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[RP] Noces ducales

Kad
Le vieux cardinal avait bel et bien reçu le faire part de mariage. Il s'était empressé de décliner l'invitation, faisant porter un pli adressant tous ses vœux de bonheur et ses félicitations aux futurs époux. Quitter son Forez ? Pour rien au monde il n'aurait entreprit un voyage fastidieux. Il coulait des jours heureux en son paradis, remettait de l'ordre dans des affaires trop longtemps délaissées. Et pourtant, il faudrait bel et bien remettre le nez dehors. Il le savait. Une visite à la Duchesse d'Auxerre l'avait réconcilié avec les soirées mondaines. Puis les jours s'étaient paisiblement écoulés. Peut être était il temps de mettre fin à une année de retraite.

Bref, finalement, il était venu. La garde n'avait point osé le fouiller. La moitié de la populace tirait une gueule d'enfer, à l'image des pleureuses soutenant le gisant de Philippe le Hardi. Probablement compte tenu du décès d'Enorig d'Azayes, dont il avait été informé à contre temps à son grand désespoir, pensa t'il alors. Elle lui manquerait, sa tantine.

Apercevant le Duchesse de la Tour d'Auvergne en pleine conservation avec une frimousse blonde, il s'engagea d'un pas décidé dans la nef centrale en vue de la rejoindre. C'est alors que l'empourpré se prit les pieds dans sa soutane, se rattrapant pour moitié à un gaillard vicomte, une main sur l'épaule, l'autre au veston, laissant la lumière des cierges se refléter sur une lame de bien belle facture avec laquelle il se retrouva nez à nez...

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Chlodwig_von_frayner
La journée promettait d’être splendide… réellement splendide… Récapitulons… il se mariait, de façon princière (prélats, nobles ultra titrés, famille fringante et clinquante, tout le gratin, tout ça, tout ça…), certains de ses plus proches amis seraient là, la fête promettait d’être splendide ! Et… et non… il ne parvenait décidément pas à prendre les choses du bon côté. D’ailleurs pouvait il seulement y trouver un quelconque côté bon ? Non pas vraiment. D’ailleurs il n’avait jamais vraiment connu de mariage ayant suscité autant d’opposition, il n’avait pas manqué grand-chose pour susciter un vrai tollé. Tout y était passé… proches… famille… Certes il avait eu quelque soutiens, enfin soutiens… disons que l’idée de sa mère avait eu de nombreux appuis, il faut dire que politiquement parlant le choix était plutot judicieux… l’alliance familiale était intéressante, surtout quand on connaissait les choix matrimoniaux fait pour les autres enfants, le prestige était loin d’être mauvais, et au niveau terres… c’était peut être assez difficilement égalable… mais… mais… de là à dire qu’il avait fait le meilleur choix qu’il eu put, c’était une autre paire de manche. En fait plus les choses avançaient, plus les évènements se déroulaient sous ses yeux, et plus il sentait une chose : il allait droit dans le mur. Et il en entraînerait d’autres avec lui. Mais il était temps d’assumer… l’insouciance de sa jeunesse s’effilochait chaque année un peu plus. Mais de quel droit pouvait il encore faire subir à ses proches le poids de ses erreurs ? Trop tard… le mécanisme était enclenché… et désormais il était à la veille de la… fin.

Il se regarda un instant dans le miroir qui trônait au dessus de la table. Cet acte simple lui arracha une légère grimace. Le temps passait, trop vite, et chaque instant qui s’écoulait lui rappelait un peu plus à quel point il changeait et à quel point il se rapprochait de cet état qu’autrefois il méprisait. Il fallait qu’il se l’avoue, il n’était plus bon à rien. Usé prématurément par les actions qu’il avait mené, fatigué par la vie de voyages et de débauche qu’il vivait, ses traits étaient tirés, comme à leur habitude. Et en ce jour, qui aurait pu être son sacre, son triomphe, il ne ressentait rien d’autre que de la lassitude et du dégout. Il se trouva le regard terne… rien d’étonnant. Comment les choses auraient elles seulement pu en être autrement ? Petit à petit, il se rendait compte qu’il contrastait avec la figure de sa prime jeunesse, et il se décevait lui-même… alors allez demander l’avis des autres… il ne préférait pas. Un léger sourire se dessina sur son visage en lisant sur ces traits qui plaisaient tant autrefois. Tout changeait, trop vite. Et aujourd’hui il se retrouvait dans cette chambre, à se préparer pour ce qui allait être la cérémonie la plus triste de sa vie. Il aurait encore préféré se retrouver à un énième enterrement. Il ajusta une dernière fois sa cape de zibeline brodée d’hermine, l’époussetant rapidement. Noir… toujours ce même noir sur lequel tranchait continuellement ses cheveux blonds… et les fils d’or de ses gants. Et il la garderait cette couleur, jusqu’à la fin de ses jours. Il se l’était promis.

Ironie du sort, celui qui s’était tant battu contre les entraves qu’on lui mettait, venait de se mettre les pires. Volontairement et consciemment… et il trouvait le moyen de se lamenter. Rien à dire, il se dégouttait. Il imagina dans le miroir son double se moquer de lui, lui disant et répétant à quel point il était pitoyable, ses erreurs, ses moments de lâcheté… Mais… étais ce juste de la lâcheté ou simplement un profond désabusement ? La question était intéressante, peut être se la poserait il plus tard. En attendant, il tentait l’auto flagellation. En espérant peut être qu’il arriverait à se poser en héros romantique, ce genre de chose, et qu’il passerait peut être mieux auprès des autres. Une dernière leçon se raviva dans son esprit… ne jamais montrer ses émotions. Super utile comme conseil en un jour comme celui là… super utile…. Il secoua la tête et sortit de la pièce, le visage neutre, un sourire de complaisance plaqué sur le visage. L’instant approchait… sans aucun doute. Dingue comment on repoussait l’échéance comme on pouvait.

La suite était passé comme dans un rêve, il ne sut guère comment il était parvenu aux portes de la cathédrale, et à dire vrai cela avait il seulement un intérêt pour lui ? La seule vision qui lui arracha un réel sourire fut de voir la présence rassurante de son Eminence Ingeburge. Il ne tint pas compte du reste. Il n’y arrivait pas en fait. Après avoir tout fait pour s’acharner sur sa promise, l’humilier, rien n’avait pu inverser le cour des choses, ou plutôt si, une seul aurait pu le faire, sa propre volonté, mais il n’avait pu s’y résoudre. Attaquer de front les volontés familiales, pour une histoire de cœur, de sentiments, ça il ne le pouvait, c’était trop difficiles par rapport à se convictions. Il sourit à Inge, et lui tendit la main. Les deux paumes gantées se refermèrent et les deux personnes, tout de noir vêtues, se dirigèrent vers le cœur. Il sentait avec délice cette présence qui l’aiderait, il en était sur, il n’aurait qu’à… prier ? Mouais… pas convaincu. En tout cas, il oublierait peut être… pour le moment. Allez… sourit, la fête est belle. Paraître, donner le change, fait bien comme tu l’as appris. Et quand le moment sera venu, il sera bien tant de te mépriser.

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Wonderanny
L’autel…
Quelques heures auparavant… parce que ce mariage… enfin bref on le vaut bien !

L’autel… La Grande depuis des heures est agenouillée dans un rang à sa droite. Yeux mi clos, elle prie. A la famille présente et revue, voir, rencontrée à l’hotel Azayes elle a annoncé devoir partir plus tôt. Pourquoi ? Tout simplement pour prier.
Elle a surtout Grand Chef Rouge a rencontrer.
Plus tôt pour être parmi les premiers, pour pouvoir lui parler… Idée fixe en tête la tantine Azayes a quitté l’antre de l’hôtel de la même famille. Quelques jours de repos pour valider son obsession. Non, elle n’a point changé d’avis la marraine du Chlo. A bien y réfléchir cela fait des semaines qu'elle a validé son action.

Ce jour elle a acte à faire. Ce jour elle a vérité a avouer.

Serrer les poings, se concentrer sur la prière qu’elle fait monter ce jour.
La lumière vacillante de la flamme qu’elle fixe semble annoncer la journée. Simple bougie qui chante sur les vitaux de la noble Notre Dame.

Prières tout en humilité, franchise et foi.
Mouvement dans la foule déjà présente. Foule ? A s’y retourner, sourciller, l’interrogation se fait sienne :
Foule ? Finalement ou ça ? Abstention est il synonyme de non acceptation ?
Retour vers l’autel.
Gné ? point de Grand Chef Rouge ?

Faire une ultime prière avant de disparaitre dans les rangs parmi les grands. Point grave...

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Ceraphin
Une escale parisienne planifiée pour le bien commun familial.
Chlodwig.
Il en savait peu de choses, quelques rencontres passives au détour de réunions familiales...
Il savait que c'était le fils de la duchesse Enorig aussi.
Une des premières rencontres avec Chlodwig, et peut être même la première, avait été à la mort de Maman, pendant le pillage de Margency.
Mais cet épisode là ainsi que ses acteurs étaient restés brumeux et flous dans sa mémoire... consciemment ou inconsciemment.
A part cela... pas grand chose à dire si ce n'est que Ceraphin conservait, à tort ou à raison, une distance respectueuse à l'égard de ce... qu'était-il en fait?... une sorte de grand cousin, d'oncle de second degré... tout ceci en occultant le paramètre adoption de surcroit.

Car Ceraphin était une greffe.
Pas un bâtard, pas le rejeton hybride d'une noble plante qui se serait acoquinée avec quelconque végétal sauvage, non, non, carrément une transplantation: lui l'ainé d'une famille de serfs greffé sur l'arbre d'Azayes.
Il en souriait aujourd'hui, c'était là une forme de progrès lui qui en éprouvait encore parfois beaucoup de gène, voir de malaise.
Mais il tiendrait son rang, en souvenir de Maman... même si son rang était discret, forcément.

Quant à la mariée... il ignorait tout d'elle ou presque.
Si il savait ce qu'il se disait... à savoir que c'était encore presque une enfant, probablement du même âge que lui d'ailleurs, mais s'affairait déjà à des affaires de grands... de politique notamment.
Le gamin se demandait encore il y a peu comment on pouvait prendre plaisir à de telles occupations, de telles tracasseries d'adultes.
Mais il comprenait mieux maintenant, ayant lui même touché un peu des chausses les longs couloirs du casteth de Pau.
A quoi ressemblait-elle?

Il le saurait bientôt, à condition de cesser de rester là, sur le parvis, à songer.
De quelques vives foulées il entrera donc à nouveau dans la nef majestueuse de Notre Dame.
Noyé dans la foule il sera bien, inaperçu et camouflé par le grand nombre.
Oh certes il y aura quelques tantes de Maman à saluer, du moins celles qu'il connait le mieux et dont l'œil acéré sauront l'apercevoir, comme souvent... mais à part ça, pour le reste de l'assemblée il sera invisible et cela le rassurait plutôt.

Ah si, il y aurait bien un oncle en robe qu'il pourra aller gratifier allégrement de "Monseigneur mon oncle" ... et de "vous" pour le faire grincer des dents et recevoir joyeusement quelques gentils coups de crosse sur la tête, en guise de réponse.

Et puis après, plus tard, il aurait à faire du côté de ce fameux quartier commerçant de Paris, les galeries Lafayotte.

Mais avant, honneur aux mariés.
Rentrer dans le rang et assister pieusement à la cérémonie.
Et observer, tout observer pour s'en mettre plein les yeux et la caboche.
Regarder, comprendre et apprendre.

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Amael
Abandonnant son escorte devant le parvis de la cathédrale parisienne, Amaël gravit les marches prestement, ignorant les gueux amassés alentours, tenus à distance par quelques hommes d'armes, venus admirer les nobles et leurs riches atours pour ensuite commérer sur la tenue d'untel, la coiffure ridicule de celle-là ou encore critiquer le goût en matière de bijoux de celui-ci. Comme les nobles eux-mêmes donc, mais à un autre niveau et avec un langage beaucoup plus ... fleuri. Amaël arriva donc sur le parvis, seulement accompagné de son fidèle ami et écuyer Arnaut de Longwy. Pénétrant dans l'imposant édifice religieux il observa furtivement la décoration. La grande cathédrale de Paris était particulièrement majestueuse en ce jour. Il avait eu maintes fois l'occasion de venir y prier, il admira donc l'édifice mais sans l'émerveillement de la première fois, avec le plaisir du connaisseur plutôt.

Amaël gagna sa place, après une génuflexion vers le maître-autel pour rendre hommage à Dieu. Il observa les personnes alentours et un constat s'imposait: il ne connaissait strictement personne ! Même le fiancé n'était pas un familier. Tout juste avait-il échanger une fois quelques politesses avec lui. Néanmoins il était encore temps pour une quelconque connaissance du jeune Ried d'arriver. La cérémonie n'était pas encore commencé donc il gardait espoir de voir arriver une personne connue voir même un proche. Si ce n'était pas le cas il prendrait son mal en patience. Fort heureusement, il n'était pas complètement seul. Heureusement que son cher Arnaut était là !

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Elianor_de_vergy
Il n'y avait pas grand-chose qui aurait pu redonner le sourire à la frêle poupée blonde en ce jour. Elle était même intimement persuadée que seuls l'annonce soudaine de l'annulation de ses noces, un empêchement de dernière minute, pourraient inciter ses lèvres à s'étirer. Autant dire un quasi-miracle sur lequel il ne fallait pas compter.

Et bien non en fait. Il y avait autre chose qui pouvait avoir cet effet: une blessure d'amour-propre. La miniature s'en rendit brusquement compte lorsque son promis la fustigea de son indifférence et de son dédain, ne lui accordant pas même un regard. Elle s'aperçut, à cet instant précis, que l'orgueil blessé pouvait chez elle prendre le pas sur tout le reste: timidité, obéissance, douceur, tout cela pouvait être balayé d'un coup sous la morsure d'une offense.

Ah il le prenait ainsi? On ne se marie pas pour être heureuse. Certes. Elle commençait à comprendre la leçon. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'on se mariait pour être ainsi humiliée publiquement. Ca non! Furieuse de cet outrage, la gamine se cabra. Elle n'allait pas se laisser traiter comme ces serves qu'on traîne en larmes d'une terre à l'autre selon l'endroit où leur travail sera le plus profitable, sans se soucier de ce qu'elle laisse derrière elles.

La miniature redressa orgueilleusement sa tête alourdie de l'étincelante couronne confectionnée par maître Watelse et balaya l'assistance du regard. Ses propres invités étaient en nombre réduit, ainsi qu'elle l'avait voulu. Les autres, tous les autres, commençaient à prendre dangereusement figure d'ennemis à ses yeux. Ne seraient-ils pas venus là dans le simple but de rire d'elle, de se repaître de son triste sort et de son humiliation? Elle ne leur donnerait pas ce plaisir!

Pour se donner du courage, elle se tourna à demi et accrocha du regard la seule personne en qui elle avait entière, aveugle et totale confiance: son demi-frère. Inspira un grand coup. Et sourit. D'un sourire moqueur, insolent, un sourire comme un défi à l'assistance entière. Puisqu'ils s'attendaient tous à rire d'une agnelle tremblante conduite à l'abattoir, elle se jouerait d'eux en donnant l'illusion du contentement.

Mais il manquait encore un petit détail pour compléter le tableau. Allons poupée, songe que bien des donzelles t'envieraient... Tu es jeune, tu es riche à ne savoir que faire de tes écus, et deux titres supplémentaires sont sur le point de tomber dans ton escarcelle. Là où les politicards miteux de toutes les provinces vendent leur âme au diable pour une misérable vicomté, tu t'apprêtes à ceindre une nouvelle couronne de duchesse, en plus de la tienne. Il te suffit d'un "oui" pour cela. Cela vaut bien une petite comédie sans doute...

Et Boucles d'or de se tourner vers ce goujat qui sera sous peu son seigneur et maître et de lancer d'une voix claire.


Messire mon promis, quelle joie! Je désespérais de vous voir...

La fourberie décidément s'apprend vite au contact du monde.
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Alivianne
Perdu dans ses rêveries, regard à gauche et à droite. Certains pénétraient déjà dans la catédrale, d'autres attendaient sûrement quelqu'un. La duchesse de la tour d'Auvergne décida à ce moment d'aller rejoindre sa place vers l'avant là où la famille proche était attendu. Son élan fut stoppé par l'arrivé en fanfare de sa future brue, Elegie, fille de Themis de Penthiève fille de Gomoz qui fils... de? la bonne question.

Elegie était fidèle à elle-même pétillante, maladroite, intelligence et combien délicieuse. Elle lui sourit montrant qu'elle était heureuse de la voir.

L'Azayes cheftaine n'eut pas le temps de répondre qu'une autre délicieuse jeune fille aussi blonde arriva à bout de souffle. Elle fut acceuillis par le même sourire qu'elle avait eu avec Elegie.


Mes belles filles, je suis heureuse que vous soyez venu avant vos amoureux. D'ailleurs suis-je surprise qu'ils tardent à venir?

elle rit en disant

Je n'ai aucune leçon à donner, même mon époux est jamais là. J'espère que les votres seront un peu plus présent.

elle regardait maintenant Appolinne qui semblait gêner.

Je parle sûrement trop vite, mais Eloy à l'art de me faire des surprises, bientôt il m'apprendra qu'il vous a fiancé dans mon concentement!!


elle déglutit pensant à son époux.

S'il pouvait apparaitre ce jour, je lui pardonnerai tout!! Il ce doit d'être là, pour Enorig, pour moi...

Alivianne replaçait une mêche rebelle de sa peignure et demanda.

Attendons-nous les autres, ou viendront-ils nous rejoindre dans les bancs qui nous sont réservés?

Wonderanny a déjà pris place.

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Elegie2
sourire complice face à la blondinette qui vient de les rejoindre et dont elle suppose qu'elle est, d'après les rumeurs faisant bon train en BA, la fiancée du cadet. Une inclinaison de tête toute protocolaire, quand son regard fut attiré par un vol violacé tentant de surplomber la foule, puis se rattrapant à quelques ouailles massées ça et là.

Tentant de masquer le rire qui montait à ses lèvres la jeune Penthièvre Balsac se pencha chuchotante vers la Duchesse de la Tour d'Auvergne, lui désignant le prélat trébuchant.


Croyez vous que ce soit signe de beau temps ? On dit que les volatiles annoncent souvent les évènements ..

Un air innocent, juste ce qu'il fallait pour tenter de faire sourire Aliviane, Bouche un peu pincée en réprimement de rire. Mais non il ne le fallait pas. La jeune fille se mordait les joues et fixait son regard ailleurs.

Sur la future mariée. On la disait fort belle et ce n'était rien que de le dire. Le marié parut, un peu balourd et hautain.

Elegie fronça le nez, pensant à sa propre destinée, sans vouloir y réfléchir plus avant. Ce n'était ni le lieu, ni l'heure.

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Zya62
Ils y étaient. Les noces ducales se dérouleraient sous peu.
La voiture filait dans les rues de Paris, sans que celle à l'intérieur ne puisse rien y faire.
Il est des jours, comme ça, on ne voudrait être là. Ce jour en était un.
Le jour où elle le verra aller à l'abattoir sans qu'aucun ne réagisse. Sans que nul ne puisse réagir.
Mais le paraître, encore et toujours. Elle ne cautionnait pas. Elle n'avait jamais cautionné telle pratique.
Et même si elle savait pas expérience que ce genre de mariage pouvait parfois aboutir à plus, elle savait, ici, que ce ne serait jamais le cas.
Ou du moins, elle le pensait. Pas son genre à Lui, de faire preuve d'apitoiement envers autrui. Non. Lui, lui, et uniquement lui, d'après certains. Et parfois, elle n'était pas loin d'approuver ces dires.
Mais il n'en restait pas moins son Aigle. Le seul et unique qui sache encore la ramener parfois dans le monde terrestre, elle qui s'était coupée progressivement de tout.

Les mains replacent quelques plis de sa tenue d'un brun profond. Oublié, le camocas vert qu'elle affectionne tant. Pas aujourd'hui. L'exception est faite pour l'évènement mondain de l'année. Juste un tissu de cental, ancêtre du taffetas, agrémenté ci et là de fines rayures argentées.
La voici qui réajuste le col de vair, puis les gants, alors qu'un pont est passé, pour mener bientôt au large édifice pointant vers l'arstotélicien ciel.
Un regard est jeté vers le garde qui se trouve en face d'elle, puis sur la place vide, à ses côtés. Elle avait longuement hésité à l'emmener, le Lionceau. L'emmener voir ce "parrain" qu'il ne connaissait pas encore. Et puis les joutes.
Mais voilà, ces dernières avaient été écourtées par un refus de candidature, sous d'obscures prétextes qu'elle ne chercha pas à connaître, sachant les différends qu'elle avait déjà plus ou moins eu avec le juge diseur licorneux. Les festivités, qui ne s'annonçaient déjà pas joyeuses, s'étaient vues amputées d'une partie qu'elle avait longuement préparé, lui enlevant définitivement toute envie d'être ici. Alors, elle ne l'avait pas non plus amené.
Un regard vers sa soeur, qu'elle avait enlevé des cajôleries maternelles après le mariage auquel elles venaient d'assister en Flandres, mariage où un certain Aigle avait subitement oublié d'aller... comme de par hasard...
La petite troupe était donc au complet, ou presque. Prête à affronter l'ennui d'un mariage auquel la chef d'expédition n'avait été conviée qu'il y a peu... le jour de sa demande d'inscription aux joutes, d'ailleurs...
Oublié du marié fait sciemment? Allez savoir ce qu'il se passe dans la tête d'un Blond, quand il est sur le point de se marier!

La voiture s'arrête. Baile sort et aide Elorha à franchir le seuil, alors que Cyrielle reste à l'intérieur. Les doigts trouvent une chaine à son cou, où trônent Ange et Anneau. L'accroche est défaite et l'un des deux tombe dans la main gantée.
L'observation se fait pensive, avant que l'anneau ne retrouve cette place où il trônait il y a encore quelques mois, sur sa main gauche, sous un gant.
Puis le montant de porte est attrapé, le bas de la robe soulevé et le pied touche bientôt le sol.


Vous êtes prêtes? Ca ne devrait plus tarder, à présent...

Et bientôt, les pas conduisent vers l'entrée, pour en passer le seuil et pénétrer dans l'Obscur.
En fond de vision, un coeur déjà habité par quelques personnes dont deux silhouettes noires, sur lesquelles elle ne s'attarde pas plus que de coutume. Plus loin, quelques connaissances, quelques "déjà vus", des De Vergy, notamment.
Et elle cherche où se mettre car, même si sa présence était épiée, pour donner raison ou non à certaines rumeurs souvent absurdes, il n'était pas dit qu'elle ferait en sorte de jouer la farce comme tous l'entendaient.
En effet, le jeu, dès ce jour, était relégué au rang de vieillerie désuète. Le jeu devenait tabou, déplacé. La relation Aigle-Ange se trouvait amputée de sa base, de ce socle qui l'avait forgée, parce que leur société ne leur pardonnerait plus les écarts qu'ils se permettaient volontiers pour satisfaire la populace noble en mal de ragots. Ils trouveraient probablement d'autres façons de se moquer de cette société qu'était la leur... Ou pas.
Le rang du fond à portée, elle se tourne ostensiblement vers le côté marié, ignorant ceux qui supportaient la pauvre biche qui ne savait la chance qu'elle avait d'épouser l'Aigle, qui ne saurait jamais voir au delà de ce qu'il veut bien montrer, qui ne saurait jamais faire qu'il se dévoile à elle. Parce que leur départ dans la vie ne le permettrait pas, à moins qu'elle ne se trompât.
La confidente se décale entre les bancs et avise une silhouette connue. Aliénaure... 'naure. Esquisse d'un vague sourire, premier d'une série, mais probablement unique sincère du lot.


Toi aussi, tu es venue pour assister au lynchage en public du Blond et de sa Blondinette? Notre Dame, rien que ça... Font pas les choses à moitié... Quand tu penses que moi, j'me suis mariée dans une chapelle au fin fond du Limousin... Y avait même plus de monde qu'ici... et pourtant, tu connais le Limousin comme moi...

Baiser amical déposé sur la plantureuse copante du Blond. Admiration de la tenue.

Tu es décidée à faire tourner les têtes, aujourd'hui? Remarque, tu as raison, j'aurais dû faire faire un entrebaillement plus grand que ça, moi aussi...

Clin d'oeil appuyé, alors qu'ensuite, elle ne tarde pas à faire les présentations d'avec celles qui la suivaient.
En tout cas, pour quiconque la connaissait bien, il serait visible que la carapace était de sortie, ce jour. Et la muselière aussi, histoire de se retenir de lancer un retentissant "Je m'oppose", plus tard, au cours de la cérémonie!
Il est des causes qui sont perdues d'avance. Elle n'allait pas tenter l'impossible pour sauver le peu d'humanité qu'il lui restait à lui, alors qu'il ne le voulait.

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--La_bedaine


’Tain… L’en avait ras l’casque, mais alors vraiment. Sal’té d’genou à la mords-moi-l’nœud qui l’a obligé à s’barrer d’l’armée… Pour une fois qu’l’avait trouvé un p’tit groupe bien sympa, pas r’gardant sur les exactions et l’paiment perso ou en nature… Bah non, l’avait pas eu l’choix, quand on peut plus courir après les autres, faut bien qu’on s’dédéfection pour gagner sa pitance autrement.
La mèche grasse et jaunie par l’passage du temps lui r’tombe sur l’regard peu amène, qui surmonte une carcasse peu commune. Surement pour ça qu’on était v’nu le chercher pour c’boulot. ‘Tain fallait vraiment qu’elle lui plaise la Margot du bouge d’la Cour pour qu’il consente à quitter sa chope pour aller faire l’piquet d’vant une cathédrale… une cathédrale bon doué ! C’t’abus…

Des années qu’l’avait pas foutu l’gros orteil sur un parvis et v’là qu’pour quelques écus il s’retrouve à poireauter d’vant un défilé d’nobliaux qui v’nait pour la noce. Genre y’avait b’soin d’gardes dans c’genre d’cérémonie ! S’il savait s’battre, l’sang bleu, ça s’saurait justement ! Pis avec toutes ces dentelles, à s’demander comment qu’ils arriv’raient à dégainer l’épée qu’ils portent même…
Soupir aussi profond qu’l’ennui du soudard. Oh vache, va y’en avoir pour des plombes. ‘Tain on va s’appuyer sur l’mur, l’air de rien, comme ça si l’menton tombe dans l’cou et les paupières sur l’œil, avec un peu d’bol y’a personne qui r’marquera… Et qu’ça défile… Enfin ça défile… si certains entrent l’air de rien feintant clair’ment l’valet du marié, en l’occurrence une minette qu’a pas l’air farouche et un nobliau accompagné d’son écuyer qu’on dirait qu’ils forment un joli p’tit couple ces deux-là ; pour l’reste ça bouchonne carrément !

Bon y’en a des plus classes que d’autres, faut bien l’avouer. R’gardez moi cette rousse là, la courbe agréable, même si clair’ment il en vient à souhaiter qu’elle soit gauchère vu l’état d’son bras droit. Pis l’a pas l’air portée sur la gaudriole, vu la tronche du gamin qui la suit. Une vraie trogne d’faucon lui… ‘Té sont d’plus en plus jeunes les grands d’ce monde… Et dans l’autre coin, v’là que ça t’bisouille et que ça s’croit au bal déjà. Limite il leur dirait bien d’avancer un peu, c’pas tout ça, mais faut qu’la messe s’termine avant d’ripailler, et pour lui, sa solde touchée, ce s’ra l’heure d’Margot…
Soupir…mais pas aussi profond que c’qu’il va lui mettre à la catin… ah ça ! Et v’là qu’il s’emballe encore…

Bon ça avance ? ‘tain le Valère il gère pas une caouette, faudrait qu’il s’magne le derche, sinon on y est encore dans un mois, et dans un mois, la Margot, elle aura p’têtre changé d’bordel ou augmenté ses prix… Et soudain, youhouuuu, de l’action. Il doit s’y r’prendre à deux fois pour être sur que c’lui qu’on appelle. L’pas boiteux, mais pas trop, il s’approche, la montagne cradingue qu’a pourtant fait l’effort d’revêtir des chausses propres et d’nettoyer les armes s’approche du valet aux sourcils froncés. Et qu’ça s’penche l’nez froncé –quelle chochotte l’Valère- faudrait pas qu’la nobliaille s’effarouche hein…


Dites mon brave… Vous pourriez s’il vous plait me ramener la demoiselle du fond là ? Celle qui est habillée en vert, assise à côté d’une autre en brun et argenté. Celle là c’est bon, elle est sur la liste, mais la première… vous me la sortez de là. Et tâchez de rester discret…

Coup d’œil vers les donzelles, faut s’pencher un peu. Ça s’fait ça chez les Grands d’jarter des gens d’une cathédrale ? bah faut croire. Après tout, c’tenue correcte exigée, et si on est pas sur la liste… c’sont les mariés qui décident qui qui rentre et qui qui rentre pas hein !
Haussement d’épaules sous l’plastron, après tout, s’il touche une prime va pas cracher d’ssus…. P’têtre qu’Margot pourrait lui faire l’fameux truc qu’elle réserve aux richards… Alors il s’dirige vers l’fond de l’église, et s’penchant vers Alienaure, il glisse d’sa voix rendue rauque par la bibine et l’combat en plein air des années d’service:


Voudrez bien m’suivre à l’extérieur m’dame ? Semblerait qu’vous soyez pas invitée.

Vu l’regard qu’elle croise en l’vant la tête, moi j’serais elle, bah j’suivrai le soudard. Parce qu’il a pas l’air d’faire dans la dentelle… pis l’jour des noces, on fait pas d’scandale hein… surtout qu’il a quelques armes, lui. Et qu’manifestement, il s’fout comme d’une guigne qu’elle soit d’accord ou pas. Au pire, il t’la sortira en sac à patates sur l’épaule…

Allez m’dame, on sort. Faites pas d’histoires.

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Alienaure
Merci de ne pas intervenir sur les persos selon son bon vouloir. Je vais faire comme si de rien n'était, en conséquence.



Zya... Enfin un visage connu parmi ces inconnus! Sourire de façade bien vite délaissé pour un soulagé et heureux.

Tu avais du beau monde, à tes noces. Et même perdu au plus profond de la campagne française, ton mariage ressemblait à quelque chose... Pas comme ce simulacre.

Regard vers l'autel, où l'Aigle a déjà trouvé refuge. Lointain. Inaccessible. Fuyant. Tel qu'il était quand il n'en faisait qu'à sa tête, même s'il n'était pas heureux.


J'ai envie de lui sauter à la gorge. A la gamine ou à lui, remarque. Je ne sais pas lequel des deux me donne plus une envie de meurtre que l'autre... Tu crois que je vais me retrouver sur le parvis si je dis que je m'oppose à ce mariage?


Léger sourire à l'évocation de sa tenue.

Elle est très bien, ma tenue, non?


Un doigt discret glissa dans le décolleté de sa cousine et tira légèrement sur le lacet pour distendre le tissu.


Tu en as plus besoin que moi, ma belle. Expose ce que tu as. Le petit cousin a besoin d'un homme solide pour l'élever.

Elle venait de trouver chaussure à son pied. Quoi que... Un ou deux spécimen pas mal à regarder étaient assis là et là, dans l'assemblée... Mais il n'était pas question que l'Ange finisse seule dans son coin, à ressasser ce fichu mariage, avec cet abruti de...
Froncement de sourcils. Regard vers le cousine... Faudrait qu'elles aient une conversation en un autre lieu, toutes les deux. Comme un petit truc qui la gênait, dans l'histoire...

Dis-moi, me faut un témoin pour mes épousailles. Ce n'est pas une question, rassure-toi, mais faudra que tu ramènes tes fesses et que tu n'hésites pas à crier pendant la cérémonie si tu ne sens pas le moment.

Et pas le temps d'en placer une qu'un gros soudard venait les importuner. Depuis quand avait-on l'idée saugrenue de perturber une conversation entre filles? Surtout quand il s'agissait d'une Malemort.

Mon brave, le manche à balai qui vous envoie devra se renseigner la prochaine fois. J'ai de parfaites raisons d'être là: ma cousine, la Comtesse de Meymac ici présent- et de faire un signe vers Zya- avait peur de s'ennuyer et m'a demandé de l'accompagner. Et je doute qu'il soit convenable que vous la chassiez elle aussi.
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Aliénaure de Malemort
Dame de La Tour du Chavant et de Versannat
--La_bedaine


Mon brave, le manche à balai qui vous envoie devra se renseigner la prochaine fois. J'ai de parfaites raisons d'être là: ma cousine, la Comtesse de Meymac ici présent avait peur de s'ennuyer et m'a demandé de l'accompagner. Et je doute qu'il soit convenable que vous la chassiez elle aussi.

Hauss'ment d'sourcil du soudard... 'té... la gueuse qui tente de resquiller une noce, et en plus elle s'permet d'faire l'esclandre ? Alors là, l'aura tout vu, l'gros. Du coup ça s'fronce au d'ssus du regard métallique. Lui, s'en carre des titres et du reste, tout c'qu'il veut, c'est toucher sa paie. On lui d'mande d'la sortir, il la sort...
Margot l'attend crédiou, et y compte pas la rater, la catin ! Même si, quand il tourne la tête vers la Zya sus mentionée... hum, joli décolleté... Rhaaa c'pas pour lui d'toute façon, d'la nobliote, ça s'fait du jeune, du propre, pas du soudard d'base, même s'il en avait entendu d'belles dans les veillées... 'fin c'pas la question du moment.

L'truc c'est qu'on lui a d'mandé d'la sortir, et qu'elle fait des histoires. Et elle peut bien dire c'qu'elle veut, si y'a un truc qu'elle a l'air d'pas comprendre, c'est qu'même un soudard pas r'gardant sur les formes -enfin dépend desquelles- ça obéit aux ordres. Et les siens sont clairs...
Na mais l'aut', l'a cru quoi ? qu'il suffisait d'une belle robe pour s'fondre dans la masse ? L'est pas invitée, qu'ça lui fasse mal au cul d'louper un banquet, il veut bien l'croire, mais après elle peut r'vendre sa belle robe verte et s'ach'ter à grailler pas loin... Lui donn'ra même l'adresse si elle s'laisse p'loter la fesse à la sortie...


Votre amie est invitée, vous non, m'dame. Et l'manche à balai qui m'donne les ordres, c'est l'gars qui surveille l'entrée pour les mariés.

Pis pendant qu'y cause, il réflexionne l'gars. Y s'dit que y'a du grabuge, c'sa solde qui risque d'sauter, et ça... nope, les miches d'la MArgot attendent d'puis trop longtemps, il s'y r'fuse. Alors ni une ni deux, il en profite d'être au fond, pis il hausse le ton, histoire qu'y'ait du témoin d'la scène et que l'Valère r'voie pas l'salaire à la baisse.

M'dame ! je vous conseille d'pas faire d'histoires ! C't'un mariage, pas une foire... Z'avez pas d'invitation, j'vous pririons d'sortir siouplait.

Un coup d'oeil d'droite et d'gauche, r'gards qui s'tournent sur la voix rauque du soudard, qu'a tendance à porter loin... c'est qu'il faut gueuler sur les champs d'bataille hein !

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Faran
C'est tiré à quatre épingles comme il le détestait royalement et comme il ne l'était que rarement que le petit Comte fit le trajet dans le coche de la jeune Duchesse qui allait bientôt tourner une page de sa vie, et, sans qu'il le sache encore, ouvrir un nouveau chapitre plus sombre.
L'ambiance du trajet donnait pourtant un très bon aperçu de ce qu'il se passerait dans un futur proche. Sa soeur, demie-sœur, ne disait mot, elle pourtant si bavarde d'habitude, et fixait du regard le vide qui lui faisait face, du même regard que l'on a lorsqu'on se sait condamné par une maladie ou une malédiction. Sa tutrice, Aelis, l'air sévère, ne faisait rien pour rafraichir l'atmosphère. Les rideaux de cuir qu'elle avait fait poser aux fenêtres du coche ne laissait que peu de lumière filtrer.

Lui, au milieu, n'osait bouger, de peur d'ébranler un équilibre fort instable, de peur de déclencher quelque réaction imprévisible de l'une ou de l'autre, de peur de dire ou faire une bêtise. Un comble. Ainsi donc il ne pipa mot jusqu'à l'arrivée sur le parvis de la Cathédrale. Il profita d'un espacement des rideaux pour jeter, lui aussi, un coup d'œil à l'extérieur. Quelques invités semblaient déjà présents, quoiqu'il s'agît peut-être de badauds fortuitement présents.

Le véhicule s'arrêta sur les pavés dans une secousse qui réveilla la compagnie. Sans perdre de temps, sans laisser aux jeunes enfants le temps de vraiment réagir, la tutrice prit les devants et agrippa de suite la main du jeune Comte et enjoignit la future mariée de faire bonne figure. La mesnie à une image à tenir et à faire respecter, il est vrai. Toutefois le ton était rude, la poigne forte. On sentait une tension dans l'air, comme si d'un coup un orage allait éclater au dessus de leur tête alors que le ciel était encore d'un bleu limpide.
Traîné dehors, le gamin se vit sermonné pour une énième fois. A chaque coup on lui rappelait qu'il fallait qu'il se tienne calme, qu'il ne fasse pas honte à sa famille. Cette fois ci était légèrement différente, il était question de sa sœur, et elle était bien la seule pour qui il avait vraiment envie de faire des efforts, parfois vains malheureusement. Il émit un simple grommellement en guise de réponse, et suivit ses deux compagnes de voyage dans l'antre froide de la Cathédrale après avoir été décoiffé par la main hasardeuse de son tuteur, le flamand.

Sempiternelle complainte qu'il s'abstint pour l'occasion d'énoncer à vois haute. Vraiment, la religion se n'était pas son fort, au même titre que les regroupements mondains par ailleurs. Les deux en même temps constituaient en eux mêmes un avant goût de l'enfer glacé, selon lui.

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Zya62
Un regard émeraude suivit l’échange qui avait lieu devant, faisant qu’elle oublia un instant la conversation d’avant.
Un balourd devant leur vue. Quel gâchis ! Pis alors, quelle insolence, quelle disgrâce, dans un tel lieu.
Faut dire qu’il détonait, le gars, parmi tous les autres. Et puis, il se la jouait Monsieur Muscle alors qu’il se trouvait au beau milieu d’une société ayant… de la classe, quoi.
Mais voilà, le Chevalier ne perdait pas une miette de l’échange, enregistrant que, contrairement à ce que disait son invitation personnelle, elle ne pouvait venir accompagnée.
Un regard vers sa jeune sœur Elohra et son garde, Baile. Il allait les sortir ainsi, elles aussi ? Non parce que bon, déjà que le poivre lui montait au nez, fallait pas charrier quand même.
Et voilà qu’il la reluquait, maintenant ! Humpfffff Elle se mit à soutenir le regard d’un air de défi. Qu’il envoie ses idées au diable, le gueux, il saurait encourir le courroux de la personne adéquate, s’il ne posait ne serait-ce qu’une main sur elle.
Et voilà qu’il se mettait à brailler dans la cathédrale. Vous n’imaginez pas le boucan. C’est que ca résonne, sous les voûtes ! Mais c’est suffisant pour qu’elle se décide et se mette sur ses pieds, bien décidée à en découdre, s’il le fallait, le Chevalier.
Le toisant de sa taille moyenne, elle reprit d’une voix tout aussi portante, sur un ton dont la douceur ne présageait rien de bon.


J’eusse pensé que les futurs épousés prendraient garde à la qualité du personnel. Quelle mauvaise image pour leurs personnes, décidément. Etonnant de la part de Chlodwig… Je n’avais point droit d’emmener des personnes avec moi ? Aurai-je raté quelque chose ? Un banquet en places limitées ? Nouveau… Pour des nobles qui se doivent d’en mettre plein la vue pour asseoir leur nouvelle notoriété, c’est étrange. Aliénaure m’accompagne, au même titre que la jeune enfant ici présente, et cette dame qui m’est attachée. Allez-vous aussi leur demander de déguerpir des lieux ? Qui vous a dit pareille idiotie ? Virer une Malemort… Si la Comtesse de Ségur apprenait que sa fille, qui représente leur nom, se fait jeter comme une malpropre, nul doute que vous finiriez pendu haut et court !

Un regard aux alentours. Oublié, le sou fifre. Le Valet non loin est bien plus intéressant. Le regard se porte ensuite vers le cœur. Et elle reprend, plus fort encore, pour que le domestique entende bien et que le son porte bien plus loin, vers le centre de la nef.

Y a-t-il un quelconque problème à ce que ma cousine, représentante des Malemort, se trouve céans, à mes côtés ? *la tête se tourne vers le Valet, dont l’attention se reporta de force sur elle* Il me semblait que nous pouvions venir accompagnés, non ? Dois-je passer la cérémonie en compagnie unique d’Aristote, parce que la crainte d’un banquet trop coûteux s’est emparée des futurs mariés ? Sont-ils victimes du péché d’avarice, subitement ? Ou s’agit-il d’excès de zèle de la part de la valetaille ?

Et là voici, enfin, qui fait quelques pas, rassemblant ses effets, un peu avant.

Il est étonnant que certains viennent accompagnés alors que d’autres, non… Y aurait-il des faveurs distribuées selon vos bonnes grâces ?

Encore quelques pas, vers l’allée, cette fois.

Dois-je déranger le futur époux, afin de savoir s’il m’est permis d’assister à son mariage, avec ma mesnie ? Si ce n’était pas le cas, permettez-moi que j’aille l’informer personnellement de mon départ de ces lieux...

Elle n’aimait pas être dérangée. Elle n’aimait pas se donner en spectacle. Et si elle devait rater le mariage de celui qu’elle taxait volontiers de meilleur ami, dieu qu’il en entendrait parler encore longtemps, et pas d’une manière agréable.
Doigts qui font rouler son alliance, sous le gant, comme autrefois, quand elle s’énervait. Les vieilles manies, ca ne s’oublie pas !

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Alban_d_azayes
Personne ne pourrait le changer, toujours en retard. Vilaine habitude qu'il trainait depuis des années et qui semblait ne pas vouloir disparaitre.

Vilaine, sa fiancée ne l'était pas. Depuis l'annonce officielle, même pour eux, de leurs fiançailles, ils avaient appris à se connaitre et à s'apprécier. Ce n'était certes pas parfait encore, mais une certaine confiance s’était instaurée à défaut de complicité. Mais il espérait bien pouvoir remédier à cela.

Preuve de cette confiance ils avaient échangé les sceaux que leurs parents leur avaient remis quand ils leurs avaient confié leurs fiefs. Il portait le collier si précieux sous sa chemise depuis ce jour.

Content de la revoir il se dirigea directement vers le groupe composé par les femmes d'un pas guilleret. Il pensait au mariage de son cousin et faisait le rapprochement avec le sien qui ne tardera plus très certainement.
Certes lui avait dû prendre son temps pour choisir et apprendre à aimer sa compagne contrairement au jeune homme qui devait tout reprendre depuis le début.

Enfin, une belle cérémonie en perspective...

Se dirigeant vers les femmes donc il sourit à la jeune Penthiévre et salua sa mère d'une révérence et la jeune femme qu'il ne connaissait pas d'un signe de tête.
Il prit la main de sa fiancée et y déposa un gentil baiser fugace.

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Vice Duc du BA
Ex-Juge du BA
Ex-Commissaire aux Mines du BA
Ex-Capitaine du BA (2 jours )
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