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[RP] La Résolution

Alienaure
Dans l'aile privée du Château, quelques heures après l'attentat


En quittant la salle de cérémonies, elle avait fait un détour par la chapelle où elle était restée un long moment, genoux au sol, mains jointes en de longues invocations muettes. Prière pour le chevalier qui devait avoir rejoint le Très-Haut qu'il adorait. Prière pour la protection de celui qui faisait battre son cœur. Prière pour cette mère à qui elle reprochait bien des choses mais à qui elle n'enviait en aucun point le désormais statut de veuve. Prière pour ce Limousin qui partait en déliquescence et en délinquance.
Puis elle avait fini par monter dans les étages, regagnant les appartements mis à sa disposition.
Elle avait refusé toute aide, demandant juste qu'on lui prépare un bain.Parce qu'elle refusait de garder sur elle le sang de Stannis, marque de cruauté limousine. La robe de velours bleu avait été jetée au feu, et le tissu contribuait à réchauffer la chambre.
Une fois lavée, emmitouflée dans une longue chemise, elle était restée prostrée dans le grand lit, les yeux fixés au plafond. Où était-il, en cet instant? Parcourait-il les ruelles, épée à la main, escorté par l'armée? Fulminait-il dans son bureau, criant contre le garde venu lui dire que le Château avait été fouillé de fond en comble et que rien ni personne n'avait été trouvé?
Elle songea à sa boite, laissée quelques jours plus tôt dans la cabane, au fond des jardins. Elle avait dit ne plus en avoir besoin. Et pourtant, elle y aurait volontiers rajouté un parchemin: "peur de le perdre".
Soupirs, tours à droite, tours à gauche, retour sur le dos.
Au bout de plusieurs heures, la chambre éclairée par la lune, la jeune fille finit par sombrer dans un sommeil agité.

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Ewaele
[Limoges, ses rues, ses remparts, son château…]

Après avoir donné des ordres clairs pour faire surveiller la ville et tous les endroits stratégiques, Ewa était partie épée pendante sur sa hanche gauche sillonner la ville, puis avait rejoint les remparts ou les hommes de son armée tournaient inlassablement scrutant l’horizon mais, aussi l’intérieur de la ville, se relayant sans cesse…

Elle vint se poser là un temps posant un pied genoux pliant sur une pierre un peu plus haute et regarda le lointain… Ah, quelle douleur sourde était celle du temps qui coulait inlassablement, insaisissable et inatteignable, temps qui déchirait et séparait, temps bien trop cruel qui faisait grandir. La souffrance, la plus tyrannique des maîtresses qui faisaient voir par tant de manières que le monde n’était pas aussi beau que cela…

Un frisson la parcourut devant tant d’injustice, rébellion d’une jeune femme face au monde qui change trop vite. En ces lieux, elle avait goûté au bonheur, à nouveau, d’appartenir à un tout, à une meute, meute pour laquelle elle se dévouait sans regret aucun. Et voilà que déjà la roue du temps tournait, vite, trop vite, tranchant ces liens tellement précieux aux yeux de l’ancienne Comtesse du Limousin. Voilà que ses paupières se faisaient closes et que de sa bouche s’échappait un soupire, comme une résignation. Les yeux d’Ewaële clignèrent
Dans un bruissement de tissus, elle se redressa et reprit le tour du chemin de ronde.

La mort… Elle venait encore de la côtoyer ce soir… Ah, la mort de ses proches… Un instant, ses pensées s’envolèrent vers son père, à présent endormi sous la neige pure et blanche. Et son frère si tardivement retrouvé et déjà disparu, en vie elle l’espérait, mais sans nouvelles aucune elle craignait le pire… Dans l’iris de ses yeux passa une myriade d’éclats de haine mêlés à ceux de la compassion, aussi nombreux que les étoiles ornant le ciel si sombre en cette heure tardive.


Puis vint le silence… Silence pesant, silence menaçant, elle accéléra le pas, pourquoi elle ne savait pas, une intuition, quelque chose lui disait que la nuit serait longue… Elle descendit des remparts après avoir balayé les alentours du regard, et elle se précipita vers le château…

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Trokinas
Le Comte avait donné ses ordres. Bientôt, les nouvelles arriveraient à ses oreilles pour dire ce que les soldats avaient pu trouver.

Trokinas était sur le chemin de ronde à attendre. Il détestait l'attente, et l'inaction. Mais c'était nécessaire. Il se retourna pour contaster que les deux soldats l'accompagnaient toujours. Puis il vit une ombre dans la nuit. La silhouette était familière, il l'avait cotoyée quotidiennement depuis deux mois. Dans quelques heures il serait débarassé de la charge Comtale, et il espérait que cela lui permettrait de retrouver une sérénité intellectuelle. Il fit quelques pas, et fut irrité d'entendre ceux des deux soldats derrière lui.

Puis il tendit la main et la posa sur le bras de la Rousse. Celle-ci sursauta et se retourna prestement vers Trokinas.


Bonsoir, belle fin de mandat non? J'avoue être assez fier de moi.

Dans ses yeux se lisait une révolte et une colère qui donnaient une teinte particulière à sa dernière phrase. Cela aurait pu passer pour une tentative d'humour mais en regardant le visage, on pouvait voir que c'était plutôt une façon de mesurer le fardeau qu'il avait sur les épaules.

Comment allez vous, et avez vous du nouveau?

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Ewaele
Elle partit des remparts, avec dans sa tête une petite phrase, peut être insignifiante pour certains, mais si important pour elle.

Citation:
Par contre, toi ne t’expose pas trop.


Comme une petite ritournelle elle faisait chemin en elle, comme si cela suffisait à la protéger de tout et de tout le monde. Elle prit son pendentif en forme de trèfle dans une main et continua son chemin, quand une main se posa sur une épaule. Celui qui fit se geste devait être bien imprudent ou fou. Elle sursauta et fit demi-tour prestement, main dextre sur sa garde prête à dégainer. Pourtant son geste fut vite abandonné et elle laissa son épée retomber dans son fourreau quand elle entendit plus qu’elle ne vit dans un premier temps la voix de Trokinas.

Elle ne réagit pas à sa première question et à ce qui suivit, elle préférait éviter de penser, ça pourrait devenir dangereux pour ceux qui croiseraient la rouquine. La colère l’avait envahie depuis fort longtemps. Elle scruta le visage du Comte sortant à la lueur de la lune. Indéchiffrable car elle ne voulait pas se donner la peine de lire en lui, elle avait assez à faire avec elle-même, ses propres sentiments si contradictoires, qu’elle aurait du mal à faire des efforts pour autrui.


Citation:
Comment allez-vous, et avez vous du nouveau?


Sourire ironique sur le visage de la jeune femme, devait-elle réellement lui répondre, ou voulait-il seulement être rassuré que ce qu’il ressentait tous deux pour l’heure était du même acabit ?

Du nouveau non ! Pour le moment je mets en place ce qui peut être fait, mais hélas on ne peut pas faire l’impossible aussi rapidement. Mais vous vous n’avez rien à faire ici ! Je n’ai peut être pas d’ordre à vous donner, mais vous devriez rejoindre vos appartements et ça rapidement.

Elle fit signe aux deux soldats restés en arrières et leur donna des ordres très clairs, puis se tournant vers le Comte, avec un visage qui ne laissait nul possibilité de rejeter ce qu’elle allait dire elle désigna les deux hommes mis à son service afin de lui faire comprendre en rajoutant le geste à la parole.

Ces deux hommes vont vous raccompagner de suite, et j’espère que vous serez assez compréhensif et intelligent pour comprendre qu’il en va de votre sécurité, il n’y a dans mes propos et mes décisions aucun zèle à votre égard, juste de la logique. Maintenant excusez-moi de vous laissez sous leur protection, mais je dois continuer mon chemin et ma surveillance, je vais de ce pas sillonner quelques endroits afin d’être sure de ne pas avoir d’autre souci cette nuit.

Puis plus pour elle-même elle rajouta à voix basse.

Du moins je l’espère !

Elle planta le Baron de Perpezac le Noir, sans connaitre son avis sur la question et se dirigea comme elle l’avait prévu vers le Château.
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Trokinas
Le Comte regarda donc la Vice Comtesse s'éloigner et sourit. Bien sûr, être exposé au milieu de la cour du chateau n'était pas la plus intelligente façon de se comporter si on veut essayer d'éviter de se faire percer par un carreau d'arbalète.

Mais Trokinas n'en avait cure. Non pas qu'il avait envie de mourir, mais il ne voulait pas non plus montrer à l'assassin qu'il était aussi lache que lui. Trokinas se tourna donc vers les deux soldats, et constata que ceux ci étaient bien embétés vu les ordres de la Rousse... et eux savaient ce que la colère de la Rousse pouvait donner.

Sans effacer le sourire sur son visage, le Comte prit donc le chemin de sa chambre. Un peu de repos ne lui ferait pas de mal, et de toute façon, il serait réveillé en cas d'évènements nouveaux.

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--Camarde
L'agitation...La garde.
Le premier plan avait du fonctionner comme prévu et les difficultés iraient croissant, mais il avait accepté le contrat.
La cible devait normalement dû être claquemurée dans ses appartements pour sa propre protection : un mauvais réflexes qu'avaient pratiquement tout ceux qui voulaient protéger un être cher, qui ne faisait que faciliter la localisation de la victime.

La partie Est était la moins exposée et probablement la moins bien gardée de toute par la simple raison qu'un étang naturel empêchait la moindre invasion de fantassin.
Glissant comme une anguille sous l'eau, le visage couvert de suie noire coulant progressivement sous l'action du liquide, l'assassin nageait silencieusement en direction de la sortie d'évacuation des cuisines, que lui avait indiqué son employeur....
Une fois parvenu dans la première enceinte, il ne pourrait pas franchir les portes, à moins que , comme convenu, son contact ne lui déverrouille le passage menant aux appartements privatifs....
--Haine_ecarlate



Chambre d'hostel, juste après l'attentat






Tout est réglé pour partir, j'espère que ma seigneurie a apprécié mes cadeaux. Du côté du fournisseur aucun souci à se faire... Il ne parlera plus. Ne m'oubliez pas à votre tour...

X


Un souci de moins... Il n'y avait pas à dire La Camarde était un bon choix ; Rapide et efficace. Son état squelettique n'était qu'un véritable trompe-oeil, il en était certain dorénavant, tout comme de la confiance en son égard pour la réussite et la teneur d'un contrat quel qu'il soit. C'est cela qui devait faire sa réputation. Pas de coups foireux avec ses employeurs.

Il déchira la missive en petits morceaux puis jeta tout cela par la fenêtre en prenant soin d'avoir regardé auparavant qu'il n'y ai pas de passant curieux.
Dernier regard sur ses vêtements pour les dépoussiérer et avoir une allure respectable avant de quitter une bonne fois pour toutes ce taudis dans lequel il avait élu domicile, loin des petits malins aimant fourrer leur nez dans les sales affaires.
Il devait se dépêcher et vite... Pour l'apogée de cette vengeance.


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Castel Comtal



Ca s'agitait dans Limoges, les patrouilles et les relevés d'identités étaient quasi systématiques près du château assombri par l'évènement.
Une pensée le fît sourire narquoisement : comment osait-il remettre les pieds là où il avait déjà fait grand mal ?
Ce serait sûrement ce que penserait un certain homme si la suite du plan se déroulerait comme prévu.

Une nouvelle fois il dû laisser sa tête et ses longs cheveux visibles aux yeux des nouveaux gardes à l'entrée du castel qui se dégagèrent dès la vue de celui-ci comme à l'accoutumée. Son "rang" le lui permettait. Peu d'égard mais important tout de même pour le Limousin.
Une fois à l'intérieur il évita de passer par la salle où devait travailler comme des forcenés policiers et "nettoyeurs officiels" pour tenter d'effacer les traces et résoudre l'énigme.
Il dû décliner plusieurs fois son identité à chaque rencontre de soldats, mais ce n'était pas le plus dûr. Tout était dans la finesse de permettre à la Camarde d'accèder à la malemort à la manière "sésame ouvre-toi"...

Mais il ne pouvait se risquer à se faire remarquer dans les appartements privés en cette triste nuit. Il n'y avait plus qu'une seule solution possible : coopérer.
Le sombre homme se rendit donc vers les cuisines ou du moins dans le couloir permettant aux valets d'y accéder. Capuche remise en place, il se faufilea dans un coin bien sombre guettant le moindre bruit suspect, les "clés" sur lui.

Ne restait plus qu'à attendre impatiemment le doux son de la porte des cuisines qui grince... Il était assez tard pour que les cuistots aient gagné Morphée, l'avantage de la discrétion restait dans leur camp pour le moment.
Ewaele
Voilà la rouquine qui arrivait au château… Elle resterait sur les extérieurs, nul besoin de retourner là où elle n’avait pas envie d’aller, et puis l’air était sans nul doute plus respirable ici… Elle se demandait si Nico était retourné à son hostel, ou si il était encore ici avec sa cousine à la soutenir, ou ailleurs si Stannis était passé de vie à trépas… Elle ferma les yeux un instant, que de sombres moment à venir, alors qu’elle avait tout pour se réjouir, les projets il faudrait les remettre à plus tard, et attendre pour annoncer à qui de droit la nouvelle… Un mariage et un enterrement. Non vu ce qu’avait laissé supposer le Comte sortant ça serait plus : deux mariages et un enterrement… La vie avait ses bizarreries qu’on ne pouvait pas expliquer.

Elle n’avait pas envie d’aller voir les gardes en factions de ci de là, ils savaient ce qu’ils avaient à faire, ce n’était pas la peine d’aller les ennuyer encore par sa présence, ils auraient pu croire qu’elle les surveillait ce qui n’était pas le cas, elle voulait juste s’assurer que tout était calme, et enlever de sa tête ce trouble qui l’envahissait et prenait pas sur elle.

Elle marchait dans les allées, scrutant dans l’obscurité le moindre mouvement, le moindre détail, se posant des questions aussi stupides, qu’irraisonnées, mais en même temps après ce qu’il venait de se produire…

Elle se rapprocha du bâtiment. La plupart des fenêtres ne laissaient rien transparaître, le noir, le vide, le froid… Un sentiment de dégout l’envahit, ils étaient bien peu de choses pour voir comment la vie pouvait être aussi vite enlevée. Elle grimaça en pensant qu’elle avait toujours la même tenue et que le sang du Licorneux recouvrait partiellement ses vêtements. Elle aurait du pourtant avoir l’habitude, les champs de bataille, les combats, mais elle rejetait encore tout ça, le carreau que l’ancien juge avait reçu lui rappelait trop de mauvais souvenir. Pas tant la flèche en elle-même, mais ce qui en suivit, les geôles bretonnes et… Soulèvement de cœur, elle se précipita au pied d’un arbre, penchant son buste en avant sentant la souillure venir de son estomac. Pourtant rien. Juste un haut de cœur puissant qui lui arracha un léger cri de douleur.

Elle resta là au pied du tronc où elle avait posé ses mains pour prendre appui et son front l’avait rejoint afin de se remettre de ce malaise passager.

Tournant le dos au château elle n’avait pas situé son emplacement, elle avait suivit son chemin sans prêter attention où elle se rendait, le principal pour elle étant d’être là et de veiller. Respire ma belle, respire, tu es en plein air, rempli tes poumons, ça va passer, se disait-elle. Mais un arrière goût restait dans sa gorge et elle aurait aimé avoir ne serait ce qu’un peu d’eau pour le faire passer.

Reprenant petit à petit ces esprits, elle se dit que de toute façon à cette heure, elle pouvait se rendre en cuisine elle trouverait irrémédiablement ce qu’il lui fallait pour se désaltérer et faire passer ce goût infecte qui lui restait en bouche.

C’est à pas lent qu’elle avait reprit sa marche, se dirigeant vers l’arrière du château, elle trouverait bien encore des gens debout pour lui ouvrir l’huis donnant sur les cuisines du château.

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--Camarde
- Jardinadieu !

Le rat occupé à dévorer le quignon de pain sec qui venait d'échouer sur le bord du conduit s'arrêta un instant, jeta un regard curieux en direction de la masse flottant qui écartait rageusement les reliefs de repas accumulés pendant plusieurs jours en préparation de la cérémonie...

S'extrayant de l'eau avec vivacité, la grande silhouette tenta vainement de se débarrasser des bouts de viandes moisies et des coquilles d'oeuf qui jonchaient ses rares cheveux...
Le regard de l'assassin parcouru un temps l'obscurité pour enfin desceller l'entrée du conduit.
Plaquant ses mains et ses genoux sur les rebords du "tuyau", il commença l'ascension du vide-ordure des cuisines comtales, priant pour qu'un cuisinier zélé ne s'amuse à dévider un potage encore chaud à une heure aussi tardive.

Plus bas, un observateur averti aurait pu desceller dans le regard d'un rat au ventre bien gonflé, une lueur d'incompréhension....
--Camarde
Les deux mains squelettiques se posèrent comme deux araignées terrifiante sur les rebords étroits du conduit, puis le corps entier et longiligne du brigand se hissa entièrement, non sans effort...
Aucun cuisinier n'était présent près des fourneaux et le feu mourrant sous un énorme chaudron était l'unique source de lumière de l'endroit.
La camarde passa l'huile et le charbon sur son visage pour réduire le bruit de son matériel et camoufler le plus possible sa silhouette dans les ténèbres.

L'ombre se glissa dans le couloir poisseux du château comtal jusqu'à la porte qui menait aux appartements supérieurs : si le loquet tournait, la mission de son employeur avait été un succès.
Doucement la main tourna la poignée, sans un bruit et la porte coulissa. Soigneusement, il la referma derrière lui et pénétra dans l'escalier obscur en colimaçon.

Le pas appesanti par le sommeil d'un garde retentit dans l'escalier...
Lourdement, l'homme se frotta le visage pour éviter le sommeil et ne remarqua pas les deux mains suspendues sous la fenêtre de l'escalier en finissant sa descente. Il se contenta de s'étirer quelques instant pour admirer la lune et redescendit à l'étage inférieur sans doute pour y chercher quelques chose aux cuisines...

Dehors, toujours suspendu à la petite corniche de la fenêtre, les pieds pendant dans le vide, la Camarde se hissa à nouveau à l'intérieur. Aucune réelle difficulté jusqu'à présent.
Enjambant la balustrade, il monta prestement la volée de marches qui le séparait des appartements....
Poussa la porte laissée ouverte par le garde précédent, il se glissa derrière une tapisserie et observa la scène. Un homme, vraisemblablement plus gradé et plus vigilant parcourait le couloir avec un zèle qui lui couterait la vie.
Attiré par la porte ouverte, il se déplaça d'un pas leste vers l'endroit qui menait aux escaliers.
La main squelettique surgit de derrière la tenture pour se coller sur sa bouche et un mince filet de sang jaillit de sa gorge. Sa vision se trouble une dernière fois puis les ténèbres couvrirent sa vue.

L'assassin le tira du mieux qu'il pouvait derrière la tenture et plongea en direction du balcon...L'air frais lui fouettait le visage alors qu'il comptait, accroupi sur la balustrade, le nombre de chambre qu'il devrait parcourir...
Sautant avec la souplesse d'un singe, ses pieds lestes se posaient à peine sur les rembardes de marbre que déjà ils s'envolaient à nouveau pour une nouvelle balustre.
Le vent faisait claquer les rideaux de la chambre visée, dont la porte avait été laissée ouverte par négligence.
Se glissant à l'intérieur de la pièce, il put presque apercevoir le visage de la jeune fille, baigné de lune. Spectre de la nuit, son visage terrifiant grimaça un sourire de satisfaction.
Doucement il posa la main sur sa bouche et tendit le couteau en direction de sa gorge.

Alienaure
Nuit agitée, draps froissés, sueur perlante sur le front malemorien. Malgré la fenêtre ouverte, elle avait chaud, à se tourner et se retourner dans son lit.
Et les rêves...

Main dans la main... Promenade sur les bords de Vienne... Soleil éclatant, douceur de ses rayons sur son visage... Sourires échangés, rires légers... Regard bleu cherchant les prunelles vertes... Un baiser, presque timide...

... Tour à droite ...

Cérémonie... Droit et fier sur son trône... Stannis... La flèche traversant son corps... Les soubresauts... Des cris, des hurlements... Du sang.. Beaucoup de sang... Et soudain le silence...

... Tour à gauche ...

Meymac... Sa forêt... L'appel de Zya... Les chiens... Les chevaux... Son cheval... Les recherches, longues, incessantes, lourdes de vide... La découverte, macabre... Et lui, Rehaël, son cousin, ayant déjà rejoint l'au-delà...

... Tour à droite ...

Limoges... Leur tête à tête... La promenade... Leur course pour échapper au chaperon... Sa cabane... Sa boite... Ses peurs... Et sa demande...

Epousez moi, Aliénaure ... Devenez ma veuve ...

Et une tache rouge, grandissant encore et encore, sur sa poitrine, tachant la neige à leurs pieds... Le regard de Trokinas qui s'emplit d'horreur... La sensation d'oppression qui écrase soudainement son coeur... La difficulté à respirer...

Il est des fois où le rêve rejoint la réalité...

Les yeux verts s'ouvrirent soudain. Non... Elle était en plein délire... Dans quelques secondes, quand son esprit sortirait du sommeil, l'homme qui était sur elle partirait. Parce qu'il n'y avait qu'en cauchemar qu'un tel être pouvait existé: infiniment grand, infiniment maigre, avec des dents à attraper la rage au moindre contact, et surtout sans nez...

Un... Deux... Trois...

Pourquoi souriait-il? Pourquoi avait-il cet air victorieux? Et pourquoi ne pouvait-elle plus bouger? Ni respirer?

Non...

Elle ouvrit alors la bouche pour crier... Mais rien ne sortit.

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--Camarde
- Mes hommages princesse, grimaça la Camarde avec un sourire cruel z'allez gentiment m'suivre. J'm'en voudrais d'vous arracher le tableau à coup d'surin...Un seul bruit et vot' pauv' zigue se r'trouvera veuf...

D'une poigne ferme,il fourra un morceau de tissu sale dans la bouche de la jeune fille, entrouverte d'horreur...
Il enveloppa ensuite lAliénaure dans ses draps et lui recouvrit le visage,puis, s'asseyant sur le ballot pour lui éviter de bouger, entreprit de lier les jambes gigotantes avec un morceau de cordage enroulé autours de sa taille...
Dans le même temps, il accentuait légèrement sa pression sur la poitrine de sa victime : le manque d'air provoqué par la couverture et sa position assise affaiblirait suffisamment la jeune fille pour qu'elle arrête de bouger pendant la descente...
Alienaure
Il est un réflexe que l'humain avait quand il sentait monter en lui une violente nausée: inspirer profondément. Or, en cet instant précis, Aliénaure manqua s'étouffer. Le tissus que le monstre venait d'enfouir dans sa bouche avait un goût acre sur la langue. Et il émanait de l'homme une odeur nauséabonde. Mais allait savoir qui de la puanteur ou qui de la peur souleva le plus le cœur de la jeune fille.

A l'horrible vision que son kidnappeur lui avait offert, un voile blanc, paradoxalement salvateur, succéda.
Et intervint alors le second réflexe: toute personne menacée tentait de s'échapper. Ce qu'essaya la jeune Malemort. Mais s'il était d'une maigreur hallucinante, son ravisseur n'en était pas moins fort. Et le genoux posé sur sa poitrine lui ôtait toute possibilité de se débattre.
Et puis une certaine lassitude commençait à engourdir ses membres.

Pourtant, elle devait lui dire qu'il se trompait. Elle n'avait rien fait. Elle n'avait aucune importance au niveau du Comté. Et même si en tant que maire, elle ne s'était pas fait que des amis, aucune des vipères de Roche n'aurait eu le courage d'attenter à sa vie.

La pression sur sa poitrine la gênait presque à la limite de la douleur. Et la sensation d'étouffement devenait de plus en plus présente. La tête lui tournait.

Un seul nom lui traversa alors l'esprit avant de s'évanouir: Trokinas...

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--Camarde
La donzelle avait bien fini de se débattre et le brigand en fût satisfait...
La main balladeuse rafla quelques colifichets sans importances sur la coiffeuse de la jeune fille, qui compléterai allègrement sa solde...
Attachant solidement sa corde au harnais de cuir de sa ceinture et il loua secrètement la tendance des adolescentes actuelles à tenir une ligne famélique pour plaire à leur galant et accessoirement permettre un enlèvement plus facile...

Si tout se passait comme convenu, l'employeur aurait réunit les chevaux nécessaire à l'évasion dans la cour arrière, ne resterait alors qu'à quitter le castel au galop et probablement à créer une diversion comme un incendie pour garder le Guet occupé : si son allié était aussi malin qu'il en avait l'air, il trouverait bien une solution...

Appuyant en souplesse ses pieds sur la muraille du château, la grande araignée, sa proie bien engloutie dans son cocon de soie, descendait silencieusement jusqu'au parvis du castel...
Ewaele
Elle était la première arrivée sur les lieux, enfin, du moins le croyait-elle. Un vague bruit derrière elle la fit se retourner. Et vlan elle se mangea un crâne. Mais ?! Un soldat? Que foutait-il là ?

Elle prit une grande inspiration avant de prendre une voix basse mais assez impressionnante pour faire comprendre son mécontentement. Elle réussit à complètement déstabiliser son vis-à-vis devant le poids de ses paroles, mais il lui était toujours impossible de l'apercevoir.

Quand soudain... *bump*. A force de courir dans tous les sens, l’homme heurta un mur, ou peut-être était-ce l'inverse.

Elle se posta en face de lui, tapant du pied comme pour réclamer une explication.


- Aïe, dit-il en se frottant la tête. Salut, héhéhéhé... hum.
- Alors ?
- Désolé... Je voulais m’assurer que tout allait bien de ce côté, je suis de garde cette nuit et euhhh...

Elle s'inclina devant la logique de ses propos. Il se redressa. Elle avait en face d’elle les restes de ce qui fut certainement un beau jeune homme auparavant.

- Je suis de la garnison de Limoges. Enchanté Dame.

Elle ne prit pas la peine de se présenter, apparemment le soldat l’avait reconnue. En colère que ses ordres ne soit pas respectée elle lâcha un :

- La ferme.

Le chaleureux dialogue s’arrêta là, il comprit vite son erreur et s’excusa pour repartir aussi vite qu’il était arrivé, dans l’autre sens, jambes à son cou, une fuite qui arracha un sourire ironique à la rouquine. La belle marmonnait seule maintenant, du fait qu’on ne pouvait jamais faire confiance à quiconque dans ce genre de situation. Bon sang était-ce si dur de surveiller l’avant du château, fallait-il en plus leur expliquer où se trouvait le devant de l’arrière. C’était ainsi remontée qu’elle reprit son chemin pour se rendre vers les cuisines, son but a l’origine!

Main dextre sur la garde de son épée, elle venait de faire une drôle de rencontre, ce n’était pas le moment de se laisser aller, on était jamais trop prudent en de telles situations. Nouveau bruit, un sursaut, ses yeux hagards cherchaient péniblement autour d’elle d’où ça pouvait bien provenir. La lune éclairait les jardins mais pas suffisamment pour lui permettre de voir quoi que ce soit. Un bruit, mais si faible qu’elle pensa qu’il venait de pus loin. Elle scruta l’horizon, tournant sur elle-même ne sachant pas trop où regarder. Un oiseau nocturne se dit-elle?! Ewa leva la tête vers le ciel faiblement étoilé. Tournant le dos au mur de la bâtisse, elle ne voyait pas pour le moment ce qui gigotait dans le vide.

Nouveau bruit. Elle prit du recul, s’éloigna des murs. A force elle allait bien finir par trouver. Bruit bizarre elle devait l’admettre, plus comme un frottement léger, une glissade maitrisée. Son sang ne faisait qu’un tour et prestement elle se retourna faisant face au château enfin.

La stupeur, une ombre, non elle n’en revenait, ça ne ressemblait à rien, un voleur avec un sac sur le dos? Qui aurait eu le culot en cette nuit déjà si trouble d’oser franchir le pas de venir faire sournoisement ses méfaits icelieu? Et les gardes bordel, mais que faisaient-ils?

La jeune femme prit a nouveau du recul, observant sa proie à l’affût du moindre de ses mouvements, son épée sortant au fur et à mesure de la descente du mécréant, de son fourreau. Ah il voulait jouer et bien il n’allait pas le regretter. Elle se plaça afin de ne lui laisser aucune possibilité de fuite, de toute façon chargé comme il l’était, soit il lâchait son butin, soit elle l’embrocherait avec plaisir avant qu’il ne puisse s’échapper. Mais ce diable prenait son temps, agile, provocateur dans ses mouvements, prenant trop soin, à son goût, du fardeau qu’il portait.

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