--Philibert.
[Premier matin ]
Philibert avait avec Dame Kahhlan aménagé toutes les chambres , sa première nuit à l'auberge fut reposante et il avait pu parler avec Centurion le tavernier.
Il remontait de la cave lorsqu'une voix tonnante se fit entendre .
Citation:Ohé tavernier, la clientèle attend!
Ohé Ohé bin n'en voilà des façons !!! la clientèle attend c'est pas un drame, elle prendra bien le temps de mourir lorsque le temps sera venu j'vous dis moi !
Il arrivait devant l'homme prenant le temps de l'examiner tout en lui parlant ...
Belle stature , des vêtements de bonne qualité ...
Bien le bonjour messire , je suis Philibert ancien majordome de Périgueux et au service de la propriétaire Dame Kahhlan.
Que puis-je faire pour vous ?
--Enguerrand_de_honfleur
L'homme répondit sur un ton monocorde et distant, sans détourner son regard de la rangées de fioles qu'il s'était pris à examiner tour à tour dans l'attente du tenancier.
Il me faut deux chambres avec loquet et lit simple. Calme, côté cour intérieure. Et deux places à l'écurie pour nos montures.
Puis se tournant vers le majordome il marqua un temps d'arrêt. Il avait bien envie de lui dire que le temps de mourir vient parfois plus vite qu'on ne le croit, mais jugea qu'il avait suffisamment besoin de ces chambres et grande envie de ces liqueurs pour ne pas risquer de vexer le gérant.
Au nom d'Enguerrand de Honfleur.
--Philibert.
Le ton était sans appel et Philibert coutumier de clientèle les plus variées, simplicité pour certains, extravagante pour dautres, des attitudes diverses, soit dédaigneuses, indifférentes, aimables mais sans plus ou alors, aimables tout naturellement
Les dames parfois se montraient impossible à satisfaire et certains hommes aimait se servir de leur atouts masculin pour accentuer leur supériorité devant un pauvre majordome ou aubergiste ..dans le but bien évidemment de se glorifier devant la donzelle impétueuse
grand dieu que la clientèle était intéressante à observer
Devant lui cet homme ne sétait pas perdu en politesse de courtoisie
direct et sa demande en devenait une exigence.
Le regard de lhomme, cette attitude distante .. Philibert en déduisait rapidement que le sir nétait pas enclin au questionnement le plus basique, il ne lui poserait donc pas les formules du genre « avez-vous fait bon voyage, doù venez vous ? et quest-ce qui vous amène en notre beau village ? »
Bien messire, vous pouvez allez mettre vos montures à lécurie, nous navons que deux chevaux pour linstant, la jument de Dame Kahhlan et un superbe frison appartenant à un messire, qui sinstallera dans la journée
Pour vos chambres, vous les trouverez sur votre gauche au fond du couloir à létage, elles ferment toutes et les clés sont sur la serrure.
Il ajouta afin de rassurer complètement le sir ..
Mis à part le caquetage de quelques poules fuyant le coq de service, vous ne serez point dérangé.
Il se dirigea ensuite vers le comptoir et posa deux godets, prit une fiole deau de vie de mirabelle et les emplit
Voilà , simple verre de bienvenue pour vous et votre compagnon de route que japerçois à la fenêtre.
--Philibert.
Philbert se dirigeait vers la fenêtre songeur ..il suivit du regard les pas des deux hommes jusquau virage qui les mènerait sur le chemin du village..
Sil sétait fait discret, sil navait pu et par politesse et par le chuintement des deux hommes conversant, entendre leur conversation, il navait plus de doute quand à la curiosité de la situation
Ces deux hommes nétaient pas ici pour un voyage dagrément ..
Lhomme qui donnait les ordres avait tendu une bourse à lautre
ce geste ne lui avait pas échappé ..
Se déplaçant vers le comptoir, il se servit une bonne rasade deau de vie quil but dun trait, se demandant bien à quoi pourrait servir cette bourse bien emplie et sil devait parler de ses doutes à dame Kahhlan
Un deuxième godet et il retournait à ses affaires après avoir nettoyé le bar.
--Philibert.
Philibert était de nouveau à la fenêtre .. il souriait car il lavait vu entrer ..
Cette voix, il la reconnaissait bien ..la damoiselle de Périgueux toujours pressée ..
Il la laissa parler à son oreille un petit sourire aux lèvres et se retourna..
Damoiselle Cracotte, quel plaisir de vous voir en ce lieu !
Il est toujours aussi agréable à mon vieux regard de contempler votre adorable frimousse.
Il rit.
Oui oui de la liqueur de framboise je dois bien pouvoir trouver cela dans une de toutes ces fioles ..
Il linstalla à la table la mieux exposée au soleil et alla chercher deux godets et la fiole de liqueur.
Il les servit tout deux et sinstalla en face de la damoiselle.
Theophile
Arrivé à l'auberge à une heure tardive, il n'avait pas eu l'occasion de saluer Philibert, dont il aurait voulu faire la connaissance. Kah lui avait en effet vanté les qualités de son aubergiste, tant au niveau de l'accueil des voyageurs que de la gestion de l'auberge. Un rapide coup d'oeil confirma ses dires. Il est vrai que Théo avait déjà été surpris de l'ordre et de la propreté, ainsi que de l'accueil qui lui avait été réservé lors d'une récente visite à Périgueux ...
S'approchant du comptoir d'accueil, il constata avec satisfaction qu'un mot avait été déposé à son attention et lui indiquait la chambre qui lui était réservée. Alors qu'il s'apprêtait à monter, une silhouette familière apparut ...
Sourire ... les plans semblaient avoir changé, à sa plus grande satisfaction, Théo monta donc et prit la chambre que la jeune personne lui indiquait....
Après une nuit agréable mais courte, il descendit alors que tous dormaient encore, et alla préparer les chevaux pour le voyage qui s'annonçait ...
--Philibert.
Philibert avait passé un agréable moment en compagnie de damoiselle Cracotte, quelques souvenirs de Périgueux dont un pas des moindres ...la sortie d'un messire les braies à peine remises de sa chambre ..ils rirent beaucoup de la situation incongrue de l'instant ... tout deux en riaient beaucoup moins à l'époque ...
Il avait adressé à la damoiselle tout ses vux de bonheur à venir et c'est d'un regard bienveillant qu'il la salua lors de son départ ..
Il lui avait dit que son travail ici ne ressemblait pas à un travail, c'était pur vérité, rester auprès de dame Kahhlan lui importait tellement, il n'avait pas osé lui en avouer le pourquoi ...
d'ailleurs même la dame en question ne pouvait se l'imaginer ...
[A l'aube ...]
Il s'était levé un peu plus tôt que d'habitude , avait déposé sur la table à l'intention de messire Théo un petit tonnelet pour son voyage ainsi que de quoi se sustenter, pains, charcuteries et fromages, il avait ajouté quelques fruits rouges dans un bol en terre qu'il avait pris soin de recouvrir d'une fine toile. le messire saurait à qui les offrir ...
Il descendit ensuite à la cave pour préparer ses besoins en fût de la journée à venir ...
pnj
Nestor avait accepté la demande de son cousin Philibert... il allait donc le remplacer durant quelques jours le temps que son cousin ait fini d'accompagner sa maitresse partie en voyage.
Philibert revivait depuis quelques temps... cette nouvelle maitresse le comblait au plus haut point... elle possédait un flegme, que certains qualifiaient de snobisme, qui le comblait.
C'est donc tout naturellement, afin de conserver la meme qualité d'accueil, que Nestor se tenait derrière le comptoir de l'auberge "De la belle endormie" ...
Grand et mince, les cheveux gominés, une fine moustache, des vetements serrés, Nestor dominait la salle tout en essuyant de la vaisselle... Les clients avaient désertés l'établissement vers minuit ou avaient regagné leurs chambres... Il ne restait plus qu'a remettre tout en ordre : finir la vaisselle, l'essuyer, la ranger, nettoyer les tables, passer la serpillère sur le sol et fermer les portes et fenetres.... Il regagnerait ensuite sa chambre sous les toits pour une courte nuit de sommeil.... Aux aurores, il devrait accueillir la bonne, et le cuisinier.
Nestor étouffait un baillement quand la porte s'ouvrit dans un fracas du diable.... laissant passer deux individusvisiblement ronds comme des queues de pelle.
Il leva un sourcil....
"Messieurs.... que puis je pour vous ?Je vous prie de vous installer à une table.... j'arrive tout de suite pour prendre votre commande...."
--Narrateur
Le dénommé Ropartz se serait étalé de tout son long comme une fiente de héron sil ny avait pas eu le bar pour laccueillir. Il sy accrocha des deux bras, jambes traînantes et dos cambré, une langue dun pied lessivant abondamment le plateau lustré. Ses deux mirettes, dont lune semblait faire la gueule à lautre, dévisageaient létagère comme si chaque bouteille portait jupon et levait la cuisse.
Derrière, lautre paraissait découragé et regardait livrogne avec lassitude. Il sourit à Nestor d 'un air authentiquement navré, essayant sans parler de lui dire « désolé mon gars, il sest fait ça tout seul », et ses yeux de cocker battu semblaient ajouter « et tu vas en baver des brocs avec lui »
Tvas pas mfaire boirrr un table toi nan ??? beugla Ropartz en se redressant vivement, laissant un élégant filet de salive entre sa lèvre inférieure et le rebord du bar.
Nestor leva son deuxième sourcil, ornant son front bien lisse dune jolie paire de rides bien symétriques.
Allez vieux machin !! Sert moi donc de cte belle chose là!
Son doigt pointait vaguement vers le mur en gigotant en tout sens si bien quon ne savait pas sil voulait goûter une liqueur ou bouffer une chandelle.
Et msort pas ton jus dpied ddhabitude hein, csoir, cest Passenmoye qui paye !! Jveux dla bonne qui tâche pas !!
Une poignée d'écus s'envola de sa main et il partit dans un rire gras et guttural, pareil au hennissement dun bourrin enroué, exhibant au majordome une collection de chicots moisis à faire pâlir un arracheur de dents.