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[RP] Pendant ce temps, la maison du lac...

Hildegardeii
Au petit matin, la délégation de genevois arriva à Genève et chacun se sépara pour rejoindre son logis.

Après tout ce temps passé loin de chez moi, après les trahisons, les naufrages, les batailles et les coups tordus de La Voix pour m'amener à ouvrir les yeux, j'arrivais enfin chez moi, certes considérablement marquée et amaigrie mais plus vivante que jamais.

J'avais bien reçu une lettre de Ward quelques temps plus tôt mais, trop occupée à panser mes plaies et à tenir le coup sans m'endormir pendant les inter-minables discours du cardinal Arnarion en l'église d'Annecy, je n'y avais pas prêté attention et l'avais remisée dans mon Vuitton.
Autant dire qu'elle s'était perdue.

Aussi quand j'ouvris la porte, le sourire plein la bouche, ravie à l'idée de retrouvers mes meubles, ma cuisine, mes entrepôts et l'odeur de ma maison, c'est l'effroi qui me saisit à la gorge.

Trop. C'était trop. Par sécurité pour l'Humanité, Déos préféra me faire tomber dans les pommes.

Comme Il avait raison !
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Ward




Qu'est ce que vous faites Hildegarde. Une faiblesse ?


Un sourire narquois nait sur les lèvres de l'équarrisseur.
La voisine reprend ses esprits, pour un peu il l'aurait poussée du pied pour la faire réagir. Mais là, allez savoir, il n'en fait rien, un moment d'empathie sans doute.
Hildegardeii
Quand deux fils se touchent dans la cervelle d'Hildegarde, c'est jamais très bon signe.

La découverte du saccage de ma maison avait, avec la rencontre de ma fille enceinte jusqu'aux sourcils, en train de roucouler dans sa taverne avec un inconnu, provoqué le court jus fatal.

Ah je pouvais crever en Languedoc, je comprends à présent pourquoi personne ne venait me chercher !

Consternée par le spectacle, je suis restée là, comme un conne devant ma maison avec l'autre abruti de Ward qui se marrait derrière moi.

Bienvenida a casa ! Welcome home ! dravo doma !

J'ai eu l'impression que ça durait des plombes.

Alors j'ai lentement fait demi tour, j'ai remis Alex dans la charrette, sifflé le chien, et je suis passée devant l'équarrisseur.
Sans savoir pourquoi, j'avais pris la chope en étain toute cabossée que j'avais laissé à l'entrée avant de partir. D'une main je la lui ai montrée, lui rappelant comment je lui avait fracassé le crâne avec un jour. Il s'est alors écarté et m'a laissée passer sans broncher.

Arrivée en ville, je me suis dit que j'allais pas me trainer cette chope et j'ai pensé en faire cadeau à l'église pour servir de vase. J'étais pas entrée dans une église depuis... pfff... le mariage d'Andrea tiens et pour une fois que La Voix me poussait vers le recueillement... Mais là... nouveau fail : une femme faisait le ménage avec Zara. Ça causait cuisine religieuse et culture de navets... et elle virait tout ce qui était joli.

Je suis restée longtemps dehors à regarder tout ça.
J'ai levé les yeux vers le ciel et me suis adressée à La Voix dans ma tête.

Ben tu t'es bien foutu de moi toi... Clair qu'à force de me balancer des épreuves, t'as fini de m'user.
On va dire que t'as gagné hein. Ce sera mon cadeau final de bonne volonté envers Toi, histoire d'avoir le dernier mot.

Ça aura été sympa quand même de me donner du bon et de me le retirer quand j'avais l'impression d'y arriver. J'ai pu y croire.


Je suis alors revenue à ma taverne pour fermer et j'ai cherché des allumettes.
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Madeline
Elle courait presque la Mad. Non pas presque... Elle courait carrément !
Quelques minutes plus tôt, elle avait vu une Hilde morose en taverne.
Et la Mad, elle n'aimait pas la morosité en général et celle d'Hilde en particulier.

Alors elle courait.

De ses poings elle tambourina à la porte.


- Hilde, c'est moi, ouvre.
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Kirkwood
Kiki revenait d'Annecy, s'était séparé de Madeline pour diverses nécessités. Il avait prévu deux ou trois trucs pour qu'ils se retrouvent confortablement dans leur chaumière, après les puces de Savoie.

Jusqu'à ce qu'il constate qu'il avait oublié un truc de base, alors que tous les commerces étaient fermés. Ben oui, les Helvètes sont très "Ordnung", et les Genevois, c'est pire...

Où pouvait-il aller ?

Ben, facile, la taverne d'Hilde était à côté ! Hildegardeii, rempart de la Foi ! Et qui avait accepté le rôle ingrat de secrétaire, où elle avait pu donner la mesure de ses capacités, à inventer la sténo pour tenir les minutes du débat avec les grands discoureurs qu'on y avait croisé !

Il entra donc :


- Oh, salutationnage Hilde. T'aurions point des allumettes, j'avions complètement oublié d'en acheter pis 'fallions quand même s'occuper d'la cambuse, s'pas ?
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Réformaté et causifiant.
Hildegardeii
Non non non, rien à faire, je ne veux voir personne et Madeline peut bien tambouriner tout son saoul contre la porte, il n'est absolument pas question que je la laisse entrer.

Je me suis enfermée dans l'arrière salle, coté cuisine.

Je cogite, je calcule, j'évalue, je projette, j'hypothétise avec plus d'acharnement encore que lorsque je tente de résoudre une équation différentielle et élucider le mystère qui entoure la théorie des cordes.

Personne n'entrera, même pas Dieu, je me suis mis des boules Quiès dans les oreilles.

Je fais des listes.

Quand elles sont terminées, je me lève, j'arpente la taverne, je vétupère en faisant de grands gestes, je me rasseois pour réétudier les listes, je jette ma plume en m'arrachant les cheveux et j'ai même du boire un coup ou deux sans m'en rendre compte, moi qui ne picole jamais ! Dire !

Debout devant la table, je regarde les listes, les considère, les mains sur les hanches.

D'un coup, je bondis, je vais chercher un ustensile dont je me sers pour doser les quantités de mes recettes, je le pose sur la table, découpe une liste au millimètre, fais pareil pour l'autre.
Je mets tout ça dans le truc en cuivre et j'attends.

Je me relève, j'arpente à nouveau la cuisine, je vétupère contre le monde entier et Poumette en particulier, je fais des gestes indécents vers le ciel et maudis Arnarion qui vibre encore dans mes oreilles mais en silence parce que j'ai toujours mes boules Quiès.

Je reviens à la table et me campe devant l'outil de précision. Je m'introspectionne fort fort fort, si fort que j'ai une veine qui me pète au coin de l'oeil et d'un coup, ma main droite fait une grande volte et vient s'abattre sur l'outil.

VLAM !!!

L'instrument claque, il se dysloque, la moitié part par la fenêtre ouverte à coté de Madeline (dire si elle est bête, elle l'a même pas vue) et l'autre moitié gît sur la table pendant que je me tords de douleur, pliée en deux ma main gauche tenant la droite entre mes jambes.
Je maudis l'instrument, les listes, les parchemins, le monde et le ciel, une plainte sort de ma gorge et je hurle à la mort de douleur.

J'attrape un torchon, j'enroule ma main qui enfle déjà, je prends la liste qui reste et la baise avec fureur.
Je me calme même si la douleur irradie jusque dans mon épaule et je rattrape ma plume, l'encrier, un velin neuf, m'asseois et écris de ma main valide.






Zara,

J'ai beaucoup réfléchi à tout ce qui s'est passé. Le vieux comme le récent.
A croire que le moment est venu de tirer faire les comptes et faire le bilan de ma vie.

Alors j'ai pris mon carnet et j'ai fait deux colonnes. Dans la première, le bon et dans la seconde, le mauvais.
J'ai fait ça de façon méthodique, du moins j'ai essayé parce que dans ma tête, plus j'avançais dans mon bilan et moins c'était évident. La colonne de gauche restait résolument vide, alors que je reprenais la chonologie de ma vie et celle de droite par contre, s'allongeait à la vitesse d'un pigeon supersonique.
C'est simple, tout ce que j'avais entrepris dans ma vie avait fini par foirer. Ça allait de mon arrivée en Touraine à mon premier mariage, la tentative de faire de Poum une personne sensée, l'éducation de mon fils qui ne parlait qu'au chien et à moi, Deos qui m'envoyait des saloperies à tour de bras, des naufrages, des abrutis, les amis que j'avais perdus et ceux que je décevais encore.
De l'autre coté, à droite, dans le bon, il n'avait qu'un nom : Zarathoustra.

J'ai regardé cette liste, les yeux plein d'eau et je me suis dit : "Putain, ça fait pas beaucoup comme nombre 1" J'ai tenté de me concentrer pour que La Voix me parle mais celui là, comme par hasard, il me laissait dans l'immensité de Son silence. A croire qu'il se vengeait encore en me faisant siffler les oreilles après ce qu'on avait subi à Annecy. Je crois que je préférais encore les discours interminables d'Arnarion à ce silence...

Alors j'ai regardé la liste et je me suis demandé comment je pourrais faire en sorte de faire ressortir le positif de tout ça. Je me suis dit "Si le nombre n'est pas probant, peut être que le poids..."
J'ai découpé le parchemin en deux parties égales, pour pas qu'il y ait de triche et j'ai sorti ma balance. Dans un des plateaux j'ai mis la looongue liste des mes échecs et dans l'autre j'ai mis ton tout-petit-nom-minuscule-que-presque-on-le-voyait-pas-tellement-il-était-petit.
La balance a balancé et s'est lentement mise à pencher du coté de la longue liste pour venir se caler contre la butée dessous et n'en plus bouger.

J'ai regardé la balance.
J'ai regardé la longue liste.
J'ai regardé le petit nom tout beau que j'aime tant
J'ai regardé dehors par la fenêtre vers la ville.
J'ai regardé en haut vers Deos.

Et j'ai flanqué un grand coup de paluche bien à plat sur le plateau qui contenait ton nom !
La balance a éjecté le parchemin du mauvais qui s'est envolé par la fenêtre.
Le plateau qui contenait ton nom est resté résolument en bas.
J'ai eu super mal à la main et j'ai pas pu m'empêcher de jurer comme une charretière.
Et puis j'ai pris ton nom et je l'ai embrassé, embrassé, embrassé sans plus pouvoir m'arrêter.

Total :

J'ai besoin d'un toubib pour ma main, je crois que j'ai une entorse.
J'ai les lèvres plus bleues que celles de la Schtroumpfette qui aurait sucé des myrtilles.
Et je sais maintenant que tu es la plus belle chose que ce salopard de Deos a créé dans ce monde pour venir me l'offrir.

Zarathoustra, pour la deuxième fois, veux tu bien m'épouser ?

Hildegarde Deuzii



Je fais l'amer constat que j'ai une écriture de merde de la main gauche.

Je roule le velin d'une main, l'attache en m'aidant de mes dents à la patte d'un pigeon qui est bien brave de se laisser faire et libère la bestiole par la fenêtre.

Je vais ensuite vers la porte, la main bandée en écharpe dans ma chemise déboutonnée au niveau du bide, déverrouille la bobinette, fais tomber la chevillette et l'ouvre pour découvrir que Kirk est là aussi avec sa blonde.

Moui ?
fais-je dans le silence.

Je cligne des yeux, ne comprends rien à ce qu'il me dit et retire mes boules Quiès.

C'était pour quoi ?
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Madeline
Plantée devant la porte - Mad ne rentre jamais par une fenêtre quand elle porte une robe, faut pas déconner - elle est là, à attendre que l'orage passe.
Dans sa main, un plateau du vieux Robert Val - une balance qui a permis à la maréchaussée de démanteler tout un réseau de trafic de cuivre -un peu cabossé.
Dans le plateau, une ribambelle de petits papiers qui tels des flocons étaient tombés au sol après avoir virevolté avec une étonnante grâce qui aurait plu à Olaf, un pote qui chante parfois avec Mad.

Bref, la porte s'était enfin ouverte.

A la question de savoir ce qu'ils voulaient, Mad répond d'abord une connerlie... faut pas déroger aux bonnes habitudes.


- Nous sommes des témoins de Juda et venons te parler de la Vraie Foy !

Mais Hilde est rodée et porte des étoffes dans les oreilles pour ne pas à avoir à subir les bêtises de Mad... Dommage, elle ne sait pas ce qu'elle loupe... Parce que c'était du lourd là...

Mais Kiki ne se démonte pas, il n'est pas en kit.
Il pénètre dans la pièce et demande des allumettes.
Comme si Hilde avait une gueule de petite fille aux allumettes... C'est même pas Noël en plus... Décidément, sont un peu nullos sur les prétextes nos deux Wood.

Mais peu importe, ils sont rentrés.

Aussitôt, Mad remarque l'état de la main d'Hilde et pense immédiatement au mot "amputation".
C'est une obsession chez elle...
Mais elle se garde bien de le dire. C'est pas le moment, et ça couperait court à l'essentiel : remonter le moral d'Hilde.

Dire quelque chose, Mad.
Enchaîne ...
Alors elle enchaîne :


- Oui, on s'est dit que ce serait mieux pour allumer le feu...

Ouais, je sais ce que vous vous dites... je sais... mais bon, même les héros sont parfois fatigués !
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Poum

- Oui, on s'est dit que ce serait mieux pour allumer le feu...


Du feu, la maison du lac, sa mère ! Flashback.. Rapide... Poum court bouscule le rat de Ward au passage


Recuullezzzz !! Elle va le faire ! Non pas qu'elle en soit coutumière mais attennttionnnnnn !


Poum fait barrage de son double corps. Sa mère avec des allumettes et de l'huile.. Non ! Définitivement NON ! Pas avec son sourire..


Maman ! Mère ! Fous moi le feu ! Tu garderas les cendres.
Autant jouer le tout pour le tout !

C'est à moi que tu en veux ! Ne blesses pas des témoins innocents qui étaient sur la place Juda qui ont tout vu !
N'y étant pas moi même je ne peux témoigner de rien !
Le rose ce n'est pas moi ! Mais immole moi par le feu !
Resssppiiire par le ventre ! Réfléchis bien .. Songe à nos .. Euhh nos disputes ..


La mauvaise idée.. ??

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Zarathoustra
Les mains derrière le dos, Zarathoustra marchait lentement. Il refléchissait: Hildegarde était devenue sa proto-femme, c'est-à-dire qu'ils s'étaient promis l'un à l'autre. Il craignait que cela ne lui porte pas bonheur, sa précédente femme Amsterdam ayant été foudroyée par une avoyérite aiguë alors qu'ils s'apprêtaient à convoler. Puis sa vue se dirigea vers le sol, attirée par les petits points roses qui jalonnaient le sol: est-ce qu'une plantigrade rose échapée du drakar d'Hagaär le Varègue était passée par là?

Par curiosité, il suivit les petits points roses qui étaient de moins en moins espacés à mesure qu'il se rapprochait de la maison d'Hildegarde, où il semblait y avoir beaucoup de monde. Il se demandait s'il y avait un rapport avec tout ce rose, peut-être qu'un colloque sur le thème "Pourquoi tant de haine? Il faut plus d'amour" était organisé à la maison du lac. En se rapprochant, il distingua l'homme au visage patibulaire qui devait être son fameux voisin, les Wood, et la jeune Poum. Ca parlait beaucoup de feu. Il s'approcha encore, en secouant une boîte d'allumettes.


Vous préparez un barbecue?
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Eins thut Noth.
Madeline
Zara venait de prononcer le mot tabou, celui qu'il ne fallait absolument pas dire en présence de Kiki.
Pourquoi ?
Parce qu'un barbecue... c'est la meilleure bouffe du monde qu'il dit le Kiki.
Heureusement, il n'avait pas vraiment entendu.


- Quoi ma barbe ? répondit-il en se la caressant.
- Non, non, il ne parle pas de ta barbe mon Kiki.avait répliqué Mad.
- Parlions de quoi alors ?
- Euh de ... de... barbecue...
- Répétions-moi ça plus fort ma Mad...
- De... De...


Et forcément...Mad entonna l'hymne national du barbecue. Les trois premières notes... suffisantes pour que le Kiki se déchaîne.
Evidemment, Mad ne résista pas à l'accompagner de tout coeur en faisant les choeurs !


- OH OH OHHHHHHHHHHHHHHHHh
- YES !
- OH OH OH OUHHHHHHHHHHHHH
- Baby come on
- Yeah yeahhhhhhh
- Et les merguez ? There're ready girl ?
- OUHOUHHHHHHhhh come on, let's cooking gangster !

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Hildegardeii
Mais qu'est ce qu'ils racontent ? Vous vous sentez bien ? Des témoins de Juda en quête d'allumettes ?

Je regarde le couple, perplexe... Il m'ont tirée de mon introspection pour me demander du feu ?

Quoi ? Kiki fume ? C'est pour ça qu'Arnarion l'appelait monsieur Pipe ? aaaah je comprends... Mais non j'ai pas d'allumettes...
Pas que j'ai pas cherché mais....


A ce moment là, Poum déboule aussi et c'est la bousculade ! Pute borgne mais c'est la place du village ma parole ! Moi qui voulait tout fermer je vais revoir la question.
Rapide coup d'oeil à l'arrière où les traces de peinture me rappellent à quel point j'ai envie de tuer quelqu'un. Merci Poum !

Non j'ai pas d'allumettes. Zara me les a confisquées, allez savoir pourquoi . Ça doit faire partie de ma pénitence pour avoir touché les pompons d'Arny à Annecy.

Faut dire que depuis qu'il m'absout avec ses deux doigts là et fait des signes cabale-christique, il me fout la tête à l'env........


Mais à ce moment là un éclat de lumière vient agacer mon oeil (le bon, pas celui qui a la veine pétée) et le chapeau de Zara se dessine telle une éclipse lunaire auréolée de soleil. Je m'abrite de son éblouissance avec la main (la valide, l'autre est hs) et j'ai de nouveau envie de vivre.

Qu'est ce qu'il est fort ce type...

Par contre, barbecue, moi je veux bien mais alors faut inviter Malicorne pour qu'elle nous amène les saucisses ou demander à Ward d'être moins con pour qu'il nous file un cochon de lait.
Sinon, on va se finir aux navets.


... Et pendant que je planque comme je peux mon oeil en faisant mine de cligner à cause du soleil, je marche en crabe vers Zara pour l'accueillir, histoire qu'il ne voit pas ma main foirée sinon je vais devoir m'expliquer, il va devoir me sermonner, je vais devoir faire pénistence et il va m'absoudre avec les doigts.

... Et pendant ce temps, t'as les deux autres qui se mettent à chanter...

Pauvre de moi ! La vie que me font mener ces gens, j'vous jure docteur Mamour, dis je à Zara une fois près de lui, ça craint Genève ! Je vais avoir besoin d'onguent.

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--Malicorne.taillebois
Et là, j'arrive.
Comme une saucisse sur une choucroute de la mer.
Il y a bien du monde, je ne suis pas certaine d'être au bon endroit.
Tant pis !
La bouche en cul de poule, j'entre, puisque la porte est ouverte.

    Bondjoué ! Je viens portaie une fouès et un potat de burre.
    C'est pour Monsieur Ouarde, de la part de Germaine.
Ward




Un peu plus loin, à l'abri d'un buisson ardent, l'équarrisseur se remet du passage de la rousse en grommelant.
S'il se désole l'espace d'un moment d'avoir dû faire un pas de coté dans le fossé vaseux de l'évacuation des eaux des fermes alentours, il se réjouit de devoir frotter ses chausses d'épais cuir de porc sur l'herbe pour en retirer le purin. Ceci lui donne le temps d'observer le manège des arrivées sans en avoir l'air et surtout sans qu'on prête attention à sa présence.

Un troupeau d'évangélistes s'active chez la voisine : deux hommes à l'allure austère : le premier, à demi animal tant on ne distingue pas, sous le pelage, l'avant de l'arrière. Le second, tout aussi sombre, cache ses traits sous un chapeau démodé et des bésicles énormes.
Quant à la femme, elle contraste avec les deux autres par son exhubérance tant on a l'impression qu'elle sort de la boutique d'un couturier parisien. Jolie silhouette cependant.

Ward prend son temps, frotte ses souliers tous en évaluant les mensurations de la blonde quand celle qu'on n'attendait pas arrive quasiment en courant. Toujours aussi pressée et borgne elle ne le voit pas et dans sa précipitation, un pli s'échappe d'une de ses poches et tombe sur le chemin.
Cela n'échappe pas à l'oeil acéré du brun qui va le ramasser et en prend immédiatement connaissance.



Mon Ward !

Je ne t'ai pas dit, mais j'avais une mule, du temps où j'étais vieille et, tout naturellement, je l'avais nommée Dupape.
Il faut que je te dise, aussi, que c'était une mule savante. Elle me conseillait, parce que j'avais beau être vieille, j'étais jeune dans ma tête. Maintenant, c'est le contraire.

Bref, tout ça pour te dire que j'ai fait un rêve.
Pas un Revkipu, hein ! Un vrai rêve.
Et ma mule était là, à rassembler du monde autour d'elle, et elle disait ceci :
« Quand le peuple est content, il faut qu'il danse, il faut qu'il danse; et comme en ce temps-là les rues de la ville étaient trop étroites pour la farandole, fifres et tambourins se postaient sur le pont d'Avignon, au vent frais du Rhône, et jour et nuit l'on y dansait, l'on y dansait...

Ah l'heureux temps! l'heureuse ville! Des hallebardes qui ne coupaient pas; des prisons d'état où l'on mettait le vin à rafraîchir.* »
Alors, tu penses bien, ça m'a donné à penser, et je me suis dit « Banco ! Je vais publier ça et ce sera ma première lettre. Je l'appellerai « La mule Dupape ».
Si tu veux bien, j'aurais besoin de beaucoup de papier. Celui de Genève est le meilleur, mais ici on ne me croit pas. Surtout Malicorne. Elle est devenue sournoise, elle se cache pour lire, elle fait sa crâneuse avec des mots comme si c'était Robert, mais en moins séduisant,

Quand je pense que ma mission, c'est d'assurer sa protection. Je me demande bien de quelle protection elle a besoin. Tu n'aurais pas une idée, par hasard ?

Sinon, je veux bien le poème encadré « Le Vélosolesque ». J'adore le foie de veau.

Tout à toi,
Ta Germaine qui se languit.



Le regard quitte le parchemin pour venir se poser sur le dos de Malicorne qui joue les innocentes avec son panier garni. Elle aurait subtilisé un courrier de Germaine qu'elle ça ne l'étonnerait pas. Une chance qu'elle l'ait perdu en route.

Et pour confondre la coupable il revient jusque chez Hildegarde pour tirer ça au clair et s'avance dans l'encadrement de la porte, embrasse l'assemblée du regard.
Une légère envie de rire le gagne en redécouvrant le rose criard auquel on n'arrive pas à se faire, il se retient cependant.

Salvé tout le monde. Dites Malicorne, vous êtes sûre qu'il n'y avait qu'un pot de beurre pour moi de la part de Germaine ?
--Malicorne.taillebois
Tiens, qui me parle ? C'est donc lui ce Ouarde ? Pas de quoi se pâmer, à mon avis. Il a des yeux vicieux. Mais, après tout, c'est son problème à elle, la Germaine. Moi je ne suis que messagère.
    Quoi ? Un potat de burre et une fouès, ça ne vous suffit pas ? Vous êtes bien Monsieur Ouarde ?

Je glisse ma main dans la poche de mon tablier, ne sens plus l'épaisseur du parchemin.
Aïe ! la lettre de Germaine a disparu. Et je n'ai même pas eu le temps de la lire. Tant pis, je lui dirai que je l'ai postée avant de partir, de peur de me la faire voler sur la route.
Vous comprenez, Germaine, vos lettres sont si précieuses... c'est ce que je lui dirai.

    C'est du bon burre que j'a fait, et Demoiselle Germaine y a mêlé de la poudre de champignons. Moi je n'y a pas goûté, je n'aime pas les champignons.
    Germaine, elle, est devenue serpentine après, même.

Et ça, ça fait vraiment peur.
Hildegardeii
Quoi ? Un fouet pour Ward ? Mais vous n'y pensez pas Malicorne ! Il est déjà complètement pervers, si en plus vous lui filez des armes .... Moi je déménage !

Les murs roses de cette maison me sortent par les yeux. Je vais faire un feu d'artifice après le barbecue vous allez voir.


Tout en m'agitant, je tente de subtiliser la boite d'allumettes de Zara...
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