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Info:
Le domaine des Renard en Bourgogne

[RP] Beaumont - Renart mais pas goupil !

Della



Ainsi, voilà, j'étais là, à quelques pas de ce Castel familial que j'avais quitté encore si jeune et où je revenais, maintenant, cherchant à la fois paix et peut-être bonheur en cette terre bourguignonne, quelque part, à l'ouest de Tonnerre.
La bâtisse n'était pas très grande mais tout de même imposante, flanquée de ses tours défensives et de ses hauts murs protecteurs couronnés d'un clocheton.

J'avançai, encore un peu et me trouvai presque face à l'entrée. Petit pont jeté sur des douves habitées de centaines de carpes.
Souvenirs...lorsque enfants, nous jetions à ces poissons lourds et paresseux, les croûtes d'une miche que nous avions cachées sous nos robes.

Je m'engageai sur le pont, arrivai face à la lourde porte de bois trouée de son judas grillagé...Personne pour m'accueillir. Normal, personne ne savait !

D'autorité, je poussai la porte que je savais non verrouillée, par habitude.
Là, la cour m'apparut plus petite que lorsque je rentrais autrefois de folles courses à travers champs, prés et vignes, les cheveux défaits et le visage vermillon, me faisant réprimander par ma nourrice.
Un petit sourire...Besoin de faire le tour de cette demeure, d'un regard où allaient se mélanger passé et présent.

Sur la gauche, le pigeonnier, fierté de feu mon père. Combien de fois n'avions-nous pas grimper là-haut, mon frère, ma soeur et moi sur leurs traces, pour faire s'envoler dizaines de volatiles que nous trouvions stupides !
L'atelier, la grange et l'écurie complétaient l'aile gauche. Du bruit vint de la grange, preuve que quelques bêtes étaient encore élevées. Le castel était encore occupé...soulagement de ne pas trouver ce lieu complètement désert.
En face, la grande salle où trônait une splendide cheminée. C'est là que se déroulaient les fêtes et que mon père recevaient les visiteurs importants.
L'aile droite et la façade avant comportaient les différentes chambres et appartements ainsi que la cuisine et la réserve. Comment allais-je trouver ma chambre, dans quel état ? L'avait-on transformée, modifiée ? Je dus me retenir pour ne pas courir dans l'escalier à vis et aller vérifier si de ma fenêtre, je voyais toujours le vignoble à perte de vue !

Je soupirai, respirai l'air de cet endroit qui m'avait manqué plus que je ne le pensais et que je retrouvais le coeur battant et joues rouges, encore.

Et enfin, je fis tinter la cloche pour appeler et signaler ma présence.

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Della


Quelques jours plus tard.

Matin printanier, oiseaux chantant, douce chaleur du soleil qui se glisse par la fenêtre et légers murmures s'élevant des salles du bas. Je suis là, assise sur mon lit, adossée à deux énormes oreillers et je me demande quand je vais avoir l'audace d'écrire à mon frère pour lui annoncer que je suis à Beaumont.
Personne de l'intendance ne le fera, ça, j'en suis certaine ! Ils craignent bien trop l'autorité du chef de famille, ils s'attendent déjà à une remontrance lorsqu'il saura qu'ils m'ont laissé m'installer ici. Mais après tout, je suis chez moi aussi ! Cette demeure est aussi la mienne...je porte le même nom et j'ai beau être la petite récalcitrante, mon sang et celui de mes frère et soeur est le même, crénom ! Ah oui, ça, par contre, je dois corriger, si je veux rester...pas de juron ! Pour ce qui est des rites propres à ma religion, je les garde encore très discrets, mes prières à la Déesse se confondant aisément à celles que les aristochouette envoient à leur dieu.

Pourtant, cette lettre, il faudra bien que je l'écrive ! J'ai des tas de défauts mais je ne suis pas lâche !

Je sors de mon lit et vais chercher mon écritoire. Je me réinstalle, la petite table sur mes genoux, l'encrier ouvert et le vélin étendu. Chercher l'inspiration...Que dire, comment expliquer à mon aîné que je suis là alors que je me suis enfuie, il y a trois, d'un couvent où je végétais depuis la disparition de nos parents...Hum...rude !


    Très cher frère,

Hum, non...il n'ira pas plus loin...il va se dire que je suis devenue folle !


    Cher frère,

Pas mieux...Ciel, que c'est difficile !


    Mon frère,

    Cela fait un long moment, maintenant, que nous ne nous sommes pas écrit. Cela doit faire pas loin de trois ans, si je me souviens bien.
    J'espère que vous vous portez bien et que votre vie est bien remplie.
    Mais passons les bienséances, vous et moi n'étant pas adeptes des faux fuyants.
    Je tenais à vous avertir que je suis à Beaumont, au castel, où je me suis installée.
    L'on m'a dit que vous étiez parti depuis quelques mois pour vous installer dans le sud, à Lyon, paraît-il. Ainsi, votre colère aura le temps de s'apaiser avant d'arriver jusqu'à moi. Parce que j'imagine aisément que mon départ du couvent a du vous mettre quelque peu en colère, ainsi que ma disparition pendant tout ce temps.
    Mais me voici revenue chez nous, soyez rassuré, je vis encore.
    Beaumont est en très bon état. L'intendant que vous y avez laissé oeuvre pour un mieux et tout est mené de main de maître.
    Comme je suis sur place, je songeais à prendre en charge partie du domaine et des terres.
    En particulier les vignobles dont je pense m'occuper un peu plus particulièrement. Vous connaissez mon intérêt pour la vigne.

    Mon frère, je sais que vous devez m'en vouloir énormément. Peut-être, un jour, pourrons-nous nous embrasser fraternellement. Je le souhaite, croyez-moi. Mais pour le moment, je souhaite juste que vous ne me fassiez pas chasser de Beaumont, mon refuge.

    Que le Ciel vous garde, mon frère.

    Fraternellement,
    Della.

Voilà, d'un jet, sans trop d'hésitation, j'avais lancé sur le vélin quelques phrases qui masquaient, je l'espérais, ma crainte, mon angoisse et mon repentir.
Je secouai la tête en relisant mes mots. J'étais bien trop fière pour demander pardon et pourtant, c'est ce que j'aurais voulu faire. Mais comment pouvais-je ? Tout ce que je souhaitais, c'était de pouvoir rester ici, un peu cachée, en sécurité entre ces murs de mon enfance.
Il viendrait bien assez tôt, le temps où je serais confrontée à mes actes et où je devrais répondre de ce que j'avais commis...Un jour mais lointain, je l'espérais du fond du coeur.

Je relus encore, n'osai pas apposer le sceau que j'avais trouvé dans le bureau, celui des de Volvent. C'était trop tôt encore mais cela viendrait.

Je scellai le vélin, il serait porté à mon frère par messager.

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Della




J'adorais la grande salle ! C'est ici que toutes les réceptions avaient lieu.
J'aimais par dessus tout lorsque le feu dansait dans la cheminée, dessinant sur les parois claires des murs des ombres toutes plus impressionnantes les unes que les autres.

J'étais assise, là. A rien faire d'autre qu'à contempler une fois encore, des souvenirs.
Sur mur fond, les armes de ma famille, le Renart, prenait vraiment une signification.
Oui, revenir en Bourgogne me remettait tout doucement les idées en place. En tout cas, pour ce qui concernait la famille. Le reste...hum, y avait encore du chemin ! Mais ça viendrait, ou pas !

J'étais assise, là. Sur le sol, les jambes pliées et les genoux ramenés sous mon menton, serrés entre mes bras et je revoyais des scènes du passé.
Moi, la petite, comme ils m'appelaient, toujours à vouloir courir derrière les grands qui s'amusaient à me renvoyer près de ma nourrice...Comme il était étrange que la mémoire tende à effacer les mauvais souvenirs pour ne garder que ceux qui réchauffent le coeur. Cela me fit sourire...puis, je me mis à rire, doucement...C'est que j'imaginais la tête que pourrait bien faire mon frère si je débarquais à l'improviste, là où il vivait maintenant !
Après avoir craint sa colère, voilà maintenant que je désirais le revoir !
J'étais comme ça, moi...un peu girouette mais surtout impulsive !

Je me relevai, tournai sur moi-même, les bras écartés, en riant !
Oui, c'était décidé...je partais, le jour même !

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Della


Presque partie...

Les chevaux étaient prêts, les quelques bagages aussi, les provisions de même.
Tout cela avait été rapidement empaqueté !
Jullius ne comprenait pas tout encore mais il se réjouissait déjà du départ. Sacré bonhomme, lui ! Toujours partant pour de nouvelles aventures !

Je flattais l'encolure de mon cheval lorsque j'entendis qu'on m'appelait.
Le page arriva en tenant une missive à la main, m'expliquant qu'elle venait d'arriver presque à l'instant.
Je fis une moue contrariée et passant sous le col du cheval, je pris la lettre.
Oups, le cachet n'annonçait peut-être rien de bon...celui de mon frère.
Courageusement, après avoir pris une grande respiration, je fis sauter le sceau et lus les lignes droites et régulières.

Citation:
    Della,

    Quelle surprise de recevoir une lettre de vous. Sachez que l'étonnement laissa rapidement place à de la colère qui s'apaisa quelque peu ensuite. Je ne vais pas prendre la peine de vous écrire tout ce que je souhaite vous dire. Cela, vous l'entendrez en temps voulu, lorsque nous nous reverrons.

    Vous êtes ma soeur, et je me souviens d'un temps où je vous chérissais tendrement. Pour ce souvenir et l'amour fraternel qui nous unis, et que je n'espère pas éteint, je vous assure de ma bienveillance envers vous. Je vous accorde donc le droit de rester à Beaumont, et vous confie même l'autorité sur le château et les terres familiales. Nos serviteurs présents sur place vous seront donc à présent totalement soumis, mais je vous prie de ne point trop troubler l'organisation brillante et fructueuse mise en place par l'intendant Marc que j'ai laissé à mon départ.

    Sachez que je viendrai prochainement à Beaumont pour y revoir et régler nos affaires.

    En espérant goûter très vite le fruit de votre labeur,
    Que le Très-Haut vous garde,
    Fraternellement,

    Eldwin

Finalement, je retrouvais bien là, la bonté de mon frère. Je souris, penchai la tête sur le côté...Jullius m'appela : Della ? C'est grave ?
Grave ? Euh...non, du tout, c'est de mon frère...Par contre, il risque d'être surpris, encore, en nous voyant arriver !
Et cette fois, je ris, de soulagement, sans aucun doute.
Je ne voulais pas me l'avouer mais je tenais énormément à mon frère. Savoir qu'il n'était pas si fâché que ça me faisait un grand bien et mon envie de le voir au plus vite grandit encore.

Allez, cette fois, en selle, et en route !
De Beaumont, il nous faudrait plusieurs jours jusqu'à Eldwin...

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Ccsdb
Pour cause d'examens la réponse à Della est en suspens, et comme Della voyage, ljd Della m'a chargé de vous demander de patienter: le sujet continuera bientôt. Bon jeu à tous.

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Della


Beaumont, mon amour !


A peine sa monture était-elle entrée dans la cour que la blonde sauta à terre et se jeta à genoux, les bras levés au ciel, le nez en l'air !
Merci, oh, merci, Eldwin !
Elle riait et pleurait dans le même instant, son coeur battait à tout rompre ! Elle finit par pencher le buste et embrassa le sol, sans plus de façon.
Non seulement, elle était rentrée mais elle revenait avec des lettres de son frère, confirmant qu'elle prenait la maintenance de Beaumont sous son autorité !
Joie, fierté, un rien d'arrogance aussi, faut pas faire les choses à moitié, elle se sentait prête à relever tous les défis qui allaient se présenter.

L'intendant sortit de la grange, le regard étonné.
Della lui sourit. Il devait la prendre pour une folle mais elle l'était, folle ! Folle et ivre de bonheur, oui !

Enfin, elle se releva et vint saluer l'intendant et les quelques gens qui étaient sortis en l'entendant crier sa joie.

Je suis heureuse de vous annoncer que Beaumont va redevenir ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être : une grande maison, un grand vin, une renommée par delà les lieues !
Dès maintenant, chaque ouvrage qui sera fait ici, le sera dans la seule optique de faire donner à ces terres le meilleur d'elle-même.
Chacun de vous œuvrera avec cette idée-là et aucune autre !
Marc, notre intendant, guidera chacun dans son travail, de façon optimale.
Celui qui ne se sentirait pas de cette aventure peut recevoir ses gages et aller se faire engager ailleurs, dès maintenant !


Plus elle parlait et plus elle sentait couler dans ses veines, le sang des de Volvent, des Renarts, futés et rusés, qui toujours arrivent à leur fin.
Il y aurait du travail, ça, c'était évident.
Les vignobles avaient besoin de soin, d'être rajeunis, pour certains, d'être améliorés pour d'autres ou tout simplement arrachés, pour quelques uns.
En voyage, Della avait goûté des cépages différents, des arômes autres que ceux qu'ils avaient élevés jusque là. Elle était persuadée qu'ici aussi, on pouvait varier les saveurs, les enrichir, les individualiser pour obtenir non pas du vin mais UN vin.
Eldwin lui avait témoigner sa confiance mais l'épreuve à laquelle il la soumettait était ardue. Elle ne faiblirait pas, elle irait au bout de ce qu'elle avait à donner, pour les Renarts !

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Della
Petite remarque.
Mon désir est de faire coller le plus possible le RP à l'IG, pour mon perso.
Des vendanges en juin, c'est bizarre, c'est certain. Comme des vendanges tous les mois ! Mais autant en profiter pour en faire un RP qui est, bien entendu, ouvert à tout qui veut !




Journée chargée !

Ce matin, je me levai avec hâte, aux premières lueurs du soleil. J'étais fébrile, excitée comme une enfant devant un pot de confiture de mirabelles !
Il ne me fallut que quelques minutes pour me retrouver en bas, aux cuisines, chipant un morceau de pain que je m'empressai de mordre avec appétit !

Aujourd'hui était un jour extraordinaire, pour moi.
Aujourd'hui serait un jour que je garderai longtemps dans ma mémoire.
Aujourd'hui était le premier jour de la renommée de Beaumont !
Aujourd'hui avaient lieu les premières vendanges !

J'en serai, évidemment, de ces vendanges !
Mais avant ça, je devais exhorter les ouvriers à donner plus et plus encore de leurs forces pour qu'en fin de journée, les paniers remplis se soient succédés les uns aux autres, faisant déborder les réserves !

Dans la cour de Beaumont, des villageois venus des alentours, répondant aux offres d'emploi placées en mairie de Sémur, attendaient qu'on les amène dans le vignoble, à une demi-lieue à l'ouest.

Citation:
Della cherche un travailleur pour la vendange. Qualification requise: 10 points de force. Salaire : 16,00 écus.


Lorsque je sortis au-devant d'eux, il me sembla sentir sur ma nuque, le souffle de mon frère qui me murmurait : Tu peux le faire, Della, tu en es capable !
Aussitôt, je grimpai sur une charrette et de là, j'invitai MES ouvriers à tendre l'oreille.

Bonjour à vous ! Vous êtes venus aux vendanges de Beaumont, merci à vous ! Le raisin que vous allez récolter, aujourd'hui, sera dans peu de temps, le meilleur vin de la Bourgogne ! Alors...braves gens, fiers bourguignons, allez ! Et que le ciel nous protège !
Des cris, des acclamations me répondirent. On battait des mains, on lançait les chapeaux en l'air, on riait et on partait, en suivant Marc, l'intendant, vers ces fameuses vignes qui devaient rendre à ma famille, sa place dans la noblesse !

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Della


Les jours passaient, tranquilles mais bien remplis.
Les premières vendanges avaient été excellentes et le vin, fruit du labeur de tant d'hommes et de femmes, serait, sans aucun doute, d'une qualité exceptionnelle.

J'avais hâte de goûter à ce nectar.
Mais il me fallait être encore un peu patiente. Quelques jours, avait dit le maître de chai. Soit !

Entre-temps, j'avais reçu une invitation à me rendre au tribunal.
A la vue du courrier, j'avais eu comme un petit "boum" au coeur. Même si le temps passait, je n'oubliais pas que j'avais un "petit quelque chose" sur la conscience.
Après lecture, je fus apaisée. Je devais témoigner de mon agression par ce rustre de brigand assez lâche pour s'attaquer à une femme et un enfant !
Ah celui-là, si seulement on pouvait le pendre par les ...ahem, par les pieds et le laisser exposer ainsi à la vue de tous, aux portes de la capitale ! Ce serait un bien bel exemple de ce qui arrive aux malfrats qui osent s'attaquer aux pauvres voyageurs. Saletés de brigands ! Rien qu'une bien vilaine engeance que ces gens...Enfin, il faut de tout pour faire le monde.

C'est donc aujourd'hui que je devais me rendre au tribunal.
Troquant mes braies contre une robe, je poussai même l'élégance jusqu'à tresser soigneusement mes cheveux en une longue natte coulant dans mon dos.
Lorsque cela fut fait, je me regardai dans le grand miroir de ma mère.
Au final, je n'étais pas trop vilaine...plutôt même avenante...carrément élégante dans cette jolie robe...hé mais, pour un peu, je me trouverais jolie !

Bon, assez de chipoteries, le tribunal m'attendait !

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Della


Beaumont était en effervescence !
L e bruit avait couru comme une traînée de feu rongeant un champ d’été. Le vin tant espéré tenait ses promesses, il était grandiose.
Les gens de la mesnie étaient réjouis. C’était leur œuvre, à tous et ils avaient une belle raison de se réjouir.
Dans la cour intérieure de Beaumont, on avait dressé des tables autour desquelles, on prenait plaisir à partager pains, viandes, fruits et légumes.
Certains avaient apporté quelques instruments de musique et les enfants faisaient une farandole aux milieux des rires.

Pour ma part, j’étais aux anges !
Cette réussite, doublée de la rencontre avec sire Migisti, me transportait.

Il me fallait maintenant trouver des acheteurs. Et pas n’importe lesquels ! Pour tenir la promesse faite à mon frère, je me devais de faire connaître mon crû dans les meilleurs maisons de Bourgogne et au-delà.
Pour cela, je prévoyais un voyage à Dijon. Voyage qui serait également l’occasion de joindre l’agréable à l’utile.

J’avais déjà, bien entendu, une liste de personnes avec qui je voulais entrer en relation.


Alors que je quittai les réjouissances qui avaient lieu dans la cour du castel, saluant et félicitant mes gens, les assurant de ma reconnaissance, je montai à ma chambre. Là, assise à ma table d’écriture, je me mis à l’ouvrage, souriant aux paroles des chansons qu’entonnaient les gens de Beaumont, dans la cour.

Je pris un vélin neuf, ma plus belle plume et de l’encre de noix, de la meilleure qualité.
C’est que les destinataires de mes écrits valaient bien cela !



Citation:
Princesse Armoria,
Votre Altesse,

C’est remplie d’humilité mais aussi d’espoir que je vous écris, ce jour.
Je sais votre amour pour la Bourgogne et je sais votre fierté à la faire connaître.
C’est pourquoi, bien que sachant vos terres riches de délicieux cépage donnant des vins délicats, j’ai l’audace de venir vous proposer le vin de Beaumont, castel familial de la famille de Volvent, famille bourguignonne depuis toujours. Puissiez-vous me pardonner cette audace.
Mes vignobles ont donné des fruits succulents t le vin produit en mes caves est un véritable délice qui ravira les connaisseurs.
Le Castel de Beaumont entre en matière par des notes poivrées puis des parfums de fruits rouges. Puissant, aux saveurs de fruits cuits, sans perdre un palais gouleyant, son corps ample et robuste enveloppe la bouche, les tanins sont là juste ce qu’il faut et sa finale est délicate.

Votre Altesse, permettez que je vous offre ces douze bouteilles qui accompagnent cette lettre afin que vous puissiez vous-même découvrir et faire découvrir le fruit de Beaumont.
Sachez que vous m’emplirez de joie en acceptant et surtout, en prenant plaisir à cette dégustation qui, je le souhaite, ravira vos papilles.

Grand merci, votre Altesse, pour votre attention.
Moult plaisirs lors de votre découverte.
Que le Ciel vous garde.

Au plaisir de recevoir votre critique.
Votre dévouée,
Della de Volvent.


Je lus et relus au moins cent fois ma lettre.
Je tremblais en imaginant la Princesse prenant connaissance de mon courrier et j'imaginais toutes les possibilités depuis la plus réjouissante où la Princesse prendrait plaisir à la dégustation jusqu'à la pire où elle ferait vider les précieuses bouteilles dans le caniveau !

Enfin, je trouvai le courage de sceller la missive et la faire porter, ainsi que la caisse de douze bouteilles, jusqu'à la demeure de la Princesse.

J'avais encore bien d'autres lettres à écrire...

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Della


Tandis que je tournais en rond, en ce jour de repos dominical, pour une fois que les Aristotruc avaient eu une bonne idée !, je rédigeais dans ma tête, une autre lettre, encore bien plus osée, en un sens.
Si je mettais de grands espoirs dans la clientèle de la Princesse Armoria, mon ambition sans limite me laissais entrevoir une autre ouverture, une tentative que l'on aurait pu qualifier de suicidaire...Mais sachant que j'étais bien loin de vouloir rencontrer la camarde, il n'y avait aucun risque.
Les mots se mettaient donc en place, un à un, cherchant à interpeler de façon intéressante mon prochain poisson.

Enfin, après avoir renoncer à creuser un sillon devant ma fenêtre par mes allées et venues, je me remis à cette table d'écriture, attrapai un autre vélin neuf, que je choisis avec grand soin, pris à nouveau ma plus belle plume et la trempai à nouveau dans cette encre de qualité.
Là, inspirant un grand coup, je me lançai !
J'avais cette promesse faite à mon cher frère, Eldwin de Volvent, je me devais de tout faire pour la tenir !



Citation:
A Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, Cardinal-Archevêque de Lyon,

Salutations respectueuses.

Votre Eminence,

Permettez que déjà, je vous remercie pour l'attention que vous daignez accorder à ma missive.
Je prends la liberté de vous envoyer, moi, modeste vigneron de Bourgogne, cette caisse de douze bouteilles du vin de mes vignobles, le Castel de Beaumont. Je souhaiterais que vous ayez la gentillesse de le déguster, connaissant, par rumeurs, votre goût pour ce que l'on nomme communément le bon vin. J'ose espérer, très humblement, que ce vin vous réjouira et répondra à vos bons goûts.
Le Castel de Beaumont entre en matière par des notes poivrées puis des parfums de fruits rouges. Puissant, aux saveurs de fruits cuits, sans perdre un palais gouleyant, son corps ample et robuste enveloppe la bouche, les tanins sont là juste ce qu’il faut et sa finale est délicate.

Si, comme je le pense, ce vin vous comble, alors, ce sera pour nous, artisans de ce nectar, une grande joie. Car depuis le simple ouvrier jusqu'au maître de chais, sachez, votre Eminence, que tous, nous y avons mis le meilleur de nous-même.
J'aime à penser le vin comme un ultime cadeau de la Création qui doit passer par des mains non seulement expertes mais surtout emplies de foi et de très bonne volonté pour rendre ce que le Divin en mis en lui.
Oh, je sais que cela peut paraître un peu orgueilleux, j'en ai bien conscience, mais n'est-il pas de plus belle réussite que le travail commun d'hommes et de femmes pour amener à son apogée ce que le Ciel nous donne ?

Je nourris l'espoir d'avoir un retour de votre dégustation.

Recevez, votre Eminence, l'expression de mon plus grand respect.
Que le Ciel vous garde.

Della de Volvent.


En lisant, à nouveau, cette lettre, je me pris à entrevoir une certaine relation entre ma foi et la foi aristotélicienne.
Ce que j'avais écrit, sans même y réfléchir, à propos du travail des hommes et des femmes, avait un point commun entre la religion ancienne que je vénérais et celle de cette grande dame, au sommet de la pyramide cléricale.
Cette Création, ultime, qui était celle de l'Homme, était mise en valeur tant aux yeux d'Aristote qu'aux yeux de la Déesse Mère.
Et je commençais à comprendre le choix de mon cher frère, de devenir curé. Je l'avais vu, à Lyon, auprès de ses ouailles. Il en était véritablement "le père". Il en prenait soin comme la Déesse Mère prenait soin de ses enfants.
Je me mis à sourire, effleurant de la pensée, l'idée incongrue de me rapprocher de cette croyance. Non pas pour la combattre ou mieux m'en détourner, mais au contraire, pour y déceler les liens communs que je devinais nombreux.

Je bénis la lettre destinée à son Eminence Ingeburge, je la scellai du sceau des de Volvent et appelai mon désormais fidèle coursier.

Je lui confiai la missive ainsi que la précieuse caisse et l'envoyai auprès de son Eminence.

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Della


Louis, le messager, n'était pas encore entré en la grande salle que je lui arrachai quasiment le vélin qu'il m'apportait de la capitale !
Sans un mot, sans un regard aux gens présents, je grimpai quatre à quatre les escaliers jusqu'à m'enfermer dans ma chambre, le précieux vélin serré contre moi.
Je tentai de me calmer et pris place sur mon coussiège préféré et là, avant que de faire sauter les sceaux de mon charmant Colonel Baron, je fermai les yeux, priant la Déesse d'excaucer mes voeux.
Là, enfin, je lus...



Citation:
Chère Della,


Souffrez que l'écho de votre épître en les abîmes de mon coeur résonne encore avec force ; mon âme s'en révèle toute chancelante ! Aussi fleure-je avec délectation cette fragrance florale que le vélin déroba au contact de votre preste main, laquelle se manifeste en des traits de plume déliés. Moi, j'exhale nuitamment mon passéisme en soupirs ardents, si ardents qu'ils apparaissent rubescents: seul le bourg Sémurois semble pouvoir offrir l'exaltation des esprits sous les flots intenses des propos galants et des anecdotes amusantes. Tout enchifrené, me voici spolié de ma sève intrinsèque telle une Âme chagrine dévoilant hélas des coutures insignes: une mine fanée, un teint blême et un regard atone, ou encore des lèvres quelque peu exsangues. Ah, implacables vicissitudes !

Ces mêmes dernières firent à, Messire Brillantin, sourire l'Infortune: alors qu'il regagnait le Berry, chevauchant son haridelle, un vil malandrin le désarçonna et l'allégea de son escarcelle. À mon regret, les sentes de la Capitale n'abritaient, elles, le moindre maraud ; celle-ci s'élève du paysage bourguignon sous le visage d'un creuset culturel comme d'un vaste carrefour commercial. Cependant, les moeurs y demeurent dépravées, dissolues ! Alors que je musais en les venelles, il naquît en moi l'irrépressible désir d'apaiser ma soif en une auberge accueillante mais sitôt le Cerbère me laissa pénétrer qu'une Tanagra ingénue ambitionnait de muer ma personne en l'époux d'un hymen impromptu: n'avions-nous point encore échangé les formules usuelles de présentation que, à l'encontre de toute bienséance et de toute effusion sentimentale, elle m'invitait à diverses privautés. Il ne s'agissait pourtant ni d'un lupanar ni d'une péripatéticienne !

Puissiez-vous m'adresser quelques autres réconforts salvateurs,
Amicalement,


Migisti.


Hum de hum, je dirais même plus humhum !
Si les premières lignes firent bondir mon coeur en dedans de ma poitrine, les suivantes me désappointèrent quelque peu.
Comment fallait-il comprendre cela ?
Qu'en était-il de ce que mon bel ami pensait de moi ?
Il me relatait une rencontre qui fit naître en moi un drôle de sentiment que je ne connaissais que trop bien et qui déjà m'avait arraché plus de larmes et de rage que je ne l'aurais voulu.
Bigre de bigre...j'étais assurément perdue et perplexe.
Je pensais avoir mis en mes mots quelques échos de ce que je ressentais en pensant au Baron. Mais étrangement, je ne trouvais pas ce même écho en ses propres phrases.
M'étais-je illusionnée ?
M'étais-je laissée aveugler par quelque joli baratineur ?
Non, je refusais de penser Migisti comme un vil charmeur, dompteur de mots.
Hum !
Il fallait que j'en ai le coeur net !

_________________
Della
Suite chronologique logique. Ce qui suit se passe avant les événements qui viennent de bouleverser la Bourgogne, au moment où Della se rend à Dijon.



Quand on tombe dans un coffret, la certitude fait place aux questions.

J'avais fini d'empaqueter mes affaires, le départ était prévu pour bientôt et je m'ennuyais.
J'étais seule. Jullius et les gens de Beaumont étaient aux vignes.
Je sortis de ma chambre et me mis à me promener dans le castel, passant d'une pièce à l'autre, sans véritable but.
Alors que je passais devant l'escalier du grenier, je me dis que je n'y avais plus remis les pieds depuis bien longtemps.
Il me revint des souvenirs...d'enfance, lorsque je me cachais dans ce même grenier pour échapper aux gronderies mille fois méritées.
Il n'en fallut pas plus. Je montai là-haut !
La porte grinça lorsque je l'ouvris et une superbe dentelle d'araignée s'étira entre le chambranle et la porte. On eût dit un château hanté.
Sur la pointe des pieds, peut-être par peur de réveiller des fantômes, j'avançai.
Il fallut que mes yeux s'habituent à la pénombre pour que je puisse distinguer ce qui constituait le fourbis poussiéreux du grenier.
Et j'avançai encore, avec grande prudence.
Ce grenier ressemblait à une caverne aux trésors !
Meubles divers, livres, caisses et autres coffres s'y disputaient l'espace ! Un vieux cadre brisé, sans doute une peinture d'un aïeul, semblait veillé sur le tout.
Curieuse ! Oui, je le savais bien que j'étais curieuse ! Rien de nouveau !

Toujours avec la même délicatesse prudente, je posai les mains sur les objets, traçant par endroit des traits dans la poussière blanchâtre.
J'ouvris une grande armoire, allez savoir pourquoi.
J'y trouvai du linge, mité et rongé par les souris. Rien de bien affolant.
Sauf que...en y regardant de plus près, je vis une boîte ou plutôt un coffret.
Je le sortis délicatement et vis dessus les armes des de Volvent.
Evidemment, je voulus l'ouvrir mais il était fermé à clé !
Je cherchai parmi les draps et les linges, si je ne trouvai pas une clé, la clé...Mais non !

Crénom, voilà que je tenais un coffre à trésor et que je ne pouvais pas l'ouvrir !
Ah, ça ne se passerait pas comme ça !
Du regard, je cherchai quelque chose, un objet, un levier pour ouvrir le coffret familial.
Je trouvai ! Un ancien tisonnier, ça devrait faire l'affaire !

Résolument, je m'assis sur le sol, coinçant le coffret entre mes jambes et tenant fermement le tisonnier, forçant sur la serrure, en levier.
Et craaaaaaaaaaaaaaaac ! Le trésor s'ouvrit !

Des lettres...c'était des lettres...des lettres de mon père, enfin, envoyées à mon père...
Mais que faisaient donc ces lettres dans ce coffret, caché au grenier ?
Je fouillai fébrilement parmi les lettres proprement pliées et rangées.
Le doute m'envahit. Avais-je le droit de lire ça ?
Bah, après tout, mon père était décédé depuis bien longtemps et Eldwin, mon frère, m'avait confié Beaumont...donc un peu aussi ce que Beaumont contenait. Ben oui, on se donne bonne conscience comme on peut quand on est curieuse !

Je tenais la première lettre, prête à l'ouvrir lorsque j'entendis Jullius m'appeler.

Dellaaaaaaa ! On est rentrééééé ! T'es oùùùùùù ?

Zut de zut ! Vite, je refermai le coffret, le mis sous mon bras et dévalai les escaliers jusqu'à ma chambre où je cachai à mon tour, le précieux objet avant de descendre à la cuisine où mon brave Jullius mangeait déjà un gros morceau de pain.

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Della


Enfin, je pouvais retourner à mon trésor après avoir féliciter tout le monde pour le travail accompli.

Seule, dans ma chambre, la porte fermée, je m'installai à même le sol, comme pour me cacher, afin de découvrir le contenu des lettres de feu mon père.

Mais je n'étais pas au bout des surprises qu'apportent parfois un rien trop de curiosité.


Citation:
Cher ami,

Voici déjà de trop nombreux jours que vous êtes parti loin de moi. Chaque instant passé loin de vous me semble une punition que je ne mérite pas...blablabla...Revenez-moi vite !

Votre tendre Héliabel.


Hum, me disais-je après la lecture de la première lettre, sans doute de vieilles lettres datant d'avant maman.
Je m'empressai de lire une autre.


Citation:
Mon tendre Jules,

Que je suis heureuse d'apprendre que vous allez me revenir...blablabla...Mon coeur ne bat que pour vous.

Votre amoureuse éperdue, Héliabel.


Bigre ! Il avait du charme, mon paternel !
Je saisis une troisième lettre, au hasard.


Citation:
Tendre Jules,

Notre petit Loctavia vous ressemble de plus en plus ! Il sourit comme vous ! C'est un enfant charmant que vous m'avez donné, là.
Mais je suis triste de ne pas vous avoir, tous les deux, à mes côtés. Chambéry n'est pas si loin, pourtant. J'aimerais vous voir plus souvent, j'aimerais que notre enfant vous voit plus souvent. Savez-vous qu'il va sur ses deux ans, déjà ? Il commence à parler et je lui ai appris à dire père. Malheureusement, il ne sait pas à qui ce mot s'adresse.
Vous aviez promis d'être là au printemps, y serez-vous ? Serez-vous mon rayon de soleil printanier ? Et celui de votre fils ?

Je ne cesse de penser à vous, mon tendre ami, pensez à moi aussi, que nous soyons proches par nos esprits si nos corps ne peuvent l'être.

A très bientôt, je prie pour nous.

Héliabel.
Chambéry, février 1434.


Alors là ! J'en étais renversée ! Mon père avait eu un fils ! Oui bien sûr, il y avait Eldwin mais ce fils-là dont il était question, n'était pas Eldwin ! La lettre était datée de 1434...Donc pendant son mariage avec maman ! Et ce fils était né après Mélodie et...avant moi !
J'eus l'impression que le sol s'ouvrait sous mon séant, la tête me tourna soudain et je pâlis, fermant les yeux pour me rassurer.

Fébrilement, je lus encore quelques lettres et toutes, absolument toutes étaient du même acabit !
Il fallait que je me rende à l'évidence, mon père avait entretenu une liaison adultérine dont était né un enfant qui en théorie était...mon frère !
Mon frère ! Soudain, je pensai à Eldwin...ce brave curé...Ciel, comment allait-il réagir quand il apprendrait ça ? Oui mais, l'apprendrait-il ? Qui savait, à part moi ? Hum...peut-être ce fameux Loctavia. Comment savoir...

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Della


Dijon...Pourquoi ? Pour qui ?

Auberge de Dijon, ici ou ailleurs, qu'est-ce que ça change ? Les méchants sont partout en Bourgogne. Ils lèvent des révoltes et entrainent dans leur sillage de pauvres innocents.

Je me sentais démunie face à ce la vague qui déferlait et allait encore déferler sur nous. Et nous étions dans l'incertitude, tous, nous, Bourguignons. Pas un mot, pas un crieur public pour rassurer ou au contraire, exhorter à prendre les armes, quelles qu'elles soient, de l'épée à la fourche !

Le côté positif était que mon Colonel était à Dijon.
C'était pour lui que j'étais là. Fallait pas aller chercher des explications foireuses, le vin n'était que prétexte et en plus, avec ces révoltes, je pouvais oublier toute vente potentielle !
La situation serait vite critique, à Beaumont aussi. Il fallait que je vende ce vin !

Mais bon, chaque chose en son temps.

J'avais emporté le fameux coffret avec moi, pour ce voyage.
J'avais lu et relu plusieurs fois chaque lettre et j'avais bien du admettre qu'on y trouvait des sentiments troublants.
J'y trouvais même une légère similitude avec les épîtres que le Baron et moi nous échangions actuellement.

Tout cela était très romantique mais il restait en suspend, ce fameux frère.
Curieuse, j'avais toujours été et je ne cessais d'imaginer un possible visage pour cet autre membre de la famille.
Oui, j'en étais arrivée à l'imaginer membre de la famille...Je devais être un peu trop sentimentale, ces jours-ci.

Il fallait que je fasse quelque chose. Mais quoi ?
Prévenir Eldwin me semblait un peu prématuré.
Le pauvre, il avait déjà du faire face au retour de la Renarde Noire, si en lus, je venais lui annoncer que notre famille comptait un bastard...c'était la crise assurée !
Je fis une grimace...quel laid mot que bastard !

Impossible de me rendre à Chambéry.
C'était un peu loin et je venais de m'enrôler dans la défense de Dijon, sous le regard protecteur du Colonel Baron.
Restaient la lettre et le messager.

Mais qu'est-ce que je savais de cet homme ? Pas grand chose sinon qu'il devait être né à Chambéry.
Y était-il encore ? Avait-il encore le même nom ?

Tout cela me taraudait !
Je fis envoyer un pigeon jusqu'à Beaumont, requérant la présence immédiate de Louis, mon fidèle messager !


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Della


Insertion...à Dijon.

Della a écrit:
[Soir, 30 juin, pas envie de dormir.]

J'ai bien fait de venir à Dijon, en définitive. Toutes mes craintes sont apaisées. Le revoir et lui parler, ça a fini par me convaincre. J'ai un drôle de pincement au coeur quand il est là. Pauvre blonde, tu n'as pas fini de soupirer !

Les étoiles brillent sur une nuit chaude. Sera-ce LA nuit ? Des rumeurs, des bruits courent plus vite que chat qui détale. Prise de Dijon ? Oui, non, peut-être ? Je crois que oui.
J'ai pas aimé le genre de cette Enseigne. Trop mielleuse, trop envie de rassurer la pauvre Ode, trop...trop ! Je l'aime pas. Le nom de son Seigneur, je l'ai pas aimé non plus. J'ai entendu ce nom, déjà, une fois et ce qu'on en disait, ce n'était pas très rassurant.

Il y a les gentils et les méchants, c'est ainsi.
Rien d'autre.

Les méchants, je les aime pas.
Les gentils...pas beaucoup plus. Ironie ? Hum...plutôt logique.
Et moi, je suis quoi ? Gentille. Mouais. Pas méchante, ça c'est clair.
Un peu naïve, sans aucun doute.
Amoureuse ? Possible...
Sur la paille, c'est clair !

Dire que j'étais là pour vendre du vin, aussi.
C'est pas avec une révolte que je vais y arriver...Qué vie !

Faudrait que je dorme mais le parfum subtil de mon Colonel hante encore trop ma mémoire. Me promener à son bras, le serrer discrètement, j'aime ça ! Faudrait que ça dure toute la vie, que la nuit reste là, toujours...Et moi et lui...Plus de lendemain, juste lui et moi.

Du bruit dans les rues...Est-ce mauvais signe ? Et il est là, devant la ville, à monter la garde. Et cela me fait trembler de le savoir au devant des méchants.
C'est quoi ces gens qui se faufilent entre les venelles, se cachant à l'ombre des murs ? Rien de bon, j'suis prête à le parier.
Ce soir, je ne peux rien faire, c'est trop tard.
Mais demain, demain, je prendrai mon tour à la défense de la capitale. Après tout, je suis Bourguignonne, peu importe la ville que je défends.
Demain...mais là, dormir et rêver.



Della a écrit:
Matin, 1er juillet, chaleur torride en Bourgogne.

J'ai pas dormi ou si peu.
Trop de pensées qui passaient de gauche à droite.
Même pas pu en capturer une !

D'jou mais faut aller aux nouvelles !
Vite ! S'habiller, version sauvageonne : braies et chemise, bottes et ceinturon. Pensées émues pour un curé lyonnais qui pesterait s'il savait !

Les nouvelles sont bonnes.
Révolte il y a eu mais elle fut un échec.
Bien fait !
Les méchants doivent pas gagner, c'est comme ça.
Ils n'ont qu'à laisser les gentils tranquilles.

Déjà des procès. On a des noms.
Motif : haute trahison.
Ca me fait rire ! Les méchants n'ont pas trahi la Bourgogne, ils sont pas Bourguignons ! Pfff...tu parles d'une justice à deux balles !
Tiens, d'ailleurs, qu'est-ce qui fout le juge ? Mon brigand est toujours pas jugé. Glandu, va.


Soir et nuit, 1er au 2 juillet, chaleur torride en Bourgogne.

Sur les remparts, la vue est belle.
La campagne bourguignonne est jolie en cette saison. Les champs sont mûrs, il va falloir bientôt penser à prendre les faux et les fléaux.
Les vignes se dorent au soleil, les grains se gorgent de lumière, le vin sera bon.

Je monte la garde, je défends Dijon. J'veux pas que les méchants passent, qu'ils restent là, ou plutôt non, qu'ils viennent et qu'on les zigouille, tous jusqu'au dernier !
J'ai un vignoble à faire vivre, moi. Ils me font perdre mon temps et me cassent les ventes.

Quoique...L'Enseigne m'a acheté une bouteille ! 10 écus, sans même discuter, hop ! Pour son pique-nique, a-t-elle dit. Mouais, quel pique-nique !
Si elle pense le faire au dessus des remparts de Dijon, faudra qu'elle me passe sur le corps, tiens ! Elle plantera pas son drapeau, moi vivante.

Tiens, c'est vrai ça...J'peux mourir, ici, sur ces remparts.
Qui me pleurera ?
Mon frère, Eldwin. Jullius, mon gamin. Et puis ?
Est-ce qu'il serait chagrin, le Colonel, s'il m'arrivait quelque chose ?
Il est là, quelque part, hors les murs, avec son armée. Il est vaillant et si courageux, il a un visage dur de prime abord mais je sais qu'il est doux. Quand ses yeux pétillent de rire, je fonds !

Hum...reviens à ta surveillance, la blonde !
T'es pas là pour rêver...


Della a écrit:
2 juillet, au sein de l'armée.

Ca y est, j'ai été enrôlée. Je suis sous ses ordres. Et qui désobéit à un Colonel ? Personne, évidemment !

Je me sens détendue, est-ce possible d'être détendue au milieu de soldats prêts à donner l'assaut ?
Comme c'est étrange.
Il y a peu de défenseurs, peu de soldats.
C'est vrai que les Bourguignons n'ont reçu aucune nouvelle.
Moi, je sais parce que je suis curieuse et que je sais qui interroger mais les autres ?
Même pas une annonce du Duc ? Il fout quoi, lui ? Il dort ?
Prévenir le peuple, leur dire qu'on est assailli, que la Bourgogne tremble, c'est quand même un minimum !
Un seul courrier du maire aussi, pas plus.
Ridicule !

Moi, si j'étais...mais je ne suis pas.
D'en bas, on voit l'étoile mais l'étoile, elle, nous voit-elle ?

Tiens, il faudra que je m'entraîne un peu à l'épée. Ca fait longtemps que je n'ai pas fait de passe et d'échange de lame. Pourtant, là, ça pourrait me servir.

Mais il est où, le Colonel ?
Pff..j'suis dans son armée et je le vois encore moins qu'auparavant.
J'aimerais qu'il ose un peu plus, qu'il se laisse aller à des mots un peu plus personnels, voire intime, un geste, peut-être...
Allez, arrête de rêver !

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