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[RP]Les bas fonds de Limoges

Vivelame


Limoges et ses rues. Agréablement entourées de maisonnettes qui s'alignaient telles les pétales de cette fleur charnue. Coquettes et aussi légères que les ménagères qui s'évertuaient à les parfaire en les entourant de jardins qui du plus petit au plus spacieux étaient aussi empreint d'orgueil que leurs propriétaires.
Dans la belle ville de Limoges tout y était beau les propriétés bourgeoises poussant comme des champignons, les bonnes gens de pensée aristotélicienne aimant à montrer leur esprit charitable en donnant le pécule aux mendiants qui d'un petit nombre il n'y avait pas si longtemps,semblait grossir et vouloir vider les bourses bien remplies des Limousins. Mais tout ceci était fait de telle sorte que toutes ces bonnes gens s'allongeaient chaque soir dans leurs couches ayant l'impression d'avoir parsemé leur journée de bonne actions et que devant des croyants aussi charitables Aristote resterait leur guide.

Pourtant si on allait plus au nord de la ville, les choses commençaient à devenir tout autre.Et dans le décor comme dans la pensée. Les gens n'y étaient plus bourgeois mais mendiants, et depuis l'installation de l'un d'eux qui allaient en peu de temps devenir le "roy" de cette petite cour des miracles.

Dans les bas fonds de la ville de Limoges infiniment riches en créations imaginaires,les rues chaudes mêlaient le réel et l'irréel offrant ses plus évidentes perfections. Entre minuit et le petit jour toutes les existences exceptionnelle de la grande cité de s'y réunissaient impulsivement n'y cherchant que plaisir et débauche.

Si les bas fonds de Limoges n'étaient en rien aussi importants que la grande cour des miracles de Paris.Ils constituaient tout pareil un repaire de voleurs et d'assassins ; de mendiants aussi qui contrefaisaient les borgnes, les boiteux, se couvraient d'ulcères factices pour apitoyer les passants, infirmités dont ils se débarrassaient "comme par miracle" en rentrant dans leurs taudis.
Également à sa jumelle parisienne ce lieu regroupait à lui seul tout ce que Limoges a de plus impropre, de plus abjecte, de plus gauche et de plus bas. Tout ce qui est le reflet des grands Bourgeois, des Comtesses parfumées, des Sires élogieux, tout ce qui est dans l'ombre, sur le trottoir, dans les égouts...On a dit que la cour était un lieu d'asile ; ce privilège existait par la force des choses : si un voleur ou un assassin se réfugiant dans un de ces bouges, la maréchaussée aimait mieux l'y laisser en paix que de s'exposer à la mort en voulant l'appréhender.


Limoges, la belle et grandiose capitale de ce si beau comté, aux monuments titanesques et élégants, aux Gentilshommes sans égal. La ville au soleil éclatant du jour, la faisant briller tel un bijou dans son écrin, s'affairait sous la lumière lunaire,à de toutes autres occupations ...
Et comme dans un tour de main d'un grand magicien se dessinait l'envers du Décor. Car toute étoile a sa jumelle, son miroir et son opposé.

La glorieuse décadence, le majestueux avilissement, la splendide corruption, la luxueuse misère... Comme la cour des miracles de Paris les bas fonds de Limoges avait ses propres règles, ses propres lois. Ici vous n’êtes à l’abri de rien, le succès comme la mort peuvent vous attendre au moins tournant,ne vous y risquez qui si croyez en leurs lois et sauvez vous si cela horrifie car vous n'échapperez pas à leur étreinte meurtrière si



vous, vous risquez de les comprendre trop tard...


C'est dans une de ces ruelles qu'avançait Vivelame Canabixas elle avait rendez vous à la taverne du "grelé" et s'y rendait à pas tranquilles, certaine qu'il n'oserait pas lui faire faux bond même si par le plus pur des hasards elle était en retard.
Contrairement à des rues contigües cette ruelle là était plus tranquille, loin de bruit ou si peu qu'il dérangeait moins que celui venant de la rue des libertines ou des prostituées faisaient des allées et venues continuelles se jetant sur le moindre passant susceptibles d'être un nouveau client. Et surtout cela arrangeait Vivelame Canabixas qui détestait plus que tout autre chose être touchée, d'où le recul des manants qu'elle croisait qui cherchait des yeux le signe qu'elle était d'humeur à discuter. Et aujourd'hui le signe voulais dire ne vous approchez pas. Les mains de Vivelame étaient nues ,sans les fameux gants noirs qu'elle portait de tout temps. Vivelame arriva enfin devant la taverne du grêlé et y pénétra.

"La taverne du grêlé"
En entrant dans le gouge ou quelques clients trainaient déjà malgré l'heure matinale,Vivelame chercha du regard celui qui l'attendait et alla vers lui, le tavernier l'ignorant à bon escient car il savait qu'elle ne resterait pas pour boire. Mais la venue de la demoiselle lui rappela soudain qu'il avait un livre des comptes à tenir qu'il lui faudrait bientôt montrer, et silencieusement il se retira dans la pièce du fond en refermant la porte derrière lui.
Entretemps Vivelame Canabixas s'était installée face à l'homme qui l'attendait. Sans tergiversions aucune elle alla droit au but.

S'lut! je t'écoute.

_________________

Vivelame de Castelcerf Canabixas tite fillotte du Masque
--Legrele


Le tavernier fut surpris de voir une visiteuse. Aprés tant d'année, quelqu'un à par son maitre se rappelait encore de sa taverne dans les bas fonds.

Le visage de la Dame lui evoquait de vague souvenir qui remontait au Masque, à chaton, à Nebisa, à des évenement dont nul se souvenait plus, si ce n'est quelques ruines comme lui.

Il fit apporter son meilleur vin à la dame et la personne qu'elle venait voir, lui faisant signe que c'etait pour lui. Rien n'etait jamais gratuit, mais seul les sots ne savaient pas distinguer dans les bas fonds ceux qui en etait les regnants et les traiter avec egards.
Aeris


Dans les ruelles les plus sombres de Limoges, le bruit de sabots claquant sur le sol sec se fit entendre.
Une fine brume recouvrait ce tapis de caillasse, d'immondices en tout genre, de crachat et parfois de sang...

Les habitants de ses bas fonds n'étaient en majorité pas très reluisant. Quelques borgnes, unijambistes, des voleurs de seconde zone, des catins plus très fraîche.

Mais il y avait un pourcentage de personnes qui avaient l'air correct, d'apparence. Des visages fins et aristocratique, des vêtements coûteux, une lueur d'arrogance dans leur regard.

Entre tous ces personnages, il y avait des similitudes. Nous pouvions voir briller l'éclat d'une lame à leur ceinture, ou dissimulée dans leur botte ou que sais je.

Ils venaient ici avec ou sans raison. Certains parce qu'ils n'avaient pas d'autres endroits où aller, d'autres pour affaire, ou pour se faire quelques plaisirs.

Mais jamais pour une raison saine, ni politiquement correcte.

Le coursier blanc progressait donc parmi les détritus, vivants ou non. Sa cavalière avait d'apparence l'air aussi déplacé en ces lieux qu'un diamants dans un tas de fumier.
Mais pourtant elle gardait la tête haute, le regard insolent et on ne pouvait lire aucune peur sur son visage diaphane.

Elle regardait avec mépris ceux qui osaient quémander une pièce ou qui la sifflaient.

Catalina était insolente, sure d'elle, et se sentait chez elle partout où elle mettait les pieds.
Elle était revenue à Limoges depuis peu.
Sa jeune soeur, Vivelame avait prit la route sans prévenir, pour changer.
Elle l'aimait énormément. Proches et semblable.

Mais Vive commençait à se rapprocher dangereusement de leur passé. Celui que Catalina lui avait caché jusqu'à présent.
Aujourd'hui il était temps qu'elle lui révèle certaines choses.
Qu'elle lui parle de ces ancêtres, surtout sa grand-mère. Vive lui ressemblait étrangement, ses yeux, son sourire, sa démarche. Son caractère.
Oui elle avait tout de Brune.
Quand à Catalina, elle avait hérité de son grand père. Aelthys.

Mais ce n'était pas d'eux que Catalina voulait parler à Vive... Ou plutôt si, mais de leur second eux... Étrange pensez vous? Pas tant que ça...

La jeune espagnole avait donc suivit son impétueuse soeur jusque dans ces bas fonds.
Jusqu'à la taverne.

Arrivée devant, elle mit pieds à terre avec grâce puis confia les rênes à un jeune mendiant.
Le regardant droit dans les yeux, elle lui fit miroiter une bourse pleine où l'on pouvait entendre tinter quelques écus.


Tu l'auras si rien n'arrive à Calypso. Tu auras la vie sauve également. Mais si un seul de ses crins a été arraché à mon retour, je te fais bouffer ses pièces une par une avant de les récupérer directement dans ton ventre à l'aide de ma lame.
Suis je assez clair?


Il acquiesça terrorisé et elle entra dans la taverne.

Elle vit sa jeune soeur attablé en compagnie. Un regard jeté. Rien de plus.
Elle alla s'accouder au comptoir sans mot dire et attendit sans la déranger qu'elle vienne la rejoindre.

_________________
--Levilain
Il avait déglutit avec peine au son de sa voix et la regarda de ses yeux hagards ou ne reflétaient guère l'intelligence. Pourtant il était vif et intelligent ,mais pour ce jour son rôle n'était pas d'être intelligent, mais d'être le simplet que tout le monde aime et veux caresser, aussi par ce subtil subterfuge avait-il réussit à gagner les grâces de quelques notables qui l'avaient nourrit.
Le Vilain était de ses hommes qui aimaient à profiter des avantages que donnent les miracles des bas fonds aussi, aujourd'hui il est peut-être fout, mais demain qui sait peut-être sera-t-il un boiteux.

En tout les cas se sera un pauvre hère qui cherchera la pitié dans le regards des riches avant de les avoir frôlés de ses doigts de fée pour les alléger de leurs bourses.
En général il n'avait peur de rien, mais devant Vivelame Canabixas il en était tout autre. Non qu'elle soit bien forte, elle était plutôt petite et semblait frêle comme.Comme quoi?

Le Vilain chercha dans sa mémoire à quoi il pourrais la comparer mais ne trouva pas, ou plutôt si une biche, il croisait ses yeux et changeais d'avis. Trapu et assez large d'épaules le Vilain n'aimait pas les yeux de Vivelame.
Ils n'étaient pas vides comme ceux des ribaudes mais vifs et pénétrant. Oui c'est cela pénétrant et c'était justement ça qu'il n'aimait pas. Il avait toujours l'impression qu'elle sondait son âme si tant est qu'il en avait une.
A son salut il bougea sur sa chaise porta une main vers son torse et la glissa sous sa veste parsemée de trous. Pauvre ère en haillons qui en mimant un sourire niais allait gagner sa pitance.
La main reparut de sous sa veste tenant entre les doigts un vélin roulé et attaché par une ficelle.

D'un geste hésitant il le posa sur la table ou les mains nues de Vivelame glissèrent vers elle pour éviter tout contact avec le Vilain. Il savait ce qu'il lui en couterait de ne serait-ce que la frôler et retira vite sa propre main pour qu'elle puisse prendre l'objet.

Y'a pas de c'mment ça s'ppelle ..des mots..chais pas les dessiner, j'ste des traits.

Le Vilain changea de couleur en voyant les yeux de Vivelame se lever du vélin et se poser sur lui. Sa pomme d'Adam remonta et descendit aussi sec dans sa gorge. La vicieuse était rapide et il ne donnais aps cher de sa peau si elle venait à piquer sa crise, aussi s'évertua-t-il de la rassurer. Que ne ferait-on pas pour rester en vie.

T'va voir c'st bien d'sinné, je m'suis apliqué.

Tandis qu'elle penchais de nouveau sa tête sur le vélin l'incrédule se mit à prier pour qu'elle soit satisfaite. Buvant une dernière lampée de la pisse de chat servie par le tavernier, il tressaillit en voyant entrer dans la taverne l'autre Canabixas. Et soudain la taverne devint pour lui plus dangereuse que les ruelles les plus sombres des bas fonds.
Titouan


Il observait l'immonde breuvage que le tavernier osait prénommer bière, comme hypnotisé par les vaguelettes nées du mouvement de rotation qu'il imposait au verre. Ses traits étaient à peine visibles, dissimulés par ses cheveux en bataille, mèches rebelles retombant devant ses yeux et une barbe fournie qui lui mangeait la partie inférieure du visage.

Il interrompit son mouvement en entendant la porte jouer sur ses gonds. Pas légers, démarche souple et féline, quelqu'un pénétrait en ces lieux, et ce n'était pas un visiteur habituel. Il jeta un coup d'œil en direction de l'entrée, détaillant en quelques instants la silhouette de la jeune femme qui venait d'entrer de son regard sombre. Il replongea rapidement dans l'observation de son verre, comme si de rien n'était.

Comme si de rien n'était...

Sa main se crispa, ses phalanges blanchirent sous la pression, les battements de son cœur s'accélérèrent sans qu'il puisse rien y faire. Familier, ses traits étaient familiers... trop familiers. Mais c'était impossible, totalement impossible, il avait du rêver, rêve éveillé, fantômes oubliés qui ressurgissait du passé. Sauf qu'il ne dormait pas, et qu'il était bien trop tôt pour que l'alcool ait pu perturber ses sens.

Elle était attablée avec un homme maintenant, un gars qu'il avait déjà vu traîner dans le coin. Il la regarda de nouveau, trop longtemps, avec trop d'insistance, et ce n'était pas le regard lubrique que les clients du coin jetaient en telle circonstance... Il replongea dans l'observation de son verre, fermant les yeux et respirant profondément pour maîtriser son émoi.

Il ne rêvait pas.

Une autre entrée, même démarche, même rythme des pas, il n'osa pas lever les yeux. Ne pas lever les yeux...
Vivelame


Sans quitter une seule fois Le Vilain des yeux Vivelame Canabixas avaient reprit la lecture du plan que l'homme avait dessiné. Ses doigts nus glissèrent sur les maisonnettes griffonnées et firent des cercles sur ce qui représentait une forêt. Chabrières.

Elle leva soudain la tête en entendant la porte s'ouvrir et fit une grimace de contrariété en voyant entrer sa sœur Cat. Décidément fallait toujours qu'elle soit derrière elle. Lui jetant un regard froid de contrariété Vivelame l'ignora la laissant s'installer au bar comme à l'accoutumée.
Et se pencha de nouveau sur le vélin. Son hochement de tête devais rassurer LeVilain qui se demandait surement s'il pouvais enfin partir dans les rues jouer un de ses plus beaux rôles. D'un geste elle lui signifia de s'en aller et à peine moins de temps qu'il lui avait fallut pour faire le geste de la main qu'elle était attablée seule.
Roulant le vélin Vivelame Canabixas se leva et alla vers sa sœur.


J'sais on avait à parler. Mais j'ai mieux à faire.

Ce fut à ce moment qu'elle croisa un instant le temps qu'il baisse la tête sur sa choppe, le regard de l'homme assit plus loin dans la salle. Haussant un sourcil elle détourna son regard et le posa de nouveau sur Cat.Et avant que sa sœur puisse répondre elle était dehors et disparaissait au coin de la ruelle.

Quelques minutes plus tard un cavalière lançait sa monture au galop prenait la direction de Bourganeuf.





Bourganeuf
Forêt de Chabrières: Le refuge


Vivelame Canabixas avait chevauché toute la nuit. Sa monture lancée au galop elle avalait les kilomètres et arriva enfin à Bourganeuf.

Évitant la ville, mais se promettant d'y venir en son temps, elle la contourna puis se dirigea vers l'endroit indiqué sur le plan dessiné malhabilement par son homme de main.
Dirigeant son cheval sur une route qui s'en allait à l'horizon vers des contrées inconnues d'elle. A sa droite la mythique forêt de Chabrières.

Elle galopa encore quelques kilomètres et ralentit enfin la course quand le repère dessiné sur le plan lui apparut en contre jour dans le soir tombant.
Sculpté par la nature le tronc d'un grand chêne s'allongeait et se pliait d'un coup comme le coude d'un bras. Arrivée au pied de l'arbre elle tira sur les rennes et le cheval s'arrêta. Monture et cavalière perdaient leur regards dans l'immensité obscure de la forêt.

Un long frisson parcourut l'échine de Vivelame tandis que ses yeux se noyaient dans la luxuriante verdure. Son cheval sentit-il l'émotion qui la gagnait? Le hennissement qu'il poussa en levant ses pattes dont les sabots battirent la terre quand ils touchèrent le sol en faisant une embardée, fut surement un signe.

Un instant surprise Vivelame le fit se redresser, le cheval faisant un tour complet sur lui même, pour le remettre dans la position de départ face à la forêt.

Un bise s'éleva soudain faisant bouger les branches des arbres dans le même sens. Cela fit un effet bizarre çà Vivelame qui eut la nette impression que la forêt l'appelait invitant la cavalière à y pénétrer . Un glatissement se fit entendre au dessus des arbres et Vivelame leva les yeux vers le ciel. Phœnix l'aigle royale de Vivelame, survolait l'immensité déployant ses ailes dans un vol majestueux . Sans le moindre effort il patrouillait et ratissait les champs qui s'étalaient jusqu'aux remparts de la ville inlassablement il protégeait sa maitresse du moindre danger qu'elle pourrait courir.
Vivelame savait qu'il le voyait parfaitement de sa vue perçante et ses lèvres s'étirèrent d'un sourire.
Soudain l'aigle plongea dans une descente vertigineuse il s'approchait d'elle et Vive fronça les sourcils devant son comportement.
Phœnix était inquiet c'était la seule explication à son attitude. L'animal s'approchait de plus en plus d'elle, ses griffes acérées pointées en avant étaient crispées et tendues. Il voulait l'empêcher d'entrer dans la forêt, et lui barra le chemin en passant entre elle et le domaine forestier en poussant de nouveau un glatissement. Il repartit au loin et faisait demi tour.


Non phoenix! Remonte! Remonte!

Vivelame cria et le rapace remonta en flèche vers le ciel et recommençait sa descente. Anticipant son geste Vive talonna sa monture et pénétra dans l'immensité de la forêt de Chabrières.

Suivant avec confiance les indications de son homme de main Vivelame partit vers l'est,suivant un chemin de terre dessinée par maints passages, et arriva au bout d'une heure au bord d'une rivière. La rivière.

Les sabots du cheval claquèrent sur les pierres glissantes quand il traversa le cours d'eau, sa cavalière tournant la tête de tous les côtés aux aguets.
Sans qu'elle puisse se l'expliquer elle avait la désagréable impression d'être épiée.
De l'autre côté de la rivière elle mit pied à terre. Fouillant sous la mante roulée en travers de la selle elle prit la ceinture qui passée par dessus ses épaules formait un harnais ou se logeait le fourreau d'une épée courte. Puis elle dessella la bête et planqua le tout derrière un rocher.

Toujours suivant les indications dessinées sur le vélin elle longea la rivière sur un kilomètre et arriva dans une clairière assez large pour qu'on puisse y installer un campement. Et la au bout de la clairière à abritée par les branches d'un arbre le refuge de Brune. Celui que la dame de Chabrières lui avait gracieusement prêté.
Avalant la salive qui formait une boule dans sa gorge elle alla vers la cabane.
La porte était fermée mais s'ouvrit dès que Vivelame la poussa d'une main. Sans se retourner elle y entra.

Sa gorge fut instantanément prise par l'odeur acre de l'humidité qui y régnait. Les narines de Vivelame se plissèrent. Se défaisant de sa ceinture elle fit quelques pas à l'intérieur. Deux fenêtres, l'une donnant sur la rivière et l'autre sur la clairière laissaient passer un peu de lumière.
Une table et deux chaises, étaient poussés contre le mur sur le fenêtre donnant vers la rivière, de l'autre côté un lit pour une personne et à côté un plus petit. Les lit de Brune et Frédéric.

Soudain la porte se ferma dans son dos et celle qui n'avait peur de rien et ne craignait personne eut soudain envie de prendre ses jambes à son cou.
Ignorant sa peur elle alla vers la table sur laquelle était posé un vieux bougeoir tout rouillé dans lequel une bougie était encore plantée. Tournant légèrement la tête elle avisa un brasero avec à côté deux pierres pour allumer le feu.
Quelques instants plus tard la bougie était allumée. La flamme vacillante créait des ombres mouvantes sur les murs et Vivelame les parcourut du regard s'imprégnant de l'atmosphère étrange que dégageait le refuge.
Poussant le lit Vive mit ses genoux a terre et a l'aide de son épée se mit a creuser la terre. La lame remuait terre et une poussière chargée d'odeurs humides s'en dégageait. Elle tapait la terre de la pointe de l'épée quand ses lèvres s'étirèrent d'un sourire. Elle avait trouvé.

Par une poussée d'adrénaline ses mains ses mirent à trembler, son cœur battait à se rompre et ce fut avec une terrible angoisse qui lui serrait la gorge qu'elle sortit de terre ce qui avait été la besace de Brune.

Elle courut presque vers la table sur laquelle elle la posa et l'ouvrit. Un petit coffret en bois s'y trouvait et deux parchemins qui lui firent hausser un sourcil. Surprise elle poussa une chaise et s'y installa, oubliant par la même occasion de vérifier les reste des affaires que contenait la besace.
Ses mains n'en finissaient pas de trembler quand elle commença à dérouler le papier. Tandis qu'a l'extérieur la nuit tombait augmentant les ombres a l'intérieur de la cabane les premiers mots apparurent.

« Ma mère. Brune la douce. Brune au cœur pur. Celle qui d'un amour démesuré sombra dans la folie. Celle qui tuait l'amour [...] parce que l'amour l'avait tuée. Brune/Vivelame qui de sa seule voix arrivait à me consoler en me disant trois simples mots » Mon bien aimé »
Celle qui calmait mes frayeurs d'enfant en chantonnant un air qui encore aujourd'hui fait partie de mes nuits. »


A mesure qu'elle lisait Vive avait ramené ses bras devant son visage et les croisait sur son front comme pour créer une barrière entre elle et ce qu'elle lisait. Les mots de son père étaient dessinées d'une main sure et s'alignaient en ligne droite sur le Vélin. Plongée dans le lecture Vivelame avait oublié jusqu'à l'endroit ou elle se trouvait. Et soudain elle crut entendre des bruits et se retourna. Elle ne lisait plus elle vivait la scène. Ses yeux écarquillés elle regardait le lit.

Assise sur le lit Brune tenait son fils dans ses bras qui le visage levé vers elle lui souriait émerveillé. Et soudain les deux personnages s'animèrent et Vivelame Canabixas se mit a trembler de tout son corps.

«  N'aie pas peur ,mon bien aimé, je suis là. Toi qui à les yeux et le sourire de mon amour. Ne t'inquiètes pas dors mon ange. Tu sait il reviendra et nous serons heureux tous les trois.

« Ma mère qui se rassurait en me rassurant et tout en me berçant elle chantonnait.

"Promenons nous dans les bois, pendant qu'leMasque n'y est pas ,mais quand il y sera vous passerez de vie à trépas... et jamais ne réentendrez cet air de l'as au roy..."

Dès qu'elle me croyait endormit elle retournait s'allonger sur le sien et les yeux fermés j'attendais ce qui n'allait pas tarder à se produire.
Je me souviendrai toujours de ses pleurs d'abord silencieux et qui se transformaient en cris de désespoir. Mes mains plaquées sur mes oreilles je l'entendait hurler. En l'appelant de toutes ses forces elle n'avait qu'un seul nom dans sa bouche » Aelthys » elle devait se tourner et se retourner dans son lit je ne l'ai jamais vraiment sut de peur d'ouvrir les yeux, je les serrait très fort, jusqu'à ce que cela s'arrête.
C'est là que je les ouvrait, et je la voyais, ma mère se lever et quitter le refuge telle un automate aux yeux éteints[...]La lame de sa dague brillait dans sa main.


Le récit continuait sur le même ton., Frédéric demandait à sa Brune mère de lui raconter comment elle avait connu son père, et pour la énième fois Brune racontait à son fils la rencontre au cadastre, les promesses faites au bord du lac de Ventadour près de la crique. Vivelame Canabixas ferma les yeux. Elle aussi avait dans sa mémoire le souvenir de cris de douleur, mais ils n'avaient pas la même raison d'être poussés par la gorge de la femme terrorisée qui extériorisait son horreur. Mais par dessus les cris et le plus terrible étaient les hurlements de son père, que si elle n'en saisissait pas le but à l'époque elle comprenais aujourd'hui ses suppliques même si elles avaient été des plus cruelles. «  Mais dis les ces mots. Es-ce si difficile de prendre une voix douce et dire « mon bien aimé »? Et la femme celle qui fut la mère de Vivelame Canabixas essayait d'obéir d'une toute petite voix elle répétait ce qu'il demandait. Une autre hurlement «  Idiote tu ne sait rien faire. Tu ne saura jamais le dire comme Elle. Ma mère. Elle était la plus douce et sa voix était celle d'un rossignol quand elle chantait. Tu n'est rien! Tu n'est rien.;Tu n'est...«  Suivaient les plaintes de sa mère. Jusqu'au jour ou les plaintes ne suivirent pas les cris de Frédéric. Et Vivelame alors âgée de huit ans, dont les sens aiguisés avaient saisit les regards de son père ces derniers jours, avait fait ses paquets et avait disparu dans la nuit. Soupirant à ces souvenirs, Vivelame Canabixas reprit sa lecture.

«Ma mère qui du premier regard fut sous l'emprise d'Aelthys et du premier jour, jusqu'à son dernier souffle elle ne cessera jamais de l'aimer. Ma mère, si j'avais sur que cela l'aurait sauvée je serait allé le chercher en enfer pour elle. Pour qu'elle ne souffre plus. Pour qu'elle dise « mon bien aimé » à celui qui était mon père et qui ne connaissait pas mon existence. Ma mère qui courut à la mort dont elle fut l'ange pour y trouver la paix salvatrice en s'empalant sur la lame que G...tenait dans sa main.... [...]

Froncement des sourcils de Vivelame Canabixas qui d'un doigt essayait de gommer les salissures qui avaient presque effacé le nom.


Non !! Non!! Il faut que je puisse le lire. Je dois savoir.

Concentrée sur le vélin elle n'avait pas entendu la porte du refuge s'ouvrir et faire place à sa sœur Cat. Seul le son de sa voix lui indiqua qu'elle ne s'était pas trompée en sentant qu'on l'épiait.

«  Que dois-tu savoir?

Se redressant d'un bond Vivelame Canabixas fit face à sa sœur, ses yeux gris posés sur elle elle lui dit d'une vois glaciale.

Rien qui puisse t'intéresser pour l'instant.


_________________

Vivelame de Castelcerf Canabixas tite fillotte du Masque
Titouan


Le Vilain avait la désagréable impression d'être suivi. Il se retourna, distinguant au fond de la ruelle qu'il venait d'emprunter une forme voutée avancer vers lui. Il soupira, sûrement un mendiant qui passait par là. Cette rencontre avec cette Vivelame l'avait rendu nerveux.

Il se décala sur le côté pour laisser passer celui ou celle qui le suivait. Sûrement un homme au vu de la corpulence mais il ne pouvait pas distinguer ses traits dissimulés sous la capuche d'un vieux manteau élimé.

Sauf que l'autre avait modifié légèrement sa trajectoire, suffisamment pour se diriger vers lui, il passa de l'autre côté de la ruelle, pour voir l'autre faire de même. Il paniqua un court instant, il était bien suivi, le comportement étrange de l'autre en attestait. Il tira une dague ébréchée de sous sa veste la brandissant devant l'homme qui s'arrêta à deux pas de lui.


'Tain, t'es qui toi. Barre toi ou j'te plante !

L'homme enleva sa capuche lentement, révélant ses traits. Chevelure fournie et rebelle et barbe grisonnante s'offrirent à la vue du vilain. Traits rudes marqués par les ans comme en témoignaient les rides naissantes sur son front. Mais surtout, c'était son regard qui l'effraya, ce regard sombre et pénétrant, un regard que Le Vilan détestait par dessus tout car il était le signe d'une volonté inflexible. Il déglutit difficilement, reculant doucement tout en pointant sa dague vers l'autre.

Voix froide et monocorde.


Qu'as tu donné à la femme.

Il s'arrêta de reculer.


J'vois pas d'quoi tu parles.

Il se jeta sur l'homme, dague en avant dirigé vers le ventre, dirigé plus par la peur que par la raison. Mais l'autre était rapide, bien trop rapide pour lui et il ne frappa que le vide. L'homme s'était écarté avec la vivacité d'une serpent, et il buta contre sa jambe placée en opposition, perdant l'équilibre et finissant sa course face contre terre. Il voulut se retourner, mais la forte pression d'un genou dans le bas de son dos l'en empêcha. Il sentit que l'on tirait son bras droit vers l'arrière, sans pouvoir rien y faire d'autre que se débattre sans succès. Une douleur sourde remonta dans son épaule alors que l'homme appliquait à son bras une rotation non naturelle. Il hurla de douleur, mais il savait que personne ne viendrait à son secours, pas ici, pas dans les bas-fond de Limoges.

La pression se relâcha, suffisamment pour que la douleur devienne supportable.


Qu'as tu donné à la femme.

La voix, toujours froide, et dure. Il sanglota alors qu'une nouvelle torsion s'appliquait sur son bras...
--Levilain
La douleur était cuisante et se propageait sur son dos telle la pointe d'une lame qui s'y enfonçait sans mal. Le genoux appuyé sur le bas de son dos le bloquait à terre l'empêchant de se mouvoir. Un cri suivit de sanglots sortirent de sa gorge quand l'homme aux longs cheveux et barbe grisonnante appuya plus durement.
Ses pensées fusaient désordonnées dans son cerveau. S'il lui disait ce qu'il voulait savoir la Vivelame le saurait elle aura tôt fait de le retrouver et s'en sera fini de LeVilain.

Comme il ne répondait pas, l'homme appuya plus fort et LeVilain sentit ses os prêts à craquer. Son visage ou coulaient des larmes frottait le sol et prenait la couleur grisâtre et malodorante des ruelles. Ses yeux grands ouverts jetait des regards effrayés sur la vermine qui grouillait sur le sol. Cette même vermine qui se délecterait de sa carcasse si la folle venait à l'attraper.
Il avait entendu parler de la manière impitoyable qu'elle avait d'exécuter les traitres,en leur arrachant le cœur pour le donner à manger à son aigle et dans un dernier effort il tenta encore de nier. Pui se tortillant il tenta de lever les yeux vers l'homme au dessus de lui et rencontra son regard dur et pénétrant. Et par dessus la douleur son corps tressaillit. Ses yeux, il le avait déjà vu, mais ou?
Une autre pression sur le bras et un os craqua, lui faisant pousser un hurlement, suivit d'un sanglot qui ressemblait à ceux d'un enfant qu'on maltraite. La douleur intense qu'il ressentait avait relégué ce qui lui restait de fierté au dernier plan derrière son impérieuse envie de vivre quitte à être estropié il ferait encore plus pitié et les honnêtes gens lui donneraient quelques écus de plus. Aussi tenta-t-il encore une fois de jouer les braves.


Mais d'quelle fe..haaaaaaaa..

Cette fois l'os craqua pour de bon L'homme aux cheveux gris par une pression encore plus forte lui avait déboité l'épaule. LeVilain pleurait et les mots mélangés à une bave terreuse sortirent chaotiques de sa bouche .

Un plan. J'lui ai donné un plan..Ch'brières l'forêt.L'r'efuge de l'Ange d'la mort.

Par dessus la douleur il sentit la pression de l'homme aux cheveux longs se relâcher sur son bras et resta au sol attendant que son agresseur décide de le lâcher ou de le tuer.Une pensée fugitive fusa et il sut pourquoi il valait mieux que cet homme le tue. Au delà de la douleur, il venait de se rappeler ou il avait vu les même yeux que ceux de l'homme. Et pour une fois allongé dans une ruelle des bas fonds de Limoges un homme souhaita que la mort l'attrape avant qu'il ne tombe dans les mains de Vivelame Canabixas.
Titouan


L'Ange de la Mort...

Il regarda l'homme étendu à terre, remit sa capuche et remonta la rue sans un regard en arrière. Ses pas pressés le menèrent à travers ruelles et traboules jusqu'à ce qu'enfin il s'arrête se dissimulant dans l'embrasure d'une porte.

Sa main droite pénétra fébrilement sous son manteau, ses doigts tremblant cherchant... et trouvant. Il tira une carte cachée dans un revers. Une carte de tarot à l'illustration ternie par le temps, aux bords usés par de trop fréquentes manipulations.

Il l'amena lentement devant son visage, les yeux embués de larmes qu'il ne parvenait pas à retenir.




Vivelame, l'Ange de la Mort, ange protecteur... Brune.

Il ferma les yeux, le cœur lourd d'un chagrin qu'il n'avait jamais pu occulter.

Il ne sut pas combien de temps il était resté là, immobile. Il rangea délicatement la carte à sa place, avant de repartir d'un pas pressant, bien décidé à éclaircir certaines choses, certaines choses ayant trait à son passé, un passé qu'il avait essayé d'oublier, un passé qui ressurgissait sous ses aspects les plus sombres...
Aeris


Cat patientait donc au comptoir que sa jeune sœur daigne se lever et la rejoindre. En attendant ce moment, elle observa les rares clients présents tout en sirotant une chope au goût amer. Son regard balayait les personnes de haut en bas, avec toujours un léger sourire insolent au coin des lèvres.

Vive finit par se lever et la rejoindre mais à peine arrivée, elle déclara avoir mieux à faire que de discuter en sa compagnie. Elle ne lui laissa même pas l’occasion de répondre qu’elle avait déjà filé hors de la taverne.
La jeune femme jura à mi voix et lança quelques pièces sur le comptoir avant de suivre sa sœur à l’extérieur.
Elle la vit disparaitre au coin d’une ruelle… Attrapant les rênes de Calypso que le gamin surveillait toujours, elle se hissa dessus avec légèreté et jeta la bourse promise au jeune gueux avant de s’élancer au galop à la poursuite de Vive.

Celle-ci étai t déjà loin devant, mais Cat préférait garder une distance entres elles, de peur que celle-ci l’aperçoive et change ses plans.
Plusieurs heures s’écoulaient et la jeune femme commençait à ressentir une certaine angoisse en repérant les lieux où Vive se dirigeait.
Comment pouvait elle connaitre cet endroit? Elle ne lui avait encore rien dit de tout cela… Était ce cela que l’homme lui avait donné en taverne. Elle avait donc commencé à faire des recherches….
Elle se dit qu’elle aurait du lui parler bien plus tôt….
Arriva à vue la forêt…..

Elle attendit quelques instant, toujours cachée à la vue de Vive. Maintenant elle savait où celle-ci se dirigeait.. Le jour était donc venu.
Elle regarda sa sœur s’enfoncer dans la noirceur des arbres. Plusieurs minutes s’écoulèrent avant qu’elle se remette en route.

Cat arriva alors devant le refuge de feu sa grand-mère… Elle ferma les yeux un instant…. Reprendre son calme, revêtir se masque plein d’assurance…
Ne pas flancher, pas maintenant.

Vivelame cria au moment où elle poussa la porte.

Cat la toisa, regard noir, profond, une once de colère, d’insolence mais aussi un léger voile de mélancolie


-Que dois tu savoir?
-Rien qui puisse t’intéresser pour l’instant.

La jeune femme haussa un sourcil et s’approcha de Vive. Elle avait en main les parchemins. Lecture faite sans doute. Ses récits que lui avait conté son père… Son père…. Le fils d’Aelthys et de Brune. Celui qu’elle avait adulé étant enfant puis haït avec l’âge et qu’elle avait finit par tuer de ses mains quelques temps plus tôt. Chose qu’ignorait encore sa sœur. Mais cela viendrait. Un jour.

Cela ne peut m’intéresser en effet. Car je sais. Mais si tu veux, je puis t’éclairer. Si tu es prêtes.

Elle s’assit sur le rebord du lit, puis la regarda intensément, attendant une réaction.

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Vivelame


Cela ne peut m’intéresser en effet. Car je sais. Mais si tu veux, je puis t’éclairer. Si tu es prêtes.


Ses yeux glacés posés sur sa sœur Vivelame la regardait sans vraiment la voir, ses pensées occupées par ce qu'elle venait de lire. Quelques phrases lui venaient encore en mémoire.

"Ma mère. Brunehilde qui eut un battement de cœur pour un poète danseur [...], celui là aurait put la sauver, mais il était trop tendre, si tendre qu'elle l'a détruit aussi facilement que s'il avait été moulé dans une matière si fragile que de simples mots dit avec la cruauté dont elle était capable dans ses heures de folie elle savait si bien placer. L'enfant qui était né. Qu'elle lui avait juré être de lui, et qui en grandissant c'était révélé ressembler à un autre, poussant le poète à tomber dans la mélancolie la plus pure et ainsi se laisser mourir.
Aucun remord n'était venu ternir le cœur de ma mère qui était entièrement occupé par celui auquel elle avait donné son âme. Aelthys mon père. « 


Face à sa sœur ,Vivelame la toisait. Son corps tremblait entièrement sous le coup de la plus terrible des émotions. Apprendre que son père était mauvais n'avait pas été une surprise pour elle. Il l'était et l'avait maintes fois prouvé à chaque visite qu'il rendait à la mère de Vivelame, en la laissant à son départ couverte d'hématomes et plus terrible encore plus recourbée sur elle, que à sa visite précédente par l'emprise totale qu'il prenait sur son esprit fragile.

Prête? Prête à quoi? A t'entendre me dire que notre père était un fou? Obsédé par sa mère? Comme s'il n'attendait qu'une chose? Grandir et prendre la place de son père,pour l'entendre lui murmurer « mon bien aimé » ? Hein? C'est à cela que tu veux que je soit prête?

A mesure qu'elle parlait dune voix dure, Vive serrait les parchemins dans sa main, broyant la matière comme son cœur et tout son corps venait d'être broyé par ces révélations écrites de la main de son progéniteur.

Écoute! Écoute ce qu'il dit encore.

Et pour sa sœur elle lit à haute voix.

« Ma mère. Celle que je vénérais de tout mon être. Celle qui en courant vers la mort a enfermé mon âme dans une cage de remords. Remords de ne pas avoir grandit assez vite, pour pouvoir la serrer contre mon cœur et lui prouver ainsi mon amour de toute mon ardeur. Et tuer ainsi au plus profond d'elle celui qu'elle adulait et qui en était indigne, même si celui là était mon père. S'il était revenu je ne l'aurais pas laissé approcher mon ange celle qui d'un baiser de mort rendait aux amoureux coupables le sourire de l'amour innocent. C'est amour qui une fois bercé par la mort, plus personne ne pouvais profaner. Avec elle je le sait je l'aurais sublimé »

Arrêtant sa lecture, et serrant les parchemin dans sa main Vive les brandissaient tout près du visage de sa sœur Cat. Sa respiration était saccadée par les battements de son cœur signe des émotions terribles qu'elle venait de vivre. Tristesse, colère, peur qui lui brouillait la vue la laissant au bord d'un vertige sans fin ou elle avait l' impression de s'engouffrer comme dans un tunnel dont elle ne voyait pas le bout. Prenant une profonde inspiration elle passa sa langue sur ses lèvres soudain sèches et cria presque.


Il était fou! Il était malade. Il aurait tué Aelthys. Tout ça pour garder sa mère pour lui. Et parce qu'il n'a pas put la garder il a torturé ma mère, parce qu'elle ne savait pas dire « mon bien aimé » à la manière de Brune. Hoo! Comme j'aimerais retrouver grand père et lui raconter tout cela, le retrouver et lui dire que son fils a tué d'amour celle qui avait été sa femme.

Alors qu'elle finissait de parler elle vit sa sœur tressaillir et elle eut l'intuition qu'elle ne savait pas tout. Fixant Cat intensément elle sut qu'elle n'aurait pas la réponse mais s'osa à poser la question.

Si père la tuée d'amour comme il le prouve dans ces écrits. Qui l'a tuée physiquement? Tu le sait? J'en suis sure. Qui es-ce?

Un sursaut soudain. Son cœur manqua un battement. On marchait dehors. Elle regarda sa sœur l'interrogeant du regard. Reculant elle ne prit pas grade a la table ou elle buta faisant tomber a terre la besace d'où tomba une robe de velours bordeaux qui se déroula par terre libérant le coffret en bois sur lequel elle était roulée. Avec le choc le coffret s'ouvrit libérant ce qu'il contenait. Oubliant les bruits de pas à l'extérieur, Vive se précipita et de ses mains fébriles ramassa ce qui était une rose avait été rouge et un carré de vélin sur lequel quelques mots étaient écrits.

« *expediteur :Aelthys
*ce matin la en se levant un objet attira son regard sur sa table...une rose rouge et un petit mot glissé dessous.
"Je ne t'en veux pas. Dans mon cœur a jamais.
Aelthys
Elle reconnut aisément son écriture....... »


Alors quelle se relevait les yeux grands ouverts un homme entrait. Elle reconnu facilement l'homme aux cheveux longs et barbe grise, qui était attablé seul à la taverne du Grèlé.

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Vivelame de Castelcerf Canabixas tite fillotte du Masque
Titouan


Sa silhouette se détachait dans l'encadrement de la porte. Il n'avait eu aucun mal à rejoindre la petite maison, aucun mal à surprendre les deux jeunes femmes.

Son visage était impassible, son regard sombre voyageait de Cat à Vive, puis de Vive à Cat. Il avait les poings serrés, tellement que ses phalanges en étaient blanches. Il avait entendu Vivelame alors qu'elle criait des paroles blessantes à sa sœur, paroles qui l'avait lui aussi touché au plus profond de son âme.

Il dévisageait les deux jeunes femmes, étudiant chaque détail de leur visage, chaque trait, y recherchant, des similitudes, des ressemblances, des certitudes... Et il en trouvait bien trop, bien trop pour qu'un homme normal puisse rester impassible...

Mais il n'était plus un homme normal... Il avait été une ombre si longtemps, senti le souffle de la mort sur sa nuque si souvent, côtoyé les pires vices et les pires brutes, vécu dans la violence... Et pire que tout, son cœur s'était éteint, la flamme qui l'animait n'ayant pas résisté aux épreuves qu'il avait traversé.

Sa voix retentit dans la petite maison, ce lieu portant en lui une histoire terrible et tragique. Une voix sans joie, sans vie.


Vous ne devriez pas être là. Rentrez chez vous. Certaines choses se doivent de rester enfoui sous la poussière du passé.


Son regard se fit plus dur.

Et vous risquez d'éveiller des fantômes que nul ne souhaite voir réapparaître.
Aeris


Catalina sentait sa force la quitter peu à peu. Elle voyait sa soeur se perdre dans ses émotions. A cause d'eux. A cause d'elle. Mais comment aurait elle pu lui expliquer tout cela auparavant?
Elle avait déjà découvert l'existence de ses soeurs il y a peu. Elle qui se pensait seule fille au milieu de ses 6 frêres....
Mais a force de vie, d'aventure, elle les avait rencontré.
Une autre histoire...

Elle écoutait Vivelame lui lire ses passages si prenants, ceux que Fédérico lui avait conté quelques années auparavant... Oui elle savait, oui elle connaissait l'histoire lumineuse de Brune et d'Aelthys, l'histoire passionnante mais sanglante de Vivelame et du Masque.
Oui elle savait comment était leur père. Un homme vil, mauvais, brutal, égoïste, sans la moindre émotion. La seule chose qu'il idolâtrait, était sa mère à lui. Leur grand mère.
Cat avait vu sa mère en sang, couverte d'hématome, puis elle avait vu sa magnificence s'atténuer, et enfin elle la revoyait, ses jambes qui se balançaient doucement sa tête penchée, ses yeux ouverts et sans vie. Et cette larme qui coulait encore le long de sa joue, et dans sa mort, elle souriait. Enfin heureuse.

Oh elle savait bien comment était Fédérico. Elle le savait que trop... Il avait été pareil avec elle... Jusqu'au jour où il avait été bien trop loin...
Une autre histoire....

Vivelame brandissait les parchemins au visage de Cat qui restait sans réaction. Mais ses yeux trahissaient son émotion.
Elle voulut prendre sa soeur dans ses bras et lui dire que tout cela n'était que mensonge, mais c'était impossible, car ce n'était que la triste vérité...

Puis vint la question....

Qui l'a tué...

L'espagnole devint livide. Non, pas encore. Trop tôt. Elle ne pouvait lui révéler ce nom. Vive était trop impulsive, elle ne se maîtriserait pas.
Cat le retrouverai d'elle même puis elle aviserait....
Tout comme pour celle qu'on appelait maintenant la Malemort...


Non... Je ne sais pas Vive.... Je...

Elle s'interrompit quand les affaires tombèrent au sol. Lut les mots par dessus l'épaule de sa soeur.

Puis se redressa et suivit la direction du regard de sa soeur.

En un éclair elle sortit sa lame et la pointa vers l'homme, se mettant machinalement devant sa soeur pour la protéger.
Il les observait, les dévisageait. Elle fit de même. Le toisant de toute sa hauteur, le regardant intensément de son regard noir afin de lui faire comprendre que s'il osait faire quoi que ce soit qui pourrait leur nuire, elle se défendrait.
Ce qu'il dit alors ne pouvait avoir de sens, sauf s'il était au courant de quelque chose. Sauf si.... Elle le regarda encore, plongeant les yeux dans les siens.


Nous sommes ici chez nous! Vous, qui êtes vous? Que voulez vous? Parlez!

Elle avait ordonné ce dernier mot, avec un ton des plus autoritaire, qui intimait une réponse immédiate et sans détour.

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--Levilain
LeVilain était resté allongé sur le sol se tordant de douleur. L'homme aux cheveux gris était partit, en le laissant en vie. Les minutes et les heures passèrent avant qu'il puisse se relever et ce fut d'un pas claudiquant, le bras pendant sur le côté qu'il longea la ruelle en rasant les mur.
Tournant à droite à son bout il traversa la rue des libertines et longea le mur en face s'engageant dans la ruelle évitant tant bien que mal d'être bousculé par les passants.
Des gentilshommes aux visages couverts venus chercher des plaisir coupables, le croisaient sans prêter attention à ce pauvre ère qui quelques jours plutôt les faisait rire ou pleurer et à qui ils lançaient la piecète avec laquelle il pourrait se nourrir.
Des ribaudes arpentaient la ruelle et les abordait avec des gestes obscènes les invitaient à les suivre dans leurs masures ou dans un coin sombre ou une fois l'affaire faite elles étaient maigrement payées.
Le Vilain les connaissait toutes quelques unes d'entre elles des moins farouches, lui avaient accordé moyennement pitance quelques faveurs. L'une d'elles avait retenu son attention parce que plus que les autres elle ne refusait jamais de le voir et ne le traitait pas comme un chien quand il cherchait quelque caresse. Il arrivait devant « La fleur de Lys » quand elle en sortait, en compagnie d'un client qui déjà s'éloignait. L'apercevant elle alla vers lui.


 LeV'lain t'a l'air dans un piteux état. Tu t'est fr'tté à qui encore?

Attrapant ses vêtements de sa main valide à hauteur de sa gorge LeVilain, approcha son visage du celui de la ribaude.

 Faut que t'me caches la ribaude. La Canabixas doit pas m'trouver.

Au nom prononcé la ribaude eut un geste de recul. Elle connaissait la femme dont LeVilain parlait pour l'avoir vue entrer plusieurs fois depuis qu'elle s'était présentée à la borde de « La fleur de Lys » après quelques questions aux anciennes elle apprit ainsi que la Canabixas était la propriétaire de plusieurs bordes et auberges des bas fonds. Et qu'en compagnie d'une de ses sœurs elles faisaient régner l'ordre parmi les ribaudes et autres rouquins qu'elles employaient.

 Dans quoi tu t'est encore fourré? Si elle te tr've chez moi chuis cuite.

Le Vilain savait qu'elle avait raison, mais la douleur qu'il ressentait à son bras ne donnait pas lieu à discuter, lâchant les vêtements de la ribaude il se tint le bras en grimaçant.

 Mais t'est bl'ssé. T'a pas croisé la Canabixas toi, sinon tu s'rait mort. Qui?

 Pose pas tant de questions et planque moi, la ribaude. Et faut me soigner? Cherai gentil avec toi, t'aura plein de clients. Tu va m'aider.

Le Vilain jetait des regards affolés de tous les côtés, s'attendant à voir surgir la Canabixas à tout moment. Hagard il dévisageait chaque passant essayant de reconnaître parmi eux un espion. Soudain il retint sa respiration il venait d'apercevoir un nain tout habillé de noir. Le petit homme arpentait la rue en sens inverse, et ne pouvais voir que le dos de LeVilain, et avant qu'il arrive à leur hauteur, LeVilain poussa la ribaude qui poussa un cri qui mourut sur es lèvres quand LeVilain posa sa main valide en travers de sa bouche.

 Son espion.

Le regardant les yeux horrifiés la ribaude bien que connaissant les risques le tira vers l'escalier qui les conduiraient à l'étage. Passant devant les cabines utilisés par les autres ribaudes et qui longeaient les couloirs la ribaude le conduisit dans une pièce carrée recouverte de charbon. Matière qui était comptée un à un par les petites mains d'un charbonnier qui y vivait jour et nuit ,ne connaissant qu'une seule chose dans sa petite vie le pestilentielle odeur de l'or noir, et qui se tassait contre le mur devant les visiteurs.

 L'charbonnier t'a d'là comp'gnie. Toi boug' pas d'là je vais chercher des hommes pour te redr'sser le bras.

En sortant de la pièce carrée la ribaude ferma la porte discrètement.
Titouan


Il observa la maisonnette, une lueur de mélancolie dans les yeux, sans vraiment porter attention à Catalina tirant son épée. Ainsi c'était là qu'elle s'était réfugiée, là qu'elle avait élevé... son fils.

Comment se pouvait il qu'il ne ressente rien... rien de plus qu'une profonde lassitude...

Non, ce n'est pas chez vous... Vous êtes chez elle... chez elle...

Il reporta son attention sur la jeune femme, croisant ses yeux sombres dans lesquels brûlaient une intense colère. Il vit alors la volonté inflexible qui l'animait, une volonté qui était la marque des grands, mais une volonté qui pouvait mener aux plus grandes folies.

Elle n'écouterait pas... elle n'écouterait pas si elle était vraiment... sa petite fille. Sa petite fille qu'il aurait dû prendre dans ses bras, qu'il aurait du supplier de le pardonner, le pardonner de ne pas avoir su. Mais était il pardonnable, pouvait on le pardonner de toutes les souffrances qu'il avait semé sur sa route ? Et elle, comment pourrait elle le pardonner d'avoir abandonné Brune, Brune sa tendre aimée qu'il avait délaissé alors que la part sombre de son être repoussait toujours un peu plus Aelthys dans l'ombre.

Au lieu de cela il parla, toujours et encore d'une voix monocorde.

Partez, partez loin d'ici.


Il fallait qu'elles partent, elles avaient déjà déterré trop de souvenirs, trop de douleurs... et elles risquaient de le mettre face à face avec ses fautes et il ne se sentait pas prêt pour cela. N'avait il d'ailleurs pas fui ? Fui pour ne pas affronter la réalité, fui mais sans oser se donner la mort pour que cette fuite soit définitive.
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