Afficher le menu
Information and comments (0)
<<   <   1, 2, 3, 4, ..., 10, 11, 12   >   >>

[RP] La Résolution

--Haine_ecarlate



Le Castel, sa cuisine, son ombre...



Assez de temps s'était écoulé, il fallait agir rapidement.Le grand homme sortit de l'ombre après un bref coup d'oeil à gauche et à droite et poussa la porte des cuisines le plus silencieusement possible.
Un léger bruit de gonds se fît entendre mais rien d'alarmant...

Personne à une heure aussi tardive, pas un seul laquais pour laver le sol non plus. Le regard de l'homme se posa sur les braises sous une grande marmite encore rougeoyantes ; Il esquissa un sourire, voilà ce qu'il fallait.
Il s'approcha de l'âtre avec envie et resta ainsi à apprécier la douce chaleur du brasier.

Le feu... Dur ennemi à combattre mais fier allié quand on sait l'utiliser. Il disposa quelques fines bûches de chêne pour que les flammes débutent leur danse dans l'âtre puis se saisit - après quelques bonnes minutes de recherche - d'un tonnelet de gnôle qu'il se dêpecha d'ouvrir avant de balancer tout son contenu sur plusieurs endroits stratégiques : les sacs, les herbes, d'autres tonneaux...

Derrière lui le brasier avait pris de l'ampleur, quelques flammes oscillaient, l'hypnotisaient. Il fallait que ça marche, autant faire une belle diversion...
L'homme se saisit d'une botte d'herbes sèches et la tendit vers l'âtre flamboyant, il ne fallut que deux secondes pour qu'elle s'enflamma.
Ainsi "armé", il sépara la botte en plusieurs parties qu'il jeta à chaque point nappé d'alcool...

La cuisine s'enflamma, doucement mais sûrement, l'assassin lui reculait pour éviter de se faire prendre au piège du brasier. Le spectacle était presque jouissif, le doux prix de la vengeance, impalpable mais si puissant...

Mais il ne fallait pas rester, la Camarde pourrait l'attendre ou pire se faire attraper, et ça l'assassin ne pouvait se le permettre.


Adieu... Limousin.

Ces mots s'échappérent de sa bouche contre son gré, un signe du destin peut être, qui sait vraiment... Il ne pouvait qu'en devenir le maître du moment que peu d'éléments pertubateurs ne venaient contrecarrer son histoire. Sa vengeance. Son poison. Son malheur.

***********************************************************************

Le Castel, sa cour extérieure, sa surprise...



Lorsqu'un esclave passait devant lui durant sa marche dans les couloirs, la capuche était abaissée, ne craignant rien. Mais c'était tout le contraire une fois dehors, en cour extérieure du Castel, prudence est mère de sûreté... Le pas était un peu plus rapide mais discret, peut être était-il en retard ou trop tard.
Pas un chat, ni un bruit suspect, ni patrouilles... Juste la lune pour compagnie et son meilleur ami en fourreau.

Quelques souvenirs l'assénèrent, tous plus ravageurs les uns des autres, ouvrant un peu plus le trou béant qu'il comblait de rage fâce à sa perte... ne plus penser à cela non, il se devait d'être conscient et imperturbable.

Un coin, quelques mètres et il y était presque... Un coup d'oeil ne ferait pas de mal à l'assassin, sait-on jamais les coups narquois de la vie.
Stupeur devant le spectacle, deux ombres, une entamant sa descente, paquet au bras - sûrement son "associé" - et une autre s'approchant de lui. Non elle reculait vers lui...

Il ne distinguait pas ses formes assez convenablement mais c'était un danger, un élément pertubateur, une contrainte, un ennemi. Le tuer içi n'était pas la bonne idée, le temps pressait... Et la discrétion importait.
Que faire ?... Vite l'ombre semblait prête à sauter sur la Camarde.
Son souffle s'accélera mais il le contint, il ne manquait plus qu'un combat en face à face débuterait et le pire serait à imaginer.
Et le brasier... Le plan... Elle... NON !


*paf*

Le coup fût rapide, fort et précis. L'ombre s'agenouilla devant lui avant de s'effondrer. Il ne l'avait pas tué, simplement neutralisé. La nuque, quel endroit fragile...
Vu le souffle lors du coup et la silhouette maintenant plus visible l'ennemi était une femme, fort fine.
L'assassin s'agenouilla près de l'inconnue et porta le corps à un endroit un peu plus éclairée, sans éveiller de soupçons cependant.
La Camarde n'était plus très loin du sol, autant voir qui est ce et désarmer la dame.

La surprise était de taille... Içi ?! Maintenant ?! Qu'est-ce-que...


Ewaele...

La Secrétaire d'Etat, l'ex-Capitaine, la Juge, celle qu'il avait suivi durant... le voilà bien, serait-elle un bon appât, une garantie ? Oui sans doute, pour l'avenir du plan...

Il passa sa main dessus le nez de la rouquine, elle respirait... Bon. D'abord s'assurer que celle-ci ne devienne pas un problème majeur.
Les mains gantées de l'assassin se saisissèrent du fourreau et de l'épée puis des cuissardes de la rousse. Pieds nus elle n'irait pas loin tout comme sans protection. Ce fût un bon réflexe, sans être violeur, il fît la douce découverte d'une dague à la cuisse droite. Ses mains palpèrent sans joie apparente le reste du corps, la Femme a tant de bonnes cachettes qu'il ne se devait aucune erreur. Rien d'autre.

Il s'en doutait, une vraie forte femme, un peu comme lui sur certains points. Mais il n'était pas intéressé par le désir charnel, non il y avait son poison qui lui interdisait...
Les affaires furent rassemblés et l'assassin rejoignît la Camarde, Ewaele dans ses bras, simplement pieds nus, le reste des vêtements à peine touchés.
Le ton restait froid mais empli d'une pointe de colère quand l'homme engagea la conversation

Il ne reste plus beaucoup de temps...

Le regard du squelettique se perdit sur le beau corps de la rousse

Elle a failli vous surpendre et mettre nos vies aux mains de l'Enfer, sortons d'içi, le f...

Les cloches retentirent et le coupèrent net, on avait découvert les flammes en cuisine... Plus le temps de palabrer, il fallait fuir.

Depêchons... Les chevaux attendent dehors près du Castel, nous ferons avec deux "paquets". Votre pécule vient d'augmenter la Camarde, souriez...

L'ironie du sort... Quelle folie l'avait emporté...
--Camarde
Furtivement, le regard de la Camarde avait croisé celui de la responsable de la sécurité et ses idées s'étaient mise à tourner à toute allure : avec ce paquet, il ne tiendrait pas face à un soldat entraîné et il était incapable de fuir...Peste ! Son visage était il à ce point laid que le destin se refusait sans cesse à lui sourire ?

L'ombre qui se glissait derrière la damnée femelle lui assura du contraire...Il fallait maintenir l'attention de la guerrière suffisamment longtemps pour que..
Le coup fût net et précis et la jeune femme s'effondra au sol, avant même d'avoir pu ouvrir la bouche.
L'assassin eût tôt fait de dégainer sa dague pour finir le travail commencé par son commanditaire, mais il grimaça lorsqu'il vit celui-ci pratiquer la fouille réglementaire : il désirait l'emporter également...La peste soit de ces plans changeant, la femme les alourdirait et représentait plus de risque encore.
Il ne répliqua pas à la remarque de l'homme et se contenta de grogner pour marquer son mécontentement, de toutes les manières, le tocsin qui annonçait le début d'incendie ne leur laissait pas le temps de tergiverser : il fallait fuir...

Peu lui importait l'augmentation de la solde promise, deux personnes étaient autrement plus difficiles à garder qu'une seule, en cas de danger, et quoi qu'en dise son commanditaire, il n'hésiterait pas à faire le nécessaire pour s'assurer qu'aucune d'entre elles ne puissent lui nuire outre mesure...
Enfourchant les chevaux et déposant les ballots sur la croupe des animaux, les deux cavaliers quittèrent les lieux sans plus tarder...
Ewaele
[Extérieur du Château... Cour arrière]

Le vent avait tourné au dernier moment, révélant ainsi à Ewa la présence d’un homme à quelques lieues. Trop loin, bien trop loin. Prompte à détaler, la détente de la jeune femme ne fut pas assez puissante pour combler la distance entre elle et l’individu.

L’instinct, un mot. Un simple mot qui différencie cependant la mort de la vie. L’homme avait bondi. Trop tôt. Elle avait fait le choix de ne pas bouger, après trois ou quatre heures de veille la fatigue avait commencé à engourdir son corps, et à atténuer ses réflexes, et ses sens.

L’impatience de la jeune femme entre le brigand descendant le mur du château et l’odeur palpable de l’individu derrière elle risquait de lui faire commettre une erreur si elle faisait quoi que ce soit. Un léger bruit. Suffisant pour que ses crocs mordent le vide. L’homme s’était lancé. Elle roula par terre, les feuilles mortes se collant par l’humidité à sa peau meurtrie. Elle n’avait pas eu le temps de croiser le regard de son agresseur.

Un instant. Son premier réflexe fut de saisir le trèfle pendant à son cou pour réciter une brève prière. Elle se sentit lâcher la garde de son épée, elle retomba lentement, si lentement dans son fourreau alors qu’elle perdait tout contrôle de son corps, de ses pensées… Un flou, que lui arrivait-il ? Pourquoi une douleur prenait le pas dans sa nuque et venait empiéter dans sa tête comme par résonnance ?

Puis plus rien, le noir, le vide, Ewa était-elle encore de ce monde ?

_________________
--Camarde
Une demi-heure de course effrénée leur avait permis d'atteindre le premier point de contrôle prévu sur le trajet...
La camarde détacha prestement les selles et libéra les anciens chevaux pour rejoindre les montures fraîches qu'il avait attaché dans l'après midi : Adonis s'était chargé de monter une garde assidue et avait du quitter le terrain une heure plus tôt.

Les chevaux partirent dans une direction opposée tandis que les nouvelles montures, en pleine forme, accueillirent avec un piaffement les deux ballots qui n'allaient sans doute pas tarder à se réveiller.
La main glissa contre la partie supérieure du sac pour vérifier que les cibles respiraient encore puis raffermit les liens avec brutalité.

La prochaine destination longeait le petit cours d'eau : en faisant passer les chevaux par l'eau, ils éviteraient ainsi de laisser des traces trop visibles jusqu'à la tanière...
Finitou
[COULOIRS DU CHATEAU]

La prévôte perdue dans ses pensées qui ne voyaient que le corps de Stannis étendu et ensanglanté.
Elle remplissait un petit coffre en bois de quelques affaires puisque d'ici peu, elle allait devoir laisser son bureau à un autre prévôt.
Des flash back lui firent fermer les yeux quand soudain un bruit de tonnerre lui fit relever la tête.

Elle fronça les sourcils. Mais qu'est ce.....Le tocsin.
Il raisonna dans tout le château pour avertir d'une catastrophe, faisant entendre aussi, à des lieues à la ronde son tintement argentin.

Elle se rua sur la porte de son bureau et l'ouvrit.
Des bruits dans les couloirs et des cris.
Une odeur lui vint aux narines. Une odeur de brûlé.
Un attroupement de gardes passèrent devant elle et elle en attrapa un au vol.


Qu'est ce qu'il y a ?

Le feu...le feu partout aux cuisines....le feu va se répandre....

Incrédule, elle songea qu'à cette heure bien avancée de la nuit, un feu qui se déclarait subitement était illogique mais pas improbable toutefois.
La paranoïa la guettait avec tous ces évènements sombres de la journée.
Elle le lâcha en déserrant l'étreinte de son poing sur la tunique du garde.


Allez vite prévenir le Capitaine Breccan. VITEEEE bougez vous....

Elle le poussa le plus loin qu'elle put pour le faire dégager.
Breccan allait pouvoir prendre les rênes en envoyant ses hommes maitriser le feu et cadrer l'affaire.
Il fallait qu'elle réfléchisse au plus vite.
Le comte........avertir le Comte qui devait être dans ses appartements.

En passant à proximité des escaliers proche des cuisines, l'odeur devenait de plus en plus forte et de la fumée progressait dans les couloirs, quelques flammèches virevoltaient et réchauffaient l'atmosphère.

Elle courut dans les couloirs en toussant. Elle remonta le col de sa chemise sur son nez et monta les escaliers quatre à quatre, ceux qui menaient aux appartements du Comte. Plus elle montaient et moins l'odeur de brûlé se diffusait.

les gardes qui surveillaient la porte Comtale la reconnurent et s'écartèrent car du bout du couloir elle criait déjà.


LE FEUUUUUUUUuu!!!!!

La porte fut donc facile d'accès et sans même frapper, elle se jeta sur le loquet et sans même constater qu'il était déjà presque couché.

TROKINAAaaaas.........
_________________
Breccan
[Castel Comtal - Bureau du Capitaine]

Encore une paisible journée qui prenait fin en Limousin...enfin paisible plus pour très longtemps.
Depuis son bureau le capitaine Breccan compulsait cartes et autres relevés comportant des informations essentielles aussi diverses que variées.
Un travail de longue haleine vu que les infos en tout genre fusaient du lever au coucher du soleil.
Etre la tête de l'armée du comté n'est pas une mince affaire mais le Brec attendait cette place depuis un sacré moment.
Tout était calme dans la partie du castel où son fondement se trouvait , peut être un peu trop d'ailleurs.
Soudain la tension devint palpable, sans vraiment l'expliquer le capitaine perçut un petit je ne sais quoi pas franchement plaisant.

Des bruits commencèrent à se faire entendre ici est là, des pas pressés,des portes s'ouvrant et se fermant à des espaces de moins en moins espacés.
Tout à coup le néant,les ténèbres se déversèrent dans le bureau du capitaine Brec...
La bougie qui petit à petit perdait de sa luminosité rendit l'âme, le plongeant ainsi dans une ambiance clair obscur puisqu'une infime partie de son bureau baignait dans le clair de lune.
Il ne fallu guère longtemps pour que la seconde bougie ,prévu justement pour palier à ce genre d'accident,brille de mille feux.
Par mille feux,il ne faisait pas si bien dire car comme pressenti il y a peu de temps,quelque chose se passa.

Le tocsin retentit.
Breccan se lève d'un bond puis s'élance dans les couloirs du castel afin d'en apprendre un peu plus.
Cette cloche lugubre ne laissait rien présager de bon tout comme l'odeur qui chatouillait à présent le bec de notre Poulet.
"Foutrepoil,qu'est ce que c'est encore que ce bordel" grogna Breccan.
Le capitaine se dirigea prestement à l'entrée du castel histoire de récolter d'éventuelles informations sur le pourquoi du boxon et également pouvoir s'organiser comme il faut pour éviter le maximum de casse.


[Entrée du Castel]


L'agitation avait atteint un niveau supérieur depuis quelques minutes mais étrangement pas assez comparé à la situation.
Le castel comprenait son lot de personne et seul une poignée semblait être présente.

Breccan avait maintenant toutes les cartes en mains,le feu était très nettement repérable vu de l'exterieur, la fumée ainsi que les flammes léchaient le mur du castel se trouvant au niveau de la cuisine.
Surement une flambée de sanglier qui a mal tournée qu'il se dit, pas de quoi s'affoler plus que ça.

Pauvre Brec...il était bien loin de se doutait de l'ampleur de la chose.
Peu de temps après sa sortie du Castel, une nouvelle lui parvint aux esgourdes,la mort du chevalier et fraichement anobli Stannis.
Ici même dans le château durant la cérémonie d'anoblissement.
Un trait d'arbalète empoisonné apparemment vu la fulgurance de la mort.
Le capitaine le connaissait plus de nom qu'autre chose vu qu'il ne l'avait seulement côtoyer peu de temps lorsqu'il siégeait au conseil et au sein de la liste U.L.M

Toujours est il que c'est une grande perte que le Limousin vient de subir.
Breccan eut aussi une pensée pour Enguerrand car il savait que Stannis était l'un des chevaliers de l'ordre de la Licorne.
La perte d'un frère dans de pareille condition est quelque chose d'atroce et encore le mot est faible.

Maintenant entouré de ses soldats, eux aussi alertés par le boucan régnant dans la capitale Limousine,Brec organisa 3 groupes ayant un but bien distinct.

Le premier se chargera de l'extinction du feu, le second de l'évacuation du castel, il est hors de question qu'on apprenne si la situation s'aggrave bien entendu qu'une autre personne est morte d'asphyxie ou de carbonisation avancée et mortellement mortel.
Le 3éme groupe quant à lui se chargera d'effectuer une ronde de surveillance dans le périmètre proche du Castel.

Comme ça si ce foyer s'est déclenché par le truchement d'une tiers personne qui éventuellement serait l'assassin de Stannis ou le complice et bien avec de la chance ils auront au moins la maigre consolation de coincer cette ou ces raclures.
Breccan sentait que le meurtre odieux de la cérémonie d'anoblissement et le feu déclenché dans les cuisines étaient liés et qu'en aucun cas cela relevait de la pure coincidence.
C'était beaucoup trop gros...tellement qu'on avait rien vu venir.

En peu de temps les groupes furent formés et les soldats de la prestigieuse C.O.L.M sous le commandement du capitaine Breccan partirent chacun de leur côté afin de mener leur quête.

_________________
Trokinas
[Chambre de Trokinas]

Le Comte pour encore quelques heures étaient allongés dans son lit. Il regardait le plafond. Sa fin de mandat avait des plus agitée. Il s'était allongé voici quelques heures mais n'avait pas réussi à fermer l'oeil. Il était aux aguets, et ses méninges tournaient sur eux mêmes pour essayer de trouver ce qui avait cloché. Mais il ne trouva rien. Il restait accroché à ses certitudes.

Il ne se rendit pas compte qu'il regardait le plafond sans le voir, et cela dans un mélange de réflexions plus ou moins cohérentes. Sa porte s'ouvrit en grand, et cela le fit sursauter. Il avait sombré dans une espèce de léthargie mais les evenements récents empéchaient son repos. A l'entrée de Finitou, ses muscles se tendirent tels des ressorts, il envoya son drap dans le sens de la porte en vue d'une diversion pour gagner du temps, puis se laissa tomber sur le sol, en posant la main sur la garde de son épée. Puis il se releva, prêt à pourfendre son agresseur. Un homme sent lorsqu'un autre lui en veut, de façon purement animal et instinctif. Et c'était cet animal qui venait de se réveiller dans l'esprit du Baron. Et cet animal tapi lui disait qu'un prédateur le cherchait. Etait il en face de lui?

Il se détendit, mais ne frappa pas à l'aveugle. Il regarda les bottes de la personne qui venait d'entrer, le reste étant recouvert par son drap, et reconnu en un éclair les jambes de son prévot. Le Comte tendit alors le bras et enleva la couverture de la tête de Finitou.

Les cheveux en bataille, l'épée tendu vers le plafond, les traits tirés par la fatigue, le Comte posa une question de la force de son regard sans avoir besoin de formuler la moindre parole. Finitou, qui travaillait avec Trokinas depuis 4 mois comprit. Il existait entre les deux êtres une osmose et une compréhension proche de celle des compagnons d'armes sauf qu'en guise de bataille, c'est de mandat comtal qu'il sagissait. Le Prévot expliqua alors rapidement de quoi il retournait.

Seuls quelques mots furent nécessaires, l'exactitude des termes employés, le professionnalisme de Finitou permirent un résumé exhaustif et efficace. Le Comte ne prononçant toujours aucune parole et allait sortir lorsque le Prévot, sensible à la sécurité du Comte, posa sa main sur son biceps gauche pour l'arréter dans son élan. Puis regardant des pieds :


Vous ne voulez pas vous habiller d'abord?

Phrase tellement incongrue vue la gravité de la situation mais qui ne souffrait aucun appel.
_________________
Finitou
[CHAMBRE COMTALE ET RETOUR AUX CUISINES]

Encore haletante, elle pénétra dans la pièce pour soudain se recevoir assaillie sous un monceau de couvertures.
Elle n'avait effectivement pas réalisée qu'après la journée horrible qu'ils venaient tous de subir et surtout le Comte, il la prendrait comme un agresseur.

Le Comte aussi leste qu'un félin et malgré sa fatigue avait fondu sur elle. Elle resta si surprise qu'elle fut comme pétrifiée. heureusement la scène ne dura pas, car Le Comte s'était aperçue de sa méprise surement en voyant le bas de sa personne.
Quand il lui retira les couvertures, Corenthine avait les cheveux en bataille dont quelques mèches lui barraient le visage plein de suie.


OUI.....C'est moi!!!!!

Sans en dire d'avantage, elle commença à lui décrit la situation brièvement mais précisément. Ils n'avaient pas besoin de se parler pendant des lustres pour se comprendre.
Depuis le temps, à la moindre inflexion de voix ou sur un regard, ils connaissaient l'état d'esprit de l'autre.
Ils avaient été attentif l'un à l'autre, surement à cause du poids de ce mandat, pour pouvoir se soutenir mutuellement.

Il avait lu dans ses yeux la gravité du sinistre. Quand dans sa fougue, il partit prestement vers la porte...c'est à ce moment là que la scène fit sourire la prévôte malgré la situation. Elle s'aperçut à ce moment là, ce qu'elle n'avait alors pas encore vu. Le Comte était comme qui dirait un peu dénudé et s'apprêtait à sortir.
Elle posa sa main sur son biceps et dans un demi sourire, lui signala son état.

Ce qu'elle n'avait alors pas fait avant semblait une évidence et elle se retourna dans un pudeur toute normale, les joues un peu empourprées.

Lui montrant son dos, elle était dans l'intimité de sa chambre et aucune personne avec eux. Elle se montra donc plus naturelle, faisant fi des manières et des ronds de jambes. Elle était son soldat, sa prévôte, la Dame passait bien après.


Trokinas....le garde va sans doute aller voir Breccan je pense qu'il a du prendre les devant.
Redescendons aux cuisines. Je te jure qu'un feu à cette heure-ci suite aux évènements de la journée, je ne crois que moyennement à un accident.

Même si je reste à proximité de toi et tu sais que mon bras et mon épée sont tiennes, on prend des gardes avec nous, je préfère autant avoir un maximum de sécurité autour de toi.


Corenthine, en bon petit soldat, avait son épée à sa ceinture mais aussi une petite dague toujours dissimulée sur elle.
Le Comte était prêt et elle se retourna sur lui. Ses yeux scrutèrent un bref instant les prunelles comtales comme pour lui dire "oui encore une tuile mais on va y arriver" puis elle ouvrit la porte qui donnait dans le couloir et les gardes. Le regard sérieux, le lieutenant de la Colm avait souvent le dessus sur la Dame mais surtout en pareil circonstance et son franc parler ressortait.


Vous deux, suivez le Comte, vous lui collez au derch' comme un amoureux sur une pucelle.

Elle se retourna pour voir si tout le monde étaient là.
Puis elle se mit à courir vers les escaliers pour redescendre aux cuisines, le comte courait aussi à coté d'elle.
La fumée commençait à arriver jusqu'aux étages et à leur piquer les yeux. Il fallait redescendre vers les enfers.
Une main sur le pommeau de son épée, elle remonta le col de sa chemise sur son nez comme à l'aller.
Ils arrivèrent enfin à proximité des cuisines où des personnes commençaient le va et vient avec des seau pour maitriser le feu.
Une file de personne à la queue leu leu, des cuisines aux puits....

_________________
Mirdan
[ROCHECHOUART - MAIRIE]

Une journée de plus passée pensait Mirdan en verrouillant l'entrepôt de la mairie. Demain, la journée sera encore plus longue et l'entrepôt toujours aussi vide.

L'aube verra le marché débordant de marchandises à exporter et des étals brillant par l'absence d'autres. Lors de mes déplacements parmi les étalages à compter pains et fruits, à noter les prix intéressants et froncer le sourcil pour les abus, tous remarqueront l'absence de ma charrette.

Le matin, charpentiers, boulangers et forgerons pousseront de grands cris sur leur infortune et leur oisiveté. "Demain si dieu le veut", je répondrai, "si Dieu le veut". Viendront ensuite les cultivateurs et les cueilleurs devant leurs amoncellements de marchandises cherchant du regard vainement ma cassette à écus. Là, pleurs, rabais extrêmes sur les prix, vains espoirs de passages ultérieurs, je ne répondrais que "Demain si dieu le veut, si Dieu le veut". Et enfin, je passerai devant les tisserands aux visages fermés. L'argent ne circulera pas aujourd'hui. Point d'affaires en vue.

Demain soir, peut-être Dame Alienaure, notre bourgmestre reviendra avec le chariot et son commis de la foire comtale. A la nuit, nous déchargerons, la charrette sera préparée et la cassette sera de nouveau rempli d'écus trébuchants.

Une journée difficile pour l'intendant du marché, demain.

_________________
--Camarde
Lisière du bois de la Bastide

Cela faisait bien une heure que les cavaliers avaient parcouru le cours d'eau et l'humidité avait profondément pénétré les étoffes qui recouvrait les demoiselles....
Les chevaux, transis de froid, commençaient à montrer leurs impatience avant que leurs maîtres ne se décident à leur faire regagner la terre ferme..


- C'est par ici...indiqua la silhouette squelettique, la voix étouffée par le foulard qu'elle portait devant la bouche...
En quelques pas, ils parvinrent à la petite pinède noire, et les deux prisonnières purent entendre les cliquetis des étriers que l'on quitte puis les crissements des aiguilles séchées que l'on piétine.

La lune blâfarde éclairait d'un halo laiteux les restes de la vieille chapelle de Saint Fiacre. Le toit en partie effondré et les vitraux brisés laissaient à supposer qu'aucune prière n'y avait été dites depuis bien longtemps.

Un coup de pied placé dans la porte vermoulu permit aux deux hommes de rentrer dans la pièce, faisait fuir par la même occasion un renard qui avait tenté de s'abriter du vent derrière l'autel.
Terminant de briser les restes d'un banc, la Camarde entreprit d'allumer un feu avec le bois sec puis une fois que les flammes crépitantes éclairant les murs lépreux eurent démarré, entreprit de pousser le lourd autel de pierre, arc bouté sur ses rebords...

Le marbre émit un bruit sinistre et la Camarde souleva la grille qui se trouvait en dessous. Une torche dans la main, il descendit les escaliers couvert de toile d'araignée et fît circuler sa faible lumière en direction des murs couverts d'ex voto ébréchés


- On va les coller là...On les entendra pas gueuler de dehors et elles tiendront compagnie aux morts

Comme amusé par sa farce sinistre, il éclata d'un rire mauvais et fit descendre les ballots pour les poser sur le sol humide de la crypte.
Il découpa l'étoffe pour laisser apparaître le visage des jeunes femmes puis remonta dans la chapelle.
Trokinas
[Cuisine Comtale]

Deux heures. Cela faisait deux heures que les gens du chateau se battait contre la bête. D'abord réduite à quelques flammèches dans un atre, la bête avait eu faim et s'était emparée de tout ce qui était à sa portée : sacs de mais, viandes, nourritures diverses. Mais plus la bête mangait, plus elle enflait, plus elle avait faim. Bientôt elle occupait toute la cuisine. Et elle avait encore faim. Elle se fit donc de la place en brisant les fenètres. Cela lui permit d'avoir de l'air pour respirer, condition nécessaire à sa survie. Mais cela ne calma pas sa faim dévorante, et elle avait déjà ingurgité tout ce qui passait à sa portée dans la cuisine : poêle, tapisserie murale, sacs de chanvre. Elle s'attaqua donc à la porte en bois. Celle ci, épaisse ne se laissa pas manger aussi facilement.

Heureusement, un être à deux pattes vint à son secours en ouvrant la porte, et la bête poussa un cri, émergeant dans le couloir avec la force d'une tornade enflammée, et se jetant sur le pauvre hère qui disparut carbonisé dans un hurlement strident.

La bête allait être victorieuse : avec ce nouvel espace dans le couloir, elle allait pouvoir tout dévorer. Mais les êtres à deux pattes réapparurent, et se jetèrent à l'assaut. La bête sentit de l'eau froide la frapper de plein fouet. Elle hurla intérieurement. Elle se débattit, elle voulut les happer, mais il arrivait toujours plus d'êtres à deux pattes et toujours plus d'eau.

Après deux heures de batailles intensives, la bête avait été terrassée, et il ne restait plus que des tas de cendres dans toute l'aile du chateau.

_________________
--Haine_ecarlate



Une cause incompréhensible, Ruines de la Chapelle de Saint Fiacre



Le galop avait été long et éreintant pour les destriers, on pouvait croire que les hénissements émis à la chapelle étaient de soulagement. Les animaux n'étaient pas les seuls, au plus profond de son être, la joie de l'homme bouillonait sur le fait que tout se passait comme prévu. Mais il restait aussi une plaie, bien trop profonde, le sentiment de trahir l'avait percuté de plein fouet.

Mais il n'en avait cure si cela lui permettrait d'assouvir sa vengeance ; qu'importe le prix, qu'importe la cause embrassée, qu'importe le lieu à brûler, qu'importe le patriotisme juré. IL devait payer pour le mal causé, pour l'avoir détruite, dégouté, obligée de quitter ces terres...

la Camarde avait bien déposé les deux dames dans une crypte style catacombe. Ils devraient être tranquilles jusqu'au petit matin, Alienaure baillonée et Ewaele sonnée, tout devrait se passer pour le mieux.
Le matin allait pointé dans quelques temps et l'assassin tendit un arc de bonne fracture à la Camarde.


L'aube ne saurait tarder, je vais écrire ce qu'il faut... Montez la garde, je vous sifflerais au cas où.

Hochement de tête du squelettique avant de prendre l'arme et de s'enfoncer un peu dans les bois environnants.
Le grand homme ne prît pas la peine de fermer la grille, il allait revenir pour la continuité du plan. Les affaires et armes des deux femmes furent déposés non loin de la sortie des geôles. Il était temps de verser le dernier sang, d'un bout de charbon grossier et d'un parchemin assez propre la main gantée de l'assassin inscrit son destin, les premières lueurs de l'aube se faisant sentir :




Baron,

Vous avez dès maintenant le pouvoir de sauver deux femmes, une que vous connaissez très bien et une autre qui j'en suis certain tient beaucoup à votre coeur.
Il est temps pour votre personne de se repentir. Vous avez jusqu'à ce soir, quand la lumière n'aura plus de droit, pour être à la Chapelle de Saint Fiacre, accompagné d'une seule personne de votre choix ! Je tiens à ce que vous respectez deux choses :
Une rançon de 1000 écus et aucun autre renfort quel qu'il soit ;
Si jamais vous tentez quoi que ce soit vous serez spectateur de votre plus grande défaite.
La vie est si fragile, que choisissez-vous la peur de la honte comtale ou bien le courage de sauver ?

X


"Ainsi soit-il" se dit l'homme tout en attachant le parchemin à la patte du volatile voyageur. Il sortit quelque peu des ruines et lachâ le pigeon...
Le ciel s'éclaircissait doucement, fainéant de combattre la lune. L'assassin resta ainsi une bonne minute à apprécier la quiétude des lieux, laissant tomber sa capuche pour que ses long cheveux prennent enfin l'air. Mais il se ravisa rapidement, l'instinct le rappelant... Quelque chose n'allait pas.
Ewaele
[Quelque part...]

Elle s’était réveillée, doucement, avec un affreux mal de tête, et une envie de vomir dûe aux secousses. Elle essayait de reprendre ses esprits, ses membres étaient libres puisqu'elle pouvait bouger les mains et les jambes, mais elle était enfermée dans une espèce de tissu.

Sortant des vapeurs de son mal être petit à petit, elle comprit qu’elle était sur un cheval, une douce chaleur la réchauffait, sans doute la bête qui galopait, mais il y avait autre chose, un corps, elle sentait la présence d’une autre personne contre elle.

Se souvenir… Le château, ce mur… Qu’avait-il de particulier ? Puis… Oui c’est ça, un coup sur la nuque! Elle comprenait mieux la douleur qui lui battait dans le crâne.

Attendre, patienter, un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. L’arrêt du canasson, on la portait, on la trainait, on la déplaçait. Des odeurs et des voix, deux voix, masculines. Cette voix, elle la connaissait mais d’où? Qui ? Trop dur de se pencher sur la question pour le moment, elle avait déjà du mal à tout remettre en place alors une voix ! Pourtant insidieusement elle était là, elle faisait écho, et elle ne pouvait s’empêcher de l’entendre encore et encore. Elle trouverait oh ça oui elle trouverait!

Plus un bruit, les pas et les voix s’éloignaient. Elle gigota, attrapa la toile qui la recouvrait de ses mains et essaya tant bien que mal de s’en dégager. Chaque geste était lent et précis, ne pas faire de bruit, ne pas attirer l’attention sur elle, on ne savait jamais. Aucune idée de l'endroit où elle se trouvait et ni, où se situaient les deux abrutis qui jouaient avec la vie des gens. Elle ne pouvait se permettre de faire un quelconque faux pas. Voilà c’était fait, elle avait réussi à dégager sa tête et à sortir les bras, doucement elle scruta le noir et le gouffre où elle se trouvait. Personne, non, personne, ah si ! Un autre sac pas loin d’elle. Mais, elle ferma les yeux un instant. Les souvenirs remontaient à la surface. L’homme qui descendait le mur du château de Limoges, ce n’était donc pas un cambrioleur, ou plutôt si mais d’un style particulier. Sortir de ce qui la retenait encore malgré elle et se diriger vers l’autre personne. Car sans aucun doute c’était un corps qui s’y trouvait.

Elle posa la main à sa taille, puis se rendit compte qu’elle était pieds nus. Plus d’arme, qu’à cela ne tienne, ses mains feraient ce qu’elles pouvaient. Faire apparaitre la tête de l’autre victime sans attendre et fuir, fuir le plus vite possible, reprendre leur liberté. Elle ouvrit précautionneusement et la stupeur. Aliénaure, une Malemort, mais pourquoi ? Pourquoi elle? Tout se mélangeait et devenait confus, la jeune femme était dans un état second, elle lui tapota les joues, l’appela en chuchotant son prénom.


Aliénaure, Aliénaure, répondez moi je vous en prie… Allez de grâce jeune fille, faites un mouvement… Réagissez !

Elle lui prit les épaules et essaya de la redresser, enfin la fille de Nébisa sembla prendre un peu sur elle-même. Son dos remonta le long de la paroi, Ewa l’aida à se dégager. Pas le temps ni l’envie de trop parler, ça viendrait plus tard, pour l’heure il fallait bouger, partir d’ici, chercher une issue, et fuir !

Elle lui posa une main sur la bouche avant de lui retirer son bâillon et lui fit signe de ne pas parler, de ne rien dire en posant son propre doigt sur sa bouche… Elle murmura.


C’est moi Ewaële, ne dites rien, et suivez moi, on va essayer de se sortir de là…

Pas un mot de plus, Ewa se leva et avança. Elle longea la pierre qui allait la guider pour quitter cet endroit… Des escaliers puis elle vit une grille, doucement, du bout des doigts, la fit glisser le plus silencieusement possible. Elle pointa juste le bout de son nez, scruta les alentours sans prendre le temps de regarder les détails ni dans quel lieu elle se trouvait. Ce qu’il fallait repérer, c'était les deux hommes. Rien à l’horizon. Elle sortit doucement hors de la crypte et resta proche du sol se faufilant.

A peine plus loin elle vit son épée et sa dague avec ses cuissardes et d’autres affaires. Récupérer ses armes, c’était le plus important pour l’instant, sans elles, elle n’était rien ou si peu de chose. Elle rampa sur la pierre froide et se saisit de ses lames, revint sur elle-même. Elle se redressa et tendit une main à Aliénaure pour l’emmener avec elle hors de leur prison. Mais des pas résonnèrent, quelqu’un approchait. Tirer plus fort la main de la jeune femme, le temps lui manquerait… Prestement la pousser pour l’éloigner et faire face à l’individu.


Fuyez Aliénaure, fuyez je vous couvre! Attrapez ça!

Elle lui lança sa dague, son corps se tournant pour voir enfin le visage de ce vil manant. Se sentant plus sûre d’elle, son arme à la main, elle allait affronter son destin. Mais le choc… Elle recula de deux pas en découvrant le visage de son agresseur.
_________________
Alienaure
Du brouillard... La nuit... Le froid... Une étrange sensation de flotter dans le vide... Avec une autre, comme si un poids s'était abattu sur son dos... Et un malaise, une nausée, qui la prenait à l'estomac...
Puis le néant...



[Ailleurs]

Le froid, toujours... La dureté... Une main qui la touchait, la tapait... Ou plutôt la tapotait... Ses liens qui se desserraient... Un sentiment de remerciement profond qui vint... Cette voix...
Liberté des membres retrouvée, la jeune Malemort se redressa contre le mur qui collait à son dos et fixa celle qui l'avait délivrée.
Ewaele... Ewaele? Mais que faisait-elle là? Que faisaient-elles là, toutes les deux?!

Ordre de silence. Si la jeune fille est souvent rebelle, elle n'en reconnait pas moins les moments où l'obéissance est de rigueur. Et cet instant en faisait largement partie.
Suivre les ordres de celle qui bientôt deviendrait sa cousine, se hâter à sa suite. Et sentir son cœur s'emballer vite lorsque le ton de la rousse devint soudain plus pressé, avec presque un brin de panique.
Juste saisir la dague lancée. Pas le temps de lui dire qu'elle en a déjà une, cachée là où aucun homme n'avait été la chercher. Juste fuir.
Partir droit devant elle, ne pas s'arrêter... Courir à en perdre haleine... Ne pas grimacer à la meurtrissure de ses pieds nus à chaque pas sur le sol, ni à la piqure du froid sur sa peau seulement vêtue d'une chemise humide...

_________________
Juleslevagabond
Plus de masque, Ruines de la Chapelle de Saint Fiacre


Bien sûr pourquoi ne pas y avoir pensé avant...
Ewaele, ex-Capitaine, fille d'un Maistre d'Armes, et il osait pensé en avoir terminé d'un coup bas dans la nuque. Ne jamais sous-estimer un adversaire...

Mais il n'était pas trop tard, il pouvait mettre un terme à la fuite. Il avait aperçu la direction que la Malemort avait prise... Il était temps de vérifier les capacités de course de la Camarde.
Sifflement tandis qu'il toisait la guerrière, bien qu'elle l'empêcherait de se lancer lui à la suite d'Alienaure, lui pouvait lui couper toute tentative d'attaquer son associé.

En a peine quelques secondes le squelettique fût de retour, comme s'il savait à l'avance qu'il y avait danger. Le rouquin ne le laissa pas s'exprimer :


La Malemort a fui vers l'ouest, rattrapez-la et empêchez-la de recommencer par n'importe quel moyen qu'il vous plaira... Je me charge d'elle...

Et la Camarde s'en fût aussi vite qu'il était arrivé. Un problème de moins à se soucier. Il allait donc pouvoir affronter celle qu'il avait tant suivi, celle qu'il a trahi, celle qui avait donné la sentence indirectement... La révolte, la COLM, la fierté, le Comté. Tout ça n'avait plus aucune valeur pour Jules. D'une main de fer, adroite et vicieuse, la justice limousine avait englouti ce qui valait n'importe quel combat ou mandat de maire.

Il ne croyais plus en ce Comté, il haïssait ceux qui l'avait détruit par leur croyance aux institutions et leur égocentrisme. Cause politique liée à sa folie ? Sûrement pas. C'était beaucoup plus noble pour l'homme devenu assassin.

Il tira son épée du fourreau, prêt à faire face à la furie d'Ewaele. Quel que soit la fin du combat il donnerait tout pour gagner. C'était impératif... La rousse devait être stoppée. Tant pis qu'elle soit plus agile que lui et qu'elle connaisse un plus grand nombre de techniques en combat direct. Lui aussi avait changé, s'était entrainé en vue d'un unique but... La force acquise, il lui manquait maintenant une étoffe de techniques aussi admirable que l'irlandaise.

Mais il avait bien quelques avantages ; la force de la nature promise à tout homme, une meilleure forme, une protection de cuir, les pieds chaussés et un esprit indomptable... Ou presque. Il n'y avait que peu de possibilités devant lui.

Ses mains enserrèrent un peu plus fermement la garde de l'épée et il se mit en position de défense, lisant le regard de la rousse. La surprise était facilement visible.
Il repensa rapidement à ce qu'il allait faire, combattre une innocente, trahir sa confiance, la tuer... Pourquoi... Pourquoi cela devait-il arriver ?

Une bouffée de rage, se laisser aller à la douce voix des tenèbres, pour elle... Prêt à tout... Plaie soit des conséquences !


Ewaele, votre courage est stupide, reposez votre lame, je n'aurais aucun scrupule à vous blessez si nous devions continuer.

Le ton était dur et froid, les yeux perçants, la volonté aussi sûre que l'acier trempé. Fou et Impitoyable... Il n'espérait pas grand abandon de la part d'une irlandaise.
_________________
See the RP information <<   <   1, 2, 3, 4, ..., 10, 11, 12   >   >>
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)