce livre.

Il sait, parce que je lui ai dit, que je vais l'écrire.
Il en connait le titre car c'est lui qui l'a choisi, au point près.
Il sait aussi qu'il n'est adressé qu'à lui et que je n'accepterai aucune autre intervention que la sienne, bien que je sache qu'il ne le fera pas, et pour cause... sauf s'il le voit avant son départ peut être.
Nous savons que je n'utiliserai pas mon véritable nom pour ne pas être entravée par l'idée qu'on me reconnût. Il ne connaît pas encore le nom que j'ai choisi, mais le connaissant et me connaissant, je sais qu' il trouvera bien.

Ce que je ne sais pas, c'est si je serai autorisée à laisser ce livre dans cette bibliothèque, le temps de l'écrire. Je ne sais pas si les gardiens du temple viendront ou pas déchirer des pages, effacer des passages ou me sanctionner pour outrage à la bonne morale ou à la pudeur.
Je tenterai, du mieux que je peux, de me conformer aux règles. Sincèrement. Je ne serai pas volontairement insolente, ce n'est pas le but.
Toutefois, ne nous leurrons pas. Je ne suis, ni Chrétien de Troyes, ni membre de la Pléiade et encore moins la future Thérèse de Lisieux. L'unique chanson de gestes que je serai capable d'écrire sera la notre, avec ses discordances, ses maladresses, ses images parfois crues et j'espère toute sa force.

C'est pour moi un programme ambitieux, peut être même irréalisable tant il me demandera de discipline et de rigueur à me dévoiler.

Ce sera en quelque sorte ma reddition.
Hegide_iliard
leçon n°1710-0

- Que faites vous ?
- Rien..... juste gouter votre bouche avant de prendre la route........... nous avons un sacré travail à faire pour nous entendre........ rien que pour échanger un baiser......
- ..... Donne moi ta langue, j'aime te sentir t'abandonner
- ........... Alors profite........ tu es en train de posséder ma bouche, en as tu conscience ?
Hegide_iliard
[Qui... de nous deux ?]

Du plus loin que je me souvienne, nous nous sommes toujours étonnés de ce monde dans lequel nous évoluions.

Arrivée ici par un pur hasard, je n'avais pas le recul, ni aucune expérience d'aucune sorte sur ce qui m'attendait ici.
Contrairement à toi, aucune autre vie avant celle là. Aucune sorcellerie de petite soeur ou cousine éloignée ayant perdu la mémoire non plus.
Rien.
J'étais vierge.
Totalement.

La vie était réellement une découverte au quotidien et j'allais de surprise en surprise. Tout d'abord, l'organisation au quotidien : les tâches obligatoires, comme manger, travailler pour ne pas crever furent rapidement intégrées et mises en pratique. Chaque jour, je m'apprêtais avec soin, veillant à ce que tout soit en place : braies, chemise assortie, chausses discrètes. Je me tenais bien droite et souriais poliment à tous les passants que je croisais dans les tavernes, disais "bonjour Messire", "Enchantée Dame" et rendais ma tournée si on m'en avait offert une avant.

Rapidement, je m'aperçus qu'il fallait que je donne plus, que les gens n'étaient pas uniquement là pour échanger des politesses et des banalités sur le prix du pain au marché. La ville était remplie d'hommes et de femmes qui arpentaient les rues, uniquement là pour satisfaire leur besoin de reconnaissance intellectuelle, leurs pulsions sexuelles ou l'envie de faire du mal tout simplement.
Par chance, j'avais tellement une idée merveilleuse du monde, que la plupart du temps tout cela me passait au dessus. J'avais suffisamment de répartie pour envoyer bouler les lourdingues, c'est à dire 98 % de la population. Fort heureusement les 2 % restant étaient répartis sur l'ensemble du royaume et je n'avais donc pas à en subir trop les attaques.

Une Bonne Âme, à qui je m'ouvrais de ce constat déplorable, me conseilla de ne pas rester isolée, de rejoindre un groupe ou une "famille".

Ma chérie, seule, tu es une proie trop facile, il faut te protéger. Je te propose d'intégrer ma maison. Ca ne t'engage à rien. Je ne te demanderai rien de plus que ce que tu fais actuellement. L'unique différence résidera dans le fait que les passants verront que tu fais partie de nos gens et te foutrons la paix.
En contrepartie, tu auras un chaperon qui t'éduquera, te formera et assurera ta protection.


Ainsi, je fis apparaître Al. instrument de repli, garde-fou ou garde chiourme selon le moment, confidente, éducatrice, modèle de vertu et de rigidité.
Je marchais, soumise, sous sa houlette. Elle intervenait, dominatrice, sous la mienne.

En me mettant les fers, elle me poussait à vouloir désobéir. Plus je désobéissais et plus elle punissait, le cercle devenait vicieux et m'imposait une discipline et une audace qui devinrent rapidement des automatismes.
Elle m'autorisa toutes les cruautés, et je savourais seule, à ce moment là, le plaisir de plier ceux qui se croient supérieurs à vous.
Ma vie prenait un tournant. De passive et second rôle, je devenais actrice principale et je voulais être l'héroïne de l'histoire.

Al. était-elle le mentor que tu remplacerais plus tard ? Assurément oui. Mais j'en avais la maîtrise cependant et je n'hésiterais pas à la détruire, pour te faire de la place, au moment où nous déciderions que nos chemins devaient se rejoindre.
Plus tard, cette même passion pour la traque et le piège nous ferait vivre des moments délicieux d'observation mutuelle, de partage et d'union dans cette soif de domination... de haine et un immense amour aussi.

Qui menait qui ? Qui tirait les ficelles ? Toi ? Moi ? Nos marionnettistes aussi retors et capricieux que nous ? Les gens autour de nous qui tentaient d'utiliser notre duo à leur profit ? je pense que la partie se jouait à quatre et que nous nous nourrissions du reste.
Hegide_iliard
Leçon n° 2310.0

Baby did a bad bad thing*


Je le regarde remonter d'une taverne où il vient de laisser une fille pantelante dans l'attente d'un baiser.

De mon coté, quelques minutes plus tôt, j'avais laissé les yeux d'un type profiter du froufrou de ma jupe, du frôlement de mes mains remontant sur mes bas, sans qu'à un seul moment je ne l'autorise à me toucher.

Nous n'avons rien manqué des agissements de l'un et de l'autre, nous postant tour à tour à la fenêtre de notre chambre pour savourer le spectacle.

Il nous sert un verre d'alcool.

Le verre d'ambre à la main, je passe une jambe par dessus l'accoudoir de velour du fauteuil. Ma mule se balance dans le vide, à peine retenue par le bout de mes orteils.
L'autre jambe repose négligeament au sol et je bascule ma tête de l'autre coté du fauteuil, légèrement en arrière. Le velour de l'accoudoir vient caresser ma joue pendant que je lui offre mon cou. Il laisse descendre sa langue le long de ma gorge la mordille, aspire ma peau, me dévore de baisers chauds et humides. Il goute ma peau, s'enivre de mon parfum. Je sens mon coeur pulser dans mon cou au contact de ses lèvres brûlantes. Sa langue fouille ma bouche.

Il vient ensuite cueillir mes lèvres et en savoure la douceur. Les siennes sont plus dures et je les reçois en frémissant. Puis le bout de sa langue vient courir sur l'ourlet de ma bouche, m'électrisant. Il gronde sourdement, me force à lui faire un passage pour qu'il lèche mes dents, mes gencives, me fouille.

Tu as été une vilaine fille....... lache t il d'une voix sourde en griffant mes cotes. Ma peau se marque de sillons rosés. Je grimace de douleur.
.... Tu m'as manqué....


[Cheffe Aldraien
Merci de traduire tout ce qui n'est pas en français, cf Règles d'Or. Bon jeu.]


et parce que je suis disciplinée : * Bébé a fait une vilaine, vilaine chose
Hegide_iliard
Je venais de rompre avec mon premier compagnon.

Un ancien soldat, chargé d'escorte qui s'était proposé pour me ramener lors d'une de mes missions de marchande et qui voyant mon attitude béate et dévouée décida de m'enlever à ma Bonne Âme.

Le type venait de quitter une poêtesse qui m'en voulut beaucoup pensant que j'étais responsable de son malheur.
Si elle avait su comme ce type avait peu d'importance à mes yeux.
Amourette de pacotille, il me lassa très vite et je l'abandonnais au bout de quelques jours, même pas un mois si mes souvenirs sont bons.

A l'ancien soldat succéda un politicien qui avait les bonnes grâces de la Bonne Âme avec qui il s'isolait parfois pour traiter d'affaires privées.
Il négocia mon mariage avec elle. Lorsqu'elle me l'apprit, je ne sautais pas au plafond, je n'eus pas l'enthousiasme escompté ce qui contraria beaucoup ma Bonne Âme. Elle était furieuse de ma désinvolture.

Elle me giflait à toute volée. Devant lui, qui observait le manège sans un mot. Je ne sus jamais s'il était stupide ou s'il s'en fichait. Je ne pense pas qu'il y prenait plaisir. Je crois qu'il voulait simplement une jolie plante.

Puis, comme à chaque fois, pour se faire pardonner, la Bonne Âme me chuchotait des mots très doux et réconfortants qui apaisaient mon chagrin et ma honte de la décevoir.

Hégide, ma chérie, tu vas l'épouser pour te faire une situation et ensuite tu pourras prendre des amants... discrétement. Tu sais, toutes les nobliotes font ça.
Tu accompagneras ton époux et seras mon ambassadrice.
Al sera toujours là pour te guider mais ne perds plus ton temps avec une telle... fadeur...


Ce mot sonnait comme une insulte. Il déformait son visage lorsqu'elle le lachait. C'était, à ses yeux, le pire défaut qu'on puisse trouver dans un être humain : la fadeur.

Ca devint aussi ma hantise. Je me jurais de ne jamais plus m'abandonner à la fadeur.
Hegide_iliard
Leçon n°2410-0

- On y est presque...
- ... presque oui...
- j'aime à ne pas avoir à t'expliquer le mot "presque"...
- ... non là, tu n'as pas à m'expliquer.... pas à moi... Presque Hegide... presque... laissons nous le temps... profitons.
Hegide_iliard
[Milonga]

Comment se fait il que ce jour là, je sois entrée dans la taverne où la Bonne Âme prenait son apéritif ? Ce n'était pas mon heure habituelle et je la savais souvent occupée à ses affaires à ce moment là. Donc, à ne pas déranger.
Sa présence dans cette taverne était si incongrue que je me dis qu'elle devait avoir eu une contrariété et que peut être, elle aurait besoin de se défouler.
J'entrai.

Elle était négligeamment accoudée au comptoir, sublime, comme toujours. De ma vie je crois que je n'ai jamais vu de femme si resplendissante, si autoritairement magnifique et impressionnante.
J'entrai donc, les yeux grands ouverts, prête à recevoir son immense regard qui me couverait et me ferait sentir exister.
Elle n'eut même pas un regard pour moi.
Elle était trop occupée à rabattre le caquet à un coquelet qui tentait de lui tenir tête. Je n'entendais rien de leurs échanges au début et restais silencieuse.
J'étais habituée à ses coups d'éclat et la voir démolir un gars trop arrogant était devenu quelque chose d'ordinaire. J'aurais pu, tant j'avais appris d'elle, dire, au même moment, toutes les répliques, toutes les paroles acerbes et tous les mots vexants qu'elle allait prononcer.

J'étais postée entre elle et le prétentieux, légèrement en retrait. Mon attention entièrement tournée vers elle, je n'avais pas encore regardé son interlocuteur assis à l'autre bout de la taverne. Et soudain, elle hésita et en un coup d'oeil à peine esquissé, son regard me signifia qu'elle avait assez usé de salive et me passait la main.

C'est à ce moment là que, dans un lent mouvement de tête d'elle vers toi, je te découvris.
Au ralenti.
Mes yeux se posèrent d'abord sur tes cheveux noirs ébène dont une mèche rebelle venait tomber entre tes yeux qu'on devinait affutés, prêts à en découdre.
Tu souriais doucement.
Un long silence qui se fit alors.
Dans la ligne de ta machoire marquée par l'ombre bleue d'un rasage qui devait dater de la veille, je lus toute la détermination, toute l'effronterie et l'insolence cynique d'un homme que rien n'arrête, ni le nombre, ni la condition de celui ou celle qu'il affronte.
J'en eus le souffle coupé l'instant d'une seconde. Le temps de me reprendre, un battement de paupière plus tard. Je me présentai pour faire diversion.

Ta voix me frappa de plein fouet. Comment n'avais je pas prêté attention à ta voix, la minute précédente ? Sans doute parce que tu n'avais pas encore parlé et que j'étais uniquement axée sur la Bonne Âme.
Le velouté de son timbre contrastait avec l'insolence de tes propos et je me dis que les silences que tu laissais par moments, cette retenue quelquefois, juste avant de lui dire des horreurs avec le sourire, devaient cacher force et violence.
Tu maîtrisais chaque mot, le choisissant avec soin, lentement, enrobant de miel le rythme des piques que tu lui envoyais. Ce n'était pas un chiot que j'avais face à moi, ni un louveteau comme on en croise souvent. C'était un danseur de tango, capable dans le même temps de susurrer une romance à une femme et de lui faire les poches.

Je pris le relais de la Bonne Âme qui sut, à cet instant.... et bien avant moi, qu'elle me perdait ce jour là et quitta la taverne, furieuse.

Ca me plaisait déjà.

Des gens entrèrent il me semble.

Nous dansions. La première leçon pouvait commencer.
Hegide_iliard
Leçon 2906.0

Il est tard.

Je me suis endormie sur la banquette pendant que mon futur époux débat, dans l'alcôve qui jouxte la mienne, avec ses amis, sur le thème des prochaines ducales...A moins que ce soit sur la spéculation sur le blé de l'équipe municipale...

Tu t'approches, nonchalament, un verre à la main et prends appui sur le dossier, à l'extrémité de la banquette. Puis, tu laisses descendre ta tête vers la mienne et viens caresser mes lèvres humides du bout de ta langue avant de les aspirer sous les tiennes dans un baiser ardent.
Ta main se glisse sur ma nuque pour intensifier ton baiser, ta langue tente de se mêler à la mienne.

Surprise, je sursaute et te repousse.

J'entends les voix de mon fiancé et des hommes avec qui il parle. Il suffirait qu'il tourne à peine la tête pour qu'il te voit penché sur moi.

- Que faites vous ?! Vous êtes fou !
- Rien. Vous vous étiez endormie je crois.
- Vous profitez de la situation ?
- Que voulez vous.... Vos lèvres sont un appel aux baisers.

Je me redresse et jette un oeil à coté. Mon fiancé est toujours aussi absorbé par sa conversation.

- Vous auriez dû continuer.................... Refais le moi.
Hegide_iliard
Selon la volonté de la Bonne Âme, Al. m'avait d'abord éduquée, puis instruite.
A coups de trique, elle m'avait fait rentrer l'étiquette, la bienséance, les bonnes manières, me faisant répéter inlassablement mes leçons et les règles. Je pouvais citer le dogme - et accessoirement comprendre ce que je citais- je pouvais entrer dans toutes les cours, me fondre dans tous les cercles. Jouer les ingénues comme les femmes savantes ou les maîtresses de maison accomplies.

J'étais prête.

Tu ne restas que quelques jours dans notre ville, tes obligations te rappelant dans ton duché selon tes dires.
La Bonne Âme avait préparé tout un stratagème pour te piéger, vexée d'avoir perdu au jeu du plus fort. Vexée aussi que j'aie pu prendre plaisir en ta compagnie.
Juste avant ton départ, elle fit organiser un repas durant lequel je dus m'employer à te faire perdre ta superbe et piétiner ta vanité.

Ceci servira d'examen final. Si tu y parviens, tu pourras aller dans le monde, libre et je ne te parlerai plus de mariage.

Galvanisée par l'enjeu, je m'attelai à la tâche.
Le repas était parfait, mon attitude fut totalement détestable vis à vis de toi, je profitai de chaque brèche, de chaque hésitation pour retourner la situation à ton désavantage. J'agissais comme on me l'avait appris, excluant tout état d'âme, toute compassion ou pitié.

Bonne Âme, drappée dans son orgueil, ne parut même pas au repas mais observa de loin.

De ton coté, tu me méprisas ce jour là, et partis le lendemain sans un mot.

Mais la vengeance n'était pas terminée. Restait encore à punir la mauvaise élève.

Bonne Âme me fit venir. J'accourais évidemment dès le premier appel, déjà heureuse de lui montrer comme je l'aimais et comme j'avais bien mené ma tâche à son terme.Un frisson de plaisir parcourut mon échine lorsque je franchis sa porte. Je m'inclinais profondément puis levai les yeux sur elle.

Son regard glacé me doucha immédiatement.

Hégide, c'est mal ce que tu as fait. Tu es allée trop loin. Je n'ai pas consacré tout ce temps et toute cette énergie pour que tu perdes ton temps avec un homme qui ne m'apportera rien, hormis des ennuis avec les duchés voisins.


Je la trouvais si injuste ! Elle soufflait le chaud et le froid et voyant que je perdais mon assurance et me décomposais, enfonça le clou, anéantissant ce qui me restait de fierté.

Je veux que tu ailles le revoir.... et que tu t'excuses pour ton audace et l'insolence des propos et gestes que tu as eus envers lui... Mais ! Je veux également qu'il n'y ait aucune ambigüité et qu'il oublie ensuite ton existence. Sois convaincante car je m'assurerai auprès de sa duchesse qu'il ne te porte plus aucun intérêt.
Ensuite, tu iras épouser ton fiancé.


J'étais effondrée. Je devais tirer un trait sur ma liberté pour quelques heures d'amusement que j'avais eues. Je devais faire fi de mon amour propre et me rabaisser au mépris de toute dignité.

Elle me brisait mais pouvais je la blâmer ?

Je rentrais chez moi, prenais une plume et un velin et t'écrivais la lettre la plus humiliante qui m'ait été d'envoyer, te demandant d'avoir l'obligeance de me dire où je pourrai te rencontrer pour te présenter mes excuses.
Hegide_iliard
Règle numéro un : ............. ne pas s'attacher
Règle numéro deux :........... partir tant qu'il est temps
Règle numéro trois :........... se méfier de soi même
Hegide_iliard
Avant même de franchir la porte de cette grange, j'étais furieuse. J'avais ruminé toute la soirée cette maudite lettre, la mort dans l'âme.
Ma colère était immense. Comment avais-je pu ne pas anticiper la réaction de Bonne Âme ? Comment avais-je pu me laisser aller à tant d'exagération dans mes actes. J'avais voulu bien faire. J'avais voulu montrer de quoi j'étais capable, faire un étalage de mon talent, prétentieuse que j'étais et je n'avais pas réfléchi aux conséquences !
Elle m'avait piégée, me montrant ainsi qu'elle était toujours maîtresse du jeu, qu'elle était suzeraine et moi si mauvaise vassale.

Je pris une grande inspiration et franchis l'entrée de cette grange. Il faisait déjà chaud, la matinée était bien avancée et le soleil de ce mois de juin cuisait déjà mes épaules et ma nuque.
Ce fut ce qui me poussa à pénétrer plus avant.
L'air brûlait à l'intérieur et la poussière volait dans les rayons de lumière que le soleil traçait à travers le tuiles disjointes du toit. De longs traits dorés éclairaient l'intérieur du bâtiment, éblouissant certains endroits et en laissant d'autres dans une semi pénombre.
Afin qu'il n'y ait pas de malentendu sur mes intentions, je laissais les battants de la porte grands ouverts.

Je restais assez longtemps à tenter d'habituer mes yeux et voir où tu étais.
Mes sens en alerte, je m'attendais à un grand rire, une explosion de colère ou même un lapin qui m'aurait laissée stupide et seule dans cette grange à moitié désaffectée et qui aurait été plus humiliant encore que tout le reste.
Il n'en fut rien et c'est là que tu me surpris. Tu étais adossé au mur près de la porte que je venais de franchir, une jambe repliée, le pied appuyé contre les planches de la paroi.
Tu détaillais mon dos, mes hanches, mes jambes, mon cul sans doute aussi. Je passais ma main sur ma nuque soudain parcourue de fourmillements, me retournais dans un réflexe et te vis.

- Tss.....
- Tss.....
Hegide_iliard
Leçon 1906-0


- Chuuut !
- Chutttt ou ... arrête .......... ?
- Chut... non ! ........ Arrête ! Il ne faut pas... On se déteste.
- Mhmmm... je te hais même...
- Ca ne marchera pas
- Non.... ça ne marchera pas du tout....
- Oubliez moi ! Et sachez que je n'ai toujours pas envie de vous !
- Tout comme je vous trouve insipide ! ... Et je ne fais que ça, vous oublier ! Je vous hais !
Hegide_iliard
In the wee small hours of the morning*


Nos rencontres allaient devenir quotidiennes, *dès les premières heures du matin.

La paix venait parfois nous envelopper de douceur.
Mais ces moments là ne duraient pas, tant nous étions sur la défensive pour tout ce qui nous concernait, nous. Ensemble. Ca n'était pas prévu au programme.
Il n'en étaient que plus précieux.

On se retrouvait sitôt qu'on en avait l'occasion ou que l'urgence s'en faisait sentir, à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.

J'appréciais la complicité qui nous liait. Nous étions au spectacle l'un de l'autre. Je ne perdais rien de tes ébats et suivais avec délectation chaque épisode des péripéties de tes culbutes. Pendant que j'écoutais tes récits, je faisais souvent attendre des gens pendant des heures et je les regardais s'agiter vainement pour tenter de me sortir de mes pensées.
De ton coté, tu étais capable d'abandonner une fille en pleine action pour venir, sitôt que tu voyais la porte entrouverte, te faire raconter un nouveau chapitre de ma vie, remontant tes braies d'une main et rajustant ta mèche de l'autre.
Ca nous faisait rire. On ne prenait même pas la peine de chercher des excuses. On avait "besoin" de se raconter et se faire secouer.

Cette grange était notre défouloir, un exutoire où nous venions quotidiennement soulager la violence que nous contenions ailleurs. Jamais nous n'aurions pu dire à nos compagnons respectifs le quart de ce que nous nous jetions à la figure ! Ils auraient fuit ! Horrifiés devant de tels monstres de calcul et de méchanceté.
Car, oui ! Ce qui nous plaisait, à nous, était d'appâter, amadouer et piéger. Nos victimes perdaient ensuite tout intérêt, si ce n'est l'espace d'un coït et encore...à condition que le ou la partenaire sache y faire... Ce qui était rarement le cas.
Hegide_iliard
Leçon n°2106.01

- Jouis d'abord... et je te prendrai Hégide... mais je veux te sentir jouir sous ma bouche. Je suis partout en toi là... Viens !
... Nous allons attendre que ton homme te déflore ...... avant que tu sentes ma queue te posséder ...... Ne tarde tout de même pas trop...
Hegide_iliard
L'Amour idéal ?

je déteste les courbettes affables, les manières empruntées exagérées, les mots ronds et doucereux qui dégoulinent hypocritement. Par contre, je suis passée maîtresse en la matière et sais me faire humble et jouer les ingénues si nécessaire. Je connais les manières qu'ont les hommes pour tenter de nous séduire : j'emploie les mêmes méthodes. Je connais aussi toutes les ficelles des femmes pour enrober leur proie : j'en suis une.

Cependant, j'étais également, dévorée par le doute. Je vivais comme un échec le fait de ne pas avoir su répondre aux exigences de la Bonne Âme et je ne savais pas si je plaisais réellement à mon fiancé, si distant, ou s'il ne voyait que l'intérêt financier de notre future union. Je me forçais à l'aimer, tentant de me persuader qu'il cèderait un jour ou l'autre et se dévoilerait enfin.

A chacune de nos rencontres, tu n'avais de cesse de remettre ce sujet sur le tapis.

- Alors ? et votre fiancé ? Toujours aussi délicat et attentionné ?

- Oui... assurément. Il ne manque jamais une occasion de me complimenter devant ses amis. Par contre, nous sommes rarement seuls...

- Cet homme est d'une élégance rare ! Profitez Hégide ! Vous tenez le bon !

Je t'aurais giflé. Avec ton tact légendaire, tu appuyais là où ça faisait mal et me poussais dans mes retranchements.

- Il n'est pas prêt.... Il n'est pas prêt !!! Il ne tiendra jamais !

- Il sait pourtant ce dont vous êtes capable puisqu'il a négocié ce mariage avec votre Bonne Âme. Il sait Hégide !

Je pleurais parfois. De rage. De ne pas obtenir ce que je voulais de ce politicien si froid qui pourtant me semblait si facile à atteindre parfois. Je rêvais d'un amour idéal et la seule image qui apparaissait à mes yeux était la tienne, ange déchu qui me regardait avec tes prunelles noires insondables... Alors je venais te chercher pour que tu me donnes ma dose de douleur et de frissons. Au moins, je n'avais pas ici à composer avec cette espèce d'indifférence qui m'était insupportable. Ici je pouvais me livrer avec toute ma hargne sans avoir à supporter uniquement des remontrances polies. Je cherchais la fureur en retour à mes extrêmes.

Ici je l'avais.
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