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[RP ouvert] Le lac d'Annecy

E_d_acoma_de_chenot
"Ma Solitude, que tu es bonne amie mais bien mauvaise compagne"

Plus qu'à tout autre moment, cet adage lui semblait vrai. Et pourtant, elle avait toujours su composer avec, au fil des années elle avait peaufinée une carapace de solitude qui lui allait à merveille, personne n'en décelait le poids sur ses épaules si elle ne décidait de la laisser apercevoir.

C’était le jour de la course qui devait opposer amicalement Dacien et Ambre. Non, elle n'irait pas. Il était inutile qu'elle y aille. Mais elle avait envie de se forger une image du jeune homme chevauchant à toute allure, après tout il deviendrait peut-être un jour chevalier si son caractère enflammé lui en laissait l'occasion.

Elle troqua les fichues robes qu'elle trainait depuis la démobilisation pour retrouver le confort d'un uniforme quotidien. Puis elle marcha d'un bon pas, contourna le dit lac où devait s'effectuer le départ de la course, pour remonter sur une colline ombragée de quelques pins et autres feuillus. Elle suivit le chemin tracé par quelques animaux en pâture et s’arrêta à une éclaircie où certains troncs avaient ete abattus par les bucherons. Ses fesses se posèrent sur un d'eux et elle observa l'horizon au loin, vers l'est, vers ces terres germaniques qui lui causaient tant de mélancolie.

Des cris provenant du pied de la colline attirèrent son attention et elle y porta son regard. Le vent portait les mots bravaches de Dacien et elle sourit en le suivant des yeux. Elle souhaitait tellement qu'il soit heureux, elle tentait maladroitement de l'y aider mais ils avaient du mal à se comprendre. Et pourtant, cette complicité entre eux était bien là, bien solide, mais elle avait trop de soucis pour que tout soit simple, trop de choses en tête, à devoir cacher, et il ne comprenait pas.

Elle étira ses jambes devant elle en soupirant. Elle espéra qu'ils ne passeraient pas trop à couvert et n'iraient pas faire le tour trop loin, qu'elle puisse suffisamment suivre leur performance depuis sa position. Un brin d'herbe glissa entre ses lèvres et elle patienta que le départ soit donné.

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Adelaide_
    Et de trois !En avant pour la Victoire !!!


Elle avait talonnée avec vivacité le flanc de sa fière Orage qui n'avait pas demandée son reste pour montrer combien elle n'avait pas envie de faire mordre la poussière à la Jeune Étoile.

Elle s'était quelque peu dressée sur sa monture pour épousée au mieux le chevauchement et ne part perdre appuis et s'assurer une chute à se rompre le cou, les doigts fins resserrés sur les rennes elle pouvait sentir le vent s'abattre sur ses joues et siffler à ses oreilles ...

La course était lancée et elle n'avait pas l'envie qu'un homme la ramasse à cette course son caractère était ainsi ne jamais démontrer à un homme qu'elle pouvait perdre sous ses yeux.

Premier virage abordé avec souplesse son regard se portant sur Dacien qui suivait la cadence de façon spectaculaire, il ne serait pas homme facile à abattre en ce jour ... Demandant un peu plus à sa monture elle baissait la tête avec agilité face aux petites branches qui entravaient leur chemin.

Attention aux branches ! Dacien ! Baisse la tête !

Elle lui avait lancée la phrase comme ça non sans aucunes arrières pensées de le faire perdre ou de détourner son attention de la course ...

Mais ils arrivaient dans un bosquet d'arbre aux branches basses et si il ne prêtait pas attention à l'environnement la chute serait cinglante... Se penchant sur l'encolure d'Orage comme pour lui souffler quelques encouragements son attention ne se portant plus que sur la course qui se jouait.
Dacien_de_chenot


Un sourire narquois étira ses lèvres lorsque la perfide lança sa monture avant de prononcer le 3 fatidique.
Il s’attendait bien à quelque forfaiture ignorant juste à quelle traitrise s’attendre. La jeune femme ne l’avait-elle d’ailleurs mis en garde qu’elle l’avait prévenu : « Tous les moyens seront bons pour assurer la victoire.». Ainsi donc il savait qu’elle n’hésiterait pas à tricher pour le vaincre.

Aussitôt jouèrent ses réflexes de cavaliers. D’une pression des jambes il força Atlas à prendre le galop restant bien en équilibre afin de libérer sa monture en évitant de se coucher sur l’encolure. L’animal s’élança, habitué à cette allure que lui imposait souvent son cavalier. Dacien aurait pu regretter d’avoir laissé Nox, plus fin et plus rapide, à Chambéry si, en quelques foulées le frison n’avait réduit la distance qui le séparait de la cavalière.
Le vent lui porta sa mise en garde contre de basses brindilles feuillues qui traversaient la sente. Une fois encore un sourire barra son visage : héhé ! une fois pas deux !
Sans doute espérait-elle ainsi lui voir réduire l’allure. Il encouragea Atlas de la position des mains. Il savait qu’il le forçait plus que de raison en arrivant dans le sous-bois. La raison eut voulu qu’il ralentisse d’autant qu’Ambre réduisait son champ de vision mais loin de céder à la prudence, il contraignait sa monture à des changements brusques de direction suivant la blonde cavalière. C’était un jeu un peu fou, un défi qu’il se lançait à lui-même, comme un besoin de braver le danger sans toutefois le provoquer. Comme un matador entre en l’arène car qu’importe la raison, seul le combat est beau.
Il vit Ambre se pencher sur l’encolure de sa monture avec délectation : c’était une erreur de débutant, ce mouvement ralentirait son cheval et rendrait son équilibre précaire.
C’était le moment de porter son effort : plus que quelque foulées et il la passerait, déjà elle devait sentir le souffle de la bête.

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Adelaide_
La course était lancée, les obstacles étaient évités au fil qu'ils arrivaient, le corps svelte de la Blonde épousait celui de la bête pour une danse aux accords parfaits, elle connaissait par cœur les chemins contournant le Lac, elle savait ou se situait chaque ornières et branches trop basses à éviter ..

Dacien filait au même galop qu'elle mais gagnait du terrain, elle lui laissait de la marge , il ne l'écoutait guère dans ses avertissements mais elle savait qu'au prochain virage une branche fatale pouvait le mettre en mauvaise posture et qu'elle pourrait prendre de l'avance sur la course.

Se redressant quelque peu pour redonner de la légèreté à Orage, elle talonna avec fermeté le flanc nerveux de la belle ce qui donna une secousse sous ses cuisses et une nouvelle salve de nervosité et étrangement elle l'entendit renâclait à la besogne ... Puis sans même que l'ordre soit donné Orage dévissa sur la droite et la Blonde eut tôt fait de comprendre que cela était pour éviter le danger d'une branche qui avait était foudroyé lors du précédent orage.

Ralentissant un peu la cadence effrénée de la course, elle lâcha dans une voix forte.

Dacien !! La Branche !!
Dacien_de_chenot


[Plus dure sera la chute*]


Eut-il été héros de légende qu'ablement il se serait couché sur la croupe du frison pour se relever glorieux une fois la branche passée. Las ! Du preux chevalier il n'avait que la monture. Les rêves aussi peut être...
Et lorsque brusquement la blonde crinière disparait pour laisser place à celle plus verdoyante d'un chêne séculier il est trop tard pour tenir compte de la mise en garde.

Dacien !! La Branche !!

Slaaaashhh !....


Adonques le bras se lève impuissant poussé par l’instinct de survie mais en vain quand tout arrive très vite de la vision à la douleur et à la chute.
La terre meuble a amorti la bûche et bien qu'un peu sonné, il ne ressent aucune douleur. Un soupir plus loin il se redresse déjà, sans doute un peu trop vite. Il ne doit de rester debout qu'à la proximité de l'arbre sur lequel il s'appuie et à la respiration lente et profonde à laquelle il s'astreint.
Quand enfin il se risque à rouvrir les yeux, il sent que sa vision est quelque peu troublée par le sang qui coule de son front, pourtant ce qui, pour l'heure, le préoccupe c'est ce qu'il est advenu d'Atlas.


*Titre d'un film de Mark Robson

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Adelaide_
Un coup d’œil pour constater les dégâts d'un Dacien amoché et du carmin coulant le long de sa tempe pour rejoindre sa joue, dans un geste rapide elle fit stopper Orage et entame un volte face pour revenir vers son ami.


Dacien ?!? Çà va ?!?


Sautant au bas de sa monture, elle s'approche de son ami le regard se fixant sur la plaie, puis tournant doucement les yeux elle chercha la monture..


Bon assied toi ! Je vais chercher ton cheval! Et interdiction de bouger avant que je ne revienne!


Le laissant là elle s'avança dans les bosquets, crénom de nom ! Ou pouvait bien se trouver cette maudite bête ! Comme si il était l'heure d'aller chercher après ! Quelques détours et enfin elle l'aperçut qui se baladait au bord du lac avec tranquillité sans plus se soucier de la course et même de son cavalier laissé en plan quelques endroits plus loin.


S'approchant doucement de la bête puissante qui en imposait bien plus qu'Orage elle effleura doucement l'encolure, le bout de ses doigts s'évadant sur la robe soyeuse et doucement saisit les rennes pour l'attirer à sa suite.

Allez viens on va retrouver Dacien..


Et c'est quelque peu fière d'avoir retrouvé le destrier qu'elle retrouva son ami, l'inquiétude était présente de le voir ainsi avec le sang sur la joue et une balafre qui s'annonçait pas jolie ..


Bon voilà ta bestiole, maintenant on peut s'occuper de toi?!?
--Dacien.de.chenot



A-t-elle crié ?
Sa voix lui fait l’effet d’un ouragan dévastateur qui vrille ses tympans se répercutant sous son crane pour exploser en nuances de rouge.

A-t-il l’air d’aller bien…
Il l’ignorait jusqu’à la question qui lui fournit la réponse. Visiblement il a sale gueule…

- Ça va… Retrouve Atlas…

Bouger ?
A mesure que s’égrènent les minutes le malaise s’intensifie même si la douleur reste supportable. Sa chemise s’est étoilée du sang qui a coulé mais sans doute que la plaie est moindre que déjà le sang semble se tarir.
Il s’est finalement laissé glisser dos collé à l’écorce rugueuse sur laquelle sa tête repose. Parfois il ouvre un œil pour vérifier que la danse arboricole a cessé, mais les arbres valsent encore. Son autre paupière semble collée par le sang qui a dû couler de son front.
L’attente ne dure guère. Soulagé de voir Ambre ramener sa monture il lui tend la main pour obtenir son aide, puis reprenant les rennes, doucement il caresse le chanfrein de l'animal.

- J’ai craint que tu ne le retrouves pas. Il est assez ombrageux, tu sais… c’est une chance qu’il t’ait laissé l’approcher.

Il porte sa main à son visage avant de continuer :

- Mum un peu d’eau devrait suffire non ? Je me sens déjà mieux. Dis-moi…. De quelle couleur la robe ?

Changer de sujet pour éviter celui qui fâche : les blessures sont supportables mais pire sont les soins ! Et comment mieux détourner l'attention d'une femme qu'en lui parlant chiffon ? Il espère seulement que ne lui viendra pas la fantaisie de le trainer chez tous les drapiers d'Annecy !
Seve_de_rouen


C’est la fin de l’été. Le soleil se fait pâle et rasant. Les arbres prennent des couleurs chatoyantes, chaudes, comme pour compenser notre manque de chaleur.

L’air est doux ce matin et une balade autours du lac me fera le plus grand bien. Silencieuse, perdue dans mes pensées, je flâne sur les berges. Il est encore tôt, trop tôt pour y voir qui ce soit.

Une journée de passée. Des retrouvailles. J’ai le sourire. C’est bon de retrouver un ami. C’est bon de rire et de pouvoir se laisser porter. J’observe, j’écoute, je tâtonne. Chaque nouvelle ville est passée au peigne fin. Je dois comprendre, réfléchir. Je suis en phase d’observation, qui mènera à l’intégration ou à la désertion. C’est ainsi.

Je m’arrête un instant. Mes vertes mirettes se posent sur la surface du lac. Je souris. Quelques vaguelettes courent inlassablement jusqu’au bord. D’où viennent-elles ? Nul ne sait. On les pense éternelles. Mais elles naissent, vivent à peine et viennent mourir sur les cailloux. Elles troublent la surface de cette étendue d’eau. Presque muettes, à peine un clapotis, comme dans un dernier souffle. Mais sous cette apparence presque apaisante se cache la vie. Tout est continuellement en mouvement : poissons, algues …balais incessant, valse continuelle et harmonie des formes, des êtres. Ça grouille, ça glisse.

Je m’assois sur le bord de l’eau, une herbe pendue à mes lèvres que je mâchouille sans relâche. En apparence si calme...et pourtant mes pensées virevoltent, ronde incessante qui m’étourdit sans cesse.

Je pense à lui. C’est redondant. Je ne peux m’en empêcher. Je voudrais que tout s’arrête. Le temps. La douleur. La mélancolie. Il y avait eu les cinq jours…le manque...puis les cinq semaines…douleur…puis les cinq mois…mélancolie.

Chacun de mes amis usant de mille ruses pour m arracher un sourire. Je leur accordais sans broncher. Mais au fond…ils savaient que rien ne serait plus jamais comme avant. Que les rires avaient fait place aux silences…

Depuis je marche, sans relâche. Je le sais, au fond que je le cherche. Que je ne vis que pour le retrouver. N’oublies jamais…

Et pourtant..Je suis tiraillée. A l’intérieur, c’est une tempête. Je voudrais hurler, frapper, me gifler pour me réveiller. Sors de mon corps!Je veux l’oublier, je veux vivre…aimer, peut être, sourire …vraiment ?

Le soleil est à son zenith, il est temps…

Je soupire. Je me lève et repars vers le village. Légère , enfin, presque….et à moi-même :


Fonce et advienne que pourra…

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Medea7
Errante et sans dessein je cours dans ce palais...
Ah ne puis-je savoir si j'aime où si je hais !*


La nuit tombe, cette fin d’après-midi est pluvieuse. Les premières pluies depuis longtemps. Avec elles les gouttes amènent le froid. La fumée sort des toits, Medea passe devant les maisons. Elle imagine les familles rassemblées autour de l'âtre, à manger les dernières châtaignes de fin d'automne. Medea déambule, elle ressert sa cape sur son cou. Et secoue ses cheveux mouillés. Rentrer ? Elle n'en a pas envie. Seule dans la chambre à l'auberge, elle tourne en rond. Heureusement la plupart du temps elle est au domaine de Sarah, avec les enfants. Ces petits êtes si joyeux et plein de vie qui arrivent à soutiré à leur gouvernante de jolis rires et sourires. Mais voilà, il y a des pauses, elle ne peut refermer sa vie sur les enfants d'une autre. Les jumelles à l'heure actuelle de l'absence de Steph, lui manquent terriblement. Mais d'un coté c'est bien mieux, elles ne voient pas Medea perdre encore une fois du poids et traîner un faux sourire et faux bien-être. La rousse sert son poing sur la jointure de la cape afin de maintenir les deux bord rapproché. Le froid ne la dérange pas, elle commençait à étouffer dans cette auberge.
La rousse déambule donc dans Annecy, un Annecy déserté. Il fait noir, pluvieux et froid. Forcément, on est mieux à l'intérieur.
Roussette se dirige vers le Lac. Immense étendue sombre et noire. Elle sourit ironique. Un peu comme son cœur. Et sa conscience qui reprends le dessous.
Ton coeur est pas noir et sombre... il crame et c'est ce qui te brûle.
Medea voudrait hurler. C'est son tempérament. Elle est calme souvent, folle aussi... un savant mélange, mais quand elle souffre, elle a besoin d'hurler... elle taperait bien dans un sac de maïs là. Un goût amer en bouche, un goût de déception.
Les chausses tattent les petits cailloux du chemin longeant le lac. Certains font un vol plané... plouf font-ils en cognant l'eau. Les pieds de la rousse sont assez doué pour envoyer valser les gravillons dans l'eau. Gageons qu'à ce moment là, son pied la rousse voudrait bien le faire voyager vers un certain fessier... ou certaines roubignolles n'ayons pas peur des mots !
Bref, nous nous égarons. Rejoignons Medea. Celle-ci chemine toujours sur le sentier. Les doigts sont bleu à présent mais elle ne sent pas le froid. La colére, l'inquiétude la rongent encore. Quelques pas, quelques minutes, et voilà enfin le spectre du vide qui arrive. La rousse souffle, la colère est partie, reste la douleur, elle s'assied sur un banc.


Fichtre bleu de ... Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Hein dites, Monseigneur, Trés haut... Pourquoi ? Qu'ai-je fait, je ne demande pas le soleil ! Juste un homme, un foyer, et aimer ! Pourquoi faut-il que toujours ça parte en lambeau...
Ahh... et voilà que j'oscille entre la haine et l'amour... Je tombe bien bas !


Elle se penche, ramasse une pierre et la lance à l'eau. PLOUF.
Les larmes se mêlent à présent aux gouttes de pluie. Pratique la pluie pour dissimuler un gros chagrin. La rousse reste là. Anesthésiée, les larmes roulant et le lac reflétant la lune entre deux gros nuages chargé d'eau.


*Andromaque, Acte V Scene 1
Adelaide_
    Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
    J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
    Le bois retentissant sur le pavé des cours...*


    L'automne s'était vêtu d'une parure mordorée, les feuilles crissantes sous le pas léger de la Blonde avait revêtue la cape à grosse fourrure la protégeant des premiers frimas..

    Pas même le crachin ou les températures devenues fraîches ne pouvaient lui ôter l'envie de s'offrir la ballade autour du lac .. L'étendue d'eau en ce jour gris donnait une allure de fin du monde .. La nature mourrait partant pour un long voyage hivernal afin d'acquérir à l'aube du printemps la force de renaître .. La vie est un éternel recommencement ?!? Possible .. Probablement ..

    Un frisson parcourt l'échine de l'Ambre, ses doigts se referment sur les bords de la cape se chargeant d'eau mais elle ne voulait se résoudre à rentrer .. Elle voulait profiter de cet instant ou l'air pur entre en elle, lui faisant tout oublier .. Ou elle s’enivre des odeurs de la nature morte ..

    Son ouïe à l'affut de chaque bruit mais il n'en restait plus que le clapotis de l'eau, les volatiles avaient rejoints des Terres gorgées de soleil et de chaleur .. Mais un autre bruit vint surprendre son oreille alerte .. Des gémissements .. Des pleurs .. Et une longue litanie .. Une voix connue et bien trop famillière pour qu'elle ne se détourne et change de chemin .. S'approchant à pas discrets son regard se portant sur la silhouette d'une Rousse déchargeant sa colère en jetant des pierres dans le lac ..


    Sine .. Te voilà donc .. Moi qui me demandait ou tu étais passée ..

    S'approchant doucement elle la regarda un long moment, sur ses joues se dessinaient le sillon des larmes salées, dans son regard se lisait la souffrance d'un cœur maltraité .. L'amour était-il donc cela ?!? Aimer sans retour ?!? Ressentir de l'attirance mais qui n'avait qu'un sens unique ?!? Croire de toute ses forces aux paroles et promesses échangées pour que l'histoire finisse par s'éclater?!? La Jeune Blonde espérait tout le contraire depuis la rencontre qui avait bouleversée sa vie .. Même si sur son chemin se dressait encore des peurs .. des vacillements elle s'accrochait à ce qu'elle construisait ..

    Passant un bras autour des épaules de la Rousse, elle la serra doucement contre elle.

    Tu sais que tu vas chopper la mort à rester ainsi sous cette pluie ?!? Oh ma Sine mais qu'est ce qu'il a fait de toi cet homme? Toi qui riais toujours de tout, qui était celle qui donnait le sourire même quand on se sentait au fond du gouffre..

    L’entraînant quelque peu par la force sur le sentier qui pourrait les ramener à la ville elle lui murmura doucement.

    Ecoute nous allons retourner au chaud et on va discuter toi et moi .. Si tu veux je connais une petite cabane de pêcheur un peu plus loin, ou l'on pourra s'allumer un bon feu et discuter rien que toi et moi.. Tu veux?



C Baudelaire.
Medea7
Là, à maltraiter des pauvres cailloux et à créer des ondes dans l’eau sombre du lac, la rousse n’entend pas son double arriver. Plouf, Plouf… la cadence est à la hauteur de la colère et la déception qui étreint le cœur de Medea. Elle se penche, attrape un caillou, arme son bras pour le lancer lorsque la Sine l’interpelle. Arrêt sur image doublé d’un sursaut.

Ambre ?

Surprise la rousse, elle pensait sa Sine avec son beau en train de faire des bébés sous les draps, comme tout jeune mariés qui se respectent. Les yeux se font aussi ronds que des billes. La pensée du moment : Merdum prise en flag !
La rousse n’aime pas étaler son désarroi, elle préfère accrocher un sourire à sa face, rire, se forcer que de laisser montrer les larmes et la peine. Elle a tellement pris de poignard dans le cœur et le dos qu’elle a appris à montrer un autre tableau. Sinon souvent on l’aurait vu en peine.


Eh beh… je… je suis là. Je fais joujou avec des cailloux.

Ne cherche pas à jouer roussette, tu es grillée. En témoigne les bras qui viennent l’entourer. Sine serre Sine doucement. Que c’est bon de la retrouvée. Rien que pour ça, déménager pour Annecy c’était une grande idée. Numéro7 ferme les yeux et profite du câlin.
Ce… ce… c’est son baptême… ça l’a chamboulé. Tu vas voir qu’il va finir moine.


Et les larmes roulent sur les joues.

Il avait tout ! Il était gentil, droit, carré… pas comme tous ces … infidèles brigands que j’ai pu avoir… Pourquoi Sine ? Hein pourquoi ?

Se laissant entraîner Medea se livre un peu. Il faut laisser sortir les mots afin d’apaiser le cœur. Hochement de tête, la rousse est d’accord, mais elle se ravise.

Tu… tu ne devrais pas être avec Lothar ? Madame la jeune mariée ?
Adelaide_
Eh beh… je… je suis là. Je fais joujou avec des cailloux.

Elle la regarda avec douceur, Elle et Sine .. Sine et Elle .. Une Blonde et une Rousse, avec les même aléas de la vie, les même tempêtes désastreuses de l'amour, la douleur .. Le chagrin .. Elles ne se connaissaient guère avant de se rencontrer quelques mois auparavant et cette rencontre avait été la révélation qu'elles étaient bien faites pour se rapprocher l'une de l'autre.


Il avait tout ! Il était gentil, droit, carré… pas comme tous ces … infidèles brigands que j’ai pu avoir… Pourquoi Sine ? Hein pourquoi ?


Un instant son esprit chercha la réponse à la question du Pourquoi? Pourquoi l'amour finit toujours par s'étioler pour prendre une autre direction .. Soit celle de la rupture .. Soit celle de la tendresse qui vient s'immiscer entre le couple .. Le premier cas est souvent douloureux sur l'instant puis le temps vient poser les bandages sur le cœur meurtrit, d'autres histoires naissent avec plus ou moins de beauté et de réussite, dans le second cas le couple perdure mais la passion se fait lointaine, la tendresse s'éveille et même si on ne s'aime plus comme aux premiers jours on reste pour le confort du foyer, la stabilité ...

Je ne sais pas Sine, je n'ai jamais eu les réponses sur l'amour .. C'est un sentiment tellement complexe, au début on se croit invincible que l'amour restera à jamais le même .. Mais on sait qu'à la finalité le couple évoluera avec le temps, avec les douleurs, les épreuves de la vie .. Tu ne trouveras jamais la réponse de ce qui s'est passé entre toi et Steph .. Tu vas devoir évoluer et grandir avec cela ..

Elle lui sourit doucement tout en continuant la marche qui les ramenaient toute deux vers la cabane au bord du lac que la Blonde avait aménagée en arrivant sur Annecy .. Elle l'avait fait pour avoir son coin de refuge à elle .. Elle aimait y passer du temps pour se ressourcer, dessiner et oublier.

Ne t’inquiète pas pour mon époux il sait que je ne suis jamais bien loin de lui. Allez vient on rentre au chaud!
Seve_de_rouen
Quelque fois si douces, quand la vie nous touche...Femmes , je vous aime...

Bien qu'arrivée tard dans la nuit, c'est aux aurores que je m'étais levée et précipitée au lac. Juste pour le plaisir de voir le soleil se lever sur cette étendue d'eau. Ses rayons étaient bien pâles et ne réchauffaient plus la terre comme les semaines précédentes. Les arbres qui bordaient les berges s'étaient largement dégarnis depuis ma dernière visite. Leurs atours jonchaient le sol et quelques feuilles égarées flottaient sur l'eau, comme des foncets sur l'océan. Les herbes s'étaient couchées et jaunissaient, petite mort nécessaire à leur retour printanier.
Il n'y avait plus trace de vie. Insectes, oiseaux et autres avaient disparu, se calfeutrant pour affronter la froidure prochaine de l hiver. La nature semblait comme apaisée après l'effervescence de l'été.
J'avançais nonchalante, bien emmitouflée dans ma cape, mes doigts en enserrant les bords, sa capuche retenant mes légères mèches ébènes.
Mes émeraudes balayaient ce paysage automnal sans y trouver un point d'accroche.
Je repensais à ces dernières semaines. J'avais du faire un choix. Dieu sait si la vie me les imposait parfois. Mais pas cette fois. L'avenir, comme l 'amour est incertain. Une incertitude qui n’était pas faite pour me rassurer. J'oscillais entre hystérie et mélancolie. Entre les deux, une multitude de déclinaisons, et je me sentais perdue certains jours. Je menais cette escorte éclectique, un brin dépassée par certains événements. J'en perdais mon calme légendaire. Impétueuse comme jamais, j'avais besoin de calme pour me retrouver, et gagner en sérénité.
Force est de constater, que cette escorte manquait de présence masculine. Les femmes...!Lizzie, la fidèle. Julie, la ronchonneuse. Maggie,adorable et espiègle et Llaria...un poème. Encore ce matin, elle avait disparu. Le convoi s'était ébranlé cette nuit, certain qu'elle était dans la charrette. Où était elle passée entre temps? Nul ne le savait à cette heure, son pigeon s’étant sans doute perdu, en admettant qu'il se soit envolé avec une missive.Mais , j'avais prévenu, je ne retournerai pas la chercher. Ma patience avait ses limites qui avaient été très largement dépassées.
Un homme...au milieu de cette cohorte. Pauvre de lui, pauvre de nous certains jours. Nos vies s'étaient unies et malgré ses absences prolongées, je ne vivais plus que pour lui. Ma confiance en les hommes étant plus que restreinte, je craignais sans cesse qu'il ne finisse lassé par mes demandes constantes d'amour. Aime moi! Deux simples mots, et pourtant dont l'expression était tellement complexe. Certaines blessures sont lentes à la guérison, si elles guérissent un jour. J'avais juré, plutôt mourir que d'aimer à nouveau, pourtant...je me laissais avec plaisir entrainer dans ce doucereux tourbillon. Aléa jacta est...
Le soleil avait continué sa course, des heures que je marchais. Le teint rosé par la fraicheur, les doigts légèrement engourdis, il était temps de revenir à une réalité tout autre et de récupérer mon âme vagabonde. D'un pas alerte , je rejoignis le village, laissant derrière moi, le lac d'Annecy, peut etre pour la dernière fois...

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Edoran.
Edoran marchait lentement mais surement vers le lac d'Annecy. Eunice avait rapidement répondu à son mot. Il n'avait même pas hésité à se diriger vers le lac, le moment venu. Il avait besoin de lui parler. Et elle était la seule à pouvoir lui répondre sans jugement. Le brun resserra les pans de sa cape. L'air n'était pas bien chaud, mais il avait un peu froid aujourd'hui. Il trouva rapidement le lac, faut dire qu'il avait visité la ville ces derniers jours. Eunice et les garçons furent rapidement en vue. Il sourit alors, se libérant un peu de ses ennuis. Ces deux garçons étaient adorable, même si ils étaient un peu turbulent. L'oncle Edoran aimait passer du temps avec eux. D'ailleurs Zachary échappa à la vigilance de deux femmes veillant sur eux.

Un petit gamin de quatre ans, ça courait vite, mais c'était aussi insouciant. Quand Edoran le rattrapa le soulèvement dans les airs en riant; il oublia quelques secondes le pourquoi de sa présence ici. Il reposa l'enfant à terre et s'abaissa à sa hauteur.


« Dis donc mon grand... Tu sais que tu dois pas quitter Eunice comme ça n'est ce pas ? J'aimerai que tu attends que j'arrive près de toi avant de me sauter dans les bras, tu m'as compris ? »

Après s'être assuré qu'il avait compris, Edoran le ramena à Eunice par la main. Le petit accepta la réprimande de sa tutrice avant de retourner prés de sa nourrice. Edoran déposa une bise sur la joue de sa sœur avant de se mettre à sa hauteur pour marcher.

« Tu vas bien ? Comment a été ta nuit ? »
Eunice.
    "La confidence noie la douleur"
      *Mariama Bâ


Il y avait quelque chose chez Edoran qui n'allait pas et la Rosenthals allait enfin savoir pourquoi.

Inquiète du comportement de son frère, elle l'était depuis la veille. A commencer lorsqu' Amadheus lui eut confié son ressenti. Lui, premier à avoir perçu que le moral d'Edoran était en berne. Et son inquiétude ne fit que s'amplifier lorsqu'à son tour, se rendant en taverne, elle perçu un profond malaise dans le regard de leur plus jeune frère.
Elle l'avait vu, bien qu'Edoran cherchât du mieux qu'il pu à lui cacher. Et les questions avaient eu beau se presser sur ses lèvres tentant par tous les moyens de lui tirer les vers du nez, il n'avait rien daigné lui dire. Pas un seul mot. Mais son regard et ses sourires adressés en demi-teinte avaient, jusqu'au bout de la soirée, été là pour le trahir.

Pourtant dès le lendemain, Eunice s'était vu remettre un pli sur lequel avait été griffonnés quelques mots. Enfin son frère avait pour souhait de se confier, et comme toujours, elle serait là pour l'écouter. Une invitation à aller se promener sur les bords du lac d'Annecy avait alors été renvoyée et ce fut en compagnie des enfants et de Friede qu'elle s'y était rendue, courant de l'après-midi, avec l'espoir d'y retrouver un Edoran toujours prêt à vouloir lui faire des confidences.

Arrivés aux abords du "lac bleu", elle chercha son frère du regard et si elle ne su pas le trouver dans l'immédiat, il en fut tout autre pour Zachary. Échappant de peu à une main tendue, il s'était alors mis à courir aussi vite que ses jambes le lui avait permis. C'est dire bien trop vite pour Eunice qui ne s'attendait pas à le voir détaler aussi vite. Prête à hurler son prénom, elle se retint lorsque suivant l'enfant du regard, elle vit Edoran se trouvant là, un peu plus loin. La Rosenthals, devant pareille scène, décrocha un sourire avant de continuer a avancer, suivie de près par Friede et Sandeo.
Quelques pas effectués par chacun et tous s'étaient rejoint.

Après un avertissement donné à l'enfant et quelques consignes laissées à Friede, elle trouva place aux côtés de son jeune frère, rendant sa bise à ce dernier avant d'entamer à la fois balade et discussion, répondant aux questions qui venaient de lui être posées.


    " Je suis... épuisée. Mais rien d'étonnant avec la nuit que j'ai passé. Tu veux que je te dise Edoran ? C'est fou comme tu peux t'étaler quand tu dors. Maintes fois j'ai voulu te réveiller, mais tu semblais si bien, endormi, loin de tes soucis, que j'ai préféré ne rien dire. En retour, j'avais au moins espéré que tu te confies inconsciemment durant ton sommeil, mais rien, tu es resté muet. Fut des nuits où je t'ai connu plus bavard... "


Sur un sourire, elle enroula son bras droit à celui de son frère, cherchant ainsi à trouver cette proximité propice aux confidences.

    " Mais puisque tu sembles décidé à me parler maintenant... Va, je t'écoutes."
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