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[RP] L'Hostel Barbette

Grudu
Il se relève et recule, laissant choir son maillet pour laisser apparaître tout son outillage...

Hache, épée, poignard, fauchon, masse, fléau.... Tout ce qui permet d'ôter efficacement et rapidement, la vie à tout ennemi..

Son odeur ne soulève pas plus le coeur que celle d'un ours ayant dormi pendant des semaines au milieu des cadavres et os du gibier et des moutons qu'il a pu dévoré...
Guilhem_de_vergy
[Comté de Beaumont-sur-Sarthe]

Nouvelle missive reçue… Cette fois-ci elle était en provenance de Paris… L’expéditeur… ? Sa sœur… Les yeux parcourent le vélin rapidement… une fois… Puis deux…Etait-ce là une simple excuse pour lui demander de revenir auprès d’elle ? Non… Il lui avait dit de ne plus le contacter avant son mariage… Hormis pour des affaires importantes, elle devait l’oublier… Légère moue du jeune Comte... Il replis le parchemin… Le pose sur son bureau, se lève et regarde le messager…

Descend aux cuisines et demande à ce que l’on te nourrisse à ta faim… Et au passage averti la première personne que tu croise de me faire seller un cheval le plus rapidement possible…

Un simple signe de main pour lui donner congé… Le regard se porte sur la lettre posée sur le bureau… Il secoue la tête… Encore un mariage à arranger… Il commençait à en être las… Qui avait-il de plus réjouissant pour lui que de marier de force ses deux sœurs… Rien si ce n’est d’être torturer, découpé en morceaux, pendu et brûlé sur la place d’un village… Bien sûr vous l’aurez compris, tout ceci n’est que de l’ironie…

Il saisit son mantel de Licorne, et prends le chemin des écuries où son cheval devait commencé à être sellé…


[Paris…Hostel Barbette]

C’était la première fois qu’il venait ici… Jamais il n’avait entendu que la famille possédait un tel hostel dans Paris… Sûrement encore une lubie de sa mère, voir de sa grande sœur, puisque les deux se ressemblait étrangement sur ce point… Regard aux alentours… Quartier tranquille… Encore heureux, il n’avait pas envie de voir débouler devant lui deux ou trois tire-laine… Se défaire d’eux aurait été d’une facilité affligeante, mais il aurait eu horreur de sortir son épée et verser le sang dans un quartier si calme… Qu’en aurait pensé sa sœur si tel avait été le cas…

Regard vers la bâtisse… Il met pied à terre, s’avance vers un jeune garçon qui lui, cours vers lui… Visiblement un garçon d’écurie… Il lui tends les rennes de sa monture, lui ébouriffe la chevelure, comme son père faisait avec lui, puis prends la direction de l’entrée de l’hostel, à la recherche d’un garde ou d’un valet qu’il finit par trouver rapidement…


Allez annoncer l’arrivée du chef de la mesnie à ma soeur…

Ton hautain… Il devait continuer à jouer le jeu, et surtout ne rien laisser paraître de ses émotions quand il parlait de sa sœur… Il avait d’ailleurs prononcer ce mot de la façon la plus neutre qu’il le pouvait…
Ilargia
La blondinette retint un sourire. Rustre d'apparence, certes. Probablement assez peu académique dans le style, du moins elle le suppose. Mais qu'importe du moment qu'il est efficace, et qu'il endurcit le jeune Louvelle. Qu'il l'impressionne aussi, suffisament pour qu'il se tienne tranquille quelques années. Et vu l'âge du morveux et l'aspect du guerrier, son plan devrait fonctionner.

Voilà qui me paraît fort bon. En quelques mots, voici quelle serait votre tâche: non seulement apprendre au jeune Comte le maniement des armes. Mais également lui servir de garde du corps. Ne pas le quitter d'une semelle et ne laisser personne, hors sa famille et ceux que je vous désignerai. En échange: le vivre et le couvert assurés, plus cinq cents écus par an. Cela vous convient-il?

Avant que Thor_quelque_chose n'ait pu répondre, un des garçons d'écurie de l'hostel s'approcha de la blondinette et lui annonça l'arrivée du "chef de mesnie". Elle eut l'impression que son coeur manquait un battement. Guilhem. Lui seul pouvait se prétendre chef de maisnie. Guilhem. Feindre l'indifférence, voire la colère, encore. L'épreuve allait être rude. Dieu merci, à dessein ou non, son frère lui fournissait un premier prétexte pour rappeler publiquement leur désaccord.

Chef de mesnie, chef de mesnie, décidément ce freluquet ne perd rien de son arrogance! Mène-le dans la grande salle, je l'y attendrai.

Se retournant vers l'étranger, elle mit un terme provisoire à leur entretien.

Je vous laisse réfléchir à ma proposition. Si la faim vous tenaille, vous trouverez les cuisines au bout de ce couloir, sur votre gauche. Que vous acceptiez ou non mon offre, elles vous sont ouvertes. Je reviendrai chercher votre réponse un peu plus tard.

Tournant les talons, elle se rendit dans la salle et reprit place sur sa cathèdre, s'efforçant avec un certain succès à l'impassibilité. Seule trace de son trouble intérieur: la légère rougeur qui colorait ses joues.
Eloin
Dans le couloir de l'étage desservant les chambres, Eloin s'apprestoit à rejoindre la librairie en vue de ranger les quelques ouvrages qu'elle avoit estudiés durant la nuit.
Ce qu'il y avoict d'agréable, dans une noble demeure, c'estoit le nombre de livres qui se pouvoit trouver et lire, malgré que, bien souvent, tous ces rayonnages ne servoient qu'à la décoration de la pièce.
Chez les De Vergy-Harlegnan, en revanche, la défunte duchesse ne plaisantoit point avec l'érudition, et la plupart des livres estoient passés entre ses blanches mains avant que de rejoindre les étagères.

Dans le couloir donc, la jeune femme stoppa net sa marche, aperçevant au travers d'une haulte fenestre donnant sur le vaste vestibule Aélis aller au devant d'un homme de si grande taille qu'elle en laissa échapper une exclamation de surprise.
Curieuse de savoir ce que faisoit là cet homme et ce qu'il désiroit, l'oblate cistercienne se hasta d'aller remettre les ouvrages à leur place et descendit les degrés en prenant soin de ne point se prendre les pieds dans sa toute nouvelle robemeslant soie rose et damas azur, pour enfin atterir à quelques pas du géant.
Aélis s'estoit jà excusé auprès de luy et éloignée en direction de l'un des salons de réception de l'hostel, s'apprestant à recevoir un comte que pour sa part elle ne souhaitaict mesme plus voir en peinture, sachant le peu d'intérest qu'il portoit à la mesnie depuys le trépas de la maternelle. Sa volonté de vendre la blondinette au Cassel estoit resté en travers de la gorge de la bordelaise, aussi elle se tourna vers l'homme dont elle n'avoit point retenu le nom avec un affable sourire.


Bonjour messire. Je suys Eloin, vassale de la soeur aisnée du jeune homme dont vous aurez la charge si vous acceptez la proposition de damoiselle Aélis.
Me permettrez-vous de vous accompagner en cuisines ? Je pourrais ainsi répondre à vos éventuelles questions sur la mesnie...


Point trop original comme entrée en la matière, certes, mais si cela pouvoit luy permettre de rester hors du champ de vision du freluquet licorneux, elle en serait fort ravie !
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Héraldique
Guilhem_de_vergy
Dame Aélis vous attends…

Il tourne le regard vers le valet qui venait de refaire son apparition et qui lui indiquait une porte… Il s’efforce de faire un regard noir au serviteur, ce dernier baisse les yeux… Au moins un qui ne doutera pas du fait que Guuilhem n’ai pas ici par plaisir… Il suffisait maintenant d’espérer que le bouche à oreille fonctionnait toujours aussi bien avec les domestiques de la famille…

Il s’avance vers la porte… Attends quelques secondes devant sans rien faire… Juste reprendre sa respiration qui commence à s’emballer… Il pose la main sur le loquet, et ouvre finalement la porte dans un grincement caractéristique de gonds mal graissés…

Au milieu de la pièce sa sœur… Assise sur une cathèdre, comme l’aurait pu être leur mère… Vision forte troublante pour le jeune homme… Ses souvenirs lui rappel la dernière fois qu’il avait vu sa mère assise sur sa cathèdre… La fois où il avait appris sa folie… La fois où elle l’avait confondu avec son père… Léger froncement de sourcils, suivit d’une moue… Il secoue la tête et s’avance à grandes enjambées vers sa sœur, avant de s’arrêter à quelques pas d’elle…

Regard droit dans les yeux… Ne rien laisser paraître… Mais malgré son envie de toujours paraître dur envers elle, il ne peux empêcher ses yeux de dévoiler le fond de son âme à celle qu’il regarde…Il désigne la salle d’un large geste de la main… Sourire carnassier aux lèvres…


Et bien… A ce que je vois tu dilapides assez facilement la fortune familiale… L’argent te brûle donc toujours autant les doigts ?

Nouveau geste de la main, pour que cette fois elle oublie ses derniers propos, comme si cela allait être le cas… Il le savais au fond de lui-même, il lui donnait encore une raison de créer une nouvelle fois le début d’une fausse dispute qui continuerais d’alimenter les rumeurs sur leurs relations exécrables…

Enfin…Tu m’as fait mandé… Me voici…

Son regard balaye la salle…

Où est donc le prétendant de notre sœur ? Ryes m’attends, et je ne voudrais pas l’attendre des heures, ou des jours en ce lieu….
Ilargia
La môme s'aggripe aux accoudoirs de son siège alors qu'entre son frère. Dire que sa seule envie serait de se lever et de courir se jeter dans ses bras.... Hors de question, évidemment. Ils ont beau être seuls dans la pièce, elle ne se fait aucune illusion: yeux et oreilles de la domesticité doivent traîner non loin, et baisser la garde maintenant ferait écrouler tout leur bel échafaudage. Rupture il y a eu, rupture il doit rester aux yeux du monde. Si dur que ce soit. Elle se force donc à l'indifférence tandis que tombe la première pique.

Haussement de sourcil faussement étonné en réponse à l'attaque du Licorneux. L'argument est tout choisi pour conforter une fois de plus leur très officielle querelle, et la blondinette ne se prive donc pas de répondre sur le même ton froid et ironique.


Dilapider? Décidément mon cher frère, tu t'y connais fort mal. Tu saurais sinon qu'acquerir des immeubles est un investissement, et non une dépense à fonds perdus comme lorsque tu payes tes catins et tes soirées de beuverie et de débauche. On comprend mieux que mère ne t'ait pas confié la gestion de cette fortune familiale dont tu parles. Elle devait avoir bien piètre opinion de tes talents...

Petit rire moqueur qui s'échappe des lèvres carmines tandis que, noisette contre acier, les regards s'affrontent. Et lisent l'un dans l'autre bien autre chose que ce que les voix échangent...

Mais passons en effet. Rassure-toi, je ne t'éloignerai pas longtemps de ta vraie famille, tu pourras courir te réfugier rapidement derrière les murs de ta chère forteresse: notre futur beau-frère ne devrait plus tarder. Quant à Boucles d'Or, je la ferai descendre plus tard. Elle est pour l'heure consignée dans sa chambre. De toute façon, sa présence ne sera utile que pour la signature, nul besoin qu'elle assiste aux discussions.
Chlodwig_von_frayner
Ainsi donc le moment était venu, l’évènement, qu’il avait toujours vu comme étant lointain et peut être, savait on jamais, improbable se précisait. Il avait reçu cette lettre quelque jours plus tôt… et il ne pouvait à présent s’empêcher de la lire, de la relire sans avoir seulement osé en parler quiconque. A quoi cela aurait il servit ? Si le temps était venu pour lui d’accomplir ce qu’il considérait comme l’ultime devoir envers sa famille, eh bien… il s’y plierait… comme il s’y était toujours plié… car son éducation ne tendait que vers là : servir ses intérêts familiaux et particulièrement les projets de sa mère qui avait œuvré pour tissé sa toile. Cet union serait sans aucun doute le point d’orgue, l’aboutissement de toutes ces années de travail. Pensez donc… marier le fils aîné… la cérémonie serait sans aucun doute grandiose. Une union politique qui réunirait un bon tiers de l’Alençon dans la même main, sans compter le reste du patrimoine qui serait, sans aucun doute, conséquent. Ne manquait pour le jeune homme qu’à y apporter la touche finale, et cela ne dépendait désormais que de lui. Oui… ça en terme de fief, se serait impressionnant.

Mais… et lui dans tout ça ? Nulle place pour sa personne ou ses sentiments, comme il n’y en avait jamais eu en fait. Son « bien », ou plutôt son rang, voilà juste ce qui comptait pour la plupart des gens au final. Pourquoi n’était il pas capable de s’opposer aux volontés de sa mère alors qu’il le faisait avec tant d’autre ? Ça il n’aurait su le dire. Il n’y arrivait pas, il ne parvenait même pas à l’imaginer. Le formatage de son enfance avait fonctionné à merveille, le transformant en parfait jouet entre les mains des intérêts familiaux… du moins… le préparant jusqu’à temps qu’il entre en possession de tous ses atouts. L’Histoire s’écrivait pas à pas… et les choses avançaient.

Il fit lentement tourner la bague en or portant les deux épées croisées barrées… le carosse l’acheminait en direction de l’hotel particulier des De Vergy, où il était invité pour… la signature. Paris… aurait il seulement imaginé revoir un jour cette ville ? Il l’avait sentit de suite lorsqu’il en avait franchit les murs… comment oublier les odeurs nauséabondes des rues servant d’égout en plein air, le brouhaha quasi continu des rues bondées et congestionnées, l’ambiance… si prompt à s’électriser pour un rien. Promenez y vous… et vous aurez des dizaines d’occasion de duel sur les bras si vous savez gérer convenablement les choses. Il détestait les parisiens… les fonctionnaires… et tout ce qui résidait en ces murs. Il détestait cette ambiance de lèche botte, de conformisme et d’hypocrisie. Luttes de pouvoir côtoyaient ronds de jambe et… parties de jambes en l’air, tout en prêchant la bonne morale. A vomir pour sur. L’ambiance française était aseptisée et molle, presque lâche… en tout cas pernicieuse et souterraine. Rien à voir avec les affrontements, certes extrêmement violents et cruels, mais néanmoins francs et directs de l’empire (que beaucoup gagnaient pourtant à ne pas connaître).

Bref, il sortit de ses pensées lorsqu’un serviteur vont lui ouvrir la porte, il descendit du carosse un brin énervé par la situation. Il n’avait aucune envie de signer ce foutu papier. Pire, il exécrait déjà sa future épouse, sa future belle famille, cet hôtel particulier et tout ce qu’il contenait; Il les haïssait de toutes les fibres de son âme. Ce sentiment l’avait pris soudain tandis qu’un visage s’était imposé à son esprit. Il tâcha de se calmer, en vain… et le léger mal de tête qui le prenait n’arrangeait rien. La main posée sur la garde de l’épée passée à sa ceinture, il passa ses gants de cuir noir brodés de fils d’or et s’avança à l’intérieur. Il avait passé sa cape de zibeline brodée d’hermine sur ses habits noirs… toujours noir oui, un choix qui pouvait s’avérer délicat à tenir en plein été mais… une promesse restait une promesse. Il demanda à être introduit rapidement… on lui répondit d’attendre qu’on veuille bien le recevoir. S’en fut trop pour lui. D’un ton glacial, il fixa le serviteur comme si il était un tas de… de rien.

Mène moi de suite et sans délais auprès du maistre des lieux. Schnel !

Mais,
bredouilla le serviteur, mais monseigneur… je dois d’ab…

Dois je répéter ?


Il tapotait la garde de son épée. Il fulminait cette fois. Tout avait décidé d’être contre lui aujourd’hui ce fichus évènement, la lenteur dans Paris, et maintenant ça… Il se retenait de coller une droite au machin qui se tenait devant lui. A court de solution, le serviteur l’amena devant la porte d’une grande salle située au bout du couloir et l’entrouvrir pour voir si il pouvait déranger. Dans un mouvement d’humeur, le Chlo amplifia brutalement le mouvement ouvrant les eux battants à la volée et pénétra dans la pièce. Deux personnes se tenaient là, dont un visage bien connu.

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Ilargia
Le silence, pesant, qui s'était installé entre le frère et la soeur fut brutalement rompu par le bruit des lourds vantaux de la porte qu'une poigne énergique venait d'envoyer taper avec force contre les murs. Blam. Entrée fracassante du Von Frayner. Qui semblait d'une humeur massacrante, se dit la blondinette en contemplant le visage du sale gosse. Pour la énième fois depuis la lecture du testament de leur feue mère, elle fut prise de doute. Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête de la matriarche pour qu'elle décide d'unir Boucles d'Or à ce godelureau? Certes, en termes de stratégie familiale, l'alliance était flatteuse et profitable. De la Guyenne à la Lorraine en passant par le Périgord et l'Alençon, les terres du futur couple formeraient un ensemble impressionnant. Mais pour ce qui était des personnes.... On aurait difficilement pu imaginer promis plus dissemblables que la frêle et innocente Elianor et l'acerbe et mordant Chlodwig...

La blondinette haussa les épaules. Il n'était plus guère temps d'y songer désormais. Rompre l'engagement maintenant serait un affront inenvisageable. Et puis après tout, la duchesse miniature n'était tout de même pas si à plaindre. Elle ne serait ni la première ni la dernière à faire un mariage de convenance, et après tout, elle avait été élevée dans cette idée dès sa plus tendre enfance. Elle saurait bien s'accomoder de son époux.Du moins sa soeur l'espérait-elle.

Se levant de sa cathèdre, elle vint saluer le sale gosse avec un sourire, repensant à leur ennui commun lors de la dernière cérémonie d'allégeance en Alençon.


Le bonjour Chlodwig. Je ne crois pas que tu connaisses mon demi-frère, Guilhem? Le chef de notre famille désormais.

La pique était plantée comme en passant. Chef d'une famille qu'il délaissait de toute façon, le Licorneux n'en tenait pas moins à ce titre, comme il l'avait démontré dès son arrivée à l'hostel. La blondinette, décidée à faire pour une fois les choses dans les règles, se tourna vers ledit frangin pour achever les présentations.

Guilhem, voici Chlodwig von Frayner, le promis de notre jeune soeur.
Guilhem_de_vergy
Alors qu'il secouait la tête, las des disputes incessantes entre eux,la porte s'ouvrit dans un fracas étonnamment violent... Sourcil qui se lève... Regard qui se dirige vers la porte...Entrée d'une personne qu'il ne connais pas du tout, mais dont il se doute l'identité aux vues de ses atours... Hormis un impérialiste, seul un membre de la suite de la bécasse vanillée pouvait se vêtir aussi mal... Et encore dire que ce dernier s'habillait mal était un euphémisme... Visiblement sûr de la richesse de sa famille il n'avait pu s'empêcher de revêtir des habits tape à l'œil... Hermine... Or... Fourrure... Tout ce dont le jeune Comte avait horreur... Lui élevé dans les principes familiaux, du moins cotés paternel, vu que sa mère était tout le contraire, qui voulais que l'on ne montre aucun signe extérieur de sa richesse, hormis par les couleurs de ses vêtements... Son père lui avait toujours refusé les fils d'or, l'hermine ou la fourrure... Selon ce dernier, ceux qui se paraient de tels atours ne cherchais qu'à prouver qu'ils avaient de l'importance dans un monde où la finesse d'esprit ne sert à rien, pour preuve il n'y avait qu'à regarder certaines personnes ayant des pouvoir soit dans les provinces, soit ici même dans la capitale...

Enfin... Guilhem fixait toujours l'impérialiste... D'un regard froid comme le lui avait appris son père... Rien de tel pour créer un bonne ambiance que d'accueillir aussi chaleureusement un invité... Il s'étonnait d'ailleurs toujours qu'aucunes des personnes qu'il avait pu fréquenter n'avait fait un tel regard en sa direction... Peut-être la simple peur de se pendre un revers de main gantée... Mais si cela n'était pas dans ses habitudes, lui qui préférait les insultes en oc, plutôt que les jeux de mains... Du moins dans un premier temps... Il se souvenait d'ailleurs encore parfaitement de la première fois qu'il avait essayé cette technique... Le médecin de la reyne à l'époque... Ce dernier n'avait même pas eu besoin de le regarder... Sa présence avait suffit à Guilhem pour qu'il n'arrive pas à l'apprécier... Et heureusement pour lui qu'à l'époque sa tante lui avait demander de sortir, car même du haut de ses quatre années, il lui aurait sauté à la gorge tel un loup affamé


Le bonjour Chlodwig. Je ne crois pas que tu connaisses mon demi-frère, Guilhem? Le chef de notre famille désormais.

Regard vers Aélis... Elle tendait le bâton pour se faire battre... Il était sur le point de lui répondre quand elle se tourna vers lui...

Guilhem, voici Chlodwig von Frayner, le promis de notre jeune soeur.

Elle croyait qu'il allait passer l'occasion de lui répondre,même si elle ne lui en laissait pas le temps? Là elle rêvait... Regard noir en direction de la blondinette... Une à deux secondes de silence pour installer un doute dans l'esprit de sa sœur...Puis...

Chef de famille? Tu t'accapare donc ce titre seulement quand cela t'arrange... Pour les taches que tu trouves ingrates, tu n'hésite pas à me faire venir, et me donne ce rôle... Alors que lorsque tu sais pertinemment que tu tirera des autres taches, des éloges ou une reconnaissance quelconque,là tu n'hésite pas une seule seconde pour te proclamer chef de famille...

Tu deviens bien trop prévisible....


Il se lève de son siège, époussetant au passage son mantel gris, qu'il enlève ensuite pour le déposer sur le dossier, laissant au passage à l'impérialiste l'occasion d'entre apercevoir la licorne d'argent brodé sur le dos... Il se retourne vers lui... Il repasse cette fois-ci au regard froid, mais avec un léger sourire aux lèvres...

Chlodwig Von Frayner... Et bien, je ne vous dirais pas que je suis heureux de vous rencontrer... J'ai une sainte horreur de mentir... Mais trêve de politesse, asseyez-vous, vous devez en avoir besoin après un si long voyage...

Il lui indique un des siège de la main, pendant que lui même reprend place sur le sien... Le jeune Frayner n'avait pas encore décrocher un seul mot... Guilhem espérait simplement que cela n'était pas du au fait d'une mauvaise haleine... Car si tel était le cas, en plus d'être impérialiste, une haleine de poney lui vaudrait à coup sûr d'être brûlé en place publique... Petit rictus rien qu'à cette idée...
Ilargia
La blondinette ricana, une lueur mauvaise dans les yeux.

Ah je ne t'appelle que pour les tâches ingrates? Amusant.... Je ne crois pas t'avoir beaucoup vu veiller Elianor quand elle était entre la vie et la mort? Je ne crois pas non plus que tu te sois beaucoup inquiété quand elle et Faran se sont enfuis en Périgord? Je ne me rappelle pas non plus t'avoir vu faire le déplacement pour les cérémonies d'allégeance des fiefs de nos cadets... Mais bien sûr, tout cela t'apparaît sans doute comme des tâches plaisantes, qui rapportent des éloges... Il est vrai que le titre de chef de famille te va bien mieux qu'à moi, tant tu te sens concerné par le sort de ta mesnie n'est-ce pas? Je gage qu'en aîné mature et responsable, tu sais parfaitement où se trouve Constantin? Qu'en aîné attentif à tes cadets, tu t'es fort inquiété quand Elianor a brusquement quitté le trône de Guyenne? Et bien entendu, je dois me tromper quand je pense que le si parfait chef de famille que tu es n'as par revu Faran depuis sa naissance? Réellement, je suis un monstre d'ingratitude de ne pas te remercier de tout ce que tu fais pour cette famille!

Se tournant vers son demi-frère, elle plongea dans une révérence si exagérée qu'elle en devenait clairement moqueuse.

Votre Grandeur est si bonne pour nous! Alors que nous sommes si indignes de son attention!

Elle se redressa et lui lança un regard froid.

Bien, si tu as fini de déverser ta bile, nous pourrons peut-être passer aux choses sérieuses? Et étudier le contrat proposé par notre notaire?

Tournant les yeux vers Chlo, elle poursuivit

Tu en as eu une copie je crois? Te convient-il?
Grudu
Combien de temps s'était-il écoulé depuis son arrivée ? L'ogr...le géant ne s'en souvenait plus. Réveillé par le bruit des casseroles sur le feu et du chef qui s'affaire à préparer le...souper ? petit déjeuner ? Déjeuner ? Il ne se souvenait plus. Il se souvient d'avoir - non sans peine - trouvé les cuisines après que la jeune femme lui ait indiqué, d'avoir délicatement regardé dans les tiroirs et étagères de la cuisine ce qu'il pouvait trouver à grignoter... Et après le trou noir...AH SI ! Il était effectivement tombé sur le cellier et les réserves de viande de la maison...

Tandis que sa tête le faisait souffrir à essayer de se remémorer, un cri le tira de son "intense" réflexion...


-Aaaah ! s'écria celui qui semblait être le maître d'oeuvre de la cuisine... Mais où est passée la nourriture ?!?

Catastrophé, l'heure du repas arrivait et il sentait la moutarde lui monter au nez.

C'est là que le pantagruelique casse-croûte du géant lui revint en mémoire. Certes, il n'y avait que six saucissons, quatre jambons, huit cailles, du gibier, du pâté, des oeufs,....

Et lorsque la viande fumée, dessecha la gorge du barbre nordique, les quelques bouteilles de vin du cellier furent tout juste suffisantes à le rincer du sel qui conservait la viande...

Il se releva et se mit sur ses deux pieds. Son visage se crispa en un masque tordu de théâtre...avant qu'un coup de poing sur son estomac ne fit relâcher toute cette pression....d'un seul coup...


-GROAR !


Un fauve, ici ? Mais non ! L'homme du Nord n'a pas amené d'animal de compagnie. Simplement la plus pure et puissante expression d'une collation fort appréciée par l'estomac de Grudu. Ce qui n'empêcha pas d'effrayer tout le personnel de la cuisine tandis que les relans de repas carnivore empestaient toute le maisonée...
--La_margaux
Et le maître d'oeuvre se révélait en fait être une maîtresse, ce que le grand homme, tout à son réveil, ne semblait pas avoir remarqué.

Femme d'une petite taille mais à la voix dure et au visage sec, imposant sa loy aux marmittons et autres commis de cuisine, dominant son petit monde d'un regard attentif au moindre faux pas, à la moindre erreur qui pourrait luy coûter un retour à Lesparra à toute vitesse...

Elle y avait passé les premiers temps du deuil de la duquessa, se terrant dans un coin du castel tandis que les membres de la famille pleuraient -ou se réjouissaient, c'était selon- de la mort de la ducale maternelle, cette dame au tempérament fort qu'elle avait servi tout au long de sa vie, la suivant dans tous ses voyages, voyant grandir ses enfants petit à petit. Brisée qu'elle était par cette disparition, la blonde et maigre servante, rendue aigrie et cassante avec le petit personnel de la mesnie, mais d'une efficacité redoutable.

Et c'était bien cette raison là qui avait poussé Eloin à l'inviter à venir les rejoindre à Paris. L'hostel Barbette manquait cruellement d'un cuisinier, et il était hors de question de faire venir ce courreur de jupons de Benoist, le benest serait trop heureux de courrir les jupons pouilleux des filles de petite vertu de la capitale qu'il en oublierait la préparation des repas !
C'était donc à elle, qui avait des rudiments en cuisine, mais qui n'avait jamais vraiment préparé quoi que ce soit à part des bouillons pour sa dame, lorsqu'icelle était souffrante, ce qui n'arrivait que rarement, que l'ancienne dame de parage avait demandé ce service. Avec la menace de retourner au triple galop dans le castel médoquin si elle ne faisait pas d'efforts pour adoucir son sale caractère !

Alors elle s'était adoucie, la suivante, pour le simple mais petit plaisir de pouvoir rester auprès de la douce et agréable Eloin. Mais, en coulisses, loin de la silhouette brune, elle était un vrai tyran en jupons, terrorrisant les gens des cuisines, et même le reste des serviteurs !

La Margaux, parce que c'était elle, regarda SA cuisine se vider sans sourciller ni sursauter, voyant l'homme se lever comme s'il sortait d'une bonne nuitée de sommeil. Elle n'était pas pour autant dépourvue de colère, la cuisinière, ça non ! Le garde-manger était vide, alors qu'elle l'avait rempli la veille, avec la bourse que luy avait donné la damoiselle de Beaulieu ! Or ça, la blondinette ne serait point contente du tout d'apprendre la nouvelle, et peut être même qu'elle aurait droit au fouet, pour la première fois de sa vie ! A quatre décennies d'existence, la pauvre meschine pensait pouvoir y échapper encore longtemps !

Elle ne put que mettre sa main devant son nez et émettre un grognement en sentant l'odeur que venait de dégager le géant en soulageant sa bedaine oppressée, se disant qu'il lui faudrait préparer des quantités énormes de nourriture rien que poru luy !

Et, d'un regard au garde manger, elle regarda plusieurs fois l'homme, puys la réserve vide, et lacha quelques mots d'une voix qui n'aurait souffert nulle réplique.


Dîtes, il y a des chambres pour les serviteurs, dans cette demeure, on est point dans la bicoque d'un bourgeois ruiné !

Pis c'est vous qui avez avalé tout ça ? Va falloir aller à la boucherie refaire le plein de viande, sinon ce sera la misère à la tablée de ce soir !


Elle retint un toussotement, se souvenant de justesse que, d'ordinaire, l'on se présentait avant que de faire des reproches aux inconnus... Même si, pour sa part, le fait que l'inconnu en question ait vidé son garde-manger soit une raison suffisante pour ne point être trop aimable avec luy...

Moi c'est Margaux, la cuisinière. Et vous ? [/b]

.............................

Ancienne suivante d'Izarra de Ozta d'Harlegnan, mais toujours fidèle à la mesnie De Vergy-Harlegnan...
Elianor_de_vergy
[Etage de l'hostel - Chambre d'Elianor]

C'était donc aujourd'hui.... Aujourd'hui que se décidait mon sort, et je n'avais même pas voix au chapitre.... On a beau avoir été élevée depuis sa naissance dans cette idée, la pilule est tout de même rude à avaler une fois l'heure venue me disais-je, attristée. La seule chose qui me consolait quelque peu était de songer à mon promis. Naïve que j'étais! Les mois passés depuis notre dernière encontre avaient effacé le souvenir cuisant de ses moqueries. Ne restait plus que la pensée que mon futur époux était un jeune homme pas si éloigné de moi en âge, là où j'avais craint que mère ne m'ait promis un barbon; de belle prestance et de très noble lignée. Incurable innocente que j'étais, je l'avais en moi-même paré de toutes les qualités qui brillaient chez les héros de roman que j'admirais tant. Aveuglée et ignorante, je m'avançais avec le sourire vers des lendemains qui déchantent...

Mais pour l'heure, impatiente de le revoir, je ne me préoccupai que de trouver une tenue seyante, seul détail de toute façon pour lequel j'avais mon mot à dire. Pour le reste, l'on m'avait bien prévenue que c'était une présence muette que l'on exigeait de moi pour cette entrevue au cours de laquelle il me serait simplement permis d'apposer ma signature sur un contrat préparé et discuté par ma famille...

Trépignant et m'agitant en tous sens, je coulais un regard discrètement agacé à ma gouvernante. Evidemment, après notre fugue en Périgord, on m'avait ôtée la compagnie de Guillemette, coupable de s'être montrée trop complaisante. J'étais donc retombée sous la coupe de mon Dragon, Eudeline. Et le Dragon vieillissait, se montrant de plus en plus revêche et bien incapable de s'accorder à mon humeur enjouée du jour. Comme je regrettais ma gentille suivante et son babil! Mais foin de conversations légères avec le Dragon! En fait de babillages, je n'avais droit qu'à de pesants conseils, toujours les mêmes depuis des années. Tenez-vous droite. Ne parlez pas trop fort. Ne dévisagez pas les gens comme ça, c'est impoli. Fais pas ci, fais pas ça.... Excédée, je plantai là ma sermonneuse gouvernante, m'interrogeai une ultime fois sur la pertinence du choix de la couleur de ma robe. Verte. Le rouge était réservé de tout temps à ma mère, et désormais à ma soeur aînée, et d'ailleurs cette couleur vive et voyante ne convenait guère mon caractère. Le bleu me paraissait trop fade, le blanc trop monacal, le noir trop triste. Le vert donc, serait dorénavant ma couleur.

Sur cette pensée, je gagnai en boitillant le rez-de-chaussée et m'approchai de la grande salle. Pas question de débarquer ainsi sans savoir où en étaient les choses... Reprenant donc une habitude de famille apprise de ma tutrice, je vins à pas de loup coller mon oreille à l'huis, tâchant d'attraper au vol les termes de la discussion qui se tenait de l'autre côté de l'épaisse porte de chêne...
Chlodwig_von_frayner
L’entrevue s’annonçait pleine de rires et de bonnes blagues… A dire vrai, hormis une salle emplie de lorrains, il n’aurait pu rêver ambiance plus détestable. Enfin… on avait que ce qu’on méritait. Il s’était montré détestable à dessein, même si le mal de crâne lui vrillant les tempes n’y était pas étranger, et comptait bien le rester. Rien que le fait de penser à ce qu’il allait signer le faisait bouillir, et contempler la face méprisante de celui qui semblait devoir être son interlocuteur n’arrangeait pas grand-chose. Les deux hommes se détestaient, c’était clair, deux monde les séparaient en fait, et il ne s’agissait pas uniquement d’empire et de France, non, l’éducation, les manières… et tout un tas d’autres choses. Seule une chose en fait les rapprochait, le fait d’avoir le sentiment d’être né noble, et même plutôt haut noble, et avoir du faire ses preuves. Et, loin de les rapprocher, cela les éloignait encore plus au final. Tant mieux en fait… il n’avait aucune intention d’apprécier sa future belle famille, ni de se faire apprécier par eux. La suite… aucune importance.

Les deux hommes se jaugèrent rapidement du regard… pouah… une licorne… il fut pris d’une nausée à cette vue ainsi que d’une soudaine envie de tourner les talons. Qu’étais ce une licorne sinon un poney avec une corne… et tout ce qui s’y rapporte. Il ne pouvait les supporter, ces « chevaliers » qui se prenaient pour les sauveurs du monde, qui attribuaient ce qu’ils considéraient comme le plus haut titre à des seigneur, voir des bâtards ou pire même, des gueux. Et après ils se baladaient avec leurs têtes de dépressifs, certains de détenir la vérité sur le monde et de dominer en fait le reste du haut de leur monture. Mais si ils avaient réellement envie de se suicider pris en tenaille par leur nature opposée, mais qu’ils le fassent ! Et qu’ils cessent de nous les briser (i love licorne).

Il écouta tranquillement les… frères et sœurs, si il avait bien suivi la généalogie familiale, se jeter des compliments, lâcha un léger soupir, symbole de son exaspération et les salua de la tête. Adressant néanmoins un sourire à la jeune fille.


Bonjour à… vous. Je ne cacherais pas que je suis bien plus heureux de revoir Aelis que de faire la rencontre de mon futur beau frère mais il semble que je n’ai guère le choix. Au moins vous voilà rassuré sur la réciprocité de nos sentiments. C’est étrange… je vous imaginais plus… grand. Enfin… je m’en contenterais.

Il se tourna ensuite exclusivement vers la jeune fille. L’autre avait décidé d’être désagréable, tant mieux pour lui… Ou plutôt tant pis… typique des licorneux… toujours à se croire au dessus des autres… Poneys à corne… Il adressa une moue qui se voulait dédaigneuse mais que la fatigue qui se lisait dans son regard transforma en une sorte de grimace.

Tu m’avais caché que je devrais supporter la présence d’une licorne… un beau frère irascible passe encore mais si il commence à cumuler les défauts… A-t-il eu assez de neurones pour lire le contrat ? Et pour le comprendre ? Les chiens chiens du roy ne sont pas vraiment connus pour réfléchir de façon claire plus de quelque secondes, en témoigne leur dernière charge désespérée contre les bretons à Fougères. Alors des termes juridiques, je crains que ça ne dépasse leurs compétences.

Il s’assit sur la chaise, ôtant son mantel qu’il déposa dessus. Bien que ses traits soient tirés et que le mal de tête lui vrilla les tempes, il tâcha de lâcher un léger sourire et de ne rien en laisser paraître. Rester droit… et assumer son rang… comme toujours… comme le pion qu’il était.


Je ne crois pas l’avoir reçu pour ma part… la missive a du s’égarer… je me souviens juste de l’ébauche. Si nous pouvions y jeter un rapide coup d’œil, les choses seraient plus simples…
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Ilargia
Ca y était, les hostilités étaient ouvertes entre les deux futurs beaux-frères. Pas étonnant que ces deux-là ne s'apprécient pas au fond, mais évidemment, ça n'allait pas détendre l'atmosphère déjà orageuse de la pièce. Prise en étau dans un maelstrom de sentiments divers et parfois contraires, la blondinette commençait franchement à en avoir ras-le-hennin et ne souhaitait plus qu'une chose: en finir au plus tôt avec cette épreuve.

Elle lança un regard discret à son demi-frère, le coeur brusquement serré. Elle aurait tellement voulu pouvoir courir vers lui, se jeter dans ses bras, l'entraîner loin du monde, là où il n'y aurait ni famille ni Licorne ni mariage ni terres en jeu, rien qu'elle et lui. Soupir. Aurait-elle jamais à nouveau l'occasion de s'isoler avec celui qui lui était si cher? Jamais elle n'aurait pensé que leur comédie soit si difficile à jouer.Et elle commençait à craindre sérieusement que cette dispute simulée ne laisse bien des cicatrices entre eux... Il y avait dans les piques qu'ils s'appliquaient à s'envoyer des reproches qui sonnaient trop juste pour ne pas être réels...

Et voilà que le Von Frayner repartait à l'attaque. Esquissant un mince sourire, elle répondit de façon à détourner les flèches de Chlodwig. La dernière chose dont ils avaient besoin était bien une bataille en règle entre le Licorneux et l'impérial.


Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te révéler toutes les tares familiales d'un coup? Allons, dans notre monde ça ne se fait pas, de sortir les cadavres du placard pour la présentation... Tu les découvriras toi-même au fur et à mesure.

Pour le contrat, j'ignore si mon cher frère l'a lu. Il a été rédigé de bout en bout sous les instructions de notre défunte mère, et je doute que quiconque ait songé y changer une virgule depuis.

Elle fit quelques pas pour aller récupérer le fameux vélin. Maître Luntz, elle le savait, se tenait dans la salle voisine, prêt à venir compléter les ultimes blancs de l'oeuvre qui ligoterait à vie sa jeune soeur. Boucles d'Or... Ne pas y penser. Ne pas se dire que mère infligeait post mortem à sa benjamine des conditions dont elle n'aurait pas accepté le quart de la moitié du commencement d'une pour elle-même. Ne pas songer à ce que serait cette union forcée. Surtout, ne pas penser tandis que le parchemin se déploie sous leurs yeux. Ne pas remarquer non plus que le promis n'a pas l'air dans son assiette. Ne rien voir. En finir.

Citation:
Au nom du Très Haut et sous son regard bienveillant

Qu'il soit chose sue qu'en ce jour

Messire Chlodwig Von Frayner d'Azayes, de son bon gré et libre et agréable volonté, promet et jure par paroles de futur de prendre pour femme et épouse damoiselle Elianor de Vergy, duchesse de Bellesme, baronne de Lesparre et de Castelnau de Médoc.

Et de la même manière, ladite damoiselle Elianor, sous l'autorité et consentement de damoiselle Aélis Amandine d'Harlegnan, sa tutrice, et de messire Guilhem de Vergy, chef de famille, promet et jure par paroles de futur de se donner et octroyer pour femme et épouse audit Chlodwig.

Ce mariage sera solennisé par paroles de présent devant la face de notre Sainte Mère l'Eglise Aristotélicienne, à la première semonce et réquisition de l'une des familles, et au plus tard dans les deux mois des présentes.

Et en faveur et contemplation dudit mariage, il est prévu et arrêté ce qui suit:

Premièrement, que les époux partageront le port de leurs titres et armes, y compris les armes familiales. Néanmoins, et comme il est de coutume en noble famille, la damoiselle Elianor conservera en droit comme en usage le nom de sa famille de sang.

Item, est dit et accordé qu'il sera procédé, préalablement à l'union, à l'examen corporel de la damoiselle Elianor par deux matrones choisies d'un commun accord entre les familles. Lesdites matrones devront, en leur âme et conscience, attester de la pureté physique de ladite damoiselle.

Item, est dit et accordé que ledit mariage sera célébré en la cathédrale Notre Dame de Paris. Ne pourront assister à ladite cérémonie, outre les familles et vassaux des époux, que les personnes ayant a minima rang de Duc ou de Comte. Toutefois à titre gracieux, chaque futur époux pourra inviter cinq personnes de rang inférieur.

Item, est dit et accordé que les festivités suivant les épousailles se dérouleront en la ville de Paris, en prévision de quoi les deux familles s'engagent et obligent à acquérir chacune pour moitié et mettre en état un hôtel particulier en la capitale dont il sera fait don aux futurs époux à titre de présent de noces.

Item, est dit et accordé que les futurs époux seront libres de résider où ils le souhaiteront, sous condition de passer a minima un mois par an sur leurs terres alençonnaises.

Item, est dit et accordé que la gestion de l'ensemble des terres, fiefs et immeubles des deux époux sera assurée par le mari. Les deux époux pourront néanmoins après le mariage passer à ce sujet devant notaire toute convention qui leur plaira.

Item, est dit et accordé qu'en vue d'assurer la descendance des lignées, qui est le but et la raison de l'union prévue, les deux époux devront remplir leurs devoirs conjugaux a minima quinze nuits par mois. Etant ici précisé que ces devoirs ne pourront être remplis ni pendant la semaine menstruelle de la damoiselle Elianor, ni dans les nuits de dimanche à lundi.

Item est dit et accordé que nul bâtard ne pourra être reconnu par le sire Chlodwig après la célébration du mariage.

Item, est dit et accordé que le choix des prénoms des enfants mâles à naître de cette union reviendra au sire Chlodwig, les prénoms des enfants femelles étant laissés au libre choix de la damoiselle Elianor.

Item, est dit et accordé que l'éducation de enfants à naître de cette union sera confiée à la mère jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge de neuf ans. Au-delà, elle conservera l'éducation de ses filles et abandonnera la direction de celle de ses fils à son époux.

Item, est dit et accordé que la seigneurie de Belzaize, dépendant du duché de l'Aigle, devra être octroyée à l'aîné fils à naître de cette union au jour de ses quatorze ans.

Fait et passé à
Le

En présence de


Ainsi signé et scellé



Il manque la liste de tes titres, notre notaire ne les connaissait point. Hormis cela, vois-tu quelque chose à rediscuter?
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